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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 14:04

Un an après: le PS a-t-il évolué? En bien ou en mal? A qui la faute ou le mérite? Il est habituel de se poser ce genre de questions lorsque l'on celèbre l'anniversaire d'un évènement politique. Il y a bien sûr l'accession d'un personnage à la tête de l'Etat, la mi-mandat de tout élu de la nation (en régions, par exemple), mais aussi l'accession d'une personne à la tête d'un parti. Un an après la victoire de Martine Aubry, lors du Congrès de Reims, où en est ce PS qu'elle dirige? Est-on définitivement sorti de la période de la synthèse hollandaise? Le parti s'active-t-il à rédiger son projet? Les ingrédients qui le maintiennent depuis plus de sept ans dans l'opposition ont-ils été combattu? Avant de répondre à toutes ces questions, je commence par une mise en garde: faire le bilan de la première secrétaire du PS au bout d'une seule année, c'est sans doute court. D'autant plus que, dans son calendrier de rénovation, il va falloir attendre l'après-régionales pour que le mouvement s'accélère. Autrement dit, si le bilan apparaît plutôt maigre, c'est presque logique. Ceci étant dit, on ne peut dénier à la maire de Lille la volonté de redresser son parti: son absence dans les médias, qui lui est beaucoup reproché, témoigne simplement de la double volonté de ne pas se mettre en avant (enfin une personne qui ne pense pas qu'à son destin... en se coiffant, le matin) et de mener le travail de fond, de réflexion à l'occasion de son fameux "Tour de France" auxquels les médias ne s'intéressent pas. Conséquence: le téléspectateur moyen du 20 heures croit que le PS ne bouge pas et que le seul signe d'activité cérébrale vient des querelles de personnes dont les mêmes médias raffolent.
 
Un exemple? La rencontre de Dijon à laquelle s'est invitée Ségolène Royal. Je ne vais pas m'étendre sur la stratégie de l'ex-candidate (que je comprends de moins en moins). Le constat est simple: les médias se sont jetés sur Mme Royal et Vincent Peillon pour recueillir leurs petites phrases, leurs échanges verbaux... sans consacrer la moindre ligne à une proposition avancée par les participants au débat (et qui mériterait de s'y arrêter): allonger de trois semaines la durée d'une année scolaire. Qui en a entendu parler, dans les médias audiovisuels nationaux? Personnellement, si je ne l'avais pas lu dans Marianne, je ne l'aurais même pas su. Cet exemple est la parfaite illustration de ce qui se passe au PS depuis un an. Ceux qui s'auto-proclament "présidentiables" et qui croient en leur avenir n'ont qu'une chose en tête: contrôler un courant du parti, c'est-à-dire une potentielle machine de guerre pour gagner la prochaine présidentielle. De ce point de vue, tout le monde a tiré les leçons de la défaite de 2007: aussi populaire soit-il (elle), le (la) candidat(e) en 2012 ne pourra pas l'emporter sans le soutien de son parti... On ne m'ôtera pas de l'idée que les socialistes eux-mêmes ont saboté la candidature de Mme Royal ! Dès lors, chacun dans son coin, les dirigeants socialistes se créent leur clientèle (car les citoyens sont devenus des clients) et s'enracinent solidement dans leur ville, département ou région d'origine pour montrer qu'ils agissent au quotidien. Loin des querelles parisiennes, chacun veut prouver qu'être socialiste, cela a un sens: ainsi entend-on la présidente de Poitou-Charente utiliser la politique régionale comme preuve de sa compétence et de sa réflexion politiques. C'est elle qui a lancé le mouvement. Et les autres suivent: Manuel Valls à Evry, Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire ou encore François Hollande en Corrèze. Tous sont des cumulards et croient représenter l'avenir de leur parti. Je ne sais pas si c'est vrai mais, aux yeux des Français, ce n'est pas encore suffisant.
 
Le PS d'aujourd'hui se résume-t-il à ces querelles d'egos sur-dimensionnés? Malheureusement, oui. Plutôt que de jouer collectif, en essayant de bâtir un projet socialiste, tous ces ambitieux cherchent leurs propres projets... comme s'il existait, au sein du PS, autant de tendances qui ne partagent pas les mêmes orientations. Y a-t-il une si grande différence entre les partisans de MM. Hollande, Strauss-Kahn, Fabius, Peillon, Valls ou Mmes Aubry et Royal? On a l'impression que "oui". Dès lors, que faut-il faire pour sortir de ce désastreux spectacle? Poursuivre inlassablement le Tour de France pour "la France qu'on aime"? C'est laisser le champ (médiatique) libre aux autres. Organiser au plus vite des primaires, comme le suggère François Hollande? Assurément. Si le PS, dès après les régionales, organisait ce grand débat entre les présidentiables pour que l'un(e) d'eux soit désigné(e), la querelle des egos prendrait fin. Normalement. Il faut que la direction actuelle du parti comprenne qu'un candidat à la présidentielle, ce n'est pas seulement le porte-parole d'un camp qui défend, au mot près, le projet de son parti. C'est surtout quelqu'un qui doit rassembler, autour de son nom et de ce qu'il représente, une majorité d'électeurs pour conquérir l'Elysée. Certes, quel que soit le candidat, le PS doit au prélable définir son projet de gouvernement, la base de travail à partir de laquelle il construira une majorité au Parlement pour gouverner. Mais, pour espérer l'emporter, il faut aussi que le candidat monte en puissance, s'imprègne du pays (en le parcourant) et fasse sien le programme de son parti (en se l'appropriant, il devra aussi le "personnaliser"). La campagne de 2007 a montré une chose: désigner un candidat dans la dernière ligne droite pour espérer profiter d'une dynamique, qui n'est que sondagière, cela ne marche pas. La mi-mandat franchie, le PS (et les autres partis de gauche qui participeront aux primaires) a plutôt intérêt à faire émerger rapidement l'opposant n°1 à Nicolas Sarkozy, celui qui prendra le contre-pied de la politique gouvernementale pendant un an, celui qui sillonera le pays pour amorcer sa campagne, celui qui construira sa stature, n'étant plus seulement un candidat de circonstance... mais le candidat légitime.
 
Et cela suppose d'organiser ces primaires ouvertes (à tous les sympathisants et au plus grand nombre de partis de la gauche) à l'automne 2010 (printemps 2011, au plus tard). Celui (ou celle) qui en sortira vainqueur aura alors la charge de rassembler la gauche, de fédérer toutes ces énergies qui, chacun dans son coin, pour le moment, travaillent à la définition d'un nouveau projet de société. Car, de fait, à gauche, ça bouge !! La gauche radicale (le Front de gauche des européennes) semble partie pour se rassembler et pourrait bien désigner un seul candidat (au potentiel électoral non négligeable) à la prochaine présidentielle. Les initiatives se multiplient pour préparer l'alternance par l'alternative au sarkozysme: le Parlement de l'opposition de François Bayrou, le rassemblement du MoDem aux communistes par Vincent Peillon, le "Mouvement unitaire progressiste" de Robert Hue, le Crréa (Centre de Réflexion et de Recherche pour l’Elaboration d’Alternatives) que l'on doit à l'ancien journaliste Jean-François Kahn ou, plus surprenant, l'initiative de Patrick Sébastien qui veut rassembler des hommes et femmes de gauche pour rédiger des propositions à l'intention des partis politiques... Sans oublier ce Tour de France des régions voulu par Martine Aubry par lequel elle cherche à mieux cerner la réalité quotidienne et les attentes des Français. Pour la première secrétaire, le rôle du politique, c'est d'écouter les citoyens puis de proposer des solutions à leurs problèmes. On est en plein dans la démarche dite participative lancée par Ségolène Royal, il y a trois ans. Et, quand en plus, la maire de Lille ne cesse de répéter qu'elle veut ainsi construire "un autre avenir pour la France", on ne peut que l'encourager à persévérer. Bref, la gauche est en mouvement. Une bonne dose de cohérence à toutes ces initiatives dispersées, avec un zeste de leadership (pour trouver le futur adversaire de l'actuel chef de l'Etat), constituerait une bonne recette. Pour l'instant, elle a un goût encore trop amer...

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Published by Aurelien Royer - dans La vie du Parti Socialiste
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 16:13

Le rythme des réformes voulues par le président de la République a au moins un avantage: cela nous donne l'occasion de débattre de l'avenir de notre pays car ces réformes ont un impact certain sur celui-ci. Or, sur des sujets aussi importants que les services publics, ce débat est plus que nécessaire: ainsi, en va-t-il de la réforme du statut de la Poste (un des services publics de "référence") qui n'a pas donné lieu à un véritable débat national... obligeant les opposants à la mesure gouvernementale à organiser une action coup de poing, particulièrement médiatisée, pour se faire entendre. Il n'est pas question de revenir aujourd'hui sur la légitimité ou non de la fameuse consultation citoyenne qui a débouché sur un résultat sans appel et... sans surprise. L'objectif des organisateurs n'était d'ailleurs pas de fournir un sondage de l'opinion, mais d'appeler à l'organisation d'un référendum qui aurait provoqué le débat, escamoté par la majorité. Et, même si le nombre de participants n'est pas suffisant, le débat que nous avons eu sur la Poste, ces trois dernières semaines, à travers l'un de mes "sondages de la quinzaine", le montre: quand les enjeux sont véritablement mis sur la table, le "non" ne l'emporte pas à 90%. Au contraire, c'est le "oui" qui sort, assez nettement, vainqueur. La question était la suivante: "Afin de faciliter les investissements d'avenir au sein de la Poste (en vue de l'ouverture du marché à la concurrence), le gouvernement français propose de transformer l'entreprise en société anonyme. L'opposition et les syndicats crient au risque de privatisation de ce service public de proximité. Si un référendum était organisé sur cette réforme, quel serait votre vote?". A cette interrogation, 66% des votants (soit 4 sur 6) jugeant "l'ouverture de capital nécessaire à la survie financière de l'entreprise": il est vrai que, compte-tenu du niveau de déficit et d'endettement de l'Etat, la principale menace qui pèse sur la plupart des services publics est d'ordre financière. Or, si l'argent venait à manquer, le service s'en ressentirait à moyen terme.
 
En revanche, pour les deux autres votants, c'est moins évident si l'on prend en considération le risque que la réforme "engendrera à terme une disparition de bureaux de poste dans les zones les moins rentables", comme en zone rurale. Un exemple concret, évoqué dans le numéro spécial "injustices" de Marianne (sorti fin octobre), l'illustre: après la gare et le bureau France Telecom, des villages peu peuplés de départements ruraux voient leur bureau de poste fermer, laissant leur place à une unique tournée quotidienne d'un facteur en voiture (photo) pour distribuer et ramasser le courrier (la levée est donc matinale). Conséquence: une lettre d'un habitant destinée à la mairie du village, si elle passe par la Poste, met trois jours, le temps de passer par la case "grande ville la plus proche", aucun tri n'étant effectuer dans le courrier posté dans l'unique boîte du bourg. Et de ces aberrations, les usagers (demain des clients) n'en veulent pas ! A noter que, parmi les réponses proposées, deux n'ont été choisies par personne: les supporters de la réforme ne croit pas à l'alibi européen (la réforme "est dictée par une directive européenne qui vise à harmoniser les services postaux au sein de l'Union"), souvent évoqué par les gouvernements pour imposer des réformes impopulaires (manière insidieuse de taper sur Bruxelles). Quant aux opposants du projet, il n'y voit pas forcément la première étape d'une privatisation: peut-être parce qu'ils se projettent dans le moyen terme (celui de la dégradation du service) plutôt que dans le long terme (là où la privatisation est possible).
 
Les deux autres sondages que je vous proposais visaient à compléter notre (votre) vision des services publics à la française:
1- d'abord en nous interrogeant sur la politique menée par Nicolas Sarkozy, avec cette question: "afin de réduire le déficit et la dette publics, Nicolas Sarkozy mène une politique de réduction des effectifs dans la fonction publique. Cette politique consiste à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Etes-vous favorable à la poursuite de cette politique?". Au final, les avis sont partagés: une majorité (4 des 7 votants - soit 57%) souhaite que cette politique se poursuive, invoquant "ce projet d'amaigrissement de la fonction publique est une nécessité pour redresser les finances publiques". La réponse "le président Sarkozy doit appliquer l'intégralité de son programme de candidat sans tenir compte du contexte" ne trouve pas preneur, sans doute parce que le contexte en question va dans le sens d'une accélération de cette réduction des effectifs de fonctionnaires, coûteux pour un Etat en difficulté financière. Quant aux opposants de la réforme, ils se partagent entre deux solutions: 28% affirment qu'elle "conduit à des inégalités d'accès aux services publics correspondants" (comme dans le cas, pré-cité, de la Poste), le dernier votant (14% du total) considérant qu'elle "dégrade les conditions de travail des fonctionnaires concernés et conduit à la précarisation de certaines fonctions". En connaissant des personnes employées sous des contrats précaires, je comprends le choix de cette personne...
2- avec la dernière question, qui porte sur la proposition d' "inscrire dans la Constitution les secteurs concernés par les services publics (eau, énergie, transports, etc), qui ne seraient uniquement gérables par des entreprises dans lesquelles l'Etat est présent à plus de 50% du capital", la boucle est bouclée. Si une majorité accepte que le nombre de fonctionnaires continue à être réduit, ainsi que le changement de statut de la Poste, trois des cinq votants sur ce sujet s'y disent paradoxalement favorables: "la notion de service publique doit être inscrite noir sur blanc, pour être renforcée et protégée" pour 60% d'entre vous, tandis que les autres (40%) pensent que "toute entreprise, même privée, doit pouvoir assurer lesdites missions à condition de respecter certains conditions (accès des citoyens à ce service)".
 
Bref, le débat n'est pas encore terminé. Ne serait-ce que parce qu'il existe une opposition frontale entre deux visions bien différentes et clairement identifiables quant à la manière de penser les services publics. En France, bien sûr. Mais aussi, comme le débat autour de la Constitution l'avait montré en 2005, en Europe (l'échelon le plus important, à mes yeux). Et en attendant que ces sujets reviennent sur le devant de la scène, je vous propose deux nouveaux sondages pour les deux prochaines semaines, dans le prolongement de mon article d'hier, consacré à la jeunesse française. D'une part, je vous demande de vous prononcer sur ce sentiment, largement répandu, que les générations actuelles ont moins confiance en leur avenir que leurs parents: fantasme ou réalité? A vous de vous prononcer. Et, par ailleurs, pour être un peu plus concret, exprimez-vous sur la proposition de DSK de créer une allocation attribuée à tous les jeunes sortant du système scolaire pour s'engager dans le monde universitaire ou sur le marché du travail. Pour vous aider, relisez l'article (et les commentaires) que j'ai consacré à ce sujet: pour cela, cliquez ICI. En comptant sur votre participation, que j'espère massive: bon dimanche !

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Published by Aurelien Royer - dans Cohésion sociale
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 07:33
Si l'élection présidentielle avait lieu dans les prochaines semaines, Nicolas Sarkozy serait battu, au second tour, par Dominique Strauss-Kahn, actuel président du FMI jusqu'à l'automne 2012. On pourrait disserter longuement sur cette enquête qui ne nous apprend pas grand chose: d'une part, ce genre d'enquêtes, deux ans et demi avant le scrutin en question (à moins qu'il n'arrive quelque chose au Président avant) n'a pas vraiment d'utilité si ce n'est renforcer la présidentialisation de notre vie politique; d'autre part, avec un score à 51%, le socialiste l'emporterait d'une courte tête sur un Sarko à 49%... autrement dit, loin d'être hors course. Non: ce qui m'intéresse à travers cette enquête, c'est le fait que le "peuple de gauche" (qui n'existe pas vraiment) fasse de DSK leur potentiel champion, seul capable de le sortir de la crise dans laquelle il se trouve. L'envergure internationale de l'ancien ministre de l'Economie, son rang actuel équivalent à celui d'un homme d'Etat et ses compétences reconnues dans le domaine de l'économie en font un bon candidat. Quelqu'un qui puisse apporter des réponses macro-économiques à la situation du pays et, par contre-coup, améliorer le quotidien de ses habitants. Sur le sujet qui m'intéresse aujourd'hui (à savoir, l'avenir de la jeunesse), DSK avait fait une proposition particulièrement intéressante, lors de la campagne des primaires au cours desquelles il fut battu par Ségolène Royal, à l'automne 2006. Son projet: allouer à chaque jeune obtenant son Bac ou tout diplôme de même valeur une somme d'argent lui permettant soit de poursuivre ses études, soit d'entrer sereinement dans la vie active. Ce pécule, d'un même montant pour tous les jeunes, quel que soit leur milieu familial, constituerait une première pierre à l'édification d'une réelle égalité des chances entre jeunes Français.
 
Car, de fait, aujourd'hui, selon que vous naissez riches ou pauvres, votre avenir n'est pas assuré de la même manière. Et cette situation se dégrade, notamment du fait de la détaxation des droits de succession, ce prélèvement qui permettait de limiter le fossé qui peut exister entre les "fils de" et les autres, qui héritent parfois des dettes de leurs parents. Sans dramatiser ma situation personnelle, je suis de ceux qui, sans l'aide de l'Etat ou sans un prêt étudiant que je viens de finir de rembourser à ma banque, n'auraient pu poursuivre d'études supérieures. Avec des parents méritants, qui ont - comme beaucoup de personnes modestes - sacrifié beaucoup de choses à l'éducation de leurs enfants, les miens n'auraient pu supporter les frais d'études supérieures de plus en plus chères. Heureusement, les dispositifs d'Etat (gratuité des frais d'inscription, chambres universitaires à faible loyer, bourses d'enseignement, ristournes sur les abonnements SNCF) ont joué leur rôle d'ascenseur social... et je bénéficie désormais d'uns situation professionnelle plus que confortable. Le problème, c'est que mon cas tend à se raréfier. De nombreuses études, commentées le temps d'une journée mais balayées par d'autres polémiques croustillantes, le montrent: l'ascenseur social n'est plus aussi efficace qu'avant; les jeunes d'aujourd'hui ont plus de difficultés à s'insérer dans un marché de l'emploi toujours plus instable; la confiance en l'avenir - des jeunes eux-mêmes ou de leurs parents - se dégrade constamment. Or, il appartient à l'Etat de faire en sorte que ces inégalités soient les plus minimes possible: le dispositif proposé par M. Strauss-Kahn est une première piste à explorer, tout comme le dispositif, qu'il serait bon d'améliorer, des emplois jeunes dont le principe me semble aller dans le bon sens. Permettre aux jeunes les plus en difficulté d'acquérir une première expérience professionnelle et de gagner, par leur travail, l'argent qui leur permettra de bien commencer leur vie active, va dans le bon sens.
 
Et, de ce point de vue, les dispositifs voulus par le gouvernement, dont certains ne sont pas à jeter, ne me paraissent pas aller plus loin qu'un pansement masquant les symptômes sans chercher à corriger les causes du phénomène. Ainsi, l'extension du RSA aux jeunes de plus de 18 ans a suscité quelques oppositions dans les rangs mêmes de la majorité: cette forme d'assistanat pour combler les salaires insuffisants pratiqués par les entreprises privées devrait coûter au moins aussi cher que les emplois jeunes à la sauce Jospin. Autre dépense pour le budget de la nation: l'Etat a lancé en début de mois l'opération "Mon journal gratuit" qui permet à quelques centaines de milleirs de jeunes de 18 à 25 ans de profiter d'un abonnement gratuit d'une durée d'un an à un journal (quotidien ou hebdomadaire, national ou régional) de son choix. Initiative intéressante sauf qu'elle n'est accessible aux premiers inscrits, soit environ 4 à 5% des jeunes de cette tranche d'âge. Accéder à l'information, alors qu'un abonnement à un quotidien comme le Monde ou le Figaro ne leur est pas vraiment accessible, est une bonne chose. Mais, d'un autre côté, c'est une nouvelle dépense qui ne règle aucun problème... En revanche, renforcer les filières professionnelles dans le cadre de la réforme du lycée et développer la formation en alternance semble plus utiles: ces pistes, maintes fois évoquées à droite comme à gauche, le président de la République les a reprises à son compte. On attend d'en voir les effets. En tout cas, à l'heure où le cas Jean Sarkozy soulevait l'indignation d'une grande partie de l'opinion, et au-delà de son caractère népotique et politicien, cette affaire soulevait un malaise important. Sans rapport avec l'accès au marché de l'emploi (puisque le fils du président espérait diriger, bénévolement, un établissement public en tant qu'élu), elle n'en a pas moins aggravé les inquiétudes de la France d'en bas. Essayons, à partir de ce constat, de trouver des réponses. Je vous invite à en débattre et, dès demain, à me donner votre avis sur la proposition de DSK: ce sera l'objet d'un des deux nouveaux "sondages de la quizaine" !
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 15:49
Sans vous, amis blogueurs ou lecteurs, Jes6 n'aurait pas de sens: c'est donc vos propres productions que j'ai décidé de mettre à l'honneur pour rédiger mon 1000ème article. Je le publierais le 28 décembre prochain, jour anniversaire des quatre ans du blog. Et, pour le "remplir", je lance donc le deuxième concours de la communauté "Pour un monde meilleur" intitulé: "Faites nos (vos) voeux pour un monde meilleur" et qui débutera lundi prochain. Différent du précédent (organisé durant l'été pour mettre à l'honneur les articles qui faisaient la meilleure "publicité" pour la communauté), ce nouveau concours devrait nous permettre de continuer à bâtir ce monde meilleur, autour duquel nous nous retrouvons depuis plusieurs mois.
 
Cette fois, il s'agit d'un double-exercice: dans un même petit texte (de 150 mots maximum), vous aurez à exprimer votre (ou vos) voeu(x) pour l'année 2010 en cherchant l'inspiration du côté de ce qui deviendra au 1er janvier le nouvel avatar de la communauté. Cette image (ci-contre) correspond au tableau du peinte surréaliste belge, René Maggrite (que j'ai découvert grâce à l'émission "D'art d'art" de Frédéric Taddeï sur France 2) intitulé "l'Oiseau bleu". Par ailleurs, si ce tableau ne vous inspire pas, vous pouvez me proposer l'analyse d'un autre tableau qui, avec l'avis positif des autres participants (et pas seulement le mien !), pourra devenir le prochain avatar.
 
Les règles sont simples:
- dans un premier temps, chaqua participant pourra déposer sa production (en prose ou en vers): les blogeurs n'auront qu'à le publier sur leur propre blog (en me faisant parvenir le lien par mail à cette adresse: aureli1.royer@gmail.com). Et, parce que le concours est également ouverts aux non-blogueurs, "simples" lecteurs de la communauté, j'ouvre un nouveau forum sur la page d'acceuil de la communauté intitulé "Concours d'hiver" où ils pourront poster leur production (pour vous y rendre, cliquez ICI). Cette première phase se déroulera du 16 au 28 novembre.
 
- deuxième étape: la phase de vote. Je publierais, sur ce blog, les détails de cette phase le moment venu pour permettre à chacun de lire toutes les productions du concours et de faire leur choix. Cette phase, ouverte du 30 novembre au 18 décembre, débouchera sur la proclamation des résultats... avec cinq productions gagnantes mises à l'honneur sur Jes6 et dans les forums de la communauté (pour continuer à la populariser sur le blogosphère).
 
Toutes remarques sur ces modalités de participation et de déroulement du concours sont les bienvenues. Vous pouvez me faire vos suggestions pour l'améliorer et, ainsi, vous l'approprier. En attendant que vous vous investissiez dans ce nouveau rendez-vous, je vous souhaite à tous un bien agréable week-end !
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 12:02
"Vive la France, vive l'Allemagne et vive l'amitié franco-allemande": c'est par ces mots que Nicolas Sarkozy, puis Angela Merkel, ont conclu leur discours respectif au pied de l'Arc de Triomphe ce matin... dans le cadre de la commémoration parisienne de l'armistice mettant fin à la première guerre mondiale. L'évènement est d'autant plus important que 2009 marquera un tournant dans l'histoire européenne. Il y avait eu la photo du président Mitterrand et du chancelier (à l'époque, ouest-allemandà Kohl, main dans la main, à Verdun (sur un des champs de bataille les plus meurtriers de cette guerre). Et voilà qu'en novembre 2009, le dernier des 27 ratifie le traité de Lisbonne, que la présidence suédoise annonce un sommet extraordinaire pour le 19 (afin de désigner le Président stable du Conseil et le "Haut représentant de l'Union pour les affaires extérieures et la politique de sécurité"), que les dirigeants du continent se retrouvent, un lundi pluvieux, à Berlin pour célébrer le chute du "mur de la honte" et que, le mercredi suivant (plus ensoleillé), le couple franco-allemand se retrouve pour une matinée his-to-ri-que ! Le rendez-vous aurait pu avoir lieu dix ans plus tôt alors que le chancelier Schröder avait rejeté la proposition de Jacques Chirac de participer, à Paris, à ces mêmes commémorations: un affront lavé, onze ans plus tard, par son successeur qui y voit une "excellente initiative". Il faut dire que, depuis quelques années, le rapprochement franco-allemand connaît de belles heures. Le développement des sections européennes (avec l'apprentissage de la langue allemande dans des disciplines comme l'histoire) en lycée, la parution d'un manuel franco-allemand de l'histoire européenne du XXème siècle (pour le programme de terminale) ou la poursuite des échanges scolaires dans le cadre des jumelages (et ce, malgré la baisse constante du nombre d'élèves choisissant l'allemand comme 2ème langue vivante) en sont autant de signes.
 
Aujourd'hui, c'est sur le terrain à la fois politique et "scolaire" que ce rapprochement (le mot "réconciliation", utilisé par les participants, me gêne un peu car elle me paraît déjà accomplie): en effet, sur la place Charles de Gaulle, étaient présents des lycéens étudiant dans des cursus franco-allemand. Ils venaient symboliser ces nouvelles générations, qui ne connaissent le mur de Berlin qu'à travers les livres, et qui participent eux aussi à la poursuite de ce rapprochement entre les deux pays. Un rapprochement qui n'a rien d'évident: comme le disent les historiens allemands, le couple franco-allemand n'existe que par les volontés des dirigeants des deux pays. A tel point que, ce matin, les médias allemands ne parlent presque pas de la visite de la chancelière à Paris... privilégiant les débats qui agitent le Bundestag autour du discours de politique générale de la nouvelle équipe gouvernementale. Et, pourtant, de par leur histoire compliqué, ces deux peuples ont vocation à se retrouver: comme l'expliquait ce matin l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau sur France 2, les deux pays ne partent pas d'un même point (ils commémorent des choses différentes à des dates différentes) mais se retrouvent vers un même but, cette communauté de destin qui fait que Français et Allemands s'entendent mieux que Français et Anglais (pour ne prendre qu'un exemple - un peu trop - facile). Il est vrai (et j'ai du mal à me l'expliquer) que je préfère, pour les fêtes de fin d'année, passer quelques jours à Strasbourg et sur les marchés de Noël de villes allemandes proches de la frontière (comme Aix-la-Chapelle) que d'aller à Londres. Et pourtant je crois pouvoir mieux me débrouiller en anglais qu'en allemand ! En tout cas, cette initiative de faire du 11 novembre une journée de commémoration de la paix entre nos deux pays est vraiment excellente. Certes, la mort du dernier poilu, l'an dernier, facilite ce tournant: de célébration de notre victoire sur nos voisins, cette date devient synonyme de fin d'un des épisodes les plus cruels pour notre continent. La Grande guerre, c'est un épisode qui a profondément changé notre continent et qui a bouleversé l'Allemagne tout autant que la France, en ce début de XXème siècle. Près de cent ans après, il est donc plus utile de ne garder à l'esprit ce qui nous rapproche (c'est notre moteur pour avancer dans le futur) que ce qui nous éloigne. Aux enseignants, à l'école, de poursuivre l'oeuvre de mémoire.
 
Je veux profiter de cette journée pour aborder, à mon tour, le fameux débat sur l'identité nationale, voulue par le ministre qui en est le défenseur, Eric Besson. Je ne vais pas m'attarder ni sur l'ambiguité de l'appellation de ce ministère (qui me choque, comme beaucoup d'autres républicains), ni sur l'opportunité électoraliste de ce débat (tout a été dit sur la nécessité, pour la droite, de remobiliser la partie la plus conservatrice de son électorat en vue des régionales). Premier élement intéressant (quelque peu dénoncé par des humoristes comme Stéphane Guillon): il est étrange de constater que le débat sera quelque peu encadré. Ne pourront parler d'identité nationale que ceux qui pourront accéder aux préfectures ou sous-préfectures, à des dates et heures bien précis... comme des membres d'associations ou de partis politiques (pour ceux qui auront répondu à l'appel). Les simples citoyens pourront poster leurs commentaires sur un site Internet spécialement créé. Et nul doute que les échanges risqueront d'être virulents... à défaut d'être réellement pris en compte par le pouvoir en place. Qui nous dit que le discours présidentiel, qui sera prononcé lors d'un colloque de clôture du débat, n'est pas déjà écrit? Ben oui: invité sur le plateau de "Mots croisés", M. Besson a déjà donné les grandes lignes de la (bonne) réponse à la question" Qu'est-ce qu'être français?". D'ailleurs, tous les ministres (Fadela Amara, sur le même plateau, ce lundi) répètent les mêmes formules (magiques): c'est le sentiment d'appartenir à une communauté qui se définit par ses symboles (le drapeau, l'hymne, la devise au fronton de nos mairies) et ses valeurs (celles que nous avons hérité de la Révolution de 1789). Qui peut s'y dire opposé?
 
C'est le principal piège de ce débat: il pourrait bien déboucher sur un pseudo-consensus... qui ne fera pas avancer les vrais sujets. On se disputera sur la manière d'honorer nos couleurs: le ministre a déjà lancé un ballon d'essai (applaudi par M. de Villiers !) en proposant de faire chanter "la Marseillaise" dans la cour de nos écoles... oubliant de suggérer de le faire, le jour de la rentrée, lors d'une cérémonie de levée du drapeau. Et pourquoi pas faire une grande journée patriotique, histoire de cimenter les élèves-citoyens autour du pouvoir élyséen, tous les 22 octobre, avec une matinée spéciale incluant la lecture de la lettre de Guy Môquet? Bref, il y un risque de voir ces sujets polémiques inutiles prendre le dessus. De telles initiatives sont profondément stupides et il faudra que l'opposition, politique et citoyenne, les refuse... Et, en l'occupant avec ces hochets, le gouvernement se met à l'abri des vrais sujets qui, eux, mériteraient d'être débattus. Vous l'aurez peut-être compris: je suis favorable au débat sur l'identité nationale. Mais à un débat de fond qui débouche sur des propositions fortes dans le domaine de l'intégration (ce dont M. Besson a aussi la charge). En effet, à écouter les premiers débats (télévisés), l'une des questions posées est bien sûr celle de l'accueil de ceux qui ne sont pas Français de naissance (ou qui le sont à la 2ème ou 3ème générations) et qui doivent réussir à se sentir Français. Le risque est de voir certains affirmer qu'il existe plusieurs "types" de Français: les gaulois de souche, qui le sont depuis des générations et qui tirent leur citoyenneté de la naissance (et de leur sang); les jeunes issus de l'immigration, au fond des demi-Français, qui sont nés sur le sol national mais ont du sang étranger par leurs parents ou grand-parents; les "faux" Français qui ne le sont que par la voie de la naturalisation, étant nés d'une autre nationalité.
 
Vous voyez de qui je veux parler? Du FN, bien sûr. Qui s'est engouffré dans la brèche et qui, comme à son habitude, s'en va poser les bonnes questions. On entend déjà Marine Le Pen qui, après s'être plainte de ne pas avoir été reçu par le chef de l'Etat - qui ne lui a même pas envoyé une missive de refus -, en appelle à ouvrir le débat sur la réforme du code de la nationalité. La proposition est déjà connu: seul le droit du sang doit prévaloir pour devenir Français et les autres formes d'acquisition doivent restées exceptionnelles. Moi, je réponds: et si on mettait en place un code de la nationalité à l'échelle européenne - en dépassant nos traditions nationales - en même temps que créer une véritable citoyenneté européenne (avec carte d'identité et passeport uniques pour tous les habitants de l'UE)? Etre Français, c'est être pleinement citoyen français... d'où l'importance des cérémonies qui, pour les étrangers naturalisés, consistent à obtenir leur carte dans une salle avec le buste de Marianne, etc. D'où l'importance aussi que la République fasse en sorte que ces personnes, prises en charge de leur pays d'origine jusqu'à leur lieu de destination finale, apprennent à bien maîtriser la langue française, l'histoire et la géographie de notre pays. Au moins les bases. Sans tomber dans l'extrême britannique du questionnaire ultra-pointu que les citoyens de naissance ne réussiraient même pas ! L'Etat peut faire des tas de choses, qui existent déjà pour la plupart, mais qui ne sont pas encore généralisées. Et, si l'Etat a des solutions entre les mains, il est clair qu'il peut aussi être impuissant: que faire face aux supporters qui sifflent "la Marseillaise" dans les travées d'un stade? Comment agir sur de tels comportements individuels déviants? C'est presque impossible. Le débat n'a donc pas de fin... Ni de solution définitive: rappelons-nous le débat sur les soi-disant "racines chrétiennes" de l'Europe (qu'il avait été question d'inscrire dans le Marbre de la Constitution européenne). Parler de notre identité commune n'est pas facile. Faire en sorte, via une école forte et dotée de moyens suffisants, que chaque citoyen puisse connaître et s'identifier à une identité mouvante - et qu'il définit lui-même -, est sans doute bien plus essentiel !
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 09:21
Les jours que nous venons de vivre ont été exceptionnels. Personne n'a pu manquer les commémorations de la chute du mur de Berlin, tombé il y a vingt ans ! Nos médias ont largement anticipé l'évènement, proposant des reportages et analyses depuis plusieurs semaines: ainsi, sur France Info, une chronique permettait de vivre, jour à jour, ce qui se passa dans les semaines qui précédèrent la chute de ce "mur de la honte". Une semaine avant le jour J, la station proposait même une journée spéciale consacrée à "ces autres murs à faire tomber" (consultez le dossier et le reportage photo en cliquant ICI). Un autre jour, c'était la rencontre entre Mikhaïl Gorbatchev, Helmut Kohl et George Bush senior qui étaient commentée: les trois dirigeants soviétique, ouest-allemand et américain de l'époque lançaient les festivités berlinoises qui devaient aboutir à la grande cérémonie d'hier. Une cérémonie qui, tel un sommet de l'OTAN, était retransmise sur les chaînes de télévision du monde entier avec des éditions spéciales. Ce 9 novembre 2009, l'Europe était donc en fête, commémorant la chute d'un symbole, ce mur qui coupait notre continent en deux avec, à l'ouest, des Etats qui unissaient déjà leur destin dans une CEE qui allait, à compter des années 1990, connaître une profonde transformation. Victoire de la liberté sur l'oppression dictatoriale du régime communisme: les Européens de l'est entraient dans la mondialisation néolibérale, créatrice de richesses et d'injustices, qui leur ferait presque regretter l'ancien temps.
 
Mais, là n'est pas l'essentiel. Cette chute du mur de Berlin est avant tout pleine de symboles, de valeurs: celles que les artistes européens, auteurs des fameux dominos, ont voulu célébré à travers leurs oeuvres. Comme cette artiste française qui a peint une alternance de bandes blanches et bleues, de plus en plus épaisses vers le haut de son domino, pour représenter la libération - progressive - des peuples orientaux du joug soviétique. Les cérémonies, entâchées par la pluie, ont été présidées par la chancelière Angela Merkel, à elle seule symbole de cette période de l'histoire allemande: maître de cérémonie, elle a expliqué sa propre expérience de la chute du mur, elle qui vivait à l'est et qui a célébré l'évènement en passant dans le secteur ouest de la capitale où elle a bu des bières avec des amis. Autre personnalité présente hier à Berlin: c'est l'ancien président tchèque, Vaclav Havel (73 ans), qui a poussé le premier domino. Un homme au parcours exceptionnel, considéré, dans son pays comme sur le reste du continent, comme une personnalité exceptionnelle. Surnommé le "président-philosophe", il dirigea la République fédérale de Tchécoslovaquie, jusqu'à son éclatement consécutif à la disparition du bloc de l'est, avant de présider aux destinées de la toute nouvelle République tchèque. Un homme qui pourrait, pour un premier mandat de deux ans et demi (vu son âge), présider aux destinées de l'Europe en occupant le poste de président du Conseil européen: voir un dirigeant ayant vécu cette partie de notre histoire commune impulser le renouveau que les Européens attendent en 2009 serait un bien beau symbole...
 
Et, à l'heure où le gouvernement français lance un débat sur l'identité nationale (sur lequel je reviendrai bientôt), c'est plutôt l'identité européenne qu'il nous faut bâtir. L'Europe dispose de son hymne, d'un drapeau, d'une journée de commémoration (le 9 mai)... Le choix des futurs dirigeants de l'UE, qui impulseront une nouvelle dynamique pour le continent, est la prochaine étape. Et pourquoi pas, comme le titre le suggère, faire de la journée du 9 novembre un jour férié pour tous les citoyens européens? Car, hier, plus que la chute d'un mur, c'est donc une étape fondamentale de la construction européenne qui a été célébrée: celle qui a permis aux deux blocs de s'unir autour des valeurs, des idéaux et d'une histoire tourmentée qui fait l'identité européenne. Et les dirigeants présents (presque exclusivement européens, avec l'absence de Barack Obama) ne s'y sont pas trompés, tel un Gordon Brown qui, dans son discours, a rappelé qu'il se donnait pour mission d'ancrer toujours plus son pays dans le projet européen. Une mise au point intéressante et nécessaire... Et je profite de l'occasion pour lancer le deuxième concours de la commnauté "Pour un monde meilleur": après le vote pour les meilleurs articles (l'été dernier), j'ai décidé de vous donner l'occasion d'exprimer vos voeux pour 2010. Des voeux pour l'Europe et pour le monde entier. La consigne est simple: à compter du 1er janvier, le symbole de la communauté (aujourd'hui, un drapeau flottant de l'ONU) va changer et, pour le lancer, j'aimerais que les blogueurs de la communauté écrivent un petit texte (en vers ou en prose, de mots maximum) pour décrire le nouveau symbole (voyez cette image en lisant l'article correspondant au réglement du concours en cliquant ICI *) et décrire le monde meilleur que vous aimeriez contribuer à bâtir en 2010 !
 
* l'oeuvre ci-contre est un tableau du peintre surréaliste belge René Magritte, intitulé "l'Oiseau bleu" et qui, comme nombre de ses oeuvres, joue sur les contrastes de couleur et de luminosité.
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 17:58
Une nouvelle bombe vient d'exploser au Proche-Orient: elle n'est pas matérielle et meurtrière, celle-là. Elle est politique, et constitue une claque pour le tout nouveau Prix Nobel de la Paix: le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas - en poste depuis la mort de Yasser Arafat il y a cinq ans -, a décidé de ne pas se représenter à la tête de son "Etat" (qui n'existe toujours pas, au sens juridique du terme). Age de 74 ans, il met tout simplement à exécution les menaces qu'il avait adressé au Président américain, Barack Obama, auquel il avait affirmé le mois dernier ne pas poursuivre sa mission si le gel de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens (à Jérusalem-Est et en Cisjordanie) n'était pas actée. Le président américain ayant échoué dans cette mission, M. Abbas se retire. Reconduit à la tête de son parti, le Fatah, il jette donc l'éponge en vue de la présidentielle prévue, en même temps que les législatives, à la fin du mois de janvier prochain. Son mouvement, ainsi que l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine), a affirmé qu'Abbas restait son seul et unique candidat en vue de ce scrutin, ne désespérant pas de le faire changer d'avis. D'ailleurs, depuis qu'il l'a annoncé officiellement, mettant directement en cause l'attitude américaine, nombreuses sont les personnalités du monde diplomatique à l'enjoindre de continuer son combat: pour Bernard Kouchner, "il [doit] continue[r] avec obstination sa démarche vers la paix, c’est à dire la création d’un Etat palestinien".
 
Côté israélien, cette décision a jetté un froid: il faut dire que, pour Mahmoud Abbas, c'est un bon coup politique. Une manière de faire comprendre au reste du monde qu'il est l'un des seuls interlocuteurs pour conduire à bien le processus de paix: "si Abbas s'en va, son successeur sera forcément plus extrêmiste et les négociations seront encore plus tendues", expliquent des diplomates de l'Etat hébreu. Modéré, en guerre politique contre le Hamas, le mouvement extrêmiste piloté depuis Téhéran, le président palestinien est en effet une des personnalités les plus influentes du Fatah et son aura est la garantie de parvenir, un jour, à un compromis avec les Israéliens... à moins que ceux-ci, malgré les appels internationaux, ne persistent dans leur volonté colonisatrice. Car, c'est là le coeur du problème israélo-palestinien: bien loin d'être freinée, la colonisation israélienne dans des territoires qui ont vocation à devenir palestiniens (dans les limites d'un futur Etat palestinien reconnu) se poursuit, voire s'accélère depuis que la coalition de droite de M. Netanyahu est arrivée au pouvoir. Le premier ministre israélien se dit prêt à stopper la colonisation en Cisjordanie, déjà sous tutelle de l'Autorité palestinienne... mais la (re)conquête de la partie orientale de Jérusalem reste une priorité. Comme l'explique un intéressant dossier de Marianne, un homme - octogénaire richissime installé en Floride - fait la pluie et le beau temps sur ce sujet. Membre d'une famille qui n'a pas été épargnée par les tragédies que les Juifs ont eu à traverser lors du siècle dernier, ce mécène enrichi en Amérique a un programme simple (qui pourrait être celui du gouvernement de l'Etat hébreu): expulser les Palestiniens vivant à Jérusalem-Est, racheter les terrains correspondants, bâtir des immeubles pour loger des citoyens israéliens et, à terme, redonner à la ville sainte sa judéité complète.
 
Les Textes, Dieu n'a pas promis une partie, mais "tout le pays de Canaan" (comprenez la Palestine): tout à sa mission de l' "accomplissement de la promesse divine", Irving Moscowitz participe à la transformation urbanistique de la Ville. Les chantiers se multiplient. La colonisation continue. Avec pour but ultime, la destruction de la mosquée Al-Aqsa (photo) pour la remplacer par le temple de Salomon, construit par le roi éponyme, considéré comme le premier temple de la Ville sainte et qui fut détruit par les Babyloniens au VIème avant JC. Et, pour commenter ce projet, l'auteur de l'article n'y va pas par quatre chemins: "Quand on sait que la mosquée d'Al Aqsa est le lien le plus saint de l'islam après La Mecque et Médine, on prend la mesure de la folie de ce programme. Un milliard de musulmans entreraient dans une rage inextinguible, une intifada à l'échelle planétaire avec des 11 septembre quotidiens, quelque chose comme une troisième guerre mondiale". Rien que cela ! Et, de fait, dans l'esprit des Palestiniens modérés, qui n'ont pas perdu la foi depuis tant d'années qu'il cherche à trouver un accord de paix avec leurs voisins (franchement, il serait bien compréhensible qu'ils aient fini par baisser les bras !), les questions du partage de Jérusalem en deux secteurs et de l'émergence d'un Palestine souveraine sont conditionnées à la fin de cette colonisation. C'est ce qu'Obama a affirmé, plusieurs fois, en rencontrant les dirigeants israéliens. Une posture jugée presque hérétique, tant à Tel-Aviv où on peine à comprendre que l'allié historique américain ne laisse Israël seul face à ses ennemis (qui l'entourent et le bombardent à coup de roquettes), qu'à Washington où républicains et lobbies pro-israéliens dénoncent un lâchage en règle... Sauf que, dans un conflit si complexe, Obama a bien compris qu'il ne fallait prendre fait et cause pour aucun des deux camps. Jouer l'arbitre et le facilitateur de discussion, voilà ce dont la région a besoin.
 
Or, le président américain n'a pas joué ce rôle au cours de l'année écoulée. Confronté au double conflit afghano-irakien, il en a fait la priorité de son action extérieure. Sommé de prouver que l'ère Bush était bien terminée, il a choisi - comme symbole de son mandat - la fermeture de la prison de Guantanamo. Soucieux de redéfinir la stratégie diplomatique américaine, passant de l'unilatéralisme au dialogue entre les peuples, il a prononcé nombre de discous, dont celui du Caire qui restera comme une main tendue à l'ensemble du monde arabe. Et, dans le même temps, il a chargé un émissaire (et non sa secrétaire d'Etat, qu'on a peu vu en Israël ou dans les territoires palestiniens) de trouver des pistes pour régler le conflit proche-oriental. Bref, Obama n'a pas fait de ce conflit sa priorité, contribuant à laisser se dégrader la situation. Et c'est d'autant plus flagrant qu'un Bernard Kouchner peut désormais en appeler à l'Union européenne pour jouer ce rôle d'arbitre que les Etats-Unis ne remplissent que bien imparfaitement. Notre chef de la diplomatie semble souhaiter que le futur ministre européen des Affaires étrangères prenne le dossier à bras le corps et en fasse sa priorité: si c'est le cas, j'applaudis des deux mains ! Le plan est simple: dès son entrée en fonction, cette personne (un Hubert Védrine, apprécié à Washington, ferait l'affaire) se rend sur place pour rencontrer les protagonistes et lancer un appel à la tenue d'une conférence internationale au Caire, à Ankara ou je ne sais où pour amorcer un processus de discussion. Chaque camp y fera des concessions immédiates. Et le processus commencera. Après les discours, il est temps de passer aux actes... et on a pas le temps d'attendre qu'Obama le comprenne profondément.
 
Complément au 10/11: c'est d'autant plus vrai, ce week-end, le président américain a reçu le premier ministre israélien pour essayer d'en obtenir quelque chose. Sans résultat, bien sûr ! Benyamin Netanyahu a même cru bon de clamer que son peuple était un grand peuple et que "tout le monde ne pensait pas comme M. Obama". Une élégante manière de dire que le locataire de la Maison-Blanche, bien moins favorable aux Israéliens que son prédécesseur, reste éloigné du dossier. Une petite phrase qui ne devrait que renforcer les partisans de la paix à bouger au plus vite: il ne faut pas laisser à ce dirigeant les mains libres pour faire ce qu'il veut. Avec un Abbas potentiellement hors jeu, le cocktail s'annonce détonnant !
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 13:46

Le 4 novembre: à jamais, cette date restera graver dans nos mémoires. Comme le 9 novembre est associé à la chute du mur de Berlin, le 10 mai à l'élection de François Mitterrand ou le 21 avril à la déroute jospinienne devant la percée de Jean-Marie Le Pen, le 4 novembre commémore l'élection du premier Président afro-américain à la tête de la première puissance mondiale. Ce fut tout simplement une journée historique: tout simplement parce que chacun de nous peut expliquer ce qu'il faisait au moment précis de l'évènement. Tout comme chacun peut dire ce qu'il faisait lorsqu'il a appris le déroulement des attentats contre le World Trade Center un certain 11 septembre. Ainsi, je me souviens, décalage horaire oblige, m'être levé à 6h15 - heure à laquelle les médias français proposaient les premières éditions spéciales, notamment dans Télématin sur France 2 - pour vivre le résultat en direct. Râté: car les estimations livrées par les médias américains étaient tombées depuis près d'une heure, annonçant une victoire assez large du sénateur démocrate de l'Illinois. Il avait, dès 5 heures (heure de Paris), franchi la barre de la majorité absolue du nombre de grands électeurs pour accéder à la Maison-Blanche... et CNN fut le premier à l'annoncer, provoquant la liesse des milliers d'Américains massés au pied de l'estrade sur laquelle le président élu devait s'exprimer pour commenter sa victoire. Un an après, revoir ces images donne encore la chaire de poule... Parmi toutes les vidéos disponibles sur Dailymotion, j'ai opéré une petite sélection (si cela vous intéresse, voyez la playlist en question en cliquant ICI) de laquelle j'ai tiré la vidéo suivante: l'annonce, en anglais non sous-titré, sur CNN des résultats Etat par Etat, du résultat final (à 2'35), suivis des réactions de deux prétendants. Un document que j'ai pris plaisir à revoir.
 

                                   Barack Obama, the New President of the United States !
                                     envoyé par Diamantee (source: site Internet de Dailymotion)
 
Depuis ce matin (et déjà hier !), nos médias multiplient les "pages spéciales" pour dresser le bilan de la première année du mandat d'Obama. Et, symptomatique de la difficulté d'un tel exercice, France Info et le quotidien Le Monde (dans son édition datée d'aujourd'hui) ont choisi de revivre les moments de la campagne et d'analyser les grands discours du président américain (en les confrontant, dès que possible, à ses actes). En effet, le locataire de la Maison-Blanche a davantage parlé, développé de nouvelles théories - aussi bien sur les questions économiques que diplomatiques -, contribuant (ce qui est déjà un énorme succès) à tourner assez vite la page Bush et à redorer le blason de son pays à travers le monde. Ses actions concrètes sont moins nombreuses, et les résultats de celles-ci encore moins. Et pour cause. D'une part, parce que Barack Obama ne dirige les Etats-Unis, avec son équipe, que depuis neuf mois, son accession au pouvoir ne datant que de janvier ! Même si, la crise aidant, l'administration Bush avait plutôt réussi la transition entre les deux administrations, donnant aux conseillers d'Obama une place significative dans les négociations internationales sur la moralisation du capitalisme, notamment. Par ailleurs, il est rare - voire impossible - pour un dirigeant de mettre en oeuvre son programme en si peu de temps... et, surtout, d'obtenir des résultats visibles. On ne cesse de le dire en France: Nicolas Sarkozy, lui aussi, parle beaucoup, agit en multipliant les projets de loi et n'en obtiendra les fruits que plus tard. Difficile, compte-tenu du contexte, de prouver aux Français (et aux Américains) que le plan de relance a été efficace... quand l'économie virtuelle repart (bourses en hausse, retour des spéculations et des bonus, remboursement des emprunts par les banques, etc) alors que l'économie réelle stagne toujours (hausse du chômage, baisse du pouvoir d'achat, incertitude quand à l'accès à la propriété ou aux soins).
 
Cette absence de résultat, finalement parfaitement logique, n'entâche pas encore fortement la popularité du président américain: certes l'obamania est derrière nous et le nombre de mécontents augmente toujours sensiblement. Mais, M. Obama dispose toujours d'une marge de manoeuvre suffisante, notamment au Congrès, pour poursuivre ses réformes... dont la plus importante, celle sur l'assurance maladie, devrait aboutir d'ici la fin de l'année. Une réforme qui est d'ailleurs symptomatique de l'Amérique de 2009: l'opposition républicaine, sous couverts d'arguments plus que douteux (ils crient au communisme !), se réveille. Elle condamne de plus en plus ouvertement une politique dépensière, qui creuse déficit et dette publics, pour mener une politique de solidarité qui, au pays du libéralisme, en irrite plus d'un. Les démocrates viennent-ils d'en payer les pots cassés? En tout cas, à l'occasion de deux scrutins locaux, les républicains ont conquis les postes de gouverneurs de Virginie et du New Jersey, deux Etats plutôt à droite qui avaient tout de même choisi Obama il y a un an. Il faut dire que la déception des Américains est palpable: comme je l'indiquais dès son élection, le peuple américain a sans doute placé trop d'espoir en Obama et, même si l'heure du bilan n'a évidemment pas sonné, une bonne partie est déçue. C'est ce qu'Hubert Védrine (dont l'analyse, dans les 4 vérités ce matin, était excellente !) appelle les idéalistes: ceux qui pensaient qu'en un coup de baguette magique (autrement dit, en quelques mois), un sel homme pouvait tout changer. C'est méconnaître la réalité politique que le croire.
 
Dans les affaires intérieures - celles qui, comme les Français en France, préoccupent d'abord les citoyens américains -, l'équipe Obama est jugée pas assez efficace. Avec la crise, à laquelle il doit son élection, le président avait l'occasion de créer un autre système économique, qui profite davantage aux Américains de l'Amérique d'en bas. De fait, l'une de ses premières décisions, dans le cadre de son ambitieux (et coûteux) plan de relance, a été de plafonner les revenus des dirigeants de banques soutenues par l'Etat à un demi-million de dollars annuel. On est plus dans le symbole que dans la réforme de fond... et, au quotidien, les Américans ont toujours aussi peur du lendemain. Peur de perdre leur emploi (car le chômage continue de progresser). Peur de perdre leur maison (car leur endettement est toujours un poids menaçant). Peur de ne pas pouvoir accéder aux soins ou, pour leurs enfants, aux études supérieures. Bref, et même si LA grosse réforme de son mandat arrive, cela fait un an que la crise dure et que les citoyens sont inquiets. Il ne suffit donc pas de prendre des mesures symboliques (tout aussi nécessaires soient-elles). Il faut aussi mettre toute son énergie à changer les rapports de force au profit des plus démunis, ceux qui subissent le plus les conséquences de la grande crise. Il en va de même en politique internationale: nous avons été nombreux à être surpris de sa nomination au Nobel de la Paix. La remise de cette récompense soulignait davantage les efforts verbaux et les promesses que les actes. En ce qui concerne la diplomatie américaine, on ne pourra contester qu'un virage a été (partiellement) franchi en quelques mois. Mais, au-delà des discours, rien n'a avancé au Proche-Orient ou dans les deux guerres qui occupent les Etats-Unis. La situation générale s'est même dégradée avec l'ouverture d'un nouveau front au Pakistan... et l'incertitude de pouvoir négocier avec l'Iran (même si les premières discussions ont pu avoir lieu, ce qui n'est pas une mince affaire). Bref, Obama a fait souffler un énorme vent d'espoir, partout sur la planète. Force est de constater qu'il n'a pas encore joué un rôle suffisant d'impulsion dans les grands dossiers. Mais laissons-lui le temps de passer aux actes... il le fera !
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Published by Aurelien Royer - dans Présidentielle américaine
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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 13:57
Le titre est explicite et, dans Marianne cette semaine, ce hold-up se transforme en "viol" dans le corps de l'article de Jack Dion. Le sujet? La modification du mode de scrutin qui accompagne la réforme des collectivités territoriales voulues par notre cher Président. La réforme en elle-même prévoit la suppression des mandats de conseillers généraux et régionaux... pour fusionner les deux dans un mandat de conseiller territorial. Ce nouvel élu serait appeler à siéger à la fois dans le cadre des départements et des régions. Ils devraient être à ces deux entités ce que les conseillers municipaux sont à la commune et à la communauté de communes. Deux échelons au sein desquels se sont les mêmes élus qui siègent, avec un double avantage: 1- faire des économies en payant moins d'élus (c'est évidemment l'argument d'un gouvernement qui vide les caisses); 2- permettre aux élus, ancrés dans une circonscription, de défendre leurs territoires à un niveau où les décisions changent notre vie quotidienne. Cette réforme (inspirée des propositions de François Bayrou, qui les avançait dans son livre-programme en 2007) est donc une bonne chose. Dans le système actuel, les conseillers régionaux sont élus sur une liste qui respecte la parité, mais qui n'oblige pas le parti qui la présente à respecter équitablement les territoires: en Picardie, le PS veille à ce que chaque pays soit justement représenté... mais rien n'est obligatoire. Et, il est probable que les combines d'appareil ne le permettent pas dans des régions où il y a des personnalités à placer dans les places éligibles, au risque de limiter le renouvellement des élus.
 
Dans l'article de l'hebdomadaire, il n'est pas question de la réforme en elle-même... mais du mode de scrutin de ces nouveaux conseillers territoriaux. Car, François Fillon l'a confirmé aux parlementaires de la majorité, fin septembre: ces conseillers seront, pour 80% d'entre eux, élus au scrutin uninominal à un tour dans le cadre du canton et, pour les 20% restants, au scrutin de liste à la proportionnelle. L'arbitrage est présenté, par le premier ministre, comme une avancée pour la démocratie: d'une part, le maintien d'un scrutin cantonal (qui existe pour les conseillers généraux) permet le maitien d'un lien de proximité entre les élus et ses administrés; d'autre part, la (petite) dose de proportionnelle permet une plus juste représentation de la population (parité homme-femmes, renouvellement générationnel, présence d'une poignée d'élus des extrêmes et des petits partis). Et toute l'UMP applaudit à cette réforme, forcément courageuse, voulue, du haut de l'Elysée, par le chef de l'Etat... sans que, dans l'opposition ou sur cette toile qui a su se mobiliser contre le parachutage du prince Jean à l'EPAD, personne ne crie au scandale. Et c'est ce que le magazine souligne: autant l'affaire du fils présidentiel à la tête de la Défense constituait un coup porté à la méritocratie républicaine, autant ce nouveau mode de scrutin s'apparente à un véritable scandale ! Et ce n'est pas bien difficile à comprendre: passer du scrutin uninominal à deux tours (où le candidat disposant d'une majorité absolue parmi les deux parvenus en tête du premier tour) à l'uninominal à un tour (le candidat arrivé en tête, même avec une minorité de suffrage - c'est la majorité relative, l'emporte), c'est une absolue régression... que le pouvoir a voulu maquiller avec cette ridicule dose de proportionnelle (qui, par rapport au scrutin de liste régional, actuellement en vigueur) constitue une seconde régression démocratique. Deux pour le prix d'une: c'est trop !
 
Alors, pourquoi une telle régression? Le président et ses conseillers partent d'un constat simple: que ce soit lors des dernières élections européennes ou des différentes consultations partielles (comme celle qui a vu la victoire de David Douillet dans les Yvelines), l'UMP et ses satellites (Nouveau Centre, CPNT, Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin ou encore le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers) arrivent systématiquement en tête, loin devant ces partis de gauche qui refusent de monter des coalitions. L'élection européenne l'a montré: avec moins de 28% des voix, le parti majoritaire a obtenu 29 sièges (soit plus de 40% de ceux qui sont attribués à la France) au Parlement européen de Strasbourg. Les élections législatives partielles ont affiné l'analyse présidentielle: avec plus de 40% des suffrages au premier tour, les candidats UMP l'emportent de justesse au second tour face à un candidat de gauche sachant rassembler toutes les tendances. Avec les régionales, le président va pouvoir le confirmer: dans toutes les régions, la droite arrivera en tête... et devrait perdre au second, passant derrière la gauche rassemblée, et pâtissant - dans certains cas - de triangulaires provoqués par un FN en pleine reconquête. D'ailleurs, pour que ce scénario se confirme, Nicolas Sarkozy a tapé du poing sur la table: aux responsables du Nouveau Centre, il a dit clairement que le parti de centre-droit ne devait pas présenter de listes autonomes au premier tour des régionales. Cette mise au point fait suite aux ambitions clairement affichées d'un ancien secrétaire d'Etat, André Santini, à conduire une liste en Ile-de-France, concurrençant ainsi celle de Valérie Pécresse. Depuis que l'UMP est née, la majorité se doit d'être monolithique: sous Sarko, pas question qu'une tête ne dépasse... les derniers frondeurs, dont Jean-Pierre Raffarin (à propos de la réforme de la taxe professionnelle), en savent quelque chose.
 
Dans les grands rendez-vous électoraux, qui ne manquent pas d'être analysés comme des tests pour le pouvoir en place, la droite doit apparaître la plus forte possible... surtout en 2010, pour ne pas risquer de fragiliser le chef de l'Etat à mi-mandat. Et, pour cela, la gauche lui donne un bon coup de pouce. Ainsi, les Verts ont-ils décidé de rééditer l'exploit des européennes, en créant des listes autonomes dès le premier tour, sous l'appellation "Europe Ecologie" avec la ferme intention de passer, dans quelques régions (dont l'Ile-de-France), devant les socialistes. Dans le cadre d'un scrutin de liste à deux tours, c'est une démarche éminemment dmocratique qui permet aux citoyens d'avoir un vrai choix entre des projets parfois différents. Et quand elle la justifie, Cécile Duflot ne dit rien d'autre que les écologistes se placent dans le débat d'idées et ne sont pas toujours d'accord avec leurs collègues de la gauche. Ce n'est pas parce que l'on était partenaire hier, et qu'on le sera encore probablement demain, qu'on a pas le droit de se présenter devant les électeurs. Sauf qu'en refusant les mains tendues par le PS ou le MoDem et qui auraient pu, dans certains cas, être pertinentes, les Verts prennent le risque d'apparaître comme des cavaliers seuls risquant de diviser leur propre camp. Même situation du côté du PCF où, à plus de 80%, les cadres du parti ont choisi de poursuivre le Front de gauche avec les amis de Mélenchon plutôt que de s'allier au PS, son allié traditionnel. Conclusion: la gauche partira émiettée au premier tour et, parce qu'il en existe encore un second, elle devrait finalement se rassembler pour conserver une bonne partie des régions qu'elle a raflé en 2004. Sauf qu'avec la réforme Sarkozy, montrer au président que la gauche peut s'unir dès le premier tour pour passer devant l'UMP et être en position de force n'aurait pas fait de mal ! C'eût été freiné les ardeurs du chef de l'Etat dont les propagandistes viendront proclamer, le soir du premier tour, sur les plateaux télé, que le résultat est assimilable à un triomphe pour le gouvernement... en forme d'appel pour qu'il continue sa politique. Cela fait deux ans qu'on y a droit ! Ca n'est pas prêt de changer... surtout si, en face, personne ne hurle quand il faudrait le faire !
 
A moins qu'un contre-pouvoir, médiatique ou citoyen, ne lance une pétition pour exiger le retrait d'une réforme qui affaiblit (encore) - et dans le marbre, cette fois - notre démocratie ! Sur ce, bonne soirée à tous.
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Published by Aurelien Royer - dans Les campagnes électorales
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 07:25
Hier, pour le 100ème article de ma rubrique "L'actualité de l'UE" (celle pour laquelle j'ai donc écris le plus d'articles depuis la création du blog !), j'affirmais que l'actuelle président lituanienne, diplomate de formation et ancienne membre de la commission Prodi, figurait parmi les favori(e)s au poste de Président(e) du Conseil européen. Il est possible que je me sois trompé... la confondant avec une autre dirigeant balte, l'ancienne présidente de Lettonie (qui n'est plus en fonction) Vaira Vike-Freiberga. Car, en cherchant sur le web des informations sur les tractations bruxelloises pour trouver un chef de file pour l'Europe, je n'ai pas rencontré son nom une seule fois... Il faut dire que, dans cette partie du continent, les femmes chefs d'Etat (passées ou présentes), il y en a quelques-unes. En effet, mes recherches ayant été fructueuses, j'ai pu répertorier rien de moins que trois femmes (voire quatre, si on inclut l'actuelle dirigeante de la Lituanie) qui peuvent prétendre décrocher cette fontion. Un merveilleux symbole pour une Europe qui, avec le traité de Lisbonne, espère se relancer... D'autant plus que ces femmes ne représentent ni de grands Etats, ni les pays fondateurs de l'Union: elles sont balte, irlandaise ou finlandaise. Portrait de chacune d'elles.
 
1- la présidente finlandaise, Tarja Halonen (photo de gauche), dont le parcours est exemplaire: avocate spécialiste en droit social et juriste syndicale de profession, cette femme de bientôt 66 ans (le 24 décembre) appartient au parti social-démocrate finlandais et a débuté sa carrière à la municipalité d'Helsinki en 1977. Présidente d'une organisation de défense des droits des homosexuels, elle occupa plusieurs postes ministériels pour lesquels elle fut la première femme à les obtenir: les Affaires sociales, la Justice et même les Affaires étrangères à la fin des années 1990 (ce qui lui donne un avantage certain pour occuper la fonction de présidente du Conseil européen). Pionnière dans son pays, elle pourrait l'être aussi au niveau européen. Présidente d'un pays qui possède la monnaie unique, une question se pose: peut-elle (ou veut-elle) abandonner la présidence de son pays pour devenir la principale dirigeante de l'UE? Sa nomination n'est pas la plus probable, mais elle est une femme qui compte sur notre continent... malgré sa discrétion !

2- l'ancienne présidente lettonne, Vaira Vike-Freiberga (photo de droite), citée par le correspondant de France Info hier: bientôt âgée de 72 ans (au 1er décembre), c'est elle qui a piloté l'entrée de son pays au sein de l'Union européenne. Europhile et psychologue de formation (elle fit ses études au Canada), elle fut nommée en 2008 vice-présidente du Comité de réflexion sur l'avenir de l'Europe dont les travaux seront remis aux 27 début 2010. Son parcours politique a été exemplaire: en 1999, alors qu'elle n'est pas candidate à la présidence de son pays, les parlementaires - qui élisent le chef de l'Etat - ne parviennent pas à départager les candidats. Le coeur à droite, ce sont les sociaux-démocrates de centre-gauche qui la choisissent pour les représenter au second tour du scrutin. Choisie pour réaliser le consensus autour d'une personnalité peu engagée dans la vie politique, elle est confortablement réélue en 2003 (88 voix sur 96) et achève son mandat en 2007. Son activisme sur la scène européenne vaut à son pays d'intégrer l'UE puis l'espace Schengen; et elle engage toutes les réformes nécessaires pour qu'il puisse rejoindre également la zone €uro. Partisane d'un dialogue sans concession avec la Russie, elle fit entrer son pays dans l'OTAN. A l'échelle européenne, sa désignation au poste de Présidente du Conseil européen obéirait à deux logiques: promouvoir une personnalité franchement europhile qui porterait une grande ambition pour l'épanouissement du continent et choisir une femme qui ferait consensus compte-tenu de son faible marquage idéologique dans l'un ou l'autre des deux camps (PSE et PPE).
 
3- l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson (ci-dessous): âgé de 65 ans, son parcours est tout aussi intéressant. Sénatrice indépendante dans les années 1970, elle remporta la présidentielle de 1990 sous les couleurs du parti travailliste irlandais. Première femme à occuper cette fonction (mais pas la seule car, depuis 1997, c'est une autre femme - Mary McAleese - qui dirige la pays !), elle fut nommée en 1997 Haut-commissaire des Nations unies en charge des droits de l'homme. Auteur de plusieurs ouvrages sur les questions constitutionnelles, elle pourrait donc bien être une prétendante sérieuse au poste de chef de l'exécutif européen.
 
Je n'ai choisi ici que de parler des femmes qui pourraient changer l'Europe. J'emploie le conditionnel car, sur 27 chefs d'Etat ou de gouvernement en exercice, seules quatre sont des femmes (en incluant la plus influente, en la personne d'Angela Merkel, la chancelière allemande)... Ces messieurs voudront-ils choisir une femme pour présider à la destinée de l'UE? Peut-être bien. En effet, le choix des personnalités qui occuperont les deux postes en question (présidence du Conseil + Haut-responsable des affaires étrangères et vice-président de la Commission) obéit à deux règles: d'une part, les instances européennes étant dominées par deux partis sans majorité absolue, chacun d'eux devrait récupérer l'un des postes; d'autre part, selon le profil choisi pour le (la) Président(e) du Conseil, il faudra un homme fort (ou, au contraire, effacé) pour le second poste. Pas question, en effet, pour les dirigeants nationaux d'abondonner trop de leurs prérogatives à deux personnes !! Ainsi, les tractations qui se sont ouvertes en marge du sommet de Bruxelles pourrait conduire à un compromis du genre: une personnalité de consensus, sans envergure, au poste de Président(e) et un diplomate hyper-actif et charismatique comme ministre des Affaires étrangères. Une des possibilités évoquées était de proposer le premier poste au chef du gouvernement conservateur néerlandais (qui juge la proposition "prématurée") et d'offrir à la Grande-Bretagne un lot de consolation en propulsant le travailliste David Miliband (44 ans) au second poste, faisant de lui le véritable homme fort de l'Union.
 
En tout cas, hier, Paris et Berlin ont annoncé avoir fait leur choix (sans préciser lequel), affirmant que le couple franco-allemand défendrait, le moment venu (à la mi-novembre probablement), le même tandem. Ce que l'on sait également, c'est que, les 27 ayant presque enterré la candidature Blair et M. Junker s'étant déjà épuisé en lui faisant barrage, nos dirigeants cherchent "le plus petit dénominateur commun" qui mette d'accord tout le monde. Bref, le choix s'annonce plus symbolique que vraiment politique... au moins, pour ce qui est de la présidence du Conseil. C'est pourquoi une de ces trois (ou quatre) femmes évoquées ci-dessus, aux parcours plus qu'intéressants et qui ne sont pas des personnalités de premier plan, connues à travers le monde, ferait parfaitement l'affaire. A condition qu'elle ait évidemment les moyens de changer l'Europe ! Sinon, ce ne serait qu'un artifice, qui couperait encore davantage les citoyens européens de cette bulle politico-technocratique qui a déjà bafoué le suffrage universel avec le traité de Lisbonne. Attention à ne pas faire déborder le vase...
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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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