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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 07:25
La réunion qui s'est tenue hier à Washington, même si elle n'est que la première d'une série de sommets internationaux rassemblant le G8 et douze pays dits émergents, n'a semble-t-il abouti à rien de concret. Il faut dire que mettre d'accord vingt Etats, plus ou moins durement touchés par les conséquences de la crise, et aux gouvernements idéologiquement si différents, n'est pas chose facile. D'ailleurs, sauriez-vous nommer les vingt pays qui étaient présents? Voici la réponse: 1- Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie, Japon et Russie forment le G8; 2- à cela s'ajoutent donc les douze pays émergents suivants: la Chine, l'Inde, le Brésil (évidemment !), ainsi que l'Espagne, la Turquie, le Mexique, l'Argentine, l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Indonésie, la Corée du Sud et l'Australie. Des représentants de tous ces Etats s'étaient préalablement réunis au Brésil pour préparer le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement qui se tenait donc aux Etats-Unis en présence de George W. Bush et en l'absence de Barack Obama. Or, c'est de là que venait la principale difficulté: le 44ème président élu des Etats-Unis ne souhaitant pas participer à une réunion avant son entrée en fonction, il semble évident que la réunion d'hier ne pouvait que servir à préparer le terrain, toute décision étant reportée à une date ultérieure, au-delà du mois de janvier. Et même si, pour la forme, on annonce l'adoption d'un document de travail contenant 50 propositions, ce sont les ministres des Finances des pays concernés qui sont chargés, d'ici au 30 avril, de trouver des solutions concrètes à appliquer dans les plus brefs délais.

Bref, avant de voir Barack Obama autour de la table, il faudra encore attendre plus de 150 jours. Alors que super-Sarko, lors du sommet préparatoire de Bruxelles (où il avait annoncé être en mesure de porter la bonne - et unique - parole européenne), avait promis une seconde réunion dans les cent jours. Mais, cela n'est qu'un détail. Tout comme celui du choix de la ville hôte de la réunion prévue fin avril: en coulisse, Sarko et Gordon Brown aurait convenu de proposer à leurs partenaires la ville de Londres... Pour des dirigeants de pays riches et industrialisés, qui veulent montrer au monde leur capacité d'écoute et leur envie d'intégrer à la prise de décision des pays qui comptent pour bâtir l'avenir de la planète, le choix de Séoul, d'Ankara, de Buenos Aires ou du Cap n'aurait-il pas été plus pertinent, plutôt que de convoquer les deux réunions dans deux villes de pays du G7? Mais, là encore, ce n'est qu'un détail. Et, à mon avis, encore un de ces coups manqués qui, parce qu'il ne s'agit que d'un symbole, ne coûte rien à nos dirigeants et pourrait prouver leur volonté de dialogue avec leurs nouveaux partenaires, jusque-là tant négligés. Quant au fond, en dehors de cette déclaration de principe - certes, un peu plus ambitieuse que celle à laquelle on aurait pu s'attendre -, l'actuel locataire de la Maison-Blanche s'est encore illustré: Bush fils a en effet eu la bonne idée de déclarer, cette semaine, avant la tenue de cette réunion, qu'il ne saurait être question de mener une réforme structurelle du système financier mondial puisque le capitalisme est le meilleur moyen que les hommes aient trouvé pour financer leurs projets. Bref, la crise n'est qu'un épisode et il faut réfléchir sur le long terme (ce qui est juste) sans chercher à corriger les causes qui ont tout de même conduit à une crise financière et économique d'une telle ampleur.

Et, même s'il a quelque peu mis de l'eau dans son vin (en déclarant, hier, qu'il se félicitait de voir vingt pays réfléchir ensemble à la construction d'un avenir commun par le dialogue), le futur ex-président des USA reste tout de même fidèle à la ligne des républicains, en envoyant un message clair: "plus ultra-libéral que moi, tu meurs !". On n'avait pas l'habitude d'entendre W. parler d'économie et de développer ses théories en la matière... et tant mieux ! Il a suffisamment détruit l'image de son pays avec ses stupides théories diplomatiques. Si, en plus, il avait tenu aussi clairement ce genre de discours en matière économique... Mais, heureusement, les électeurs américains ont fait le meilleur des choix et, dans quelques semaines, les discussions pourront sans doute aboutir à des conclusions bien meilleures, la méthode Obama consistant à prendre des décisions collégiales, sans entamer ni les intérêts américains (bien sûr !) ni ceux du monde. Dès lors, "ce samedi s'est tenue la première réunion du G20, entre les membres habituels du G8 et les pays émergents, pour "refonder le capitalisme mondial" et apporter une réponse collective à la crise financière débutée en septembre. En attendant une nouvelle réunion dans les prochaines semaines, pensez-vous que ces rencontres de chefs d'Etat et de gouvernement peuvent aboutir à un résultat efficace?". C'est le sujet du "sondage de la quinzaine" que je viens de mettre en ligne et sur lequel vous pouvez vous prononcer jusqu'au 30 novembre... et n'hésitez pas à laisser un commentaire expliquant votre choix, soit sur l'espace dédié aux commentaires sur la page du sondage, soit en l'attachant directement à cet article.
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Published by Aurelien Royer - dans Chronique monde
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 19:54
Vu de l'extérieur (je ne sais pas ce que les militants qui sont présents sur place en pensent, en se trouvant à l'intérieur), la situation au Parti Socialiste, qui tient ce week-end son 75ème Congrès à Reims (photo) , la ville des sacres des rois de France, est détestable. Et le mot n'est sans doute pas assez fort pour décrire cette querelle de personnes que les médias tendent par ailleurs à amplifier. Dans sa chronique matinale quotidienne, David Abiker (le "M. Web" de France Info) décrivait la situation du PS en marge d'une présentation du Festival "Halte au long" qui récompensera ce week-end les meilleurs très-court-métrages de 3 à 5 minutes enregistrés à l'aide d'un téléphone portable, par exemple. Et cela donne ça: "Alors, dans cette époque qui fait du court, de la brièveté et de l’instantanéité un critère d’excellence, on comprend mieux pourquoi les atermoiements du long-métrage socialiste insupportent même les amateurs de buzz et d’info les plus patients. Le PS est désormais sommé de donner un premier secrétaire à l’opinion. Dépêchez-vous ! crie-t-elle affamée, même les cardinaux en conclave sont plus rapides pour "télécharger un pape". Mais non, le Parti Socialiste prend son temps que ça en devient ex-as-pé-rant. Et pourtant, en étirant sur la longueur son psychodrame, le PS en très très bas débit, applique un des enseignements majeurs de celui qui avait fait son unité à Epinay en 1971. « Il faut donner du temps au temps ». Facile pour François Mitterrand de patienter. Là où il est, on a l’éternité". Franchement, je n'ai pu m'empêcher de rire en entendant ces quelques lignes prononcées, évidemment, d'un ton cool et à un rythme plus que maîtrisé.

Mais, force est de constater que, depuis de longues semaines, les débats d'idées, les rapprochements de contributions pour parvenir à des motions, les deux votes séparés de quinze jours avec, entre-temps, ce Congrès où, finalement, paraît-il, tout va se décider, dans l'ombre, sans l'avis de ces militants qui ne peuvent pas (ou ne veulent pas?) se rendre à Reims, ne donnent pas du PS une image très positive. Certes, la démocratie vit au sein du parti, les débats en section et les oppositions sur des sujets que chacun considère comme fondamental (la fameuse question des alliances étant la plus évoquée !) permettent aux militants de parler du fond de leur projet... même si, via les médias, les simples citoyens n'y comprennent rien ! Sauf que, cette démocratie, pourrait bien être bafouée: d'une part, en écartant la motion arrivée en tête en la reléguant peut-être dans la future minorité du parti (alors même que le Premier secrétaire sortant ne pouvait l'imagine quand les enquêtes donnaient la motion qu'il soutient gagnante !); d'autre part, en parvenant à dégager un chef de file dans les couloirs du Congrès avant que les militants n'aient à le choisir. D'où cette question, dans la bouche de certains observateurs: mais pourquoi ne pas demander à tous les candidats à la direction de parti de subir une élection à deux tours, l'élu du second tour devant, pour l'emporter, rassembler une majorité? Non ! La solution serait tellement simple qu'il est impossible de l'imaginer... d'autant que ce serait donner la parole aux adhérents et reléguer les dirigeants du parti au rôle de spectateur. Impensable, donc !

Et, alors que chacun jure la main sur le coeur qu'il ne veut parler que des idées (leur conception du monde, leur diagnostic de la crise, les valeurs sur lesquelles un programme devrait être bâti, les mesures concrètes qui y correspondent, les alliances), tout le monde ne parle que des personnes. Ceux-là même qui s'attaquent à la personne de Ségolène Royal, qui est (déjà) au coeur de ce Congrès, se réunissent dans un bureau à la veille de l'évènement pour voir si un front anti-Ségolène, totalement incohérent, ne pourrait pas être créé pour empêcher la présidente de Poitou-Charente de prendre le parti. Si ce front venait à se créer et à l'emporter, le PS sombrerait: même si le "ni-ni" de Bertrand Delanoë risque de le freiner, ce mouvement n'aurait qu'un but: empêcher Mme Royal de devenir première secrétaire... au risque de renforcer l'image d'une personnalité (encore populaire) "broyée" par les archaïsmes d'un parti qui continue, au final, à ne "regarder [que] son nombril" (ce que critiquent pourtant, tout en le faisant, tous les lieutenants des Delanoë, Aubry, Royal et Hamon !). Mais, pourquoi l'ex-candidate à la présidentielle gêne-t-elle? Pour deux raisons fondamentales: 1- elle est porteuse d'une nouvelle manière de faire de la politique, menant son combat trop en dehors du parti, voulant aujourd'hui le prendre pour en faire un parti de masse, qui parte à la rencontre des Français et qui permette au futur candidat à la présidentielle de 2012 de bénéficier d'une base solide, qui plus est s'il (elle) est choisi(e) par le biais d'une primaire ouverte aux sympathisants; 2- elle est sans doute la seule à avoir tiré les leçons (au moins une partie) de son échec à la présidentielle... ce que les actuels dirigeants du parti ne risquent pas de faire, puisqu'ils en portent une part non négligeable. Et le vote sur les motions aura peut-être été un message de la base à cette direction qui ne pense qu'aux places qu'elle pourra garder (et ne pas céder à ses "adversaires").

Alors que le PS aurait besoin d'un bon affrontement, d'idées et de personnes (qui ont des conceptions différentes de la manière de gouverner le parti lui-même), pour apparaître crédible, ces chefs veulent continuer à nous faire croire qu'ils souhaitent le "rassemblement" (ce mot qui, dans la mode socialiste, a remplacé le mot "rénovation"). Or, ce rassemblement de "2, 3 ou 4 motions", comme le disait dernièrement François Hollande, c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire: c'est avec cette méthode que le PS en est là où il est... Et le mérite de Ségolène se trouve là: elle bouscule les habitudes, évoque des tabous que les autres présentent comme une hérésie "pas assez à gauche" (mais, que cela signifie-t-il?) et parle sans détour de son ambition personnelle... éliminant d'emblée le problème de ses prétentions présidentielles, elle contribue à bâtir autour d'elle une équipe et un avant-projet. Et c'est sans doute cette voie qu'il faudrait suivre pour espérer l'emporter dans un peu plus de trois ans. Car, ne nous le cachons pas: 2012 est dans toutes les têtes. Et, heureusement, d'ailleurs: un parti de gouvernement, premier parti d'opposition, qui se choisirait un leader en ne pensant qu'aux échéances intermédiaires locales aurait toutes les chances d'être hors-jeu au moment des échances nationales. Car, un projet politique doit être global: il doit apporter des réponses aux problèmes des Français à tous les niveaux de décision et, au cours des prochaines élections européennes, on ne peut pas séparer le programme des socialistes européens d'un éventuel programme de gouvernement au niveau national ! Ce serait incohérent... et, surtout, incompréhensible pour les électeurs.
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Published by Aurelien Royer - dans Vers 2012
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 16:35
Vous le savez, l'un de mes combats est de faire en sorte que les "simples" citoyens ne tombent pas dans l'un des plus gros pièges (l'une des plus grandes anarques?) que la classe politique serait tentée de nous tendre: mener une politique de développement durable ne se résume pas (et ne doit surtout pas se résumer) à une dose de bonne conscience écologique qui, sans veiller à ce que les décisions soient également économiquement efficaces et socialement justes, n'aurait alors aucune utilité à long terme. L'articulation de ces trois volets, un village du Gard en a compris l'enjeu et vient de prouver que de simples initiatives locales pouvaient changer durablement le quotidien. Au coeur d'un film de Jean-Paul Jaud, intitulé "Nos enfants nous accuseront" et sorti la semaine dernière, Barjac montre que la volonté politique peut conduire à des décisions plus que pertinentes: alors que 63% des habitants du village sont non imposables, le maire et son équipe ont décidé de ne fournir l'école et la maison de retraite de leur commune uniquement en produits bio issus des fermes des alentours. Donner aux enfants et retraités une nourriture plus saine, en assurant les débouchés des agriculteurs locaux - afin que le passage du "tout rentable subventionné" à la culture bio leur soit profitable - dont les exploitations sont ainsi rentabilisées, permet au village de faire d'une pierre deux coups. cet exemple, qui n'est bien évidemment pas isolé, et qui montre que des initiatives locales (parfois mêmes individuelles) peuvent, si elles sont multipliées à grande échelle, changer les choses.

Et le journaliste de Marianne (numéro du 1er novembre) de conclure: "Imaginons simplement ce qu'il serait possible de faire pour réorienter une partie de la production avec ne serait-ce qu'un peu des 10 milliards d'euros de subventions à l'agriculture dont la plus grosse partie tombe directement dans les poches des céréaliers", faisant de la France le deuxième pays par l'utilisation d'engrais et produits potentiellement toxiques dans l'agriculture, après les Etats-Unis. Au point qu'un agriculteur interrogé par l'hebdomadaire, affirme ne pas manger les légumes qu'il produit dans son exploitation, de peur d'être empoisonné par un de ces engrais dont il ne sait pas si, à long terme, il n'est pas dangereux pour la santé. Mais, ce genre de décision - réorienter les aides publiques vers des productions plus traditionnelles, qui privilégie la qualité sur la quantité -, nos dirigeants n'ont pas l'habitude de la prendre. Eux qui ne réfléchissent qu'à court terme alors que leur job consisterait, justement, à se dégager des intérêts individuels pour privilégier l'intérêt collectif à long terme ! Eux qui, à l'exemple de Michel Barnier, multiplient les mesures inefficaces pour répondre dans l'urgence: le ministre de l'Agriculture venant d'annoncer, hier, un nouveau "plan de sauvetage" (sic) de la profession, en injectant de manière ponctuelle de l'argent frais (qui se compte en centaines de millions d'euros) sans répondre aux causes du problème... ce qui laisse penser que ce dernier refera probablement surface dans quelques mois ! Inquiétant...

Mais, heureusement, dans le même temps, d'autres responsables politiques décident d'investir (car il s'agit bien d'un investissement et non d'une dépense à perte) pour préparer l'avenir de la planète et de nos sociétés. Ainsi, "la Picardie innove pour la planète": c'est le message que l'on peut entendre, depuis quelques jours, sur les ondes de radio, la Région faisant de la publicité à propos des recherches scientifiques qui s'y font, dans le cadre d'un pôle de compétitivité conjoint avec sa voisine de Champagne-Ardenne. Ces spots, qui se déclinent aussi sous forme d'affiches plcardées dans les rues des communes de la région (photo), mettent en lumière un fait que j'ai déjà eu l'occasion de développer: la création des pôles de compétitivité, qui permettent de booster les entreprises d'un secteur et les établissements de recherche pour développer leurs activités autour d'une innovation qui les rendent plus compétitives, était une très bonne idée. Avec deux pôles (i-Trans en collaboration avec le Nord-Pas-de-Calais et le pôle "industries et agro-ressoucres"), la Picardie montre qu'une région fragile - et donc vulnérable, notamment en temps de crise, comme celle que nous traversons - peut rebondir à condition que secteurs privé et publics s'entendent pour donner une telle impulsion. C'est la preuve que les collectivités locales, ici la Région, peuvent être au coeur d'un projet d'avenir créateur de richesses et d'emplois pérennes, mais aussi que l'intervention de l'Etat peut parfois s'avérer décisive. En ces périodes troublées, il était bon de le rappeler.

D'autant que les exemples se multiplient. Lu dans l'Express de la semaine dernière, un autre exemple, concernant cette fois la région Rhône-Alpes, prouve que l'impulsion publique peut avoir des effets positifs. Ainsi, la région dirigée par le socialiste Jean-Jack Quéranne a-t-elle pu montrer au monde entier son expertise dans la conception et la réalisation de bâtiments durables, écologiquement performantes... et dont l'existence est dûe au savoir-faire d'entreprises et de salariés français. A la fin du mois d'octobre, le vice-président de la Région a posé la première pierre du pavillon Rhône-Alpes de l'Exposition universelle de Shangai en 2010. Pavillon disposait de deux atouts pour convaincre les organisateurs de cette manifestation, dont le thème sera... le développement durable: d'une part, les matériaux écologiques utilisés permettront de réaliser des économies d'énergie pour ce bâtiment appelé à être réutilisé aprs l'Exposition (ainsi, les feuillages qui le recouvriront permettront une épuration de l'éair et une isolation thermique plus efficace); d'autre part, les techniques d'élairage utilisées devraient permettre une consommation d'énergie équivalente à celle d'une maison individuelle... pour un pavillon pouvant accueillir 150 personnes. Bref, cette expertise de l'Entreprise Rhône-Alpes International (Erai), qui a su gagner un marché en étant économiquement compétitive, permet à une société française de maintenir ses emplois en s'assurant des débouchés, en pariant sur ses connaissances écologiques. Les trois volets du développement durable étant bien là associés, le projet devient donc un modèle de modernité respectueuse de l'environnement !
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 13:11

Je suis bien content d'être abonné aux dépêches des Nations-Unis qui, à raison de quatre à dix courriels par jour, m'apportent des informations brutes sur la situation de certains pays du monde. Mais aussi, et peut-être surtout, sur les conditions de vie des habitants de ces Etats pauvres qui, en plus des problèmes quotidiens systémiques - liés au sous-développement - avec lesquels ils doivent vivre, sont les plus durement touchés par la conjoncture mondiale. Le meilleur exemple est cette crise alimentaire, débutée il y a plusieurs mois, et qui a été causé par la spéculation de boursicoteurs occidentaux provoquant la flambée du cours de ces matières premières dont dépendent - aussi bien pour se nourrir que pour travailler - ces millions de familles pauvres. Or, s'il ne s'agit pas d'une famine terrible ou d'épidémies provoquant la mort de centaines d'enfants, nos médias et surtout nos hommes politiques ne réagissent tout simplement pas. Il faut des situations catastrophiques pour que les beaux discours apparaissent. Que la situation, déjà très mauvaise, se maintienne ou ne se dégrade que très légèrement ne provoque pas cette fausse consternation dont font preuve nos politiciens.

Or, à travers les deux dépêches que vous allez pouvoir lire ci-dessous, l'ONU alerte le monde et les simples citoyens qu'en deux points du globe, l'équilibre alimentaire de milliers de civils est uen nouvelle menacé. Voici la première de ces dépêches, titrée "Zimbabwe: le PAM [Programme alimentaire mondial] forcé de réduire ses rations alimentaires faute d'argent": "Le PAM
va être forcé de réduire les rations alimentaires aux millions de personnes dans le besoin au Zimbabwe faute d'argent, [alors qu'il] a distribué en octobre 29.000 tonnes de denrées alimentaires à environ 2 millions de personnes vulnérables à travers le Zimbabwe. Il s'agit du premier mois de distributions de grande ampleur, selon un communiqué. Avec l'aggravation de la crise alimentaire, le PAM prévoit de doubler le nombre de bénéficiaires en novembre en étendant ses opérations ce qui va permettre d'atteindre près de 4 millions de personnes affamées dans les zones rurales et urbaines. L'agence a l'intention de distribuer 46.000 tonnes de nourriture. « Mais le PAM ne sera pas en mesure de fournir à chaque bénéficiaire en novembre un panier complet de denrées alimentaires en raison de graves problèmes de financement », souligne le communiqué. La ration de céréales a ainsi été réduite de 12 à 10 kilos par personne et par mois. Cette réduction des rations permettra au PAM d'utiliser du mieux qu'il peut les stocks disponibles. L'agence des Nations Unies a besoin de 140 millions de dollars pour financer ses opérations au Zimbabwe jusqu'à la fin du mois de mars 2009. « Le PAM a besoin de dons supplémentaires de manière urgente alors que le délai entre le versement des contributions et la distribution de l'aide alimentaire est de six à huit semaines », précise l'agence. Selon une évaluation des Nations Unies, le nombre de gens ayant besoin d'une assistance alimentaire au Zimbabwe devrait atteindre 5,1 millions de personnes, soit 45% de la population, au pic de la crise début 2009 ".

Sous le titre "
Crise alimentaire et sécheresse poussent les Afghans hors des villages", l'ONU évoque également la situation de l'Afghanistan en alertant sur le fait qu'une "grave sécheresse et la pénurie alimentaire ont contraint des milliers de personnes à quitter leurs villages dans le nord et l'ouest du pays pour partir en quête de travail et d'assistance. Désespérées, beaucoup d'autres devraient se déplacer à l'approche de l'hiver, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Plusieurs provinces ont été durement touchées par un hiver rigoureux plus tôt cette année, avant d'être minées par la sécheresse et de maigres récoltes. La production de blé - l'aliment de base en Afghanistan - aurait diminué de 36% par rapport à l'an passé. [Et] la hausse générale des prix alimentaires a aggravé le problème de l'insécurité alimentaire. (...) [Citant deux Afghans contraints de migrer pour nourrite leur famille, le communiqué poursuit:] les deux hommes ont rejoint des centaines d'autres personnes à Charahi Sarai Shomali, un rond-point affairé du nord de Kaboul situé à proximité de la station de bus qui relie la capitale aux provinces du nord. Ils viennent ici tôt le matin et attendent, chaque jour, qu'un éventuel employeur les choisisse pour effectuer un travail journalier, le plus souvent sur des sites de construction. Ils gagnent trois à quatre dollars par jour et travaillent en moyenne trois à quatre jours par semaine. Afin d'économiser de l'argent pour leurs familles, il n'est pas rare que plus de 10 de ces travailleurs migrants partagent une même pièce à Kaboul. Les conditions de vie sont rudes, mais ils gagnent au moins un peu d'argent et ont un toit au dessus de leur tête - au contraire de milliers d'autres qui ont été déplacés par la sécheresse ainsi que par le manque d'eau et de nourriture".

Lors du débat sur l'envoir de troupes supplémentaires en Afghanistan, Nicolas Sarkozy utilisait l'argument d'une lutte nécessaire pour la sécurisation et la libération d'un peuple menacé par un retour au régime "moyen-âgeux" des Talibans. Force est de constater que le président de la République, dont je partage l'analyse sur la situation afghane, a parfaitement raison: le fait que le chef de famille quitte son village pour aller travailler en ville, où les employeurs les embauchent à la journée, ne peut que faire penser à ce qui se passait dans nos pays européens au Moyen-Age. A l'époque où les plus miséreux des habitants devaient se faire louer à la journée, pour les travaux des champs, pour un salaire de misère ! Ceci n'étant qu'une parenthèse, voilà ce que dit la suite de ce même communiqué: "Le Comité international de la Croix-Rouge estime qu'environ 280.000 personnes souffrent de ses conséquences [celles de l'insécurité alimentaire et la sécheresse], et que des milliers de familles pourraient quitter leurs maisons en quête de nourriture et de travail à l'aube de l'hiver (...) Certaines familles quittant les districts du nord du pays ont démonté leurs maisons, indiquant ainsi qu'elles n'avaient pas l'intention de revenir (...) Le HCR travaille avec d'autres agences des Nations Unies et le gouvernement pour commencer à apporter des camions-citernes d'eau au plus vite. "Répondre aux besoins humanitaires dans les régions d'origine est le meilleur moyen d'empêcher le déplacement lié à la nourriture et à la sécheresse", explique-t-il. « Cela implique de pré-positionner de l'aide avant que la neige et le froid n'empêchent l'accès à ces zones ». Mais, anticiper, nos dirigeants savent-ils le faire? L'avenir nous le dira.

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Published by Aurelien Royer - dans Chronique monde
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 07:38
De logement, il en est triplement question ce matin. D'une part, parce que l'INSEE a rendu public ses chiffres sur l'évolution des prix pour le mois d'octobre, l'inflation ayant reculé de 0,1% par rapport au mois précédent (je ne sais pas s'il faut parler de "déflation" ou d' "inflation négative": le gouvernement nous le dira sans doute prochainement...). Parmi les prix qui ont augmenté figurent les produits alimentaires, tandis que le pétrole et les prix de l'immobilier - tant neuf qu'ancien - connaissaient, eux, une baisse plus marquée (1,7% pour l'immobilier). C'est donc l'une des consèquences prévisibles de la crise financière qui se ressent désormais dans les statistiques: non seulement la possibilité de contracter un crédit pour l'achat d'une maison a diminué, alors que les prix des logements baissent, du fait d'une distorsion entre l'offre (en augmentation) et la demande (en recul). Et, dans un sens, tant mieux: on voit où le principe sarkozyen "faire de la France un pays de propriétaires" a conduit les Etats-Unis, où les banques ont essayé de tirer profit de cette course à la propriété ouverte à tous les ménages, même les moins solvables. Double conséquence: d'une part, les foyers les plus modestes ont perdu leur toit; d'autre part, l'accession à la propriété pour les classes moyennes inférieures est considérablement réduit. Dès lors que l'accession à la propriété est donc moins facile, tous les regards se tournent vers le logement social, notamment les immeubles collectifs qui permettent aux familles modestes d'y louer un appartement à "loyer modéré".

Or, le palmarès des 18 métropoles françaises de plus de 150 000 habitants a été publié, la semaine dernière, dans l'Express avec l'objectif de constater si ces communes tiennent (ou non( leurs engagements en terme de construction de logements sociaux, afin de se conformer à la fameuse loi SRU. Celle-là même que les sénateurs ont refusé d'assouplir en intégrant, comme le voulait la ministre Christine Boutin, l'achat d'un logement social par des primo-accédants dans le fameux quotat des 20%. Or, si l'on connaît l'ampleur de la tâche en région parisienne, on est heureux de constater qu'en province, dans les grandes capitales régionales, les objectifs sont soient déjà atteints, soient en passe de l'être. Ainsi, sur les 18 villes examinées, 8 disposaient déjà de plus de 20% de logements sociaux avant l'adoption de la loi SRU dont elles sont donc exemptes (Lille, Reims, Strasbourg, Le Havre, Rennes, Angers, Nantes et Saint-Etienne). Huit autres communes, visées par la loi, s'apprêtent à franchir le seuil étant certaines de remplir, avant l'échance prévue de 2020, leurs objectifs: Paris, Dijon, Lyon, Bordeaux, Montpellier (qui va 30 fois plus vite que nécessaire pour les atteindre), Grenoble (15 fois plus vite), Marseille et Toulouse (5 fois plus vite). Seules deux villes, dirigées en l'occurence par l'UMP - même si ce n'est en rien une indication fiable -, sont à la traîne: Toulon a été excusée, officiellement pour "raisons techniques" (à vous de comprendre ce que cela signifie) et Nice (photo) qui, elle, a été épinglée se voyant infliger un "constat de carence". Cette sanction, qui s'accompagne d'une lourde amende financière (de l'argent qui ne pourra donc pas servir à combler le retard !), devrait inciter Christian Estrosi, le nouveau maire de la ville, à remplir son engagement (pris lors de la campagne des dernières municipales) de construire 5000 logements sociaux au cours de son mandat.


Mais, au-delà des chiffres et du palmarès, c'est le rôle des acteurs, que ces données permettent de souligner, qui est intéressant: les grandes villes, soumises à la loi SRU, doivent prévoir, dans leurs budgets, des ressources financières pour lancer la construction de tels logements. Bref, dans ce dossier, la commune a un rôle évident à jouer et, en cas de défaillance, c'est elle qui est la première visée... Alors que, dans le même temps, l'autre grand acteur, l'Etat, est à son tour épinglé par un rapport de l'ANRU (Agence Nationale de la Rénovation Urbaine), sorti aujourd'hui et que son premier rédacteur est venu commenté ce matin sur France Info. Après avoir souligné les efforts des gouvernements successifs, de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin notamment (autrement dit lorsque Jean-Louis Borloo était en charge du dossier - lui qui a été si félicité pour sa politique urbaine à Valenciennes), le représentant de l'Agence a déploré le constant désengagement de l'Etat dans le financement de ces projets. Nul besoin d'annoncer des nouveaux plans ou des nouveaux financements, si c'est pour ne pas les réaliser, prévient-il, rappelant que les trois derniers gouvernements (depuis 2002 donc) n'ont jamais mis leurs actes en conformité avec leurs belles paroles. Et, après le plan "Espoir banlieue", qui intégrait un doubel objectif de construction de logements et d'aide sociale aux habitants de ces quartiers, on pouvait espérer que les choses changent. Visiblement, à la fois par les retards observés dans le lancement des chantiers (de construction ou de démolition) et par le manque d'argent engagé par un Etat endetté devant faire face à une crise économique forte, le sarkozysme peine à trouver des solutions... et à symboliser, dans ce domaine, la rupture avec ses prédécesseurs !
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 11:50
Comme souvent, la collusion dans l'actualité de trois informations - évoquant le même thème - me permet de donner mon avis sur le monde dans lequel nous vivons. Limiter à deux le nombre de mandats qu'une même personne peut cumuler consécutivement au poste de président de la République consistait une avancée démocratique indéniable, inscrite dans la réforme constitutionnelle votée par la majorité. Cette limitation, qui existe notamment aux Etats-Unis - pays célébré pour la vivacité de sa démocratie -, est en effet un signe qui permet à un pays de se distinguer d'une dictature, où le pouvoir est confisqué par un homme ou un clan, pendant plusieurs décennies. Ainsi, la réforme constitutionnelle qu'ont voté les parlementaires algériens, dans un palace d'une cité balnéaire de la côte méditerranéenne, vient d'entériner le passage de la démocratie à la dictature: votée spécialement pour l'actuel chef de l'Etat, Abdellaziz Bouteflika, la nouvelle disposition n'interdit plus à un président de se présenter à un troisième mandat... ce qui serait l'objectif, prochain, de M. Bouteflika dont l'état de santé avait ouvert la guerre de succession. Or, avec cette nouvelle disposition, le dirigeant algérien devrait pouvoir garder le pouvoir, dans un simulacre de vote libre, comme cela peut être le cas dans les pays maghrébins. La démocratie est ainsi publiquement bafouée sans que, pour le moment, personne ne réagisse en France !

Il faut dire que, si l'on en croit la Ligue des droits de l'homme, la France n'est plus entièrement le pays des droits de l'homme, le président de cette Ligue ayant déclaré sur France Info aujourd'hui que "donner à manger à de petits enfants affamés en situation irrégulière est devenu un délit dans la France de messieurs Sarkozy et Hortefeux". Il évoque ainsi, dans un coup de gueule indispensable, la politique d'immigration mise en place par l'ancien ministre de l'Intérieur devenu président de la République: alors que le ministre de l'Intérieur britannique a récemment proposé au ministre français de l'Immigration de financer un charter commun pour renvoyer les Afghans en situation irrégulière sur le sol européen vers leur pays d'origine, la Ligue a dénoncé une chasse à l'homme réalisée dans la région de Calais. Le président de l'organisation a ainsi expliqué que la fermeture du centre de Sangatte par Sarko, lorsqu'il était encore place Beauvau, visait à "démédiatiser" un phénomène dont le seul règlement a été d'éparpiller ces étrangers dans la nature. D'où le communiqué de l'association publiée ce mercredi: " [Le 6 novembre] sur ordre du ministre de l’Identité nationale, le préfet déclenche la chasse aux réfugiés afghans autour de Calais. Hélicoptères munis de projecteurs, battues organisées dans les forêts, chiens policiers pistant l'odeur des Afghans… Pendant que le gibier est ainsi rabattu, les journalistes prévenus par des militants associatifs sont eux-mêmes encerclés par la police sur le parking de l’hoverport de Calais (...) Le président de l’association Salam est ceinturé, mis torse nu, menotté et placé en garde à vue… pour « outrage », un délit qui submerge décidément les tribunaux ces temps-ci. La chasse a été bonne : 54 Afghans de plus sont placés en rétention à Coquelles".

La Ligue souligne par ailleurs que "le lundi 1
0 novembre 2008, le prix Goncourt est décerné à Atiq Rahimi, écrivain afghan, qui a dû s’exiler au Pakistan en 1984 avant de demander l’asile en France (...) la Ligue des droits de l’Homme salu[ant] le choix des jurés du prix Goncourt qui honore et la littérature et la France. Elle considère que l’envol du charter prévu aujourd’hui pour Kaboul déshonorerait notre pays". D'autant plus que le lauréat du prix Goncourt s'est dit choqué par cette décision d'une expulsion, alors que les conditions qui attendent ces clandestins dans leur pays sont loin d'être satisfaisantes. Le président de la Ligue ironise sur ce "pays sûr" qu'est l'Afghanistan, selon les termes de Brice Hortefeux, qui semble avoir oublié l'embuscade tendue, non loin de Kaboul, aux troupes françaises présentes sur place. Et le responsable de continuer, sur France Info, en évoquant un fait d'actualité: un groupe de plusieurs Afghans, expulsés d'Australie où ils se trouvaient également en situation irrégulière, a été mutilé puis décapité dans le village où ils ont été reconduits. De quoi censer refroidir le dirigeant d'un pays démocratique, qui souhaite prouver son attachement aux droits de l'homme, avant d'envoyer à la mort des familles que la misère et la faim ont conduit en France (où des associations veillent sur leurs conditions de vie, en lieu et place de l'Etat) !

Et, pour couronner le tout, la décision
de la Cour de cassation concernant les propos tenus par le sulfureux député UMP du Nord, Christian Vanneste, peut provoquer la consternation de quiconque, se qualifiant de progressiste, attaché à l'équité entre tous les citoyens d'une même société. Le parlementaire, à l'origine d'un amendement qui avait suscité une vive polémique sur le "rôle positif de la colonisation", a donc été définitivement blanchi et sa condamnation pour injure à caractère homophobe a été suspendue. Il avait été condamné pour des propos plaçant l'homosexualité comme inférieure à l'hétérosexualité, ajoutant que ce penchant sexuel était une "menace pour la survie de l'humanité". Dans sa décision, la Cour de cassation considère que le député n'a pas dépassé les limites de la liberté d'expression... ce dont l'élu se réjouit sur son site Internet, modestement intitulé "Le courage du bon sens": "Il y a 4 ans, j’intervenais au parlement contre les articles introduits subrepticement au Sénat puis en deuxième lecture à l’Assemblée nationale créant un délit d’homophobie et faisant de l’orientation sexuelle une notion juridiquement reconnue afin de défendre les conceptions fondamentales de l’anthropologie et de la Famille. Ce faisant, j’estimais accomplir mon devoir d’élu du peuple. Depuis 4 ans, j’ai été harcelé par un lobby aussi arrogant et agressif qu’il est minoritaire et éloigné des intérêts essentiels de notre société. Contre toute attente, et au mépris du droit à la liberté d’expression, fondement absolu de toute démocratie digne de ce nom, des juges ont osé condamné un parlementaire dans l’exercice de ses fonctions, un professeur de philosophie exprimant ses idées, c’est vrai indissociables de la pensée chrétienne".

Alors que les électeurs californiens ont, la semaine dernière, interdit le mariage entre deux personnes de même sexe, revenant ainsi sur le droit qui était accordé aux couples homosexuels de se marier légalement (ce qui constitue donc une régression, dans la mesure où un droit n'a pas été créé mais supprimé !), il est urgent que les partis progressistes, autrement dit la gauche, se saisissent du sujet. L'objectif étant de donner de nouveaux droits aux personnes homosexuelles, il faut qu'un débat permette d'aboutir à un PACS amélioré, donnant plus de droits à ces couples qui ne doivent pas pâtir de ce qui est clairement une discrimination. Pour lutter efficacement contre ces propos homophobes, il faut que les droits des gays et lesbiennes soient renforcées, chacun devant avoir le droit de vivre en couple quelle que soit son orientation sexuelle. Le devoir de la gauche est de répondre aux aspirations d'une partie de la société, en s'adaptant aux nouvelles réalités sociales et en se défaisant du carcan des valeurs traditionnelles, que l'on peut respecter et préserver tout en donnant plus de droits à ceux auquel ce cadre ne convient pas !
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 09:23
C'est très probablement la première conséquence de l'élection de Barack Obama visible en France: un préfet de couleur noir, d'origine camerounaise, a été nommé ce matin en Conseil des ministres... quelques jours après que Nicolas Sarkozy ait reçu le président du Conseil représentatif des associations noires de France, très présent dans les médias depuis une semaine. Pierre N'Gahane (photo), c'est son nom, devient le troisième préfet issu de la diversité, c'est-à-dire de ces minorités dites visibles (ou, plutôt, invisibles dans le paysage politique et économique français !), après Aissa Dermouche dans le Jura en 2004 et Nacer Meddah dans l'Aube en 2006. Cet ancien vice-président de l'Université catholique de Lille (à l'âge de 34 ans), jusque-là préfet délégué de l'Egalité des chances de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur - poste créé après les violences en banlieue en 2005 -, a été nommé préfet des Alpes de Haute-Provence. Pour la ministre de l'Intérieur, cette nomination n'est que la confirmation que les qualités personnelles et les compétences peuvent conduire quiconque à des postes de responsabilité. Pour la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, c'est un signal fort envoyé aux populations d'origine africaine, tandis que le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, se félicite de voir un Français d'origine étrangère - autrement dit, non issu des Antilles, comme précédemment - accèder à une fonction d'une telle importance.

Tous ces commentaires semblent laisser entendre que la décision de Nicolas Sarkozy n'a rien à voir avec le débat suscité par la victoire d'Obama à la présidentielle américaine. Et c'est d'ailleurs la thèse que défend le premier intéressé, le nouveau préfet ayant confirmé ce soir sur France Info que sa nomination comme préfet de l'administration territoriale était dans les cartons, depuis un mois, après sa titularisation pour cette fonction. Dès lors, il considère que ce choix est une vraie coïncidence, un hasard du calendrier... sauf qu'il y a un mois, Obama était clairement candidat à la présidence des Etats-Unis et commençait à bénéficier d'une avance intéressante dans les sondages. Bref, nous faire croire qu'il s'agit d'un pur hasard, c'est tout de même un peu gros à avaler. Que la discrimination positive - dont M. N'Gahane affirme avoir bénéficié lorsque Sarko, ministre de l'Intérieur, avait ouvert les postes à la diversité - permette à une personne d'une minorité visible d'accéder à un poste de responsabilité pour lequel il est qualifié, c'est bien. A condition qu'elle ne soit employée que dans les domaines politique et économique, et non au quotidien (car cela reste une discrimination !), où le retard est tel que les élites ne sont pas du tout représentatives de la société.

Un deuxième sujet d'actualité fait que les deux pays pré-cités, France et Cameroun, tissent des liens: les otages, enlevés au large des côtes camerounaises (en Afrique de l'Ouest) il y a près de deux semaines, ont été libérés hier et ont regagné le territoire français, en arrivant à Orly tôt ce matin. Aussitôt, le porte-parole du Quai d'Orsay a tenu à affirmer qu'aucune rançon n'a été versée par le gouvernement français pour obtenir la libération des otages. Dans le même temps, le gouvernement camerounais rappelait qu'aucune opération militaire n'a permis cette libération, une récente tentative - la semaine dernière - ayant échoué avant que les preneurs d'otages fassent croire à la mort d'un des otages (ce qui s'est avéré faux). Bref, ni opération militaire, ni rançon, c'est sans doute Dieu, celui qui avait permis à Ingrid Betancourt de supporter sa captivité, qui a contribué à cette issue heureuse... C'est scandaleux de voir que nos dirigeants, nos diplomates s'empressent de faire des déclarations pour nier, par anticipation, une rumeur qui se nourrit du seul fait que la vérité nous est cachée (les citoyens s'imaginant alors l'issue des opérations). Ne serait-il pas plus simple de ne pas cacher les choses, même si elles semblent inavouables? Faut-il se contenter d'attendre plusieures heures avant, comme aujourd'hui, que les dirigeants du Cameroun avouent avoir procéder à un échange de prisonniers? Comme disait le critique littéraire et journaliste satirique américain du début du XXème siècle Henry Louis Mencken: "Quand un diplomate dit "oui", cela signifie "peut-être"; quand il dit "peut-être", cela veut dire "non"; et quand il dit "non, ce n'est pas un diplomate".
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 09:56

L'information n'aura échappé à personne. Et, en ce 11 novembre, commémorant le 90ème anniversaire de l'armistice qui mit fin à la première guerre mondiale, cette guerre civile européenne qui meurtrit le continent, ses habitants et ses sociétés, je ne peux m'empêcher de vous donner mon point de vue. De citoyen et d'enseignant en histoire. Rappel des faits: la commission, mise en place en 2007 et présidée par l'historien André Kaspi - très présent dernièrement dans les médias de par sa spécialiste (l'histoire de l'Amérique du nord) -, préconise de ne donner qu'à trois dates le caractère férié, considérant que les autres journées de commémoration pouvaient être célébrées plus localement, sans donner lieu à une fête nationale. Jamais le rapport n'a proposé de supprimer les autres fêtes qui, notamment sous les mandats de Jacques Chirac, ont été créées pour permettre à certains "oubliés" de l'histoire d'être célébrés. Bref, répondant à des demandes successives de groupes de pression, l'ancien locataire de l'Elysée a crée toute une série de nouvelles journées du souvenir, dont celle commémorant l'abolition de l'esclavage (le 10 mai) est la plus célèbre et la plus emblématique. S'expliquant sur ses positions, l'historien à l'origine de ce rapport considère que seules trois dates doivent donner lieu à des commémorations nationales d'importance, au point de justifier la possibilité de ne pas travailler: le 11 novembre (célébrant la fin de ce petit grand drame européen du XXème siècle), le 8 mai (célébrant la victoire des Alliés sur le nazisme) et le 14 juillet (fêtant la victoire de la démocratie sur l'arbitraire royal). Il est vrai que ces dates constituent le ciment de la nation française, représentant chacune une des grandes valeurs auxquelles notre pays est attaché.

Mais, le débat est - à mon avis - quelque peu faussé. Reprenons simplement les définitions du Petit Larousse illustré 2009. Afin de faire la différence entre un jour férié (jour où l'on ne travaille pas en raison d'une fête légale) et jour chomé (jour où le travail est légalement suspendu). Dès lors, la réflexion peut être entamée sans risque d'être biaisée: en France, seul la fête du travail (le 1er mai) est un jour chomé où tous les salariés ne travaillent pas, les autres fêtes n'ayant qu'un caratère férié. C'est-à-dire que la plupart des salariés ne travaillent pas, même s'ils en ont la possibilité légale. D'où le fait que, les 11 novembre et 8 mai, les dimanches de décembre, les grandes surfaces soient ouvertes... Et les pratiques qu'elles utilisent pour inciter leurs clients à venir dépenser leur argent - parfaitement logiques dans une société de consommation comme la nôtre - sont critiquables: ainsi, les magasins Auchan, dont les parkings risquent d'être encore remplis à craquer, distribuaient-ils ces derniers jours des bons de réduction exceptionnels (6€ pour 60€ d'achats) valables uniquement ce mardi. Auchan dont les salariés viennent travailler au tarif normal, la direction ayant fait de 11 novmebre la journée de solidarité Raffarin pour les personnes âgées. Bref, le seul gagnant dans l'affaire, c'est l'enseigne, qui va encore s'en mettre plein les poches ! Je referme la parenthèse pour revenir au coeur du sujet: le rapport Kaspi, s'il était pris au sérieux, pourrait permettre au président de prendre une décision courageuse. Déclarer jour chomé (et non férié) les trois dates mentionnées, de manière à ce qu'elles soient consacrées aux commémorations et que les dérives du monde moderne n'empiètent pas sur ce symbole.

Car, de ce rapport, deux pistes de rèflexion peuvent être explorer:
- le nombre de journées de commémoration, participant au dévoir de mémoire et à ce que Sarko appelle la repentance, est sans doute trop élevé en France. Et le fait de rendre chomées les plus importantes (porteuses de symboles forts pour la nation toute entière) et de permettre aux Français de commémorer les autres à l'occasion de manifestations de moindre ampleur semble être la meilleure des solutions;
- le choix de ces journées chomées doit d'abord obéir à une volonté de célébration de valeurs, de symboles et non à la commémoration de la mémoire particulière d'un groupe de personnes. Ainsi, chacune des trois dates évoquées, auxquelles on pourrait ajouter une journée de l'Europe et une journée de la francophonie (célébrant cette diversité dont la langue française est un ciment fondamental, récompensée hier par l'attribution des prix Goncourt de Renaudot à des auteurs d'origine, respectivement, afghane et guinéenne !), porte un principe auquel la nation française unie porte un intérêt particulier.

Dans l'état actuel des choses, il est clair qu'il existe une concurrence malsaine des mémoires. C'est au nom de cette concurrence qu'associations et membres de la majorité (et de l'opposition? - que l'on entend toujours pas sur ce sujet) viennent de crier leur hostilité aux conclusions du rapport, considérant que chacun de ces groupes (les harkis, les pieds noirs, les membres des anciennes colonies, les descendants d'esclaves...) devait recevoir une journée de commémoration en reconnaissance, par l'Etat, du préjudice moral qu'ils ont subi dans l'histoire. La première réaction au rapport, particulièrement symptomatique de la force de ce qui constituent réellement des lobbies, a été celle du secrétaire d'Etat aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel, représentant gouvernemental du plus puissant de ces lobbies, qui n'a pas eu de mots assez durs pour critiquer la proposition de cette commission, mise en place par son prédécesseur. Mais, c'est aussi au nom de la résolution de cette concurrence malsaine (qui s'est manifestée de manière éclatante dans les médias, chacun venant défendre son bout de gras) que la proposition semble pertinente: ne se concentrer que sur les dates consensuelles en laissant la liberté à chacun de commémorer ce qu'il veut, en dehors de ces dates fondamentales, paraît la voie la plus sage. Mais, en parallèle, il faudrait aussi que le chef de l'Etat décide de ne pas sacrifier l'enseignement de l'histoire qui, pour qu'il n'y ait aucun "oublié", doit disposer des moyens (humains et horaires) suffisants pour réaliser ce devoir de mémoire, indispensable. Il paraît plus sain de réaliser ce devoir de mémoire dans un cadre scolaire, d'apprentissage des valeurs et de la citoyenneté, que par le biais de commémorations auxquelles peu d'enfants assistent. Sauf que, comme le reconnaissait André Kaspi, invité du 19-20 de France 3 hier soir, Sarko ne pratiquera pas la rupture en décidant finalement d'enterrer ce rapport ("n'est-ce pas le sort de presque tous les rapports?" déplorait l'historien). Dommage !

Complément au 12/11: hier, Nicolas Sarkozy a présidé les célébrations du 90ème anniversaire de l'armistice de la Grande guerre, pour la première fois en l'absence d'un poilu, le dernier survivant français des combats étant décédé en mars dernier. Pour la première fois également, les cérémonies ne se déroulaient pas au pied de l'Arc de triomphe sur la tombe du soldat inconnu, symbole de tous les soldats de la première guerre mondiale, mais en province, dans la Meuse. Ce qui est une très bonne chose: rendre hommage aux combattants en allant sur les sites de ces batailles, c'est une manière de ne pas concentrer tous les hommages dans les seuls monuments de la capitale et d'éventuellement choisir un thème pour la commémoration en question. Ainsi, le chef de l'Etat a mis en avant hier les soldats fusillés pour l'exemple, notamment pour désertion, en rendant hommage à leur courage sans pour autant les réhabiliter (ce qui paraît impensable... pour le moment). Et le chef de l'Etat de justifier ce choix en considérant que la France devait se souvenir de tous ceux qui étaient prêts à donner leur vie pour la liberté du pays, alors que désormais, plus aucun d'eux n'est vivant. Toutes ces informations ont bien sûr été relayées par les médias, radio et JT de 20 heures: celui de France 2  a profité de l'occasion pour diffuser un reportage sur les dernières heures de combat (en se rendant sur les lieux de la toute dernière bataille et en identifiant l'un des derniers soldats Français ayant été tué quelques minutes APRES la signature de l'armistice)... avant de consacrer sa première partie de soirée à la diffusion d'un programme associant lecture des lettres d'un même poilu tout au long de la guerre et images d'archives colorisées. Ainsi, le devoir de mémoire est atteint grâce au rôle d'information et d'éducation que les médias, notamment le service public, doivent jouer dans la société. Cela me semble plus efficace qu'une cérémonie pour chacune des fêtes actuellement existantes.

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Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 17:12
Dans mon précédent article, que j'avais commencé à rédiger hier soir et que j'ai publié il y a quelques instants, je terminais en disant que Sarko pourrait ne pas supporter d'être dans l'ombre d'un Barack Obama dont le monde attend beaucoup. En particulier pour la résolution de la crise mondiale et cette fameuse (et tant attendue) refondation du capitalisme. En rentrant du travail, j'écoute René Ricol, le médiateur du crédit nommé par l'Elysée pour veiller à ce que les banques française continuent de prêter aux entreprises et particuliers pour ne pas freiner ni l'économie ni la consommation, invité de l'émission "C à dire" présentée par Thierry Guerrier. Lequel reçoit, pendant une dizaine de minutes, un invité qui fait l'actualité pour l'interroger en prélude à l'émission d'Yves Calvi, qui suit, "C dans l'air". Et le médiateur du crédit de rappeler que le chef de l'Etat souhaite que les banques continuent de prendre des risques en poursuivant leurs prêts et en en élargissant même les bénéficaires, en contre-partie de la garantie apportée par l'Etat. Tout en finissant son exposé par cette phrase merveilleuse: "De toute façon, l'Histoire retiendra que c'est lui [Nicolas Sarkozy, qui l'a nommé], par son courage et sa volonté de rassembler ses partenaires, qui permit au monde de surpasser la crise qui le touche aujourd'hui". C'est vrai qu'avec de tels courtisans, qui flattent avec si peu de relâche celui à qui ils doivent leur poste, Sarko n'est pas prêt de comprendre qu'à lui seul il ne peut pas tout changer, et sauver le monde (comme il le croit). D'autant que le message de M. Ricol est simple: parce que l'Etat garantit leurs fonds, il demande aux banques de continuer à prêter, même aux moins solvables, pour relancer une économie (qui, il est vrai, n'a pas profité des mesures votées par la majorité depuis plus d'un an). Bref, les erreurs d'hier sont encore amplifiées... et la fragilité de certains emprunteurs sera compensée par ces cons de contribuables, qui règleront la note quoi qu'il arrive !

Mais, demander aux banques de soutenir la consommation n'était, en fait, pas nécessaire. Certains d'entre elles, malgré le contexte qui a fragilisé nombre de foyers modestes, ont inventé des outils qui permettent d'atteindre cet objectif. En effet, depuis quelques semaines, peu après le début de la grande crise boursière et financière mondiale, l'une des principales banques françaises - à qui l'Etat a du garantir une partie de ses fonds propres - diffuse une publicité dans l'air du temps. Elle a pour objet la nouvelle carte de paiement (photo) qui permet à son détenteur de payer ses achats (jusque-là rien de nouveau), en choisissant entre un règlement au comptant (ce que vous et moi faisons chaque jour) et un règlement à crédit... le montant de vos achats étant débités ultérieurement en totalité, ou par mensualités dans les mois qui suivent. Vous me direz: rien de bien révolutionnaire dans cette pratique... que les cartes de paiement des sociétés de la grande distribution proposent déjà. Payer au comptant ou à crédit, les cartes Accord (du groupe Auchan) vous le propose déjà. Désormais, ce sont donc les clients du Crédit Agricole - celui avec lequel "une relation durable, ça change la vie !" - qui vont pouvoir utiliser ce système.

Comment la banque vend-elle ce nouveau produit? Avec trois arguments. D'abord, on affirme aux  clients (potentiels) que cette nouvelle carte apporte plus de liberté (vous savez ce mot que la plupart des hommes politiques, notamment de droite, ont mis à la mode: les phrases du genre "je suis un homme libre" - sans référence au Titanic, quoique? - ont fleuri dans les interviews des Villepin, Raffarin, Copé et autres Devedjian depuis l'arrivée au pouvoir de Sarko). Bref, toujours plus de liberté puisque vous pouvez choisir le mode de règlement. Cette liberté dont vous étiez privés jusque-là ! Second argument: la carte apporte de nouvelles sécurités, puisque son prix comprend deux nouvelles assurances tous risques (notamment une pour le recouvrement des mensualités non honorées). Gage de souplesse et de sécurité dans son utilisation. Enfin, et pour compléter ce beau tableau, l'option "paiement au crédit" permet au client de reporter le coût de ses achats quotidiens, notamment lorsqu'en fin de mois, le solde du compte est un peu trop dans le rouge (proche de cette fameuse limite au-delà de laquelle frais de forcage et agios s'ajoutent pour doubler, tripler ou quadrupler le montant débité à partir duquel le plafond a été franchi).

Alors, bonne idée, cette acrte présentée comme révolutionnaire sur le site de la banque? Certes, a première vue, nombreux seront les foyers à se dire qu'il s'agit d'une réponse positive à ces temps difficiles que nous vivons. Il n'y a qu'à voir le nombre de clients possédant déjà les cartes à paiement différé des magasins Auchan. Il n'y a qu'à voir également le nombre de clients des sociétés de rachat de crédit, celles qui vous permettent de regrouper tous vos crédits en un seul, et d'en baisser la mensualité tout en l'étalant dans le temps et allongeant donc la période au cours de laquelle vous payez des frais de gestion ! Les crédits revolving (devenus, dans la bouche de leurs opposants, les "crédits revolver") sont la pire de toutes les solutions apportées à la précarité des ménages endettées qui sont aussi, quel hasard, les plus pauvres: en se contentant de regrouper tous les crédits cumulés par ces travailleurs pauvres qui, avec un salaire de misère à peine supérieur au SMIC, ne peuvent pas vivre décemment, on ne résoud pas la cause de ces situations dramatiques. On agit sur les seules conséquences et on fait du business sur le dos des plus vulnéarbles: c'est inacceptable ! Alors, la carte du Crédit Agricole? Et bien c'est clairement une fausse-bonne idée. Et pour au moins deux principales raisons: d'une part, en attirant les foyers aux revenus modestes avec ce système de paiment différé, on ne fait que repousser à demain un problème que l'on fait semblant de contourner aujourd'hui... aujourd'hui de faire débuter la "fin du mois" de ces familles de plus en plus tôt; sans compter que cela suscite un appel à la consommation inutile, en disant à ces foyers qu'ils peuvent faire une dépense inattendue et exceptionnelle d'autant plus facilement qu'ils ne la règleront que plus tard... quand la crise sera finie. Bref, en nous proposant un produit qui apporte une solution de surface à la situation de crise de certains de nos concitoyens, cette carte va participer à leur fragilisation toujours plus marquée. C'est pitoyable !! Et il est de mon devoir de citoyen d'alerter sur les méfaits de ces pratiques qui, hier similaires, ont conduit à la situation que nous connaissons.
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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:44
Sans tomber dans l'histoire-fiction (du genre: "et si cela s'était passer comme cela?"), il semble clair que, sans la crise financière mondiale et la crise socio-économique américaine, Barack Obama n'aurait pas été aussi facilement élu 44ème président des Etats-Unis. Plébiscité par les minorités et par les couches populaires, dont les conditions de vie ne font que se dégrader, le candidat démocrate est très attendu, aussi bien par ses concitoyens qui voyaient dans son programme électoral le moyen de sortir de la tempête, que par le reste du monde qui attend du successeur de George W. Bush qu'il participe rapidement à la refondation du "capitalisme financier mondial" en lui imposant règles et limites. Dès lors, les prochains mois seront cruciaux et, à l'occasion de la première conférence de presse que le nouveau locataire de la Maison-Blanche a tenu dans son fief de Chicago vendredi, le monde avait les yeux (et les oreilles) tourner vers celui qui semble tenir une part importante de la réponse à apporter à cette crise dont les Etats-Unis ont été l'épicentre. Et les principales déclarations d'Obama, entourées par l'ensemble de son équipe de conseillers spécialisés dans le domaine économique, ont de quoi rassurer (même s'il faut, évidemment, attendre les actes): afin de rassurer les marchés et d'envoyer un signal à ses partenaires, il a rappelé que cette crise mondiale n'aura de réponse que mondiale et qu'il participerait à l'élaboration de cette réponse en s'y attaquant "de front, immédiatement après [son] entrée en fonction". Il s'est par ailleurs dit favorable à la mise en place d'un nouveau plan de relance qui concernerait directement, et contrairement au plan Paulson pour les banque, l'économie en soutenant les PME et le secteur automobile, deux piliers parmi les plus menacés.

Et, pendant ce temps-là, de ce côté-ci de l'Atlantique, le président en exercice de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy cloturait le sommet de Bruxelles, préparatoire au sommet du G20 qui se tiendra à Washington en fin de semaine. Et là aussi, le volontarisme affiché par le président français a de quoi rassurer: confirmant que l'Europe parlera d'une seule et même voix (la sienne) ce 15 novembre, il a tenu à préciser que deux réunions du G20 (au moins) seraient nécessaires, la première en compagnie de George W. Bush (dont l'administration a concocté le fameux plan Paulson) et en l'absence possible de Barack Obama, lequel assisterait, dans les cent jours, à une seconde réunion. Autrement dit, après son investiture officielle le 20 janvier prochain. De quoi assurer une sorte de transition et de continuité dans la gestion mondiale de la crise. Voilà qui semble donc aller dans le bon sens: le calendrier et la volonté d'instaurer un dialogue fructueux entre Etats-Unis, Union européenne et Etats émergents (légitimement conviés à ces réunions) étant sans doute les gages d'une réussite de ces sommets qui, entre puissances dominantes de la planète, n'auraient fait qu'aggraver les choses. Et, même si la prudence est de mise, car on ne sait jamais ce qui pourrait être décidé au-delà des beaux discours d'unité et de "convergence de vue", on peut penser que cette réunion produira des résultats. A moins que les intérêts particuliers des uns freinent la réalisation d'une oeuvre collective qui préserve d'abord l'intérêt général. Ce qui serait le signe que les mentalités n'auraient alors pas changer. Mais, compte-tenu de ce qui a été fait, au Brésil ce week-end, par les représentants des vingt Etats concernés pour préparer la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de Washington, où les déclarations de bonnes intentions étaient tout de même de rigueur, on peut penser que la discussion devrait aboutir à un avant-projet équilibré.

Reste un point, que certains considéreront anecdotique, mais qui semble en fait fondamental: l'activisme de "super-Sarko" (qui se prend un peu pour le président - ou le roi? - du monde sans lequel aucune solution n'aurait pu être trouvée) ne sera-t-il pas impossible lorsque la nouvelle administration américaine sera opérationnelle? Autrement dit, les regards qui se sont portés sur cette Europe sous présidence française, de par le peu de crédibilité dont jouit l'administration Bush, ne risquent-ils pas de se détourner pour observer tout ce qui se fera prochainement à Washington? Bref, le président Obama n'éclipsera-t-il pas notre président français, lequel tolère assez mal de ne pas être sous les projecteurs? C'est plus que probable dans la mesure où, fin janvier, Sarko ne sera plus président du Conseil européen et Barack Obama aura pris la tête de la toujours première puissance mondiale, et dont les prises de position vont être déterminantes pour l'avenir. Même si cela n'empêchera pas Sarko de continuer à jouer les sauveurs de l'Europe, ce que le président tchèque supporte mal - en des termes diplomatiques - alors qu'il s'apprête à prendre, au 1er janvier, cette présidence tournante du Conseil européen. Que notre hyper-président fasse profiter de son énergie pour hâter la prise de décision et imposer à nos partenaires de décider sans se reposer sur leurs lauriers, c'est bien... mais qu'il se prenne pour le sauveur ou le messie que le monde attendait, qui par ailleurs, et du jour au lendemain, a entièrement changé son discours, c'est inquiétant. Parlant à gauche, agissant à droite, il est devenu le pourfendeur des ultra-libéraux inconscients qui ont laissé perdurer un système qui ne pouvait qu'aller dans le mur, alors qu'il est au pouvoir depuis mai 2002 !! Sans compter que dénoncer les méfaits d'un système qui est dans le mur, après coup, ce n'est pas être visionnaire, ni préparer l'avenir en se plaçant dans une démarche de long terme. Tout ce qu'un homme politique devrait pourtant faire ! A suivre, donc...
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Published by Aurelien Royer - dans Affaires étrangères
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