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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 10:28
Ce qui devait arriver arriva... et personne n'a réellement été surpris de l'annonce de la mort de Bénazir Bhutto.jpgBhutto (photo), l'ancienne premier ministre du Pakistan, revenue dans son pays après près deneuf années d'exil à Londres, pour incarner l'espoir d'un changement politique dans un pays tenu par le général-président Pervez Musharraf. Elle était la leader incontestée (et présidente auto-proclamée !) du principal parti d'opposition au chef de l'Etat pakistanais, dont la première (et seule?) préoccupation est la lutte anti-terroriste. Comment eût-il pu en être autrement? Musharraf est un militaire, principal allié des Etats-Unis de Bush dans la région et président d'une poudrière où les terroristes d'Al-Qaida ont trouvé l'un des terreaux les plus fertiles ! Mais, pendant ce temps, les Pakistanais ne vivent pas ou peu, rongés par la peur, plongés dans la misère...

Pour les plus pauvres et les classes moyennes, Bénazir Bhutto incarnait le changement: pas question pour elle de relâcher la traque des terroristes et de Ben Laden, mais pas question d'abandonner le peuple à son triste sort. C'est ce qu'explique sa popularité, qui lui assurait une victoire annoncée lors des prochaines législatives. Popularité multiforme: elle était la figure charismatique qu'attendent toutes les classes moyennes cultivées du pays, elle était la figure charismatique soutenue par tous les pays occidentaux (sa féminité n'y est-elle d'ailleurs pas aussi pour beaucoup?) et elle était la seule membre de l'opposition à oser affronter, verbalement, le président Musharraf dont la popularité est sur le déclin.

Bref, Bhutto devait devenir, dans quelques semaines, et pour la troisième fois, premier ministre de son pays, elle qui fut la première femme à occuper le siège de chef de gouvernement dans un pays arabe, à 98% musulman ! Tout un symbole... que ses opposants politiques ont voulu liquider. Car, ce qui frappe dans l'attentat dont elle a été victime, c'est qu'elle seule était la cible du terroriste qui s'est fait exploser. Quels que soient les débats autour des causes de sa mort (qui ne seront pas élucidées puisque aucune autopsie n'a été pratiquée !), il est clair qu'elle était la cible de l'attaque. Comme l'expliquaient les spécialistes que sont Antoine Sfeir (directeur de la rédaction des Cahiers de l'Orient) ou Pascal Boniface (président de l'Institut des Relations Internationales et Startégiques), invités de l'émission "C dans l'air", le soir même du 27 décembre, le mode opératoire ne laisse guère place au doute: Bénazir a été tuée d'une balle en pleine tête par le khamikaze qui, ensuite, s'est fait exploser. On ne visait donc pas à terroriser ses partisans, comme ce fut le cas le jour de son retour d'exil, mais à la tuer elle !

Dès lors, à qui profite le crime? A Musharraf. Qui perd, là, sa principale (et seule) opposante. Qui ne nawaz-sharif.jpgretrouve face à lui que l'ancien premier ministre Nawaz Sharif (photo), bien moins virulent contre l'actuel président. Le crime est-il politique? C'est presque sûr. A-t-il été commandité par le président lui-même? Ca l'est beaucoup moins. Mais, il est probable que ses partisans aient participé à sa préparation. D'ailleurs, l'ampleur de la colère des partisans de Mme Bhutto et les affrontements qu'elle provoque montre que les Pakistanais ne sont pas dupes ! L'attitude même du gouvernement est révélatrice: pourquoi le ministre de l'intérieur rappelle, chaque jour, que la cause de la mort est moins importante que les auteurs du crime? Faut-il y voir la marque d'Al-Qaida? Sans doute pas car le mode opératoire, s'il rappelle ce que font les terroristes islamistes, contient cette nouveauté de l'utilisation d'une arme à feu, qui marque un tournant ! De plus, les islamistes du Pakistan n'ont pas besoinde l'aide matérielle de la nébuleuse de Ben Laden pour perpétrer des attentats (la fréquence de ceux-ci le prouvant).

Dès lors se pose la question du maintien du scrutin du 8 janvier prochain. Le président Musharraf veut son maintien pour ne pas céder devant les terroristes (raison officielle) et profiter de la peur de la population pour réaffirmer l'importance de la lutte anti-terroriste, qui lui assurera la victoire (raison officieuse). Les opposants veulent son report, mettant en avant le fait que la disparition de sa tête de liste pourrait faire perdre à ces élections le caractère représentatif qu'elles auraient du avoir (raison officielle), sans pour autant nier qu'il va leur falloir du temps pour trouver une nouvelle figure capable de diriger le parti et le pays (raison officieuse). Et, on trouve là l'une des faiblesses de ces hommes ou femmes providentiels, autour desquels sont bâtis toute un stratégie politique et sans qui tut risque de s'effondrer. Ainsi, la stratégie américaine qui reposait d'abord sur des personnalités et non sur des idées se fissure... si bien que Bush est, de nouveau, dans l'embarras !

Faut-il maintenir le scrutin? Je me contenterais de souligner que l'attentat, perpétré quelques jours avant l'élection, prouve à quel point les islamistes radicaux ont peur des élections démocratiques et de la démocratie, par laquelle ils n'ont bien souvent aucune chance d'imposer leurs idées. D'où le recours aux attentats... pour cette seule raison, et ne pas leur donner l'impression qu'ils ont gagné sur tous les fronts (élimination de Bhutto et report du scrutin pour plonger un peu plus le pays dans la crise), il faudrait maintenir le scrutin ! L'opposition, étant désormais orpheline de sa figure emblématique, sur qui tout reposait, risque donc de tout perdre: pour cette raison, et pour que le scrutin ait un sens, il faudrait le reporté... mais de seulement quelques semaines ! Et si Musharraf saisissait l'occasion de former un gouvernement d'union nationale, regroupant son parti et l'opposition, en donnant à un de ses opposants le fauteuil de premier ministre? La communauté internationale serait bien inspirer d'en faire la proposition, tant que la stabilité de cet Etat (nucléaire !) n'est pas rétablie.
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Published by Aurélien Royer - dans Chronique monde
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 18:44
Attention ! Le titre de cert article ne doit pas vous induire en erreur: mon but n'est pas de critiquer une remise à plat de la durée légale du travail mais, au contraire, d'en discuter en profitant de la polémique naissante autour de ce dossier, devenu tabou ! C'est donc par une lettre aux partenaires sociaux que le premier ministre, François Fillon, a décidé d'ouvrir ce dossier qui divise tant la gauche et les syndicats, et qui fait l'unanimité à droite. Chirac n'a jamais osé y toucher, se faisant le défenseur d'une durée minimale commune à tous les salariés. Sarko a toujours dit qu'il faudrait, un jour ou l'autre en parler, même s'il a décidé de commencer son quinquennat par encourager les salariés à recourir aux heures supplémentaires, qui n'ont de sens qu'avec l'existence d'une telle durée minimale...

Et, avant de parler du fond de ce dossier, sur lequel nous allons (je l'espère) échanger, revenons sur la forme. Deux constats s'imposent. 1- le contenu de la lettre peut être discutée: demander aux partenaires sociaux de négocier d'ici au 31 mars 2008, faute de quoi une loi imposera la décision finale montre que le gouvernement a déjà une idée de ce à quoi il veut arriver, lanégociation n'ayant alors aucun sens. Fillon fait donc du Sarko (et c'est logique !): discutez, mais de toute façon, il faudra arriver à cela... cela rappelle le dossier des régimes spéciaux ! 2- le choix de la date, un 28 décembre, en pleine période de vacances, n'est pas le plus pertinent. De deux choses l'une: soit le premier ministre veut montrer qu'il travaille pendant que les Français skient (ce qu'il a déjà fait en visitant un foyer pour sans-abris !), soit il cherche à exister face à l'hyperprésident, en profitant non pas des vacances des syndicalistes mais de celles de Sarko. Je pencherais plutôt pour la deuxième option !

Et maintenant, venons-en au fond ! J'ai déjà eu l'occasion de le dire sur le blog Débattons, je ne suis pas hostile à une négociation, branche par branche, de la durée légale du travail. Comme pour le calcul des retraites, certains métiers pénibles pourraient bénéficier d'une durée légale hebdomadaire inférieure à celle qui concernerait des emplois moins pénibles. Exemple: les ouvriers des usines, qui travaillent parfois de nuit et qui ne bénéficient pas des conditions de travail les plus favorables, pourraient ne travailler que 35 heures par semaine, pendant que des employés du Trésor public ou des différentes administrations pourraient travailler 38 heures. D'autant plus que ce serait l'occasion, pour l'Etat, d'ouvrir ces administrations plus tôt le matin, plus tard le soir, ou les samedis toute la journée, afin de permettre aux autres salariés d'y accéder plus facilement.

Par ailleurs, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire l'an dernier, pendant la campagne des présidentielles, il serait tout aussi utile de négocier la mise en place de "compensations" à l'augmentation de la durée de travail. Comme la création d'une sixième semaine de congès payés. Comme l'obligation, pour tous les salariés, de bénéficier de trois demi-journées de repos hedomadaire. Ou encore le décompte, du temps de travail, d'une partie du temps passé dans les transports entre son domicile et son lieu de travail; je reproduis là ma proposition de décembre 2006. " soustraire à cette durée le temps passé dans les transports pour deux raisons: il s'agit, au moins dans les transports en commun, d'un élément de cumul de stress et, pour les personnes éloignées de leur lieu de travail, il engendre des journées très longues [ainsi qu'une amputation partielle de la "vie de famille"]. Je propose donc de soustraire aux 38 heures, soit 35% du temps de transport (pour les personnes venant en voiture, dans la limite d'une heure par jour), soit 60% du temps de transport (pour les personnes recourant aux transports en commun, dans la limite de deux heures par jour) ". Exemple: un employé qui travaille cinq jours par semaine et doit effectuer deux heures, aller-retour, de train pour aller au bureau ne travaillerait pas 38 heures par semaine mais 32 heures effectives (38 - (5*2*0,6)).

Quoi qu'il arrive, il est clair que, dans ce dossier, le maintien d'une durée minimale est nécessaire, afin que ceux qui veulent "travailler plus" puissent "gagner plus" grâce aux heures supplémentaires et afin qu'il existe des repères assurant l'équité entre tous les salariés. Ainsi, supprimer toute durée légale, comme le souhaite le MEDEF, permettraient de supprimer, de fait, les heures supplémentaires sur-payées ! Mais aussi empêcherait de définir un temps partiel... Parmi les mesures que je préconisais l'an dernier se trouvait un autre de ces "repères": le SMIC. Il doit être commun à tous les salariés car il permet lui aussi de maintenir cette équité, plus que nécessaire, entre les salariés: ce SMIC doit être suffisamment élevé pour le distinguer des minima sociaux et permettre d'assurer à tous un pouvoir d'achat confortable, mais pas trop élevé pour permettre une valorisation des carrières.

Que le gouvernement ouvre ce chantier est une bonne chose. En espérant, donc, que l'objectif ne soit pas fixé à l'avance et en déplorant que le sujet soit lancé en ce moment, créant, dès le début, une tension entre syndicats et patronat, à qui Fillon fait une belle fleur ! A vous, maintenant, de donner votre avis, de débattre de mes propositions... et d'avancer les vôtres !
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Published by Aurélien Royer - dans Cohésion sociale
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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 21:13

Comment ne pas réagir, ce mercredi soir, à l'annonce du verdict prononcé par le tribunal spécial de N'Djamena contre les membres de l'association "l'Arche de Zoé"? Au-delà des peines prononcées, ce sont toutes les questions qui entourent cette affaire qu'aucun citoyen ne peut ignorer. Il est d'abord clairement établi que ce procès a été plus qu'inéquitable pour ces six Français, défendus par la crème es avocats, le médiatique maître Collard en tête. Quand l'opinion sait, quelques heures voire quelques jours à l'avance, quelle sera la teneur générale du verdict, on ne peut que parvenir à la conclusion qu'il s'agit d'une mascarade dont le scénario était écrit d'avance: tout le monde savait que la condamnation de ces "humanitaires" était acquise... même si le jury a (volontairement?) pris son temps pour délibérer, laissant planer un semblant de suspense ! Heureusement la justice française échappe à de telles pratiques: dernier exemple en date, le procès Colonna a été très indécis, jusqu'à la dernière minute...

Tous les ingrédients étaient donc réunis pour que, vu de chez nous, ce procès n'ait rien d'une décision de justice. 1- le procès a été si vite expédié que, chaque jour, l'envoyé spécial de France 2 (ou de France Info) répétait à quel point le jury ne s'était pas attardé sur les détails de l'affaire, se contentant de rappeler des faits que mêmes les accusés ne niaient plus. Faut-il se féliciter, comme le fit Ségolène Royal en Chine, d'une justice plus rapide que la nôtre? Pas sûr... 2- la défense a eu la possibilité de s'exprimer, quelque peu, mais aucun des mots des avocats ne pouvait s'opposer avec succès aux terribles accusations lancées par la partie civile. Il n'y a pas de mot pour qualifier l'attitude des avocats tchadiens représentant l'Etat, quand ceux-ci osaient parler de "négriers" pratiquant pire que de "l'esclavage" et quand, pour confirmer ces thèses, il citait le nom de l'aéroport où l'avion de l'association devait se poser. Pour eux, le fait que celui-ci aurait dû se poser sur les pistes de Vatry, aéroport international spécialiste du fret, en dit beaucoup sur les intention des "humanitaires" et sur l'image qu'ils se faisaient des enfants auxquels ils venaient en aide. De tels sous-entendus sont insoutenables !

3- il est tout aussi clair que la justice et le pouvoir tchadiens ont voulu profiter de l'émoi populaire qui a entouré cette affaire pour sacrifier ces six descendants de colons contre tous les principes qui devraient régir la justice d'un pays démocratique ! Vues les réactions des habitants de N'Djamena, le pouvoir tchadien avait plus qu'intérêt à condamner Eric Breteaux et ses complices pour calmer la colère d'un peuple à qui on n'a sans doute pas donné tous les éléments de l'affaire... 4- l'empressement avec lequel les parties civiles ont réclamé des dommages et intérêts astronomiques (plusieurs millions d'€uros par enfant) prouve, encore une fois, à quel point les autorités ont voulu profiter de l'affaire... et la justice tchadienne l'y a bien aidé en condamnant les accusés à verser un total de 6 millions d'€uros aux 106 enfants concernés. 5- comme le disait maître Mario Stasi, l'un des avocats de l'Arche de Zoé, sur le plateau de "C à dire" (France 5, par Thierry Guerrier, tous les jours avant "C dans l'air"), le verdict est ellement suréaliste qu'il illustre à lui seul la mascarade qu'a été ce procès. Pour lui, il fallait une telle décision finale pour finir de prouver aux citoyens français la nature du procès...

Bref, comme souvent, ce procès, dans un pays qui n'est pas un modèle de démocratie, n'avait qu'un seul objectif: cacher la réalité du fond de l'affaire. Jamais la crise du Darfour n'a été évoquée, alors que l'association intervenait dans ce contexte, si particulier. C'est assez gênant... Reste une question: comment les associations humanitaires vont-elles, dans ces nouvelles conditions, pouvoir réaliser leur travail d'aide d'urgence et de soutien permanent aux populations sans que les autorités locales, tchadiennes ou soudanaises, ne s'en méfient? C'est l'une des craintes, légitime, des associations comme l'UNICEF qui rappellent à quel point l'humanitaire est un métier, qu'il s'apprend, et qu'il est difficile de s'improviser spécialiste en la matière. Il n'en demeure pas moins que, dans le cas de l'Arche de Zoé, les volontaires français venaient, avec un certain idéal en tête, aider des enfants souffrants et non pratiquer un quelconque trafic que seuls les Africains, traumatisés qu'ils sont par la colonisation, peuvent encore penser qu'il existe (à une telle échelle).

Bref, le jugement prononcé à N'Djamena, et sur lequel la justice française ne pourra pas revenir, devant se contenter de la transcrire en respectant le droit français et en y appliquant les mesures de réduction de peine, est plus que litigieux... un peu comme celui qui a suivi les émeutes de Villiers-le-Bel ! Les incidents qui s'y sont déroulés dernièrement révélaient, une fois encore, la situation des banlieues françaises ET celle des habitants de ces banlieues. Un malaise social, un désengagement de plus en plus redouté des services publics, un éloignement progressif de l'Etat, la progression de la pauvreté et la "ghettoïsation" des plus pauvres. C'est pourquoi les décisions de justice qui ont suivi ces incidents n'ont sans doute pas été à la hauteur d'un Etat démocratique: certains jeunes ayant jeté des pierres sur les forces de l'ordre (ce qui n'est, bien sûr, pas excusable !) ont été condamné à des peines allant jusqu'à 10 mois de prison ferme.

La justice a été expéditive et a répondu à une attente politique (Sarko avait promis, contre le principe de séparation des pouvoirs, qu'ils seraient lourdement et "exemplairement" condamnés) et populaire. Surtout, elle n'a sans doute pas cherché à comprendre le contexte général de ces violences. Quand des opposants politiques à un régime dictatorial lancent des pierres sur des forces de l'ordre et sont condamnés à quelques jours de prison, tous les démocrates de France montent au créaneau et dénoncent une justice inéquitable. Quand des jeunes français lancent des pierres contre des forces de l'ordre, qui apparaissent de plus en plus éloignées de ces quartiers qu'elles doivent protéger, et qu'ils sont lourdement condamnés, pas une ligne dans les journaux (à part Marianne !), pas une déclaration d'un responsable socialiste.

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Published by Aurélien Royer - dans Justice - défense et armées
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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 11:39

Lors d'une émission spéciale Noël de "C dans l'air" (sur France 5), l'historien des religions Odon Vallet expliquait qu'à cette fête religieuse était attachée au moins trois notions fondamentales: la joie, puis l'espoir (d'un monde meilleur et d'un avenir serein) et la lumière. C'est sur la base de ce constat que le collectif de soutien à l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt a appelé les Français à allumer une bougie, sur le rebord de leur fenêtre, en ce Noël 2007, le sixième qu'Ingrid passe en captivité, quelque part dans la jungle colombienne, entre les mains des FARC. Ce geste, symbolique, doit concrétiser l'espoir de ses proches mais aussi des autorités et du peuple français: la "preuve de vie" apportée récemment et, surtout, l'investissement personnel du président vénézuélien, qui est sur le point d'obtenir la libération de trois autres otages, laisse présager d'une issue heureuse et probable pour 2008 ! Et pour ceux qui veulent agir, symboliquement, en signant une pétition ou en se tenant informer de l'actualité du comité, cliquez ICI et diffusez ce lien !

Cette année 2007 est, symboliquement, une année d'espoir: pour la première fois depuis plus de vingt ans, trois fêtes des trois grandes religions monothéistes sont célébrées le même jour, ce 25 décembre: Noël pour les chrétiens, Hanoucca pour les Juifs (c'est la fête des Lumières, qui ne commémore aucun épisode biblique) et l'Aïd pour les musulmans (qui marque la rupture du jeûne de Ramadan). Ces trois fêtes "tombent" le même jour en moyenne tous les vingt-deux ans ! Faut-il y voir un signe appelant les croyants du monde entier à se retrouver, à construire une paix durable, née de la rencontre des cultures? Il faut l'espérer mais jamais le monde n'a été aussi dangereux, les menaces terroristes se faisant de plus en plus grandes, que ce soit en "Occident" (Londres, Madrid...) ou dans le monde arabe (Maghreb, Irak, Pakistan...). C'est en tout ce qu'espère le pape Benoit XVI qui, dans sa bénédiction au monde, a, comme chaque année, souhaiter la paix et la joie pour tous ! Déplorant les conflits qui ensanglantent le Proche et le Moyen-Orient, l'Afrique et... la Terre sainte !

2008 doit donc être une année d'espoir car, comme les précédents, l'année 2007 se termine assez mal, le bilan n'étant pas très réjouissant. A tous, je souhaite, tout de même, de très joyeuses fêtes de fin d'année.

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Published by Aurélien Royer - dans L'actualité de l'UE
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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 06:11

Et c'est reparti ! Tous les ans, on y a droit ! Qu'ils soient de gauche ou de droite, les hommes (et femmes) politiques se précipitent dans les foyers d'hébergement, les centres d'acueil d'urgence, les centre du SAMU ou les bords du canal St Martin pour saluer les efforts acharnés et le courage de ces hommes et femmes qui donnent plus qu'une heure de leur temps aux sans-abris. Il n'est pas question ici de regretter que les ministres saluent ce travail plus que méritant... mais cela devient vraiment agaçant de voir plus ou moins les mêmes têtes revenir sur les mêmes lieux, pour parler des mêmes situations, pour stigmatiser les mêmes causes, pour annoncer les mêmes mesures, sans que rien ne change fondamentalement d'une année à l'autre. Ainsi, par cet article, je tiens à manifester ma solidarité avec les membres d'associations qui travaillent tout au long de l'année aux côtés de ces travailleurs pauvres, sous-payés, parfois même exploités et qui, c'est un comble, vivent parfois sous le seuil de pauvreté sans être considérés comme demandeurs d'emplois ! C'est dire l'incohérence des statistiques annoncées chaque mois. C'est dire aussi à quel point une majorité de Français doit se contenter du strict minimum pour (sur)vivre !

sarko-sdf.jpg
Image trouvée sur le blog de Deligne, blog que je vous invite à visiter régulièrement (et que j'ajoute dans les liens, ci-contre à droite).

Je comprends donc la colère, légitime, d'un membre d'une de ces associations qui, au micro de France Info, dénonçait ces visites ministérielles le jour même de Noël. Quand un premier ministre "sacrifie" une heure de sa journée du 25 décembre pour rencontrer des pauvres, qui ne bénéficeront d'aucune des principales mesures votées depuis six mois, les téléspectateurs sont émus. "Il se confronte à la réalité de terrain", se disent les Français... preuve encore qu'en matière de communication, le président et ses ministres sont efficaces ! Heureusement, certains médias (pas tous !) donnent la parole à ces hommes qui, sans être pauvres, se confrontent à la réalité tout au long de l'année car, rappellent-ils, les pauvres vivent toute l'année dans le rue. Et il n'y a pas qu'en hiver que cela est désagréable !

La construction de logements sociaux, accessibles pour les plus pauvres, est une nécessité... mais ne doit pas se limiter à des barres HLM réunies en périphéries de Paris, faute de quoi ce sont des ghettos sociaux que l'on construira. Et la France en général, et la région parisienne en particulier, n'en ont pas besoin ! De très nombreux chantiers mériteraient d'être ouverts pour tenter d'éradiquer la pauvreté: le grenelle de l'insertion sociale, dont la mesure-phare est le RMA, est une première piste, ouverte grâce à la persévérance de Martin Hirsch, qui n'hésite pas à dénoncer les maladresses de ses collègues gouvernementaux ! C'est bien aux pouvoirs publics d'agir: et, il faut bien le dire, ces cinq dernières années n'ont pas été les plus fructueuses, d'autant plus qu'est clairement apparue cette catégorie des "travailleurs pauvres". Ouvrir davantage de structures d'accueil, hébergeant et nourissant ces travailleurs pauvres contre une partie de leur salaire (à des prix plus que résonnables), en en faisant un tremplin vers une insertion sociale réussie, ne serait-ce pas une des (nouvelles) missions que l'Etat pourrait s'attribuer?

Et si c'était l'occasion de mettre en place, au niveau européen, une politique sociale qui débouche sur la constitution d'un "modèle social européen" véhiculant des valeurs de justice, d'équité et de solidarité entre tous les citoyens de l'UE... occasion (formidable) de relancer l'Europe et l'idée européenne, pour le bien des peuples (et pas seulement des gouvernants !). Car, dans un sens, ce problème n'est pas que français. Pour preuve, l'initiative (très médiatique, mais bien plus symbolique !) d'un député de l'opposition conservatrice britannique qui a, le temps d'une nuit, dormi sous des cartons, vivant pendant une dizaine d'heures comme un véritable SDF. Son but était de dénoncer l'absence d'évolution sur ce dossier pendant les années Blair. Alors, pourquoi pas un revenu minimum commun, une protection sociale harmonisée (par le haut, évidemment !), une législation anti-licenciements: je ne dis pas qu'il faille les mettre en place, mais je lance le débat... les Européens doivent-ils y réfléchir? J'attends vos réponses.

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Published by Aurélien Royer - dans Cohésion sociale
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 19:28
Jean-François Kahn vient de publier un nouveau livre, dans lequel il croque, avec humour et beaucoup de finesse, le sarkozysme au pouvoir... après avoir examiné, l'an dernier, le sarkozysme en campagne. Les bonnes feuilles de cet ouvrage, intitulé "Abécédaire mal-pensant" publié chez Plon ont été publiées dans Marianne il y a quelques semaines. Et, après la politique intérieure, voici quelques morceaux choisis, sur le thème de la politique étrangère, faisant le bilan de six mois de diplomatie sarkozyenne. Bonne lecture !

Chien courant : n’a pas son pareil pour ramener les proies. « Bienvenue au club des caniches » a lancé, en substance, le premier ministre britannique Gordon Brown pour saluer l’alignement de Nicolas Sarkozy sur la diplomatie de George Bush. C’était très excessif. En revanche, il suffit que le colonel Kadhafi ou le président du Tchad, Idriss Déby, de grands démocrates, lancent « Viens ! » ou « Va chercher ! » et il y va. Et il ramène.

Cochonnet : petite boule dont, à la pétanque, il faut tenter de rapprocher les grosses boules (et non l’inverse). En politique étrangère, la France devrait avoir cet objectif : être considérée comme un cochonnet.

Comble : pour un sarkozyste, traiter Poutine de « dictateur », ce qui arrive tous les jours.


Droit de veto : privilège accordé à cinq grandes puissances membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce qui est inique en soi. Et rend purement fictives les résolutions votées en assemblée générale. Le droit de veto n’est, en outre, considéré comme légitime et normal que lorsque ce sont les Etats-Unis qui l’exercent, lesquels ne s’en privent pas. La France de Jacques Chirac en sait quelque chose, qui fut stigmatisée (y compris par Sarkozy) pour avoir osé, exceptionnellement, le brandir.

Ganelon : compagnon de Charlemagne qui, en le trahissant, provoqua la mort de Roland à Roncevaux. Kouchner, lui, n’a provoqué la mort que de certaines illusions.

Guerre : façon de régler un problème (Vietnam, Kosovo, Afghanistan, Somalie, Irak, Iran…). Certains préconisent d’avoir systématiquement recours à ce type de règlement. Longtemps un partisan de la guerre fut appelé « belliciste ». Désormais, on préfère dire « défenseur des droits de l’homme ». Hier, on faisait la guerre au nom de la paix. Aujourd’hui, on défend les droits de l’homme en exterminant les hommes qui ne défendent pas, comme il convient, leurs droits.


Minitraité : apparence de traité qui permet d’enterrer le traité.

Mobutu (Joseph Désiré) : ancien président dictatorial du Zaïre qui, lorsqu’il était au pouvoir, apparaissait tous les jours à la télévision, de l’aube au crépuscule. A fait au moins un disciple.

Relativité : la Russie commet un génocide en Tchétchénie mais les Etats-Unis tentent de conforter la démocratie en Irak. Le Vénézuélien Hugo Chavez est un dictateur extrémiste mais le roi d’Arabie Saoudite est un modéré partisan des réformes. Les rebelles indépendantistes kosovars étaient des patriotes mais les rebelles indépendantistes kurdes de Turquie sont des terroristes. Poutine est un autocrate mais Sarkozy est un hyperprésident.

Venezuela : beaucoup considèrent que, sous la férule de Chavez, ce pays vit sous un régime dictatorial. La preuve en est que la principale chaîne d’opposition du pays y a été fermée sur consigne du pouvoir. En France, cela ne pourrait évidemment pas arriver : il est vrai qu’il n’existe aucune chaîne de télévision d’opposition.


A ces quelques mots du dictionnaire mal-pensant, j'ajoute des extraits, eux aussi publiés par Marianne dans son numéro d'il y a quinze jours, de ce que l'on peut lire dans la presse étrangère (et que l'on est pas prêt de lire en France). D'avance, bonne lecteure... et n'oubliez pas de poster quelques commentaires !

A propos de l’escapade maltaise sur le yacht de son ami Vincent Bolloré. « Personne ne s’attendait, écrit le quotidien la Libre Belgique, que l’ancien maire de Neuilly aille passer ses vacances dans un Novotel. Mais ce choix fait de lui, qu’il le veuille ou non, l’obligé d’un milliardaire ». Plus véhément, l’hebdomadaire britannique progressiste New Internationalist voit là la confirmation de ses pires soupçons : « Qu’attendre d’autre d’un homme à l’ambition sans limites qui joint à son égocentrisme ravageur un amour sans borne de l’argent ? »

 

A propos de sa conférence de presse lors du dernier sommet du G8, où il est apparu quelque peu éméché. Nicolas Sarkozy était-il éméché lorsqu’il discourait sur l’état du monde, au cours du sommet du G8, en juin dernier ? Prudente, la presse française s’est bornée à évoquer « des rumeurs malveillantes » sur sa diction hésitante (…) Mais c’est le quotidien suisse Le Temps qui pense détenir la véritable explication. « Sarkozy, écrit le journaliste Richard Werly, était surtout ivre d’assister au G8. il nous parlait de sa franchise, de son agenda, de son calme. Bref, il s’est soûlé de son propre verbe ! ».

 

A propos du sommet de Lisbonne, qui a entériné le fameux mini-traité. Sa rencontre, le 10 septembre, avec Angela Merkel a surtout donné lieu à un déluge de mièvreries. « Un étalage de bisous, d’accolades, de gros câlins et de larmes en direct visiblement peu apprécié par la chancelière » écrit le quotidien conservateur britannique The Daily Telegraph. « Beaucoup de bruit pour rien, renchérit l’hebdomadaire centriste allemand Die Zeit. La méthode Sarko est facile à résumer : faire comme si quelque chose de dramatique s’était produit. Se présenter en sauveur et affirmer que l’on va tout régler. Peu importe si, à la fin, quand les micros et les caméras disparaissent, le public s’aperçoit qu’on s’est moqué de lui » (…) Bien loin de remettre l’Union sur les rails « Sarkozy a tourné le dos aux engagements du pacte de stabilité sur le contrôle de la dette publique. Il n’a aucun scrupule à incarner une France égoïste qui se soustrait à ses obligations de membre de l’équipe européenne ».

 

A propos de la libération des infirmières bulgares, retenues an otage par Tripoli. Le président sera une ONG à lui seul ! « Dès qu’il y a victime, il se porte en personne à son secours » résume le quotidien suisse 24 heures (…) Ailleurs, on retient surtout que ce sauvetage à l’arraché a été payé au prix fort. « Ainsi, Super-Sarko a vendu une centrale nucléaire à la Libye, écrit le quotidien allemand Thüringische Landeszeintung. Il propose même à Kadhafi l’aide militaire de la France. En fait, après avoir cassé pas mal de porcelaine chez lui, il se comporte, à l’extérieur, de façon tellement incontrôlable qu’il menace les intérêts de l’Union européenne ! ».

 

A propos de la visite de Kadhafi à Paris. Après les homélies, les temps du carnet de chèques ! Pour nos confrères de la presse étrangère, Nicolas Sarkozy aurait pu se dispenser de recevoir en monarque le ex-croquemitaine libyen : « le visite de cinq jours du Guide constitue le point d’orgue de cette débâcle morale » tranche le Frankfurter Allgemeine Zeitung (…) « A l’inverse d’Angela Merkel, conclut l’hebdomadaire centriste Die Zeit, Nicolas sarkozy excelle à éviter les questions qui fâchent avec un hôte aussi bien argenté ».

 

A propos du rétablissement de relations moins tendues entre Paris et Washington. « Une relation transatlantique saine est essentielle pour la France, mais était-il vraiment nécessaire de tomber béatement dans les bras d’un homme dont le manque de discernement a causé tant de torts à la communauté internationale ? » interroge la Libre Belgique. « Dès qu’il parle de l’Irak, Sarko fait du Bush » renchérit le quotidien démocrate américain Los Angeles Times. Les seuls à s’amuser de sa fièvre américanolâtre sont les Britanniques : « immédiatement après son équipée américaine, le président français a jugé bon de se rendre à Colombey-les-Deux-Églises : trente-sept ans exactement après la mort du Général, il a enterré pour de bon le gaullisme », déplore l’hebdomadaire travailliste The Observer. [Pour le quotidien saoudien Al-Hayat] cette vassalisation « ne rapportera à la France que les mépris et les ennuis endurés par les autres alliés de Washington ! ».

 

A propos de la relation qu’il tente de nouer avec le continent africain, à l’occasion de son premier voyage de chef d’Etat. Le discours de Dakar était-il raciste ? (…) en Afrique, on est beaucoup moins indulgent sur cette tentative d’en finir avec la repentance. « Sarkozy est une mission civilisatrice à lui seul ! » s’esclaffe le quotidien sénégalais Sud. « Quand il parle de l’entreprise coloniale, c’est presque en termes élogieux » insiste le mensuel gabonais le Messager (…) Son irruption dans l’affaire de l’Arche de Zoé, au Tchad, ébrèche pareillement l’amour propre du continent. « L’expédition tchadienne de Sarkozy prouve que les relations de sujétion entre la France et ses anciennes colonies demeurent », écrit le quotidien burkinabé le Pays.

Là encore, il ne s'agit pas de critiquer systématiquement ce que fait nore cher président en matière diplomatique (j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer chacun de ces sujets dans des articles détaillés) mais d'attirer l'attention de ceux qui liront ces lignes sur l'image que la France renvoie au monde à travers son nouvel ambassadeur... image, on e conviendra, assez négative, et dont on ne réalise pas l'ampleur avant d'avoir lu de tels extraits. A vous, maintenant, de réagir !
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Published by Aurélien Royer - dans Affaires étrangères
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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 13:44

Jean-François Kahn vient de publier un nouveau livre, dans lequel il croque, avec humour et beaucoup de finesse, le sarkozysme au pouvoir... après avoir examiné, l'an dernier, le sarkozysme en campagne. Les bonnes feuilles de cet ouvrage, intitulé "Abécédaire mal-pensant" publié chez Plon ont été publiées dans Marianne il y a quelques semaines. En voici quelques morceaux, sur le thème de la politique intérieure, sous forme d'un bilan de six mois de présidence Sarkozy (suivra l'abécédaire de la politique étrangère). Armez-vous de patience, car il y a beaucoup de choses à ire. Alors, bonne lecture... et n'oubliez pas de poster quelques commentaires, histoire de lancer le débat !

Abattu : homme ou femme de gauche.
Aberrant : qui va contre le bon sens. Exemple : prétendre réduire les déficits en commençant par limiter les recettes et augmenter les dépenses, comportement qui révèle la folie du commun des mortels, mais témoigne de « l’énergie » du mortel qui n’est plus commun.
S’adorer : ressort du narcissisme. Entre Chirac et Sarkozy, la partie n’est pas égale : l’un se dorait au soleil quand l’autre s’adorait comme un soleil.
Autocentré : se placer au centre du monde. Le sarkozysme est un sarkocentisme : moi au centre de l’univers. Mon nombril comme pôle.
Autosatisfaction : ne signifie pas être satisfait de sa bagnole, mais être satisfait de soi. D’ailleurs Sarkozy se fiche de son auto et ne verse de l’essence que dans son ego. Type de musique accompagnatrice de l’autosatisfaction : « Je suis le premier qui… », « C’est la première fois que… », « Personne jusqu’ici n’avait… ».

Banqueroute : François Fillon a commis le crime de lèse-majesté en prétendant que l’Etat était en faillite. En monarchie, en effet, on ne fait pas faillite, mais banqueroute.

Blog : journal intime transformé en lettre ouverte. Permet d’être entendu quand on parle tout seul. Seul Sarkozy n’a pas besoin de blog : la télévision lui en fait office.

Boulangisme : phénomène politique qui, à la fin du XIXème siècle, permit à un général de belle allure, beau parleur et quelque peu narcissique, adversaire d’un système qui l’avait pourtant promu, de créer un vaste mouvement en sa faveur en mettant des mots de gauche au service d’une rhétorique de droite, en mobilisant les plus pauvres tout en étant financé par les plus riches (…) et en se présentant enfin comme un sauveur suprême. Le boulangisme prit, un temps, une ampleur considérable, raflant jusqu’à 60% du corps électoral, puis s’effondra en quelques semaines quand il devint évident que la logomachie et l’activisme du héros ne débouchaient sur aucune action concrète.


Compétition : en sport, cela implique de s’élancer d’une même ligne avec les mêmes conditions de départ. Or, en économie néolibérale, certains compétiteurs peuvent partir avec plusieurs milliers de tours d’avance sur leurs principaux concurrents. En supprimant quasiment les droits de succession, le gouvernement Sarkozy a décidé de supprimer les handicaps qui étaient imposés à ceux qui avaient trop de tours d’avance.

Connivence : le type de rapport qu’entretiennent les journalistes de la télévision russe avec Vladimir Poutine. On ne connaît évidemment rien de semblable en France.

Coopter : nommer à une fonction représentative quelqu’un que n’éliraient jamais, s’il se présentait devant eux, ceux qu’il représente. Exemple : Arnaud Lagardère à la tête d’EADS. Après celui du PS, le patron de l’UMP fut élu par les militants. Grand progrès. Mais, une fois qu’il eut accéder à la présidence de la République, ce dernier décida que son successeurs – l’autre président – serait de nouveau coopté, c’est-à-dire choisi par lui.


Dassier, Jean-Claude : en russe, son nom se dit en gros « Staline ». La façon dont il a mis la chaîne d’information continue LCI, qu’il dirige, au service de la droite en général et de Sarkozy en particulier est effectivement aussi stalinienne que l’était sa façon d’être de gauche, quand il n’avait pas encore goûté à la puissance et à l’argent.

Décadence : l’idée sous-jacente du discours contemporain et hexagonal de la décadence (que Sarkozy a su mobiliser à son profit) est que tout ce qui dérive de la philosophie des Lumières, des utopies de 1789, de cette fameuse Déclaration qui insista trop sur les droits de l’homme et pas assez sur ses devoirs (…) en est la cause. Ce sentiment, adapté à la société américaine, porta George Bush et, en cela, précipita effectivement dans une sorte de décadence une Amérique précédemment triomphante.

Déclinistes : contempteurs obsessionnels et éternels (du moins depuis 1789) un tantinet réactionnaires de la « décadence » française. Bizarrement, depuis que les indicateurs économiques, financiers et sociaux sont encore plus calamiteux que ceux qu’ils mettaient en avant, mais que leur candidat est devenu président de la République, ils ont mis un somnifère dans la caféine de leur négativisme radical.

Déficit budgétaire : les libéraux le dénoncent et la droite le creuse. La gauche moderne, elle, tend à le réduire ou même (Clinton, Zapatero) à le supprimer (…) Même la droite néolibérale qui propose, pour combler les trous budgétaires, de rogner le nombre de fonctionnaires et certains avantages acquis, n’hésite pas, en revanche, à approfondir ces mêmes trous en multipliant les cadeaux fiscaux au profit des entreprises et, comme elle dit, des créateurs de richesse. Voire en multipliant les subventions en faveur de sa clientèle. Les agriculteurs par exemple (…) La preuve que Sarkozy n’est pas un libéral dogmatique mais plutôt un vrai homme de droite « à la française », c’est que, sous sa présidence, il n’y a même pas eu besoin de guerre d’Irak pour que le déficit budgétaire tende à s’aggraver par suite des largesses et gâteries consenties à ceux qui, a priori, n’en avaient pas le plus besoin.

Droite : l’actuel président de la République est convaincu qu’il n’y a que des crétins et des incapables à droite et que des intelligences et des capacités à gauche : en fonction de quoi, chaque fois qu’un poste ou une mission nécessite de la jugeote, du talent ou de la réflexion prospective, il le propose à la gauche (…) Il est vrai que le président en question ne serait pas fâché qu’on le considérât comme la seule véritable intelligence et la seule véritable capacité à droite.


Egocentrisme : « disposition mentale consistant à ramener tout à soi-même, à se considérer comme le centre de l’univers » dit Le Petit Larousse. Est devenu une philosophie d’Etat.

Egotisme : selon le dictionnaire Larousse, « manière de parler de soi. Sentiment exagéré de sa personnalité et de sa valeur ». On pourrait donner des exemples, mais aucun ne vaudrait celui auquel tout le monde pense.

Empereur : en France, monarque absolu qui, contrairement au roi (souvent moins autocrate), est issu du système républicain.


Geste fort : n’importe quelle initiative du moment qu’elle vient du monarque. De même que chacun de ses discours doit être annoncé comme « un grand discours ».

Heures sup : ce qui permet de gagner plus quand on refuse de vous payer plus.

Hochet : gadget dérivatif que l’on donne aux bébés et qu’on distribue également aux opposants quand on veut les rallier au pouvoir. Par exemple, effectuer une mission, rédiger un rapport ou présider une commission.

Louche : ustensile de cuisine pour servir le potage. Peut aussi désigner un socialiste qui s’offre à la droite pour aller à la soupe.


Majoritaire (scrutin) : mode de scrutin destiné à amplifier artificiellement au Parlement une majorité qui n’existe pas dans le pays. Les journalistes politiques en sont très partisans.

Marseille (Jacques) : talentueux essayiste qui, compte tenu du bien qu’il fait à la grande bourgeoisie néolibérale menacée par le stress et le doute, mériterait d’être remboursé par la Sécurité sociale.

Miroir : fenêtre à travers laquelle Nicolas Sarkozy regarde le réel.

Moduler : « exécuter avec des inflexions variées adaptées aux circonstances. Passer d’un son à un autre ». C’est ce que nous dit le dictionnaire. Notons que la France aujourd’hui est riche de personnalités qui modulent beaucoup.


Ouverture (gouvernement d’) : gouvernement que le monarque accepte d’élargir à tous ceux qui, eux, acceptent de se rallier totalement à lui.

Premier ministre : fut longtemps le chef de l’exécutif. Aujourd’hui, après que les conseillers du prince ont proposé ou inspiré, que le président à tranché, décidé, déclaré et expliqué, que le directeur de cabinet a mis en musique, que les porte-parole ont répandu la bonne parole dans l’opinion, il ne reste plus au pauvre Premier ministre qu’à prendre connaissance de sa revue de presse et à faire son courrier.

Propagande : on préfère désormais, en particulier dans les médias audiovisuels, dire « information non partisane ». Et c’est vrai : elle n’est pas au service d’un parti, mais d’un homme.


Reflet : ce que renvoient, au président Sarkozy, tous les écrans de télévision ainsi que les regards de ses courtisans.
Rupture : en politique, la rupture consiste à reconduire une majorité sortante qui, pour incarner sa propre alternative, s’accuse elle-même d’avoir conduit la France à la faillite.

Il ne s'agit pas de faire la critique systématique de Sarko (bien que la majorité de ce qu'écrit Jean-François Kahn n'est pas franchement sarkozyste) mais d'attirer l'attention sur la méthode du nouveau président, autour de laquelle il faut que les citoyens (et blogueurs) débattent !

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Published by Aurélien Royer - dans Présidence de la République
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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 18:41

Voici un article court pour une question qui, de mon point de vue, est essentielle: le nouveau traité européen, signé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ce jeudi à Lisbonne, doit-il être soumis à la ratification populaire, c'est-à-dire par un référendum? La question, ici, n'est pas de savoir si on est pour ou contre ledit traité, mais de débattre sur le bien-fondé d'un tel référendum. Et pour répondre à cette question, et avant de vous donner ma propre réponse, voici quelques remarques qui me viennent depuis que ce débat a été lancé dans les médias et dans la classe politique (ci-dessous, l'appel de parlementaires européens à l'organisation d'un référendum).

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- il est bien évident que tous ceux qui demandent un référendum le réclament pour pouvoir mieux dire "non" à ce traité sarkozyen;
- il est tout aussi évident que les dirigeants européens, sans doute convaincus de la faiblesse de leurs arguments (par rapport à ceux de leurs opposants), refusent cette hypothèse pour ne pas prendre une nouvelle claque en pleine face;
- enfin, vue la très mauvaise représentativité du Parlement français, il est tout aussi clair que l'ampleur de l'approbation ne sera pas à la mesure de ce que pense le peuple, pour le bien de qui le traité a, soi-disant, été rédigé !

Même si ce traité est un bien plus bel exemple de l'écart qui existe entre les peuples et nos gouvernants, technocrates de Bruxelles, que le précédent, il est indispensable que ce traité, qui remplace une constitution rejeté par deux peuples (qui s'exprimaient, aussi, au nom de ceux qui en avaient déjà été privés !) et qui permettrait de remettre sur les rails cette Europe politique que chacun appelle de ses vœux, soit ratifié par référendum. Comment construire une Europe sociale, des peuples, en se privant de la force du suffrage universel? Comment refuser aux habitants de ce qui ne doit pas être qu'une zone de libre-échange, libérale et capitaliste, mais aussi un modèle de démocratie, le droit de se prononcer sur ce qui va faire leur avenir? N'a-t-on pas là l'occasion d'organiser un référendum européen, se manifestant par un vote de tous les Européens, sur la même question, le même jour?

On pourra donc discuter du fond de ce texte, de ce qu'il porte de bon, de ce qu'il renferme de moins bon... je vous appelle, aujourd'hui, à vous prononcer sur le principe même de ce référendum. Alors, postez vos commentaires !

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Published by Aurélien Royer - dans L'actualité de l'UE
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 08:54

Voilà un sujet qui, comme beaucoup de Français, me préoccupe. Il ne s'agit pas de parler uniquement des étudiants (l'actualité s'y prêtant, je garde mes impressions pour la fin de l'article !) mais aussi de nos enfants, écoliers ou lycéens dont, en tant qu'enseignant, je serai amené à construire la citoyenneté ! Il faut dire que le gouvernement a multiplié les initiatives en la matière, à travers les voix du ministre Xavier Darcos ou du secrétaire d'Etat Bernard Laporte. Ces décisions, discutables, je vous les soumet: après les avoir discuté, après avoir exprimé mon point de vue et fait des contre-propositions (pour ne pas se contenter de critiquer !), je vous appelle à vous exprimer sur les propositions gouvernemtales et sur les miennes.

- l'âge de la scolarité obligatoire a fait son apparition dans le débat: il avait déjà été débattu lors de la campagne présidentielle, l'une des propositions des socialistes et de Ségolène Royal ayant été de scolariser tous les enfants dès l'âge de trois ans, afin qu'ils aient tous débuté leur parcours à la maternelle. Cette idée repose sur un constat: plus de 95% des jeunes Français sont scolarisés dès trois ans, en petite section de maternelle, qui est devenue, pour les parents, la norme. Alors pourquoi ne pas le rendre obligatoire pour tous, notamment pour ces 5% qui ne font pas ce choix? A titre personnel, je ne suis pas favorable à cette mesure, puisqu'elle retire aux parents une part de leur liberté de parent, les 5% pré-cités préférant éveiller leur enfant (puisque c'est le but de la maternelle) par eux-mêmes. Qu'on les laisse faire ainsi... en revanche, en se basant sur une étude récente menée dans plusieurs pays, il apparaît que le taux d'échec au CP (redoublement pour non-maîtrise des bases de la lecture et de l'écriture) est beaucoup plus élevé chez les enfants qui ont débuté leur scolarité à ce niveau, sans passer (au moins) par la grande section, dernier niveau de la maternelle.

Ma proposition est simple: rendre obligatoire la scolarité de tous les Français dès la grande section, afin qu'ils aient tous les mêmes armes pour affronter cette classe fondamentale sur laquelle tout repose. Car, si la part des enfants sortant du CM2 sans maîtriser correctement la langue française augmente aussi vite, c'est que rien n'a été fait pour remédier à un problème qui trouve sa source bien des années avant ! Dans la même logique (et je reprends là mes propositions du printemps dernier), je préconise de fixer l'âge de fin de la scolarité obligatoire non pas à 16 ans mais à l'âge auquel chacun passe pour la première fois le Brevet des collèges. Nous avons la chance d'avoir inventé le socle commun des connaissances et des compétences, qui constitue le minimum de ce que tout citoyen et tout actif doit maîtriser. Rendons-le encore plus incontournable en refusant que tout collégien, ayant fêté son seizième anniversaire, puisse quitter le système sans qualification. Le brevet doit retrouver une certaine valeur, en devenant un pivot de la scolarité obligatoire: l'aboutissement d'une période d'acquisition des savoirs fondamentaux et le point de départ d'un parcours professionnel qualifiant !

- le tout nouveau secrétaire d'Etat aux sports (photo), passionné qu'il est par le sport, a fait une laporte-assembl--e.jpgproposition qui ne peut qu'émouvoir les professionnels de l'Education nationale: faire passer de deux à quatre le volume horaire hebdomadaire du sport à l'école primaire... une semaine à peine après l'annonce, par Xavier Darcos, de la fin prochaine de l'école le samedi ! Donc, si on se résume: les écoliers français iront trois heures de moins par semaine à l'école, pourront faire deux fois plus de sport... et continueront à faire de la France un pays qui chute dans les classements internationaux en matière de maîtrise de la langue et des savoirs scientifiques. Car, qui dit deux heures de sport en plus, dit deux heures d'une autre activité en moins... dans un contexte où nos enfants ont plus que jamais besoin de cours d'orthographe, de grammaire, de mathématiques, de sciences naturelles, d'histoire et d'éducation civique...

D'où cette proposition (qui n'est que la répétition de ce que j'ai déjà écrit il y a quelques mois): si on se fixe comme objectif de faire faire aux jeunes plus de sport, ce n'est pas pour en faire plus (en volume horaire), mais plus régulièrement... et leur transmettre le goût d'au moins un sport. Pourquoi ne pas supprimer les horaires consacrés à la gym et à l'athlétisme (que beaucoup d'écoliers détestent !) et financer, pour tous les jeunes de 6 à 16 ans, une licence sportive dans le club de leur choix, sur leur temps libre? Histoire de les intégrer dans une structure qui véhicule un certain nombre de valeurs, comme la solidarité, et dont les jeunes ont besoin. Histoire, aussi, de ne pas limiter le sport à certaines disciplines que les enfants vont pratiquer tout au long de leur scolarité. Histoire, enfin, de les occuper les mercredis après-midi et de les décoller d'Internet ou de leurs consoles de jeux ! Mais, évidemment, il faut s'en donner les moyens.

Cette question de la répartition des heures de sport et de la suppression des cours le samedi pose en fait celle du temps scolaire. Pourquoi ne pas lancer un grand débat national, qui concernerait auss le collège et le lycée, sur le temps scolaire? Pourquoi ne pas discuter d'une réduction du nombre de jours et d'heures travaillées par semaine, tout en réduisant les périodes de vacances? Supprimer le samedi travaillé à l'école primaire, alors que bien souvent ces trois heures servaient à préparer le marché de Noël et la kermesse de l'école, est-ce vraiment une bonne idée?.. autant de questions autour parents, enfants et enseignants pourraient discuter. Mais, évidemment, il faudrait vouloir faire débattre les citoyens !

- dernier sujet d'actualité: la question d'un service minimum à l'école. Le ministre a lancé le débat et, pour l'instant, les réactions sont bien peu nombreuses. Les syndicats ont-ils conscience qu'il s'agit là d'une nécessité, pour ne pas pénaliser les parents? Les enseignants sont-ils d'accord avec le fait de "réquisitionner" les non-grévistes ou des personnels municipaux pour proposer un accueil des enfants, à qui on ne ferait pas faire les mêmes activités qu'en temps normal? Sincèrement, je pense que "oui". Et, comme je l'avais proposé il y a quelques mois, les municipalités seraient bien inspiré (l'Etat pourrait les y aider !) d'envisager l'ouverture des écoles plus tôt, et leur fermeture plus tard, que ce n'est le cas actuellement afin de faciliter la vie des parents. Les enfants pourraient déjeuner à l'école, faire lerus devoirs le soir, tout en étant encadrés par des personnels éducatifs... voilà encore une piste à explorer !

Et je ne veux pas concure cet article sans évoquer, en quelques lignes, le dossier étudiant. La loi Pécresse était, à mon avis, l'occasion d'un grand débat sur l'université: pour mettre fin à une situation assez délicate dans les facs de France, il va bien falloir discuter des frais d'inscription, de la sélection à l'entrée (pour ne pas faire perdre à plus de 50% des inscrits une année au terme de laquelle ils se retrouveront sans projet et, pour certains, sans avenir), du lien avec les entreprises qui sont les employeurs de la majorité des étudiants, du financement global et de la possibilité pour chaque université d'avoir un peu plus d'autonomie amministrative (sans pour autant leur donner totale indépendance !). Le dossier universitaire ne trouvera, à mon avis, de solution définitive que si le gouvernement ouvre une nouvelle page de la régionalisation, dans laquelle les universités trouveraient leur place. Quant aux étudiants qui bloquent les locaux, leur attitude témoigne plus d'un malaise et d'ne inquiétude face à l'avenir que d'une volonté de rupture avec le pouvoir politique... contrairement à ce que l'attitude de certains leaders étudiants laisse entendre !!

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Published by Aurélien Royer - dans Education nationale
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 15:26

Le moins que l'on puisse dire, c'est que sur le sujet du logement, le président a repris les propositions du candidat: un peu plus de six mois après son élection, il appelle le gouvernement à mettre en oeuvre les mesures qu'il préconisait pendant sa campagne, que les Français ont majoritairement approuvé... à travers un discours, comme chaque fois, habile et efficace ! Avant toute chose, il faut donc reconnaître à Sarko la volonté de faire bouger les choses, de passer des paroles aux actes, même si ce discours ne reste qu'un discours... plusieurs représentants d'associations ayant salué les termes utilisés et les propositions avancées, sans pour autant se féliciter du fait que le problème du logement était réglé, puisque c'est loin d'être le cas ! Heureusement également, le gouvernement en a conscience: dans la bataille de chiffres que se sont livrés, à distance, la ministre Christine Boutin et le médiatique Augustin Legrand, des enfants de dn Quichotte, il n'y avait accord que sur ce manque cruel de logements sociaux.

Reste à savoir si les propositions de Sarko vont dans le bon sens. Premier constat: il veut se donner les moyens de bâtir cette France de propriétaires dont il rêvait pendant la campagne élecoral. Et, pour y parvenir, il propose de renouveler, tous les trois ans, la liste des ayant-droit aux logements HLM, les plus riches des locataires ayant alors les moyens de louer une maison dans le privé, laissant leur place à des personnes démunies, souvent en attente d'un logement vacant ! Il est vrai que, sans cette mesure, le renouvellement des habitants de ces cités n'est pas optimal ! Le plan prévoit, dans le même temps, que les foyers ayant les moyens de devenir propriétaires de leurs logements soient aidés dans cette démarche. Encourager ceux qui le peuvent à avoir leur propre maison, à ne pas être contraint de rester à vie locataires, c'est très bien !

Pour les locataires du parc privé, qu'ils soient ou non issus (et exclus) du système à loyer modéré, le chef de l'Etat a annoncé deux mesures-phares, qui ne peuvent qu'aider les ménages modestes à améliorer leurs conditions de vie: l'étalement en plusieurs mensualités d'une garantie dont la valeur pourrait être réduite et la réduction de la caution à l'équivalent d'un mois de loyer (contre deux, vorie trois, aujourd'hui). Il est vrai qu'avancer près de 1500€, soit parfois plus qu'un mois de salaire, n'est pas chose facile pour certaines classes moyennes. Mais, comme le dit Christine Boutin, tant que l'Etat ne mettra pas les moyens pour la construction de plusieurs milliers de logements sociaux, et tant que l'Etat ne fera pas mieux appliqué la loi SRU dans toutes les communes de France, le problème ne se réglera pas... d'autant plus que la France a déjà pris cinq ans (si ce n'est plus) de retard !

Reste enfin une question non moins importante: celle du caractère écologique de ces nouvelles constructions. Que l'Etat programme la construction de logements, sous une autre forme que d'horribles barres HLM, c'est bien ! Qu'il s'engage à les construire en respectant la norme "Haute Qualité Environnementale" (HQE), ce serait encore mieux ! Et que les régions continuent à financer des prêts à taux zéropour l'isolation des maisons ou des subventions pour toute nouvelle construction individuelle HQE, ce serait merveilleux ! Et, si l'action de Sarko ne pourra être évaluée que dans cinq ans, il ne faudra pas manquer le rendez-vous des régionales de 2010: les citoyens pourront alors constater à quel point certains élus régionaux socalistes ont travaillé sur ce dossier !

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Published by Aurélien Royer - dans Transports et logement
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