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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 08:22

Hasard de l'été: au moment où je finis de lire le livre de Pierre Botton (Moi, ancien détenu, bâtisseur de prisons nouvelles, aux éditions Pygmalion), l'auteur "repart en campagne", pour reprendre un titre du Parisien.fr dernièrement. Le 24 juillet dernier, M. Botton lançait, sur le Net, un nouveau clip pour sensibiliser opinion publique et classe politique à son combat pour des prisons plus humaines qui reconstruisent les individus plutôt que de les jeter dans les bras de la récidive. Ainsi peut-on résumer le combat de cet homme, incarcéré dans les années 1990 pour quelques malversations avec les milieux politiques qu'il fréquentait de près, mené depuis déjà plusieurs années. Il y a quelques mois, en mai dernier (à l'occasion de son passage dans l'émission de Laurent Ruquier, "On n'est pas couché"), je publiais un article consacré à ce projet carcéral auquel j'apportais tout mon soutien: pour relire l'article, cliquez ICI. Deux mois plus tard, ayant acheté le livre et profitant des vacances d'été pour lire (ce que je n'ai pas le temps de faire le reste de l'année), j'ai donc achevé la lecture de cet ouvrage, extrêmement riche. Avant de le détailler, regardez le dernier clip, compilant des appels de personnalité pour aider l'association "Prisons du Coeur".

 

 

Le but de cette association et de son fondateur, M. Botton? Construire, avec l'aide d'entreprises privées qui jouent les mécènes, des prisons révolutionnaires. Pour l'heure, un site a été choisi par le précédent ministre de la Justice pour accueillir ce qui n'est qu'une expérimentation: dans le Jura. Or, sur place (c'était l'actualité du mois de mai), les habitants avaient été consultés par référendum et avaient refusé, d'une courte tête, ce projet. Botton se félicitait de voir plus de 45% des citoyens soutenir son projet (ce qui n'était pas gagné) et espérait que la municipalité aurait le courage de passer outre cette consultation populaire qui ne valait pas décision définitive. En effet, le projet consiste en la construction d'une prison où les détenus peuvent, à certains moments de la journée et dans certaines parties de l'établissement, croiser la population... dans la mesure où celle-ci serait cliente d'un magasin dont les produits seraient confectionnés et vendus par les détenus. Rappelons, dès maintenant, que le projet ne s'adresse uniquement qu'aux primo-détenus, condamnés pour la 1ère fois pour des délits à une peine de moins de 5 ans ! Il s'agit d'éviter la récidive de ces petits délinquants qui, dans les prisons actuelles, tombent souvent dans un cercle vicieux qui les pervertit trop vite.

 

L'intérêt du livre, c'est de comprendre le cheminement qui a conduit cet homme d'affaires à convaincre politiques et entrepreneurs de le soutenir, chacun à leur place, pour concrétiser un rêve. Le livre est bien écrit et, surtout, très structuré: constat (lié à sa propre expérience), méthode pour mobiliser et convaincre ses partenaires, propositions concrètes... Le lecteur découvre un homme traumatisé par son expérience de la prison, traumatisé par le fait que l'administration pénitentiaire française fasse subir à tous les détenus, primo-délinquants comme criminels lourds, les mêmes conditions de détention, inhumaines et mentalement destructrices. Ainsi, on ne s'étonnera pas de relire, plusieurs fois, les mêmes exemples: le tour de garde des "matons" pour éviter les suicides mais qui supprime toute intimité; les conditions pour contacter sa famille et recevoir du courrier de ses enfants; l'absence de soutien psychologique (passant, très souvent, par la religion)... Chaque fois, on se souvient que M. Botton a tenté de se suicider, ne supportant plus de telles conditions. C'est d'ailleurs du nom du surveillant qui l'a trouvé et secouru, un homme qui mettait un peu d'humanité et de lien dans sa vie carcérale, que Pierre Botton compte baptiser ses établissements (ou, pour l'instant, le seul en projet !).

 

Car, ce qui frappe également à la lecture de ce livre, c'est le nombre impressionnant d'obstacles que Pierre Botton a dû franchir, fort de ses convictions, de son franc parler et de sa détermination sans faille. "Les ministres passent, l'administration reste": c'est, assurément, LA phrase du livre. Car, si l'entrepreneur a bénéficié du soutien sans faille de Nicolas Sarkozy, alors Président, et surtout de Michèle Alliot-Marie, alors garde des Sceaux, les fonctionnaires qui dirigent l'administration pénitentiaire (des énarques, pour le coup, véritablement déconnectés des réalités du terrain... tant ils ne prennent absolument pas en compte les remontées des hommes d'en bas !) font tout pour ralentir son projet qu'ils voient comme une remise en cause de leur travail et de leurs prérogatives. Aini, Botton cite-t-il en exemple une déclaration du porte-parole de cette administration affirmant, en conférence de presse et devant lui, l'exact contraire de ce que le ministre avait "commandé", lors d'une réunion au ministère (place Vendôme), également en présence de l'auteur ! On découvre, au fil des pages, tous les artifices utilisés par ces hommes qui voient défiler les ministres pour conserver leur pré-carré: honteux !

 

On comprend mieux pourquoi l'initiateur de cette "prison nouvelle" remet son projet sur la table, comme pour indiquer à la nouvelle équipe au pouvoir (aussi bien à François Hollande qu'à la nouvelle garde des Sceaux, Mme Taubira) que des engagements ont été pris, que ce projet dépasse les clivages, tant il repose sur des valeurs de la République, et qu'il va donc falloir le rendre réel !... Parmi les propositions concrètes soumises, on trouve la construction d'une salle d'accueil dans les prisons, pour que les prisonniers puissent se reposer sur un véritable matelas entre leur sortie de garde-à-vue (éprouvante) et leur entrée dans leur cellule; l'affichage d'une copie de la Déclaration des droits de l'homme dans cette pièce; la diffusion d'un clip vidéo présentant les droits des prisonniers pendant ce temps d'attente; la création de deux entrées dans les prisons, dont une réservée aux familles, pour qu'elles évitent l'entrée principale (elle aussi, traumatisante); l'application des standards européens pour lesquels la France est régulièrement condamnée à Luxembourg (cellules individuelles, accès intime aux toilettes et aux douches, salles communes d'accès à Internet et à la télévision); le versement de salaires aux ministres du culte (prêtres, pasteurs et imams) pour que tous les détenus puissent pratiquer, sans discrimination, leur religion; mais aussi sans oublier la création d'ateliers dans lesquels les détenus travaillent contre un salaire au moins égal au SMIC... payé par les entreprises partenaires pour lesquelles les détenus pourraient travailler ! Tout un programme. Programme que M. Hollande ferait bien d'appliquer au plus vite !

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 11:07

De la même façon que les premiers gestes, premiers déplacements et premières déclarations du président Hollande ont été scrutés, la première médiatisation des nouveaux ministres donnait une information, massivement commentée, sur leur personnalité. Ainsi, avant de placer la question de la "justice des mineurs" comme une priorité, la nouvelle ministre de la Justice (présentée, avec tact, comme une "extrêmiste favorable à l'indépendance de la Guyane" par les cadres du FN) a fait une première sortie remarquée. Christiane Taubira, qui n'est plus candidate aux législatives pour conserver son porte-feuille au gouvernement, a en effet assisté, au Palais Omnisport de Paris-Bercy, à un tournoi de basket entre détenus et gardiens... jusqu'à la finale entre l'équipe, incarcérés et gardiens confondus, de Fleury-Mérogis (vainqueure, d'ailleurs) et celle, tout aussi mixte, de Grenoble ! En marge de ce déplacement, et avant de remettre la coupe aux vainqueurs, elle a eu cette déclaration fondamentale: "Un détenu reste un être humain, un citoyen".

 

Cette première sortie (marquée par l'évasion d'un des détenus participants) me donne l'occasion d'aborder une des propositions majeures sur lesquelles la nouvelle majoirté pourra se pencher dans les prochains mois: celle d'une prison nouvelle génération, initiée par Pierre Botton, condamné dans les années 1990 et qui réfléchit, depuis, à la façon de rendre la période d'emprisonnement "utile". Invité d'On n'est pas couché, à l'occasion de la sortie de son livre, il a eu l'occasion d'expliquer en détail (face à Laurent Ruquier, Natacha Polony et Audrey Pulvar) son projet. Et je dois avouer être séduit à 100% par son projet. Rappelons, avant de le résumer, qu'il avait fait l'actualité quand une consultation populaire fut organisée dans une commune du Jura où 54% des habitants ont voté "contre" l'implantation de cet établissement. Sollicité pour commenter cet échec, Pierre Botton expliquait qu'échouer avec 46% de citoyens favorables à l'installation d'une prison sur le territoire de leur commune, c'était tout de même une forme de reconnaissance de son travail. Tout en précisant que le vote n'était que consultatif et qu'il appartenait au Conseil municipal de prendre la responsabilité d'en décider autrement.

 

La "prison Botton", on peut la résumer en trois points:

1- Il s'agit de conserver la dimension répressive de la peine de prison: opposé à ce que les petites peines soient transformées en liberté surveillée (avec bracelet électronique par exemple), l'ancien entrepreneur explique que la privation de liberté fait partie du processus de sanction et de reconstruction. En clair, il préfère qu'une personne condamnée fasse de la prison et que l'Etat l'aide à se réinsérer ensuite, plutôt que de la laisser partiellement libre dans tirer les leçons de son acte. Ainsi, le projet Botton ne s'adresse qu'aux détenus, condamnés pour la 1ère fois à une petite peine concernant un délit.

2- L'établissement construit n'est pas une prison, mais un vaste complexe de plusieurs bâtiments à l'intérieur duquel les détenus doivent un certain nombre d'heures de travail rémunérés. Chaque détenu disposerait d'une cellule individuelle avec un confort minimal car il considère que les conditions de détention constituent, actuellement, une sorte de double peine, qui s'ajoute à la privation de liberté. Chaque détenu pourrait circuler librement dans l'enceinte de l'établissement, où des commerces, des ateliers ou des lieux de rencontre seraient aménagés... et auxquels la population de la commune pourraient avoir accès, favorisant ainsi la sociabilité de détenus qui ne seraient pas coupé du monde réel.

3- Les détenus seraient par ailleurs suivis par des agents de formation et de réinsertion: une partie de leur temps de détention serait consacrée à passer des examens, à obtenir une qualification, à préparer leur sortie (trouver un logement, un emploi...). Ainsi, la période de prison serait, pour ces condamnés à de courtes peines, une période de rééducation pour la vie en société. Et non une période de destruction morale parfois irréversible.

 

Evidemment, avec un tel projet, la droite criera à l'angélisme, à la société des bisounours. Les aboyeurs de l'UMP dénonceront une vision idyllique et naïve des délinquants à qui il ne faudrait faire aucun cadeau. A ceux-là, il faudra répondre que le dispositif s'adresse à un public bien précis et qu'il appartiendra aux juges de sélectionner les détenus concernés. Soucieux d'améliorer le respect des droits de l'homme, le gouvernement devra mettre en avant sa volonté d'améliorer le sort de ses détenus, pour ne plus être pointé du doigt, dans les rapports internationaux, comme un des pays où le taux de surpopulation est le plus élevé. Reste à savoir si le chef de l'Etat est prêt à dépenser suffisamment d'argent public pour mettre ce dispositif sur pied, sachant que le travail des détenus intéressera des entreprises (Pierre Botton a lui-même trouvé des partenaires pour son expérimentation jurassienne) et qu'il s'agit d'un investissement permettant à d'Etat d'espérer une réduction des taux de récidive. Dans certains domaines, l'utopie peut être un allié: comme certains de ses prédéceseurs (y compris de droite, telle Mme Alliot-Marie), Mme Taubira aidera-t-elle Pierre Botton à concrétiser son projet?...

 

Pour ma part, si j'étais maire d'une commune, je ferais tout mon possible pour convaincre la population de tenter la voie de l'expérimentation d'un tel dispositif. J'en ferais même un thème de campagne pour les élections municipales de 2014 ! Car, ce n'est qu'en essayant que l'on peut en tirer des conclusions. En attendant que cela se produise, vous pouvez acheter le livre de M. Botton (cliquez ICI).

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 13:22

Les médias ont de l'habileté, tout de même. Aussitôt Eva Joly propose-t-elle de refondre la fête du 14 juillet en un "défilé citoyen", et les sondeurs se mettent en route: sans laisser aux Français le temps de la réflexion (en même temps, vue la qualité du débat, ils n'auraient pas trouvé beaucoup d'arguments valables dans la bouche des soi-disants responsables politiques), on savait déjà (aux JT de M6, en l'occurence) que 84% des Français y étaient hostiles ! Je me sens bien seul ! La veille, sur la même chaîne, les journalistes présentaient les résultats d'un autre sondage, réalisé en ligne: 82% des Français se disaient favorables à un retrait accéléré des troupes françaises présentes en Afghanistan... Question posée, le jour du 14 juillet, au lendemain de la mort de cinq de nos soldats quelque part dans cette désormais célèbre vallée de la Kapisa. "Mais quel est le con qui oserait voter "non"?" me disait ma mère en voyant l'intitulé de la question. Je n'osais pas lui répondre: "moi !".

 

Car, non, je pense que la France ne doit pas accélérer son calendrier de retrait de nos troupes présentes dans ce pays, ancien nid du terrorisme islamiste. A cela, quatre raisons majeures, que je vais (essayer d') exposer clairement:

1- Succomber à l'émotion sans prendre le temps de la réflexion ne produit rien de bon: les sondages, évoqués plus haut, produisent en effet des résultats faussés. Compte-tenu de l'émotion soulevée par la mort de nos compatriotes, la question d'un retrait anticipé ne peut que susciter l'enthousiasme. Mais, le propre d'un responsable politique est de se démarquer de l'émotion liée à l'actualité pour considérer le problème dans sa globalité, sur un temps plus long et d'en mesurer les conséquences.

2- Partir plus tôt, c'est abandonner une société afghane encore fragile: partir plus tôt que prévu, alors que les armées et polices afghanes ne sont pas encore prêtes à affronter, seules, la menace talibane (que les événements récents montrent comme pressante et accrue), c'est condamner l'Afghanistan à redevenir le repair d'un islam extrêmiste, réactionnaire, dangereux pour l'Occident comme pour les populations locales qui feraient un terrible bond en arrière !

 

3- Se désengager selon notre propre calendrier, c'est trahir nos alliés et le gouvernement Karzaï: vous savez sans doute que je ne suis pas un atlantiste convaincu (j'ai largement dénoncé, ici, le retour de la France dans l'OTAN). Vous connaissez probablement mon attachement à la démocratie, phénomène qui n'est pas vraiment la marque de l'administration Karzaï, avec un président réélu par la fraude et qui ne lutte pas vraiment avec détermination contre la corruption. Malgré tout cela, le devoir de la France est de rester aux côtés de ses partenaires jusqu'au moment où elle l'avait décidé avec eux. Beaucoup, dans la classe politique, ont critiqué le calendrier Sarkozy, calqué sur celui qu'Obama avait annoncé la veille. Mais, quoi de plus normal que le 3ème pays le plus engagé dans ce conflit (la France, ndrl) coordonne son retrait du pays avec son partenaire le plus engagé (les USA, ndrl)? Faire machine arrière et laisser les Américains se débrouiller seuls, parce que l'émotion nous commande de déguerpir plus tôt que prévu, n'est pas convenable !

4- Enfin, stopper nos efforts devant de nouvelles difficultés, c'est ne pas honorer la mémoire de ceux qui sont déjà tombés: depuis 2001, ce sont donc 70 soldats français qui ont été tués. Ces 70 compatriotes ont été les victimes (médiatiques) d'un terrorisme qui a frappé le sol occidental à plusieurs reprises. La lutte contre les "frères" de Ben Laden devait permettre à nos pays de vivre mieux, en réduisant la menace de ce fanatiques de l'islam. Partir d'Afghanistan, c'est augmenter ce risque en leur laissant un champ libre pour reconstituer leurs bases. Car, ce que les derniers événements montrent, c'est que les talibans gagnent du terrain, qu'ils changent de méthodes pour cibler des intérêts afghans: l'attaque kamikaze réalisée près de la mosquée de Kandahar, où se déroulaient les obsèques d'un frère du président Karzaï, démontre que les "fous de Dieu" ne reculent devant rien, qu'ils continuent de recruter. Partir maintenant, c'est remettre en cause ce qui a déjà été fait ainsi que le mandat reçu il y a dix ans !

 

Bref, à mon sens, voilà quatre raisons pour ne pas quitter l'Afghanistan avec précipitation... en se cantonnant au calendrier fixé par le président Sarkozy, à savoir retrait progressif de certaines troupes en 2013 avec l'objectif de quitter définitivement le pays fin 2014, quand les forces locales auront été totalement préparées et entraînées à assurer la sécurité du pays. Car, contrairement à ce que disait Nicolas Dupont-Aignan (qui a trouvé une occasion de faire parler de lui), si les Afghans échouent, ce seront les pays occidentaux qui en paieront le prix. Le combat que nos soldats mènent sur place, avec une détermination que j'ai moi-même pu mesurer (un de mes proches a été sur place, y a été grièvement blessé puis rapatrié en France... où il a pu me parler de sa détermination, de sa foi dans le combat mené contre des talibans obscurantistes qui effraient les villageois afghans, de son envie de retourner sur place !), est un combat juste pour défendre nos valeurs. Celles de paix, de tolérance, de justice sociale, de lutte contre toutes les formes d'inégalités et de dépendances... Nous ne pouvons pas quitter cette partie du monde sans avoir la certitude qu'elle ne redeviendra pas, avec le voisin pakistanais ou des Etats-satellites comme le Yémen ou la bande sahélienne, le coeur d'un terrorisme mondialisé qui n'hésiterait pas à frapper sur le sol européen ou américain ! Dommage que François Hollande, qui ne succombait pas à l'émotion en proposant, à la veille de l'attaque en Kapisa, un retrait accéléré à l'horizon 2013, ne l'ait pas compris. Dommage, encore, que Nicolas Sarkozy, au lendemain du drame, ait cru bon annoncer une telle accélération aux pieds des Champs-Elysées... lui qui était sur la bonne voie, quelques jours plus tôt !

 

Le débat est donc ouvert... et j'espère que vous, mes lecteurs, y participerez en postant vos commentaires. En attendant de vous lire, bonne journée à tous !

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 12:39

Disons-le d'emblée: j'adhère, presque totalement, à l'idée d'Eva Joly de redéfinir les modalités et le déroulement du traditionnel défilé du 14 Juillet ! Mieux: les réactions, venues de gauche comme de droite, à l'exception notable de celles de Jean-Luc Mélenchon ou de Dominique de Villepin, me renforceraient dans mon idée. La classe politique, unanime pour tirer sur la candidate déclarée d'Europe Ecologie Les Verts, me dégoûte. Que des cons comme les plus droitiers de l'UMP, pour la plupart députés ultra-sarkozystes, débitent leurs imbécilités et leurs propos les plus xénophobes et populistes pour raccrocher les voix des futurs électeurs de Marine Le Pen, c'est une chose. Cela me scandalise au plus au point, mais j'ai fini par m'y habituer. Mais, que d'autres responsables politiques, au premier rang desquels le Premier ministre ou encore certains prétendants élyséens socialistes, participent à ce (vrai) débat dans le seul but d'en tirer un profit électoral ou de caresser les Français dans le sens du poil, cela m'attriste. Car, au final, ce qui était une proposition apte à nourrir un débat national intéressant se transforme en débat puant, qui n'est qu'un triste avant-goût de ce que sera la campagne présidentielle ! Peu courageaux, les candidats à la primaire socialiste ont, majoritairement, dénoncés les attaques de la droite sans pour autant se prononcer sur le fond. Comme si participer à la polémique avec le camp d'en face présentait un intérêt supérieur au fait de pouvoir dialoguer avec un des futurs partenaires du PS en vue de la construction d'une alternative au sarkozysme. Pourquoi ces prétendants à la fonction suprême n'ont-ils pas el courage de dire, tout haut, ce qu'ils en pensent et d'avancer de vrais arguments?

 

Car, à droite, de vrais arguments, on en trouve peu. Tous ceux qui se sont exprimés sur le sujet ont, d'une façon ou d'une autre, évoqué les origines norvégiennes de la candidate écologiste. "Elle doit mieux s'y connaître sur les questions de pêche en mer du Nord et devrait prendre quelques leçons d'histoire-géographie accélérées avant de faire une telle proposition" expliquait, en substance, le député sarkozyste Lionnel Luca qui se présente, sur son site officiel, comme "député de la Nation. Ce cher monsieur apprendra que je maîtrise assez bien l'histoire et la géographie de notre pays, puisque je les enseigne à des élèves que je souhaite élever au rang de citoyens, et que la proposition de Mme Joly ne m'apparaît pourtant pas stupide, ni contraire à notre histoire. Il devrait, comme lui suggérait M. mélenchon, hier soir sur Europe 1, de relire lui-même l'histoire de la Révolution pour savoir que les grandes fêtes qui célébraient la prise de la Bastille, à partir de 1790, consistaient aussi bien en défilé militaire et religieux (comme sur le Champ de Mars, pour la Fête de la Fédération) qu'en rassemblements populaires et festifs où tous les citoyens étaient acteurs ! Mais, la déclaration de M. Luca, qui ne semble pas faire de sa priorité la cohésion nationale et sociale de notre pays, est détestable en celà qu'elle repose sur des sous-entendus xénophobes particulièrement insoutenables. Attaquer Eva Joly sur son origine, à grand renfort de cliché (aux Français la baguette, aux Norvégiens la pêche en mer du Nord?), comme pour vouloir insinuer qu'elle n'est pas 100% française, c'est proprement scandaleux... et, pour le coup, contraire aux valeurs, aux traditions et à l'histoire de notre pays !

 

Ce débat manque de hauteur. Sur son blog, Dominique de Villepin a tenté d'en redonner avec cette phrase, pleine de bon sens (élyséen?): "La candidate investie des Verts peut bien proposer ce qu’elle veut. Elle a la légitimité démocratique de le faire sans devoir sans cesse montrer patte blanche et certificat de nationalité". Bien dit ! Car, du côté de la majorité, les réactions, en chaîne, ne sont pas de ce niveau et se complaisent dans des caricatures... pour masquent, à eine, le néant de leurs propositions. Marine Le Pen, une des premières à réagir (évidemment), est dans la même ligne: "et pourquoi pas des stands pour acheter du haschich?" a-t-elle lancé sur RTL, sous-entendant que le défilé citoyen voulu par sa rivale écolo serait une sorte de méga-fête populaire avec tous les clichés que cela supposerait... Or, ce qu'Eva Joly proposait, ce n'était qu'un simple défilé d'enfants, de salariés, d'étudiants, de retraités... Bref, les véritables forces vives de la nation ! Et pourquoi pas? Le patron du Front de gauche, lui aussi candidat à la présidence de la République, s'y est dit favorable, ajoutant qu'il souhaitait davantage un défilé associant l'armée et les citoyens. En gros, un défilé de nos militaires et de leurs moyens d'action, suivi d'une descente des Champs-Elysées par des citoyens "normaux" afin de montrer la diversité d'une Nation en fête. Etrange, d'ailleurs, que le candidat "normal" qu'est François Hollande ne s'y retrouve pas. Car, avec la proposition Joly, approfondie par l'idée Mélenchon, le défilé nouvelle formule prend forme: il s'agirait d'une grande fête où la nation, dans sa diversité, communierait, de manière encore plsu visible, dans un défilé en plusieurs temps, avec une armée dont personne ne nie l'utilité. Moi-même frère d'un militaire de la Marine nationale, je ne remets absolument pas en cause la nécessité d'une armée professionnelle dont les membres se sacrifient, au quotidien, pour nous défendre des menaces extérieures.

 

Là n'est pas le problème. La question du 14 juillet est d'ailleurs loin d'être réglée. Pour Mme Joly, ou un candidat socialiste qui lirait ces lignes, je serai tenté d'aller plus loin encore avec cette série de propositions:

1- Le matin du 14 juillet, un grand défilé en trois temps est organisé sur les Champs-Elysées et, en simultané, dans toutes les villes (petites ou grandes) qui le souhaiteraient: d'abord, les forces de l'ordre et de la paix (militaires, policiers, pompiers...); suivies des bénévoles associatifs, eux-mêmes suivis d'une sélection de citoyens lambdas (enfants des écoles, personnels de santé, retraités actifs, adhérents de clubs sportifs);

2- En fin de matinée et début d'après-midi, remise au goût du jour de la garden party de l'Elysée, ainsi que dans toutes les préfectures et dans les hôtels de ville des municipalités intéressées: sans stars ni petits fours hors de prix, la cérémonie vise à décorer les citoyens véritablement talentueux et méritants lors de l'unique remise de décoration de l'année (finies les cuvées du Nouvel an, de Pâques... d'une Légion d'honneur rabaissée à une médaille courtisane pour artistes et politiques bien en vue au Château !);

3- En cours d'après-midi, remise des diplômes (Brevet des collèges, Baccalauréat, Titres universitaires) lors de cérémonies "à l'américaine" dans tous les établissements de France, marquant ainsi la fin définitive d'une année scolaire remaniée qui débute à l'extrême fin du mois d'août (refonte des rythmes scolaires oblige);

4- Le soir, bal et feu d'artifice.

 

Avec un tel programme (notamment le point n°3, qui est la nouvelle de mes propositions), le 14 juillet deviendrait à la fois le point final de l'année scolaire et universitaire (comme il l'est déjà dans les médias ou la politique, par exemple) et, évidemment, le coup d'envoi des Grandes vacances scolaires. Une idée que la gauche pourra, peut-être (si elle est audacieuse), faire appliquer quand elle devra dessiner le nouveau calendrier scolaire annuel !

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:13

Découpée !! Morte à tout juste 20 ans. La jeune Laëtitia, dont le corps a été retrouvé à 50 km du lieu de sa disparition, a été la victime d'un "psychopathe", plusieurs fois confronté à la justice française et "connu des Tony-Meilhon.jpgservices de police" de sa région (selon la formule consacrée). Tony Meilhon, 31 ans (photo), rapidement interpellé par la police, a été placé en examen pour viol et enlèvement suivi de mort. Il a, dans un premier temps, reconnu avoir percuté, de manière accidentelle, le scooter de la jeune fille, près de Pornic, en Bretagne: Laëtitia serait morte des suites de cet accident et son meurtrier se serait alors débarassé du corps. Les premières constatations, réalisées sur le tête repêchée, indique que la jeune fille a été victime d'un étranglement... ce qui contredit la version du suspect ! Ce soir, les proches de Tony Meilhon en appellent à sa raison: son frère et sa belle-soeur, interviewés par les médias, lui demandent de livrer la véritable version des faits, de ne pas s'enfermer dans le mensonge et d'éviter à la famille de la victime, déjà traumatisée par la violence du meurtre, un calvaire plus profond. La belle-soeur du meurtrier présumé termine son témoignage d'une phrase forte: "J'espère qu'il prendra perpét'; c'est tout ce qu'il mérite".

 

La question de la sanction à prendre face à ce type de meurtrier et de leur maintien hors d'état de nuire, pour protéger le reste de la société (ce qui est l'essence même de la justice), est désormais posée. Or, comme à son habitude, le président de la République, Nicolas Sarkozy, en plus de recevoir les proches de la victime (alors, simplement, portée disparue), s'est jeté sur l'occasion pour promettre une énième loi sur la lutte contre la récidive. Si le Parlement suit le chef de l'Etat, ce serait la 6ème loi sur ce sujet depuis que Sarko est aux affaires, toutes fonctions confondues ! L'aberration est si grande qu'elle frappe jusque dans les rangs de la majorité. Des parlementaires n'hésitent d'ailleurs pas à promettre de ne pas voter une telle loi... Et l'opposition, forte de ses récentes critiques concernant la politique contre la délinquance, dénonce elle aussi ce penchant présidentiel pour les "lois faits divers".

 

Et si, à l'occasion de cette affaire, l'opposition tapait du poing sur la table? Ou lançait sa campagne présidentielle, avec un thème fort, mobilisateur, habituellement réservé à la droite? Constatant l'échec du sarkozysme sur le terrain de la sécurité et de la justice, la gauche pourrait faire cette proposition pleine de bon sens: à compter de 2012, toutes les peines de prison prononcées par une Cour d'assises (donc, pour un crime) seront intégralement appliquées. Pour elles, aucune remise de peine, aucune libération conditionnelle ne serait possible. La prison à perpétuité devra se conclure par la mort du condamné dans sa cellule. Point final. La gauche ne doit donc pas hésiter à se montrer ferme. En matière de sécurité, la prévention est essentielle. Mais, elle n'a de réelle efficacité que si, en face, la répression est sans faille ! Les Français le veulent. Un gouvernement progressiste devra s'en donner les moyens... tant financiers qu'humains et matériels (à commencer par la rénovation des prisons françaises, incluant l'individualité des cellules). Un sujet que je ne manquerai pas d'aborder à nouveau durant la prochaine campagne électorale ! Bonne soirée à tous.

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 08:41
Les rôles sont désormais inverser: "Sarkozy n'est plus la victime d'un Villepin comploteur, mais l'ancien premier ministre est la victime de l'acharnement de l'actuel chef de l'Etat". Ce n'est pas un villepiniste ni même un membre de l'opposition de gauche française qui l'affirme. Mais le quotidien allemand Die Welt, au lendemain de l'appel du Procureur de la République, Jean-Claude Marin, dans l'affaire Clearstream... dans laquelle Dominique de Villepin a donc été innocenté par une relaxe prononcée jeudi. Le feuilleton, qui a valu à l'ancien ministre des Affaires étrangères une traversée du désert (qui s'est révélée être une épreuve douloureuse pour lui et sa famille) de plus de deux ans, va donc continuer. Ce qui constituait une affaire bien sombre a donc trouvé, jeudi, un début d'éclaircissement. L'affaire Clearstream, du nom d'un organisme bancaire luxembourgeois, n'était donc pas une manipulation politique visant à destabiliser Nicolas Sarkozy. D'après le jugement, aucune preuve ne permet d'affirmer que M. de Villepin soit à l'origine des listings truqués sur lesquels le nom de l'actuel président apparaissait. Et cela apparaît d'autant plus clairement que, tout au long de l'affaire, M. Marin a fait évoluer sa position au gré des informations dont il disposait: constant que l'ancien chef du gouvernement n'était pas l'instigateur de l'affaire, le procureur l'avait finalement poursuivi pour complicité (par omission) après avoir hésité à rendre un non-lieu. Pendant le procès, le même procureur a réclamé une condamnation du rival de Sarkozy parce qu'il aurait tardé à avertir la justice de ces faux listings, dont il connaissait l'existence. Ces revirements montrent bien que la thèse initiale, qu'il avait défendu au début de l'enquête, n'était pas fondée. D'après le tribunal, seules deux personnes sont coupables: Imad Lahoud pour avoir truqué les listings en question et Jean-Louis Gergorin qui est considéré comme le calomniateur. A la thèse sarkozyste que cette affaire serait un complot de Villepin visant à l'écarter de la scène politique, le tribunal répond par la négative.
 
Ce qui est sûr, en revanche, c'est que le procès intenté à l'ancien premier ministre - une formidable occasion pour Nicolas Sarkozy, partie civile - et le second volet (provoqué par l'appel du Parquet) constituent deux manipulations politiques du président pour éliminer un concurrent sérieux dans son propre camp politique. Car, avec ce second procès, qui devrait se dérouler début 2011 - à un an de la présidentielle - il y a deux issues possibles: soit M. de Villepin est condamné en appel et le voilà écarté de la course à la Présidence (ce qui permettrait au chef de l'Etat de dormir sur ses deux oreilles); soit il est de nouveau innocenté et, avec les primaires socialistes, la course sera véritablement engagée... remettant l'ancien premier minsitre en selle au bon moment. Imaginez un peu: Villepin candidat en 2012 avec la volonté de rassembler, au-delà des lignes partisanes traditionnelles, sur des thèmes comme l'égalité des chances ou la défense de l'intérêt général. Sarkozy perdrait une part de son électorat de la droite modérée qui, déjà, ne se reconnaît plus vraiment dans son action. Il prendrait alors le risque d'être dépassé par le (ou la) candidat(e) socialiste et de ne pas être présent au second tour... si la mayonnaise Villepin prend. Car, l'opération Villepin 2012, bien que mal jugée par les Français (la moitié des sondés ne souhaitent pas qu'il se présente), ne fait que commencer. Entendre un homme de centre-droit, symbole du refus de la France de participer à la guerre en Irak, expérimenté de par les fonctions (non électives) qu'il a occupé, évoquer la voix de la France, le service de l'Etat, la nécessité de réformer le pays pour le tenir debout, de lutter contre le creusement inquiétant de sa dette et des inégalités... c'est rejouer, cinq ans après, la rupture. 2007 fût la rupture du sarkozysme avec le chiraquisme. 2012 serait, alors, la rupture d'un néo-gaullisme avec un sarkozysme déclinant. La partie promet d'être belle. Car ces thèmes, chers à une partie de l'électorat conservateur (représenté par des élus UMP qui n'hésitent plus à se rebeller), sont plus que jamais d'actualité... moins d'un mois après la mort de Philippe Séguin dont Villepin a repris certains traits (insistant sur sa "volonté de servir la France, non pour faire carrière, mais pour défendre des convictions", comme il l'a dit, jeudi soir, face à David Pujadas).
 
La haine qui lie ces deux hommes, palpable alors que l'un dirigeait un gouvernement auquel appartenait l'autre (sans en partager toutes les décisions), devait conduire à un combat politique... après le combat judiciaire. Il faudra attendre encore un peu. Et, en attendant, on ne peut éluder la question du jour: l'appel du Procureur a-t-il été dicté par l'Elysée? Evidemment, officiellement, du côté des porte-parole de l'Elysée (par la voix de Claude Guéant) ou du parti présidentiel, on jure que "non". Peuvent-ils dire le contraire? En tout cas, Sarko est un sacré malin: dans son communiqué du jeudi, il affirme se retirer du procès et ne pas vouloir se constituer partie civile en appel... et, en coulisse, il parvient à organiser cet appel. Même si M. Marin n'a pas été directement prié de faire appel du Villepin-mediatique.jpgjugement, l'esprit de cour qui peut exister autour du chef de l'Etat et la dépendance hiérarchique du Parquet vis-à-vis de l'exécutif ne peuvent que susciter ces doutes que l'opposition exprime sans ambiguité. Certains avancent des arguments juridiques pertinents: "faire appel est un droit et on voit mal un Procureur désavoué par le jugement d'un tribunal ne pas en user"; ou encore "dans un procès comme celui-là, où les deux coupables sont condamnés, on ne comprendrait pas que le Parquet ne fasse pas appel, laissant le troisième prévenu hors-jeu d'un second procès". Tout cela est pertinent. Mais, on conviendra tout de même que le cirque médiatique qui entoure cette affaire a une connotation politique évidente: voit-on beaucoup de procureurs venir au micro d'une grande radio généraliste (en l'occurence Europe 1) pour annoncer le scoop de sa décision? M. Marin n'est pas venu dans la matinale de Marc-Olivier Fogiel pour commenter sa décision, qu'il aurait préalablement diffusée par communiqué, mais pour annoncer, en direct et en exclusivité, sa décision. Bref, faire un coup médiatique... qui a d'ailleurs eu l'effet escompté. Plutôt que disserter sur la relaxe de Villepin (photo), les médias sont immédiatement passés à la procédure d'appel qui prolonge l'affaire... et replonge l'ancien premier ministre dans l'épreuve ! Dommage que tout cela permette d'éviter des confrontations d'ordre politique et des débats nécessaires à l'avenir de notre pays ! Au final, comme avec la réforme du juge d'instruction, c'est la démocratie qui y perd le plus.
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 08:44
Décidément, c'est une période faste pour la justice française. Après Dominique de Villepin dans Clearstream, Charles Pasqua dans l'Angolagate, voilà donc Jacques Chirac dans la dernière pièce à la mode: les emplois présumés fictifs de la Mairie de Paris. Le renvoi du chef de l'Etat devant le tribunal correctionnel a fait l'effet d'une bombe, d'autant plus violente qu'il était inattendu (le procureur ayant réclamé un non-lieu pour l'ancien chef de l'Etat). Mais, cette nouvelle illumine le ciel de notre démocratie: elle intervient au lendemain d'un non-lieu, rendu par la justice française dans l'affaire des "biens mal acquis" dans laquelle des chefs d'Etat africains - dont le regretté Omar Bongo - étaient soupçonnés de détournement de fonds publics en vue de leur enrichissement personnel (symbolisé par des villas et des propriétés de luxes, acquises en France). Dans cette affaire, les pourfendeurs de la Françafrique n'ont plus qu'à pleurer...
 
Heureusement, donc, cette même justice a décidé de renvoyer notre ancien Président, une des personnalités politiques préférées des Français, en correctionnelle. C'est une double bonne nouvelle:
1- bonne nouvelle pour Chirac lui-même qui va pouvoir, devant un tribunal, faire la preuve que ces emplois n'étaient pas fictifs et qu'il est innocent de ce dont on l'accuse: mieux vaut un acquittement à l'issue d'un procès qu'un non-lieu qui aurait maintenu les doutes;
2- bonne nouvelle aussi pour les opposants à Nicolas Sarkozy qui trouvent là un argument supplémentaire dans leur combat contre la disparition du juge d'instruction. Avec la réforme voulue par l'actuel chef de l'Etat, son prédécesseur n'aurait pas été jugé car le procureur aurait rendu un non-lieu. Au contraire, la juge Simeoni a considéré que des zones d'ombre existaient encore dans le dossier... et qu'il valait mieux faire la lumière sur une vingtaine de cas d'emplois jugés flous.
 
Bref, dans cette affaire, tout le monde y gagne, notamment notre démocratie... et ce d'autant plus qu'à la tête de l'Etat se trouve son garant. Celui qui, réagissant au renvoi de Chirac en correctionnelle, n'a pas voulu commenté pour respecter la séparation des pouvoirs ! C'est magique. Sarko bafoue cette séparation (y compris, et c'est nouveau, avec les nouveaux pouvoirs - économico-financier et médiatique) depuis plus de deux ans, et le voilà métamorphosé. Que demande le peuple?... Plus sérieusement, il eût été incompréhensible que Jacques Chirac ait échappé à la justice, lui qui, encore à l'Elysée, traînait tant de casseroles qu'un petit séjour en prison lui était déjà acquis (à en croire les Guignols) dès 2007. Finalement, il aura eu deux ans de répit, de quoi redresser sa côte de popularité. Une côté que certains verraient bien comme une circonstance atténuante: dans les réactions politiques à la décision de la juge d'instruction, nombreux ont été ceux à se dire déçus de ce renvoi, jugeant que l'homme - par ailleurs pagé - ne le méritait pas ! On croit rêver.
 
Et, dans cet exercice de défense acharnée (aveugle et stupide) de l'ancien locataire de l'Elysée, les fidèles chiraquiens ont été magistraux. A l'image d'Henri Cuq, actuel député, venu expliquer sur France Info que son mentor était trop vieux, qu'il avait été un excellent maire de Paris et que ces affaires sont bien vieilles. Et l'élu courtisan d'ajouter: "en tant qu'ancien président, il n'est pas un citoyen comme les autres !". Bah voyons !! Que le président soit protéger durant son mandat, pour éviter toute destabilisation excessive de la clé de voûte de nos institutions, c'est une chose. Mais qu'un ancien président, redevenu simple citoyen, bénéficie d'un traitement de faveur, c'est inadmissible. Ni l'âge, ni l'ancienneté des affaires (si elles ne sont pas prescrites par le droit), ni la popularité du justiciable ne doivent évidemment entrer en ligne de compte. Ce serait stupide. Si Jacques Chirac a violé une loi de la République, quel qu'ait été par la suite son parcours politique, il doit payer sa dette à la société et être condamné. Rappelons qu'il risque jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 €uros d'amende pour abus de confiance et détournements de fonds, le chef d'accusation de faux en écriture n'ayant pas été retenu. A suivre...
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 18:03
Disons-le d'emblée: je n'ai pas beaucoup de sympathie pour Charles Pasqua dont le nom a été trop souvent mêlé à des affaires plus que douteuses. A l'instar d'un Jean Tibéri ou d'un Patrick Balkany, inquiétés eux aussi par la justice, il est toujours en place: ses déboires et son grand âgé (82 ans !) n'empêchent pas ses électeurs de le reconduire comme sénateur !! Il faut dire que la loi française est si bien faite qu'elle permet aux personnalités comme lui, qui ne sont pas des modèles de vertu, de continuer à participer à la vie publique et à jouer avec les intérêts des Français. Ce genre de procès ne fait que renforcer ma position: dans une VIème République, moderne, tout homme politique condamné en justice pour des faits graves (incompatibles avec toute mission politique) doit être déclaré inéligible à vie !! Point final. Sauf que... dans le cas de Pasqua, l'homme a tout eu beaucoup de chance. Dans sa déclaration au 20 heures de France 2, le soir de sa condamnation dans l'affaire de l'Angolagate, il dénonçait le fait que les journalistes prennent un malin plaisir à rappeler ses condamnations, passant sous silence ses relaxes. Un peu comme ces usagers qui critiquent la SNCF les jours de grève, sans se féliciter que les trains soient à l'heure la plupart du temps. Sauf que, dans le cas de l'ancien ministre de l'Intérieur, être déclaré innocent en appel après avoir été condamné en 1ère instance, en se payant un meilleur avocat capable de trouver une faille dans le dossier, cela n'enlève pas le soupçon. Si M. Pasqua est innocenté en appel, il n'en demeure pas moins qu'il aura auparavant été reconnu coupable par un autre tribunal.
 
Respecter la justice, c'est prendre acte de la dernière décision et laisser à tout justiciable les occasions (il en a 4 en comptant la Cour européenne des droits de l'homme) de prouver son innocence. Attendons donc de voir... En tout cas, l'octogénaire ne m'a pas fait bonne impression en répondant aux questions, pointues, de Marie Drucker: il paraissait constamment sur la défensive et pas très à l'aise. Un signe de culpabilité? En tout cas, en vieil animal politique qu'il est, il a su trouver la parade: dans un premier temps, il s'est posé en victime d'un complot qui visait à l'écarter. Il a ainsi expliquer que ces affaires, au départ des rumeurs, l'ont visé alors qu'il songé à se présenter à la présidentielle de 1995. Bref, l'Angolagate, c'est une sorte d'acte II du procès Clearstream: l'affrontement entre deux politiciens (ou plus) - ici Pasqua et Chirac (photo), voire Balladur -, l'un tentant de mettre son adversaire au tapis par le biais d'une affaire verreuse, de quoi plomber sa popularité. Dans un deuxième temps, après avoir indiqué ne pas vouloir commencé une carrière de dénonciateur à son âge, il a tout de même balancé: Jacques Chirac, alors président, Edouard Balladur et Alain Juppé, anciens premiers ministres, auraient été au courant du versement de commissions lors de la vente d'armes à l'Angola dans les années 1990... voire dès la décennie précédente ! Mis en cause, l'auteur d'un ouvrage intéressant sur la cohabitation avec feu François Mitterrand s'est défendu: "Je ferais remarquer à M. Pasqua que je n'ai jamais été premier ministre de Jacques Chirac (...) et que je n'ai jamais eu connaissance de ce dossier" expliquait, en substance, Edouard Balladur.
 
Troisième scène (avant l'épilogue) de ce drame: l'accusé, toujours innocent jusqu'à la sentence de la Cour d'appel, réclame la levée du secret sur toutes les affaires de vente d'armes à l'étranger de ces dernières décennies. Aussi bien celles qui concernent son affaire, que toutes les autres. Une belle bombe politique en perspective qui aurait le mérite de lever les doutes sur les circonstances de l'attentat de Karachi, où onze ingénieurs français avaient trouvé la mort dans l'explosion de leur bus. Dans cette affaire, ce serait une affaire de rétrocommissions non versées à des intermédiaires pakistanais qui seraient à l'origine du drame, ceux-ci (et non Al-Qaida, dans la version jusque-là officielle) aurait visé des intérêts français. A suivre... En tout cas, pour revenir à la demande de M. Pasqua, seule Ségolène Royal a réagi en argumentant davantage, ne se contentant pas, comme les autres, de dire leur sentiment: pour l'ex-candidate à la présidentielle, toute affaire de ce type devrait systématiquement passé par la commission de la Défense des deux assemblées, afin que les parlementaires soient au courant et exercent leur contrôle de l'exécutif... y compris dans les affaires sensibles. Voilà une proposition, renforçant encore la transparence de notre démocratie, qui mérite d'être débattue. Sauf que, sous Sarkozy, l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan ne faisant l'objet que d'un débat sans vote, cette proposition est tout simplement inenvisageable !
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 08:37
Il continuait à vivre sur les lieux de son premier acte de violence, aux côtés de sa première victime. Récidiviste, il vient d'en être éloigné pour être incarcéré. Vous n'avez pas pu passer à côté de cette information: Sumo, le chien de l'ancien couple présidentiel, a été confié à des proches des Chirac habitant une ferme, après avoir mordu pour la 3ème fois son illustre propriétaire. Atteint à l'abdomen (d'où coulait du sang, d'après le témoignage de son épouse Bernadette), Jacques Chirac va donc pouvoir poursuivre sa vie de retraité présidentiel à Paris tranquillement. Seul dans son appartement prêté par la famille Hariri, il continue de se consacrer à la rédaction de ses mémoires politiques, dont la sortie constituera le deuxième évènement littéraire de la rentrée... après la publication du dernier roman de l'académicien VGE. Lequel, en racontant sa fausse relation avec une princesse anglaise (un coup de pub magistralement réussi, soit dit en passant !), a éclipsé un autre livre politique, sans doute bien plus intéressant: celui de l'ancien premier ministre, Edouard Balladur, racontant sa cohabitation avec François Mitterrand. Mais, ce n'est pas de la rentrée littéraire dont je veux parler aujourd'hui. Mais d'un sujet ô combien plus grave, qui revient fréquemment dans l'actualité, suscitant chaque fois les mêmes polémiques: preuve que le problème n'est pas réglé ! Je veux bien sûr parler de la récidive des délinquants, sexuels notamment. Rappelons en quelques mots l'affaire qui nous occupe, en ce moment: une joggeuse est enlevée dans la forêt de Fontainebleau par un homme qu'elle a eu le malheur de croiser ce matin-là; elle parvient, dans le coffre d'une Peugeot, à téléphoner à la police, à laquelle elle décrit de manière si précise le véhicule qu'il est, quelques heures plus tard, retrouvé; sauf qu'entre-temps, après avoir tenté d'échapper à son ravisseur, la jeune femme, quarantenaire, est étranglée... le propriétaire de la voiture, interpellé à son domicile, passant aux aveux en indiquant le lieu où il a déposé le corps.
 
L'incroyable courage de cette femme a mis la France entière en émois. Et l'annonce de cette fin tragique, à laquelle on ne voulait évidemment pas croire (bien qu'elle soit, les heures s'écoulant, la plus probable), réveille en nous les pires sentiments de haine à l'égard de cet affreux barbare. Un coupable d'autant plus idéal qu'il est donc récidiviste. Et voilà que les hommes politiques, à juste titre, crient leur indignation et en appellent à agir pour résoudre un problème qui traîne, affaires après affaires, depuis si longtemps. Et, chaque fois, les mêmes sujets reviennent: aujourd'hui, il est question de castration chimique; hier, on évoquait plutôt la limitation des remises de peine... quand certains n'hésitent pas à réclamer la peine de mort pour des bourreaux qui, effectivement, ne méritent pas de vivre. "Si j'avais un mec comme celui-là dans mon village, je préparerais bien mon coup et je l'abattrais d'un coup de fusil. Un type comme lui, qui a osé hôter la vie d'une victime innoncente, ne mérite pas de vivre. La société doit s'en débarasser": c'est le genre de propos que chacun de nous a pu entendre dans la bouche d'un proche ou d'un ami, lors d'une repas où le sujet vient à être évoqué. Et, au fond, du fait de l'émotion que provoque ce type de "faits divers", on ne peut pas vraiment leur reprocher d'y penser... Sauf qu'il faut savoir prendre du recul et raison garder. Certes, l'auteur du meurtre de Marie-Christine Hodeau fait partie de ces individus que l'opinion qualifie spontanément de salaud: un violeur d'adolescente, qui n'a pas effectué la totalité de la peine à laquelle il a été condamné en bénéficiant d'une remise de peine, qui s'installe dans le village même de sa jeune victime, avant de succomber à une "pulsion" sexuelle pour râvir et tuer cette pauvre femme de 42 ans. Un rédiviste, "marié et père de famille", qui a un tel comportement est condamné d'avance.
 
Il est plus que probable qu'à l'issue d'un nouveau procès, l'homme soit condamné à une peine lourde pour ce meurtre atroce. En espérant qu'une quelconque maladie découverte par les experts psychiatres et ses aveux ne constituent pas des circonstances jugées atténuantes. La torture psychologique qu'il a fait subir à sa seconde victime, qui a du comprendre qu'elle ne sortirait pas vivante de ce calvaire de quelques heures, devrait d'ailleurs constituer une circonstance aggravante pour le condamner à une peine totalement incompressible. L'obligation de traitement ne constituant qu'un supplément à cette peine de prison ferme. Car, d'un traitement, ce meurtrier en a besoin: il ne faut pas le nier, mais cet homme est sans doute malade de quelque chose. Dans quelques mois, lorsque la machine judiciaire se sera (péniblement) mise en route, on nous reparlera de la bataille d'experts pour identifier ce mal et expliquer pourquoi il ne faut pas le condamner trop lourdement, préférant l'interner. Et la polémique reviendra. Celle d'aujourd'hui, qui n'est pas encore close, a le mérite de poser les bonnes questions; et le moins que l'on puisse dire est que l'opposition fait bien son boulot. Les socialistes (comme par exemple l'ancienne garde des Sceaux, Elisabeth Guigoui, cette semaine sur France Info) expliquent très bien la situation: la justice française manque de moyens financiers, humains et matériels, qu'il s'agisse de juger efficacement et rapidement les prévenus de toutes les affaires de France et de Navarre, mais aussi en ce qui concerne l'application des lois déjà existantes. Si l'Etat consacrait suffisamment d'argent aux mesures de réinsertion et de suivi des détenus les plus dangereux pour la société, dès le début de leur détention (autrement dit, sans attendre que l'univers carcéral ne les détruise encore plus), le problème connaîtrait un début de réponse. Car, les lois contre la récidive existent...
 
Et elles sont même tellement nombreuses qu'elles en deviennent inefficaces. Empilées les unes sur les autres, sans que les moyens pour les appliquer ne soient au rendez-vous, on touche là au coeur du problème: Nicolas Sarkozy, hier ministre, aujourd'hui président, et tous ceux qui, dans la majorité de droite au pouvoir depuis 2002, ont soutenu, soutiennent et continueront de soutenir ses décisions, sont responsables (on ira pas, comme le chef de l'Etat, à dire "coupables") de cette situation. La droite a une recette, qu'elle croit bonne: le tout sécuritaire étant très vendeur auprès des électeurs, il suffirait de créer une nouvelle loi à la suite de chaque fait divers pour que le problème s'envole. Comme si les citoyens étaient suffisamment cons pour croire que l'annonce et le vote d'une loi suffisaient. Aujourd'hui, ils ne le croient plus: alors que la politique sarkozyste consiste à réduire les dépenses de l'Etat (ce qui se traduit par un bouleversement de la carte judiciaire ou la suppression de bon nombre de postes de fonctionnaires, dans tous les domaines), ils savent que, sans moyens, ces lois sont inapplicables... et inappliquées ! Le problème, c'est que les voix qui s'élèvent pour dénoncer cet échec total de la politique sécuritaire de Sarkozy sont inaudibles: et dire que le chef de l'Etat a réussi à faire croire que les mauvaises statistiques, concernant les années 2007 et 2008, étaient la conséquence d'une mauvaise gestion de François Baroin et Michèle Alliot-Marie, locataires de la Place Beauvau pendant quelques mois. Il faut dire qu'ils n'ont rien de commun avec Sarko et son ombre, l'actuel ministre Hortefeux, pour qui l'important est de réaliser des opérations médiatiques (être sur le terrain au moindre évènement ou mener des opérations d'envergure avec CRS), dont l'efficacité à moyen ou long terme n'est pourtant pas démontrée. Bref, il faudrait commencer par lutter contre la récidive des mensonges de la droite. Aux citoyens, blogueurs et journalistes de le dénoncer avec autant de conviction...
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 17:29
"Je suis ici par la volonté d'un homme. Je suis ici par l'acharnement d'un homme. Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J'en sortirai libre et blanchi, au nom du peuple français". C'est par ces mots que l'ancien Premier ministre a, dans un discours presque solennel et "haché", fait son entrée, dramatique, dans le procès Clearstream. Présent - pour le mois qui vient - devant le tribunal correctionnel de Paris, Dominique de Villepin est l'un des accusés de ce dossier depuis sa mise en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse", "complicité d'usage de faux", "recel d'abus de confiance" et "recel de vol". L'ancien ministre des Affaires étrangères, qui restera dans l'histoire comme celui qui a porté la voix de la France contre la guerre en Irak (dans un discours écrit par l'actuel ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire), est-il pour autant le principal accusé? C'est la thèse défendue, presque sans exception, par la presse bien-pensante, qui réduit honteusement ce procès à un affrontement politique entre Villepin et l'actuel chef de l'Etat. A la "une" de sa nouvelle formule, qui ne laisse plus d'encre sur les doigts, paraît-il, Le Figaro titre: "Clearstream, le duel" avec une photo des deux protagonistes. Et ça devient: "Clearstream, ennemis d'Etat" pour Libération, "le choc Sarkozy-Villepin" dans Le Parisien, "procès ou duel au sommet?" dans une petite case de la 1ère page de l'Humanité, alors que France-Soir propose un dossier intitulé "l'affaire Clearstream à la loupe". Et les sites We d'information ne sont pas en reste: partout, la photo des deux rivaux de la droite française accompagne un commentaire sur ce duel... forcément passionnant ! Sauf qu'à part les commentateurs, et le véritable premier intéressé (Sarko a flairé le bon coup), ce genre de procès n'intéresse pas grand monde. En tout cas, pas moi...
 
Alors, pourquoi y consacrer une brève, ce soir? Tout simplement, parce qu'il y a des leçons à tirer de ce cirque médiatique. 1- s'il fallait encore le prouver, Sarko est une bête politique et un manipulateur né. Dès les prémices de cette affaire, celui qui était alors ministre de l'Intérieur avait crié au loup, mettant sa petite personne au centre de l'enquête. Et à force de l'entendre répété, les "journaleux" y croient... au point de nous servir la version officielle comme la seule valable, faisant ainsi passer M. Galouzeau pour un abruti. Le président est parvenu à transformer une affaire dans laquelle il n'est pas la seule victime (les noms de bon nombre d'autres personnalités ont été inscris sur les faux listings) en duel politique pour mettre à mort son ennemi, seule menace venue de son propre camp. Et voilà le prévenu contraint de tomber dans le piège: alors qu'il essaie, tant bien que mal, y compris dans les mêmes médias qui contribuent à brouiller son image, d'expliquer sa position, il est le premier à ouvrir les hostilités, débutant le procès par une attaque en règle contre Sarko. La meilleure défense, c'est l'attaque, paraît-il? On ose l'espérer. 2- l'affaire Clearstream est, c'est le moins que l'on puisse dire, une affaire bien sombre et complexe, dont le citoyen lambda peine à mesurer les (véritables) enjeux ainsi que le déroulement. Et pourtant, alors qu'il ne semble exister aucune pièce à charge (aucune preuve, au sens juridique du terme) contre l'ancien premier ministre, le parquet a décidé de son renvoi. Si tout va bien, et si la justice (la même qui pourrait condamner J-P Treiber) fait son boulot, en dehors des pressions politiques, Villepin devrait être innocenté, comme il le clame aujourd'hui.
 
3- dès lors, s'agit-il, comme il le disait explicitement, d'un procès politique? Oui. Mille fois "oui". Il n'y a, pour s'en convaincre, qu'à écouter le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, pour s'en convaincre. La vigueur avec laquelle il place l'ancien protégé de Jacques Chirac comme principal accusé, dont le but n'aurait été que de salir l'actuel président, laisse songeur. On sait qu'un procureur, hiérarchiquement dépendant du pouvoir en place, doit défendre l'intérêt de l'Etat. Mais s'agit-il de l'intérêt supérieur de la nation ou des intérêts particuliers de ceux qui occupent les fauteuils par la volonté des citoyens? La confusion est plus que jamais de rigueur. Et c'est sans doute là le plus important: ce procès est tout simplement l'archétype de ce que notre justice pourrait devenir avec la réforme voulue par Sarkozy. Dans les affaires sensibles (5% des dossiers traités, un chiffre qui est évidemment plus élevé au Palais de justice de Paris), les juges d'instruction n'existeront plus pour mener une enquête équilibrée. Ce seront désormais les procureurs, représentant l'Etat (ou les intérêts de nos gouvernants, qui ne sont jamais loin dans ces affaires), qui en auront la charge. Après l'affaire Dray, où le député socialiste avait dû batailler via la presse pour parvenir à se défendre, le procès Clearstream montre que ce système ne fera qu'aggraver les choses. A permettre à ceux qui auront la justice en main de mettre hors jeu leurs adversaires du moment. Et, pour ceux qui, comme l'ancien locataire de Matignon, défendent la justice française ("la justice est un bien précieux, mais c'est aussi un bien fragile, qui demande l'engagement de tous; je sais que la vérité triomphera"), ce genre de pratiques est inacceptable. Au fond, c'est donc clair: pour moi, Villepin est davantage victime de cette affaire que ne peut l'être Sarkozy !
 
Complément au 22/09 (en réponse aux commentaires ci-dessous): vous pouvez visionner ci-dessous la vision, très intéressante puisqu'elle continent un fond de vérité, de Stéphane Guillon, ce matin, dans sa chronique de France Inter. Avec cette question: à qui profite, non pas le crime, mais ce procès? Je ne dis pas que Sarko est coupable. Mais que Villepin est, des deux, la victime la plus évidente... car, si d'un côté, on a voulu freiner les ambitions de Sarko, une condamnation de son rival dans ce procès ruinerait les ambitions du second !!


Clearstream (vue par S. Guillon) : ça va saigner !
envoyé par franceinter (source: site Internet de Dailymotion)
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