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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 11:50

Obama tombera-t-il? Sera-t-il le prochain dirigeant politique d'un pays occidental à faire les frais de la "méga-crise économique mondiale"? Voilà, globalement, l'enjeu de la prochaine présidentielle américaine, dont le coup d'envoi a été donnée par la tenue des deux conventions intronisant les candidats des deux camps. Côté républicain, le mormon Mitt Romney incarnera l'alternative à l'obamisme sortant... à l'issue d'une compétition sans suspense (lors des votes de causus et primaire, il a rapidement tué la concurrence) et, conséquence, sans passion. L'une des interrogations de la convention de la droite américaine, réunie en Floride, était de connaître le nom du colistier et candidat à la vice-Présidence du pays. Il y a 4 ans, M. McCain, se présentant en modéré, choisissait Sarah Palin, exemple vivante du conservatisme le plus réactionnaire et moralisateur. En 2012, M. Romney allait-il favoriser une femme? Une personnalité issue d'une minorité (au moment même où  la part des WASP, les "Blancs protestants", est tombée sous la barre des 50% !)? Raté ! Il a, lui aussi, fait le choix d'un colistier capable de lui amener la manne électorale que représentent les citoyens conservateurs, ultra-libéraux, anti-Etat, anti-Obama.

 

Et pour séduire cette franche ultra-droitière de la population américaine, il fallait donc un ultra-conservateur dont le discours contiendrait tous les clichés de la droite dure américaine: non au mariage gay, non aux impôts qui freinent la liberté d'entreprendre, non à la couverture maladie qui transforme les fainéants en assistés, non au droit à l'avortement... L'occasion, pour les citoyens du reste du monde, de redécouvrir qu'existent toujours ces Paul_Ryan_officiel.jpgpositions extrêmes, qui vont à l'encontre d'une société américaine pourtant métissée et dont les moeurs évoluent plus vite que la pensée de conservateurs pourtant jeunes (le colistier en question n'a que 42 ans !). Paul Ryan, c'est son nom (ci-contre: sa photo officielle au Parlement), a été choisi à la fois pour son âge, son charisme (faisant de lui le gendre idéal qui saura séduire, par son physique et ses discours, les ménagères conservatrices du pays) et ses positions. Représentant de l'Etat du Wisconsin depuis 1999, il est surtout le président de la commission du Budget à la Chambre des représentants depuis qu'en 2011, les républicains y ont obtenu la majorité.

 

Bref, il est l'un de ceux qui mettent les bâtons dans les roues d'Obama. Car, l'un des enjeux du scrutin du 6 novembre prochain (dans un peu plus de huit semaines) est de savoir si les Américains entendront les "circonstances atténuantes" que le camp démocrate entend mettre sur la table. En effet, après la convention de Charlotte qui a confirmé la candidature du tandem Obama-Biden pour un second mandat, les démocrates vont devoir expliquer à des Américains toujours frappés par la crise et ses conséquences sociales que l'équipe sortante a fait tout ce qu'elle a pu. En clair, les démocrates vont tenter d'expliquer que le pays ne s'en sort pas si mal, qu'avec les républicains la sortie de crise ne serait pas assurée et, exemples à l'appui, que l'économie repart (doucement). Argument supplémentaire: l'entourage d'Obama expliquera que, depuis le mi-mandat, le président ne peut pas mettre en oeuvre sa politique puisque l'opposition républicaine, majoritaire au Congrès, bloque ses projets de loi... en particulier fiscaux. Ainsi, si les riches ne sont pas plus taxés et contraints à un effort de solidarité, c'est de la faute du camp Romney et, en particulier, de Paul Ryan, qui mène ce combat en première ligne. L'argument sera-t-il efficace? Le résultat le dira.

 

Quoi qu'il en soit, cette campagne électorale américaine confirme une chose (qui serait également vraie de ce côté-ci de l'Atlantique): quand elle est au pouvoir, la gauche n'est jamais aussi radicale et n'applique que partiellement ses promesses révolutionnaires. Car, avec les mains libres dont il disposait au début de son mandat, Barack Obama aurait pu faire bien plus que ce qu'il a fait. Certes, son projet-phare d'assurance maladie, couvrant les besoins des plus pauvres et instaurant une dose jusque-là inconnue de solidarité, s'est concrétisé... au point d'être maintenant attaqué par le camp adverse ! Mais, au-delà de cette réforme érigée en symbole, le bilan est maigre. La lutte contre la spéculation et ses ravages tant pour l'économie que pour les citoyens n'a pas été menée. A l'échelle mondiale, les grands dossiers n'ont pas été réglés. La crise continue. Et les électeurs de gauche n'ont pas pu apprécier l'efficacité des mesures audacieuses pour lesquelles ils avaient voté... puisqu'elles n'ont pas été testées !! Reste, maintenatn, à savoir si le peuple américain se contentera de ce qui a été fait, renouvelant sa confiance à une équipe progressiste pour qu'elle achève ce qu'elle a commencé... ou s'il choisit de renverser la table en donnant les clés du pays à une vision sans doute trop libérale pour aller dans le bon sens ! Un choix bien complexe.

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 20:44

Il y a quatre ans, la France (médiatique et blogosphérique) se passionnait pour les Primaires américaines: à l'époque, pour mettre fin à huit années de busherie, le monde patientait pour voir arriver à la Maison-Blanche un homme nouveau. Les démocrates, divisés, finirent par désigner un jeune sénateur noir qui, avec ses idées progressistes et sa "couverture maladie universelle", l'emporta sur l'ancienne Première dame (Hillary Clinton), femme expérimentée et populaire. De leurs côtés, les républicains choisissaient John McCain, qui remportait une primaire après plusieurs tentatives ratées... bien loin de l'image d'un homme nouveau. Les républicains faisaient alors la "Une" de par la présence de Sarah Palin, gouverneure de l'Alaska et co-listière du candidat McCain: ses positions extrêmistes, la mise en scène de sa famille modèle (jusqu'à ce que sa fille accouche hors mariage), son incompétence flagrante sur des grands dossiers (notamment internationaux)... Le monde tremblait à l'hypothèse de la voir s'installer à Washington. Heureusement, depuis, elle a abandonné son projet de se présenter à la plus haute fonction de l'Etat américain !

 

Cette année, les primaires passionnent moins. D'une part, parce que les démocrates n'ont pas à chercher de candidat, le président Obama briguant un second mandat que le monde considère comme acquis. Ce qui n'est pas valable en France l'est outre-Atlantique: dans la tempête, les Etats-Unis ne doivent pas changer de capitaine. Confronté à une crise majeure, née aux USA et qui a fragilisé une économie déjà bousculée, l'équipe Obama a fait de son mieux, mettant en oeuvre plusieurs de ses promesses (le fameux plan Santé) et concrétisant le contenu de ses discours (sur l'encadrement des pratiques bancaires, par exemple). Signe positif: à Détroit, capitale de l'automobile américaine, les entreprises embauchent. Le chômage recule et le secteur (l'un des plus symboliques de la puissance états-unienne) se relance. Les électeurs, évidemment déçus, attendent encore des actes forts. Ils maintiennent, globalement, leur confiance au Président sortant...

 

... d'autant plus qu'ils constatent, sans doute, l'inutilité des propositions républicaines. Passons sur l'idée de Newt Gringrich, 68 ans, qui a évoqué la possibilité d'implanter sur la Lune une station permanente américaine pour partir à la conquête, d'ici 2020, de Mars. Et dire que les républicains dénoncent les dépenses de l'administration démocrate pour soigner les citoyens américains, pendant que l'un des prétendants à la Maison-Blanche propose de dépenser des milliards de Romney-Santorumdollars pour un programme spatial auquel Obama a renoncé, faute de moyens. Fort heureusement, M. Gringrich n'a probablement aucune chance de l'emporter, tant l'avance de Mitt Romney (à gauche sur la photo) et de Rick Santorum (à droite sur la photo) paraît assurer la victoire à l'un de ces deux candidats. Le premier, gouverneur du Massachusetts, a gagné une majorité de caucus ces dernières semaines, mais aborde sans trop de confiance le "Super-Tuesday": demain, dix Etats vont se prononcer et apporter un nombre décisif de grands électeurs aux candidats républicains en vue de la désignation finale du candidat. Le second, ancien sénateur de Pennsylvanie, reste un challenger coriace qui a remporté des votes là où ne l'attendait pas. Mais, qui que soit le vainqueur de ces primaires, un boulevard s'ouvre à une réélection d'Obama tant les candidats républicains, tournent en rond, proposant toujours les mêmes idées (moins d'Etat, moins d'impôts). A suivre.

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 12:52

Qui pour affronter Obama en 2012? Le camp d'en face (les républicains) a déjà entamé le marathon qui désignera son champion. A l'été prochain, lors d'un grand rendez-vous médiatique, l'un ou l'une des candidats sera investi: son parti se mettra alors en ordre de marche pour le soutenir et faire tomber le Président sortant. Entre-temps, Etat par Etat, les citoyens américains de droite voteront pour départager les prétendants. L'effet Ségo (décrit dans un précédent article) n'existe pas qu'en France: déterminée et sûre d'elle, celle qui aurait pu devenir vice-Présidente de la 1ère puissance mondiale, Sarah Palin, n'a pas ménagé ses efforts... en vain. Ancienne gouverneure de l'Alaska (poste dont elle a démissionné pour se concentrer sur son destin présidentiel), elle a joué un rôle majeur dans le redressement du parti républicain depuis 2008. Initiatrice, avec d'autres femmes, du mouvement des "Tea party" (qui est au parti républicain ce que le courant de la "Droite populaire" est à l'UMP), elle joue les stars, prodigue ses analyses politiques sur des chaînes ultra-conservatrices (hostiles, par principe, aux démocrates), met en scène sa famille et affiche son ambition sous la forme d'une sorte de mission divine pour sauver l'Amérique. Heureusement, l'illuminée de l'Alaska ne devrait jouer que les seconds rôles dans cette primaire !

 

Mais, il y a pire: Michelle Bachman (photo de droite), élue à la Chambre des représentants, où elle a constitué un sorte de groupe parlementaire Tea party. Cette femme, qui est entrée dans l'arène politique américaine avec le projet de supprimer l'enseignement Michelle Bachmannfédéral (que certains citoyens américains critiquent au point, quand ils ont de l'argent, de mener l'éducation de leurs enfants à la maison), croit en sa bonne étoile. Dieu lui aurait donné la mission de diriger le pays et d'appliquer le programme de son parti. Comme tous ses condisciples républicains, elle joue sur le terrain de l'anti-obamisme. Son projet? Détruire ce que l'administration démocrate a bâti (entre autres, ce système de santé solidaire et fédéral qui permet aux plus précaires d'accéder à des soins qu'un système privé ne leur offrira pas) et appliquer à 100% le projet ultra-libéral de son parti (baisse généralisée des impôts, privatisation des missions de service public pour dégraisser un Etat trop présent, coûteux et inefficace), sans oublier les incontournables du projet conservateur américain (interdiction des IVG et du mariage homosexuel, ainsi que le refoulement systématique de tous les immigrés). Sa particularité? Hégérie du Tea party, la frange la plus droitière des républicains, elle a incarné, l'été dernier, le refus absolu de réhausser le plafond de la dette américaine, préférant les conséquences d'un défaut de paiement de l'Etat qu'une compromission à ses idéaux anti-étastistes. Le risque d'une telle candidature? Michelle Bachmann a remporté le "vote de paille", surnom donné à un vote blanc grandeur nature organisé dans l'Iowa pour donner le coup d'envoi de la primaire républicaine. Autrement dit, elle a toutes les chances de figurer dans les premières places !

 

Autre prétendant: Rick Perry (photo de gauche), gouverneur du Texas depuis 2000, date à Rick-Perry.jpglaquelle il récupère le poste laissé vacant par un certain George W. Bush, appelé à rejoindre la Maison-Blanche ! Lui aussi incarne la lutte contre l'Etat interventionniste et obèse qui effraie tant les libéraux. Sa grande fierté? Détenir le record du plus grand nombre moyen d'exécutions sous un mandat de gouverneur. Avec 234 exécutions en un peu moins d'onze années (soit une exécution toutes les deux semaines environ), il s'est fait bruyamment applaudir par les spectateurs assistant au premier débat de la primaire républicaine. Loin d'incarner le progrès et le partage, cet homme semble également plutôt bien placer dans une course présidentielle qui ne devrait pas permettre aux plus modérés de tirer leurs éplingles du jeu. Un commentateur américain, proche du parti à l'éléphant, expliquait ainsi que le candidat idéal, attendu par l'électorat de droite, n'avait plus le profil d'un John McCain, jugé trop mou et pas assez radical. Le scénario le plus probable laisse donc supposer la victoire d'un ultra qui tirera, à fond, la ficelle de l'anti-obamisme, seule chance pour les républicains de l'emporter. Les électeurs américains, qui n'imaginent sans doute ce que provoquerait l'application du programme du Tea party, risquent d'en vouloir au président Obama (élu comme le Messie) de ne pas avoir résolu la crise de 2008, dont il n'est en rien le responsable. Mais, comme en France, les décisions prises n'apportant aucun résultat palpable, le peuple constate l'incapacité de ses dirigeants de changer les choses et de résoudre leurs problèmes... sans forcément voir que l'alternative proposée serait bien pire ! A moins que, usant de la même habileté qui fait de Nicolas Sarkozy un candidat redoutable, le président américain s'en sorte par des promesses alléchantes et convaincantes !

 

La campagne américaine de 2012 s'annonce en tout cas au moins aussi passionnante (et fondamentale) que la présidentielle française. Deux rendez-vous à suivre sur Jes6 !

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 16:28

Mercredi matin, télévisions et radios étaient à l'heure américaine... avec leur jingle ou leur bandeau spécial "Elections USA", pour commenter les résultats du scrutin de mi-mandat au cours duquel Barack Obama, comme Bill Clinton avant lui, a perdu sa majorité à la Chambre des représentants ! Pourtant, le résultat n'a pas confirmé le désastre annoncé: certes, Obama doit faire face à un revers plus prononcé que son illustre prédécesseur, en 1994. Mais, fort heureusement, les candidats du Tea party n'ont pas ramassé la mise que les sondages leur promettaient. Je ne sais pas si Jes6 a la chance d'avoir des lecteurs francophones outre-Atlantique, mais la candidate que j'évoquais mardi ("Non, n'élisez pas cette femme-là") n'a pas été élue sénatrice. Hégérie de ce nouveau parti, vieux d'à peine deux ans, elle n'a pas eu plus de chance que d'autres femmes, souvent soixantenaires, qui ont finalement été distancées par des démocrates. Ainsi, dans le Nevada, le chef de file des démocrates du Sénat a conservé, de justesse, son siège... devenant le symbole du non basculement du Sénat (la chambre haute du Congrès américain). En effet, seule la Chambre des représentants (l'équivalent de notre Assemblée nationale) bascule à droite, offrant aux républicains une confortable majorité, qui devrait leur permettre de bloquer au maximum les réformes du Président américain. Le leader des républicains, futur speaker de la Chambre, ne s'en est évidemment pas caché: le programme de son parti n'est pas de proposer de nouvelles solutions (si ce n'est les incontournables baisses d'impôt de toutes les droites du monde !) mais d'empêcher les démocrates d'accomplir les leurs... en commençant par déconstruire la réforme du système de santé !

 

En coulisses, les conseillers de la Maison-Blanche jubilent: "laissons les républicains gérer l'après-crise et se casser les figure" pensent-ils. Car, même si les préoccupations économiques ont été au coeur des débats et ont déterminé le choix de nombreux électeurs, les recettes libérales des républicains ne devraient pas permettre de réduire durablement et rapidement le chômage... Mais, le plus importante reste que les ultra-conservateurs du parti de Sarah Palin (qui n'en est pas l'inventrice) ne réalisent pas la Marco-Rubio.jpgpercée attendue: seuls deux de ses candidats l'ont emporté, notamment en Floride avec un candidat qui a rappelé que le combat pour les vraies valeurs de l'Amérique pouvaient commencer. Présenté comme un nouvel Obama, conservateur et latino, Marco Rubio (photo) a donc résumé, dans son discours de victoire, les grandes lignes de la pensée de son parti: réduction au minimum du poids de l'Etat dans l'économie et, même dans l'éducation (qui doit concerner les collectivités locales et non l'Etat fédéral); baisse des impôts, présentés comme une ponction qui enrichit cet Etat tentaculaire et inefficace; fin de la couverture maladie pour les plus pauvres, ces parasites qui n'apportent rien à leur pays; combat contre les avortements (voire, pour Sharron Angle, contre la masturbation qui est contraire à l'épanouissement du couple procréateur)... Ces candidats ultra, qui veulent imposer à leur parti d'origine, le parti républicain, un coup de barre à droite toute, symbolisent une forme de contre-révolution dont le but est d'empêcher la réélection de Barack Obama. On sait que certains éditorialistes, notamment parmi les plus écoutés des talk show ou des émissions radiophoniques américains, n'ont pas hésité à mettre en doute la nationalité du président ou sa véritable religion, en (ab)usant de son second prénom (Hussein).

 

Comme en France il existe des personnes estimant que l'anti-sarkozysme peut conduire à une victoire électorale (en se contentant de promettre le contraire de ce que notre Président a fait durant son quinquennat), certains Américains croient que l'anti-obama suffira. Et que la promesse des mêmes potions libérales fait, à elle seule, un programme crédible... Vu d'ici, la ficelle paraît grosse. Mais, avec un peuple capable d'élire George W. Bush (et, pire, de le réélire triomphalement), on craint le pire ! Quoi qu'il en soit, le choix du nom de ce mouvement (Tea party) n'est pas anodin: il rappelle un évènement majeur de l'histoire des Etats-Unis, également enseigné en France... Il s'agit de la Boston tea party qui marqua le tout début de la Révolution américaine (qui s'est produite dans le dernier tiers du XVIIIème siècle). Dans cette ville portuaire, des colons anglais avaient jeté, par-dessus bord de bateaux, des caisses de thé destinées à la métropole, le Royaume-Uni. Le but était (déjà) de protester contre la création d'un nouvel impôt qui devait permettre à la métropole de remplir ses caisses. Après la défaite de 2008, certains républicains ont donc décidé de revenir à cet objectif initial de la Révolution américaine: une baisse de la fiscalité pour redonner aux citoyens la liberté d'entreprendre... et revaloriser cet idéal américain qu'est l'individualisme. Pas question de gaver l'Etat d'un argent qui sera dépensé pour assister les pauvres ou les étrangers pendant que les honnêtes gens essaient de conserver leur travail pour nourrir leur famille, leurs enfants. Face à ce courant réactionnaire, les Etats-Unis avaient la chance de pouvoir entamer une vraie Révolution, celle d'un pays profitant de son effondrement économique pour se redresser sur des bases plus saines.

 

Or, ce qui a manqué au Président américain, c'est son panache de la campagne des présidentielles (à croire que le pouvoir use de plus en plus vite jusqu'aux meilleurs volontés) mais surtout la mise en place de mesures symboliques dont les effets auraient pu être plus rapidement perceptibles. Par exemple, une limitation des hauts revenus, un encadrement des bonus et la généralisation de l'intéressement pour les salariés, ou encore l'encadrement des frais bancaires... C'est bien ce que lui reprochent ses électeurs, notamment les jeunes générations (enthousiastes il y a deux ans) ou encore les foyers très modestes: un politicien qui a vraiment l'envie d'améliorer le sort de ces gens-là doit comprendre que des mesures fortes, rapidement perceptibles et clivantes (pour provoquer la colère des opposants) sont nécessaires en tout début de mandat. Après la grande crise de 1929, le président Roosevelt n'a-t-il pas commencé par lancer de grands chantiers (pour créer des emplois) ou de légaliser la vente de tabac (mettant fin à la Prohibition qui engendrait une hausse des trafics illégaux)? Quoi qu'il en soit, le résultat du scrutin de mardi a un intérêt majeur (applicable à la vie politique française): dans une démocratie active, l'existence d'un scrutin intermédiaire de portée nationale apporte beaucoup. Cette fois-ci, ce fut l'occasion, pour le peuple américain, d'exprimer un ras-le-bol et de remettre ce pouvoir en place... Une autre fois, cela pourrait être l'opportunité, pour un peuple satisfait de son gouvernement, de renforcer sa majorité au Parlement et de l'inciter à aller plus loin, dans la même direction. Le problème, c'est que tous nos gouvernants, toutes tendances politiques confondues, semblent incapables de satisfaire leur propre électorat. D'ailleurs, les élus locaux, peut-être mécontents des réformes territoriales du président Sarkozy, pourraient faire basculer le Sénat français à gauche... même si les conséquences en seront moindres. L'occasion (prochainement) de réfléchir à une réforme de nos institutions et du calendrier électoral.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 19:50

Non, je ne veux pas parler de Dilma Rousseff, celle qui aura, à compter du 1er janvier, la lourde de tâche de succéder à Lula pour continuer à mener le Brésil sur le chemin du développement. Candidate du parti des travailleurs, elle s'est largement imposée (avec plus de dix points d'avance sur son concurrent) face à un social-démocrate... preuve que la gauche peut, sous certaines latitudes, très bien se porter. A condition d'afficher un programme ambitieux, résolument progressiste... et, surtout, de l'appliquer. Ce que le président brésilien Lula (qui quitte sa fonction avec une popularité frôlant les 80% !) est parvenu à faire, transformant, en l'espace d'une décennie, son pays en futur moteur de l'économie mondiale. Depuis l'élection de cet ancien ouvrier syndicaliste, le Brésil est en effet entré dans le club des puissances émergentes, ayant sa place dans le G20 et proposant, au reste du monde (sous-développé), un modèle socio-économique que les grands Etats (dits "riches") ne sont plus aptes à produire. "Après l'ouvrier, une femme": les Brésiliens, dont une majorité a décidé de faire confiance à Mme Rousseff, ont laissé éclaté leur joie et, surtout, leur fierté d'avoir élu une femme à la présidence de leur pays. On croirait voir les Américains en liesse, un soir de novembre 2008, fiers d'avoir élu leur premier président noir. C'était il y a (déjà) deux ans... et, parce qu'Obama est (déjà) à mi-mandat, il doit faire au renouvellement d'une partie du Congrès (Chambre des représentants + Sénat).

 

Et c'est à propos de ce scrutin, qui se déroule ce mardi, que je prends la plume aujourd'hui. C'est pour ce scrutin que je pousse ce cri... affiché dans le titre. Car, deux ans après avoir offert au monde un de ses plus grands moments, les Américains s'apprêtent à désavouer leur chef d'Etat. Une majorité d'entre eux pourrait en effet, d'après les sondages effectués ces dernières semaines, décider de confier les clés du pouvoir législatif américain à une majorité républicaine. Ce n'est pas cette perspective qui me choque... quoi que, deux ans (seulement) après le départ de Bush et de la fin de sa désastreuse politique (tant intérieure qu'extérieure), redonner le pouvoir au parti de ce dernier est difficile à digérer ! En votant pour l'opposition, quel message les électeurs américains veulent-ils adresser à leur Président? Lui dire, presque massivement, que les paroles ne suffisent pas... et que les actes sont plus importantes. Bref, qu'ils attendent les résultats de sa politique économique. Qu'ils attendent que le chômage baisse, que les banques passent à la caisse pour finir de payer les dégâts de la "grande crise", que l'avenir de leurs enfants soit plus serein... Autant de choses que tout peuple est en droit d'attendre de ses dirigeants. Le phénomène est d'autant plus marqué aux Etats-Unis que les habitants s'étaient passionnés pour le dernier scrutin présidentiel, au cours duquel les thématiques socio-économiques avaient primé.

 

Emblématique, le duel entre Harry Reid et Sharron Angle l'est. Le premier, sénateur démocrate de l'Etat du Nevada depuis 23 ans, occupait, lors de la dernière législature, la fonction de leader des sénateurs démocrates (l'équivalent de nos "présidents de groupe"). Agé de 71 ans, il est concurrencée, à l'occasion de ces élections de mi-mandat, par une candidate républicaine de dix ans sa cadette... Cette dernière n'est pas une candidate comme les autres. Elle l'est l'une des figures emblématiques du mouvement "Tea Party", regroupement l'aile la plus conservatrice de la droite américaine. Devenu une sorte de troisième voie, cette formation concurrence parfois des candidats républicains "traditionnels"... jugés trop timorés par la leader de ce mouvement, qui n'est autre que Sarah Palin. L'ancienne co-listière de John McCain, lors de la présidentielle de 2008, a quitté sa fonction de gouverneure de l'Alaska pour fonder "son" parti et préparer la présidentielle de 2012 ! Il y a deux ans, le candidat républicain l'avait choisi pour en faire sa candidate au poste de vice-président des Etats-Unis afin de s'attirer l'aile la plus réac' de son électorat. Une frange qui place les valeurs traditionnelles (en gros: travail, famille, patrie) en tête de ses préoccupations: ses membres considèrent qu'il faut désormais se battre pour la sauvegarde de ce qui fait l'Amérique profonde... menacée qu'elle est par la mondialisation, les immigrés. Et les candidats de cette aile ultra-droitière ne reculent devant rien. La preuve par ce clip de campagne de Sharron Angle.

 

 

 

Pour ceux qui ont du mal avec l'anglais, le message de ce clip est le suivant : "Reid [le sénateur démocrate sortant] a voté pour que l'argent du contribuable finance le Viagra, aide les pédophiles et les délinquants sexuels". Dans un pays où les élus sortants sont jugés sur l'orientation de leurs votes (ce qui est la preuve d'une démocratie vivante et exigeante), les adversaires tirent la moindre ficelle. Une telle campagne de dénigrement, qui mêle amalgames et slogans de bas-étage, n'est pas l'exception. Elle est la règle. Surtout pour les candidats que Mme Palin présente dans de nombreux Etats... A tel point que certains élus républicains, plus modérés, annonçent, dans les médias, qu'ils voteront démocrates pour éviter que des personnes aussi dangereuses ne siègent au Congrès !! Le problème, c'est qu'une part importante des citoyens américains pourrait accorder sa voix à ce "Tea party". Pourquoi? Parce que, face aux échecs (supposés) de l'administration Obama, cette formation fait campagne sur des valeurs. Aucun de ses candidats ne prend d'engagements précis. Aucune promesse n'est faite (ce qui est bien commode pour éviter d'être ensuite critiqué !). Bref, les uns ont les mains dans les affaires (et Obama, avec sa majorité démocrate, a fait adopter la loi la plus révolutionnaire depuis bien longtemps, aux Etats-Unis, avec la mise en place d'une couverture santé qui profite aux citoyens les plus péracires) quand les autres se contentent de critiquer... Et l'électorat populaire, déboussolé et volatile, se reporte sur ces candidats dont le franc-parler est jugé comme un atout. On passe d'un vote de gauche (en 2008) à un vote protestataire, type Front National. Finalement, cette campagne américaine ne nous apprend rien de nouveau. Sauf qu'un désastre se profile: en le privant de majorité, les électeurs américains s'apprêtent à empêcher leur Président de faire la preuve que ses réformes peuvent être efficaces... malgré le fait que leurs effets ne soient pas immédiatement perceptibles. Pauvre Amérique !

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 13:46

Le 4 novembre: à jamais, cette date restera graver dans nos mémoires. Comme le 9 novembre est associé à la chute du mur de Berlin, le 10 mai à l'élection de François Mitterrand ou le 21 avril à la déroute jospinienne devant la percée de Jean-Marie Le Pen, le 4 novembre commémore l'élection du premier Président afro-américain à la tête de la première puissance mondiale. Ce fut tout simplement une journée historique: tout simplement parce que chacun de nous peut expliquer ce qu'il faisait au moment précis de l'évènement. Tout comme chacun peut dire ce qu'il faisait lorsqu'il a appris le déroulement des attentats contre le World Trade Center un certain 11 septembre. Ainsi, je me souviens, décalage horaire oblige, m'être levé à 6h15 - heure à laquelle les médias français proposaient les premières éditions spéciales, notamment dans Télématin sur France 2 - pour vivre le résultat en direct. Râté: car les estimations livrées par les médias américains étaient tombées depuis près d'une heure, annonçant une victoire assez large du sénateur démocrate de l'Illinois. Il avait, dès 5 heures (heure de Paris), franchi la barre de la majorité absolue du nombre de grands électeurs pour accéder à la Maison-Blanche... et CNN fut le premier à l'annoncer, provoquant la liesse des milliers d'Américains massés au pied de l'estrade sur laquelle le président élu devait s'exprimer pour commenter sa victoire. Un an après, revoir ces images donne encore la chaire de poule... Parmi toutes les vidéos disponibles sur Dailymotion, j'ai opéré une petite sélection (si cela vous intéresse, voyez la playlist en question en cliquant ICI) de laquelle j'ai tiré la vidéo suivante: l'annonce, en anglais non sous-titré, sur CNN des résultats Etat par Etat, du résultat final (à 2'35), suivis des réactions de deux prétendants. Un document que j'ai pris plaisir à revoir.
 

                                   Barack Obama, the New President of the United States !
                                     envoyé par Diamantee (source: site Internet de Dailymotion)
 
Depuis ce matin (et déjà hier !), nos médias multiplient les "pages spéciales" pour dresser le bilan de la première année du mandat d'Obama. Et, symptomatique de la difficulté d'un tel exercice, France Info et le quotidien Le Monde (dans son édition datée d'aujourd'hui) ont choisi de revivre les moments de la campagne et d'analyser les grands discours du président américain (en les confrontant, dès que possible, à ses actes). En effet, le locataire de la Maison-Blanche a davantage parlé, développé de nouvelles théories - aussi bien sur les questions économiques que diplomatiques -, contribuant (ce qui est déjà un énorme succès) à tourner assez vite la page Bush et à redorer le blason de son pays à travers le monde. Ses actions concrètes sont moins nombreuses, et les résultats de celles-ci encore moins. Et pour cause. D'une part, parce que Barack Obama ne dirige les Etats-Unis, avec son équipe, que depuis neuf mois, son accession au pouvoir ne datant que de janvier ! Même si, la crise aidant, l'administration Bush avait plutôt réussi la transition entre les deux administrations, donnant aux conseillers d'Obama une place significative dans les négociations internationales sur la moralisation du capitalisme, notamment. Par ailleurs, il est rare - voire impossible - pour un dirigeant de mettre en oeuvre son programme en si peu de temps... et, surtout, d'obtenir des résultats visibles. On ne cesse de le dire en France: Nicolas Sarkozy, lui aussi, parle beaucoup, agit en multipliant les projets de loi et n'en obtiendra les fruits que plus tard. Difficile, compte-tenu du contexte, de prouver aux Français (et aux Américains) que le plan de relance a été efficace... quand l'économie virtuelle repart (bourses en hausse, retour des spéculations et des bonus, remboursement des emprunts par les banques, etc) alors que l'économie réelle stagne toujours (hausse du chômage, baisse du pouvoir d'achat, incertitude quand à l'accès à la propriété ou aux soins).
 
Cette absence de résultat, finalement parfaitement logique, n'entâche pas encore fortement la popularité du président américain: certes l'obamania est derrière nous et le nombre de mécontents augmente toujours sensiblement. Mais, M. Obama dispose toujours d'une marge de manoeuvre suffisante, notamment au Congrès, pour poursuivre ses réformes... dont la plus importante, celle sur l'assurance maladie, devrait aboutir d'ici la fin de l'année. Une réforme qui est d'ailleurs symptomatique de l'Amérique de 2009: l'opposition républicaine, sous couverts d'arguments plus que douteux (ils crient au communisme !), se réveille. Elle condamne de plus en plus ouvertement une politique dépensière, qui creuse déficit et dette publics, pour mener une politique de solidarité qui, au pays du libéralisme, en irrite plus d'un. Les démocrates viennent-ils d'en payer les pots cassés? En tout cas, à l'occasion de deux scrutins locaux, les républicains ont conquis les postes de gouverneurs de Virginie et du New Jersey, deux Etats plutôt à droite qui avaient tout de même choisi Obama il y a un an. Il faut dire que la déception des Américains est palpable: comme je l'indiquais dès son élection, le peuple américain a sans doute placé trop d'espoir en Obama et, même si l'heure du bilan n'a évidemment pas sonné, une bonne partie est déçue. C'est ce qu'Hubert Védrine (dont l'analyse, dans les 4 vérités ce matin, était excellente !) appelle les idéalistes: ceux qui pensaient qu'en un coup de baguette magique (autrement dit, en quelques mois), un sel homme pouvait tout changer. C'est méconnaître la réalité politique que le croire.
 
Dans les affaires intérieures - celles qui, comme les Français en France, préoccupent d'abord les citoyens américains -, l'équipe Obama est jugée pas assez efficace. Avec la crise, à laquelle il doit son élection, le président avait l'occasion de créer un autre système économique, qui profite davantage aux Américains de l'Amérique d'en bas. De fait, l'une de ses premières décisions, dans le cadre de son ambitieux (et coûteux) plan de relance, a été de plafonner les revenus des dirigeants de banques soutenues par l'Etat à un demi-million de dollars annuel. On est plus dans le symbole que dans la réforme de fond... et, au quotidien, les Américans ont toujours aussi peur du lendemain. Peur de perdre leur emploi (car le chômage continue de progresser). Peur de perdre leur maison (car leur endettement est toujours un poids menaçant). Peur de ne pas pouvoir accéder aux soins ou, pour leurs enfants, aux études supérieures. Bref, et même si LA grosse réforme de son mandat arrive, cela fait un an que la crise dure et que les citoyens sont inquiets. Il ne suffit donc pas de prendre des mesures symboliques (tout aussi nécessaires soient-elles). Il faut aussi mettre toute son énergie à changer les rapports de force au profit des plus démunis, ceux qui subissent le plus les conséquences de la grande crise. Il en va de même en politique internationale: nous avons été nombreux à être surpris de sa nomination au Nobel de la Paix. La remise de cette récompense soulignait davantage les efforts verbaux et les promesses que les actes. En ce qui concerne la diplomatie américaine, on ne pourra contester qu'un virage a été (partiellement) franchi en quelques mois. Mais, au-delà des discours, rien n'a avancé au Proche-Orient ou dans les deux guerres qui occupent les Etats-Unis. La situation générale s'est même dégradée avec l'ouverture d'un nouveau front au Pakistan... et l'incertitude de pouvoir négocier avec l'Iran (même si les premières discussions ont pu avoir lieu, ce qui n'est pas une mince affaire). Bref, Obama a fait souffler un énorme vent d'espoir, partout sur la planète. Force est de constater qu'il n'a pas encore joué un rôle suffisant d'impulsion dans les grands dossiers. Mais laissons-lui le temps de passer aux actes... il le fera !
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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 17:35

Décidément, l'effet Obama n'en finit pas de provoquer quelques changements dans la vie politique... américaine. Le vent d'espoir suscité par son élection, la popularité du nouveau locataire de la Maison-Blanche, dont le style est en totale rupture avec son prédécesseur, les premières décisions - symboliques mais fortes - de sa présidence, l'hostilité des membres du parti républicain qu'il suscite - et qui constitue, en fait, une bonne nouvelle, en cela qu'elle illustre pleinement que le démocrate mène une rupture qui gêne les bushistes - ont clairement prouvé que les Etats-Unis viennent de tourner une page de leur histoire. Une page de l'histoire du monde que les peuples voulaient voir tourner depuis maintenant si longtemps ! Et son arrivée au pouvoir, à Washington, a aussi symbolisé la transformation profonde d'une société américaine ruinée par huit années de bushisme, une idéologie née après les attentats du 11 Septembre, qui avait donné à l'ancien président une des popularités les plus importantes de tous les locataires de la Maison-Blanche. Mais aussi, une idéologie qui a détruit l'image des Etats-Unis dans le monde, en cela qu'elle se basait sur un bellicisme et une vision du monde inacceptables. Et, pour tout dire, malsaines. Or, fort heureusement, ce peuple qui avait réélu si facilement George W. Bush en 2004 n'a pas fait l'erreur de donner les clés de son destin à un ancien vétéran, ultra-libéral, "couplé" à une ultra-conservatrice, dont on peine à comprendre les positions.
 
Et voilà que la révolution Obama produit donc ses effets jusque dans les rangs du parti républicain. Au lendemain de l'élection d'Obama, je consacrais un article à ce pays qu'il faut reconstruire... et dans lequel je montrais que Bush laissait aussi, derrière lui, un parti en grande difficulté. Un parti conservateur et libéral, dont l'idéologie venait d'être quelque peu écornée, dont les "talents" étaient presque tous délégitimés par les politiques qu'ils ont contribué à mener, et dont certains des plus fidèles électeurs se sont détournés. Bref, pour celui ou celle qui allait hérité de la lourde charge de diriger ce parti, la tâche s'annonçait (et s'annonce toujours) rude. Or, depuis hier, le parti républicain a une nouvelle tête. Alors que l'ancien candidat, trop âgé, ne pouvait espérer (ni ne souhaitait d'ailleurs) exercer cette mission, et que l'ancienne candidate à la vice-présidente ait été renvoyée en Alaska (après qu'elle ait ouvertement évoqué la possibilité d'être candidate dans quatre ans), c'est à un Noir que le parti de la droite américaine vient de se donner. Son nom (qu'il faudra donc retenir !): Michael Steele, 50 ans et juriste (photo). Sa fonction actuelle: gouverneur adjoint du Maryland. Sa particularité: outre sa couleur de peau, et comme Obama, il s'est fait remarqué lors de la primaire des élections de 2004... les conseillers du président Bush, en course pour sa réélection, l'ayant "repéré".

 

Elu à la tête du parti, sa première intervention mérite d'être lue: "C'est fantastique, c'est avec grande humilité et le sens du devoir que j'accepte" cette nomination, a-t-il déclaré. Et de poursuivre ainsi: "Merci à vous tous de m'offrir la chance d'être le nouveau président national" du parti, après son élection au bout de six tours de scrutin. Il s'est engagé à "faire grandir le parti, renforcer le parti", minoritaire dans les deux chambres du Congrès américain. Tout en continuant: "Nous sommes fiers d'être le parti conservateur des Etats-Unis. Et nous allons nous assurer que nous travaillerons dur pour garantir que ces principes, ces valeurs, qui ont fait de nous le parti de Lincoln soient prises en compte, font partie des politiques mises en oeuvre pour aider à donner une nouvelle direction à ce pays", a-t-il déclaré. Faisant évidemment référence au président (républicain) Abraham Lincoln, le président qui a aboli l'esclavage au XIXème siècle et prôné l'union par delà les divisions de la guerre de Sécession, et que le président (démocrate) Obama a pris pour modèle. En tout cas, on lui souhaite beaucoup de courage et de ténacité pour parvenir à reconquérir un peuple américain qui, si la présidence Obama continue sur la (bonne) voie qu'elle emprunte déjà, pourrait peiner à se retourner vers les conservateurs. A moins que leur logiciel ne change... ou que ces fameuses valeurs soient, enfin, adapter au réalité du XXIème siècle et du monde actuel !

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 12:36
Moins de vingt-quatre heures après, frissons et émotion restent d'actualité dès que les images de la cérémonie d'investiture du 44ème président des Etats-Unis repassent dans nos JT. Il est clair que, de l'arrivée des protagnistes au Capitole jusqu'aux bals qui ont émaillé la soirée rendant hommage au nouveau couple présidentiel, l'euphorie de l'obamania - débutée il y a plus d'un an maintenant - a subjugué une foule enthousiaste, galvanisée par ce que Libération appelle, ce matin, "la promesse" d'une Amérique meilleure. Car, le moins que l'on puisse dire est que, sur le fond comme sur la forme, le nouveau président américain est porteur d'une VRAIE rupture avec le système et le discours bushiste de ces huit dernières années. Le charisme de l'ex-sénateur de Chicago, qui en "impose" bien plus à une tribune que son prédécesseur - heureux de regagner le Texas -, la jeunesse du nouveau couple locataire d'une Maison-Blanche qui verra, pour la première fois depuis bien longtemps, des enfants dans ses murs, la décontraction et la joie affichée par l'homme le plus puissant du monde ne peuvent que trancher avec l'image d'un vice-président sortant, Dick Cheney, en fauteuil roulant. Symbole, à lui seul, d'une politique opportuniste, bénéficiant à une petite minorité, qui a finalement fragilisé - dans tous les domaines - le monde entier.
 
 2007, année de rupture en France? Pas si sûr. 2009, année de rupture aux USA? Assurément. Obama apporte à la fois du sang neuf et un discours rénové, bien plus proche des réalités du monde actuel, et auxquels (presque) tous les dirigeants du monde adhèrent. En oubliant qu'entre leurs pratiques et le discours obamiste, il y a parfois un total décalage, un gouffre intellectuel qui ne les fait pas vasciller: ainsi, les plus libéraux qui s'en prennent, avec plus ou  moins de force et de réussite, aux valeurs auxquelles nous sommes nombreux à croire, se retrouvent dans un discours totalement opposé aux leurs. Et cette attitude confirme deux choses: 1- ceux qui nous ont conduit à la crise actuelle, qui en sont donc partiellement responsables, essaient de nous faire croire, avec le plus grand sérieux, qu'ils peuvent nous en sortir en faisant le contraire de ce qu'ils voulaient jusque-là; 2- partout dans le monde, l'anti-américanisme, que de nombreux intellectuels condamnaient un peu trop vite, n'était rien d'autre qu'un rejet du néo-conservatisme façon Bush, auquel Barack Obama s'oppose avec force et conviction. Toutes les valeurs auxquelles les Français croient (égalité entre les hommes, justice pour tous, solidarité, paix) ont donc enfin triompher dans le pays où les valeurs contraires ont été si bien portées jusqu'à aujourd'hui. Et, la première décision du président Obama, de suspendre toutes les procédures judiciaires en cours à Guantanamo, illustre parfaitement le discours d'investiture du nouveau président: en rappelant qu'il était incompatible de défendre certaines valeurs en les bafouant dans la réalité (autrement dit, en creusant le fossé entre paroles et actes), il vient d'affirmer haut et fort que la torture et la violation d'une justice équitable, sur cette base cubaine, ne pouvaient y exister.
 
Bref, à peine installé à la Maison-Blanche, voilà donc le président Obama à l'oeuvre. Oeuvrant pour une rupture politique majeure dont ces derniers jours ont donné plusieurs exemples:
- peignant les murs d'un centre qu'il visitait, Barack Obama a retroussé ses manches et agi gratuitement alors que, à l'autre bout du monde, dans un pays bien peu démocratique, le premier ministre, ex-président, sauveur de la Nation, y compris en direct à la télévision, Vladimir Poutine vient de vendre pour une somme colossale (en millions d'€uros) une toile qu'il a peint de sa main. Bref, d'un côté, la solidarité et les messages forts par humilité et, de l'autre, l'enrichissement personnel au service d'une cause;
- présidant les cérémonies d'investiture, notamment le défilé sur le boulevard reliant Capitole et Maison-Blanche, hier après-midi à Washington, le président Obama a pu faire partager sa joie de vivre et ce moment extraordinaire avec le peuple américain, dansant au passage des fanfares ou faisant des signes d'appartenance au passage de la délégation de son ancien lycée d'Hawaï. Bref, une rupture de style totale avec un Bush, rigolard, qui multiplie les blagues pour faire rire l'auditoire;
- enfin, et c'est majeur (comme le soulignent les observateurs cités dans la vidéo ci-dessous, extrait du "Télézapping du Monde", très intéressant sur Dailymotion !), le discours a considérablement changé: le "nous", évoquant l'unité du peuple américain - qu'il veut évidemment servir et dont il veut défendre l'intérêt -, s'accompagne d'une vision du monde presque révolutionnaire. Dans son discours d'investiture, le nouveau chef d'Etat américain a parlé d'une diplomatie qui se fera désormais sur la base d'un dialogue permanent avec tous les Etats du monde, tous les hommes qui croient en la paix, sans que les Etats-Unis ne se voient comme seule super-puissance.


Télézapping : "C'est un discours d'espoir"
envoyé par lemondefr (Source: site Internet de Dailymotion)

Bref, entre le bushisme qui étalait, jusqu'au Moyen-Orient, son envie de puissance (politique, militaire et économique), en bafouant l'avis de la communauté internationale et en réduisant ses alliés au rôle de vassaux, et l'obamisme, fait de solidarité, d'efforts partagés, de sacrifices pour parvenir à un avenir meilleur, un immense gouffre existe. Au point que, pour les dirigeants, cette nouvelle ère est synonyme de renouveau: dans un monde multipolaire, avec l'affirmation de nouvelles puissances régionales, l'avis des Européens, des Africains, des Latino-Américains et des Asiatiques devrait être davantage pris en compte... et l'espoir d'un monde meilleur prendre enfin corps. Par l'audace d'un seul homme, auquel un peuple a eu le courage de faire confiance !
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 16:05
Comprendre le monde qui nous entoure, c'est évidemment - à tous - notre mission de citoyen. C'est aussi plus particulièrement une des tâches fondamentales qui incombe aux enseignants d'histoire et de géographie qui doivent donner, à leurs élèves, les clés pour comprendre le monde d'aujourd'hui, à la lumière des enjeux géographiques, mais aussi de considérations historiques ("le passé éclairant le présent", pour reprendre une formule célèbre). Et c'est dans cette optique que des journées de formation sont organisées par les Rectorats de France sous la forme de conférences, données par de grands spécialistes de questions géopolitiques et/ou historiques. Des rendez-vous qui sont passionnants. Et au cours desquels on ne s'ennuit pas une seconde... surtout si l'intervenant sait capter son public, mêlant rigueur scientifique et humour. Or, lors de la dernière conférence à laquelle j'ai assisté, sur le thème des "guerres et conflits dans le monde d'aujourd'hui", une des intervenantes a fait une analyse tout à fait pertinente du lien qui peut exister entre la résolution (ou le déclenchement) d'un conflit et la responsabilité d'un homme, ou d'un groupe d'hommes. Bref, pour les optimistes, la rencontre d'une cause et d'un homme emblématique. Et le moins que l'on puisse dire est que les exemples abondent pour illustrer cette thèse: la fin de l'Apartheid aurait-elle pu se concrétiser sans l'engagement et la force d'un Mandela?
 
Ou encore, le Proche-Orient n'aurait-il jamais été aussi prêt d'une paix durable sans Yitzhak Rabin? La question est brûlante. Et elle permet d'observer sous un autre angle cette guerre de Gaza qui a pris fin ces derniers jours, le cessez-le-feu unilatéral (donc non négocié, et ultra-précaire) d'Israël ayant permis un retour au calme dans la région. Mais pour combien de temps? La situation actuelle appelle deux remarques: d'une part, sans dialogue entre les deux parties, qui prennent chacun dans leur coin des bonnes résolutions (pas celles de l'ONU en l'occurence) et des engagements, sans pour autant participer au premier sommet international (ce dimanche, à Charm El-Cheikh), la paix ne reviendra pas. Et l'explication est simple: que ce soit en Israëll ou en Palestine, la région manque cruellement d'un personnel politique de qualité qui puisse mettre le destin de ces deux peuples devant les intérêts politiques et immédiats. A cet égard, la guerre menée par Tsahal est une superbe démonstration: c'est pour remonter dans les sondages et dans l'estime des populations du sud du pays que les dirigeants ont décidé d'utiliser la manière forte. Avec un certain succès. A moyen terme, dans le meilleur des cas. Sauf que, dans les conditions actuelles et sans l'intervention déterminée des Occidentaux, la poudrière réexplosera dans quelques mois !
 
Bref, vous l'aure compris. En ce 20 janvier, l'un des moments historiques que nous aurons tous eu la chance de vivre, cette volonté supérieure (qui place l'intérêt collectif et l'entente des hommes au-delà des différences au-dessus de tout) pourrait bien sauver la région. Car, si Barack Obama - car c'est évidemment de lui dont il s'agit - décide de faire du Proche-Orient le dossier prioritaire de son administration en matière internationale (en envoyant Hillary Clinton sur place très vite), une lueur d'espoir renaîtra pour les populations, israéliennes et palestiniennes, tant meurtries ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années. Evidemment, je ne suis pas en train de considérer qu'Obama est le Messie que l'Amérique et la Terre attendent pour nous délivrer du mal (Amen !). Mais au moins cet homme d'exception, qui porte en lui l'espoir d'une Amérique et d'un monde meilleurs, va effacer ces huit dernières années qui auront fragilisé le monde. Et plus particulier le monde libre, dont il se voulait le premier défenseur. Ainsi, George W. Bush, qui va donc passer le témoin à son successeur ce soir, aura-t-il été, lui, l'exemple de la rencontre d'un homme et d'une cause, juste en théorie, mais qui aura considérablement aggravé la situation dont il avait hérité. Et pour le nouveau locataire de la Maison-Blanche, tant en politique intérieure qu'extérieure, les dossiers chauds s'empilent. On ne peut que lui souhaiter bonne chance ! A moins d'une heure, maintenant, de son investiture. Qui tournera l'une des pages les plus sombres de l'histoire du monde.
 
Cette journée sera donc celle de tous les records. Record d'impopularité pour un président sortant que seuls 21% des Américains disent regrettés. Record de popularité pour un président entrant, à peine officiellement en place, avec 87% d'opinions favorables pour Obama. Celui qui a pour modèle Lincoln et Franklin Roosevelt, le sauveur d'une Amérique économiquement fragilisée dans les années 1930, reçoit par ailleurs la confiance de 61% de ses compatriotes qui considèrent qu'il réussira à sortir le pays de la situation globale dans laquelle il se trouve. Record de fréquentation pour ce qui est de la grande cérémonie, dont le temps fort (la déclaration de serment) se tiendra entre 17h56 et 18h - heures de Paris -, avec près de deux millions d'Américains et d'étrangers attendus sur la grande esplanade du Capitole à Washington (photo). Place qui, lors des précédentes investitures, n'avait pas accueilli plus d'1,2 millions de personnes... chiffre qui sera largement battu ce mardi ! Record, enfin, en ce qui concerne la résonnance planétaire de cet évènement. On pourrait citer l'Europe où les médias vont évidemment proposés la retransmission de l'ensemble de la cérémonie, en direct... ce qui ne fut pas le cas pour les investitures successives de Bush fils. Mais, l'exemple le plus flagrant est, encore une fois, celui du Kenya, un écran géant ayant été installé au coeur de la capitale Nairobi pour permettre à la population de vivre l'évènement en direct. Kenya où, dans le village de naissance du père du 44ème président des Etats-Unis, la foule commence déjà à danser, chanter et manifester sa joie avec un grand nombre d'objets à l'effigie d'Obama. Et, le moins que l'on puisse dire est que l'arrivée au pouvoir du premier président Noir est une aubaine pour certaines entreprises, à l'image de celle qui, dans le Finistère, avec les employés d'un Centre d'Aide par le Travail (essentiellement, des personnes handicapées), a mis au point un mini-DVD qui retrace le parcours du nouveau président en achetant à l'INA les images de la campagne de l'ex-candidat démocrate.
 
Et de cet homme, qui devrait changer beaucoup de choses, en premier lieu l'image de son pays dans de très nombreux pays du monde, les citoyens américains, européens, africains et asiatiques attendent beaucoup. Et pour eux - ce qui est sans doute excessif, voire naïf -, les paroles font actes. Or, ses paroles, particulièrement inhabituelles dans le paysage politique occidental, constitueront des documents incontournables pour faire de nos enfants des citoyens avertis. Ainsi, pour un enseignant d'histoire et d'éducation civique, le discours de Philadelphie et les références de l'élu - en qui les spécialistes voient le mélange heureux, et prometteur, de John F. Kennedy et Martin Luther King - à l'histoire tumultueuse de son pays sont d'une richesse extraordinaire. Et les relire, s'en inspirer, les méditer - c'est-à-dire croire d'abord dans les capacités intellectuelles humaines avant de croire en un Dieu qui, par exemple, n'a rien à voir avec l'amérissage réussi de l'avion sur l'Hudson River ! - c'est passionnant.
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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 06:59

Enfin, nous y voilà. Depuis le 4 novembre, tout le monde en est conscient. Mais, depuis hier, l'évènement devient réalité: après huit années pénibles pour l'équilibre du monde, que les néo-cons américains ont fragilisé avec pour représentant un Bush qui va se faire vite oublier (même si son nom restera associé, dans l'histoire des Etats-Unis, au tournant qu'a constitué l'entrée dans le XXIème siècle), l'ex-sénateur métis de Chicago et ex-candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, va prendre possession de lieux après sa prestation de serment, mardi, devant le Congrès (photo). Et le moins que l'on puisse dire est que cet évènement, qui constituera un autre tournant, tant dans l'histoire du pays que dans celle du monde, est largement médiatisé. Il n'y a qu'à compter le nombre d'hebdos qui, cette semaine, ont titré sur Obama, son parcours ou son projet pour la "Nouvelle Amérique" (voir Le Nouvel Obs ou le Figaro magazine). Ou encore la place que ces quatre jours qui nous séparent, depuis hier, de l'investiture en elle-même, les chaînes publiques ont consacré au voyage d'Obama, en train, entre Philadephie et Washington, via le Delaware (où il passe prendre son futur vice-président).
 
Voyage qui symbolise l'admiration du nouveau président pour Abraham Lincoln qui, au moment de son investiture en 1861, avait réalisé ce voyage pour atteindre la capitale, où il allait prendre le pouvoir... et décider de l'abolition de l'esclavage dans le pays. Lincoln, ce héros national, un des présidents les plus populaires auprès des Américains, et auquel Obama a fait plusieurs fois référence au cours de sa campagne électorale (sur le discours de l'Amérique nouvelle et unifiée au-delà des différences), devant la statue duquel le 44ème président des Etats-Unis va prêter serment - une cérémonie que les citoyens Français pourront également suivre en direct, au cours d'une édition spéciale sur le service public ! -. Un prédécesseur avec lequel il partage de nombreux points communs: avocats de formation et sénateurs de l'Illinois, les deux hommes ont promu, dans deux styles et deux contextes différents, la tolérance entre les communautés dans le cadre d'un projet commun, et ont du faire face à des situations de crise (financière pour Obama et intérieure, avec la guerre de Sécession, pour Lincoln).

 

Les crises, elles sont mutliples actuellement. Et, en plus de la crise financière, le président Obama et son équipe gouvernementale vont devoir faire face à des situations complexes dans le monde. Gaza apparaît en tête de liste, suivie de près par la situation en Irak et Afghanistan - qui constituent des dossiers brûlants et prioritaires, pour l'opinion publique américaine -. D'où cette question, posée il y a deux semaines, dans la rubrique "Sondage de la quinzaine": "A l'arrivée au pouvoir d'un nouveau chef d'Etat, ses premières décisions sont très observées. Et parmi elles, le choix de la destination du premier voyage officiel est attendu. Selon vous, dans quelle région du monde Barack Obama devrait-il se rendre dans les premiers mois de sa présidence?". Sondage pour lequel je proposais sept réponses, parmi celles qui me semblaient potentiellement les plus évidentes, à savoir:
- l'Afrique, compte-tenu de la situation dramatique (guerres civiles meurtrières, épidémies, mal-nutrition, sous-développement...) de ce continent sur lequel Obama a ses racines paternelles et auquel il faudra prêter rapidement notre totale attention;
- le Proche-Orient, du fait de la non résolution du conflit israélo-palestinien, clé de voûte de la stabilité de toute une région qui constitue une poudrière dangereuse pour l'équilibre du monde,
- l'Irak et l'Afghanistan, où les soldats américains sont massivement présents et où les citoyens américains gardent un oeil, y voyant le principal chantier de politique étrangère du nouveau président;
- l'Amérique latine, cette région en construction, avec ses gouvernements de gauche, qui tentent de faire émerger de nouveaux modèles de développement et qui ont si souvent pris leurs distances avec l'Amérique de Bush;
- l'Europe, où Obama avait tenu un discours majeur portant sur les relations transatlantiques et la nécessité d'une entente des deux puissances sur la plupart des sujets, y compris économiques;
- la Russie, avec laquelle les relations ne sont pas les plus simples ni les plus amicales;
- la Chine ou l'Inde, dont on peut difficilement se passer pour organiser le monde de demain, dans lequel ces deux puissances en devenir joueront les premiers rôles.
 
Or, à cette enquête, seuls quatre lecteurs ont souhaité répondre: deux en faveur de l'Afrique (pour les raisons sansdoute évoquées précédemment, car je n'ai pas d'éléments d'explication), un pour le Proche-Orient et, enfin, un autre pour l'Irak et l'Afghanistan. Ce manque d'intérêt pour ce sondage reflète-t-il le fait qu'Obama est d'abord et avant tout attendu sur les dossiers économiques en politique, tant intérieure qu'interntionale? Peut-être.
Si l'aventure du président élu vous intéresse davantage que ses choix diplomatique et si vous voulez, à trois jours de la cérémonie d'investiture (que je vais dévorer en profitant de mon jour de repos hebdomadaire), revivre la victoire d'Obama au soir du 4 novembre dernier, voici une vidéo de quatre minutes reprenant les temps forts de la soirée et les principaux extraits du discours du candidat démocrate. Bon dimanche à tous !
 


Télézapping : le discours de Barack Obama
envoyé par lemonde.fr (source: site Internet de Dailymotion)
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Published by Aurelien Royer - dans Présidentielle américaine
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