Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 14:25

Au premier abord, le Premier ministre peut sembler rigoureux, sévère et froid. Son ton, son style, ses expressions: tout fait de Manuel Valls un homme à poigne, un meneur d'hommes, bref un "1er flic de France" charismatique. Sa nomination à Matignon, qui finit par de pas être une surprise, devaient permettre de redonner un nouveau souffle à une équipe gouvernementale pléthorique (moi-même, je ne connaissais pas tous les ministres de l'équipe Ayrault) qui a su prendre de belles décisions (le mariage pour tous) sans jamais donner aux Français l'envie de croire en avenir meilleur.

Or, donner confiance, vouloir construire un autre monde (plus humain, plus respectueux de la planète et mettant le progrès au service de tous), préserver les bons côtés du modèle social à la française, tout en bâtissant vraiment l'Europe des nations, c'est ce qu'attendent les Français.

Manuel Valls n'est pas encore parvenu à ces objectifs. Impossible, en si peu de temps. Difficile, tant que le chef de l'Etat - véritable chef d'orchestre - ne changera pas son cap. Et déjà, alors qu'il n'est en place que depuis un mois, les critiques pleuvent, les sondages baissent, les députés socialistes abstentionnistes deviennent une espèce en voie d'extension.

 

Mais, moi, sur la forme, je tiens à le défendre. Il sera parvenu, en peu de temps, à faire oublier Jean-Marc Ayrault et sa méthode de gouvernement (discrète pour les uns, molle pour les autres; consensuelle pour les uns, sans saveur pour les autres).

M. Valls incarne le Premier ministre que j'ai imaginé ces dernières années:

1- A la tête d'un gouvernement dit "resserré": certes, le gouvernement Valls à 16 membres (paritaire) n'a tenu qu'une semaine, renforcé ensuite par 14 secrétaires d'Etat (le portant à 30, avec des visages qu'on ne connaît toujours pas). Mais, l'équipe qui se retrouve à l'Elysée, pour le "vrai" Conseil des ministres du mercredi, comporte seize membres, auxquels s'ajoutent les éventuels secrétaires d'Etat concernés par un des thèmes abordés.

Du temps de Jes6, je suggérais la mise en place d'un Conseil des ministres complet une fois par mois pour faire le bilan des projets; les autres séances seraient consacrées à des Conseils restreints, où les ministres concernés par des dossiers seraient présents avec les chefs de l'Etat et du gouvernement.

 

2- Dirigeant une conférence de presse majeure: à l'issue du Conseil qui devait examiner le fameux plan d'économies, le porte-parole n'est pas intervenu, comme il en a l'habitude... mais c'est M. Valls qui a assuré cette charge, présentant son plan aux journalistes, avec les ministres concernés (avec une mise en scène ratée - photo). Le chef du gouvernement venait ainsi rendre compte, en personne, devant les Français, des décisions qu'il est amené à prendre, justifiant ainsi ses arbitrages.

Valls conf.

Du temps de Jes6, je proposais qu'à l'issue du Conseil des ministres mensuel, ce soit le Premier ministre (et non le porte-parole du gouvernement, dont le poste aurait d'ailleurs été simplement supprimé) qui explique ses choix et réponde aux questions des journalistes.

 

3- Réunissant son équipe à Matignon: quelques jours plus tard, voulant resserrer les liens entre les membres de son gouvernement et, surtout, pour garantir la solidarité de ses membres en évitant les "couacs", le Premier ministre convoquait, en son hôtel, les 30 ministres et secrétaires d'Etat, organisant ce que les journalistes appelèrent un "Conseil des ministres bis", sans le chef de l'Etat. Certains firent remarquer que, dans une grande salle, autour d'une grande table, M. Valls se voyait sans doute pousser des ailes de chef d'Etat... Quoi qu'il en soit, il montrait ainsi son autorité et sa décision de contrôler la prise de parole de ses ministres. La même réunion se tiendrait tous les quinze jours.

Du temps de Jes6, en suggérant des Conseils restreints hebdomadaires, je n'imaginais pas que cela puisse prendre la forme de réunions à Matignon. Mais, au fond, pourquoi pas?

 

4- Expérimentant une méthode de gouvernance: dans l'affaire du plan d'économies pour trouver 50 milliards d'€uros, on a beaucoup parlé de ces parlementaires qui ont fait défaut, se sont opposés (les écolos et les députés MRC) ou abstenus. Mais, sans juger le fond du projet (ce serait l'objet d'un autre article), c'est la méthode qui m'intéresse. Le Premier ministre a rendu des arbitrages, pris des décisions et annoncé les grandes lignes du projet gouvernemental. Les parlementaires socialistes, emmenés par leur président de groupe, ont ensuite été reçus à Matignon pour exprimer leurs réserves et faire des contre-propositions. Au final, le projet présenté par le chef du gouvernement a été amendé, prenant en compte certaines demandes des élus de la majorité, tenant fermement sur d'autres engagements.

Plutôt que d'y voir un recul, j'y vois personnellement l'application d'une discussion co-législative entre l'exécutif et le législatif, répondant à l'esprit de la Constitution. Le gouvernement propose, les élus de la Nation amendent, le gouvernement fixe la politique finale de la Nation... Pourquoi pas?

Repost 0
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 19:33

Les 100 jours, c'est un concept journalistique... qui ne correspond en rien au temps politique ! C'est ainsi que les responsables de la gauche, gouvernement et majorité, évacuent les douloureuses questions, posées par les journalistes, pour tenter de faire un premier bilan du quinquennat "hollandais". A cette occasion, les médias reprennent les mêmes ficelles: au début de chaque nouveau mandat, on nous rappelle que chaque nouveau locataire de l'Elysée a souhaité marquer son temps en prenant une décision marquante, pour les contemporains et pour l'histoire. Majorité abaissée à 18 ans pour VGE, abolition de la peine de mort par Mitterrand, suspension du service militaire par Chirac, "choc fiscal" (avec bouclier à 50% et loi TEPA) par Sarkozy. En 2007, la majorité de droite avait été convoquée pour une session extraordinaire estivale au cours de laquelle les principales promesses avaient été mises en oeuvre. Cette année, après le retour de la gauche au pouvoir, on attendait donc  sensiblement la même logique...

 

Problème: aucune véritable grande mesure symbolique n'a été appliquée. Plusieurs dispositions injustes et inefficaces du précédent quinquennat ont été décousues. Mais, à part le bougisme présidentiel sur les grands dossiers internationaux, difficile de citer une mesure concrète validée par le nouveau gouvernement. Alors que le cap des 100 jours vient d'être franchi, les prix de l'essence s'envolent et la promesse d'un bloquage des prix refait surface dans l'esprit de tous les automobilistes... Promise pour la rentrée de septembre, cette mesure n'est pas encore devenue réalité. Si elle avait été initiée avant le départ en vacances, elle aurait peut-être été LA mesure du début de quinquennat. Car, ce qui pénalise François Hollande et son équipe, ce sont les attentes des citoyens sur la politique intérieure, en particulier la politique économique et sociale. La suppression de la hausse de la TVA voulue par la droite ne se ressent pas dans notre quotidien... car elle n'était pas encore entrée en vigueur. L'annonce du retour des soldats français d'Afghanistan ne change pas la vie courante des Français et, bien que chacun se réjouisse de cette accélération du calendrier de retrait, elle ne constitue pas un "marqueur" du hollandisme.

 

Au fond, si la gauche ignore le seuil des 100 jours, c'est peut-être (sans doute?) parce qu'elle n'en fait pas un objectif. Mesuré, François Hollande s'est préparé à sa fonction. Déterminé, il a su fixer le cap des priorités à mettre en oeuvre dans la première année de son quiquennat, tout en sachant qu'il faudrait de la patience pour sortir le pays de sa situation. Ainsi, pour lui, il n'apparaît pas nécessaire de faire un coup médiatique avec des mesures symboliques fortes. Ce qui compte, c'est de prendre les mesures adaptées, décidées par la concertation (et, par définition, sans la précipitation qui caractérisait son prédécesseur), pour atteindre les objectifs fixés. Dans un contexte morose, où les difficultés s'accumulent (hausse du chômage, plans sociaux destructeurs d'emploi), le gouvernement mise sur sa réforme fiscale, deuxième priorité hollandaise... après l'Education. Or, s'inscrivant dans le projet de budget pour 2013, cette politique n'interviendra qu'à l'automne. Un peu de patience, donc !

 

De la patience, il en faudra aussi pour résoudre le conflit syrien, sur lequel la droite attaque le Président et son gouvernement. Alors que la Chine et la Russie bloquent toute action de l'ONU, un autre frein risque de favoriser le pourrissement de la situation au pays d'el-Assad: la proximité de l'élection présidentielle américaine. Alors que les républicains se mettent en ordre de marche (Mitt Romney sera légitimé comme candidat et son co-listier devrait être officiellement désigné), Barack Obama prépare sa campagne. Il n'y a qu'à visiter le site deDecompte_Obama.jpg l'actuel locataire de la Maison-Blanche pour le voir: le décompte des jours nous séparant du 6 novembre (date de l'élection) est en route... Quand François Hollande passe le seuil des 100 jours, son homologue américain n'est plus qu'à 82 jours (capture d'écran ci-contre) de sa possible réélection. Or, cette perspective ne facilite pas la résolution des problèmes internationaux: désireux de faire le bilan de son action, notamment en matière de politique internationale (l'évaluation de l'aide médicale aux plus pauvres sera au coeur du débat), Barack Obama mettra les dossiers internationaux entre parenthèses. Rappeler que Ben Laden fut éliminé sous son mandat, d'accord. Engager l'armée dans une action militaire en Syrie, alors qu'il reste encore et toujours le dossier afghan sur la table, c'est moins sûr !

Repost 0
31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 09:55

Invité de France Info ce matin, l'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (désormais député UMP de Haute-Savoie), a commenté les récentes décisions de la majorité de gauche dans le cadre du collectif budgétaire: pour lui, les choix du gouvernement sont des "décisions anti-constitutionnelles et dogmatiques (...) qui visent à défaire ce qui a été fait par la majorité précédente (...) en faisant exactement le contraire de ce qu'il faudrait faire". Le pire du pire? L'augmentation des impôts qui frappent aussi bien les plus riches (rétablissement de l'ISF dans sa forme initiale... en attendant le taux à 75% ?) que l'ensemble des classes moyennes ! Problème: une majorité de Français en a décidé ainsi lors de la dernière présidentielle... estimant qu'il fallait justement revenir sur les mauvaises décisions, économiquement inefficaces et socialement injustes, du quinquennat finissant ! Bref, M. Accoyer, pour une fois, a grandement raison: la nouvelle majorité remplit son contrat avec les citoyens en détricotant ce qui n'a précisément pas fonctionné. Et pourquoi se payer le culot d'affirmer, dès maintenant et avant leur application, que ces dispositions soient inefficaces?

 

Pour l'opposition "sévère mais constructive", il faudra repasser... Sauf à écouter des députés comme Pierre Lellouche qui, lors de l'une des séances les plus agitées à l'Assemblée (il faut dire que la droite n'a rien à envier à la gauche pour déclencher des incidents, en quittant l'hémicycle par exemple), avait assez bien résumé le malaise que la refiscalisation des heures supplémentaires peut provoquer dans l'opinion. "Vous êtes en train de vous scotcher l'étiquette de ceux qui piquent de l'argent aux pauvres (...) et de ceux qui font les poches aux classes moyennes" avait-il dit, appuyé par Laurent Wauquiez. Il est vrai que, sur ce dossier extrêmement clivant, il serait bon de trouver une sorte de compromis: d'un côté, ne pas trop défiscaliser car, comme tout dispositif baissant les charges pour favoriser l'emploi, l'Etat se tire une balle dans le pied en se privant de plusieurs milliards d'€uros annuels; de l'autre, ne pas trop refiscaliser car, pour tous ceux qui sont entrés (parfois de force) dans le dispositif des heures supplémentaires, cette mesure fera nettement augmenter les impôts ! D'où une perte évidente de pouvoir d'achat à laquelle, personnellement, je n'échapperai pas l'an prochain... malgré les promesses du gouvernement. Il va falloir que la grande réforme fiscale, pilier du projet présidentiel de M. Hollande, soit bonne à l'automne pour ne pas perdre la confiance des classes moyennes qui lui ont apporté leur suffrage !

 

En ces temps difficiles, où la grande crise de 2008 ("la plus violente jamais connue depuis 1929", d'après M. Sarkozy) est loin d'être terminée (comme l'affirmaient, de façon mensongère, les ténors de l'UMP quand ils étaient encore au pouvoir !), les dossiers sensibles s'entassent... soit autant d'épines dans le pied d'une majorité qui devra être convaincante et efficace rapidement. Les Français supporteraient mal que la situation économique et sociale connue de se dégrader sans fin. Parmi les dossiers-tests pour la majorité:

 

1- PSA et la crise de l'automobile: c'est LE dossier le plus épineux. La fermeture programmée du site emblématique de la marque française (à Aulnay) n'est que l'arbre qui cache la forêt. Dans l'automobile, mais aussi dans des très nombreux autres secteurs de notre économie, les plans de restructuration et de départs volontaires se multiplient. Chaque fois, le PDG de la société concernée promet que les salariés seront accompagnés, recasés ailleurs (un travailleur n'est qu'un pion que l'on peut déplacer d'une case à une autre) et indemnisés. La différence, c'est que le gouvernement agit: en tout cas, en multipliant les réunions (avec syndicats et patronat), le Premier ministre et son ministre du Redressement productif entendent montrer que l'Etat peut agir. Comment? Avec quelle stratégie? Avec quels moyens financiers? Avec quels dispositions législatives? L'avenir devra répondre à toutes ces questions... Or, avec l'aggravation du chômage et les sombres mois qui s'annoncent, il va falloir prendre des décisions courageuses: interdiction des licenciements? Redistribution des richesses? Aides financières pour relancer la croissance par la consommation? Les défis sont grands.

 

2- Le TGV et l'aménagement du territoire: c'est LE dossier qui, personnellement, me chagrine. La majorité précédente avait créé un grand emprunt dont le but était d'investir des milliards d'€uros dans l'aménagement du territoire (avec des projets parfois controversés, d'autoroutes, de lignes ferroviaires, d'aéroports régionaux...). L'ambition? Créer des emplois de moyen terme (pour la construction de ces réseaux, puis leur entretien) tout en apportant une amélioration disponible pour la population. Or, le nouveau gouvernement, par la voix de son ministre du Budget, a annoncé que certains de ces projets seraient annulés pour faire des économies. Autrement dit, l'Etat réorientera certains crédits de cet Emprunt national vers d'autres secteurs... abandonnant certaines lignes à grande vitesse. A mon sens, l'investissement ferroviaire, pour réduire les distances entre les grandes villes de province (en favorisant, de préférence, les liaisons province-province) tout en orientant certaines sommes vers les petites lignes, me semble absolument indispensable. Faire l'impasse dans ce domaine n'est pas raisonnable !

 

3- A moins que lesdits crédits permettent de relancer une "vraie" politique du logement: ambitieuse dans ce domaine, Mme Duflot tient bon et annonce déjà des mesures de bon sens (maintien des amendes aux communes ne respectant pas les quotas de logements sociaux, objectif élevé de construction de nouveaux logements). Il lui restera à aller encore plus loin, en incitant la majorité à légiférer sur les terrains vacants que l'Etat et les collectivités locales devront pouvoir réquisitionner, avec un minimum de contraintes, pour y bâtir des logements... Autre atout: ce porte-feuille étant détenue par une écologiste, l'objectif de logements à haute qualité environnementale, peu gourmands en énergies, doit être un axe indispensable de cette politique. Ainsi, pour la région parisienne, ma proposition d'une transformation d'hôtels et du Village olympique des JO 2024 en logements sociaux HQE constitue un exemple de cette politique.

 

La politique de développement durable (moins bien placée dans la hiérarchie gouvernementale et moins "affichée" que sous l'ère Sarkozy), ainsi que le dossier central de la politique éducative (la refondation de l'Ecole est, rappelons-le, la priorité n°1 du quinquennat hollandais) seront également deux aspects sur lesquels le gouvernement devra faire ses preuves. J'y consacrerai des articles spécifiques dans le courant du mois. Personnellement, la forme (débats, forte liberté des parlementaires) me convient... mais plus que la forme, c'est le fond des dossiers qui doit nous préoccuper. J'attends tellement de ce nouveau pouvoir que la déception risque d'être grande: mais, attendons de voir !

Repost 0
19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 15:11

L'interview du 14 juillet: François Hollande était très attendu pour cet exercice qu'il a remis à l'honneur alors que son prédécesseur ne s'y pliait pas. Personnellement, je l'ai regardé en différé sur Pluzz, n'étant pas chez moi à la mi-journée. Et, au final, j'ai trouvé l'exercice plutôt réussi, tant sur la forme (je l'ai trouvé à l'aise, ni trop rieur, ni trop expert... n'imposant pas cette avalanche de chiffres et de précisions à laquelle Sarko pouvait se livrer pour prouver qu'il maîtrisait ses dossiers !) que sur le fond. En effet, le nouveau chef de l'Etat s'est justifié d'abord sur sa pratique du pouvoir avec des mots simples: "La popularité n'est pas un talent, mais un mérite: il faut la mériter et ne pas se donner en spectacle"; "Je m'efforce d'exercer simplement une fonction exceptionnelle" précisant, plus tard, que ses déplacements en train, s'ils sont considérés comme un gadget par ses adversaires, resteront la règle dans la mesure où ils permettent d'associer la normalité voulue à une baisse du coût pour l'Etat. M. Hollande n'oublie pas d'expliquer le choix de Lionel Jospin, "un homme intègre", pour diriger la commission sur la moralisation de la vie politique ou de Jean-Pierre Jouyet, ancien ministre du gouvernement Fillon, à la tête de la Caisse des dépôts (parce qu'en plus d'être un ancien hollandais, camarade de promotion à l'ENA, il est aussi le plus compétent de sa génération pour cette fonction, ce que confirme sa désignation par les commissions compétentes des deux Assemblées).

 

Enfin, le Président a tenu à préciser ses positions sur des dossiers majeurs: concernant la situation au Sahel, il précise que la France n'interviendra pas directement mais soutiendra, au Conseil de sécurité de l'ONU, une intervention militaire des Africains pour lutter contre Al-Qaida au Maghreb islamique; concernant la situation européenne, il se félicite d'avoir fait bouger les lignes, d'avoir imposé certains de ses engagements électoraux à nos partenaires... tout en rappelant, avec humour et lucidité, qu'il est un des rares dirigeants de gauche (pour un des principaux Etats, en tout cas) dans une Europe toujours dominée par la droite ! Soucieux de montrer qu'il a beaucoup travaillé sur la scène internationale, il a, tel Sarko, fait la liste des sommets auxquels il a participé depuis son accession à l'Elysée (G8, UE, OTAN) pour mieux rappeler que son ambition est de lier les politiques internationale, européenne et franco-française. Réaliste, il confirme donc que toute politique nationale dépend du contexte mondial et que nombre de décisions importantes pour le pays se prennent hors de Paris. Enfin, concernant sa façon de gouverner, il a rappelé sa volonté de ne pas tout décider tout seul: cette ère-là étant achevée, il a inventé un triptyque "expertise, concertation, plan de stratégie à moyen terme" pour montrer que toute législation suivra un chemin précis. Par rapport au précédent quinquennat, il existe donc un cap et une méthode: ça change ! Sans compter l'ambition de consulter les partenaires sociaux et de ne pas se limiter au court terme...

 

Ce qui marque également le début du quinquennat Hollande, c'est la juste séparation des pouvoirs exécutif et législatif. En effet, contrairement à l'ère Sarkozy, où les parlementaires de la majorité étaient fréquemment reçus à l'Elysée ou à Matignon (pour être brossés dans le sens du poil à l'occasion d'un "petit-déjeuner de travail" ou pour être rappelés à l'ordre après un vote contraire au souhait du Président), les parlementaires de l'actuelle majorité sont libres de mener leur travail, sans intervention intempestive du chef de l'Etat. D'ailleurs, cet équilibre entre les deux pouvoirs, on pouvait l'observer à l'occasion du 14 juillet. Je m'explique. Soucieux de ne pas recevoir les deux journalistes (Laurent Delahousse et Claire Chazal, plus efficaces que le duo Pujadas-Ferrari) à l'Elysée, qui ne sont plus la résidence du Président mais seulement ses bureaux, François Hollande a choisi l'Hôtel de la Marine, menacé d'être vendu sous Sarkozy. Or, cet Hôtel magnifique, bordant la place de la Concorde (à gauche sur la photo aérienne ci-dessous), est situé à l'opposé du Palais Bourbon par rapport à l'Obélisque. Les deux monuments se font face et, si l'on dessine cette situation au sol, on pourrait tracer une balance: au centre, l'Obélisque forme une tige soutenant les deux établissements qui représentent, chacun, un plateau. Bref, géographiquement, le chef de l'Etat se situait face à l'Assemblée, à égalité. Un symbole fort !

 

Concorde vue ciel

 

Preuve que le législatif travaille sans pression de l'exécutif, l'épisode de la refiscalisation des heures supplémentaires a prouvé que chacun tient sa place... à tel point que j'envisage de transformer cet épisode en exercice pour mes prochains élèves de 3ème afin de leur faire comprendre le parcours d'une loi. Cet exercice expliquerait les étapes suivantes:

1- L'exécutif donne l'impulsion: le ministre de l'Economie évoque le projet gouvernemental de revenir sur la défiscalisation des heures supp' voulue par l'équipe précédente.

2- Le législatif discute du projet: l'Assemblée s'empare du dossier et, par une discussion en commission, les députés évoquent la refiscalisation dès le 1er janvier, soit une disposition rétroactive (qui, paraît-il, ne serait pas anticonstitutionnelle).

3- L'exécutif reprend la main et rend un arbitrage: soucieux de préserver l'intérêt général et constatant un désaccord au sein de la majorité, le Premier ministre évoque la date du 1er juillet pour relayer la volonté du Président.

4- Le législatif prend la décision finale: prenant appui sur l'arbitrage de Matignon, les députés discutent du projet en séance plénière et votent la refiscalisation à partir du 1er août.

Bref, le pouvoir exécutif impulse et fixe le cap. Le pouvoir législatif discute, amende et vote la loi finale, au nom de l'intérêt général des électeurs français.

 

Complément en date du 2 août: comme chaque année, je réserve une semaine de vacances fin août. Avec deux idées en tête: prendre un grand bol d'air juste avant de reprendre le travail (depuis trois ans, je pars après le 20 août); profiter des heures supplémentaires versées par le Rectorat sur ma paie de juillet. En effet, dans l'Education nationale, il existe deux types d'heures supp': pour les activités régulières, inscrites dans l'emploi du temps, on touche des HSA (Heures Supp' Année), versées chaque mois; pour les travaux imprévus (aide aux devoirs, préparation de voyages scolaires, encadrement d'un concours...), l'Etat paie des HSE (Heures Supp' Effectives), versées en fin d'année scolaire, après que le principal de l'établissement a confirmé que ces heures ont bien été réalisées. Or, cette année, ces HSE n'ont pas été versées fin juillet... Je les toucherai donc vraisemblablement fin août, quand je serai alors rentré de ma semaine de vacances ! L'explication? Si elles m'avaient été payées le 27 juillet, je n'aurais pas à payer d'impôts sur ces heures supp' tandis qu'en me les versant après le 1er août, elles deviennent imposables... L'Etat socialiste aurait-il manoeuvré pour récupérer une part de ces sommes? Je le crains.

Repost 0
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:56

Finies les interviews dans les salons dorés ou les jardins de l'Elysée ! Fini le temps où le chef de l'Etat choisissait les deux journalistes à qui il ferait l'honneur de répondre au cours d'une grande émission mobilisant la 1ère partie de soirée des deux grandes chaînes de télévision ! Avec François Hollande, le changement de style présidentiel, c'est fait ! Le président, invité du journal de 20 heures de France 2 mardi dernier, n'a pas manqué, au détour d'une phrase, de faire remarquer qu'il avait accepté une invitation de la rédaction et qu'il s'était déplacé dans les studios de la chaîne (photo: avec David Pujadas, en fin de JT)... Un président simple, normal, qui ne se prend pas pour un Français très au-dessus des autres ! Hollande et PujadasVoilà l'image que le président Hollande a voulu donner aux Français, rappelant également son choix d'un aller en train et d'un retour en voiture pour assister au "sommet informel de Bruxelles", préférant rentrer deux heures plus tard à l'Elysée que s'il avait pris l'avion et ne pas engager des dépenses majeures pour un simple déplacement.

 

Certains, dans l'opposition, diront qu'il s'agit d'une opération de communication, qui s'attarde sur le paraître... A ceux-là, on répondra que le président a, parmi ses nombreuses attributions, celle de représenter la France et de véhiculer, à l'étranger, une image à laquelle son peuple est légitimement attachée. De ce point de vue, l'ère Hollande n'a rien à voir avec l'ère Sarkozy... même si, au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait, lui aussi, accordé une interview à France 3 dans les locaux de la chaîne (épisode au cours duquel il s'était distingué, en off, en critiquant un ingénieur du son ne lui ayant pas répondu "Bonjour" quand il testait les micros du chef de l'Etat !). Mais, cette simplicité n'avait pas duré. Espérons qu'il en sera différemment pour François Hollande, dont le style mêlant "bon vivant" et "baron provincial" laisse présager le meilleur.

 

Autre différence avec son prédécesseur: le nouveau locataire de l'Elysée a su "entrer dans les habits présidentiels" et apparaît métamorphosé. Alors que le président sortant avait choisi une retraite en Méditerranée pour se préparer, l'élu du 6 mai a rappelé, plusieurs fois, qu'il se préparait à cette fonction depuis un an (et sa déclaration de candidature au printemps 2011), voire sans doute depuis plus longtemps. Au final, après seulement deux semaines à la tête de l'Etat (car cela ne fait pas plus de 20 jours qu'il est en fonction), Hollande fait déjà président. Peu charismatique, il a imposé son style et montré qu'il a les épaules. Plusieurs fois, il a utilisé une expression habile: "Je préside un grand pays, la France", insistant sur sa gestion de plusieurs grands rendez-vous internationaux. Que ce soit face à Angela Merkel, Barack Obama ou Vladimir Poutine prochainement, le président Hollande fait entendre la voix de la France... Une voix déterminée et entendue de ses partenaires !

 

Moins arrogant que son prédécesseur, François Hollande ne nie pas qu'il a déjà dû mettre de l'eau dans son vin... tout en restant ferme sur ses positions. Moments-clés de son intervention télévisée: l'Afghanistan (photo: à sa descente de l'hélicoptère, lors de sa visite "surprise") et la Syrie. On juge souvent la qualité d'un chef de l'Etat, chef de la diplomatie etHollande-en-Afghanistan.jpg des armées, sur sa maîtrise des sujets internationaux. Ici, c'est le cas: concernant l'Afghanistan, David Puajadas lui fait remarquer que les troupes retirées avant fin décembre seront des troupes combattantes, tandis que d'autres soldats resteront tout de même sur place au-delà de cette date. Le président Hollande réplique: son engagement était que les soldats français rentrent en France pour que, sur place, la phase militaire cède sa place à une phase de reconstruction du pays. Ainsi, les troupes restantes assureront le rapatriement du matériel, la formation de la police et de l'armée afghanes, ainsi que la mise en oeuvre de projets de reconstruction (avec trois priorités: l'école, la santé, la culture). Quant à savoir s'il faut intervenir militairement en Syrie, sa réponse est à la fois limpide et parfaite: une intervention n'est envisageable qu'avec l'accord du Conseil de sécurité de l'ONU; il faut donc convaincre la Russie de lâcher El-Assad dont le départ du pouvoir est un prélable à toute reconstruction politique du pays !

 

Bref, à l'occasion d'une simple interview de quelques minutes, le président Hollande a imposé sa marque. "Je suis un Président normal: cela ne veut pas dire banal, mais proche des gens, avec la volonté de ne pas changer ma façon de vivre". En une phrase, il a ainsi résumé un style qui me plaît d'autant plus que, sur le fond, son gouvernement agit, propose, fait bouger les lignes. Déjà, on a le sentiment que les mesures de son projet sont en cours de concrétisation... par une équipe déterminée à réussir. Quoi qu'il en soit, même si cela ne fait que deux semaines, j'ai l'impression de vivre sous la présidence Hollande depuis bien plus longtemps. De la même façon qu'une petite coupure se cicatrise en quize jours, la "blessure" du quinquennat sarkozyste s'est refermé dans la même période ! Il ne manque plus qu'une majorité au Parlement pour passer des paroles et des intentions aux actes. J'ai confiance.

Repost 0
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 16:10

"Tristounet blanc succède à Tristounet brun": c'est par cette formule que l'humoriste Nicolas Canteloup a commenté, sur Europe 1, le passage de témoin, à Matignon, entre François Fillon et Jean-Marc Auyrault (photo). C'est l'exercice du jour dans tous Fillon-Ayraultles médias: comparer les équipes gouvernementales. Passations de pouvoir dans les ministères obligent, la tentation est grande de profiter de l'annonce de la composition du nouveau gouvernement pour vérifier que les engagements (nombre, parité, diversité) sont tenus... avec cette question: le duo Hollande-Ayrault fait-il mieux que le tandem Sarko-Fillon? Et chaque camp choisit, finalement, ce qui l'arrange. Ainsi, côté UMP, les aboyeurs en chef (Nadine Morano sur Twitter et l'incontournable Jean-François Copé, agaçant en chef de la majorité et futur emmerdeur en chef de l'opposition), on a lancé la bataille des chiffres. Le président avair promis de réduire le train de vie de l'Etat en réduisant les salaires des ministres? Les calculs ont été faits. Le gouvernement Ayrault 1 coûtera plus cher à la France que le gouvernement Fillon 1: d'après eux, la baisse des salaires de 30% est compensée par le nombre élevé de ministres (34) et l'absence de secrétaires d'Etat (moins payés que les "ministres").

 

Les médias ont fait le calcul (avec des résultats divergents, d'ailleurs). Si j'en crois le site d'Europe 1 [lire ICI], le gouvernement Fillon 1 coûtait 288 000€ brut par mois (avec 15 ministres et 4 secrétaires d'Etat, soit 19 membres). Le gouvernement Ayrault 1, avec 35 ministres (Premier ministre, ministres de plein exercice et ministres délégués compris), coûtera 342 000€ brut mensuels (soit une hausse de 19% pour les finances publiques). Ceci dit, l'article souligne que le gouvernement Fillon à 19 n'a duré qu'un mois... Après les législatives de juin 2007 (et la départ, par exemple, de Juppé, battu aux législatives), le gouvernement Fillon 2 comptait 37 membres ! Ainsi, la dernière équipe Fillon, forgée en novembre 2010, coûtait 441 000€ brut mensuels. Autre entorse à l'argumentaire UMP: le gouvernement Fillon 1 ne comptait pas 19, mais 21 membres si l'on inclut, comme c'est fait pour l'équipe Ayrault, le chef du gouvernement et, à l'époque, le Haut-commissaire Martin Hirsch. Bilan des courses: entre le début et la fin du quinquennat sarkozyste, le coût du gouvernement pour les finances publiques a augmenté de 53% ! Et si l'on compare Fillon 3 à Ayrault 1, la baisse du coût du nouveau gouvernement est donc de 22%. Certes, le coût total du gouvernement ne diminue pas autant (30%) que la baisse au cas par cas des salaires de ses membres, mais on est loin de "l'imposture" dénoncée par le tandem Copé-Morano.

 

Au-delà de la question du coût (qui n'aura de sens qu'une fois les législatives passées, quand nous connaîtrons le nombre exact de ministres maintenus et la composition de leurs cabinets), il y a aussi quelques valeurs et symboles qu'il est utile de prendre en considération. Personnellement, le nombre élevé de porte-feuilles m'a irrité: dès hier, j'expliquais que le nombre élevé d'hommes à "caser" obligeait le couple exécutif à trouver autant de postes pour des femmes et, au final, respecter scrupuleusement la parité (9 femmes et 9 hommes ministres de plein exercice + 8 femmes et 8 hommes ministres délégués). Dans cette équipe massive, on découvre donc des nouvelles appellations qui ne convaincent pas nécessairement, à l'exemple de Delphine Batho qui devient "ministre déléguée à la Justice" sans autre précision (alors que tous ses collègues héritent d'un périmètre détaillé) ! Dans cette équipe massive, on découvre aussi des noms de femmes politiques qui m'étaient inconnues, souvent des députées (ce qui confirme que M. Ayrault, qui les a cotoyées ces cinq dernières années, est bien à l'origine de cette liste ministérielle). Heureusement pour l'équipe au pouvoir, il y avait, dans le groupe socialiste à l'Assemblée, assez de femmes... car, compte-tenu de leur faible proportion, ce n'était pas gagné !

 

Mis à part ces "limites", le gouvernement Ayrault est une réussite:

1- Tous les membres du gouvernement sont égaux: certes, il n'y a pas de secrétaires d'Etat (ce rend que François Fillon avait exploité pour grossir son effectif en expliquant qu'en nombre de ministres, les objectifs de campagne du candidat Sarkozy étaient maintenus !), mais les 34 heureux élus ont un titre similaire. Certes, Laurent Fabius, le Juppé d'Hollande, est n°2 du gouvernement (un poids lourd, qui a déjà eu des fonctions plus importantes par le passé, se retrouve forcément en tête de la hiérarchie...), mais M. Ayrault n'a pas été jusqu'à lui attribuer la fonction superficielle et égocentrique de "ministre d'Etat", bien qu'il détienne un des porte-feuilles prioritaires (les relations internationales, notamment à l'échelle européenne, seront, comme ces derniers jours l'ont montré, déterminantes).

2- A part le "cas" Fabius, l'ordre protocolaire a suivi l'ordre des priorités du nouveau Président: ministre de l'Education n°3, ministre de la Justice n°4, ministre de l'Economie n°5... plaçant le ministère de l'Intérieur ou celui de la Défense plus loin qu'ils ne le sont d'habitude.

 

3- Certaines nouvelles appellations, ambitieuses, apparaissent, montrant que le nouveau Président parie sur l'énergie d'un ministre à temps-plein pour défendre "le Droit des femmes" (pour la prometteuse Najat Vallaud-Belkacem) ou encore le très commenté "Redressement productif" où M. Montebourg aura du pain sur la planche, sans aucune garantie de succès, tant la tâche s'annonce rude ! N'oublions pas le ministère du "Travail et du dialogue social" où Michel Sapin devra mettre en application un nouveau contrat de confiance avec les organisations syndicales, ou encore celui "de la Réforme de l'Etat et de la Décentralisation" pour lequel Marylise Lebranchu (aubryiste, jusque-là candidate discrète au Perchoir de l'Assemblée) aura la charge de mener ce nouvel acte vers la régionalisation à la française.

4- L'UMP dénonce des ministres inexpérimentés en trop grand nombre. Trois contre-arguments permettent de détruire cette attaque que les ténors de la droite auraient dénoncés si la gauche l'avait elle-même employée. En 2002, le gouvernement Raffarin, issu d'une alternance et bien peu "ouvert" (Chirac a regretté, plus tard, de faire une équipe "UMP"), a fait la place belle à ces nouveaux talents, peu expérimentés, qui ont constitué, ensuite, le vivier dans lequel Sarkozy a pu puiser pour constituer ses propres gouvernements ! Par ailleurs, la gauche n'ayant pas été au pouvoir depuis dix ans, trouver des responsables politiques expérimentés sans reprendre les "éléphants" (qu'aurait dit l'UMP si l'on avait nommé les Chevènement, Hue, Jack Lang) ou les personna non grata (DSK ou encore Julien Dray). Enfin, je préfère donc une équipe inexpérimentée (dont l'âge moyen n'est pas si bas, d'ailleurs), composée d'élus légitimés par le suffrage universel, qui ont tout de même de fortes expériences locales ou parlementaires, et qui vont mettre leur détermination et leur fierté au service des Français !

 

5- Enfin, la composition d'un gouvernement étant un savant dosage, l'équipe formée hier est assez savoureuse. Je mets de côté la question de la place des courants socialistes: je pense que, comme moi, la plupart des Français se fichent de savoir qui est plutôt hollandais, combien le gouvernement compte de "fidèles d'Aubry" ou de "proches de Ségolène". Je sais que ces dosages sont extrêmement importants pour les socialistes, notamment pour François Hollande qui, quand il était Premier secrétaire, devait déjà composé avec ces courants multiples au sein desquels il instituait la fameuse synthèse. Pourtant, ces dosages partisans ne m'intéressent pas car chacun, en tant que ministre (avec la discipline qu'elle implique), jouera collectif et non pour son présumé champion. En revanche, la place donnée aux Verts et au PRG (pour l'instant, deux postes chacun), puis au MRC (non récompensé) est primordiale: le gouvernement finalisé, après les législatives, devra représenter toute la diversité de la gauche pour ne pas tomber dans le piège de l'Etat-PS, déjà dénoncé par la droite ! Sarko voulait la diversité? Sept ministres hollandais la représentent (trois issus de l'outer-mer, alors que souvent il n'y en a qu'un pour le poste de l'Outre-mer, précisément; trois issus de l'immigration nord-africaine et une de l'immigration asiatique). Sarko voulait des ministres proches des gens, pour couper la domination des élites issues des grandes écoles? Seuls cinq ministres hollandais ont fait l'ENA, la plupart ayant un diplôme universitaire correspondant à leur domaine professionnel. Paris réussis !

Repost 0
16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 16:39

La 1ère journée de la présidence Hollande était parfaite: les symboles choisis avaient été pertinents et l'attitude du nouveau Président laissait présager ce que devait être la présidence "normale" promise par le vainqueur. Le choix de son chef de gouvernement constituait une décision sans suprise, en cela qu'elle est logique et mûrement réfléchie. Il en sera de même de la composition du gouvernement, toujours attendue: il est vraisemblable que tous ceux qui ont joué un rôle-clé dans la campagne électorale récupéreront le ministère qui correspond à leur domaine de prédilection, sur lequel ils étaient chargés de rédiger la partie associée du projet socialiste. Ainsi, Marisol Tourraine, spécialiste des questions sociales (en particulier, liées à la santé), devrait récupérer un ministère des Affaires sociales dont les limites ne semblent pas encore clairement définies (intégrer ou non le Travail?). De même, Stéphane Le Foll, connu des militants socialistes mais proche peu connu de M. Hollande, pourrait obtenir le ministère de l'Agriculture, sujet sur lequel il fut chargé de travailler dans l'équipe du candidat. On pourrait ainsi multiplier les exemples...

 

Tout cela ne n'est que spéculations. Annoncée, en début d'après-midi, pour 16 heures, l'annonce du gouvernement Ayrault a été repoussée sans que la Présidence ne donne un horaire précis. Depuis, les journalistes sont sur place, attendent devant les grilles fermées de l'Elysée tandis que des "éditions spéciales" traînent en longueur sur les chaînes d'info: les bandeaux de bas d'écran affichent les hypothèses sous la forme "Untel devrait obtenir le ministère de ceci"; "Un autre doit être nommé ici"... Voilà donc le premier couac de l'ère Hollande. Le fait que l'annonce ait ainsi été repoussée crée une invertitude et incite les médias à commencer le vide, à véhiculer les indiscrétions: comme à l'époque Sarkozy, la composition supposée du gouvernement est annoncée par les médias, comme si des fuites proches du pouvoir étaient organisées. Sauf que, cette fois, les médias délivrent, au compte-gouttes, l'évolution du feuilleton. On a le sentiment que le nom des membres de l'équipe gouvernementale n'est pas définitivement arrêté, qu'il existe des certitudes (Valls à l'Intérieur, Fabius au quai d'Orsay, Peillon à l'éducation...) et que, dans le même temps, il reste des incertitudes, des cas litigieux que la Présidence est en train de régler.

 

Pourquoi en est-on là? Mon analyse est simple: l'équipe de campagne du candidat Hollande était beaucoup trop pléthorique et masculine... Résultat: puisque le nouveau Président semble choisir ses ministres parmi son cercle de fidèles (semblant constitué ce que la droite ne manquera pas d'appeler un Etat-Hollande, où les proches de Martine Aubry, elle-même "recalée", n'ont que peu de places), il est dans une impasse. Aucun nom d'écologistes ne circule, comme s'il ne leur trouvait pas la moindre place compte-tenu du nombre de prétendants aux porte-feuilles ministériels. Pire: contraint de maintenir son engagement d'un gouvernement paritaire, pour ne pas être pris en défaut dès le début de son mandat, il doit trouver des femmes... Or, à part les porte-paroles de sa campagne et quelques figures assurées d'en être, il est probable que les deux têtes de l'exécutif peinent à éjecter des prétendants masculins pour leur trouver des remplaçantes féminines. Dès le début de sa campagne, j'avais déploré cette maigre féminisation d'une équipe finalement mal constituée !

 

Ce n'était que symbolique... mais c'est l'une des causes, à mon sens, de ce feuilleton qui n'en finit pas. Trois heures après l'horaire initialement indiqué, l'annonce officielle par le secrétaire général de l'Elysée ne saurait tarder... Espérons que cette composition ne décevra pas et que le Premier ministre, invité du 20 heures de France 2, saura tracer une ligne claire, pour ne pas ajouter à la confusion ambiante ! Ce serait donner une nouvelle occasion à l'UMP qui a déjà commenté, stupidement, l'absence de la maire de Lille dans le nouveau gouvernement: pour les leaders de la nouvelle opposition présidentielle, c'est le début d'une cohabitation entre la Première secrétaire, qui ménera la campagne des législatives pour le PS, et le Président. Comme si, ces cinq dernières années, le tandem Sarkozy-Copé ne donnait pas cette même impression d'une cohabitation entre un Président omniprésent et un ambitieux soucieux de prendre sa place ! Passons. Quoi qu'il en soit, le chef de l'Etat devra savoir justifier les repêchages de ses fidèles... Car, malheureusement, tout cela sent trop le partage d'un gateau, bien appétissant, par un clan ! Méfiance !

Repost 0
16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 15:30

On sait, depuis François Mitterrand, que le premier jour d'une Présidence est plein de symboles... que le nouveau locataire de l'Elysée, une fois investi sous les ors de l'Elysée, doit choisir avec beaucoup de réflexion. Celui qui est désormais le premier (et non plus l'unique) Président socialiste avait marqué les esprits en allant déposer, sur des tombes choisies avec précision: Jean Jaurès (référence ultime du socialisme et du pacifisme), Jean Moulin (incarnation de la résistance, jusqu'à la mort, au nazisme) et Victor Schoelcher (député de la IIème République, son nom ne figure pas dans les programmes d'histoire alors qu'il est l'initiateur de l'abolition définitive de l'esclavage en France). En 2007, après la cérémonie élyséenne (arrivée en famille avec son épouse et ses enfants, gestes de complicité pour essuyer une - fausse? - larme sur le visage de Cécilia), le président Sarkozy avait choisi le monument rendant hommage, au bois de Boulogne, à Guy Moquet: il voulait se tourner vers le passé pour évoquer la résistance et mettre en avant son attachement personnel à ce personnage, communiste fusillé pendant la Seconde guerre mondiale... et qui allait devenir une figure de son quinquennat. Ou quand le Président transforme une passion personnelle en commande d'Etat, imposant aux enseignants de lire sa lettre à date fixe !

 

En 2012, le président Hollande a cherché à ne produire aucun faux pas, d'autant qu'à l'ère de l'Internet et des chaînes d'info en continu, toute image donne lieu à commentaires et analyses: les propos en "off" ne le sont plus avec les inombrables micros qui entourent le chef de l'Etat. Tout est donc scruté à la loupe et la moindre erreur donne lieu à polémique. On sait, depuis Nicolas Sarkozy, que les choix personnels du Président, avant même son investiture, sont très observés. L'épisode Fouquet's suivi du yacht en Méditerranée a fait des ravages... Sérieux, sobre et voulant affirmer sa dimension d'homme d'Etat, François Hollande s'est isolé, a repris le chemin de son bureau dès le lendemain de son élection, a préparé les dossiers urgents et son agenda présidentiel... Ainsi, dès le jour de son investiture, compte-tenu des rendez-vous internationaux (Berlin, hier soir, puis Bruxelles, Washington...), le nouveau président se devait d'être prêt. Non pas à "habiter la fonction" (c'est ce qu'il fait depuis un an), mais à gérer les dossiers urgents. En y ajoutant quelques bains de foule dans la rue de son appartement parisien, ainsi que des déplacements symboliques (en Corrèze pour ses adieux au Conseil général ou au siège du PS pour, avant son entrée en fonction, saluer une dernière fois le Bureau politique qui préparait les législatives... avant de s'élever au-dessus des partis et esprits partisans). Montrer son sérieux. Se mettre au travail pour servir le pays. François Hollande a bien choisi son attitude... aux antipodes de celles de son prédécesseur.

 

Il en fut de même, hier, pour la journée d'investiture. Malgré la pluie, le chef de l'Etat a salué la foule (assez peu nombreuse, malgré ces Français qui avaient pris des RTT pour assister à l'événement) dans sa nouvelle voiture hybride, avant de gagner l'Arc de triomphe. Trempé, il a ravivé la flamme du Soldat inconnu (suivant la méthode soufflée par son prédécesseur lors du dernier 8 mai) avant un bain de foule. Au cours de l'après-midi, les gestes symboliques, en rupture avec ceux de Sarko, ont été soigneusement choisis... et, à mon avis, resteront dans l'histoire. Quatre grands temps forts ont eu lieu:

1- Un repas sur une table Repas-Elysee-Hollande.jpegronde dans le palais de l'Elysée (photo) a réuni les anciens Premiers ministres socialistes (Pierre Mauroy, Laurent Fabius et Lionel Jospin), tous trois présents à l'investiture... rappelant que la gauche au pouvoir, ça date ! L'émotion était palpable: trop sobre et sérieux, Jospin rappelle, depuis une semaine, que les législatives approchent; désireux de sauvegarder la place qui lui est assurée, Fabius ne s'est pas distingué; ému, Mauroy a exprimé, en "off", à Hollande sa satisfaction de voir un socialiste accéder à l'Elysée. Jean-Pierre Bel (au centre, légèrement à droite), président du Sénat et autre fidèle de F. Hollande, complète la tablée élyséenne.

2- Dépôt d'une gerbe au pied de la statue de Jules Ferry dans le jardin des Tuileries: devant un public de lycéens, à qui il a serré les mains dans une bousculade qui a donné des sueurs froides à son service de sécurité (lequel craint évidemment cette envie de normalité et de proximité, sincère, du président), il a pris soin, dans un discours moins lyrique et grandiloquent que ceux rédigés par Henri Guaino, de désamorcer une polémique stupide. Certes, Ferry a été un défenseur de la colonisation, du temps où il dirigeait le gouvernement de la IIIème République... mais il fut aussi, et surtout, l'initiateur des lois de 1881-1882 qui rendirent l'école gratuite, obligatoire (de 6 à 13 ans, à l'époque) et laïque. C'est, à juste titre, une des grandes lois de la République, permettant à tous les enfants de quitter le monde du travail (celui des mines, par exemple) pour accéder à la culture et au savoir, sans condition de revenus des parents !

 

3- Dépôt d'une gerbe au pied de la statue de Pierre et Marie Curie dans la cour de l'Institut Hollande-a-l-Institut-Curie.jpgdu même nom (photo): acclamé par les chercheurs qui travaillent en ce lieu et sous la pluie, le chef de l'Etat a voulu cumuler deux symboles. Marie Curie, deuxième femme enterrée au Panthéon, est à la fois une chercheuse de renom, célébrée pour ses deux Prix Nobel (de physique puis de chimie), et une étrangère, d'origine polonaise, qui su (et pu) s'intégrer en France.

4- La réception à l'Hôtel-de-Ville: le nouveau Président, acclamé dans la grande salle de cet édifice par les élus de gauche et les ténors du PS (dont une rangée d'hommes "mûrs", où la tenue rouge de Ségolène Royal faisait exception), s'est assis aux côtés d'un Bertrand Delanoë les larmes aux yeux. On comprend, avec ce moment, que la gauche est fière, que ce retour au pouvoir constitue un grand moment de leur vie politique et personnelle...

 

De cette journée, riche et symbolique, le 7ème président de la Vème République s'est démarqué du 6ème. Contacts directs répétés avec le public, venu l'écouter en ces nombreux lieux de la capitale; choix de sites mêlant l'héritage de l'histoire de notre République et évocation des priorités d'avenir pour le quinquennat (l'école et la recherche pour stimuler la croissance par l'innovation): ces marqueurs donnent le ton d'un mandat présidentiel qui, avant d'avoir véritablement commencé, semble bien parti. Le style "hollandais" marque une rupture... et répond à une attente des citoyens. Pourvu que cela dure !

Repost 0
9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 14:13

"Moment émouvant". Proclamation du bilan par le Premier ministre. Félicitations (et cadeau?) des ministres au Président battu. Voici les quelques caractéristiques du dernier Conseil des ministres de l'ère Sarkozy, qui s'est tenu, ce mercredi matin, à l'Elysée. A leur sortie, et avant de regagner les ministères où les cartons se préparent, les ministres ont pu descendre les marches du Palais une dernière fois, répondant aux questions des journalistes venus nombreux. "C'est la première étape d'une transition républicaine. L'alternance est normale, dans une démocratie" expliquent-ils... Sans oublier de présicer, pleins d'auto-satisfaction, que la France regrettera Nicolas Sarkozy, que l'histoire saura lui rendre hommage sur sa façon de préserver le pays de la grande crise de 2008 ! Quelques heures plus tard, un décret est publié au Journal officiel: l'évaluation des enseignants, par les chefs d'établissement plutôt que leurs inspecteurs pédagogiques, a donc été entérinée... malgré le vote, contraire, du 6 mai ! Colère des syndicats. "Cette décision, vraisemblablement la dernière, est à l'image d'un quinquennat au cours duquel fut bafoué le dialogue social" précisent-ils.

 

Cette décision est d'autant plus inutile qu'elle sera, aussitôt le nouveau gouvernement formé, annulée ! Tout comme le volet de la réforme des retraites qui empêche les travailleurs qui ont cotisé 41 années tout en commençant à travailler à 18 ou 19 ans de partir en retraite à 60 ans. Tout comme l'augmentation du salaire du chef de l'Etat, qui sera amputé de 30%, de la même manière que le traitement des ministres. Avant même d'être officiellement à l'Elysée, François Hollande et ses équipes mettent en place les premières semaines de gouvernement: en attendant les législatives, le prix de l'essence devrait être bloqué tandis que la prime de rentrée scolaire serait revalorisée de 25%. De quoi préparer sereinement cette campagne électorale, sur le mode: "Vous voyez bien que le changement est possible: en quelques semaines, notre volonté politique a déjà permis Citroen-DS5-Hybrid.jpgd'appliquer cinq ou six volets de notre programme !". Autre décision, déjà entérinée car plus symbolique que déterminante: le futur Président a choisi la Citroën DS5 Hybrid (photo), écologique et "made in France", qu'il avait conduit lors d'une visite dans l'usine de Sochaux durant la campagne, comme véhicule officiel. Il l'utilisera d'ailleurs dès le 15 mai prochain, pour la traditionnelle descente des Champs-Elysées après la cérémonie d'investiture.

 

Puisqu'il est question de Conseil des ministres et des décisions "symboliques", je vous propose de compléter ma liste de décisions immédiates, faciles à prendre, pour changer la façon de gouverner:

1- Réduire à 20 le nombre de membres du gouvernement, du Premier ministre aux secrétaires d'Etat: la liste des porte-feuilles serait fixée dans la Constitution pour être définitive. La parité intégrale (10 hommes - 10 femmes) serait ainsi facilitée. Plusieurs grands pôles seraient créés, chacun sous la responsabilité d'un ministre d'Etat, assisté de ministres ou secrétaires d'Etat ("sécurité et défense", "relations extérieures", "économie-social", "environnement", "éducation-formation", "aménagement des territoires"...).

2- Modifier le rythme des Conseils des ministres: chaque semaine, un Conseil restreint consacré à une thématique serait organisé, en l'absence des ministres non concernés. Un Conseil au grand complet aurait lieu chaque mois, s'achevant par une conférence de presse du Premier ministre (comme du temps de M. de Villepin). Chaque ministre serait contraint de mener un déplacement en province par semaine.

3- Mise en place d'un système "à points" pour le non-cumul: chaque fonction élective serait affectée de 1 (conseiller municipal) à 5 points, tout élu ne pouvant pas cumuler plus de deux fonctions sans dépasser un total de 5 points. Ainsi, certains binômes de mandats seraient impossibles. Parlementaires et ministres rapporteraient 5 points, interdisant ainsi toute autre fonction élective... sans aucune exception, liée au charisme d'un ministre !

4- Créer un portail de "démocratie participative" intitulé forums.gouv.fr: sur ce site, les citoyens seraient appelés à participer à des sondages, à donner leurs avis sur des forums, à suivre l'actualité des réformes et des négociations en cours. Ainsi, en plus du dialogue social habituel (avec les partenaires sociaux), un dialogue citoyen faciliterait le lien entre gouvernants et gouvernés.

Repost 0
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:24

Nicolas Sarkozy restera, dans l'histoire de notre République, comme le premier Président à avoir partagé, avec son successeur, la cérémonie du 8 mai. Contrairement à François Mitterrand, qui l'avait également fait en 1995 avec Jacques Chirac, le président sortant a été battu par celui avec qui il a donc partagé la photo devant la tombe du Soldat inconnu, au pied de l'Arc de triomphe. L'image, belle et RE-PU-BLI-CAINE, témoigne du calme après la tempête (électorale) qui fait honneur aux grandes démocraties. Après le temps de l'affrontement, parfois violent, sur le terrain des idées, vient le temps de l'unité derrière celui qui deviendra, la semaine prochaine, le Président de tous les Français (n'en déplaisent à certains badauds)... Certains Parisiens ont amené leurs enfants, sur les Champs-Elysées, pour ce moment historique et digne. Après le dépôt de la gerbe (où l'on voit Sarkozy, expérimenté, ne pas s'abaisser complètement...), le sortant guide l'élu de dimanche, semblant lui expliquer, tel un prof à son élève, ce qu'il faut faire. Puis, vint le moment de signer le Livre d'or (photo)... Occasion de découvrir, tels les graphologues cités par les Livre-d-or-8-mai.jpgcommentateurs de France 2, deux personnalités bien différentes: d'un côté, Nicolas Sarkozy dont la signature saccadée, composée de pointes telles des montagnes russes, montre le caractère impulsif, déterminé et cassant; de l'autre, le paraphe de François Hollande se compose de lettres et d'un arrondi final qui montre un tempérament plus posé, serein et doux.

 

Soucieux de la dernière image qu'il laissera aux Français et à l'histoire, le président Sarkozy ne s'est pas exprimé aux micros des journalistes (préférant que son discours de la salle de la Mutualité, dimanche soir, sobre et digne, reste dans les mémoires) et est allé à la rencontre des citoyens présents derrière les barrières. Simples citoyens, militants UMP, électeurs forcenés de la droite: ces citoyens sont venus apercevoir ou serrer la main du président Sarkozy. Pour certains, ce fut l'occasion de le remercier, de lui souhaiter "bon vent", voire de pleurer leur champion vaincu. Désireux de ne pas subir ce que VGE a enduré en 1981, quand il fut sifflé dans la rue de l'Elysée où il marcha à pied, Nicolas Sarkozy a pris un bain de foule, a longuement salué la foule depuis sa voiture officielle... Il laissera donc une bonne impression, celle d'un Président populaire auprès d'une bonne part de la population, qui a pu émouvoir jusqu'aux sympathisants de la gauche...

 

Il n'en reste pas moins que ce 8 mai est l'occasion de distinguer deux personnalités, deux styles. Il me donne aussi l'opportunité de réaffirmer plusieurs de mes propositions, concernant la moralisation de la vie publique, et que le nouveau chef de l'Etat pourrait (peut-être) appliqué:

1- Etablir une échelle des salaires pour toute la classe politique: en respectant la règle "de 1 à 20", le Président ne pourrait pas gagner plus de 20 fois le SMIC, tandis que les salaires des autres responsables politiques seraient également fixés selon leur place dans la hiérarchie officielle (membres du gouvernement, élus nationaux ou locaux...).

2- Rénover le "statut de l'élu" et rendre les dispositifs des élus moins injustes.

3- Mettre à plat le calendrier des jours fériés: supprimer le caractère férié des jours de fête religieuse chrétienne, puis inventer des jours fériés plus "fédérateurs" évoquant des valeurs républicaines qui permettraient de grands moments d'unité comme celui que nous avons vécu ce jour (abolition de l'esclavage, journée de l'Europe...).

4- Donner une dimension moins guerrière au défilé du 14 juillet: comme le proposait Eva Joly, laisser toute sa place à l'armée à laquelle il faut rendre hommage pour son rôle de défense et protection de la Nation. Ce qui n'empêche pas de faire défiler des écoles, des associations... pour fédérer ladite Nation.

5- Rétablir la garden party dans les jardins de l'Elysée et des préfectures: en maîtrisant les dépenses de cette manifestation (limiter les petits-fours ou les boissons, dont le coût unitaire pouvait choquer !), il me semble important de la rétablir afin de rendre hommage aux citoyens, prioritairement anonymes, qui ont rendu un véritable service au pays. Ainsi, la Légion d'honneur leur serait remis de façon symbolique le jour d'une fête nationale qui constituerait, désormais, la seule et unique promotion annuelle de cette distinction.

 

Tout cela est symbolique. D'un point de vue budgétaire, cela représente une goutte d'eau. D'un point de vue républicain, ce sont des mesures témoignant d'une autre façon de présider le pays. Malheureusement, c'est un domaine dans lequel le Président sortant n'a pas mis autant d'énergie que sur d'autres dossiers, où il estime avoir bousculé les choses... Bilan bien maigre pour une République qui se voulait exemplaire ! Sur au moins un de ces points, M. Hollande devrait faire mieux.

Repost 0