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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 11:23

A quelques jours du début de la présidence française de l'UE, et alors que débat est déjà né aussi bien dans la classe politique (car Sarko - ci-contre, en Afghanistan - en fait une de ses priorités) que sur la blogosphère (avec des articles intéressants sur Debattons), évoquons cette Europe de la défense que beaucoup espèrent mais qui est plus que fragilisée aujourd'hui. Avant de vous proposer la lecture d'un article publié par Marianne, dans son dernier numéro (du 21 juin), je vous rappelle les grandes lignes du débat ainsi que ma position sur le sujet. L'armée étant un des dossiers dits régaliens, dont les Etats veulent garder le contrôle au nom de leur souveraineté, il est logique que l'Europe de la défense ait peiné à être lancée et à se construire, encore aujourd'hui. Avec l'entrée du monde dans le XXième siècle (tel que le définissent les historiens, au lendemain des attentats du 11 septembre), siècle du terrorisme international, les besoins de défense sont à la fois nouveaux et plus importants. Consacrer une part non négligeable de notre budget à ce poste de défense pour se doter d'une armée suffisante (en nombre) et moderne (en qualité) apparaît comme incontestable. Mutualiser les moyens financiers au niveau européen, en obligeant (ou en convaincant) certains de nos partenaires à accroître leurs dépenses militaires, pour ne pas faire de l'armée européenne une armée franco-britannique, est tout aussi indispensable.

Si individuellement, chaque Etat ne peut parvenir au même niveau que les USA, ensemble, nous pouvons sans doute y parvenir... mais cela suppose de bâtir une Europe politique et diplomatique suffisamment solide pour qu'une coopération militaire soit efficace. Donc, en l'état actuel des choses, espérer la mise en place d'une Europe de la défense semble appartenir davantage au monde du rêve qu'à celui de la réalité. Ouvrir le dossier et lancer un débat sur le sujet avec nos partenaires, à l'occasion de cette présidence française qui est particulièrement attendue, semble donc être une évidence. Seul problème, comme le titre Marianne, "le petit soldat du bushisme [est] au garde-à-vous"; et voici donc l'article en question (sous la plume de Jack Dion):

" Pour comprendre le programme militaire présenté par le président de la République, il suffit de se reporter à la conférence de presse commune tenue avec George W. Bush, à l'occasion de la tournée d'adieu du président américain. Spectacle hallucinant où les deux présidents passèrent par pertes et profits le sujet le plus brûlant de l'heure, à peine esquissé par George W. Bush et complètement occulté par Nicolas Sarkozy: l'Irak. Ce jour-là, le président de la République fut sacré "tout premier ami" par Bush, l'homme qui a envahi un pays, mis une région à feu et à sang et jeté de l'huile sur le feu du terrorisme. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy a fait comme si rien ne s'était passé, désireux de faire oublier que la France, par la voix de son prédecesseur à l'Elysée, avait eu le courage de condamner un crime dont on n'a pas fini de payer les conséquences.

Le livre blanc de la défense est la mise en musique d'une partition organisée autour du retour de la France dans la structure intégrée de l'OTAN, cette armée surpuissante qui n'a plus d'ennemi déclaré depuis la mort de l'URSS (...) La dissuasion nucléaire, naguère fleuron de la stratégie militaire gaulliste, s'intègre désormais dans la stratégie "occidentale", faux nez du bushisme. La vision du monde est calquée sur celle de l'administration américaine, comme si les initiatives mlilitaires étaient les seules envisageables. La France s'inscrit dans cette stratégie, qui la transforme en vulgaire pion sur un échiquier (...) A ce petit jeu, la France risque de perdre ce qui faisait l'une de ses originalités: sa capacité à faire entendre une voix originale, indépendante, non alignée sur ce que ce qui se fait de pire à Washington.

Et ce n'est pas l'appel rituel à relancer l'Europe de la défense qui y changera quoi que ce soit. La plupart des Etats membres de l'UE sont aussi membres de l'OTAN, et ils conçoivent la défense européenne comme comme une officine de l'OTAN. En revenant dans le commandement militaire intégré de l'Alliance atlantique, la France confirme que l'Europe n'aura jamais les moyens militaires de son ambition
". A supposer qu'elle ait une ambition supérieure à la seule mise en place d'une armée de maintien de la Paix, rôle que peut (et doit) remplir l'ONU !! Je nuancerais cet article en rappelant que le bushisme, à moins d'un succès de John McCain à la prochaine présidentielle, est en voie d'extinction... et qu'il est possible, qu'en cas d'élection du démocrate Obama, la coopération franco-américaine puisse apporter des choses bien ! Il aurait donc été plus judicieux d'attendre l'échéance de novembre pour se lancer dans un tel projet et, en attendant, de lancer un débat complet sur l'Europe de la défense, sans en faire "un appel rituel" que l'on peut considérer, même aujourd'hui, comme vide de sens... tellement le projet est lancé sans conviction ni envie de réussir. Dommage !

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Published by Aurélien Royer - dans Justice - défense et armées
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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 10:47
Dernièrement, j'évoquais le retour d'une diplomatie à la française. Aujourd'hui, je souhaite aborder les voyages de nos dirigeants à l'étranger qui, pris ensemble et individuellement, nous en apprennent beaucoup sur la diplomatie sarkozyenne (ou confirment ce que l'on savait déjà). Trois personnalités étaient donc en voyage ces derniers jours: notre cher président au Proche-Orient, le premier ministre en Algérie et le ministre d'Etat à l'écologie en Arabie Saoudite. Prenons-les dans le désordre, en commençant par le déplacement de Jean-Louis Borloo au sommet de l'OPEP, l'organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole, qui, comme l'UE, n'a rien décidé d'important pour ralentir l'envolée spectaculaire du prix du pétrole sur les marchés mondiaux. Or, de l'avis de tous, l'augmentation du prix du pétrole n'est pas près de s'arrêter et il devient urgent que nos dirigeants, dont l'objectif est de préparer l'avenir (non?), de penser aux énergies du futur. Dès lors se pose une question: pourquoi participer à ce sommet alors que le gouvernement, avec son Grenelle de l'environnement, essaie de préparer l'après pétrole? Sans compter que, compte-tenu de l'augmentation des salaires, un économiste (dont j'ai oublié le nom) a montré que les Français devaient travailler autant pour se payer un litre d'essence que dans les années 1970. Alors que, dans le même temps, chaque soir au journal de 20 heures, on nous annonce que le pétrole a franchi un nouveau seuil: on nous invente des seuils à 136 dollars !! Désormais, dès que le pétrole franchira un nouveau dollar par baril, on y verra un nouveau palier... c'est stupide ! Nous ferions mieux, avec un courage politique qui fait certes aujourd'hui défaut, de lancer de grands chantiers pour la mise au point et la commercialisation rapides de nouveaux véhicules.

Le télescopage des voyages de nos deux têtes de l'exécutif est, pour moi, l'occasion de revenir sur un point constitutionnel qui me tient à coeur. Même si la priorité de ces visites est de conclure des contrats juteux et de parler commerce, je pense qu'il n'est pas dans les attributions du premier ministre de rencontrer les chefs d'Etat étrangers (photo). Dans mon esprit, le président de la République doit fixer les orientations de sa politique à l'intérieur et laisser faire les élus de la Nation, c'est-à-dire le Parlement, quant à la rédaction des lois. Et, à l'extérieur, rencontrer ses homologues pour porter la voix de la France et chercher à apporter une aide à ces pays dans la résolution de leurs problèmes, qui ont un impact international. C'est au président de parler d'Union méditerranéenne en Algérie, pas au chef du gouvernement ! Et de cette conception découle ma proposition, débattue et contestée, de supprimer le poste de premier ministre: le président fixe le cap et participe à la bonne marche du monde, duquel nous ne pouvons pas nous couper, et les ministres, individuellement responsables devant le Parlement, mettent en oeuvre la politique voulue par le président Dernier argument d'actualité: pour préserver ses chances d'accéder à Matignon (ce qui devient un jeu, comme celui de savoir combien de temps l'actuel locataire peut encore tenir...), Xavier Bertrand aurait repousser à 2010 une réforme d'envergure sur les retraites, marquant une pause dans les réformes sur lesquelles Sarko s'est fait élire et pour ne pas trop froisser les Français (et sa côte de popularité).

Mais, je m'écarte de mon sujet. Parler de la diplomatie sarkozyenne suppose, en ce moment, d'évoquer son voyage au Proche-Orient. Ce conflit étant la source d'une situation plus qu'explosive dans une région clé du globe, il est urgent de le règler. Je ne rappelerais ni mon intérêt pour ce dossier ni la lenteur de nos hommes politiques, français ou européens, à chercher des solutions. Pas même les tentatives timides, car essentiellement médiatiques, d'un George Bush sur le départ... qui n'en fait d'ailleurs plus sa priorité ! Deux remarques: 1- Sarko consacre trois journées à cette région, y rencontre ses deux homologues israélien et palestinien, apporte un message de paix et le soutien de la France pour la résolution du conflit... dans la continuité de ce qui s'est fait jusqu'à présent ; 2- mais, comme depuis le début de son mandat, il m'a pas mal déçu. D'une part, en continuant à jouer le gamin avec son épouse Carla ("viens signer, ma chérie, le livre de la présidence d'Israël en mettant ton nom à côté du mien !"). D'autre part, en reprenant le refrain, maintes fois entonné, de tous les dirigeants en visite dans cette région (sorte de phrase obligée qu'aucun grand personnage ne peut ne pas formuler à un moment ou à un autre !): "la sécurité d'Israël passe par la création d'un Etat palestinien, viable et démocratique". Quelle avancée...

Ce serait toutefois injuste de s'arrêter à ces considérations: même si le refrain est plus que connu (ce qui n'a pas empêché les politiciens israéliens, dans un réflexe unitaire, d'applaudir cette déclaration creuse), les paroles des couplets ont été quelque peu modifiées. Deux nouveautés sont apparues: 1- "je suis l'ami d'Israël mais aussi celui des Palestiniens". Autrement dit, je ne viens pas défendre l'un des deux contre l'autre et je souhaite que chacun de vous fasse un effort. C'est une bonne chose: demander aux Israéliens de mettre fin à la colonisation des territoires palestiniens, notamment en Cisjordanie, est une nécessité qui ne peut avoir de sens que si, dans une sorte de donnant-donnant, l'autorité palestinienne s'engage à freiner avec plus d'ardeur le terrorisme qui fragilise (et rend agressif) l'Etat hébreu. Il n'en est pas moins évident que ces deux avancées ne peuvent intervenir qu'après délimitation et reconnaissance d'un Etat palestinien.

2- Nicolas Sarkozy a fait la proposition de faire de Jérusalem, ville sainte des deux religions en présence, la capitale des deux Etats, israélien et palestinien. Et là, mon enthousiasme est moindre: proposer à deux peuples de cohabiter en partageant une ville qui est le symbole du conflit passé (et présent) n'est sans doute pas la meilleure idée. Ne serait-il pas préférable de faire de deux villes distincts, ne pouvant être Jérusalem, les capitales des deux Etats en faisant de cette ville sainte une ville frontière, dirigée par une municipalité mixte? Ainsi, la ville serait symbole d'unité et de partage, et non de division. La même logique concerne les frontières des deux Etats: proposer de revenir aux frontières de 1967, c'est se tourner vers le passé. Proposer un tracé totalement nouveau, prenant en compte les colonies actuelles en restituant d'autres espaces à un Etat palestinien qui ne serait plus séparé en deux parties (Gaza et Cisjordanie), introduirait un peu de nouveauté, qui permettrait de se tourner vers l'avenir. Cette région a besoin d'espoir et d'avenir, pas de se tourner sans cesse vers les épisodes douloureux qui l'ensanglantent dspuis 40 ans !
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Published by Aurélien Royer - dans Présidence de la République
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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 08:14

La période que nous traversons, au cours de laquelle le modèle économique dominant est remis en cause par l'un des candidats à la présidence des Etats-Unis et la construction européenne subit un nouveau coup d'arrêt, est plus que bénéfique pour la réflexion politique. Ma déception vis-à-vis de la classe politique française grandit un peu plus chaque jour, devant l'incapacité de nos dirgeants à répondre aux vrais problèmes de la société et à trouver des solutions aux causes de ces mêmes problèmes. Aucun des leaders politiques, pas même un des socialistes qui cherche à accéder au poste de premier secrétaire du principal parti de l'opposition, ne propose de vision claire du monde. Mon désir d'avenir, né l'an dernier, n'a donc aucun sens si ceux qui aspirent à nous diriger ne proposent aucune solution conviancante, basée sur une véritable réflexion de fond.

Cette période de doute et d'insatisfaction m'a permis de réfléchir à la politique que je suis prêt à soutenir. Et je vous en propose aujourd'hui les grandes lignes, en portant à votre connaissance (et en soumettant à vos remarques et réflexions) ma vision du monde. Le monde d'aujourd'hui est un monde globalisé, inscrit dans la mondialisation de tous les échanges, qu'ils soient financiers, commerciaux ou humains. Refuser d'inscrire notre pays dans cette mondialisation serait une grave erreur. Et, sur le plan économique, une politique réussie prendrait en compte cette réalité, tout en cherchant à donner aux Etats un rôle de protecteur et de régulateur d'un marché dont il faut apprendre à contrôler les effets néfastes. Une politique réellement libérale, dont j'ai exposé dernièrement les principes et les grandes lignes, permettrait de parvenir à ces objectifs.

Au-delà du libéralisme, avec lequel le parti socialiste ferait bien de renouer, il est indispensable de fixer d'autres priorités. L'un des articles qui marque le début de ma réflexion s'intitulait: "La régionalisation: l'avenir de la mondialisation". Et les exemples ne manquent pas pour faire de cette formule une vérité: les électeurs d'Amérique latine, qui ont trouvé dans les propositions de la gauche de leurs différents pays les moyens d'espérer, ont choisi de lui faire confiance, faisant basculer de la droite vers la gauche une grande partie des Etats de ce sous-continent. Même si deux gauches (que l'on dirait sociale-démocrate et révolutionnaire en Europe) se cotoient, sans offrir les mêmes solutions, elles proposent une même vision à leurs populations: donner à l'Etat un rôle plus grand pour contrôler le marché, s'opposer au capitalisme financier et à l'impérialisme bushiste en faisant du MERCOSUR, et de la solidarité dont il est porteur, l'avenir du continent.

Et, comme beaucoup d'europhiles, je reste convaincu que notre avenir passe par l'Europe, si celle-ci est capable d'offrir de l'espoir et du concret à ses habitants. Le rêve européen, même s'il est largement affecté par les décisions prises par Bruxelles, qui éloignent chaque jour un peu plus l'Europe technocratique des peuples, doit rester éveiller. C'est en donnant du sens à l'Europe, en bâtissant ensemble des projets d'avenir répondant à nos vrais besoins que nous pourrons encore mieux nous protéger des méfaits d'une mondialisation, qu'il ne faut donc pas rejeter en bloc. Que l'Europe se dote d'une armée capable de protéger ses habitants de la menace terroriste, qui caractérise le XXIème siècle, c'est capital ! Que l'Europe cherche à sauvegarder l'emploi et le tissu industriel de ses territoires, en sanctionnant les attitudes des entreprises pratiquant la délocalisation non fondée, est une nécessité. Que l'Europe choisisse de redonner aux langues régionales toute leur place (voir l'article du blog Debattons et les commentaires qui y correspondent en cliquant ICI), et dans le même temps de faire de nos régions des territoires dynamiques, inscrits dans la mondialisation, c'est tout aussi indispensable.

Donner du sens à l'Europe. Faire que ses citoyens connaissent son identité, ses valeurs et ses objectifs. Favoriser la coopération transfrontalière entre des régions aux compétences harmonisées serait la première étape vers la construction d'une identité européenne à laquelle les habitants de ces espaces seraient confrontés au quotidien. L'Europe des territoires, qui est déjà enseignée à nos enfants au lycée, doit devenir une réalité: c'est l'avenir de notre continent. Car, comme les Etats, l'Europe doit devenir un arbitre, garant de la cohésion sociale, en protégeant ses habitants des méfaits de la mondialisation. Les instances européennes ont, elles aussi, leur rôle à jouer dans le cadre d'une politique vraiment libérale. L'interventionnisme, notamment en terme d'aménagement du territoire et de maintien d'une équité entre les régions, est à la fois nécessaire au niveau européen et à l'échelle nationale. Le plan "espoir banlieue", présenté par François Fillon, Christine Boutin et Fadela Amara, cette semaine, confirme une chose: l'Etat aménageur doit apporter des réponses concrètes aux habitants des quartiers en difficulté, en réalisant les travaux d'urbanisme qui s'imposent, mais aussi en y développant une politique sociale, économique et fiscale innovante. Chaque problème doit être pris dans sa globalité et chaque réponse doit découler d'une vision d'ensemble claire... ce qui manque clairement aujourd'hui, tant à la France qu'à l'Europe.

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Published by Aurélien Royer - dans Présidence de la République
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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 17:31

Pour une partie des enseignants de France, cette semaine a marquait la publication des résultats de la deuxième phase des mutations. Pour les professeurs titulaires ne disposant pas d'un poste fixe dans un établissement ou pour ceux qui souhaitent en obtenir un autre, dans un autre établissement, il faut réaliser une demande de mutation qui se déroule en deux temps: en mars, le premier mouvement détermine l'académie (c'est-à-dire la région) dans laquelle l'enseignant est nommé puis, en juin, le second mouvement fixe le poste aulequel il est rattaché pour l'année suivante. Chaque professeur peut réaliser une liste de voeux, en fonction des zones géographiques dans lesquelles il souhaite être nommé, et obtient une réponse selon deux critères: le nombre de points dont il dispose (en fonction de l'ancienneté et de la situation personnelle - mariage, PACS, nombre d'enfants...) et sa date de naissance (en cas d'égalité entre deux postulants, le plus âgé est favorisé - sorte de deuxième avantage à l'ancienneté). Et à l'issue de mon année de stage, réalisée sur le modèle de l'apprentissage en entreprise (mi-temps devant une ou deux classes, mi-temps en formation par les IUFM) après réussite au concours de professeur du second degré, j'ai donc obtenu ma première mutation.

Débutant (donc avec le minimum de points, c'est-à-dire 21), je n'ai logiquement obtenu aucun poste fixe, dans la mesure où l'Etat recrute davantage de professeur qu'il n'y a de place dans les établissements. Je deviens donc, à compter de septembre, TZR: ce qui signifie "Titulaire en Zone de Remplacement". En gros, sans avoir ses propres élèves et ses propres classes, un TZR est rattaché à un établissement en attendant de remplacer les collègues de sa discipline, malades ou indisponibles, dans le rayon d'action pour lequel il est nommé. Avec un peu de chance, une collègue enceinte peut donner à un TZR l'occasion de gérer une classe pendant plusieurs mois. Au pire, le TZR multiplie les remplacements ponctuels de quelques jours dans plusieurs établissements: avec la mission de faire cours à des élèves qu'il ne connaît pas et de préparer les programmes de toutes les classes, puiqu'il peut être appelé à faire cours à tous les niveaux, de la 6ème à la terminale. Le reste du temps, le TZR aide le CDI ou réalise des activités à visée pédagogique, notamment du soutien, dans l'établissement de rattachement: bref, tout sauf ce qu'un prof "normal" doit faire !

Ce système présente toutefois deux avantages: d'une part, éviter les situations qui peuvent priver les élèves de cours pendant de longues semaines; d'autre part, ne pas avoir recours à une main d'oeuvre encore plus flexible et précaire que sont les contractuels que l'Education nationale embauchait pour assurer ces remplacements, avec des droits et des salaires moindres. Il n'en demeure pas moins que, pour un enseignant titulaire qui a déjà eu l'occasion d'enseigner pendant une année scolaire entière à une classe, une telle situation est loin d'être satisfaisante ! Ce qui est d'autant plus vrai dans mon cas que j'ai été affecté dans la zone de Beauvais (ouest du département de l'Oise) alors que je réside dans la zone de Laon (centre de l'Aisne), les deux villes étant distantes de 130 km !! De cette nomination, je retiens deux éléments (que je rattache volontairement aux promesses de Sarko, histoire de montrer que, même si je n'attendais rien de l'atuecl président, il n'est pas pressé de les appliquer... y compris dans la fonction publique):

- en m'envoyant aussi loin de mon actuel domicile, alors que la zone de Beauvais ne faisait bien évidemment pas partie des vingt voeux que j'ai formulé, le rectorat m'oblige à déménager. Une sorte de mobilité forcée. Alors que le candidat Sarkozy, dans le cadre de sa politique de l'emploi, voulait inciter les Français à accepter de bouger pour trouver du travail, à faire de la mobilité volontaire l'un des éléments permettant de répondre aux besoins de l'économie française;
- par ailleurs, j'ai fait les frais du système: étant l'enseignant le plus jeune de l'académie, et ne disposant que de peu de points (comme tous mes collègues stagiaires débutants),  j'ai récupéré la zone que les autres professeurs, plus âgés (vainqueurs au jeu des dates de naissance), ne voulaient pas ! Pas question ici de privilégier le mérite: mieux valait, pour moi, rater le concours et être plus âgé lors de ma première affectation, que de débuter ma carrière dès l'âge de 21 ans !...

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Published by Aurélien Royer - dans Présidence de la République
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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 05:55
Comme tous les ans, il fait l'ouverture des journaux télévisés ou radio-diffusés ! Il s'agit, bien évidemment, du baccalauréat. Et, plus précisément de l'épreuve tant redoutée de philosophie qui donne le coup d'envoi d'une semaine d'épreuves pour les lycéens de terminale. Chaque jour, parfois à raison de deux épreuves par jour, les sujets vont s'enchaîner... et les politiciens vont multiplier les débats sur l'importance de cet examen de fin de scolarité à l'issue de trois années de lycée. Parmi les invités des médias ces derniers temps, l'incontournable Luc Ferry qui, depuis son passage au ministère de l'Education, fait régulièrement la Une. En particulier quand il s'agit de commenter l'épreuve de philosophie, sa discipline. Commentant la possibilité d'une réforme du bac, il a tenu à rappeler une évidence qui, à mon avis, doit constituer le préalable indispensable à tout article portant sur ce thème: même s'il ne s'agit pas d'un concours, pour lequel le nombre de reçus est limité, cet examen est l'une des trop rares occasions qu'ont les lycéens de se confronter au monde de la fac où tout semestre s'achève par une succession d'épreuves en temps limité, qui sont réussies si le candidat franchit le seuil de la moyenne.

Maintenir ce rôle d'antichambre du monde universitaire est une nécessité. Tout comme le maintien d'épreuves finales du brevet des collèges, malgré l'existence d'un contrôle continu, est une autre nécessité. Pour une fois, un homme politique mène une réflexion globale sur l'école: les différents niveaux constituent les différentes étapes de la scolarité et doivent s'enchaîner logiquement, chacun préparant le niveau suivant. Selon la même logique, chaque niveau (primaire, collège, lycée) doit être marqué par une épreuve finale, ce qui suppose de rétablir un examen en fin de l'année de CM2 (qui puisse empêcher un enfant ne maîtrisant pas les acquis fondamentaux que sont la lecture, l'écriture et le calcul de passer en classe de 6ème, contrairement à ce qui se passe actuellement). Il semble par ailleurs nécessaire de revaloriser chacun des diplômes existants: si le brevet n'a aucune valeur, comme c'est le cas aujourd'hui, il est inutile. Il est indispensable que cette épreuve devienne le premier des échelons professionnalisants, soit une sorte de sésame pour l'entrée au lycée ou dans une formation en alternance. Dès lors que le brevet jouerait ce rôle, le baccalauréat reprendrait une place tout aussi importante en tant que sésame incontournable pour l'entrée en université.

Pour cela, il faut aussi que ce diplôme sanctionne l'acquisition de méthodes de travail et de connaissances, la maîtrise parallèle de ces deux éléments permettant de juger une scolarité réussie et la capacité d'un futur citoyen à réfléchir. Ainsi, cette année, l'épreuve d'histoire des séries générales n'a pas véritablement joué ce rôle: alors que le programme de la classe de terminale vise à comprendre le monde actuel de l'après seconde guerre mondiale, les deux sujets de dissertation pouvaient sembler complexes. Si bien que les concepteurs de sujets ont jugé nécessaire de donner aux candidats une liste de dates utilisables pour les traiter. Et le message est clair: "vous n'avez pas appris tout votre cours? vous n'avez retenu les dates fondamentales qui permettent de comprendre le programme de l'année? vous avez appris un cours d'histoire sans chercher à retenir des dates-clés? ce n'est pas grave, on vous les donne". Si le sujet sur "la guerre froide" pouvait apparaître particulièrement vaste et celui sur "le rôle de la France dans le monde" possiblement polémique, il est probable que les correcteurs surnotent les copies: dès l'instant où les candidats peuvent réutiliser des dates qui leur sont données et où ils mènent une réflexion un minimum cohérente (chronologiquement bien menée), il n'y a pas lieu de donner une mauvaise note.

Et après cela, on va nous faire croire que le bac n'est pas bradé. Qu'un certain pourcentage d'admis doit être atteint et que, pour y parvenir, les jurys ne vont pas, une fois de plus, donner des points jurys permettant à un élève limite d'obtenir un diplôme qui, dans ce cas, ne sanctionnera pas les capacités de l'élève. Au-delà des types d'exercice réalisés et de leur difficulté, il semble par ailleurs logique de réfléchir à deux autres aspects de cet examen: la part de contrôle continu qui pourrait être introduit et l'enchaînement des différentes épreuves proposées. Ce qui suppose une réforme plus profonde du lycée, qui redéfinisse le tronc commun à toutes les filières, les options obligatoires et les options facultatives. Sans donner de solution, je propose deux pistes de réflexion (que je vous invite à discuter, en postant vos commentaires):

- d'une part, il apparaîtrait judicieux de ne rendre obligatoire le passage d'une seule épreuve de langue vivante étrangère: il est nettement préférable de donner aux jeunes Français la possibilité d'apprendre convenablement une langue étrangère plutôt que de n'en maîtriser qu'imparfaitement deux. Faire de la langue des signes et des langues régionales de nouvelles options, qui aient une finalité professionnalisante, permettrait de faire du bac un vrai tremplin vers le monde du travail ;
- d'autre part, la concentration de trop nombreuses épreuves en fin d'année de terminale pourrait être abandonnée au profit d'une dose de contrôle continu (réelle mais inférieure à celle du brevet, pour que ces deux examens soient différenciés) et du passage de certaines épreuves, qui ne correspondent pas au projet professionnel de chaque élève, en fin de classe de première.
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Published by Aurélien Royer - dans Education nationale
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 15:58

Pour certains, l'avenir du mini-traité (devenu, depuis que Sarko l'a imposé à nos partenaires, le traité de Lisbonne) est incertain. Et c'est peu de le dire ! Beaucoup de choses ont été dites à son sujet, y compris ici même. Je me contenterais, en introduction, d'en rappeler: 1- parce qu'il s'agit d'un traité et non d'une Constitution, qui fixe les règles du fonctionnement d'une UE à 27 (peut-être bientôt à 30), il est légitime qu'il soit adopté par les Parlements et que sa ratification ne soit pas impérativement réalisée par le biais d'un référendum; 2- mais, parce qu'il est aussi une copie conforme (de l'aveu même de Valéry Giscard d'Estaing), mais en nettement plus illisible, de la défunte Constitution européenne, il mérite de subir le sort qui est le sien aujourd'hui. Ce nouveau traité est devenu, malgré lui, le symbole de l'Europe que nos dirigeants sont en train de construire: au texte que les simples citoyens ne parviennent pas à décrypter (et c'était d'ailleurs l'un des messages des simples citoyens iralandais) correspond une Europe de technocrates, déconnectés des réalités et qui ne se comprennent qu'entre eux, sans jamais faire preuve du moindre bon sens.

Et l'actualité fournit de nombreux exemples de ce décalage entre ce que les eurosceptiques nomment "Bruxelles" et les citoyens qui, dans leur majorité, croient encore en la grandeur d'un projet européen de plus en plus décevant. La décision de suspendre la pêche au thon rouge, malgré le fait qu'il s'agisse d'un volet d'une politique dont je ne comprends moi-même pas les principes, a suscité la colère des pêcheurs qui perdent, logiquement, toute confiance en une Europe qui n'a pas d'avenir. Jamais, en dehors de leurs grands et beaux discours, nos hommes politiques ne parlent d'une Europe politique et sociale concrète, d'une Europe des peuples et des nations qui se préoccupe d'aménégament du territoire ou de développement industriel. L'Europe est en train de perdre son identité et, dans son histoire (déjà cinquantenaire), la période que nous vivons restera comme un trou d'air au cours de laquelle même les plus europhiles, dont je fais partie, auront fini par perdre espoir. A un moment où, pourtant, nous avons plus que jamais besoin d'un projet européen qui répondent à nos attentes et qui nous protègent d'une mondialisation que nous peinons encore à contrôler.

Plus que les résultats, prévisibles, du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, ce sont les conséquences de ce "Non" (photo) relativement massif qui m'intéressent. Certains observateurs font valoir que les Irlandais, après avoir profité des bienfaits économiques de l'UE pour se développer considérablement, ont voulu marqué leur refus de financer le développement des pays pauvres de l'est du continent. A priori, un tel argument peut séduire les moins informés de nos compatriotes qui peuvent confondre allègrement les Irlandais et ces Britanniques, nos ennemis héréditaires, profiteurs des subventions mais qui font des efforts plus que minimaux pour bâtir une "Europe européenne" (telle que la définissait le général de Gaulle). Mais, en prenant de la hauteur, il est tout aussi facile de démontrer le contraire: au nom de quoi un "non" à ce traité marquerait-il un rejet de l'UE? En quoi un europhile devrait-il dire "amen" à tout ce que l'Europe lui propose? Un europhile n'est-il pas le mieux placé pour rejeter un projet qui ne bâtit pas l'Europe en laquelle il croit? Ces seuls interrogations peuvent tempérer un constat qui n'en est pas moins faux: depuis son adhésion à l'UE en 1973, l'Irlande s'est considérablement développée et a profité du rêve européen qui fait de ses habitants des europhiles. Tout comme l'Espagne ou le Portugal d'ailleurs.

Observons un chiffre intéressant: des enquêtes de sondeurs irlandais, intervenues après le scrutin, ont montré qu'une très large majorité (au moins les trois quart) de ces 54% d'électeurs à avoir glissé un bulletin "Non" dans les urnes l'ont fait parce qu'ils n'avaient pas compris le texte qu'on leur proposait. De deux choses l'une: soit les politiciens irlandais ont totalement raté leur travail de pédagogie auprès d'une opinion peu habituée à lire des textes aussi rudes, soit le texte était trop mauvais pour remettre convenablement l'Europe sur les rails. N'ayant pas lu ce traité, je me garderais bien de choisir l'une ou l'autre de ces options. Il n'en demeure pas moins que, les Irlandais l'ayant rejetté, ce traité n'a plus aucune légitimité. Encore moins depuis que les chefs d'Etat et de gouvernement, réunis à Bruxelles, ont décidé de prolonger la ratification dans l'espoir de voir les Irlandais changer d'avis... un peu comme après le "Non" français à l'issue duquel certains pensaient nous faire revoter ! Pourquoi le "Non" irlandais, qui est celui d'un peuple et non d'une assemblée, et qui pourrait préfiguer d'autres cas complexes (comme en République tchèque), aurait-il moins de valeur que le "Non" français? Y aurait-il une Europe à deux vitesses en terme de démocratie?

Concluons par deux dernières réflexions qui en disent long sur cette Europe dont les peuples ne veulent pas (plus). 1- lors du sommet de Bruxelles, visant à trouver une issue à cette crise, les dirigeants européens ont décidé de ne rien décider et d'attendre octobre pour parvenir à une position commune. Si l'Europe, dans les moments difficiles, n'est pas capable de prendre une décision rapide et efficace, alors à quoi sert-elle? 2- ce délai, qui nous sépare du mois d'octobre, en plus d'éclaircir le ciel d'une présidence française qui aurait bien mal commencer, doit permettre aux Irlandais, coupables et responsables de cette nouvelle crise, de trouver une solution qu'ils puissent soumettre à leurs partenaires. Quelle marque de solidarité !! Vous nous avez foutu dans la m..? alors, à vous de nous en sortir ! Quel manque de solidarité ! Si l'Europe ne peut pas s'unir pour repartir du bon pied et doit, par à coups, attendre que chacun des membres réparent ses supposées fautes, on est pas prêt de voir l'Europe que beaucoup d'entre nous rêvent de voir. Et, si les Irlandais parviennent aux mêmes résultats que la France (qui a, avec ce traité tout aussi déconnecté, tenté de réparer sa "faute" de 2005), on en a encore pour longtemps... et pendant ce temps, les vrais europhiles se désespèrent.

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Published by Aurélien Royer - dans L'actualité de l'UE
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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 13:05
Il n'y pas que Ségolène, dont le dernier voyage en Inde est passé totalement inaperçu dans les médias français (et au cours duquel elle a coupé l'herbe sous le pied de Dominique de Villepin), qui cherche à se construire une stature internationale que les Français ne lui connaissent pas. Sarko aussi, un an après son accession à l'Elysée, tente de construire sa place sur la scène diplomatique. Exercice d'autant plus difficile que le manque de stature (due, entre autres, à sa taille et à son empressement) qui le handicape le différencie d'un Jacques Chirac plus qu'à l'aise sur cette partie de la politique. Et, pour y parvenir, Sarko a encore fait un grand coup... médiatique, en conviant les responsables des grands partis politiques français à l'accompagner au cours de son voyage au Liban. De Marie-George Buffet aux responsables de l'UMP, en passant par deux François (Hollande et Bayrou) qui ont tenu à rappeler que leur participation n'avait qu'un sens politique symbolique, le président a voulu bâtir autour de lui l'unité de la nation française, porteuse de valeurs qu'elle est capable, dans des moments exceptionnels, de porter d'une seule voix. Et c'est une initiative qu'il faut saluer.

Quel meilleur symbole que celui-là pour témoigner à la classe politique et au peuple libanais la solidarité de la France et son encouragement à sortir d'une période de crise politique intense? Enfin, les élus du pays du Cèdre sont parvenus à élire un président répondant aux critères fixés par la Constitution et qui porte l'espoir d'une trêve dans le déchirement confessionnel qui fragilise le pays. La France, porteuse de grands principes et d'un message universel d'espoir: voilà une image qui faisait défaut dans la France de Nicolas Sarkozy... et qui rappelle l'ère Chirac au cours de laquelle la voix de notre pays était entendue, écoutée et respectée.  Je ne rappelle pas l'épisode Villepin à l'ONU au moment du déclenchement de la guerre en Irak: tout le monde l'a en tête et en connaît la force !

Et puisqu'il est question d'Irak (ma transition est toute trouvée), j'aimerais évoqué un autre fait diplomatique, qui n'a pas reçu le traitement médiatique qu'il aurait mérité: la visite surprise du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner,  Bagdad. J'en ai eu connaissance dans l'excellente émission "13h15 le samedi", présentée par Laurent Delahousse, que propose la rédaction de France 2, dans la foulée du journal de 13 heures et qui, dans son reportage de la semaine, traite autrement un fait d'actualité passé inaperçu. Et ce samedi-là, une équipe de la chaîne a suivi cette visite non prévue (pour des raisons de sécurité) qui ne visait pas à faire le tour des palais irakiens à la rencontre des dirigeants du pays, mais à visiter un hôpital co-financé par la France et où notre pays souhaite envoyer une équipe de chirurgiens cardiaques, qui pourraient sauver de précieuses vies civiles. Une diplomatie qui place le sort des hommes et la stabilisation d'un Etat sans uniquement penser "sécurité" et "lutte contre le terrorisme" (qu'il ne faut bien évidemment pas minimiser !!) est une diplomatie qui réussit et qui peut parvenir à bâtir de grande chose. Que la France continue sur cette voie...
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Published by Aurélien Royer - dans Chronique monde
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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 10:45
Et une de plus. La journée du handicap, s'accompagnant d'une conférence chargée de réfléchir au sujet et ouverte par un discours de Nicolas Sarkzoy, est l'occasion de revenir sur un sujet de société qui, malheureusement, n'attire l'attention des politiques qu'à l'occasion de telles journées. Autrement dit, sans ces journées, les personnes handicapées se trouveraient en marge de la société. Et les élus de la nation ne réfléchiraient à leur sort qu'épisodiquement. L'avantage de telles journées n'est toutefois pas négligeable: d'une part, nos dirigeants sont contraints de répondre aux attentes de cette partie de la population et d'autre part, nous, simples citoyens, apprenons des choses intéressantes grâce aux reportages et dossiers que nos médias nous proposent. Des témoignages de personnes handicapées qui, dans un contexte économique difficile et après un an de sarkozysme, souffrent encore davantage que leurs compatriotes.

Et on ne peut qu'être touché par le témoignage, entendu sur France Info, de cette femme qui doit faire face à une croissance ultra-rapide de ses dépenses: impact de l'inflation, coût des aides à domicile (pas totalement remboursé par la Sécurité sociale), impact des franchises médicales qui concernent les médicaments et services médicaux dont ces personnes sont, plus que toute autre, consommatrices. Aux déclarations de bonnes intentions du président, nos concitoyens concernés par une situation de handicap (qu'il soit moteur ou mental) sont insensibles. Ils attendent du concret... La lutte contre la discrimination dont ils peuvent être victimes doit être une priorité, tout aussi forte que celle qui concerne les personnes d'origine étrangère. Les quotas de personnes handicapées dans les entreprises n'aura donc pas suffi... d'autres solutions doivent voir le jour. Vos propositions, pour ouvrir le débat, sont évidemment les bienvenues !
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Published by Aurélien Royer - dans Cohésion sociale
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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 07:31

Il ne veut commenter ni l'actualité ni la politique de son successeur, mais il veut continuer l'un des combats qui a fait sa réputation dans le monde: Jacques Chirac a lancé, en grandes pompes, sa fondation (en cliquant sur le logo ci-dessous, vous pourre accéder à son site web) "domiciliée" au musée du quai Branly, l'une de ses grandes fiertés à Paris. Oeuvrer pour le dialogue des cultures, pour la construction d'un monde alliant paix et développement durable sont les principaux objectifs d'une fondation qui tente de poursuivre l'oeuvre de l'ancien président. Et, on l'espère, avec plus de succès. Car, malgré les beaux discours et les déclarations de bonnes intentions, l'ancien locataire de l'Elysée n'y sera pas parvenu en tant qu'homme politique. Malgré le soutien de bon nombre de dirigeants à travers la planète, qui étaient d'ailleurs présents lors de cette cérémonie de lancement: l'ancien secrétaire général des Nations Unies, Kafi Annan, en était l'illustration. Des dirigeants, actuels ou passés, venus de tous les continents, pour montrer qu'un monde en paix est un monde de respect et d'enrichissement mutuel de toutes les civilisations qui ont fait, qui font ou qui feront l'histoire de l'humanité [Pardons pour cette phrase creuse, qui est pourtant, dans mon esprit, un véritable espoir... quel qu'en soit le cracatère clairement abstrait].


Mais que veut cette fondation? Quels sont ses principes et ses objectifs? Lisons quelques extraits du discours introductif prononcé par M. Chirac pour en avoir un aperçu. En plus de vous inciter à réagir sur cet extrait (en postant, comme d'habitude, vos commentaires), je ne peux que vous inviter à aller lire, sur le site de la fondation, l'intégralité de cette déclaration particulièrement intéressante !

« Il y a dans l’être même de la France, l’aspiration fraternelle à servir le monde. J’aime mon pays. J’aime l’idée qu’il incarne dans le monde. J’aime cet élan qui le porte à croire que les hommes sont nés libres et égaux en droits et que, malgré leurs différences, ils peuvent être solidaires. Que la liberté progresse, que l’injustice sociale recule, que la dignité de chacun soit reconnue, c’est tout le sens de mon engagement public. Un engagement partagé, je le sais, par les hautes personnalités qui m’ont fait l’amitié et l’honneur de m’accompagner dans la nouvelle entreprise de cette fondation. Chers amis, vous êtes tous d’ardents militants de la paix, du dialogue, du développement. Vous jouez tous un rôle éminent dans vos pays ou à la tête d’organisations internationales. Vous représentez, ensemble, la diversité d’expérience et de cultures nécessaire à l’équilibre du monde. Je vous remercie du fond du cœur de votre présence aujourd’hui à mes côtés. Elle est un encouragement et une promesse.

Construire une culture du respect mutuel, tisser des liens entre les hommes, bâtir une société internationale plus harmonieuse, est une urgence vitale pour l’humanité (…) Tous les hommes de bonne volonté doivent se mobiliser pour que prévale la paix sur les facteurs de guerre, la solidarité sur l’indifférence, le partage sur l’égoïsme, la responsabilité sur la résignation à la fatalité. La grande question aujourd’hui est bien celle du monde que nous allons léguer aux générations futures (…) Depuis la fin des années 1980, un triple danger s’impose à nos consciences : le danger d’uniformisation de nos cultures, celui de la destruction de notre environnement, celui du scandale de la pauvreté. Ce sont là autant de menaces majeures pour la paix et pour la survie même de notre planète. Ces menaces ont leurs antidotes : d’une part, le respect et la défense de la diversité des cultures; de l’autre, la conception et la mise en œuvre de modes de développement durables.

Jusqu’à présent abordés de manière séparée, ces deux sujets sont, pourtant, intimement liés (…) Nous devons [aujourd’hui] faire face à une double crise : une crise de la nature, qui se manifeste par l’appauvrissement des ressources ou l’accélération des catastrophes naturelles, et une crise de la culture qui se manifeste par la crispation identitaire, le développement de comportements xénophobes de mépris et de rejet de l’autre, par la montée, aussi, du terrorisme. L’une ne se résoudra pas sans l’autre (…)  Si nous voulons garantir les conditions d’existence des générations futures et permettre à l’humanité de poursuivre le cours de son histoire, il nous faut replacer l’homme, sa liberté, son exigence de justice, à la racine de l’économie. Il nous faut, tous ensemble, pays développés, pays émergents, pays en développement, fonder un mode nouveau de gouvernance mondiale. Un mode nouveau qui prenne en compte l’urgente satisfaction des besoins de base encore refusée à une part trop importante de la population mondiale. Un mode de gouvernance qui se projette aussi, au-delà de cet horizon de simple survie et donne à chaque homme la possibilité d’offrir ce qu’il a de meilleur.

Nous devons procéder à une révolution de nos modes de pensée et d’action, une révolution de nos modes de vie. Nous devons le faire maintenant. Demain, il sera trop tard. C’est ce sentiment d’urgence qui m’a conduit à orienter les premières actions de ma fondation vers l’accès aux médicaments, vers l’accès à l’eau, vers la lutte contre la déforestation et la désertification, vers le dialogue des cultures et tout particulièrement le soutien aux langues et cultures menacées. Il s’agit-là de quatre sujets qui concernent très directement la culture, la sécurité des personnes et des sociétés, et par conséquent la paix. Quatre sujets qui se répondent car les premières victimes du défaut de soins, les premières victimes de la sécheresse ou de l’insalubrité, les premières victimes de la déforestation et de la désertification, sont toujours les populations les plus fragiles, les plus menacées dans le respect de leur culture, de leur identité et de ce qu’elles peuvent apporter au monde. Quatre sujets qui n’en font qu’un : celui de parvenir à un développement qui soit vraiment durable, un développement qui donne tout son sens à l’aventure humaine, un développement qui ne laisse personne au bord du chemin ».
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Published by Aurélien Royer - dans Chronique monde
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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 18:22
De la présidentielle américaine, les hommes et femmes politiques français ne retiennent qu'une chose: ce que symbolise le vainqueur en essayant de le raccrocher à un équivalent français... les uns voient en Barack Obama (photo: en cliquant dessus, vous pourrez visiter le site officiel du désormais candidat à la présidence des Etats-Unis) l'outsider qui s'impose face aux caciques aux pesanteurs d'un grand parti, à la Ségolène Royal; les autres y voient l'homme authentique, qui parle vrai et qui séduit par son charisme, à la Nicolas Sarkozy; et d'autres encore y décèlent un homme de rassemblement, qui porte un regard lointain, au-dessus des querelles habituelles et qui fixe une ligen d'avenir, tel un François Bayrou. Chacune de ces comparaisons, abusives et souvent inappropriées, ne sert qu'à tirer partie de la situation et tenter d'importer en France ce qui pourrait être un modèle américain. Or, la question qui se pose est de savoir s'il est possible d'implater dans un pays un modèle venu d'ailleurs sans chercher à le critiquer, à l'améliorer ou à l'adpter à une situation nationale pourtant différente.


Il est tout à fait possible de tirer des leçons de ce qui vient de se passer outre-Atlantique, mais elles doivent être plus profondes et plus réfléchies. Pour ma part, j'en tirerais deux:
- l'existence d'un rêve américain qui fait de l'égalité des chances plus qu'une réalité: Barack Obama, inconnu des Américains il y a deux ans, et des Français il y a à peine six mois, est un tout jeune sénateur. Son inexpérience au plus haut niveau, son charisme et la facilité avec laquelle il peut, comme tout autre politicien, lever les foules, le symbole d'espoir qu'il représente pour les minorités qi peuvent ainsi s'identifier plus que jamais à un candidat à la Maison-Blanche, qui connaît leurs vrais problèmes pour en avoir vécu certains, sont autant de points forts. Certes, il s'agit d'atouts très abstraits, superficiels, qui se cantonnent au domaine du symbolique, mais ce sont des choses qui comptent dans un scrutin de cette importance... ce sont un des éléments qui feront pencher la balance !

- mais ce que nos partis doivent aussi retenir de ce modèle politique américain est son caractère hautement démocratique. Le modèle des primaires qui permet de départager, parmi des candidats tous plus ou moins légitimes car représentatifs de courants d'opinion, celui qui sera le candidat de chaque parti a séduit la gauche italienne et pourrait bien séduire la gauche française. Donner la parole aux citoyens pour qu'ils déterminent, dans un contexte particulier, lequel de ces courants répond le mieux à leurs attentes est une avancée démocratique indéniable. Ensuite, une fois le candidat choisi, il n'est pas question d'imposer une ligne, mais il s'agit de former un consensus permettant de construireun programme équilibré et réaliste, dans lequel chaque opinion (et chaque électeur) puisse trouver sa place. Construire de grands partis de gouvernement rassemblant des hommes et des femmes d'horizon divers, prêts à dialoguer au service de leur pays, malgré les (petites) différences idéologiques, c'est peut-être l'avenir de la politique dans un pays où se multiplient les petits partis dont les électeurs (et les idées) ne sont que faiblement représentés !
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Published by Aurélien Royer - dans Présidentielle américaine
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