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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 09:10
C'était la grande affaire, hier, dans le peloton: pour redonner du spectacle aux spectateurs, les organisateurs du Tour de France avaient décrété une journée sans oreillettes. Ces petits objets bourrés de technologie qui permettent aux coureurs d'être en contact permanent avec leurs directeurs sportifs, dans les voitures à l'arrière du peloton. Devenues un outil indispensable du cyclisme moderne (d'après les coureurs hostiles à cette initiative), les oreillettes sont surtout utilisées pour transmettre des informations aux membres d'une même équipe, leur ordonnant de contre-attaquer après une échappée ou de laisser filer les fuyards, car peu dangereux au classement général. Le cyclisme, ce n'est plus une course de vélos, c'est une jeu de stratégie ! Et c'est donc le meilleur stratège, le directeur sportif, qui utilise ses pions (comprenez, les coureurs) pour remporte la mise. Une journée avec le Maillot jaune et cela fait tant d'argent dans les caisses. Une victoire d'étape et c'est tant de minutes de pub gratos pour le sponsor, etc. L'empressement avec lequel certains ont critiqué cette idée, qui n'a concerné qu'une malheureuse étape dans les trois semaines de course, confirme une chose: le sport-business, même en temps de crise, n'est pas mort. Vous me direz, c'est pas nouveau: quand on voit le montant des derniers transferts vers le Real Madrid, en dizaines de millions d'€uros (de quoi indemniser quelques centaines de milliers de victimes de la crise), on comprend que ce n'est pas la crise pour tout le monde. Ou plutôt, que les dirigeants de club sont prêts à tout pour nous faire rêver, en nous vendant des stars, ces beaux gosses athlétiques du ballon rond, qui doivent faire pétiller les yeux des jeunes de banlieues !
 
Mais, revenons au Tour de France. L'un des objectifs des organisateurs était donc de revenir à une course plus classique, donc moins tacticienne. Bref, redonner du spectacle. Sauf que, tel un enfant privé de son joujou qui fait la gueule dans la cour de récré, certains coureurs ont décidé de boycotter le spectacle, de ne pas accélérer ni chercher à créer la suprise. Une étape sans passion, d'après les spécialistes de ce sport. Un sprint final remporté par un Britannique. Pas de changement au classement général. Bref, rien à se mettre sous la dent. Alors, s'il vous plaît, M. Prudhomme, redonnez leurs joujous aux enfants... avant qu'ils ne nous fassent une nouvelle crise ! A moins que vous ne soyer décidé à lutter contre le dopage. Car, si on y réfléchit bien (en étant, comme il faut, caricatural), l'absence d'oreillettes a fait ralentir les coureurs. Ils se sont moins épuisés et ont eu besoin de moins de forces pour réaliser l'étape du jour. Seule une dose de bonne volonté, c'est-à-dire d'un esprit vraiment sportif, aurait pu nous offrir du spectacle. Or, auparavant, les étapes étaient moins longues, moins difficiles. J'en déduis que les capacités sportives des joueurs se sont tellement améliorées ces dernières années qu'on peut corser le circuit. Deuxième constat: les oreillettes sont progressivement apparues, au point de devenir indispensables, que ces dernières années. On est alors passé du cyclisme de grand-père, sans la technologie moderne (oreillettes et dopage) au cyclisme vraiment moderne où les coureurs sont téléguidés par les directeurs sportifs avec de bien meilleures capacités. Et si retirer les oreillettes, pour revenir un petit peu en arrière, permettait de lutter contre le dopage toujours plus masqué du peloton?
 
Changeons de sujet. D'oreillettes, les eurodéputés de Strasbourg en auront également besoin pour, dans les cinq années qui viennent, suivre les débats dans l'hémicycle du Parlement européen. Elus il y a un peu plus d'un mois, les nouveaux eurodéputés, moins nombreux que dans la précédente session - pour intégrer les nouveaux venus, Roumains et Bulgares -, ont découvert leur nouvelle activité: réunion de groupe et familiarisation avec les lieux lundi, session inaugurale et élection du Président hier, audition de M. Barroso, candidat à sa propre succession à la tête de la commission, aujourd'hui: voilà le programme des élus de l'Europe. Inutile de revenir sur la légitimité des nouveaux élus, ni sur l'énormité de cette machine technocratique, et encore moins, comme l'ont fait les médias, sur la première journée de Rachida Dati (Cohn-Bendit a répété, lundi, qu'il gardait le champagne au frigo en attendant de voir si l'icône sarkozyste de la diversité siègera au moins un an avant de chercher un autre endroit où se caser). Le fait marquant du jour c'était donc, ce mardi, l'élection de l'ancien premier ministre polonais Jerzy Buzek (médaillon), membre de la droite européenne, à la présidence de l'institution. Un évènement justement commenté par nos médias comme important: cinq ans après l'entrée de la Pologne dans l'UE, c'est donc un représentant des pays de l'est qui accède à cette fonction. Et même si cette élection est toujours le fruit de l'accord entre le PPE et le PSE pour se partager le perchoir (faute de majorité absolue pour l'un ou l'autre de ces deux partis), c'est en effet une très bonne nouvelle. En attendant la prochaine; car faisons un rêve: pour succéder à M. Barroso, une femme issue d'une des pays d'Europe de l'est où l'abstention aurait été parmi les plus faibles est désignée à la tête de la Commission européenne. Trois symboles forts derrière un même nom, pour impulser une nouvelle dynamique à une UE en panne, y compris d'idéaux.
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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 08:52
Aujourd'hui, 14 juillet, la France célébre son armée et rend hommage à l'Inde. Le traditionnel défilé militaire, sur les champs-Elysées (qui se déroule depuis moins d'une heure), vise à célébrer l'unité nationale, ainsi qu'à se remémorer ce grand moment qu'est la Révolution dans l'histoire de notre pays. Ouvert par la patrouille de France (photo), il est également l'occasion de faire corps derrière le chef de l'Etat, chef des armées, seul habilité à faire usage du fameux bouton de l'arme nucléaire pour sauvegarder l'intégrité de notre territoire. Comme chaque année, un hommage spécifique est rendu à plusieurs corps militaires, à l'occasion de l'anniversaire de leur création et pour saluer leur utilité: ainsi, en cette année 2009, ce sont les marins-pompiers de Marseille, impliqués tant dans la lutte contre les feux de forêts qui touchent l'espace méditerranéen chaque été que dans la protection des touristes en mer (plaisanciers ou baigneurs dans les innombrables criques de la région), qui ont été mis en avant pour fêter leur 70ème anniversaire. Donc, plus qu'une célébration de l'armée en tant que telle, ce sont les talents et les multiples utilités des militaires qui sont aujourd'hui salués. Il n'en demeure pas moins que le caractère militaire de cette fête, qui est une généralité pour pratiquement toutes les fêtes nationales à travers le monde, ne colle pas très bien avec l'esprit de ce qui devrait être une fête populaire. Heureusement, pour assurer la partie "amitié entre les peuples et désir de paix", le concert gratuit - invention de N. Sarkozy -, assuré cette année par Johnny, cloturera la journée.
 
Vient alors une question: comment le Costa Rica, l'Islande, Andorre ou Panama célèbrent-ils leur fête nationale respective? Ces quatre pays, qui ne sont pas les seuls, ont en effet la particularité de ne pas avoir d'armée, le Panama (célèbre pour son canal, en Amérique centrale) l'ayant dissous en 1990 pour confier aux forces de l'ordre traditionnelles le soin d'assurer la sécurité du pays. Et si ces petits Etats étaient à l'avant-garde de ce que pourrait être le monde meilleur du XXIème siècle que nous souhaitons construire? Et si la pacification du monde ne pouvait passer que par la démilitarisation des Etats? On est là dans l'utopie absolue. Dans le monde de l'après-11 septembre, où les mouvements terroristes sont de plus en plus dangereux, il semble tout simplement impossible, pour les grands Etats, de supprimer leurs armées... Mais nous nous trouvons là devant un véritable casse-tête: les Etats dits voyous, pour reprendre la terminologie bushiste, multiplient les provocations, consolident leurs forces militaires et, en vendant leurs matériels ou leur technologie, contribuent à la prolifération des armes les plus modernes. Ainsi, sans parler du nucléaire - auquel tout le monde pense, évidemment -, les spécialistes des mouvements terroristes font remarquer que ceux-ci sont de mieux en mieux équipés, des talibans aux combattants irakiens, tamouls ou encore somaliens. Face à cette menace, il existe deux postures: ou l'on renforce la militarisation de nos Etats pour nous sentir mieux protégés (c'est ce qui se passe depuis 2001, date à partir de laquelle les budgets militaires des Etats occidentaux ont commencé à considérablement augmenter), ou l'on choisit de donner l'exemple en réduisant nos propres forces en espérant que les risques diminueraient en conséquence.
 
En matière de prolifération nucléaire, face au double péril iranien et nord-coréen, Barack Obama a plusieurs fois semblé vouloir emprunter la deuxième voie. Le président américain, au pouvoir depuis moins de six mois, a déjà proposé de réduire les arsenaux nucléaires des puissances "officielles": ainsi, lors de son récent déplacement à Moscou, pour y rencontrer le président Medvedev, les deux hommes auraient convenu de réduire leurs arsenaux. Quelques chiffres pour bien comprendre les enjeux (source: le Monde Dossier et Documents, numéro de juillet): Etats-Unis et Russie, héritage de la guerre froide oblige, concentrent 24500 des 25630 armes atomiques recensées dans le monde, soit plus de 95% du total. L'objectif du président américain est de limiter à 1000 têtes nucléaires les arsenaux des deux pays, soit le triple de ce que possède la 3ème puissance nucléaire qu'est la France (avec 320 têtes recensées). La stratégie américaine est simple: en menant un tel programme, les Etats-Unis souhaitent montrer l'exemple et envoyer des gages de bonne volonté à Téhéran et Pyong-Yang pour freiner les ambitions de ces deux pays. Le but final étant de dénucléariser la planète comme le traité de non-prolifération, qui interdit à ses signataires de transmettre leurs connaissances scienfitiques sur le nucléaire militaire, le détermine depuis 1968. Il faut dire que si le monde était débarassé de cette arme, qui sert surtout à la dissuasion, on écarterait le risque de catastrophes humanitaires jusque-là inconnues car, si elle est utilisée, on basculerait tout simplement dans l'horreur. La responsabilité de nos dirigeants est donc de nous prémunir de ce risque... tout en ayant à l'esprit que la dénucléarisation doit faire partie d'une stratégie plus globale de pacification des rapports entre toutes les nations (ce qui suppose par ailleurs une ONU plus forte).
 
Ce qui est possible pour les armes nucléaires l'est-il pour l'armée conventionnelle? Peut-on croire en la possibilité d'un monde débarrassé de toute force militaire? Une chose est sûre: si cela doit se faire, elle doit consister en un effort généralisé et partagé par tous les pays, sans exception. Ainsi, la demande de Netanyahu de bâtir un Etat palestinien démilitarisé (une des nombreuses conditions qu'il pose à l'ouverture d'un débat sans marge de manoeuvre au Proche-Orient !?) n'a, pour moi, pas de sens si en parallèle une démilitarisation de la région n'est pas clairement envisagée. Et c'est là que mon côté pessimiste ressurgit: s'il y a de bonnes volontés indéniables, de très nombreux obstacles empêcheront, au final, cette démilitarisation générale. A moins qu'en plus des Etats-Unis, de nombreux Etats choisissent également de donner l'exemple pour prouver que ce n'est pas une utopie irréalisable. Je pense, vous l'aurez peut-être compris, à l'UE: et si l'Europe donnait l'exemple en construisant une force de maintien de la paix, formée de contingents fournis par tous les Etats membres, et qui ne soit donc pas une armée en tant que telle? Et si l'amitié franco-allemande, mise en lumière par la présence d'un bataillon binational lors du défilé d'aujourd'hui, servait de point de départ? Pour cela, il faudrait accepter de réduire le budget consacré à l'effort de défense: j'en suis un fervent partisan. La mise en commun de nos forces, parce que nos armées n'ont plus vocation à s'affronter, mais à coopérer dans un monde toujours dangereux, permettrait de réaliser des économies pour désendetter notre Etat. Pour l'heure, seule l'extrême gauche a déjà évoqué cette possibilité, Olivier Besancenot ne cachant pas un anti-militarisme peut-être excessif. A part lui, aucun homme politique, y compris de gauche, n'aura le courage de le proposer ! A moins que la réforme Sarkozy de l'armée, qui consiste en des suppressions de postes (c'est son credo !) et des fermetures de sites (comme pouir l'hôpital), n'en soit une illustration. Si c'est le cas, c'est un 1er pas...
 
Dès lors, faut-il se désoler du fait qu'une démilitarisation progressive ne soit même pas évoquée, ou est-ce tout simplement impensable? Je vous invite à répondre aux questions que soulève cet article. C'est en effet à partir de cette réflexion, en ce 14 juillet, que je vous propose de prendre part à deux nouveaux débats, sur le forum de la communauté "Pour un monde meilleur". Rendez-vous sur la page du forum (en cliquant ICI ou à partir de la page d'accueil du blog Jes6) et postez-y votre réponse à ces deux questions: bien que souhaitable, un monde désarmé et dénucléarisé est-il possible? Faut-il juger George W. Bush, et son administration, pour crimes de guerre et contre l'humanité?
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Published by Aurelien Royer - dans Chronique monde
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 10:19
Quand nous réfléchissons à la manière de construire un monde meilleur, nous sommes presque obligés de parler de l'Afrique, de ses multiples maux... et du caractère exemplaire du continent noir quand il s'agit de penser son développement. Les symptomes sont connus: guerres civiles (réelle ou possible, comme dans le cas malgache que développe Poussin Dechaîné dans un très bon article que je vous encourage à lire, en cliquant ICI); manque de démocratie et de libertés individuelles; exploitation des ressources par des sociétés étrangères; clientélisme, népotisme et corruption; grande misère et propagation de maladies désormais inconnues en Europe, etc. Quant aux causes profondes de ces maux, elles ne font pas consensus: pour ma part, j'aurais tendance à rejoindre ceux qui imputent l'origine de ces maux à une période coloniale qui s'est résumée à l'exploitation économique de ces territoires, au mépris de leurs populations et au fait d'avoir si impunément bafoué les droits de l'homme que l'on utilisait pour justifier la colonisation. De cette période coloniale datent trois phénomènes qui expliquent l'état actuel de l'Afrique: 1- l'accaparement des richesses locales a pris le pas sur le développement social des Etats concernés, d'où des retards d'équipement en hôpitaux, en écoles, en infrastructures de transport et de communication; 2- le continent noir ayant été un gros gâteau que se sont partagées les puissances européennes à la fin XIXème siècle, le tracé des frontières rectilignes n'a pas tenu compte des réalités humaines et ethniques de ces espaces, contribuant à faire naître des ressentiments nationalistes, finalement compréhensibles; 3- pour sortir de la colonisation et négocier au mieux une sortie honorable de ce système, les métropoles ont soutenu des hommes, dont les héritiers biologiques ou les clans continuent d'accaparer le pouvoir. Ou l'on voit que l'histoire peut servir à comprendre le présent. Se complétant, par ailleurs parfaitement, avec la géographie qui nous apprend, dans le monde d'aujourd'hui, que la plupart des pays dits les moins avancés (pour ne pas dire sous-développés) se concentre en Afrique. Coïncidence?
 
Evidemment non ! Car, inconsciemment, les réflexes qui étaient ceux de nos ancêtres il y a quelques décennies restent les mêmes aujourd'hui: ne pas se révolter quand on apprend qu'une centaine de clandestins, entassés comme du bétail sur une barque, est morte au large des Canaries, n'est-ce pas une forme de mépris pour ces "pauvres Noirs"? Quand une spécialiste des questions de santé fait remarquer, dans le numéro de juin du Monde Dossier et Documents (un excellent mensuel auquel je me suis récemment abonné et que je vous recommande), que les épidémies extrêmement contagieuses et mortelles qui sévissent en Afrique font beaucoup moins parler d'elles qu'une grippe A dont on doit se méfier, n'est-ce pas encore le signe d'un mépris pour ces "pauvres Africains"? Si l'on reste dans le domaine de la santé, ce numéro nous en apprend encore: par exemple, ces médicaments vendus aux Etats sud-américains pour lutter contre des maladies ravageuses. Version générique à très bas coût pour les uns (les moins avancés des Etats de la région): tant mieux pour eux ! Version non générique, donc beaucoup plus chère, pour les Français de Guyane, confrontés à la même maladie mais plus riches. Cette information me choque terriblement. Certains ne s'offusqueront pas de voir que les labos sont capables de produire des remèdes accessibles aux plus pauvres. Mais cela doit-il se faire sur le dos des moins pauvres? Y aurait-il une santé à deux vitesses? Non, seulement de gros intérêts économiques qui font passer les profits des labos au-dessus des vies humaines. C'est révoltant. Mais, ne noircissons pas trop le tableau: dans son dernier numéro, Science et Vie propose aux lecteurs de suivre une équipe ayant suivi les campagnes de vaccination entreprises au Gabon contre la paludisme. Maladie transmise par le moustique, très répandue en Afrique, le palu (ou malaria) n'était jusque-là que peu efficacement combattu: le premier vaccin, découvert en 1986, n'avait aucune efficacité. Aujourd'hui, un autre vaccin, produit par l'Institut Pasteur, est en cours d'expérimentation sur l'homme... avec de grands espoirs ! Ou l'on voit que la santé doit impérativement restée un service public aux mains des Etats !


Dans son dernier numéro, le mensuel le Monde Dossier et Documents, consacré aux guerres d'Obama, évoque le risque de tensions fortes dans la région du golfe de Guinée (voir la carte ci-dessus: extraite d'un article intitulé "au soleil noir de Cabinda" sur le site de l'Assocation e-Développement, que vous pouvez visiter en cliquant ICI). La région adéjà, il y a quelques mois, fait la "une" de l'actualité car elle est, avec le golfe d'Aden, à l'autre bout du continent, une zone de fort trafic maritime mondial pour les navires qui contournent l'Afrique faute de pouvoir passer par le canal de Suez. Dans cette région, où des tensions frontalières opposent des groupuscules ethniques à l'Etat dont ils dépendent, les actes de piraterie existent mais ne connaissent pas encore l'ampleur qui caractérisent ceux des pêcheurs somaliens. Mais, dans cette zone, l'une des plus riches du monde en pétrole (avec le bassin de l'Orénoque au Vénzuela ou la région du Golfe), un autre risque majeur apparaît: celui des guerres du pétrole. On parle beaucoup des guerres de l'eau, qui pourraient voir le jour dans les prochaines décennies, faute d'une juste répartition de cette ressource vitale pour l'homme. On parle moins de ces guerres du pétrole (si l'on met de côté le cas irakien, qui en est l'archétype malheureux) qui ont déjà commencé: dans le sud du Nigéria, plus gros producteur de la région, le delta du fleuve Niger est le coeur d'une lutte armée violente menée par un mouvement local rebelle contre les compagnies pétrolières, étrangères, qui exploitent les richesses nationales... tout en s'enrichissant. Une preuve de néocolonisalisme? Non, une marque de la mondialisation ! Sauf que, de cette mondialisation-là, qui consiste en l'enrichissement des uns (les multinationales occidentales) au détriment des autres (ces peuples, et leur développement), nous ne voulons pas.
 
Ce message, un homme l'a bien compris. Barack Obama, en visite en Afrique dans la foulée du G8 de l'Aquila, est venu délivré un message important: les Africains doivent s'en sortir d'eux-mêmes, car ils en ont l'ambition et les moyens. En assénant un "Yes, you can" ("oui, vous le pouvez") à ses auditeurs, réunis dans la capitale du Ghana, le président américain (qui aura donc attendu six mois pour se rendre sur ce continent, auquel j'aurais personnellement aimé qu'il réserve sa première visite officielle dès janvier) s'est approché de la position sarkozyste. Le président français, dans un discours mal vécu, car plus moralisateur qu'amical, avait affirmé que l'Afrique en était là parce que "les Africains n'étaient pas assez entrés dans l'histoire", sous-entendant que ses forces vives ne faisaient pas les efforts nécessaires pour sortir, eux-mêmes, leurs pays du gouffre dans lequel ils sont. Le discours d'Accra, prenant le contre-pied de celui de Dakar sur la forme, n'est en pas moins proche sur le fond: certes, les Africains ont besoin de l'aide, morale et peut-être financière, occidentale, mais ils doivent s'en sortir seuls. C'est donc un message d'espoir qu'il a tenu à délivrer dans un pays jugé comme un modèle démocratique. Et le locataire de la Maison-Blanche de rappeler que les aides au développement seront de plus en plus sujettes à des engagements en matière de démocratisation de pays où les libertés individuelles sont de doux rêves. On ne peut que se féliciter d'une telle prise de position qui place les Africains devant leurs responsabilités, tout en affirmant notre solidarité envers eux. Mais, on peut aussi se désoler que, le lendemain de ce discours, le Congo se dirige vers la réélection, d'ores et déjà contestée par une opposition divisée ayant appelé au boycott du scrutin, du président Sassou Ngesso. Au pouvoir depuis 25 ans - donc au-delà du raisonnable démocratique - ce symbole de la Françafrique est, rappelons-le, visé par une enquête française portant sur les biens qu'il possède dans l'Hexagone... comme feu le président Bongo ! La collusion de ces deux évènements n'est donc pas un bon signe !
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 15:52
C'est un sujet qui revient de manière récurrente dans le débat. Un jour, c'est l'ouverture d'un lycée musulman à Lille. La fois suivante, c'est un député ayant croisé une femme vêtue d'un voile intégral dans les rues d'une ville de sa circonscription. Et la fois précédente, c'était notre président, garant de la sacro-sainte laïcité républicaine, qui s'exprimait en des termes condamnables à Latran ou à Riyad pour dire que le curé comptait plus à ses yeux que l'instituteur ou que chacun doit croire en quelque chose qui le dépasse. Quand ce n'est pas pour défendre une vision chrétienne de l'Europe, dans laquelle bon nombre des habitants des pays membres ne se reconnaissent pas... sans parler de ceux qui, au nom d'autres idéaux, souhaiteraient nous rejoindre. Depuis, le chef de l'Etat, dans son discours de Versailles, a semblé faire son mea culpa: deux ans après son arrivée à l'Elysée, quelques semaines après avoir une première fois reconnu des erreurs (de comm', notamment), il souhaitait enterrer l'expression de laïcité positive. On ne peut que s'en réjouir, quand on constate avec quel aplomb le pape Benoît XVI avait applaudi ce concept fumeux. Bref, le problème de la laïcité, qui donne sa singularité à l'histoire politique française, revient régulièrement. Et il est clair qu'il s'agit d'un problème. Pour au moins deux bonnes raisons. Premièrement, il demeure deux façons de la définir (autrement dit, quand on parle de laïcité, il faut d'abord savoir de quoi parle celui qui utilise le mot): pour les uns, c'est le rejet de toutes religions dans l'espace public et son cantonnemen absolu à l'espace privé (comme si ce genre de croyance ne devait s'exprimer qu'en fonction du lieu dans lequel vous vous trouvez); pour les autres, dont je suis, c'est le respect des croyances de l'autre et réciproquement. Si mon voisin est musulman parce que je l'entend prier cinq fois par jour dans son salon (donc, dans le sphère privée) ou que je le croise avant d'entrer dans une mosquée (donc, dans la sphère publique), cela ne change rien. Dès lors qu'il me respecte tout autant parce que je ne crois pas en un Dieu dont on ne m'a pas prouvé l'existence.
 
Chacun comprend qu'on est là dans le domaine de la croyance: les uns choisissent d'y croire (et cette foi est respectable) tandis que les autres y voient, soyons honnêtes, des balivernes. La laïcité, ce n'est donc pas manifester du mépris pour celui qui croit, mais lui témoigner ce respect qui définit des relations humaines saines. Partant de ce constat, la question qui vous était posée, ces deux dernières semaines, prend tout son sens. Car j'en viens à la deuxième raison qui fait que la laïcité est un problème: les avis sont plus que partagés. En effet, à la question de savoir si "la scolarité obligatoire doit (...) être contrôlée par la seule école publique et laïque", votre verdict (celui des 6 participants) est mitigé. Pour simplifier:
- 50% des votants répondent "oui": 33% "oui plutôt" (en se disant "favorable[s] à cette suppression à condition que l'apprentissage de l'histoire de toutes les religions soit renforcé dans les programmes du collège, dans la mesure où la laïcité correspond au respect et à l'égalité entre toutes les croyances ") et 17% "oui tout à fait" (en choisissant la réponse "il faut supprimer toutes les écoles et collèges privés qui vont à l'encontre des principes de l'école républicaine, sans modifier les programmes de cette dernière");
- les autres 50% s'y opposent, pour les deux tiers en répondant "non pas du tout" (à savoir que l'idée "est absurde: cela va à l'encontre de l'idée de la liberté individuelle et de la laïcité que je me fais. Les écoles privées, dès lors qu'elles sont liées à l'Etat par des contrats, fixant notamment le contenu obligatoire de l'enseignement, ont tout à fait le droit d'exister "), le troisième votant émettant des réserves en jugeant que " ce projet est plus que discutable: il faut laisser la liberté aux parents de choisir l'école qu'ils souhaitent pour leurs enfants, même si un effort doit être fait pour réduire la méconnaissance du fait religieux".
Mon idée originelle, celle que je lançais dans une lettre de mission fictive au ministre de l'Education - que vous pouvez (re)lire ICI -, était celle "d'un contrôle total de la période de la scolarité obligatoire (que je souhaite porter de la dernière année de maternelle au premier passage du Brevet des collèges) par la seule "école publique, gratuite et laïque". Autrement dit, les écoles privées, qui facturent leurs services et peuvent avoir des liens avec une religion, ne pourraient dispenser de savoirs qu'en dehors de cette période, notamment aux niveaux du lycée et du supérieur".
 
Proposition qui a donc nourri une intéressante discussion: ainsi, pour Sacha, qui a choisi de poster ses remarques avec le sondage (et que je remercie pour cela !), "la question est délicate". Et d'ajouter que "le problème n'est pas seulement celui de la laïcité, mais du système éducatif défaillant bien souvent dans le public, ce qui oblige les parents à recourir au privé, avec le risque que des arrangements avec la laicité se produisent... Les cours de religion peuvent se faire en dehors de l'école dont la mission est de faire partager des valeurs communes. Pour le supérieur, le choix peut être libre". Une position que je partage totalement: elle est cohérente avec la définition de la laïcité que je donnais plus haut. Lors de la scolarité obligatoire, période au cours de laquelle la République a le devoir de donner à tous les enfants la même formation (le socle commun défini par Gilles de Robien notamment), les cours à caractère religieux doivent se faire hors de l'école. Ce qui suppose que tous les enfants soient intégrés à l'école publique de la dernière année de maternelle au premier passage du Brevet. Pour certains des votants, le fait que les écoles privées suivent ce cahier des charges, sorte de minimum commun à tous les élèves, suffit. Sauf qu'entre le public et le privé, comme le souligne Sacha, se glisse une inégalité entre les enfants pouvant accéder à une éducation vécue comme meilleure, dans des écoles payantes (qui sont donc contraires au principe d'une scolarité obligatoire gratuite). Pour moi, la solution est ailleurs: dans un commentaire associé au sondage, je précise que "personnellement, je crois que les religions ne sont pas assez enseignées au collège. On parle, en histoire, du christianisme, de l'islam et du judaïsme. Mais, il faut attendre le lycée pour évoquer, de manière détaillée, les guerres de religion ou les croisades. A condition que le prof de 2nde décide de faire le chapitre correspondant (...) Donc, avant le Brevet, les élèves n'ont qu'une vision minimale de ces questions. Certes, ce sont des sujets compliqués. Mais, on pourrait imaginer, en 3ème, en éducation civique, pour réutiliser les cours d'histoire des années précédentes, un long travail sur les religions à travers le temps et dans la société actuelle".
 
Evidemment, on pourra me répondre que je prêche pour ma paroisse (si je peux me permettre d'utiliser cette expression). Est-ce parce que je suis professeur d'histoire que je défends cette idée? Evidemment ! Car une des facettes de mon métier consiste aussi à former des citoyens et, en tant que contributeur au débat public, je me sens obligé de faire des propositions. Or, en le vivant de l'intérieur, je pense que la formation civique de nos enfants doit passer par une moindre méconnaissance des principales religions monothéistes. Car, aujourd'hui, y compris dans la classe politique, 99% des personnes affirmant que le Coran ne contient pas tel ou tel précepte n'ont jamais lu ce texte intégralement. C'est intellectuellement malhonnête. Et nous devons protéger nos enfants de ces dérives qui peuvent conduire au pire. Bref, l'école publique a un devoir à remplir pour les générations futures... pour ne pas leur léguer ces guerres de religion qui ne disent pas leur nom. En parallèle, un autre problème se pose: "peut-on interdire à une famille de rechercher une école qui permette de respecter certaines fêtes religieuses qui ne sont pas incluses dans le calendrier?". Question légitime, à laquelle je n'ai pas de réponse. Tant le sujet est à la fois vaste et complexe. Mais, peut-être, avez-vous la (ou, plutôt, une) réponse... Dès maintenant, je vous incite donc à poster vos commentaires et soumettre vos remarques ci-dessous. Mais aussi, à profiter du nouveau "sondage de la quinzaine", en ligne jusqu'au 26 juillet. Toujours sur ce même thème, il porte cette fois sur l'interdiction, ou non, du port de la burqa en France. Pour vous aider, visiter le blog de Roseau (en cliquant LA) qui a rédigé un article intéressant sur le sujet (et auquel je voulais réagir... mais le formulaire de commentaire ne semble pas fonctionner). Enfin, n'oubliez pas que vous pouvez ajouter des commentaires pour expliquer votre choix... et, ainsi, enrichir ce débat sur la laïcité en France. Bon dimanche à tous et merci de votre fidélité !!
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Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 14:25

Après le long épisode des hommages et des obsèques de Michael Jackson, les évènements iraniens, doublés d'évènements importants en Chine nord-occidentale, sont revenus sur le devant de la scène politique... et médiatique ! L'investiture de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat se rapproche et la contestation semble s'essouffler. Mais, prenons garde à trop de simplisme: d'après plusieurs spécialistes de l'Iran, confrontés par Marianne dans son dernier numéro, les évènements de juin ont durement et durablement fragilisé le régime de Téhéran. Un peuple qui n'a plus peur de manifester et de s'opposer à l'ayatollah Khameini, aidé dans l'ombre par des dignitaires plus que jamais divisé à la tête du pays, peut se réveiller et mener... la révolution. La France en sait quelque chose. Mais, l'Iran est toujours au coeur de l'actualité pour une autre raison: une universitaire française, ayant rédigé un mémoire à l'IEP de Lille sur ce pays qu'elle aime au point de s'y être rendue dans le cadre d'une mission de l'IFRI (Institut Français de Recherche en Iran), est détenue pour espionnage. Son tort: avoir filmé une manifestation pro-Moussavi, suite au scrutin présidentiel truqué, avec son téléphone portable et avoir envoyé des clichés par mail à ses amis. Bref, la voilà dépeinte en espionne à la solde de l'étranger qui veut nuire aux intérêts de la nation iranienne... comme pouvaient le faire les journalistes occidentaux, avant qu'ils ne soient expulsés du pays. L'étranger fauteur de troubles: l'argument est connu. Et témoigne de l'existence d'une dictature appeurée par ce que pourraient découvrir une population qu'elle contrôle de moins en moins bien.
 
Dès lors, pourquoi comparer le régime des mollahs à celui du PC chinois? Parce que le même genre d'argument vient d'être utilisé par les autorités chinoises dans le cadre de la révolte de la minorité ouïgour (et non Yougourt comme a pu le dire, sur France Info, Bernard Kouchner) dans la province du Xinjiang, au nord-ouest du pays. Pour simplifier, ces musulmans turkophones, majoritaire dans cette partie de la Chine, ont été la cible ces derniers jours d'affrontements ethniques (il n'y a pas d'autre mot) avec la majorité Han (les Chinois de souche) en raison de revendications trop importantes. Et c'est là qu'intervient l'argument qui tue: cette révolte des Ouïgours est orchestrée depuis l'étranger par des ennemis de la Chine qui veulent l'affaiblir ! Evidemment. Sauf que, quelques jours après le début des évènements, et la désinformation chinoise s'enclenchant, l'argument a été abandonné. Depuis, cette minorité discriminée, jugée inférieure (sur la base d'arguments dignes du IIIème Reich, contraires aux droits de l'homme et des minorités), est donc violemment réprimée par l'armée (seul moyen de faire taire une contestation). Le tableau montre donc comment une dictature, confrontée à des problèmes internes (au point que le président Hu Jin Tao ne participe pas au sommet du G8 à l'Aquila), tente de les évacuer dans le sang.  Le bilan officiel ne fait état que d'une centaine de morts. Chiffre invérifiable. Mais, au fait, tuer des êtres humains, hors période de guerre, sur des critères ethniques, n'est-ce pas la définition d'un crime contre l'humanité? D'autant que, depuis ce vendredi (jour de prière hebdomadaire dans l'islam), les mosquées ont été fermées et surveillées par la police: serait-ce le signe d'une violation des droits fondamentaux de consicence et de culte?
 
A la lumière de tout cela se pose la question essentielle - que soulève le titre de l'article -: peut-on comparer le régime des mollahs à Téhéran avec celui des communistes de Pékin? Oui et non. Car, donner une réponse sans nuance est ici impossible. Les similitudes, dans le discours et les attitudes des dirigeants de ces deux dictatures, ont été soulignées. L'acharnement à vouloir donner du pays l'image la plus polissée possible en est une autre. Mais, il existe dans le même temps des différences notables: le régime de Téhéran repose sur un consensus religieux qui, en matière politique, est en train de se fissurer; le multipartisme, malgré des élections truquées (pour la première fois, semble-t-il), existe en Iran alors que le PC contrôle toute la vie politique chinoise; la Chine est une puissance émergente incontestable au niveau mondial tandis que l'ancienne Perse aspire à devenir une puissance régionale, qu'elle n'est pas encore (la bombe nucléaire étant évidemment un outil pour y parvenir). Au final, ces divergences l'emportent car, en cette année 2009, les deux régimes ne sont pas aussi solidement ancrés: si celui de Pékin est toujours autant critiqué, il résiste sans trop de problèmes... les JO n'ayant été qu'un épisode ayant fait tremblé les dignitaires, soulagés d'avoir affaire à une communauté internationale si faible ! Par contre, à Téhéran, la division entre les plus hautes personnalités, religieuses ou non, du régime se fait jour. Ce qui, pour l'instant, n'est pas le cas à Pékin où tous les responsables, unis derrière leur chef, ne bronchent pas. Les enjeux y sont trop grands !

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Published by Aurelien Royer - dans Chronique monde
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 07:33
Attention: évènement historique en vue ! Le dernier sommet du G8, la réunion des sept pays les plus industrialisés du monde auxquels se joint la Russie, s'est tenu en Italie. Avec, sans surprise, une grosse opération de comm' orchestrée par le président du Conseil italien Silvio Berlusconi. Le sommet s'est finalement tenu à l'Aquila, la ville des Abbruzes touchée par un séisme particulièrement violent il y a quelques mois. Objectif du Cavaliere? Donner aux Grands de ce monde l'occasion de s'apitoyer sur le sort des campeurs italiens et redorer un blason quelque peu noirci par de sombres affaires de moeurs. Inutile de rappeler que Berlusconi est attaqué de toutes parts par les médias qui ne lui appartiennent pas: ses frasques avec une néo-majeure ou des prostituées se sont ajoutées à son divorce par médias interposés avec une épouse qui ne supportait plus cet obsédé. C'est en tout cas, à travers le prisme des médias français, ce que l'on en a retenu. Soutenu par une majorité de ses compatriotes, malgré d'anciens déboires judiciaires (bien plus graves, évidemment), le Cavaliere avait besoin d'un peu d'oxygène. La preuve? Tel notre Sarko national, il aurait piqué une crise en apprenant que notre première dame, Carla Bruni-Sarkozy allait visiter l'Aquila ce matin, seule, afin notamment d'y annoncer que la France allait prendre en charge le coût de reconstruction d'une des églises endommagées par le tremblement de terre. L'épouse du président français se permet de démabuler au milieu des ruines italiennes sans le président du Conseil: voilà un grave crime de lèse-communication, largement relayé par plusieurs médias italiens ce matin... dont un dirigé par le frère du président du Conseil !
 
Heureusement, Berlusconi avait pu réaliser deux belles opérations de comm' auparavant, en faisant visiter à deux prestigieux invités, l'Allemande Merkel et l'Américain Obama (en bras de chemise, photo), les ruines de la ville... à deux moments différents. Pour faire plus de photos, évidemment. Le président américain, venu féliciter les secouristes italiens, tel un Bush félicitant les pompiers de New York en 2001, a affiché une décontraction évidente. Là aussi, belle opération de comm'... à peine entâchée par celle des habitants de la ville. Sur une des collines alentours, on pouvait ainsi lire ce message: "Yes we camp". Moyen pour les habitants de l'Aquila, victime du séisme et de cette belle opération de comm' berlusconienne, de rappeler que leur situation précaire se prolonge, que la reconstruction est quelque peu lente, que chaque famille n'est pas encore décemment relogée et que le bloquage de la ville pendant 36 heures est diversement apprécié. Déjà que ces mal élevés de Saint-Quentinois s'étaient pleins du bouclage de la ville lors d'un passage éclair du président français. On imagine à quoi pouvait ressembler le dispositif de sécurité, renforcé pour cause de risque de répliques sismiques, à l'Aquila. Mais c'était le prix à payer pour permettre au Cavaliere de se refaire une belle image à l'étranger !
 
Mais revenons au sommet lui-même, et commençons par une remarque pas inutile. Sans surprise, le résultat est quasi nul. Sans surprise car il réunissait le club des puissants d'avant la crise: et moi qui croyait que la réunion des huit puissances avait définitivement cédé sa place au G20, créé à l'occasion de la crise pour, pensais-je, prendre des décisions plus réfléchies et consensuelles en impliquant un maximum d'acteurs sur la scène politique internationale. Ceci n'était qu'un doux rêve car, à croire le site Internet de l'Express, Nicolas Sarkozy et le président brésilien Lula ont proposé de fusionner le G8 actuel avec le G6 des pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du sud et Egypte) en un G14 au plus tard en 2011. J'en déduis que le G20 n'était qu'occasionnel. J'en conclus donc que nos dirigeants ont su nous rouler dans la farine. D'ailleurs, sans mauvais jeu de mots, ils viennent de conclure le sommet sur la promesse d'offrir plus de pain aux pauvres (il ne manque plus que les jeux, sur Internet, que la Commission de Bruxelles se charge de libéraliser). 15 milliards d'€uros sur trois ans: c'est l'enveloppe promise pour améliorer l'agriculture mondiale, notamment dans les pays pauvres (pardon, les moins avancés, selon le politiquement correct). On est sauvé ! Mais, c'est bien connu, les promesses n'engagent que ceux qui les croient. D'autant qu'ici, la FAO (l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) estime les besoins annuels... au triple de ce qui vient d'être annoncé !! Enfin, de telles enveloppes en milliards de dollars, sur des sujets qui font consensus pour clôturer un sommet que l'on veut ainsi qualifier d'historique, on en a déjà vu... sans que l'argent ne soit jamais mis intégralement sur la table. Dernier exemple en date: le sommet d'Hokkaïdo, tout juste vieux d'un an, avait abouti à une telle promesse généreuse. Au jour d'aujourd'hui, d'après un expert de l'ONu interrogé sur France Info, à peine la moitié de la somme a été versée !!
 
Quel pessimisme me direz-vous. Mais, il y a de quoi. Observons l'un des thèmes majeurs du sommet: la lutte contre le réchauffement climatique. L'écologie devait être un sujet central de ce rendez-vous mondial pour préparer le grand sommet de Copenhague à l'automne. Or, sur ce point, rien n'a bougé: les grandes puissances du G8 n'ont pas trouvé de terrain d'entente et les membres du G6 précédemment évoqué se sont joints aux discussions pour aggraver le problème. La plupart de ces pays étant parmi les plus pollueurs de la planète, la réduction des émissions de CO2 n'y apparaît pas comme une priorité. Surtout si elle risque d'entraver leur développement. Car, le problème de fond est bien là: comment les pays émergents peuvent-ils concilier réduction de l'émission de gaz à effet de serre et poursuite de leur croissance économique et de leur développement humain, les deux étant indirectement et partiellement liés? Comment ces pays pourraient-ils se plier aux injonctions (aux leçons, pourrait-on dire) des Etats riches alors qu'ils se sont battus pour inventer un modèle alternatif à celui - ultralibéral - que les organismes internationaux leur ont imposé? Le casse-tête promet encore de beaux combats. Et si on remettait tout à plat, sans se focaliser uniquement sur les émissions de CO2 qui constitue l'arbre cachant la forêt. En terme de politique durable et écolo, il y a bien d'autres sujets à aborder, à commencer par la nécessité d'influencer les modes de consommation des citoyens "de base". Je suis par exemple fier, même si ce n'est qu'une poussière minime à côté des rejets atmosphériques de certaines industries, d'être abonné aux versions numériques (donc, sans papier) du Monde diplomatique ou de Courrier International ou, à compter du mois prochain, comme me le propose la Caisse d'Epargne, de n'avoir de relevés de compte que sous forme PDF (économisant chaque mois trois feuilles de papier et l'encre qui va avec). Chacun peut contribuer, même petitement, à cet effort mondial. Et si les chefs d'Etat commençaient par donner l'exemple en prenant des engagements, même symboliques, lors d'une réunion de cette importance? A quand un président qui ne mangerait que bio ou équitable, qui éclairerait toutes ses administrations - à commencer par l'Elysée - aux ampoules basse conso, qui circulerait en train ou en véhicule électrique, qui financerait la plantation d'arbres à chacun de ses déplacements aériens à l'étranger? Sarko se voulait irréprochable, qu'il le fasse aussi dans le domaine de la protection de l'environnement. Et la cause aura au moins avancé. Car, en ce moment, elle recule !
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 18:00
Vous savez, si vous êtes fidèles lecteurs de Jes6, que je suis friand des petites infos qui, sans liens les unes avec les autres, nous apprennent beaucoup sur un sujet: dès demain, je reviendrais sur les évènements qui se déroulent tant en Iran qu'en Chine (en plus d'un autre article sur le G8 de L'Aquila). Mais, ce soir, j'aimerais parler de nous. Des Français. Car, en trois informations, qui font la "une" depuis hier, on peut en venir à la conclusion sans appel que je placarde en titre: nos politiciens ont bien raison de se plaindre de nous, ce peuple loin d'être docile et qui semble haïr le changement (la rupture, diraient certains). Rassurez-vous: cet article n'est pas un plaidoyer pro-sarkozyste ! Aucune des informations que je vais traiter n'ont de lien avec notre président. C'est bizarre, mais c'est vrai. D'ailleurs, cela fait au moins deux jours qu'on ne l'a pas entendu ! Il faut dire qu'il est en Italie, noyé au milieu des Berlusconi, Obama et Merkel qui attirent la lumière des caméras. Preuve, s'il en fallait une, que le monde tourne mieux quand les grands décideurs se réunissent... au moins, ils nous fichent un peu la paix. Vous l'aurez compris (et je vais enfin mettre fin au suspense qui vous tient en haleine), il faut prendre tout ce qui suit au second degré. Quoique. A vous de juger: n'hésitez pas à poster un commentaire pour en débattre...
 
1- les cyclistes français sont au ras des pâquerettes: la première victoire d'un coureur tricolore sur le Tour de France n'aura pas suffi. Thomas Voeckler, dix jours maillot jaune en 2004 (tout le monde s'en souvient?), a remporté la 5ème étape en s'échappant à quelques kilomètres de la ligne d'arrivée à Perpignan. Or, après avoir relaté l'exploit, les médias s'empressaient de dire: et pourtant pas un Français en bonne place au classement général, le premier n'étant que 49ème ! Quelle bande de nuls, ces coureurs français, incapables d'être réguliers. Et nos journalistes de se lamenter... en regardant dans le rétroviseur, une fois de plus. Pour nous rappeler qu'Untel a gagné le Tour en telle année, ou qu'un autre a terminé deuxième. Et pour mieux souligner également que les Français ne savent pas aussi bien (je n'ai pas dit autant) se doper que les autres? La preuve: nos médias n'ont d'yeux que pour Armstrong, le dopé le plus intelligent du peloton (d'après un journaliste qui a enquêté sur son cas) et le miraculé d'un cancer. Tous les soirs, on entend: "Untel a gagné l'étape, machin reste en jaune et Armstrong passe de la 10ème à la 2ème place !". Je vais le dire clairement: on s'en fout ! Se focaliser sur un seul homme, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, en éclipsant les autres, c'est du journalisme de m...
 
2- les Français sont les pires touristes du monde: une enquête paraît-il très sérieuse nous placent en queue du peloton des touristes les plus agréables. Nous serions trop râleurs, pas assez aimables et polis. Certains interprètent cela comme une marque d'exigence, qui se traduit par des comportements désagréables à l'égard des prestataires de service. C'est donc une très bonne nouvelle: nous ne nous laissons pas marcher sur les pieds et exigeons un service à la hauteur du prix payé ! Mais, il est vrai qu'avec un sourire et un "bonjour" (ce que nous sommes nombreux à exiger des caissières peu aimables que nous avons déjà tous croisés au moins une fois), ce serait évidemment mieux. Mais, il y a une autre raison à ce mauvais classement: contrairement aux Japonais ou aux Espagnols, plus agréables, nous rechignons à parler étranger ou à faire un petit effort en anglais. Car, hors de cette langue universelle, qu'on nous impose, point de salut. Personnellement, je pense être relativement courtois et, parce que je parlerais pas assez bien anglais (ce que je ne nie pas !), je serais désagréable. De qui se moque-t-on?
 
3- les Français sont de vrais chauffards: il a suffi que le nombre de tués sur nos routes bondissent de 33% en juin, ce qui est dramatique évidemment, pour que les donneurs de leçons se réveillent. Le ministre promet d'accentuer la chasse aux contrevenants, comme on chasse les immigrés clandestins. Les associations rappellent que la vitesse est en cause dans bon nombre d'accidents mortels et que ces satanés de jeunes sont parmi les premiers responsables. Nos médias relaient ces informations et nous proposent des tests sur autoroute: il suffit de rouler à 130 km/h pour se faire allégrement doubler. Conclusion sans appel depuis hier? L'indiscipline est de retour et il faut sévir d'urgence. Sauf qu'en plus de la vitesse, la consommation de drogue ou d'alcool, l'absence de pauses régulières et d'étirements lors des grands voyages, ne sont pas non plus scrupuleusement respectés. Quelques semaines après la lancement de la dernière campagne de la Prévention routière, qui félicite les automobilistes pour leurs conduites ayant sauvé des vies, le vent a bien vite tourné... Preuve d'une vision de court terme?
 
4- évidemment, les consommateurs (et les associations chargées de les défendre) montent au créneau contre l'augmentation des tarifs voulues par la PDG d'EDF: il a suffi d'une phrase de Pierre Gadoneix pour déclencher la colère des usagers, bien relayées par les médias. Une hausse de 20% des tarifs échelonnés sur au moins trois ans: tel est le voeu du patron de l'Electricité française qui justifie cette augmentation par le besoin de désendetter un groupe souhaitant se lancer dans des investissements pour améliorer son réseau. Invité du 13 heures de France 2 hier, celui qui devient le nouvel adversaire de notre pouvoir d'achat a pu s'expliquer... et tenter de répondre au refus du gouvernement, défenseur acharné dudit pouvoir d'achat des Français. Or, augmenter les tarifs pour désendetter l'entreprise et mener des investissements, c'est-à-dire réfléchir à long terme, c'est évidemment ce qu'il faut faire. Par son refus, l'Etat veut encore nous faire croire que la facture de son endettement accéléré (on devrait approcher les 100% à la fin du quinquennat) ne se règlera pas par une hausse d'impôts. Foutaise ! Avec l'exemple d'EDF, on comprend que l'usager, pour avoir un service de qualité, doit mettre la main à la poche. Et, si, dans le même temps, ces Français devenus écolos changeaient leurs habitudes de consommation d'énergie, cette hausse ne serait-elle pas plus indolore? Allez, un petit effort... 
 
5- une petite touche d'optimisme pour finir. L'information a été donnée hier soir, par le 20 heures de France 2: les Wallons francophones de Belgique sont de plus en plus nombreux à vouloir être rattachés à la France, au point qu'un parti défendant cette idée a vu le jour. Parti qui entame ses réunions publiques par la Marseillaise. Donc, j'en conclus que la France est un pays attractif. Et que, pour nos voisins belges, nous n'avons pas tous les défauts de la terre. Mais, seraient-ils aveugles, sourds et naïfs nos chers voisins? On vient de leur démontrer, par A+B, que nous étions un peuple de boulets, incapables d'accepter des réformes difficiles et de se projeter dans un avenir un peu plus lointain que la fin de l'été. Ou, alors, les trois points précédents ne sont pas assez pertinent pour en juger. Personnellement, j'en doute: l'Europe n'est-elle jamais plus populaire à l'extérieur (au sein des peuples qui souhaitent y adhérer) qu'à l'intérieur (où une grande majorité des citoyens ne se déplacent même plus aux urnes lors de ce qui devraient être de grands rendez-vous électoraux)? Non ! La France, la patrie des droits de l'homme (qui a perdu son secrétariat d'Etat) et de la solidarité nationale (lancée par le Conseil National de la Résistance, redevenu politiquement à la mode), est évidemment une grande nation !
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 05:44
Ce mardi marque le début du concours "Pour un monde meilleur" qui rythmera l'été de la communauté. Ouvert à tous les lecteurs des blogs participant à cette communauté, il s'achèvera le mercredi 19 août (après plus de six semaines). En voici les règles. Les blogueurs qui ont choisi de participer au concours m'ont fait parvenir la liste des articles qu'ils souhaitaient voir concourrir et, au total, j'en ai retenu vingt-quatre. La sélection s'est faite selon deux critères: quatorze blogueurs ayant décidé de contribuer à cet évènement, chacun d'eux est représenté par un à deux articles (que j'ai choisi pour leur inscription dans l'actualité récente et pour leur contribution aux thèmes des débats de la commuanuté). Les participants au concours, chargés de constituer un "top 5", devront s'engager, dans ce laps de temps relativement long, à lire les 24 articles et à réaliser leur classement personnel, selon des critères qu'ils auront eux-mêmes choisi. Chaque "juré" (appelons-les comme cela) devra me faire parvenir, par mail (à cette adresse: aureli1.royer@gmail.com) la liste des cinq articles qui ont retenu leur intérêt. Parmi les votants, les blogueurs participants au concours par le biais d'un (ou deux) de leurs articles ne peuvent évidemment pas voter pour celui (ou ceux)-là. Chaque article est représenté par une lettre et il suffira d'envoyer une combinaison de cinq lettres, sans justification du choix, pour participer au concours.
 
Voici la liste, avec des liens actifs, des vingt articles retenus (l'ordre est totalement aléatoire):
Article A - le mur de la honte argentin (par Poussin Déchaîne)
Article Bà l'abordage des pirates (par Poussin Déchaîné)
 
Article C - une marche mondiale pour la paix (par Roseau)
Article D - un Panchen Lama au service de la propagande (par Roseau)
Article E - portrait de Chakib Al Khayari, l'irréductible Rifain (par Hassan, sur le blog Marocinfos)
Article F - le cas d'Abou Elkassim Britel, emprisonné à Casablanca (par Hassan, blog Marocinfos)
 
Article G - la Méditerranée, cimetière des désespérés (par Aurélien Royer)
Article H - la Turquie est-elle européenne? (par Aurélien Royer)
Article I - la Turquie en Europe? (par guilletr, blog Démocratie en danger)
 
Article J - l'écologie depuis le 7 juin (par Patricia, sur le blog ALS)
Article K -
 ça manque de Noirs et de Beurs chez moi (par Matt Meurdocque)
Article L - penser aux femmes d'Iran (par Stedransky)
 
Article M - faut pas prendre les enfants du bon Dieu (par Tronches de Cake)
Article N - enfermés dehors (par Tronches de Cake)
Article O - quelle société voulons-nous pour demain? (par Dragan Matic)
Article P - l'effet Hulk (par Dragan Matic)
 
Article Q - regard sur nos retraites (par Robert Paris)
Article R - les ailes d'Airbus et Yemenia (par Robert Paris)
Article S - chroniques de la haine ordinaire (par Philo Futur Raël)
Article T - crise et dépenses militaires (par Philo Futur Raël)

Article U - ce qui unit tous les hommes (par le blog de l'association Architecte du Bien)
Article V - le crise de l'Etat de Pagaal (par le blog de l'association Architecte du Bien)
Article W - tous à la campagne (par le blog La Voix de l'Européen)
Article X - bonjour Mr de Gucht (par le blog La Voix de l'Européen)
 
Dans chaque classement individuel des "jurés", l'article choisi en 1ère position obtiendra 8 points, le deuxième 6 points, le troisième 4 points, le quatrième 2,5 points et le cinquième 1,5 points. Il ne me restera plus qu'à additionner les points obtenus par chaque article en lice et à publier le "top 5" des gagnants. La liste sera connue le vendredi 21 août et les cinq articles vainqueurs seront alors mis en avant sur la page d'accueil de la communauté. Par ailleurs, afin de garantir la réussite de cette opération, je demande aux blogueurs de la communauté, qui liraient cet article, de diffuser la liste des articles participants ainsi que le règlement pour que chaque "juré" ait la marche à suivre. A tous, blogueurs ou lecteurs, je vous remercie d'ores et déjà de votre contribution à faire de ce concours un succès. Très belle journée !!
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Published by Aurelien Royer
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 12:38
Parmi les exercices incontournables auxquels sont confrontés les étudiants en géographie, y compris ceux se destinant à l'enseignement, deux sont "redoutées" (car moins "habituelles" qu'un simple commentaire de documents): l'analyse d'une carte topographique, d'un secteur plus ou moins étendu (dont le commentaire constitue l'une des épreuves du CAPES); ou l'étude d'une photographie satellitaire. Cette dernière apparaît comme la plus complexe dans la mesure où, sans connaître le lieu qui y correspond, il faut interpréter une image pas toujours claire (photo: extraite du site Internet de l'académie de Rouen). Je ne vais pas vous infliger le commentaire de celle-ci. Mais, seulement profiter de cette occasion pour définir deux notions. Il existe deux types de photo satellitaires: celles proposées en "vraies-fausses couleurs", c'est-à-dire représentant les phénomènes géographiques avec des couleurs totalement incohérentes mais qui, dans le langage géographique, ont un sens (ainsi, un désert, faible en eau, ne sera pas jaune mais rouge foncé ou gris); et celles les montrant en "fausses-vraies couleurs", c'est-à-dire des couleurs plausibles mais erronées (ainsi, une forêt dense serait représenté en vert pâle plutôt qu'en vert foncé). Dans cette dernière, il faut donc se méfier des apparences parfois trompeuses. Tandis que, dans le premier cas, sans posséder le langage cartographiques des géographes, on ne peut pas proposer d'analyse sensée. Or, il en est, en politique, de même qu'en géographie...
 
Je n'arrête pas de répéter que l'histoire et la géographie peuvent permettre de comprendre le monde. Et là, cela se vérifie. Les résultats du second tour de l'élection municipale partielle à Hénon-Beaumont en est la dernière illustration. Depuis la semaine dernière, les médias suscitent le suspense: le FN va-t-il remporter, pour la première fois depuis le départ des Mégret de Vitrolles, une municipalité? Le suspense, réel compte-tenu des résultats du premier tour, a pris fin hier avec le même rituel: "le FN a perdu son pari". C'est, à quelques variantes près, la phrase que l'on a pu entendre un peu partout à partir de 19h30. Or, il se pose une question: pourquoi ne pas avoir plutôt dit "le candidat divers-gauche, soutenu par une large coalition dite républicaine, l'a emporté"? Imagine-t-on David Pujadas dire, à 20h, un soir de second tour d'une présidentielle, qu'Untel a perdu? On a presque l'impression que ce qui aurait fait sensation, c'eût été une victoire de la liste emmenée par Steve Briois. Or, si les analystes politiques avaient utilisé leur langage pour décrypter le premier tour, ils se seraient rendus compte que la probabilité d'une victoire du FN, fort de ses 40%, était aussi mince que ses réserves de voix. En toute logique, après l'appel de toutes les formations de gauche et de droite pour "barrer la route au FN", la victoire de ce front républicain ne pouvait qu'être (quasiment) acquise. Si le vote s'était déroulé en triangulaire, comme à Vitrolles ou Orange dans les années 1990, le FN l'aurait emporté... Mais, il est vrai qu'au moins deux éléments pouvaient en faire douter: d'une part, de hauts responsables politiques ont quasiment appelé à l'abstention ce qui, c'est bien connu, fait le jeu du FN (on ne citera pas de nom !); d'autre part, en ne jouant que sur la peur d'une victoire frontiste ("barrer la route"), les partis traditionnels se sont montrés incapables, auprès des habitants de la ville, d'avancer le moindre argument de fond.
 
Or, sur ce terrain, le FN a été le plus fort. Et de loin. Au point que ses têtes de liste entendent aller devant le tribunal administratif pour dénoncer les arguments de leurs adversaires, déloyaux jugent-ils, et qui auraient (c'est à vérifier) consisté à faire du chantage aux suvbentions (avec une mairie FN, Conseils généraux et régionaux auraient fermé les robinets). De plus, tout au long de sa campagne, le duo Briois-Le Pen avait un argumentaire bien ficelé: après une gestion catastrophique de la commune par l'équipe socialiste sortante, Hénin-Beaumont se retrouve endettée et, là plus qu'ailleurs, la situation économique de ses habitants se dégradent. Les belles promesses des élus UMPS n'ont pas mobilisé les foules. Car, à bien y regarder (et je reviens à ma métaphore avec le premier paragraphe), le score d'hier révèle une vraie-fausse défaite du FN. La défaite est en effet réelle: les chiffres officiels, contestés par Marine alors que le porte-parole de sa liste a reconnu la défaite en ne se basant que sur des données partielles (cherchez l'erreur !), donnent 52,4% des suffrages exprimés à Daniel Duquenne. Et pourtant, c'est un magnifique trompe-l'oeil. Prenons les chiffres officiels des deux tours de scrutin (source: site Internet de la préfecture du Pas-de-Calais):
- au premier tour, avec une participation à 60,15% (donc, un relatif intérêt de la population, un mois après des européennes moins mobilisatrices), le FN obtenait 4485 voix soit 39,3%;
- lors du second tour, avec une participation en progrès à 62,38%, la liste Briois recueille le soutien de 5504 votants, soit 47, 6% des suffrages exprimés.
Quelle conclusion en tirer? La gauche a barrée la route au FN disent les médias. L'opération implantation de Marine dans le Pas-de-Calais a échoué selon le journal d'Arte, hier soir. Le FN apparaît comme une voie de recours importante et il est loin d'être mort, selon moi. Avce 550 voix de retard sur son concurrent et 1019 voix de plus qu'au premir tour, le parti d'extrême-droite réalise une percée supplémentaire, montrant qu'une partie de l'électorat, qui ne s'était pas mobilisé ou qui avait voté pour la droite traditionnelle, a tout de même préféré le FN. Peut-être encouragé par les remarques inacceptables de cette ministre de la République qu'on ne citera pas, le peuple de droite prouve, même si l'enjeu est différent, qu'il se mobilise moins contre le FN que le peuple de gauche... qui balaya Jean-Marie en 2002 !
 
Donc, contrairement aux analyses proposées depuis hier soir, je crois que ce résultat est bien moins clair qu'il n'y paraît. Le FN réussit son implantation car son discours est reçu 5 sur 5 par une frange importante d'un électorat déboussolé par la crise, et par la schizophrénie de la gauche française. Quant à Marine, qui affiche de plus en plus clairement ses ambitions, elle réalise un bon coup politique, fortement médiatisé. A quelques mois de succéder à son père à la tête du parti, elle dispense - ce matin, sur France Info, par exemple - des analyses hautement pertinentes. Elle qui se félicite de voir son parti réaliser, du fait d'un terreau plus que favorable (ce qui ne réduit pas la performance pour autant), un si beau score face à la coalition de tous les autres partis de l'échuiquier politique. Près de la moitié des voix, seul contre tous: le FN montre ici ses forces. Voilà donc une analyse qui me semble pertinente. En tout cas, bien plus que celles de bon nombre de nos politiciens, telle une Martine Aubry affirmant avoir compris le message après s'être félicité de la victoire du "front républicain". Mais, mesure-t-elle le creux d'une telle déclaration? Et la condamnation, ferme, de Brice Hortefeux appelant à poursuivre les agresseurs du candidat élu (ce qui est évidemment absolument nécessaire) suffit-elle à cacher le réel danger: le FN, s'il se relance aux prochaines régionales (ce qui n'est pas à exclure), pourrait-il faire son retour en force en 2012 après la parenthèse écolo des européennes? Ce parti, qui a évidemment sa place dans le processus démocratique mais dont on doit combattre certaines des idées (car, sur certains sujets, les analyses et les propositions qu'il fait méritent de s'y arrêter sans tout jeter en bloc), peut-il récidiver, dix ans après, l'exploit du 21 avril avec cette touche de féminité et de jeunesse que représente "la fille de"? On serait tenté de prendre les paris.
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Published by Aurelien Royer - dans Les campagnes électorales
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 08:17
C'est l'été ! Et, avant de vous inviter, dès mardi, à participer au concours que j'ai mis en place pour désigner les meilleurs articles de la communauté "Pour un monde meilleur", voici deux petites idées pour occuper vos journées, si vous avez la chance de prendre des vacances et si vous ne partez pas pour une destination déjà choisie.
 
A sa prise de fonction, dans son discours de passation de pouvoir, la nouvelle secrétaire d'Etat aux sports - qui pourra peut-être, dans ce domaine, défendre un peu mieux les Droits de l'homme que son prédécesseur qui n'était parvenu à imposer, avec nos athlètes "Pour un monde meilleur" au moment des JO de Pékin - avait commis une petite boulette. Rama Yade avait confondu Jesse Owens (ci-contre avec la tenue noire flanquée du mot "USA"), l'athlète américain qui remporta 4 médailles d'or (sur le 100m, 200m, 4 x 100m et au saut en longueur) lors des jeux de Berlin en 1936, Tommie Smith et John Wesley Carlos, les deux athlètes Afro-Américains qui, sur le podium du 200m, lors des JO de Mexico en 1968, avaient levé leur poing pour dénoncer la ségrégation dont étaient alors victimes les noirs de peau aux Etats-Unis. Dans le discours de la ministre, cela donnait ceci: après avoir parlé de Mendela portant le maillot des Springboaks [l'équipe nationale de rugby] pendant l'Apartheid, elle salué "l’Afro-américain Jesse Owens brandissant son poing rebelle face aux nazis" comme symbole de ceux qui se sont battues pour exalter les valeurs du sport. Un de ses conseillers l'aura mal informé. Ou la ministre aura-t-elle mal préparée son propre discours. Mais, au fond peu importe.
 
Car, cette maladresse de la ministre n'est qu'un prétexte, pour moi aujourd'hui, pour vous parler d'un livre que je viens de commencer à lire. Un coup de coeur que je vous faire partager... surtout si vous vous intéressez à l'histoire, notamment à la plus récente (celle du XXème siècle). Un petit ouvrage, d'à peine 200 pages, est à découvrir. D'autant qu'il est la première contribution purement française d'une historienne à un débat qui existe déjà depuis plusieurs années chez certains de nos voisins européens (à quand un embryon d'histoire européenne, d'ailleurs?). Intitulé "des victimes oubliées du nazisme", il est l'oeuvre de Catherine Coquery-Vidrovitch (professeur émérite d'université et spécialiste de l'histoire de l'Afrique) et traite du sort des Noirs dans l'Allemagne du début du siècle, aussi bien avant qu'après l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933. L'aventure de Jesse Owens, vainqueur de quatre épreuves sous les yeux du dictateur, est d'ailleurs relatée comme un bel exemple de la stupidité (osons le dire) de ses théories, selon lesquelles l'homme allemand (l'aryen, grand, blond aux yeux bleus) dispose d'une supériorité naturelle sur toutes les autres races. On connaît la haine d'Hitler et de son entourage à l'égard de bon nombre de groupes de personnes: les Juifs, bien évidemment, mais aussi les handicapés, les Tziganes ou les homosexuels, dont les professeurs d'histoire, dont je suis, tentent de parler pour ne pas faire des seuls Juifs les arbres cachant une forêt bien plus dense qu'on ne l'imagine. Les ennemis du régime nazi étant innombrables...
 
Et, à cet égard, le cas des Noirs est saisissant. Je me demande d'ailleurs si un de mes collègues enseignent, au lycée par exemple, la place de cette catégorie de population dans l'Allemagne de l'entre-deux-guerres. J'avoue ne pas l'avoir encore fait, faute d'informations suffisantes. Mais, cela va changer: dès l'année prochaine, ne serait-ce qu'en y faisant une illusion - car ce n'est pas au programme des classes de 3ème -, j'évoquerais ce cas comme un exemple méconnu de cette théorie de la hiérarchie des races. Facile à lire, ce livre nous apprend beaucoup de choses. Que les Noirs n'étaient pas les premières victimes du nazisme car en très faible nombre en Allemagne. Que le racisme, que l'on dirait ordinaire, c'est-à-dire quotidien plus qu'institutionnel, sévissait au sein d'une population acquise à la théorie du complot visant à affaiblir l'Allemagne. Que les plus grands scientifiques allemands de l'époque ont, pour les Tziganes comme pour les Noirs, monter des théories qui se voulaient scientifiques sur l'infériorité de ces races. Mais aussi que les discriminations dont les Noirs allemands étaient victimes étaient bien moins fortes qu'aux Etats-Unis, où la ségrégation était bien plus violente. Que le pouvoir central allemand a accéléré la chasse aux Noirs au début des années 1930, le mouvement ne faisant que s'accélérer sous Hitler. Ou encore que la citoyenneté leur était difficilement accessible, les enfants métis - d'une mère blanche, mais contaminés par le sang nègre de leur père - ne faisaient pas partie de la patrie. Ce livre est passionnant. Et je vous invite à vous le procurer (cliquez ICI pour plus de détails).
 
Deuxième idée: pour ceux qui veulent passer une (deux, trois... dix) journée(s) à Paris, je ne vous conseillerai pas le concert de Johnny pour le 14 juillet, gratuit pour les spectateurs mais payant pour les contribuables (car l'hôte de l'Elysée offre à l'exilé fiscal le plus célèbre de France l'occasion d'animer son grand rendez-vous annuel de la fête nationale !). Un rendez-vous bien plus intéressant vous attend à l'Arc de Triomphe, à savoir une exposition permanente ainsi présentée sur le site des Monuments nationaux: "la nouvelle scénographie de l'Arc de triomphe raconte en sept stations et sur trois niveaux l'histoire du monument de façon contemporaine, interactive et ludique. Elle est fondée sur un concept multimedia qui donne à voir ce qui aurait pu être (les projets non réalisés), ce qui a disparu et ce qui ne peut être facilement vu. [Au niveau 1], un regard vertigineux sous l'Arc [et] les arcs du monde ; [au niveau 2], le décor sculpté [et l'expo elle-même intitulée] "Guerre et paix, l'Arc au centre de l'histoire" [et au niveau 3], trois des sept stations proposent au visiteur une réelle interactivité lui laissant l'initiative de ce qu'il désire savoir et découvrir". Ce sera l'occasion de vous informer sur l'histoire de ce monument, voulu par Napoléon Ier en 1806, achevé trente ans plus tard, pour rendre hommage à la Grande Armée qui, sous son règne, remporta toutes les batailles dont les noms sont gravées sur ce monument, qui trône place de l'Etoile, face aux Champs-Elysées. Ce sera aussi, si la journée est belle et dégagée (comme c'était le cas hier) de contempler notre capitale du toit de ce monument: après 284 marches et un droit d'entrée de 9€ (très cher, même si le résultat est beau !), vous pourrez admirer le quartier de la Défense, la butte Montmartre, les Champs-Elysées ou encore la Tour Eiffel (ma photo ci-dessous). Hier, samedi, j'ai donc eu la chance de grimper au sommet de l'Arc, bénéficiant de la gratuité accordée aux enseignants avec le Pass' créé par Xavier Darcos... et qui permet, au professeur d'histoire que je suis, de comprendre l'histoire du bâtiment, et ainsi mieux préparé le cours que je fais sur la mémoire de la 1ère guerre mondiale en évoquant la tombe du Soldat inconnu et le choix du site pour le commémorer. Franchement, c'est une étape intéressante... je vous la conseille vraiment ! Bonne visite et bon dimanche !

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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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