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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 17:00

C'est l'une des informations du jour: la Cour des Comptes a rendu un rapport estimant que 13 maternités françaises (voir carte) doivent être fermées, parce qu'elles seraient trop dangereuses pour leurs usagers. L'argument principal consiste à dire que moins de 300 accouchements y sont réalisés par an (selon les dernières statistiques disponibles, soit en 2013). Les praticiens ne seraient donc pas habitués à gérer des situations délicates, qui peuvent causer la mort de l'enfant ou de la mère. Par ailleurs, ces établissements, peu fréquentés, seraient vétustes ou disposeraient d'équipements pas assez modernes. Du coup, par mesure de précaution, la Cour propose de les fermer.

 

13-Maternites.jpg

 

En fait, c'est une vision de notre société qui se joue là. On imagine que, derrière ces arguments de façade pleins de bonne volonté et de responsabilité, des considérations financières sont en cause. Au fond, ces services de maternité ne sont pas assez rentables: l'Etat, en ces périodes de crise, ne peut pas supporter les frais de fonctionnement actuel pour un si faible rendement. Pire, il ne veut pas non plus supporter les éventuels frais de modernisation, de réhabilitation et d'équipement de ces services pour les conserver. A quoi bon dépenser des millions d'€uros pour une centaine d'actes par an?

 

En face, les défenseurs de ces établissements menacés avancent des arguments de bon sens: en cas de fermeture, les populations des secteurs concernées se trouveront désormais à une heure de route de la maternité la plus proche. Le fait d'habiter des zones reculées, souvent en montagne (comme le prouve la localisation des 13établissements, massivement implantés dans la moitié sud du pays) ou en zone rurale, n'est pas suffisant pour fermer ce qui est un service public. Pourquoi les citoyens de ces endroits, moins densément peuplés, n'auraient-ils pas droit à la même qualité de service que les autres? D'autant qu'ils paient les mêmes impôts !...

 

Notre pays se trouve donc face à un choix simple:

* Soit fermer ces établissements en considérant que la sécurité des patients et le coût de réhabilitation qu'elle suppose ne peuvent plus être assurés par un Etat en crise;

* Soit maintenir ces établissements avec pour ambition, au contraire, d'investir pour les moderniser et garantir aux populations un service public hospitalier de qualité et équitablement réparti sur le territoire.

Bref, les considérations financières doivent-elles l'emporter?

Je pense que non et que le devoir d'un Etat est d'offrir à ses citoyens-contribuables un égal accès à tous les services, qu'il s'agisse de la santé, de l'éducation, de l'énergie, du réseau Internet et téléphonique... Or, ces territoires sont victimes de la désertification de tout ce qui permet de garantir la cohésion sociale et l'égalité des usagers ! Ainsi, dans cette affaire, l'Etat peut se donner les moyens (ou, au moins, essayer de trouver des mécènes privés pour l'y aider) d'innover. Imaginons que les praticiens de ces materités reculées soient désormais équipés de matériels informatiques et connectés: le jour d'un accouchement difficile, l'acte serait alors réalisé en visio-conférence avec l'aide d'un professeur d'un grand hôpital de la région, garantissant aux familles la qualité du soin et la proximité de l'offre.

 

Nous nous trouvons face à un choix de société... Je devrais écrire un combat pour la défense du Service public, équitablement réparti sur le territoire ! Ce devrait être une priorité nationale, dans tous les domaines.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:45

Mme Parisot, dont je peine, le plus souvent, à suivre les interventions médiatiques (elle fait partie de ces gens qui, à la façon d'un Copé, grignotent ma patience par leur mauvaise foi), est comparée à une sorte de dictateur(e). Coupable, au début, de vouloir changer les règles internes du MEDEF pour pouvoir prolonger son second mandat (étant donné qu'il aurait dû être le dernier). Coupable, ensuite, de vouloir se présenter à un troisième mandat, alors que les règles internes du courant patronal ne le lui permettent pas. Coupable, enfin, de vouloir instaurer une sorte de régime à vie... comme si elle refusait de laisser sa place !

 

Toutes ces accusations apparaissent, en réalité, sans véritable fondement. Comme beaucoup de gens attachés au renouvellement des élites par des règles strictes (comme le nombre limité de mandats, à la fois simultanément et dans le temps), je me révoltais de cette situation. Mais, à en écouter les raisons exactes, il semble que la présidente du MEDEF ne soit pas celle qu'on prétende: en effet, dans l'organisation patronale, le second mandat d'un dirigeant dure trois ans... alors que son premier est un quinquennat. Mme Parisot ne fait que s'étonner d'un système doublement injuste. D'une part, quel dirigeant, candidat à sa réélection, accepterait de ne rempiler pour un mandat amputé? Imagine-t-on Nicolas Sarkozy se représenter en 2012 pour un second mandat écourté? D'autre part, selon que les candidats à ce scrutin le sont pour la première ou la deuxième fois, la durée de leur mandat n'est pas identique: pas très équitable !

 

En fait, ce que l'on aurait pu reprocher à la "patronne des patrons", c'est de se pas s'être rebellée contre ce système inégal au moment de sa réélection en 2010, lorsqu'elle concourrait pour un second mandat dont elle devait savoir, alors, qu'il ne durerait pas cinq ans ! L'erreur est d'avoir attendue la fin de sa gouvernance pour le dénoncer. Pourquoi ne pas avoir changé les règles, en amont, à la fin de son premier quinquennat? C'est LA vraie question que les journalistes auraient dû lui poser, le mois dernier, au moment de la polémique. Personnellement, à défaut de soutenir ses positions idéologiques et sa stratégie pour la France, je la défends sur ce sujet "institutionnel" !

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:51

Sous Jospin, la gauche a permis une avancée majeure: le PACS a offert aux couples homosexuels une existence légale et juridique... à tel point que les couples hétéros sont plus nombreux à en profiter ! L'opposition avait alors été forte. On se souvient de Christine Butin en pleurs après avoir été sévèrement critiquée par le Premier ministre Lionel Jospin, ou brandissant la Bible, un autre jour, dans ce lieu laïc qu'est l'Assemblée nationale ! Pour revoir l'incident, cliquez ICI (vidéo non-intégrable à l'article).

 

Sous Hollande, la gauche donne une nouvelle occasion d'exister à la présidente du Parti chrétien-démocrate qui, pour cela, a besoin de trois choses: 1- A l'approche d'une présidentielle, se déclarer candidate puis finalement se ranger derrière le candidat de la droite en échange d'un gros chèque; 2- Créer son propre parti pour, en tant que présidente, avoir un accès aux médias; 3- Une proposition de la gauche, progressiste car cohérente (voire, en retard) par rapport à la société, sur laquelle elle puisse se déchaîner. Rien que pour cela, on pourrait détester l'actuel Président qui nous a ainsi infligé de voir et d'entendre Mme Boutin s'exprimer sur le fameux "mariage pour tous".

 

Maladresse ou désir d'égalité réelle? Quoi qu'il en soit, la formulation choisie par le gouvernement alimente le discours des "anti". Alors que les humoristes imaginent des mariages entre un homme et son animal de compagnie, les plus sérieux opposants à ce "mariage gay" y voient la porte ouverte. A la polygamie. A l'inceste. Autant de débordements verbaux, signés des plus hautes autorités religieuses (qui sont particulièrement douées pour se ridiculiser dans un pays qui perd foi), qui, comme dirait Laurent Ruquier, incitent à être "pour"... ne serait-ce que pour ne pas être dans le même camp que ces pauvres idiots !

 

Comme l'animateur de France 2 et Europe 1, mon avis est partagé. Je ne suis pas "contre" ce mariage ouvert aux couples de même sexe: d'une part, parce que chacun a le droit (et la liberté) de faire sa vie avec qui bon lui semble; d'autre part, parce que l'Etat se doit d'offrir à ces couples une reconnaissance légale qui leur accorde les mêmes droits qu'à n'importe quel couple hétérosexuel. Pourtant, je ne suis pas un militant de ce mariage: je considère que l'Etat a la possibilité de créer un outil (une sorte de "super-PACS") qui garantisse aux couples de même sexe des droits réciproques entre les conjoints. En clair, sans l'appeler forcément "mariage" (ce qui, symboliquement, heurte la conscience des opposants qui y voient, à juste titre, une institution multiséculaire entre "un homme et une femme" mais aussi "un père et une mère"), le gouvernement devrait proposer la création d'une "union civile", signée en mairie (et non plus au tribunal), offrant les mêmes droits qu'un "mariage civil" pour hétéros.

 

Sur l'autre grand sujet, l'ouverture de l'adoption aux couples homo me pose moins de problèmes. C'est une nécessité. D'une part, parce que le fait de bien élever un enfant, de le rendre heureux et de préparer son avenir, ne repose pas sur le fait d'appartenir à un couple hétérosexuel. Il y a tant de couples hétéros qui ne remplissent pas cette mission d'éducation. Il y a tant de personnes seules (ou de couples gays, en fait) qui, eux, y parviennent vraiment ! Et cette conviction est d'autant plus forte quand, au "Petit Journal" de Canal +, on entend un "anti-mariage pour tous" dire: "Un enfant a besoin d'un père pour lui foutre une baffe quand il a besoin et d'une mère pour le couver et le nourrir". Quelle horrible vision de notre société ! Je préfère une société qui permet à un couple de deux hommes ou deux femmes de bien élever un enfant qu'ils auront désiré !

 

Pourtant, il y a UN argument des "anti" qui m'avaient touché: ceux-ci affirmaient que, dans le projet de loi gouvernemental, la suppression des notions de "père et mère" allait bouleverser les livrets de famille où il n'existerait plus que les notions de "parent n°1 et parent n°2". Une telle modification serait, effectivement, choquante. Après vérification, il apparaît que cette intention n'existe pas: chaque couple devra choisir son livret de famille parmi les DEUX versions. Cette clarification étant faite, et même si l'usage du mot "mariage" ne gêne un peu pour ce type d'union, je suis clairement "pour" la mesure !

 

En fait, ce qui me dérange le plus dans cette histoire, c'est que le débat est actuellement minable. Rares sont les lieux, comme l'émission "On n'est pas couché" (hier soir), d'entendre un débat d'une bonne qualité, avec les deux camps représentants et l'affrontement d'arguments forts. Ailleurs, les deux camps sont caricaturés: la gauche toute entière serait "pour" au nom de l'égalité de tous, tandis que la droite "contre" ne serait peuplée que de catholiques intégristes. Que le chef de l'Etat applique une des promesses de son programme (son élection rend cette application légitime, huit mois seulement après le scrutin), c'est normal. D'autant que notre démocratie représentative permet aux parlementaires de mener le débat qui agite désormais la rue. Mais, vue la mobilisation des "anti" ce dimanche, François Hollande ferait preuve de hauteur et de volonté de préserver la cohésion nationale en lançant un vrai débat, aboutissant, pourquoi pas, à un référendum. Cette hypothèse ne me heurte pas car, bien mené, le débat pourrait être clairement passionnant... et permettrait de mettre d'autres sujets sensibles (comme la PMA) sur la table ! Pour ma part, en cas de vote, je me déplacerais... pour glisser un bulletin "OUI".

 

Voici la vidéo de ce débat chez L. Ruquier. Soyez patient, cela dure près d'une heure... preuve que ce débat (qui a, en termes d'audience, caracolé en tête en 2ème partie de soirée) a passionné et était nécessaire:

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 21:20

Outre les repas en famille, j'ai également consacré une bonne partie de mes vacances de Noël à rattraper mon retard dans la lecture du Nouvel Observateur auquel je me suis abonné fin août. Depuis, je n'avais lu qu'un numéro car, avec la reprise du boulot début septembre, le temps m'a manqué... Il m'a donc fallu quinze jours pour lire dix numéros (soit deux mois et demi d'abonnement). A lire un des derniers éditoriaux de Laurent Joffrin, le bilan d'un semestre d'hollandisme est mitigé: d'un côté, sur la forme, les maladresses, le culte du dialogue social ou encore l'absence d'omni-présence médiatique du Président ont rendu cette présidence illisible, expliquant le plongeon observé dans les sondages... mais, sur le fond, le gouvernement a déjà transformé en actes plusieurs promesses du candidat. Impression confirmée à la lecture d'un très vieux numéro des Inrockuptibles (acheté en mars 2012 !) dans lequel Laurent Fabius, chargé de préparer les 100 premiers jours par le candidat Hollande, expliquait ce que seraient les débuts d'une présidence socialiste. Avec une liste de propositions à l'appui (retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, augmentation de 25% de l'allocation de rentrée, baisse du salaire du Président et des ministres, fin de la suppression de postes dans l'administration et embauche de nouveaux enseignants...). Or, six mois après, ces mesures ont effectivement été appliquées: on se doit de le reconnaître.

 

Après une année 2012, marquée par l'attente de l'automne (le Président expliquait ne pouvoir vraiment agir qu'avec la loi de Finances pour le budget 2013), l'année 2013 ne sera pas celle de l'embellie. Le chômage baissera en 2014. Le pays sortira de la crise en 2014. Les mesures, notamment fiscales, feront leur effet en 2014. La réduction du déficit, par la maîtrise des dépenses et de nouvelles recettes (dont la fameuse taxe, indispensable, à 75%... qui ne sera applicable, au mieux, qu'en 2014), interviendra pleinement en 2014. Bref, 2013 sera une année-charnière, celle de réformes structurelles qui n'apporteront pas d'effets visibles ("Je me prépare à être impopulaire" explique ainsi le chef de l'Etat) mais qui permettront à l'Etat de se moderniser. 2013 sera aussi l'année de réformes sociétales qui montreront qu'avec la gauche au pouvoir, des avancées majeures, parfois même historiques (en cela qu'elles seront dans les manuels d'histoire dans quelques temps), auront été permises. Autant de "bonnes" résolutions qui feront patienter les médias, à défaut d'amadouer des Français préoccupés par la crise et ses conséquences pour leur quotidien.

 

Parmi ces "bonnes" résolutions figure le "mariage pour tous" (auquel je consacrerai un prochain article), mais aussi le droit de vote accordé aux étrangers pour les élections municipales. Cette proposition, qui a déchaîne les passions (et les attaques de l'UMP et du FN pendant la campagne présidentielle), ne manquera pas d'animer le débat public dans les prochains mois. C'était l'engagement n°50 de son programme et, lors de la campagne, il a fallu au candidat socialiste approfondir sa proposition sous les coups de ses adversaires: oui, il faudra avoir résidé 5 ans en France; non, ces étrangers ne seront pas éligibles mais simplement électeurs; oui, cette avancée ne concernera que les élections municipales. Avant même que le projet ne soit déposé à l'Assemblée, les obstacles sont déjà nombreux: 1- la campagne interne de l'UMP a démontré qu'il s'agissait, pour la droite décomplexée façon Copé, d'un sujet sensible sur lequel l'opposition comptait se battre et mobiliser; 2- le Président, dans sa grande conférence de presse de novembre, avait expliqué qu'il ne présenterait le projet gouvernement qu'au moment où il serait sûr d'obtenir la majorité des 3/5 lors de la convocation d'un Congrès à Versailles (puisqu'il s'agit d'une réforme de la Constitution)... ce qui n'est pas encore le cas; 3- s'il veut le rendre applicable dès les municipales de 2014, un vote rapide en 2013 est nécessaire. Le calendrier n'est donc pas le plus approprié. Seul avantage: en tant que ministre de l'Intérieur, il reviendra au populaire Manuel Valls de porter le projet. Les attaques personnelles sont donc à exclure.

 

Reste que, si le projet n'obtient pas une majorité favorable, c'est que son principe est remis en cause jusque dans les rangs de la majorité. Moi-même, plus proche du PS que l'UMP, je ne suis pourtant pas favorable à la possibilité d'accorder le droit de vote aux citoyens étrangers. Le fait qu'ils soient installés dans notre pays, que leurs enfants y aient grandi et fréquenté l'école de la République, qu'ils y travaillent et paient des impôts: voilà des arguments en faveur du projet. Et je les juge recevables. Disons que le droit de vote qui leur serait octroyé serait un "droit" supplémentaire en échange des "devoirs" listés plus haut. Pourtant, ce "donnant-donnant" ne me convainc pas. Pour au moins deux raisons. D'une part, le fait que l'on crée une forme de citoyenneté partielle (avec un droit de vote limité à un seul type de scrutin) me gêne: la citoyenneté et le droit de vote constituent un "tout" qui ne peut être découpé. Je me demande, d'ailleurs, si le projet hollandais n'est pas anticonstitutionnel ! D'autre part, je considère que le droit de vote fait partie d'une citoyenneté "globale", qui ne peut qu'être associée à la nationalité. Pour voter en France, il faut être français: ce n'est pas plus compliqué.

 

D'ailleurs, mes lectures du Nouvel Obs' m'ont confirmé sur cette voie. Dans un des numéros parcourus dernièrement, Daniel Cohn-Bendit expliquait qu'il ne comprenait pas la position des opposants à cette loi. En Européen convaincu, pétri par son amour de deux pays, il se veut progressiste sur cette mesure et avance un argument: "Pourquoi refuserions-nous le droit de vote de citoyens étrangers intégrés alors que nos compatriotes français installés à l'étranger peuvent, eux, élire des représentants en France?" demandait-il. Ma position s'est alors confirmée. Si je pouvais lui répondre, je dirais: "Les citoyens français installés à l'étranger ont des représentants car ils ont la nationalité française": ce n'est pas plus compliqué. Bref, s'ils veulent voter en France, les citoyens étrangers n'ont qu'à réclamer leur naturalisation, sans renier leurs origines: il leur suffit d'avoir la double-nationalité (pays d'origine + France). Cette alternative me semble d'autant plus efficace qu'elle permettra à ces citoyens méritants, installés, intégrés, contribuables, de voter à TOUTES les élections.

 

Ainsi, s'il y avait un référendum sur ce sujet, je voterais NON !

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 10:08

C'est LE débat du moment. A la fois incontournable et symbolique.

Incontournable car il est présent dans toutes les émissions, de radio comme de télévision, permettant aux commentateurs de délivrer une petite dose de bien-pensance.

Exemplaire car c'est assurément le thème qui, en France, cristallise le plus de tensions et provoque une gêne bien palpable.

 

Or, dès le début, les bases du débat n'étaient, me semble-t-il, pas les bonnes. Les animateurs et journalistes qui le résument à cette question ("Pour ou contre les caricatures publiées par Charlie Hebdo?") l'empêchent. Quiconque répond "Non" à cette question est immédiatement traité comme un opposant aux libertés fondamentales. Ecoutez Marine Le Pen, présidente du FN, qui, sur France 2, défend la liberté absolue d'expression et de presse quand il s'agit de caricaturer le Prophète de l'islam... mais traîne en justice Laurent Ruquier pour avoir diffusé, dans son émission du samedi soir, des caricatures du même hebdomadaire qui bafouaient son image et celle de son courant ! Liberté à deux vitesses?

 

J'ose le dire (et l'écrire ici): pour ma part, je ne suis pas franchement "pour" la parution de telles caricatures. Non pour les raisons avancées par les membres du gouvernement, pour qui ces caricatures jettent de l'huile sur le feu... ce qui induit que, en fonction du contexte, la liberté de caricaturer serait variable. Etrange. Je pense, au contraire, que le droit de caricaturer doit être permanent et ne pas dépendre de l'actualité, dans la mesure où le boulot des journalistes, c'est précisément de réagir à l'actualité. S'ils ne publient pas leurs caricatures maintenant, quand le feraient-ils?

 

Mais, je ne me positionnerais pas dans le camp de ceux qui, favorables auxdites publications, expliquent que toute religion étant une croyance, chacun est libre de ne pas y adhérer... et, donc, de la critiquer. On trouve là l'une des bases du principe FONDAMENTAL de laïcité. Le problème, c'est que ce beau principe, dont la France peut s'enorgueillir, repose sur DEUX bases: liberté de choisir et pratique (ou non) la religion de son choix + obligation de respecter le choix d'autrui et sa croyance. Ainsi, ce qui me chagrine, c'est que, dans le débat actuel, il y a un mot qui n'est jamais prononcé: "respect". De mon point de vue, les caricaturistes, dont le rôle est de critiquer le message absurde des intégristes de toutes les religions, ont tendance à user d'une violence graphique et écrite qui blessent les croyants honnêtes et pacifistes de ces religions.

 

Je cromprendrais parfaitement que Charlie Hebdo caricature un imam, revêtu de tous les signes extérieurs de l'islam, pour mieux dénoncer l'imbécilité et la dangerosité de son message. En revanche, je ne cromprends qu'un dessinateur choisisse de dessiner le Prophète, personnage sacré (qu'il convient de respecter), au risque de heurter les fidèles. A mon sens, la caricature consiste à dessiner des personnages publics actuels (le Pape, un évêque sous les traits de M. Barbarin, un imam, un rabbin...) sans s'en prendre aux personnages passés ou imaginaires sur lesquels reposent la foi des pratiquants. C'est, selon moi, une simple question de respect.

 

La laïcité est une valeur complexe, qui évolue en même temps que la société... au point que, régulièrement, les politiciens se posent la question de mofidier la loi de 1905. Complexe, elle l'est aussi à expliquer aux élèves: cette semaine, en classe de 6ème, j'ai eu l'occasion de l'aborder dans le cadre du programme d'éducation civique. "Je ne peux pas refuser d'assister aux cours d'histoire parlant de religion car ils me permettent de comprendre les principales religions sans en favoriser une en particulier": voilà l'une des phrases que je fais inscrire dans les cahiers. En effet, la laïcité, c'est à la fois la nécessité de connaître toutes les religions pour ne pas critiquer, sans savoir, la croyance des fidèles, mais aussi de pouvoir choisir, en toute connaissance de cause, celle qui convient à chacun !

 

L'enseignement des religions, qui suscite parfois les foudres des parents (qui, eux mêmes, n'y connaissent pas grand chose, s'enfermant dans des préjugés... dont se nourrissent d'ailleurs les caricatures !), m'apparaît comme un rempart à l'irrespect dont la société française est actuellement tapissée ! Or, le débat actuel est un symptôme bien inquiétant: l'absence de connaissance des religions conduit à cet amalagme permanent entre musulmans et islamistes, au développement d'une peur de l'islam (dont Véronique Genest a fait les frais, cette semaine) alors que les citoyens éclairés devraient craindre l'islamisme (sans assimiler les deux !), ou encore au développement de réflexes racistes que le ping-pong de provocations entre islamistes et anti-islamistes (parfois maladroits) accentue !

 

Bref, dénoncer les dérapages des intégristes de toutes les religions est une ABSOLUE nécessité: pour cela, j'approuve le droit (voire le devoir) de caricaturer les propos qui pourraient conduire, si nous n'étions pas dans une démocratie "mature", à une guerre de religion... comme les tensions dans le monde musulman en témoignent. En revanche, utiliser les traits des personnages religieux (qui traversent les siècles et au nom desquels plusieurs interprétations radicalement différentes ont pu se faire selon les époques) ne me semble pas utile. Renforcer la laïcité, promouvoir le respect des croyances et des non-croyances: voilà deux bases complémentaires pour maintenir une forme de "cohésion sociale" sans laquelle notre pacte républicain se fissurerait dangereusement ! Avec des conséquences que je n'ose imaginer.

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 07:07

Au début de l'été, après le dernier Conseil des ministres, Jean-Marc Ayrault a donné aux ministres une feuille de route: en plus des nécessaires économies budgétaires (en réduisant les dépenses inutiles, notamment de fonctionnement), le chef du gouvernement a fixé quelques priorités pour le véritable début du quinquennat. En effet, les 100 premiers jours qui suivent l'élection ne constituent qu'une sorte de période d'échauffement et de prise de repère: alors que les précédents Présidents avaient utilisé cette période pour prendre des décisions symboliques qui donnent la tonalité du quinquennat, F. Hollande ne s'est pas précipité (voir l'article concerné en cliquant LA). Les choses sérieuses débuteront en septembre et la première année législative (septembre 2012-juin 2013) sera donc celle de la mise en place des priorités du programme présidentiel. Parmi elles figure en bonne place une nouvelle politique familiale... marquée, pour l'instant, par l'autorisation du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe !

 

Sujet délicat. Délicat car clivant: c'est typiquement le sujet qui divise les Français, la classe politique et qui peut même provoquer l'incompréhension d'une partie de la population. Preuve en est la réaction de bon nombre de catholiques qui, à l'image de l'Eglise (en tant qu'institution), s'opposent au projet gouvernemental... au nom d'une conception pluriséculaire et traditionnelle de la famille. Pour eux, la famille repose sur l'union d'un homme et d'une femme (devant Dieu) dont le but est de procréer en laissant faire la nature. Cette conception est respectable et, longtemps, je me suis opposé au projet de mariage homosexuel, estimant que le mot "mariage" était attaché à une union sacrée d'un couple hétérosexuel... tout en militant pour une union civile pour couples de même sexe avec autant de droit qu'un mariage civil ! La contribution catholique à ce débat (nécessaire, dans la mesure où l'Eglise est régulièrement consultée en tant que "force vive") m'a permis de comprendre que, plus que le mariage homosexuel, c'est l'homoparentalité qui pose problème aux catholiques: car, plus que l'union devant le maire de deux hommes ou deux femmes, c'est le fait qu'un enfant n'ait pas "l'amour d'un père et d'une mère" qui les heurte. Or, si l'indignation catholique ne doit pas empêcher la majorité d'aller au bout de son projet, elle doit permettre au gouvernement de construire le projet le plus juste et consensuel possible. Les sujets de société étant extrêmement complexes, il faut donc utiliser la contribution de tous.

 

Au pouvoir pendant dix ans, la droite n'a rien changé sur ce dossier... préférant attendre la campagne électorale pour, par la voix du candidat Sarkozy, promettre de nouvelles avancées. En réalité, la dernière véritable avancée en la matière date des années Jospin: la dernière fois que la gauche était au pouvoir, elle a donc créé le PACS, initialement destiné à ces couples (pour leur accorder des droits juridiques nouveaux) et finalement très prisé des couples hétérosexuels. La prochaine véritable avancée devrait donc de nouveau provenir d'un gouvernement de gauche qui, imitant plusieurs pays européens, devrait donc accorder des droits supplémentaires, fondamenteux, pour des couples qui, aujourd'hui, ne sont pas les égaux des autres. Ainsi, dans un dossier consacré aux familles du XXIème siècle (dans la revue de la mutuelle MGEN), le témoignage de deux femmes vivant ensemble depuis 12 ans est révélateur: "Nous avons un fils de trois ans, que j'ai [Béatrice] porté. Mais, légalement, je suis son seul parent. Nous souhaitons avoir un autre enfant, donc ma compagne [Sandrine] assurera la grossesse. Cependant, au regard de la loi, nos deux enfants ne seront pas frère et soeur. Et lorsque je décéderai, seul celui que j'ai porté sera héritier. Mon deuxième enfant devra, lui, se contenter de mes dispositions testamentaires, sur lesquelles 40% de droits de succession seront prélevés".

 

On le voit; deux conceptions s'affrontent dans une société qui avance plus vite que les règles juridiques. D'un côté, certains s'attachent à une conception traditionnaliste de la famille... qui ne correspond pourtant plus à la réalité vécue par les autres. Les stastiques le prouvent: près de 30% des enfants ne vivent pas avec leurs deux-parents, tandis que s'accroît la part des familles monoparentales (souvent une mère et ses enfants), homoparentales (300.000 enfants vivraient dans ce cadre en France) ou recomposées (avec beau-père ou belle-mère, qui n'ont aucun droit juridique sur les enfants qui ne sont pas les leurs... alors que 83% des Français se déclarent favorable à l'établissement d'un tel statut). L'Etat, "dont la fonction est de protéger les personnes" (dixit le magazine précédemment cité), se doit donc de prendre les dispositions nécessaires à l'établissement de l'égalité entre tous les citoyens, quelle que soit leur orientation sexuelle: ainsi, il est nécessaire de garantir aux homosexuels une forme d'union (qu'elle s'appelle "mariage" ou non) donnant les mêmes droits au conjoint que pour un couple hétérosexuel marié. Quant au droit d'adoption, les couples de deux femmes ayant plus de facilité à avoir un enfant que les couples de deux hommes, il semble tout aussi nécessaire de le leur accorder... Principal argument, donné par une catholique pratiquante, interrogée à la sortie de la messe du 15 août: "Un enfant a surtout besoin d'amour, qu'il lui soit donné par un homme et une femme, un seul homme, une seule femme, deux hommes ou deux femmes" ! Bingo.

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 07:20

C'est LE sujet de conversation de cette fin de semaine... Sur les plateaux télé, que ce soit dans la bouche des commentateurs ou des invités politiques eux-mêmes, on ne parlait que de cela: trois membres du gouvernement (Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de la Famille Dominique Bertinott et le Premier ministre lui-même) ont confirmé qu'un projet de loi instaurant "le mariage et l'adoption pour tous" serait présenté à l'Assemblée nationale d'ici un an. Ainsi, en 2013, la nouvelle majorité législative (identique au Palais-Bourbon comme au Sénat) devrait adopter, sans surprise, cette disposition qui fait plus facilement l'unité de la gauche que celle de la droite. D'ailleurs, ces dernières années, sous la pression d'une société civile qui évolue plus vite que la classe politique, des personnalités de droite se sont faites à l'idée d'un mariage ouvert aux personnes de même sexe.

 

Ainsi, la fracture gauche-droite ne concerne plus la possibilité de donner aux couples homos l'opportunité de s'unir et d'adopter, mais sur la forme que cela doit prendre: à gauche, on accepte l'option du mariage tandis qu'à droite, tel Nicolas Sarkozy pendant la campagne, on préférait un PACS amélioré offrant plus de droits à ces couples, sans pour autant les mettre sur le même plan que les hétéros à qui le mariage (avec toute la symbolique qui lui est associé) doit être réservé. En revanche, la question de l'homoparentalité clive davantage: à gauche, on accepte le droit à l'adoption avec des arguments valables (on peut contourner le problème via le célibat, deux homos peuvent aussi bien éduquer un enfant que deux hétéros...) tandis qu'à droite, on reste majoritairement hostile à cette possibilité au nom d'une conception très conservatrice de la famille (un enfant a besoin d'un père et d'une mère pour grandir dans l'harmonie et sans avoir à subir les moqueries des autres).

 

Il y a quelques mois, j'avais organisé, dans l'une des mes classes de 3ème, un débat sur ces deux questions. Les arguments des deux camps avaient été étudiés par un binôme, qui les a ensuite présentés au reste de la classe. Ensuite, chacun devait, sur une feuille, inscrire, de façon argumentée, son point de vue sur le mariage et l'adoption homosexuelle. Le débat actuel me donnant l'occasion de vous présenter ces résultats, voici ce que pense un groupe de 26 jeunes de 14 à 16 ans (représentatif, me semble-t-il, de ce que pense la jeunesse française): 69% de mes élèves sont favorables au mariage homosexuel avec une nette fracture entre les filles (favorables à 100%) et les garçons (très partagés: 50% pour et 50% contre); 54% des mes élèves ne sont pas d'accord pour accorder le droit à l'adoption à ces couples avec la même fracture entre les filles (favorables à 60%) et les garçons (hostiles à cette disposition à 62%) ! C'est d'ailleurs côté garçons que, dans les argumentaires rédigés, j'ai lu le plus grand attachement à la vision traditionnel de la famille (pour eux, un homme doit se marier à une femme pour avoir des enfants), tandis que les filles semblent plus ouvertes !

 

Pour ma part, je suis farouchement favorable au droit à l'adoption mais je ne soutenais pas l'option du mariage, considérant que cette forme d'union était associée à un imaginaire fort. Ma préférence allait donc vers une union devant le maire, ouvrant de nouveaux droits aux couples homosexuels, comme l'envisageait l'ancien président battu. A présent, faisant confiance à la majorité actuelle, je ne me sens pas choqué par la création du mariage homosexuel... d'autant que la façon dont il est présenté me séduit clairement. Dans l'argumentaire gouvernemental ("le mariage et l'adoption pour tous"), il n'est pas question du "mariage homo" ou du "mariage gay"... Ces expressions, qui auraient été clivantes et discriminatoires, auraient été contraires au principe d'égalité que l'équipe au pouvoir voulait mettre en avant ! J'espère que ces promesses, réaffirmées dans les cent premiers jours (ce qui est un symbole fort), deviendront réalité dans la première année du quinquennat... montrant que ce sujet, important pour des progressistes, n'est pas si secondaire qu'on nous l'a présenté jusque-là.

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:29

Il y a quelques semaines, à l'occasion du 8 mai, je faisais une proposition de réforme symbolique, qui concernait la remise à plat des jours fériés. J'y défendais l'idée de supprimer certains jours fériés, à caractère chrétien, pour les remplacer par d'autres jours fériés, susceptibles de recréer du lien social autour de significations plus fédératrices et plus actuelles (abolition de l'esclavage, journée de l'Europe par exemple). Ce fut l'occasion d'un échange intéressant (lisez les trois commentaires associés), dont on peut tirer une conclusion: je ne nie pas l'existence des "racines chrétiennes" de la France mais, dans un pays où la pratique de la religion chrétienne recule et où d'autres religions tentent de trouver leur place, il semble juste de ne pas donner aux fêtes chrétiennes une si grande place... Je vous engage donc à relire cet article en cliquant ICI.

 

Hier, en navigant sur le Net, je suis tombé sur un article paru sur le site de France Info, intitulé "les DRH veulent remettre à plat trois jours fériés chrétiens". Dans cet article, que vous pouvez retrouver en cliquant LA, le responsable de l'association des Directeurs des Ressources Humaines reprend exactement le raisonnement que je développais dans l'article pré-cité. A savoir: 1- Il n'est pas question de nier le caractère fédérateur et bien implanté de Noël, Pâques et Toussaint dans la société: leur remise en cause, comme jour férié, n'est donc pas à l'ordre du jour; 2- En revanche, les DRH envisagent de retirer à trois fêtes chrétiennes (Pentecôte, Ascension, Assomption) leur caractère férié... tout en les remplaçant par trois autres journées dans l'année, au libre choix du salarié (sous-entendu, selon sa religion); 3- L'association précise que cette décision serait facile à mettre en oeuvre, dans le cadre d'un dialogue social entre patrons et syndicats, branche par branche.

 

Bref, l'association des DRH confirme que mon idée est réaliste, voire tout à fait envisageable. Cela me rassure. Je tenais donc à le souligner... Bon week-end !

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 18:30

Après une première semaine très "internationale", le président Hollande et son gouvernement ont fait face, cette semaine, à un agenda économique marqué. Cela ne fait qu'une quinzaine de jours que la gauche a retrouvé le pouvoir. Sans possibilité de légiférer, elle a déjà, à son actif, des résultats. Et non des moindres. Création de 1000 postes et discussion sur le retour à la semaine des cinq jours à l'école primaire. Baisse du salaire des Ayrault-Parisot.jpgmembres de l'exécutif et signature d'une charte de bonne conduite (incluant la limitation des dépenses de représentation de chaque ministre). Consultation des partenaires sociaux (photo: Jean-Marc Ayrault recevant Mme Parisot, patronne du MEDEF) et promesse d'une revalorisation du SMIC... Alors que certains, à l'extrême-gauche, expliquent qu'il faut mettre la pression sur la nouvelle équipe dirigeante afin qu'elle tienne, vite, ses engagements, on peut constater qu'en très peu de temps, des annonces concrètes ont été faites... permettant aux Français d'entrevoir la mise en application de plusieurs des 60 engagements du candidat Hollande !

 

Depuis sa nomination, le premier minsitre Jean-Marc Ayrault rappelle, avec insistance, le programme de son gouvernement: "Redresser dans la justice". Au travail dès les premiers jours, il se montre capable de porter le cap fixé par le Président, vers lequel les ministres devront aller. Parmi eux, Arnaud Montebourg jouera un rôle capital. Avec son ministère du Redressement productif, il détient les clés de la relance de l'économie. Pour la gauche, "redresser", c'est réindustrialiser le pays, relocaliser les activités, redynamiser des régions sinistrées, éviter les délocalisations et plans sociaux qui menacent, mais aussi se protéger des concurrences extérieures. En clair, il s'agit d'un programme extrêmement ambitieux, qui devra à la fois stopper une tendance lourde qui plombe l'économie française depuis des décennies (et face à laquelle les gouvernements successifs, même de droite, ont été impuissants), mais aussi inventer des dispositifs modernes, dignes de répondre aux défis de la mondialisation telle qu'elle existe au XXIème siècle. Certains affichent déjà leur pessimisme: de la même façon qu'Obama ne pouvait que décevoir (ses ambitions ont été fracassées par l'ampleur de la crise), le gouvernement Hollande peinera à atteindre les objectifs souhaitables qu'il s'est fixé. Et ce, malgré la détermination, la constance et la fougue d'un Montebourg qui aura à coeur de concrétiser son projet des primaires citoyennes.

 

Moi-même d'un optimisme mesuré (j'ai peine à croire que le gouvernement parviendra à relancer l'économie, diminuer nettement le chômage tout en réduisant les déficits de l'Etat), la semaine écoulée nous offre une belle lueur d'espoir. Dans des entreprises où l'Etat est actionnaire minoritaire, des décisions ont été prises contre des pratiques patronales abusives. A Air France, la prime de départ de 400.000€ accordée à l'ancien PDG (quiPrime-refusee.jpg bénéficie par ailleurs d'un super avantage en nature, avec des vols gratuits en classe affaire, sur les vols de la compagnie tricolore) a donc été rejetée par une majorité nette des actionnaires de l'entreprise (photo ci-contre). Chez l'équipementier aéronautique Safran, c'est un parachute doré (prime équivalent à deux ans de salaire) et une retraite-chapeau qui ont été rejetés par l'Assemblée générale des actionnaires pour les 4 plus grands dirigeants du groupe... Dispositions qui avaient été approuvés à l'unanimité en Conseil d'administration.

 

Pourquoi ce revirement? Quel point commun entre les deux situations? C'est la volonté populaire, exprimée dans le résultat de l'élection présidentielle du 6 mai dernier, qui l'a permis. En effet, le CA de Safran, qui compte 4 représentants de l'Etat sur 15, avait approuvé les mesures à l'unanimité, l'Etat actionnaire (époque Sarkozy) y étant favorable... malgré le contexte de "ces crises multiples et d'une ampleur jamais vue depuis la dernière guerre" sur lesquelles le candidat malheureux a basé son argumentaire de campagne ! Désormais, l'Etat actionnaire (époque Hollande) mène la fronde: ne pouvant pas imposer ses vues, car minoritaire dans le capital de ces entreprises, ses représentants ont voté "contre", montrant le chemin à d'autres petits actionnaires qui ont exprimé leur volonté de mettre fin au gavage des dirigeants d'entreprises, pour qui, crise ou pas crise, l'enrichissement personnel se poursuivi dans des proportions indécentes. Ou l'on voit que "quand l'Etat veut, l'Etat peut": voilà une belle maxime pour le ministre du Redressement !

 

Cette semaine, le gouvernement a clairement affiché sa détermination de rendre plus juste l'échelle des salaires. On attend avec impatience le vote d'une loi qui impose le rapport de 1 à 20 dans les entreprises où l'Etat est actionnaire majoritaire: déjà les journaux ont pu, cette semaine, calculer l'ampleur des pertes pour les grands patrons de La Poste, d'EDF ou encore d'Areva, qui devront renoncer à des salaires mirobolants. On s'achemine donc vers l'application d'une promesse de campagne. Et, même s'il s'agit d'une des plus symboliques, elle montre l'envie du nouveau Président de placer l'intérêt général au-dessus de tout. Le devoir d'exemplarité se répand à tous les niveaux, dans toutes les élites. Il restera alors au gouvernement, épaulé par une majorité parlementaire cohérente, à trouver, au niveau européen (avec l'appui et l'expérience de Pierre Moscovici, notamment), les outils pour protéger les emplois industriels, relocaliser certaines activités et limiter l'hémorragie des plans de licenciement annoncés. Taxation des importations chinoises. Taux de TVA modulables. Conditionnement des aides publiques. Baisse des charges pour les entreprises. Banque publique d'investissment... Les chantiers sont énormes. On aimerait tant que la gauche réussisse !

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 20:17

Cette journée a été historique pour la France et son nouveau Président: matinée à l'Elysée pour la passation de pouvoir et la prestation de serment, puis sur les Champs-Elysées pour la montée en voiture devant le public amassé sur les trottoirs; après-midi à Berlin pour rencontrer Angela Merkel, marquant ainsi l'importance du moteur franco-allemand même quand le président français et le chancelier allemand ne sont pas de la même famille politique. La photo des deux dirigeants, qui forment un nouveau couple qui pourrait ne durer que quelques mois (les socialistes français attendent, avec impatience, la victoire des sociaux-démocrates et de la gauche allemande aux prochaines législatives, prévues en septembre 2013), était ainsi attendue. Cela fait une semaine que la rencontre était en préparation: quelques jours après son élection, François Hollande préparait, avant même la composition de son gouvernement, les rendez-vous de son calendrier international. Tout juste élu, et même pas investi, le chef de l'Etat recevait, dans son QG dit "de transition", le président du Conseil européen (Herman van Rompuy) puis le président de l'Eurogroup (Jean-Claude Junker) qui ont fait le déplacement... sans attendre que le président Hollande ne se déplace lui-même à Bruxelles ! Etonnant, non?

 

Une chose est sûre: cette élection prouve que le choix des citoyens français est scruté partout dans le monde et en Europe, à tel point que l'alternance a provoqué des changements d'humeur auprès des dirigeants du continent. Du jour au lendemain, les autorités allemandes se mettent à utiliser les mots "relance" et "croissance" alors que seule la sacro-sainte "rigueur" dominait leur discours jusque-là: ainsi, le ministre des Affaires étrangères a-t-il eu une belle formule, expliquant que "la rigueur budgétaire et la relance de la croissance sont les deux faces d'une même pièce"... Pièce qui était, jusque-là, nettement truquée ! Du jour au lendemain, mais avec un peu d'avance sur les autres Européens, le président de la BCE (l'Italien Mario Draghi), informé des sondages français, faisait d'un "pacte de croissance" une nécessité pour la zone €uro. A tel point que M. Hollande pouvait en tirer partie dans l'entre-deux-tours ! Aujourd'hui, investi président, il est désormais confronté à la dure réalité des négociations, après une semaine de dialogue à distance avec Mme Merkel... La (nouvelle) vision française l'emportera-t-elle sur le Pacte merkozyen qui a débouché sur un traité, paraît-il non renégociable? Le modèle allemand, tant vanté par la droite, sera-t-il appliqué en France? L'enjeu est majeur.

 

Qu'est-ce que le modèle allemand? Depuis la grave crise de l'€uro, c'est d'abord et avant tout la rigueur budgétaire: pour l'équipe Merkel, ce qui compte, c'est de réaliser des économies dans les dépenses afin de réduire les déficits, sans pour autant augmenter les recettes par des augmentations d'impôts qui freinaient l'initiative des entreprises et des plus favorisés. En Allemagne, depuis le début des années 2000, la politique économique et sociale, amorcée par le socialiste "moderne" Gerhard Schröder, a relancé le dynamisme allemand, sa croissance, la compétitivité de ses entreprises et redressé la balance du commerce extérieur. Comment? En créant un modèle social, quelque peu opposé au nôtre: le droit de licenciement est facilité pour les entreprises en échange de droits supplémentaires pour les salariés, mieux défendus par des syndicats puissants (c'est la flexsécurité scandinave); le coût du travail a été progressivement réduit par un rétrécissement de l'écart entre les salaires brut et net (donc, une baisse des cotisations); faute de cotisations, les dispositifs de solidarité ne protègent pas tous les travailleurs, qui ont recours au privé pour se soigner ou préparer leur retraite; l'âge de départ en retraite et la durée de cotisations ont été repoussés selon des modalités plus strictes que la réforme Fillon; le SMIC n'existe pas et des emplois précaires, à des tarifs horaires indignes, ont été créés.

 

Bref, à moins de vouloir faire encore plus de pas vers le libéralisme économique qui ravage la qualité de vie des travailleurs, le projet de M. Hollande est aux antipodes: l'Etat doit utiliser une part majeure de ses investissements dans des politiques de relance (facilité d'embauches, politique de recherche et d'innovation...) pour retrouver la croissance et, ainsi, préserver le modèle social français. Certes, le coût du travail, peu compétitif vis-à-vis de pays face auxquels nous ne serons jamais compétitifs, est élevé mais, en échange, notre pays dispose de systèmes de solidarité parmi les plus protecteurs du monde. Faut-il en avoir honte? Faut-il le démanteler pour réduire, plus vite, nos déficits tout en détruisant notre tissu social?... Posé en ces termes, le débat a d'ailleurs poussé une partie de la droite à modifier son discours: dans l'entre-deux-tours, Mme Pécresse avait, par exemple, indiquer ne souhaiter prendre que le meilleur du "modèle allemand". Elle était obligée, face à Pierre Moscovici, de reconnaître que l'inexistence du SMIC ou le faible niveau des systèmes solidaires n'étaient pas applicables dans notre pays ! Victoire ! Quitte à regarder hors de nos frontières, mieux vaut observer ce qui a coulé certains pays (la concentration des dépenses sur un secteur économique qui a constitué une bulle: le bâtiment en Espagne) que s'inspirer de ce qui marche... alors que cela ne marche que dans un contexte économique, social ou encore démographique qui n'est pas celui de la France !

 

Dans le débat d'entre-deux-tours, Nicolas Sarkozy dénonçait l'écroulement de pays gouvernés par des socialistes, citant la Grèce, l'Italie et l'Espagne. Dommage qu'à cet instant, François Hollande n'a pas su rappelé que la Grèce a sombré sous l'effet de la politique d'un gouvernement de droite qui avait plombé les comptes en cachette, obligeant un gouvernement socialiste à tenter de sauver le pays. En vain. Dommage qu'il n'a pas rappelé que, si l'Espagne a sombré, c'est qu'elle a été victime des ravages de l'ultra-libéralisme... M. Zapatero recevait d'ailleurs les louanges de la droite française quand il a contribué à son implantation dans l'économie locale. Il n'est devenu un contre-modèle qu'une fois la bulle immobilière et la crise éclatées. Heureusement, le candidat socialiste avait rappelé que l'Italie était aux mains, depuis de nombreuses années, d'un gouvernement clairement à droite, sous la houlette de Silvio Berlusconi... dont Sarko a voulu se démarquer, comme s'il ne le connaissait pas ! Reste, maintenant, à ne pas se tirer les uns sur les autres (ce que l'ancien Président avait commencé à faire en tirant sur les pays en souffrance) et à trouver une façon, sérieuse, planifiée mais audacieuse, de sortir de la crise... Il faudra à nos nouveaux diplomates du talent pour faire comprendre aux gouvernements conservateurs que leurs potions, qui ont failli nous sortir de la crise quatre fois ces quatre dernières années, n'ont pas d'effets. Preuve en est la dégradation, persistante, de la situation grecque. Peut-être ce rôle de négociateur incombera-t-il, au moins partiellement, à Jean-Marc Ayrault, nouveau Premier ministre qui, en tant qu'ancien professeur d'allemand, devra discuter avec son homologue (Mme Merkel n'étant "que" chef de gouvernement !).

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