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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 13:59

Une fois de plus, l'affaire a été montée en mayonnaise par les médias: il y a quelques semaines, une mère accouchait de sa petite fille, grande prématurée, dans la voiture qui la conduisait vers les urgences les plus proches... à plus d'une heure de trajet du domicile. De façon tout à fait légitime, les médias se sont donc emparés du fait divers pour montrer qu'il existe encore des déserts médicaux et que les conditions d'accès aux soins sont à ce point insatisfaisantes qu'elles peuvent provoquer des drames. La population ne pouvait qu'en être choquée... et partageait la conclusion de cette polémique: la carte hospitalière française est à revoir. Et peu importe si la mère en question s'est exprimée, quelques jours plus tard, pour dénoncer la récupération politique du drame qu'elle avait vécu, expliquant que, même avec un service d'urgences plus proche, la prématurité de son enfant était la cause réelle de son décès !

 

Il n'en demeure pas moins que notre système de santé est déréglé. Vanté comme l'un des meilleurs au monde (dans l'une de ces envolées lyriques par lesquelles nos politiciens tentent souvent de nous anesthésier), il ne nécessiterait qu'une petite mise à jour. Ainsi, à droite comme à gauche, on se satisfait d'avoir un système solidaire et encore assez juste (il est sûr qu'en comparant avec des pays comme les Etats-Unis, c'est le jour et la nuit !) sans se préoccuper de ce qu'il pourrait devenir. Pour ma part, je pense que ce n'est pas en se comparant aux autres pays qu'on avance: il ne suffit pas de se cacher derrière ce qu'il y a de pire hors de nos frontières pour s'en dire satisfait. Je pense qu'il faut comparer le système à ce qu'il était avant et se poser la bonne question: est-il toujours adapté à la France telle qu'elle est aujourd'hui? Or, à cette question, la réponse est "non".

 

Certes, les réforme(tte)s successives, menées essentiellement par la droite, ont apporté des transformations utiles à ce système: la mise en place de franchises (1€ sur la consultation et 0,5€ sur chaque boîte de médicaments) vise à limiter le recours systématique au médecin de famille pour n'importe quelle raison; la création du médecin traitant dit "référent" en dehors duquel le remboursement est réduit permet d'apporter un meilleur suivi des patients; l'informatisation des dossiers médicaux à travers la puce des nouvelles cartes vitales va également dans le sens d'un meilleur suivi (même si, pour l'instant, l'Etat ne s'est pas encore donné les moyens d'équiper toute la population); le fait d'encourager les médecins généralistes à prescrire davantage de médicaments génériques, tout aussi efficaces et moins chers, a produit les effets attendus. On pourrait poursuivre la liste. Quoi qu'il en soit, l'orientation choisie depuis le second quinquennat de Jacques Chirac me semble la bonne... Mais, il n'en demeure pas moins qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir pour perfectionner ce système, qui ne doit pas être le meilleur d'Europe, mais le meilleur à offrir aux citoyens français !

 

Car, les sources de mécontentement ne manquent pas: forte proportion de médecins d'origine étrangère (utilisés par l'Etat pour compenser le manque d'embauches... ce qui lui permet de généraliser la précarité jusqu'à l'hôpital), allongement des durées d'attente pour accéder aux soins de spécialistes, fermeture de cabinets médicaux en milieu rural, augmentation du temps de transport pour atteindre un service d'urgence, creusement du déficit de la Sécurité sociale, dépassements d'honoraires toujours tolérés. Chacun, en fonction de son expérience personnelle, pourrait allonger la liste de ces dysfonctionnements que l'Etat semble tolérer, mais qui dégradent, petit à petit, la qualité du service rendu à la population. Fort de ce constat, le gouvernement doit prendre le taureau par les cornes. Impossible, selon moi, de se contenter de petites mesurettes pour résoudre, un par un, ces problèmes. Impossible, également, de s'en remettre à la bonne volonté des praticiens.

 

Il est temps que l'Etat, dirigé par une équipe de gauche, fasse de la santé un véritable service public, uniquement public, orienté vers le patient-citoyen et non vers la rentabilité. Cela ne signifie pas qu'il faille soigner au risque d'accumuler un déficit abyssal. Cela signifie qu'il faut prendre des mesures radicales pour équilibrer les comptes tout en rendant à la population le service dont elle a besoin au quotidien. Pour cela, il ne saurait être question de mener une politique tiède, basée sur la concertation et la quête du consensus. L'Etat doit prendre ses responsabilités:

1- Augmenter le nombre de recrutements aux concours en France;

2- Diminuer le nombre de praticiens d'origine étrangère, souvent mal-payés, parfois moins bien formés... qui, quoi qu'en dise la bien-pensance, ne savent pas toujours communiqués avec les patients ou leurs familles (je suis personnellement concerné pour pouvoir en témoigner);

3- Mettre en place une obligation d'installation dans les zones sous-médicalisées pour les débutants, de la même manière que les jeunes profs sont envoyés, sans demander leur avis, dans les zones où on a besoin d'eux;

4- Favoriser la création de maisons médicales (au moins une par canton) regroupant, dans un même bâtiment, des médecins généralistes (qui organiseraient leur permanence en bonne entente), quelques spécialistes parmi les plus consultés (dentistes, gynécologues, pédiatres...), un bureau-Conseil de la Sécu (avec aide au remplissage des formulaires et autres démarches administratives);

5- Fixer les tarifs de tous les médecins et de tous les actes (selon une grille rendue publique sur le site de la Sécu) pour qu'ils ne varient pas selon le lieu de résidence des patients;

6- Installer un hôpital dans chaque arrondissement (dans la préfecture ou sous-préfecture) de façon à ce que chaque citoyen soit, promesse de M. Hollande, à moins de 30 min d'une structure pouvant apporter les premiers secours... avant de l'envoyer, si besoin, dans une super-structure hospitalière, bénéficiant de tous les équipements (dans l'idéal, une par département) !

(7- Dans l'idéal, fusionner cliniques et hôpitaux pour le service soit uniquement privé).

 

Dans ce dossier, j'adopte des positions volontairement radicales (dignes d'une économie administrée, diront certains) car, avec l'école, la santé est l'un des deux piliers fondamentaux d'une société équilibrée. Pas étonnant qu'il s'agisse des deux piliers de l'IDH, cet indice utilisé par les géographes pour mesurer le niveau de développement d'un pays !

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:41

Pour attaquer la rentrée politique, médiatique (et bientôt, scolaire), j'ai décidé de consacrer cette dernière semaine d'août à la problématique du Développement durable. Or, heureux hasard, plusieurs occasions me sont offertes par l'actualité:

1- La "sortie" de M. Montebourg sur le nucléaire (voir mon article ICI);

2- La maîtrise du prix de l'essence en attendant un mécanisme plus abouti pour, peut-être, préparer, l'après-pétrole;

3- Le retour, dans les tablettes du gouvernement, d'une proposition d'EELV que je soutiens depuis quelques années: la mise en place de tarifs progressifs sur les énergies que sont l'eau, l'électricité et le gaz. Dans le projet initial, déjà porté par Mme Voynet à la présidentielle de 2007, il s'agissait de rendre les premières consommations, dites de première nécessité, gratuites (quelques litres d'eau, quelques kWh d'électricité... par personne) puis de faire payer, à un tarif supérieur à celui d'aujourd'hui, toute consommation supérieure pour inciter les citoyens à faire des économies ! A priori, le projet de l'actuelle équipe gouvernementale sera l'égèrement différent: les premières consommations seront facturées à un tarif inférieur à celui pratiqué actuellement et tout dépassement à un prix supérieur...

 

A mes yeux, une telle disposition, favorable aux consommateurs qui maîtrisent leur usage de ces énergies et pénalisante pour ceux qui ne font pas attention, va dans le bon sens. Même, elle n'est pas suffisante... J'attends, en effet, de l'actuelle majorité que ce quinquennat soit celui de l'application audacieuse de véritables politiques durables, faisant de la protection de l'environnement non pas une fin en soi, mais le moyen de créer des emplois utiles et, pourquoi pas, de rééquilibrer les finances de l'Etat. Or, après plus de trois mois au pouvoir, le bilan est mince... Alors que, sous Sarkozy, le ministère du Développement durable avait, symboliquement, une belle place dans l'organigramme gouvernemental et qu'une multitude d'actions a été entamée (notamment le célèbre Grenelle de l'Environnement, porté par M. Borloo), la ministre hollandaise de l'Environnement, Mlle Delphine Batho, est bien silencieuse. Absente, même, de cette rentrée politique. Or, à défaut de la voir parmi les porte-feuilles prioritaires du nouveau Président, j'attends qu'elle se montre, qu'elle agisse, qu'elle lance des réflexions, qu'elle convoque de grandes conférences, qu'elle fasse peser la notion de développement durable dans un maximum de choix gouvernementaux !

 

Or, en la matière, il y a de quoi faire... et des idées existent. Offensive sur ce terrain pendant les primaires, Ségolène Royal avait avancé une philosophie du développement durable que Mme Batho, qui a hérité de sa circonscription dans les Deux-Sèvres et qui fut sa porte-parole en 2007, ferait bien de reprendre à son compte. Il s'agit d'inventer des dispositifs fiscaux incitatifs (favoriser les "bons" comportements et pénaliser les "mauvais") dès lors que les citoyens ont pu se voir proposer différents dispositifs, souvent subventionnés, pour réduire leur "empreinte écologique". En clair, avant de pénaliser financièrement les citoyens les plus pollueurs, l'Etat doit les aider à investir dans des outils qui leur permettent d'atteindre cet objectif. Premier exemple concret: il serait intéressant d'envisager de faire payer aux contribuables une taxe d'enlèvement de leurs ordures proportionnelle au poids des déchets ramassés (ce qui existe déjà, me semble-t-il, dans certaines communes). Avec deux conditions préalables: 1- que les marques mettent tout en oeuvre pour proposer des produits avec moins d'emballages (ce qui n'est pas encore le cas); 2- que chaque ménage soit équipé de poubelles indentifiables (par un système de code-barres) qui puissent être pesées par le camion de ramassage. Ainsi, plus un ménage jette d'emballages, plus il paie d'impôts... ce qui l'inciterait à surveiller ses achats et sa gestion des déchets !

 

Deuxième exemple concret, tiré d'une expérience récente. Suite à un démarchage par téléphone, EDF m'a proposé de modifier mon installation de chauffage. Le commercial qui est venu chez moi m'a averti d'une situation peu médiatisée: dans le cadre du Protocole de Kyoto, tout ménage n'ayant pas fait en sorte de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre via des dispositions écologiques pourra être sanctionné. Ce n'est pas le texte qui le dit en ces termes. Mais, l'Etat considérant que son engagement d'une réduction de 20% à l'horizon 2020 devant être également le fruit des efforts de ses citoyens, il serait envisagé d'augmenter les impôts directs des ménages n'ayant pas atteint cet objectif dans leur logement. En clair, un diagnostic énergétique permettrait de voir si le propriétaire d'une Aerothermie_schema.gifmaison a investi dans des dispositifs lui permettant de réduire ses émissions de CO2 (isolation, source de production de chauffage, gestion de l'eau...). Dans le cadre de ce démarchage, le commercial m'a proposé d'équiper ma maison d'un système d'aérothermie (voir schéma).

 

Le principe est simple: la pompe à chaleur capte l'air extérieur, collecte les calories qu'il contient et les transforme en énergie permettant de chauffer un fluide qui alimente les radiateurs et chauffe l'eau, avant de rejeter à l'extérieur l'air épuisé. La pompe remplace alors la chaudière à gaz. Coût du dispositif: le financement de la pompe remplace la facture de gaz (annulée, puisque cette énergie n'est plus du tout utilisée... sauf, semble-t-il, pour faire fonctionner une gazinière) sur 10 ans. Dans mon cas, au lieu de payer 115€ de gaz, je paierai 160€ sur 120 mois, incluant la facture d'électricité (qui connaît une légère hausse, liée à l'énergie nécessaire pour faire tourner la machine). A l'issue de ces 120 mois, il ne restera qu'une facture d'électricité... puisque la nouvelle machine fonctionne sans autre énergie payante ! Au final, cette pompe (coût global: 19.200 €) permet de sortir de la dépendance au gaz, énergie non renouvelable dont le prix ne fera qu'augmenter à l'avenir.

 

Plus que le système lui-même, c'est la démarche qui m'intéresse. Elle correspond exactement à ce que j'attends: une entreprise propose un dispositif écologique dans lequel le client peut investir pour diminuer, à long terme, sa facture et sa consommation énergétique... tout en permettant au logement de passer de la catégorie D à la catégorie B, ce qui lui apporte une belle plus-value en même temps que de participer aux objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre ! L'important est que tout le quinquennat hollandais suive cette orientation, encourageante à court terme puis pénalisante à long terme !

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 08:19

Sans mauvais jeu de mots: l'actualité nucléaire est... explosive, si bien que les médias commencent à entrevoir une possible scission entre la majorité socialiste et ses amis Verts. Deux ministres très en vue du gouvernement Ayrault ont, en effet, froissé EELV: Arnaud Montebourg a ouvert le bal, rejoint ensuite par Manuel Valls, pour affirmer que l'énergie nucléaire devait être "une filière d'avenir". Il faut dire que l'ancien candidat à la primaire s'exprime en tant que ministre du Redressement productif et que le nucléaire, porté par l'entreprise Areva (et bientôt par EDF qui s'y engouffre de plus en plus), est une énergie qui reste compétitive. D'ailleurs, dès l'automne 2011, l'ex-député de Saône-et-Loire expliquait sa position: "Ce qui est en jeu, c'est l'industrie française, les centaines de milliers d'emplois de l'industrie nucléaire (...) Ce qu'il faut organiser, c'est d'abord la sortie du pétrole, pas celle du nucléaire. L'atome est justement l'outil pour assumer cette transition. C'est le moyen d'avancer sur le chemin de la réindustrialisation" (source: site du journal Le Monde).

 

Il faut dire que malgré l'accident de Fukushima, cette industrie conserve de sérieux atouts. Non seulement, grâce à Areva, la France est leader dans ce domaine (ce qui lui garantit des emplois stables pour les prochaines décennies), mais, en ces temps de crise, l'électricité produite par le nucléaire reste la plus compétitive, bien moins chère que celle produite par les énergies renouvelables... ce qu'il faudra savoir inverser dans les prochaines années. Car, au fond, l'enjeu des prochaines décennies (et donc du quinquennat de François Hollande), c'est d'organiser, de manière concertée, réfléchie et progressive, la transition énergétique. Baisser la part du nucléaire dans la production nationale. Fermer les plus vieilles centrales, rénover celles qui gardent du potentiel et construire les réacteurs du futur, plus puissants et plus sécurisés... qui devront supporter la part future du nucléaire. Et, dans le même temps, investir dans la recherche sur les énergies propres pour qu'elles deviennent plus rentables et qu'en les proposant aux consommateurs, elles gagnent leur part dans la production nationale.

 

Or, cette transition, elle ne se fera pas du jour au lendemain. Pour qu'elle soit réussie, elle suppose de se faire en douceur, garantissant à la filière nucléaire française de ne pas être destabilisée... Ainsi, pendant une période qu'il reste à déterminer, les emplois créés dans les énergies renouvelables viendront s'ajouter aux emplois conservés dans le nucléaire pour l'entretien, le démantèlement ou la construction des centrales. C'est la stratégie voulue par Arnaud Montebourg (que la presse et l'opposition ont résumé à une phrase plus "osée"). C'est aussi une stratégie que le nouveau patron d'Areva, Luc Oursel, ne reniait pas il y a quelques mois sur France Info... dans une vidéo que j'avais alors sauvegardé dans un article que je n'avais pas eu le temps de publier à l'époque. Voici l'occasion de la ressortir:

 



 

On le voit: la bonne santé économique d'Areva, pourvoyeur d'emplois tant en France qu'à l'étranger, mais aussi porte-parole de la France dans un domaine d'excellence, n'est pas forcément opposée au développement des énergies alternatives. Investir dans l'éolien, le solaire ou l'aérothermie (voir un prochain article) peut se faire tout en restructurant le parc nucléaire français, avec le double objectif d'en diminuer la part sans la faire disparaître de notre territoire. On touche là à un vrai sujet durable (mêlant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux), sur lequel François Hollande devra rendre des arbitrages et fixer un cap... A mes yeux: un bon test pour sa crédibilité !

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:59

FERMETE. Le terme ne vaut pas seulement pour le gouvernement à l'égard des délinquants. Il pourrait aussi s'appliquer après le comportement indigne et scandaleux de certains handballeurs au soir de leur merveilleuse victoire olympique. Les Experts, surnom de l'équipe de France de handball, ont remporté, dimanche, la finale olympique du tournoi messieurs, permettant à la France de conserver le titre obtenu en 2008 à Pékin (confirmé par les victoires mondiales et européennes disputées dans l'intervalle). Professionnels, les coéquipiers de Nikola Karabatic ont livré un tournoi passionnant, chacun de leur match alliant victoire et suspense. Certains joueurs de la nouvelel génération se sont révélés, marquant des buts décisifs: outre le gardien, Thierry Omeyer, qui revient avec des statistiques impressionnantes (en ce qui concerne le nombre d'arrêts), on peut citer William Accambray (personnellement, ma révélation de l'année !). A chaque match, ces hommes nous ont fait vibrer et, comme à chaque JO, je me suis passionné pour ce sport.

 

Critiqués, les Bleus ne se sont pas mis la pression et ont déroulé leur jeu et leur professionnalisme. Trop vieux? L'expérience de cette équipe, dirigée par Claude Onesta depuis plusieurs années, a été plus forte que la fougue d'équipes plus jeunes. Frileux, au point de perdre un de leurs matchs de qualification? Les Experts ont maîtrisé leurs matchs décisifs, conservant presque toujours leur avance au tableau des scores. Et même si les victoires furent courtes (22-21 contre la Suède en finale), les Français ont dominé leurs rencontres. Leur force: un collectif extraordinaire où chacun se met au service de l'équipe, où les talents individuels s'additionnent. Et même si les choix tactiques de l'entraîneur furent parfois discutables (des changements de joueurs ont parfois coûté quelques buts à l'équipe), le résultat est là. Or, la soirée de la victoire commençait merveilleusement avec cette remise de médaille exceptionnelle: drôles, les joueurs ont tous imité le geste d'Usain Bolt, doigts pointés vers le ciel, pour recevoir leur récompense. Résultat: une photo qui a marqué la quizaine olympique (ci-dessous).

 

Experts_podium.jpg

 

Malheureusement, le feuilleton se termine mal. Très mal, même. Ivre de leur victoire, les Bleus ont copieusement arrosé leur victoire. Quelques heures après la remise des médailles, deux dérapages ont eu lieu:

- Interviewés par un journaliste de BFM en direct, Nikola Karabatic et Xavier Barachet ont déshabillé le journaliste, lui ôtant sa chemise.

- Reçus sur le plateau de L'EquipeTV, l'équipe de handball a littéralement détruit le plateau: Onesta et Karabatic, encouragés par d'autres joueurs, spectateurs amusés de la scène, ont cassé la plate-forme permettant les interviews, soulevant l'indignation de la journaliste présente. Les commentaires qui s'en suivent sont révélateurs d'un état d'esprit bien particulier: "Maintenant on peut discuter" puis "Personne n'est énervé ici" déclarent ainsi l'entraîneur après son méfait.

Pour voir les images, c'est ICI.

 

Personnellement, je suis scandalisé de voir de tels actes. Ma déception est à la hauteur de l'engouement que j'ai pu avoir pour cette belle équipe. Certes, les fauteurs de trouble, clairement alcoolisés au moment des faits, sont minoritaires. Il n'en demeure pas moins qu'après avoir fait rêvé leurs supporters, ces handballeurs ont, par leur comportement, sérieusement terni leur image en se livrant à un acte d'incivisime gratuit, bête... qui va coûter 20.000 €uros de réparation à la chaîne. Depuis, Karabatic a tenté de se justifier: la chaîne L'EquipeTV leur aurait demandé de faire le bazar sur le plateau. D'autres média s'expliquent ce comportement par une mauvaise critique, parue dans le quotidien L'Equipe au lendemain de la défaite dans les phases éliminatoires, qui aurait vexé le staff et certains joueurs ! Quoi qu'il en soit, c'est une bien mauvaise image que ces joueurs, dont on relevait 24h plus tôt toutes les qualités, ont donné aux jeunes dont ils sont les idoles.

 

C'est pourquoi je considère que ces agissements, gravissimes dans la mesure où ils constituent une forme de violence gratuite, stupide et profondément incivique, doivent être sévèrement punis. Je suggère au Comité national Olympique de ne pas verser aux acteurs de cette "destruction" (Karabatic, Onesta... voire d'autres) la prime qu'ils doivent toucher pour leur médaille d'Or, soit 50.000€ ! Pas de PITIE pour de tels comportements !

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 06:55

L'autre jour, ma soeur et moi avons voulu renouer avec une "tradition" qui touchait à notre enfance: une fois arrivé l'été, nos parents nous payaient une "licence été" de tennis. Le principe? Le patron de la section de la ville, charcutier-traiteur de profession, vendait une licence officieuse (un petit carton avec nos nom et prénom + son tampon) et prêtait la clé permettant d'accéder aux cours de tennis, situés derrière la mairie. Je ne sais pas si ce système était ou non légal, mais il avait au moins trois avantages: 1- empêcher l'accès desdits terrains à ceux qui les dégradaient chaque année (quand ils étaient libres d'accès) en monneyant la clé; 2- donner aux enfants de la commune une occasion de s'amuser pendant les vacances et d'occuper deux mois qui pouvaient paraître long; 3- en effet, j'habitais alors Logo-tennis.jpgun quartier HLM, mes parents n'étant pas riches (mère au foyer et père intérimaire qui, à 50 ans passés, multipliait les périodes de chômage)... et les "clients" de cette offre "sociale" n'étaient pas riches. Autrement dit, pour combler ces deux mois au cours desquels nous ne verrions ni la mer, ni la montagne, ni une autre région que notre Picardie natale, le tennis était un moyen et de s'occuper et de jouer entre amis... et de faire du sport !

 

Or, pour quelqu'un comme moi qui ne suit absolument pas sportif (sauf pour suivre les JO dans le canapé !), sans cette offre, je n'aurais pas pu pratiquer le tennis... sauf les quelques années où, dans le cadre d'un partenariat avec un centre social (où les familles paient les activités réalisées au prorata de leurs revenus... autrement dit, une misère, dans mon cas), j'ai pu faire 1h30 de tennis par semaine, comme dans un club, avec une entraîneuse qui m'a fait incroyablement progressé. Le problème: de nos jours, cette offre-là n'existe pas. Pour accéder aux terrains municipaux, bien plus vides qu'il y a une dizaine d'années (où les prétendants se bousculaient aux grilles), il faut s'acquitter d'une licence officielle "non affiliée" (en gros, vous n'êtes pas licencié d'un club... et vous payez pour une période déterminée en tant que "visiteur") auprès de la FFT, soit 50€ me semble-t-il. Sauf erreur, à l'époque que j'évoque, il fallait payer, en liquide, 50 Francs ! Quel gouffre !

 

Mais, le tennis n'a pas été le seul sport que j'ai pratiqué. Pendant mes années de lycée, j'ai été adhérant d'un club de tir à l'arc. Champion de mon département par équipe et vice-champion en individuel, lauréat de plusieurs concours dans cette discipline, j'ai pu profiter duFF-tir-a-l-arc.jpg coût relativement modeste de la licence... coût que mes parents ont pu verser, pour mon frère et moi, pendant trois ans. Ce sont les seules expériences sportives de ma jeunesse. Même si la volonté n'a jamais été mon fort pour "me bouger", je reste persuadé aujourd'hui que le tarif est le principal frein, notamment pour les familles modestes, à la pratique d'un sport de leurs enfants (si la licence tennis n'est que 18€ pour un mineur, celle de tir à l'arc s'élève, en 2012, après vérification sur le site de la Fédération, à 70€ !). Bref, en dehors de l'école, nombre de jeunes Français n'ont pas accès à ce qui apparaît pourtant nécessaire ! A l'heure où les JO s'achèvent, ces jeunes écoliers rêvent de pratiquer tel ou tel sport, tant la médiatisation de certaines disciplines ou les médailles que nos athlètes y ont décroché vont leur donner envie. A l'heure où les spots télévisés rappellent, chaque matin, pendant la sélection des dessins animés, de "mangez, bougez", l'Etat ne se donne les moyens ni d'éduquer les enfants à la nourriture, ni de leur permettre de pratiquer un sport qu'ils aiment de façon régulière.

 

La meilleure preuve? Dans sa lettre aux personnels, le ministre de l'Education nationale consacre deux lignes au sport (paragraphe 9)... avec cette phrase vide: "Il doit être développé et valorisé". Cela me chagrine ! Je prends donc la plume (virtuelle) pour lister, ici, les mesures que je juge nécessaire de mettre en oeuvre pour changer les choses:

1- En lien avec la semestrialisation de l'année scolaire, je suggère qu'à l'école primaire, les enseignants d'EPS interviennent pour faire découvrir, aux enfants, une multitude de sports individuels au cours du 1er semestre et de sports collectifs au 2nd semestre. Un juste équilibre entre ces deux catégories, montrant d'un côté le dépassement de soi et de l'autre la solidarité par équipe, semble nécessaire. Personnellement, j'ai adoré mes années de tir à l'arc où tournois individuels (pour se valoriser) et concours par équipe (pour la fierté du club) alternaient.

2- Alors que l'école primaire permet de découvrir de nombreux sports, je suggère qu'au collège, le nombre d'heures d'EPS soit maintenu à 4h hebdomadaires en permettant aux élèves de pratiquer, tout un semestre, le sport de leur choix. Ainsi, l'enseignant ne serait plus attaché à une classe, mais à sa discipline de spécialité. Quant aux élèves, ils pratiqueraient avec enthousiasme un sport qu'ils ont choisi (sans avoir à subir les incontournables gymnastique, course d'endurance ou foot... où, personnellement, sans être de mauvaise volonté, je récoltais des notes honteuses !), avec obligation d'en changer au 2nd trimestre de l'année.

 

3- En parallèle, l'Etat doit impérativement favoriser la pratique en club d'un sport. Plus le nombre d'élèves pratiquant le sport de leur choix, en dehors du cadre de l'école, sera élevé, plus ces enfants garderont l'envie de "bouger" à l'âge adulte. Ma proposition est simple: pendant la période de scolarité obligatoire au collège (soit de l'entrée en 6ème jusqu'à l'obtention du Brevet ou équivalent), la licence d'accès à un club serait réduite: gratuite la 1ère année (idéalement, en 6ème) puis tarif "social" pendant les trois autres années (disons, versement symbolique de 2€ par mois pendant les 10 mois de l'année scolaire, soit 20€ l'an). Il resterait à maintenir un tarif réduit (aujourd'hui "tarif mineur" existant dans la plupart des sports) jusqu'à la fin de scolarité (universitaire comprise).

4- En parallèle, l'Etat doit également mener une politique TRES approfondie d'éducation à la santé par la nourriture. Petits-déjeuners équilibrés une fois par mois, amélioration générale de tous les repas servis (combien de fois entend-on, dans une cantine scolaire, "c'est pas bon"... sauf le jour des frites?), cours théorique sur les apports nutritionnels (à quoi servent les vitamines, les protéines, les lipides? Qu'est-ce que les calories, comment les mesurer, quelle proportion ne pas dépasser?): les outils sont nombreux. Ils existent aujourd'hui. Ils sont utilisés. Mais, pour comparer l'époque où j'étais collégien et l'époque actuelle où j'enseigne dans un collège, la situation ne me semble pas s'être améliorée...

 

5- Enfin, une dernière proposition incitative (que je viens d'imaginer) me paraît intéressante à creuser. Alors que nombre d'adultes pratiquent la course à pied, le vélo ou tout autre loisir sportif gratuit, il semble possible d'encourager la pratique d'un sport licencié chez les adultes... car "mangez correctement et bougez plus", ça concerne aussi les grands enfants ! Ainsi, en prouvant, chaque année, le paiement d'une licence sportive, un salarié pourrait bénéficier d'une 6ème semaine de congés payés. En effet, la pratique régulière d'un sport en club nécessite des entraînements réguliers, mais aussi parfois des entraînements préparatoires avant des compétitions. Elle nécessite aussi des déplacements, dans la même région ou en dehors, pour participer, le temps d'un long week-end, à un tournoi... ce qui peut supposer de poser des RTT (compétition le dimanche, trajet du retour et repos le lundi, par exemple). L'attribution de la 6ème semaine serait donc un avantage acquis pour les sportifs réguliers. Qu'en pensez-vous? Avez-vous vos propres suggestions à mettre sur la table? J'attends vos commentaires et réactions pour un sujet qui me tient à coeur ! Bonne journée.

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 16:29

Rien de telle que l'hospitalisation d'un proche pour se rendre compte de la qualité et du dévouement des personnels d'un hôpital ! Et je dois dire que mon sentiment est partagé: même si je savais que ma grand-mère (hospitalisée pour un petit AVC ayant causé une chute ayant causé une double fracture tibia/péroné) a été prise en charge dans un hôpital peu réputé (celui de Chauny, dans l'Aisne, est fréquemment menacé de fermeture), les soins qui lui ont été prodigués n'ont pas eu de quoi satisfaire ma famille. Ainsi, deux jours après sa chute, les signes de son AVC étaient encore visibles (face gauche paralysée, difficultés d'élocution, impossibilité de se servir de son bras gauche, perte totale de vision dans le champ gauche, agitations et incohérences...). Pourtant, le chirurgien, l'anesthésiste et les infirmiers ne l'ont traité que pour sa jambe cassée: il a fallu que je leur montre un document sorti d'Internet (voir ICI) et leur attester, sur l'honneur, que ma grand-mère n'est habituellement pas dans cet état là (une infirmière m'a rétorqué: "Elle est avec nous depuis deux jours et on ne la connaît que comme ça !") pour que des examens soient faits. Et, après un IRM, le diagnostic a été pausé: AVC léger, impliquant un changement de traitement... avec 48h de retard, qui devraient favoriser la persistance de séquelles physiques... mais, fort heureusement, pas intellectuelles.

 

Opérée à deux reprises, elle a ensuite été transférée dans un centre spécialisé pour la rééducation. Chambres doubles. Personnel nombreux, avec infirmières et aide-soignants à profusion. Chariot de suivi des patients avec ordinateur: chaque infirmière de garde surveille la moitié de l'étage avec ce type d'engin. Médecins éloignés dans leurs bureaux, réduisant au minimum le contact avec les patients, mais présents à longueur de journée, pour un emploi du temps qui doit freiner toute vie de famille confortable. Pour les malades comme pour les personnels, le "système" est loin d'être idéal. Côté patient, rares sont les chambres individuelles: j'ai d'ailleurs du mal à comprendre comment certaines sociétés d'assurance privées peuvent oser proposer une formule "chambre individuelle garantie" quand leur publicité avoue que "cela dépend des disponibilités le jour de l'hospitalisation" (voir ICI). Le scandale, c'est que cette situation empêche toute intimité ! Ainsi, parfois délirante, n'ayant pas conscience de son état ni même du fait qu'elle est hospitalisée, ma grand-mère a fait subir à sa voisine de chambre des cris en pleine nuit.

D'où une proposition concrète: dans le pays des droits de l'homme, en parallèle à la création de cellules individuelles dans nos prisons, la restructuration des hôpitaux publics nécessite la création de chambres individuelles uniquement !

 

Côté infirmières, les contraintes sont énormes: nettoyer les patients, supporter l'inquiétude des familles, gérer les appels incessants de patients pas toujours conscients... à tel point que, parfois, en tant que famille, on a l'impression de les déranger. De plus, leur impossibilité de prendre toutes décisions, les infirmières ne peuvent qu'attendre l'ordre d'un médecin. Compte-tenu de leurs horaires et de ce quotidien difficile, je crois que leur salaire est bien dérisoire... d'autant que, comme les autres personnels, médecins compris, elles sont contraintes de faire des heures supplémentaires qui ne leur sont pas toujours rémunérées, RTT obligent. Rappelez-vous: au cours de la campagne, le coût total de la monétarisation des RTT de l'hôpital public avait été estimé, menaçant de fragiliser l'équilibre financier de nombre d'établissements. Autre problème: la refiscalisation de ces heures supp' pose problème... comme le prouve ce témoignage recueilli sur France Info (écouter ICI).

D'où une proposition concrète: soucieux des finances publiques, il est sans doute possible de cumuler maintien des effectifs et hausse des salaires, sachant que, tel Robin des Bois, il semble possible de transférer une part des salaires de certains médecins spécialisés pour valoriser celui des "petits personnels", certes moins diplômés, mais pas moins méritants !

 

Cartographie_sante.jpg

 

Améliorer le système de santé de notre pays, réputé le meilleur du monde, semble en effet nécessaire. D'ailleurs, avant que le gouvernement ne parte en vacances, deux dossiers avaient été mis sur la table par les médias et la majorité:

1- Le problème des dépassements d'honoraires (carte de droite: plus c'est orange, plus les pratiques de dépassements sont fortes). Deux actualités se sont d'ailleurs téléscopés: alors que, comme chaque année, le syndicat UNEF dénonçait les dépassements de frais d'inscription auxquels certaines grandes facultés se livrent, une enquête révélait que les dépassements d'honoraires des médecins libéraux en secteur 2 s'aggravaient. Non seulement le nombre de praticiens s'y livrant augmente (tout en précisant que ceux-ci sont minoritaires... cantonnés dans des lieux disons "favorables"), mais le montant des dépassements progresse lui aussi. Comme chaque équipe au pouvoir, le gouvernement Ayrault va avancer timidement. Pourtant, l'enjeu est simple: soit on laisse faire en se contentant de dénoncer le phénomène dans les médias, soit on légifère de manière sévère pour interdire, tout bonnement, tout dépassement !

2- La question de la liberté d'installation et des déserts médicaux (carte de gauche: plus c'est bleu foncé, moins les habitants ont de mal à trouver un médecin). C'est l'autre serpent de mer. Régulièrement, le débat ressurgit. Quand elle est dans l'opposition, la gauche s'indigne de l'incapacité de la droite à résoudre ce problème. Les mêmes solutions sont toujours avancées: augmenter le numérus clausus, offrir des primes d'installation aux jeunes diplômés... voire imposer un service de 5 ans dans une région en déficit (proposition d'Arnaud Montebourg, lors des primaires socialistes). Là encore, l'enjeu est simple: soit on s'indigne et on tente la carte de l'incitation (qui ne marche pas), soit on légifère de manière sévère pour combler les déserts médicaux au nom de l'intérêt supérieur des patients !

 

Il resterait à évoquer la question de la carte hospitalière, pour faire en sorte que chaque Français se trouve immanquablement à moins de x km d'une structure hospitalière complète, comprenant tous les outils modernes tels IRM, scanner... Une structure pyramidale (maisons de santé, hôpitaux de jour, centres hospitaliers généraux) reste à inventer pour un maillage efficace du territoire. Bref, sur tous les aspects de ce lourd dossier, il en va de la crédibilité du gouvernement: sera-t-il assez audacieux et "à gauche" pour renforcer cette belle notion de "service public"? Sera-t-il assez audaiceux et "à gauche" pour supprimer toute logique d'enrichissement et de profit dans tous les secteurs essentiels qui touchant au bien-être de la population? Je sais que le dosage entre rentabilité financière (pour ne pas gréver les finances publiques) et efficacité sociale est difficile à trouver. Mais, à l'heure de la grande crise financière, le triomphe de l'argent mérite d'être endigué...

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 14:16

A l'occasion de l'ouverture des Jeux Olympiques de Londres, j'émettais l'idée de soumettre une nouvelle candidature parisienne en vue des JO d'été 2024, cent ans après les derniers organisés dans la capitale française. Le lendemain, François Hollande évoquait publiquement cette possibilité, affirmant qu'il fallait réfléchir à une candidature à condition que les chances d'être désigné soient maximales pour ne pas revivre l'humiliation de 2005 (Paris, favorite, fut coiffée au dernier tour par Londres, de quatre voix). Rappelons que la désignation de la ville hôte des JO 2024 interviendra à l'été 2017, soit après la prochaine présidentielle... sachant que le dossier doit, évidemment, être déposé plus tôt ! Plaçant cette information sur ma page Facebook, j'ai eu l'occasion d'en discuter avec un de mes anciens élèves de Terminale qui, lui, n'est pas très favorable à cette proposition. L'occasion, sur le blog, de lister les avantages et inconvénients d'une telle candidature... pour que le débat continue et que chacun puisse se faire sa propre opinion.

 

De mon côté, je crois donc, optimiste que je suis, à l'existence plusieurs avantages d'une candidature parisienne. D'ailleurs, les articles qui évoquent cette hypothèse rappelent que, préparant les JO 2012, l'agglomération parisienne (et la région Ile-de-France) avait conçu des projets d'aménagement qui, malgré l'échec, n'ont pas été abandonné. D'ailleurs, sous le quinquennat Sarkozy, l'Etat a apporté son soutien au projet du Grand-Paris (qui eut, un temps, un ministre spécifique... qui, malheureusement, s'apparentait davantage à un porte-feuille fantôme). Remise à plat des transports régionaux, trois sites sportifs d'envergure olympique et destinés aux entraînements des sportifs tricolores (une piscine, un vélodrome et une base nautique): les atous ne manquent pas, constituant le socle d'une nouvelle candidature. En région parisienne, d'autres sites seraient incontournables: Roland-Garros, le parc du château de Versailles pour les épreuves d'équitation (?), le stade de France de Saint-Denis... Pour le reste, il est clair que des investissements seront à prévoir.

 

C'est d'ailleurs le principal argument de ceux qui doutent de l'opportunité d'un tel projet. Il faut dire que les deux dernières JO ont montré des dérives qui peuvent inquiéter, à juste titre: à Pékin, l'expulsion de locataires pauvres pour raser leurs immeubles et construire à neuf des équipements sous-utilisés par la suite confirme la faible durée de vie de ces aménagements; à Londres, l'explosion du budget prévisionnel prouve aussi qu'un Etat candidat risque de s'endetter davantage pour l'organisation de la manifestation. Certes, un tel événement rapporte beaucoup (par la dépense des touristes-visiteurs, par la création d'emplois dans le bâtiment...), mais a des conséquences souvent lourdes pour le peuple: hausse des loyers dans les quartiers olympiques, destruction de logements et expropriation, sous-utilisation de certains aménagements une fois les Olympiades achevées... Dernier argument: la France devra déjà organiser le tournoi de l'Euro 2016 de foot ! Cela représente déjà un certain coût qui, toutefois, concernera plusieurs villes.

 

Ces arguments étant mis sur le tapis, je reste persuadé de l'utilité d'une candidature olympique. Non seulement, sur le plan symbolique, cela permettra à notre pays de conserver un rang mondial... mais, sur la question de la politique d'aménagement, cela donnera l'occasion à l'actuel gouvernement de préciser ses intentions en la matière. Car, actuellement, on peine à comprendre les objectifs de sa politique d'aménagement du territoire. Je regrette, d'ailleurs, qu'un grand ministère couplant le Développement durable et l'Aménagement du Territoire n'existe pas... avec une belle place dans l'organigramme hiérarchique de l'équipe Ayrault. Bref, pour revenir aux JO, je crois que, dans un pays démocratique comme le nôtre, on est capable de mener une politique équilibrée, mêlant ambitions sportives, écologiques, sociales et économiques. A mon sens, c'est une merveilleuse occasion de faire du vrai développement durable: bâtir des sites écologiques; aménager des quartiers entiers en pensant les transports (propres, évidemment) et les logements pour les reconvertir après les JO (les hôtels deviendraient des logements sociaux à haute qualité environnementale, par exemple); reconvertir des sites en friche, actuellement abandonnés; créer des emplois durables. La France a les moyens de se lancer dans un projet qui serait l'incarnation d'une politique de relance, créatrice de richesses, soucieuse du long terme et du bien-être de la population... Chiche?

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 18:14

C'est parti... La quinzaine olympique va donc débuter dans quelques heures: la grande cérémonie d'ouverture des Olympiades londoniennes donnera donc le coup d'envoi de deux semaines de compétition et de milliers d'heures de retransmission télévisée des épreuves. Les Jeux olympiques, c'est, comme tous les quatre ans, l'occasion de célébrer la fraternité que le sport fait naître entre les adversaires. Pendant quinze jours, on ne manquera pas d'entendre que "l'essentiel, c'est de participer" en rappelant, à ceux qui ne le sauraient pas déjà, que cette devise est l'oeuvre d'un Français, baron, qui remit les JO au goût du jour à la fin du XIXème siècle ! Pendant deux semaines, les athlètes défileront, tenteront de gagner quelques médailles et mettront toutes les forces pour défendre l'honneur de leur pays et de ce drapeau avec lequel ils défileront dans le stade en cas de victoire... Patriotisme et fraternité: les JO sont une grande fête, suivie par des milliards de spectateurs, de toutes nationalités, de toutes religions, de toutes croyances, où la défense du pays et des valeurs universelles se mêlent.

 

Hasard du calendrier: la Fédération de Foot Français (FFF) rendait, cet après-midi, son verdict dans l'affaire des quatre footballeurs qui ont détérioré l'image de leur équipe lors du dernier Euro en Ukraine et Pologne... Trois matchs de suspension pour l'un, un match pour le second, et un "rappel à l'ordre" pour les deux autres: voilà donc le verdict de la FFF pour faire un exemple... Bref, un footeux peut insulter l'arbitre ou les journalistes, avec un vocabulaire des plus fleuris, et être rappelé à l'ordre ! On se fout de notre gueule ! Ces as du ballon rond, qui gagnent des millions d'€uros, font rêver la jeunesse française: nos jeunes, qui connaissent ces situations au quotidien (par peur de la réaction des parents, rares sont les établissements à prendre des sanctions vigoureuses contre les actes d'incivilité, par exemple), voient dans ces sportifs l'image de ce qu'ils aimeraient être plus tard (faire ce qui leur plaît, signer des contrats mirobolants, avoir une belle fiancée et une superbe voiture...). Du fait de la rareté des places, les footeux distribuent du rêve, de l'espoir... et s'autorisent les moindres caprices. Or, ce n'est pas avec ce type de sanction que la situation peut changer. Malheureusement, aucune solution semble n'exister. Malgré son excellente réaction lors de l'interview du 14 Juillet ("Regardez ces militaires qui, sans gagner des millions, sont prêts à donner leur vie pour leur pays et portent avec fierté les couleurs de la nation"), François Hollande et son gouvernement n'y peut rien. Imagine-t-on un Etat intervenir, par la loi, pour limiter les rémunérations? Le sport a été rongé par le business mondialisé: c'est trop tard !

 

Heureusement, les JO vont nous remonter le moral... et devraient être l'occasion de vraiment rêver. Chaque Olympiade est l'occasion de découvrir de nouveaux talents, de voir des athlètes inconnus se donner à fond pour rapporter une médaille (quel qu'en soit le métal) et mettre sur le devant de la scène des sports peu pratiqués... qui connaîtront une explosion de leur nombre de licenciés à la rentrée ! Badminton, tir à l'arc: les sports peu médiatisés seront les grands gagnants ! De toute façon, les sports "nobles", déjà très diffusés, ne rapporteront sans doute aucune médaille à la France: à voir les résultats des matchs de préparation (qui n'inquiètent pas les sportifs, car ce ne sont pas les "vrais" rencontres !), nos basketteurs ne rapporteront pas l'or. Aucun Français, domicilé et fiscalisé en Suisse, ne rapportera une médaille dans le tournoi de tennis ! Certains sports, en revanche, rapporteront de belles récompenses: on attend, évidemment, le handball (avec cette équipe championne du monde et olympique en titre), mais aussi des individuels (Romain Lavillenie au saut à la perche semble une des chances les plus marquantes)... Les JO clôtureront une saison sportive maussade: pas d'exploits français à Roland-Garros, un Euro de foot raté, un Tournoi des VI Nations de rugby décevant... après un mondial réussi, au terme duquel on a viré le sélectionneur (qui a emmené son équipe en finale, n'est-ce pas?).

 

Et dire que ces Jeux Olympiques auraient pu se dérouler... à Paris ! Un président et un maire de la capitale, tous deux socialistes, auraient lancé l'événement. Il aurait fallu, il y a sept ans, remporté la compétition de désignation: alors que la délégation française semblait favorite, l'équipe londonienne avait créé la surprise... et l'annonce, vers midi, à l'occasion JO_Paris_1924.jpgd'une édition spéciale de tous les journaux (à l'époque, j'écoutais France Info... avec un certain Harry Roselmack), avait susciter tant de déception ! Depuis, nulle question de redéposer un dossier, en dehors de l'échec d'Annecy pour les Jeux d'hiver de 2018 (prévue en Corée du sud. Si j'étais ministre des Sports (appel à Mme Fourneyron !), j'envisagerai sérieusement de préparer un dossier en vue des Jeux de... 2024. La ville hôte de cette compétition sera désignée en 2017. Il reste donc cinq ans pour monter un dossier en béton avec un avantage (après Rio en 2016 et une ville, soit asiatique, soit africaine, en 2020, une ville européenne pourrait rafler la mise pour 2024) et un argument (Paris serait fière de célébrer le centenaire de ses derniers Jeux, organisés en France à l'été 1924... sous la présidence de Gaston Doumergue - affiche officielle ci-contre !). Cent ans plus tard, la capitale française pourrait donc accueillir, à nouveau, cet événement majeur, pour mêler la fierté d'une nation et l'universalité des valeurs pour lesquelles notre peuple a pu être pionnier ! Et pourquoi pas?

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 13:11

De la même façon que la mauvaise lutte contre la corruption et les trafics en tous genres nuit à l'image de la politique et de ceux qui la pratiquent, le manque de sanctions rapides et exemplaires nuit à la réputation du cyclisme et de ceux qui le pratiquent.

 

Alors que le Tour de France bat son plein et que deux de nos Français, dont le chouchou du public (Thomas Voeckler), ont remporté des étapes montagnardes, le dopage ressurgit. Un autre Français a été interpellé lors de la première journée de repos par la gendarmerie, avant d'être dernièrement mis en examen. Coureur de l'équipe Cofidis, il est soupçonné de dopage... Sitôt l'affaire divulguée, les mauvais souvenirs sont réapparus. Le directeur de l'équipe a dûexpliquer, face aux caméras, que son coureur serait immédiatement licencié s'il est reconnu coupable. Le directeur du Tour est revenu sur le devant la scène pour expliquer que la lutte contre ces agissements continue, sans faiblesse.

 

Malheureusement, il suffit d'une brebis galeuse (ici, d'un coureur suffisament soupçonné pour être interpellé et poursuivi par la Justice) pour que les acteurs de ce sport craignent une désaffection du public. Il faut dire que, avec l'hyper-médiatisation du phénomène, les spectateurs ont tendance à exagérer: même si la majorité des coureurs restent propres, on a tendance à voir dans le cyclisme un sport sale, pourri par la dopage. Même si les contrôles se sont multipliés, avec des dispositifs de plus en plus lourds d'année en année, on maintient une atmosphère de suspicion permanente, qui plombe les valeureux sportifs qui, majoritaires, continuent leur Tour en essayant d'en faire abstraction.

 

Et mon parallèle avec la politique n'est pas dénué de fondements: même si les pratiques de corruption, de détournement d'argent ou de magouilles en tous genres, les politiciens demeurent, aux yeux de nombreux électeurs, des profiteurs, tous complices pour garder les bonnes places... Jusqu'à ce que le FN ne chante son hymne des "tous pourris" ! Au final, le fait que ces politiciens verreux restent très minoritaires et, pire, qu'ils gardent leurs places, n'étant pas plus sanctionné par le tribunal populaire (au moment des élections) que par la Justice, n'empêche pas le maintien de cette image déformante !

 

Dans les deux cas, qu'il s'agisse du cyclisme ou de la politique, une mesure simplissime est à prendre: la justice concernée doit, dès le moindre soupçon confirmé par une enquête sérieuse de la police, entrer en action, examiner le dossier et prendre une sanction exemplaire immédiate. Pas question d'attendre plusieurs années (comme pour les cas Armstrong ou Contador dans le Tour de France, ou encore les cas Juppé et Chirac en politique) avant de savoir... Pas question de laisser à ces magouilleurs l'espoir de gagner les honneurs, soit d'un podium (parfois, d'un maillot jaune), soit d'une élection gagnée (voire d'un porte-feuille gouvernemental). La sanction est simple: INELIGIBILITE A VIE pour tout politicien convaincu de magouilles et INTERDICTION A VIE DE PARTICIPER A DES COMPETITIONS OFFICIELLES pour tout sportif (cycliste ou non) convaincu de dopage ! Pourquoi attendre ?

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 08:07

Ce dimanche, les Bleus du XV de France (habillés en blanc pour laisser à leurs adversaires la possibilité de jouer en noir) ont disputé leur troisième finale d'un Mondial de rugby. Et, pour la 3ème fois, la France s'est inclinée... mais avec les honneurs. Une chose est certaine: à l'issue d'une compétition irrégulière, aussi enthousiasmante que parfois décevante, les hommes de Marc Liévremont (cet entraîneur qui, avant même la compétition, a appris la fin de son contrat de sélectionneur... alors qu'il a tout même amené le XV tricolore en finale !) avaient la gagne. Désireux de faire oublier leur contre-performance victorieuse face aux Gallois, en demi-finale, les Français ont subi le même sort: dominateurs dans toutes les phases du jeu, ils ont perdu d'un tout petit point. Ce que la France a fait subir au Pays de Galles en demi-finale, elle l'a à son tour subi en finale. Le jeu des Bleus était bien plus exaltant... Tirant leçon des échecs et des approximations précédentes, le groupe a su nous montrer un beau jeu, bien plus convaincant que celui des Néo-Zélandais. Avec un public franchement hostile (qui n'a eu de cesse de siffler les adversaires de son équipe nationale), les Bleus se sont nettement mieux défendus que lors des phases de poule au cours desquelles les Blacks nous avaient sévèrement (et justement) corrigés !

 

C'est la loi du sport. La Nouvelle-Zélande, pays organisateur et victorieuse de la première Coupe du monde en 1987, est la meilleure équipe du monde. Depuis quatre ans, elle le démontre. Ce dimanche, elle n'était pas la meilleure mais, comme les Français face aux Gallois en demi-finale, elle s'est contentée de ne pas perdre. Alors que son butteur enchaînait les échecs au pied, et alors que les attaquants peinaient tout autant que les Français à marquer un essai, les Néo-Zélandais ont tout donné en défense pour ne rien encaisser et maintenir cette toute petite avance au score. Il faut dire qu'ils ont été largement aidés par l'arbitre de la rencontre. Je sais bien que, chaque fois qu'une équipe de France perd un match, la presse et les passionnés dénoncent l'arbitrage... Mais, en finale d'une telle compétition, on est en droit d'avoir un arbitre de très haute qualité, équitable et irréprochable. M. Graig Joubert (c'est son nom), Sud-Africain, n'a pas brillé; deux exemples: 1- au rugby, les arbitres ont pour habitude d'interpeller les joueurs en faute (on les entend souvent crier le numéro d'un joueur à la limite du hors-jeu) puis, si le joueur ne corrige pas, il siffle une pénalité. Ce dimanche, l'arbitre a sanctionné beaucoup plus rapidement les Bleux que les Blacks, à tel point que même des avertissements non suivis d'effet côté néo-zélandais n'étaient pas sanctionnés ! 2- à plusieurs reprises, mal placé face à l'action, c'est l'un de ses assistants sur la touche (M. Alain Rolland, Irlandais francophone, l'un des meilleurs arbitres du monde qui jugent fréquemment les matchs du tournoi des Six Nations) qui lui signalaient des fautes ! A ce niveau de la compétition, on était donc en droit d'attendre mieux !

 

A propos de l'arbitrage ou encore de la dernière conférence de presse de Marc Liévremont, regardez l'analyse de Patrick Grivaz, journaliste sportif à France Info. 



Pour Marc Liévremont, c'était donc le dernier match en tant que sélectionneur. Et le bilan est plutôt partagé: certes, la composition de l'équipe alignée par Liévremont et son staff est contestable. Depuis la fin de la phase de poule, il s'est obstiné à maintenir la même équipe emmené par une charnière inédite (Morgan Parra à l'ouverture, qui n'est pas son poste d'origine, et Dimitri Yachvili, à la mêlée... comme s'il ne savait pas qui retenir parmi ces deux joueurs !). Liévremont a parié sur la capacité d'indignation de ses joueurs: après des échecs (contre le Tonga, par exemple), il a reconduit l'équipe défaite pour la pousser à se remettre en cause... ce qui avait alors produit la belle victoire sur l'Angleterre en quart de finale. Il n'en demeure pas moins que, au cours de ces quatre dernières années (après le départ de Bernard Laporte pour le gouvernement, à la suite du Mondiale 2007), Liévremont a tenté de nombreuses combinaisons. Je pensais d'ailleurs que la chranière Parra (à la mêlée) - Trinh-Duc (à l'ouverture) aurait été son fil rouge, tant l'association de ces deux talents (qu'il a repéré) produit un beau jeu. Mais, que voulez-vous, il n'y a pas six millions de sélectionneurs... mais un seul. Et, comme au foot, celui-ci est la cible de toutes les attaques, même les moins justifiées. Comment comprendre que Liévremont soit remercié, avant le début du Mondial, alors qu'il a conduit l'équipe en finale, que la France s'installe solidement en tête des Nations de l'hémisphère nord et en deuxième place sur le palmarès mondial (voir le tableau ci-dessous, récapitulant les résultats des Mondiaux depuis 1987)?

 

Palmarès rugby

 

Comment comprendre que Liévremont soit remercié alors que, sous son "mandat", l'équipe s'est renouvelée, les plus anciens ont progressé (voyez Thierry Dusautoir, capitaine et élu meilleur joueur de l'année par la Fédération internationale !), de nouveaux talents ont apporté de la vigueur et de la réussite? L'éviction de l'entraîneur est incompréhensible. Et, pour le supporter que je suis, c'est un scandale, ni plus ni moins. Comment justifier que Liévremont, avec ses coups de gueule mais ses succès, soit remplacé alors que Bernard Laporte, son prédécesseur, avec qui la France a perdu sa demi-finale et la petite finale (terminant donc 4ème) lors du Mondial 2007 devenait, dans la foulée, ministre des Sports? Incompréhensible, vous dis-je !

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