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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 17:40

A la question de savoir ce qu'elle pense de la course des prétendants à la présidence de l'UMP, Marine Le Pen (invitée de Ruth Elkrief sur BFM TV) a parlé d'une "guerre des gangs", sous-entendant que l'UMP allait se fissurer entre plusieurs camps, chacun dirigé par un porte-flingue qui espère prendre la main sur le parti afin d'être le plus légitime dans l'autre course... celle de la présidentielle 2017 ! Or, cette "guerre", rebaptisée "compétition" par l'UMP, oppose un bon nombre de candidats (supposés), car au tandem Copé-Fillon devraient s'ajouter Alain Juppé (la semaine prochaine) ou encore quelques jeunes loups de la "génération d'après" (on parle de Bruno Le Maire, ancien conseiller de Sarko pour la réalisation de son projet présidentiel). La présidente du FN en a profité pour s'en prendre à NKM, candidate qu'elle avait appelé à faire battre (en vain) aux législatives, en rappelant que "malgré la droitisation du discours sarkozyste, qu'elle dénonçait tant, elle est restée la porte-parole du candidat, espérant sans doute une bonne place en cas de victoire". La guerre des gangs serait-elle aussi le bal des ambitieux?

 

C'est ce que craignent nombre de dirigeants (et j'imagine, de militants) de l'UMP: l'ambition personnelle de tous ces candidats à la présidence de l'UMP, qui va à l'encontre de l'intérêt collectif du parti renvoyé dans l'opposition, conduira-t-elle à un éclatement du parti? Les deux visions qui semblent s'affronter (rester sur une ligne bien à droite et décomplexée ou recentrer le discours sur les valeurs centristes de l'ancienne UDF) vont-elles conduire à une scission du parti, à l'image de ce qui se passe à l'Assemblée (car, à la gauche du groupe UMP s'ajoute un groupe centriste, présidé par un autre ambitieux, Jean-Louis Borloo)? Le duel Copé-Fillon, que certains refusent alors qu'il semble inévitable, va-t-il conduire à la division de la droite? Interrogé sur cette situation, l'ancien ministre Alain Juppé a confirmé ces craintes: pour lui, la compétition est "inutile et dangereuse". Selon lui, elle pourrait mener à "une division du parti alors qu'il a besoin de se rassembler". Du coup, pour passer le mauvais cap d'un quinquennat dans l'opposition et pour préparer les prochaines échéances électorales (au cours desquelles il faudra essayer de reconquérir les territoires perdus depuis 2004), M. Juppé pourrait se lancer dans la course... comme s'il était la personnalité capable d'éviter l'éclatement et se plaçant en recours pour devenir la clé de voûte de la nouvelle UMP !

 

Saluons, tout de même, que l'UMP devrait suivre la voie tracée par le PS, qui se trouvait dans la même situation après le départ de son leader naturel, Lionel Jospin, en 2002. Le parallèle est d'ailleurs intéressant: Nicolas Sarkozy, dernier UMPiste à avoir eu le pouvoir, est à l'UMP ce que Jospin fut au PS; M. Copé, bien implanté dans son territoire (cumulard à Meaux), est à l'UMP ce que François Hollande, dirigeant du parti pendant que le leader était au pouvoir, fut au PS. Sans aller jusqu'à imaginer que M. Copé devienne le candidat de l'UMP en 2017 sans être le président de son parti (tel Hollande candidat pendant qu'Aubry avait le PS), on sait d'ores et déjà que le principal parti de la droite aura recours aux mêmes moyens que son pendant de gauche: élection directe par les militants pour la tête du parti (alors que, depuis 2007, le chef de l'UMP était nommé depuis l'Elysée), primaire pour choisir le candidat en 2017... Ce que l'UMP a longtemps critiqué concernant la gauche, elle l'utilisera dans les prochains mois !

 

Mais, ce parti n'est pas à une contradiction près. Ces derniers jours en ont donné d'autres exemples: ainsi, en écoutant M. Carrez (photo), président de la Commission des finances deGilles-Carrez.jpg l'Assemblée, le gouvernement "met en place une politique que l'on appelle de l'austérité car, maintenant que la campagne est terminée, finies les belles promesses; on passe à la dure réalité !". Personnellement, j'en souris: il est assez croutillant d'entendre ces dirigeants de l'UMP utiliser les arguments qu'ils dénonçaient quand les socialistes les employaient du temps de Sarkozy. Quand la droite mettait en place des plans de rigueur pour faire des économies, tout en refusant de le dire, la gauche criait à l'austérité et l'UMP montait au créaneau. Désormais, c'est l'inverse... Autre exemple de situation cocasse: pendant la campagne des législatives, les candidats UMP dénonçaient la politique qui consistait à créer des postes de fonctionnaires, dans l'Education, la Police et la Justice, alors que l'Etat n'en a pas les moyens. Après la défaite, les responsables du même parti dénoncent la cure d'austérité que le gouvernement fait subir aux ministères non prioritaires, pour lesquels une baisse des fonctionnaires est prévue pour ne pas plomber le budget de l'Etat. Bilan des courses: hier, on dénonce la création de postes et aujourd'hui, on dénonce leur suppression. Et la droite veut incarner une opposition crédible et rigoureuse? Désormais, j'en ris !

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 08:51

Numéro du 23 juin (publié le 24)

 

Hebdo 24 juin

 

Mon éditorial: "La semaine dernière, à la veille du 2nd tour, je titrais "Mobilisation générale"... alors que les partis, de droite comme de gauche, tentaient de mobiliser leur électorat. Une semaine plus tard, force est de constater que cette mobilisation n'a pas eu lieu: les électeurs de gauche ont élus leurs députés, donnant une majorité confortable au(x) parti(s) qui soutien(nen)t le nouveau gouvernement. A droite, après la claque que représente la perte d'une centaine de députés (dont des figures parfois historiques, souvent sarkozystes, de l'UMP), vient l'heure de la reconstruction.

Pour ou contre une alliance avec le FN? Comment renouveler le projet présidentiel d'une droite doublement sanctionnée? Comment préparer 2017, sans choisir le candidat? Autant de questions qui se posent à la nouvelle opposition. Car, au-delà des querelles de personnes, qui ne sont que des querelles de personnes terriblement ambitieuses, l'UMP doit aussi renouveler son logiciel. L'idéologie droitière, appliquée et renouvelée par Sarkozy, sera-t-elle abandonnée? Tel le PS après 2007, la droite doit faire des choix. Marcher sur ses deux jambes (droite populaire et droite humaniste) ou retourner vers une voie plus centriste? Les débats promettent d'être houleux.

Mais, il n'y a pas qu'à droite que des problèmes de personnalités se posent. A gauche, il va falloir recaser Ségolène Royal, battue à La Rochelle, ou Jack Lang... à qui une petite mission devrait lui permettre de survivre à une cure de silence médiatique... que son échec vosgien lui impose. Sans oublier qu'à l'automne, pendant que l'UMP choisira son président, le PS devra trouver un successeur à Martine Aubry... voire une successeure (la présidente de Poitou-Charente ayant une dernière carte à jouer).

"Reconstruction": le mot sonne juste, également, pour notre équipe nationale de foot. Sortie de l'Euro, par une équipe d'Espagne poussive et sans éclat, notre sélection apparaît bien pâle... à l'image des maillots blancs qu'ils ont arboré ce samedi soir. L'équipe, composée par Laurent Blanc, n'est qu'une juxtaposition de talents, qui n'éclosent pas faute de vouloir jouer et partager ensemble. L'alichimie collective, qui mené l'actuel sélectionneur au toit du monde, n'est plus. Là encore, un long travail attend les Bleus... Alors que la droite attend les scrutins locaux de 2014, les amateurs de foot ont déjà les yeux tournés, la même année, vers le Mondial brésilien."

 

A lire, cette semaine, mes trois articles:

- Parmi les élus... René Dosière dans l'Aisne;

- Comment résoudre le problème de l'abstention?

- Après l'Etat-UMP, un Etat-PS?

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 16:18

Première "Une" du Figaro Magazine, après le deuxième tour des législatives? La rédaction propose, à ses lecteurs, une "enquête" sur l'Etat-PS ! Déjà?... Mais, en quoi consiste-t-elle? En Fig-mag-Etat-PS.jpgune "enquête sur les réseaux de François Hollande", comme le précise un article publié sur le site du journal. Ce sujet, qui doit donner lieu à une investigation minutieuse et de terrain (!), permet à l'hebdomadaire de la droite d'attaquer la gauche, à peine installée au pouvoir, sur ce qui peut la gêner. D'ailleurs, l'UMP s'est déchaînée cette semaine. Passons sur l'épisode du tweet de la 1ère dame (qui constituera la fausse note du début de quinquennat, que la droite ressortira à chaque occasion, comme la gauche le fit avec le Fouquet's et le yacht de Bolloré pour N. Sarkozy !). Les ténors de l'opposition, fragilisés par la perspective de la guerre des chefs qui se tiendra à l'automne, ont pris, dans l'actualité, les signes de la domination du clan Hollande sur l'Etat: le candidat officiel de l'Elysée élu à la présidence de l'Assemblée (Claude Bartolone), un fidèle du Président qui prend la tête du groupe PS (Bruno Le Roux), une entorse monumentale au principe de parité au plus haut sommet de l'Etat (les quatre plus hauts personnages sont des hommes !)... En bref, à écouter la droite, un homme vient de prendre tous les pouvoirs et, tel une pieuvre, étend ses tentacules sur toutes les parcelles du pouvoir. Ce qui ne choquait pas la droite hier (quand elle était au pouvoir, avec l'Etat-Sarko composé des fidèles de l'ancien chef de l'Etat à la plupart des postes sensibles) la choque donc aujourd'hui !

 

Autre argument: la gauche détient tous les pouvoirs. Jamais un camp n'avait concentré autant de pouvoirs entre ses mains: Elysée, Matignon, majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat, 21 régions sur 22, plus de la moitié des départements, la plupart des grandes villes... La gauche sera la seule responsable de tout ce qu'elle entreprendra au cours du prochain quinquennat car la pauvre droite n'a plus de quoi s'opposer ! Premier bémol à cette vraie-fausse démonstration: la gauche n'est certaine de conserver tous ces pouvoirs que deux ans... car, en 2014, des élections locales (territoriales et municipales) auront lieu. Il appartient désormais à la droite de reconquérir des pouvoirs que la gauche a emporté sur la volonté des électeurs ! Deuxième bémol: cette concentration des pouvoirs ne semblait pas choquer la droite quand elle était dans la même posture. Sans remonter à 1995 (qui semble la situation la plus comparable à celle de 2012 !), la situation politique de 2002 n'était pas moins favorable à la droite: Chirac réélu à l'Elysée, Raffarin à Matignon avec la majorité dans les deux chambres, pas de vagues roses dans les régions ou les municipalités (car elles datent, respectivement, de 2004 et 2008 !), présidence de la Commission des finances de l'Assemblée (donnée à l'opposition en 2007), Cour des comptes et Conseil constitutionnel détenus par des proches de la droite... Bref, la droite se plaint d'une situation dont elle a, dans le passé, pu profiter ! Ce qui choque, c'est que la gauche se retrouve, pour la toute première fois depuis 1958, dans cette situation... car, même en 1981, Mitterrand n'avait pas tous ces pouvoirs (avec un Sénat à droite, par exemple) !

 

Ce qui fait de 2012 une année inédite, c'est effectivement la main mise de François Hollande sur les institutions... Mais, au fond, ce n'est que le résultat logique d'une construction politique dont il a été le principal artisan: premier secrétaire, c'est lui qui a permis à la gauche de conquérir ces parcelles de pouvoir que la droite tentera de reprendre dans les prochaines années. La domination de la gauche est, en effet, le résultat d'une conquête progressive (étalée sur huit années... de 2004 à 2012) de tous les leviers qu'elle détient désormais. Par la volonté, réécrivons-le, des électeurs ! 2012 est un autre tournant car tous les acteurs de 2007 ont été balayés: Nicolas Sarkozy a été sorti de l'Elysée, n'ayant pu montrer sa capacité à sortir le pays de la crise; Ségolène Royal a échoué dans toutes ses tentatives d'être la première femme Président, Première secrétaire du PS ou Présidente de l'Assemblée nationale; quant à François Bayrou, il quitte son mandat de député, entamant une nouvelle traversée du désert (qui s'annonce plus rude que la précédente). 2012 est aussi un tournant car les Français ont souhaité installer au pouvoir une nouvelle génération de dirigeants peu expérimentés: Hollande et Ayrault n'ont jamais été ministres, comme nombre de figures du nouveau gouvernement, tels MM. Montebourg ou Valls. Bref, le paysage politique se reconstitue... et, dans les prochains mois, la droite devra se reconstruire plutôt que taper, inutilement, sur une majorité (vraiment) populaire. Qui dirigera le parti? Quelle ligne politique sortira vainqueur? L'opposition sera-t-elle vraiment constructive, comme l'UMP le réclamait au PS jusque-là? On attend de voir...

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Published by Aurelien Royer - dans La vie du Parti Socialiste
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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 15:45

42,78% d'abstention au 1er tour. 44,60% d'abstention au 2nd tour. Le scrutin législatif restera comme le moins mobilisateur de la Vème République... Et chacun, commentateur médiatique ou politicien(ne), de se désoler que la participation ait eu du mal à dépasser le seuil des 50%. Pire: côté UMP, on utilise ce triste record pour expliquer que la majorité élue n'est pas représentative... comme elle avait fait souligner que, si on comptait les blancs et nuls, François Hollande aurait été le premier Président à ne pas franchir 50% de votants (avec 51,64% des exprimés et 4,68% de blancs et nuls, il n'a obtenu que 48,63% des votants). Evidemment, chacun partage ce triste constat. Personnellement, j'ai tendance à penser que les Français se mobilisent volontiers pour choisir le premier personnage de l'Etat qui, dans notre imaginaire, détient le pouvoir tel un "monarque républicain". En revanche, quand il s'agit de choisir les députés, l'implication est moindre: le camp vainqueur mobilise ses électeurs et obtient une majorité (ce fut le cas en 2007) tandis que les vaincus, après la claque présidentielle, se démobilisent et entament une cure d'opposition de cinq ans.

 

Malheureusement, personne n'évoque le moyen de sortir de cette spirale d'abstention ! Or, n'appartient-il pas à nos responsables politiques de s'interroger sur ce phénomène et, faute de pouvoir mobiliser les électeurs, de trouver une réponse institutionnelle? En attendant que la gauche s'en empare (elle a cinq ans pour le faire), voici mes propositions:

Problème n°1: les triangulaires. Ma solution: les interdire ! Seuls les deux candidats arrivés en tête du 1er tour peuvent se maintenir au second.

Problème n°2: la parité (même si le nombre de femmes progresse encore, notamment grâce aux nouvelles élues socialistes, on reste sous la barre des 50% de femmes à l'Assemblée). Ma solution: pour l'Assemblée nationale, mettre en place un scrutin binominal à deux tours. Ainsi, chaque parti investit deux candidats (un homme et une femme) qui deviendront tous deux députés de plein exercice dans des circonscriptions logiquement plus vastes.

Problème n°3: l'abstention. Ma solution: organiser les législatives le même jour que la présidentielle. Les citoyens se déplacent dans leur bureau de vote pour désigner leur candidat à la présidentielle et aux législatives les mêmes dimanches (ce qui donnera quinze jours aux prétendants à la députation pour faire campagne dans l'entre-deux-tours, tout en liant les enjeux de ces deux votes).

 

Problème n°4: la représentativité des petites formations. Dans le débat actuel, l'enfumage est à tous les niveaux. Prenons les deux cas les plus visibles: les Verts et le FN. D'un côté, on entend, dans la bouche des leaders de droite, leur désolation qu'un groupe de 17 députés EELV puisse apparaître à l'Assemblée alors que l'écologie ne pèse que 2,5% à la présidentielle ! Mais, se rendent-ils compte, ces responsables politiques, qu'avec 17 députés sur 577, les Verts obtiennent 2,9% des sièges disponibles... pas si loin, donc, de leur poids politique réel ! De l'autre, côté FN, les leaders du Front dénoncent le fait que leur parti ne dispose que de deux députés pour représenter les 18% de citoyens qui ont voté pour Marine Le Pen le 22 avril dernier. Certes, ce décalage est, pour une démocratie comme la nôtre, choquante. Toutefois, il faut rappeler que seuls 13,6% des électeurs ont voté FN au premier tour des législatives pour lesquelles 577 candidats étaient en lice (chiffres officiels du ministère de l'Intérieur)... près de 5 points sous le score présidentiel de Marine ! Deuxième arnaque: Marion Maréchal, élue dans le Vaucluse (où la probabilité de l'emporter était, compte-tenu du terreau local favorable, peu négligeable !), répète qu'elle sera, du haut de ses 22 ans, la représentante des "jeunes". Personnellement, du haut de mes 26 ans, je n'ai absolument pas envie d'être représenté par cette jeune fille, aussi talentueuse que sa tante... mais qui s'enflamme en se croyant porte-drapeau de toute une génération ! Pour lutter contre ces enfumages frontistes, une réforme institutionnel est donc nécessaire...

 

Ma proposition: réformer le bicamérisme "à la française". Contrairement à une certaine époque, où je préconisais la suppression du Sénat, je souhaite que le Parlement conserve ses deux assemblées et que leurs modes de désignation restent différents. D'un côté, scrutin binominal majoritaire à deux tours pour l'Assemblée nationale, qui reste la chambre dominante dans le processus législatif. De l'autre, scrutin de liste à la proportionnelle (intégrale ou non?) pour les sénateurs, désormais choisis pour 5 ans, au suffrage universel DIRECT !

 

Dans le cadre de cette réforme institutionnelle majeure, une refonte du calendrier électoral est à envisager. Première décision: tous les élus, du conseiller municipal au Président, seront élus pour un mandat de 5 ans. Deuxième décision: les mandats nationaux ne sont pas cumulables avec d'autres fonctions et ne seront renouvelables qu'une fois (soit deux mandats consécutifs maximum). Troisième décision: les citoyens seront convoqués trois fois tous les cinq ans. Années finissant par 2 ou 7 (printemps): élections présidentielles et législatives sur les mêmes dimanches. Années finissant par 4 ou 9 (printemps): élections européennes et régionales (il n'existerait plus d'élections cantonales car, avec une réforme de la décentralisation, le double découpage départements-régions serait simplifié) sur les mêmes dimanches. Années finissant par 0 ou 5 (automne): élections sénatoriales et municipales sur deux dimanches. Dernière décision (soumise à débat): étendre le jour de vote au week-end complet (samedi et dimanche, de 8h à 19h, partout !). L'ensemble du projet serait évidemment soumis à référendum dès que possible !

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Published by Aurelien Royer - dans Vers 2017
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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 15:10

Le feuilleton législatif, sur Jes6, a pris fin vers 20h30. Un bandeau, diffusé en bas de l'écran lors de la soirée électorale sur France 2, l'annonçait alors: René Dosière, député sortant, menacé d'une triangulaire avec l'UMP et un dissident socialiste (qui a fait couler bien moins d'encre que le vainqueur de Ségolène Royal à La Rochelle), a été réélu ! Ouf !

 

Je ne sais comment j'aurais réagi si la candidate UMP l'avait emporté: pourtant, cela semblait l'hypothèse la plus probable car, même la 1ère circonscription est la plus à gauche du département, la présence de deux candidats se revendiquant de la majorité présidentielle (avec ou sans le logo du PS) laissait supposer une dispersion des voix qui ne pouvait que profiter à la droite. Il n'en fut rien. Ainsi, dès 20h, j'annonçais que, dans ma commune, M. Dosière l'emportait largement (avec plus de 50% des voix exprimées) et que le fait marquant était la baisse du score de son adversaire, Fawaz Karimet, qui obtenait moins de voix le 17 juin que le 10, lors du 1er tour ! Signe qu'inquiets de la situation de la circonscription, certains électeurs de gauche ont préféré changer leur vote pour élire celui qui était le mieux placé et ainsi éviter une victoire de la droite. Or, ce phénomène s'est produit partout... Car, à l'échelle de la circonscription, M. Dosière recueille 42,2% des suffrages (5000 voix de plus qu'au premier tour) tandis que le dissident enregistre un score de 19,2% (contre 21,5% au premier tour, perdant 1200 voix d'un dimanche à l'autre). La candidate UMP, elle, regroupe près de 16000 voix, soit 4700 de plus qu'au premier tour. Bref, l'écart entre les deux favoris s'est creusé... Ce qui laisse supposer une moindre mobilisation des électeurs de droite (ce qui est vrai au niveau national) et une abstention légèrement plus marquée (tout comme le nombre de bulletins blancs ou nuls).

 

De ce scrutin à suspense, on peut tirer deux autres conclusions: d'une part, les électeurs du FN, qui n'ont plus leur candidat au 2nd tour, se répartissent de manière équitable entre les deux candidats encore en lice, preuve que le discours "mariniste" est beaucoup plus social que celui de son père. En effet, en milieu rural, la désertification, la disparition des services publics, la vie chère et la stagnation des salaires sont des préoccupations majeures (bien plus marquées que l'insécurité ou l'immigration). Or, dans un duel PS-UMP, les électeurs frontistes votent tout de même pour le représentant socialiste, qui répond mieux (ou moins mal) à ces préoccupations que le représentant de la droite. D'autre part, même si les intentions de la rue de Solférino sont bonnes (imposer des femmes, des jeunes, des personnes "issues de la diversité"), il n'en demeure pas moins que les citoyens sont attachés à leur député sortant, qui plus est quand il fait du bon travail. Certes, le PS a retiré, entre les deux tours, l'investiture qu'il avait accordé à M. Karimet... mais j'attends que, du côté de la direction du Parti, l'exclusion de ce candidat malheureux soit prononcé pour non-respect des consignes républicaines (à savoir, se désister pour le candidat de gauche le mieux placé). Ajoutons que, à l'échelon local, M. Karimet a, sans doute, compromis ses chances d'accéder à la mairie de Laon, ville principale de la circonscription. Conseiller général de cette ville-préfecture, il lorgne sans doute sur les municipales de 2014. Mais, après ce coup tordu, la gauche laonnoise semble se recomposer, si bien que M. Dosière indiquait, au lendemain de sa réélection, vouloir aider l'opposition (la droite détient la mairie actuellement) à reconquérir la municipalité... que lui-même a dirigé dans les années 1980.

 

Démobilisation de l'électorat traditionnel de la droite, mauvais report des voix FN sur les candidats UMP, forte abstention: voilà les principaux enseignements de ce scrutin législatif. D'ailleurs, plusieurs cas individuels, longuement rapportés par la presse, illustrent ces constats: la défaite de Nadine Morano montre que de courir derrière les voix du FN, commele fit Nicolas Sarkozy sans plus de succès lors de la présidentielle, n'est pas une stratégie payante; les réélections, de justesse, de NKM ou de Xavier Bertrand (à 222 voix, dans l'Aisne) montrent que, même en reniant cette stratégie, l'électorat de la droite s'est démobilisé... faisant craindre un basculement. D'autres ténors de la majorité ont eu chaud, tel Patrick Devedjian, réélu à tout juste 50,2% malgré des prises de position bien moins radicales... tandis que certains sortants (Eric Raoult en Seine-Saint-Denis) ont été sortis. Les défaites de Jack Lang, parachuté dans son département natal, ou de Claude Guéant, également imposé dans les Hauts-de-Seine, témoignent d'une envie de renouvellement en Carlotti-Muselierrepoussant les "vieux" candidats qui sont dans les arcanes du pouvoir depuis plus de trente ans. Bref, ce scrutin a été une hécatombe pour l'UMP, dont certaines figures sont tombées... Une centaine de sièges perdus par la droite tombe dans l'escarcelle de la gauche, en particulier du PS. A l'image de tous ces ministres qui, même dans des secteurs très à droite, l'ont emporté, à l'image de Stéphane Le Foll dans la Sarthe ou Marie-Arlette Carlotti (photo) où sa victoire sur Renaud Muselier a rebattu les cartes pour les prochaines municipales marseillaises... En attendant: comme le font remarquer les médias, à la suite des remarques appuyées des leaders de l'UMP, le gouvernement a désormais les mains libres pour appliquer le programme du candidat Hollande... Tant mieux !

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Published by Aurelien Royer - dans Les campagnes électorales
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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 18:00

A ceux qui ont suivi mes derniers articles, voici la suite du feuilleton dans ma circonscription. Rappelons, brièvement, qu'une triangulaire oppose le député sortant apparenté PS, René Dosière, un dissident socialiste, Fawaz Karimet, privé du soutien de la rue de Solférino après sa 3ème place au 1er tour, ainsi que la candidate Nouveau Centre, soutenue par l'UMP, Aude Bono. Ne possédant pas les résultats de l'ensemble de la circonscription, voici ceux de ma commune.

 

Il est 20h. Et je peux délivrer ses résultats, sans crainte. M. Dosière: 416 voix sur 697 votants, soit 59,7% ! Mme Bono: 222 suffrages, soit 31,8%. M. Karimet: 59 voix, soit 8,5%. Conclusion (assez simple): les électeurs de ma commune ont plébiscité le sortant, amplifiant nettement son avance du 1er tour. Il est à noter que le dissident socialiste recule, ce qui signifie que certains de ses électeurs ont choisi de changer leur vote en essayant de favoriser M. Dosière face à la candidate UMP...

 

Analyse plus poussée, dans les prochains jours, pour expliquer, avec plus de recul, les résultats définitifs ! Bonne soirée.

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Published by Aurelien Royer - dans Les campagnes électorales
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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 19:20

Faute de temps, je n'ai pas publié, samedi dernier, ma "Une" de Jes6 Hebdo. Je vous propose donc, ce samedi, une sorte de "numéro double": évidemment, à la veille du 2nd tour des législatives, je consacre mon article à cette élection à enjeu. Lisez donc, plus bas, mon éditorial de la semaine, à l'issue duquel vous trouverez, comme d'habitude, la liste des articles à lire ou relire pour approfondir mon analyse de l'actualité. Bon dimanche et bon vote !

 

Numéro du 16 juin 2012:

 

Hebdo 16 juin

 

Mon éditorial: "C'est l'histoire d'une perte de voix. Qu'ils soient ou non passionnés de foot, les millions de Français qui observent, dans les compétitions officielles, les matchs de l'équipe de France regrettaient l'absence de Thierry Roland qui aurait du être au micro de M6 pour reformer son tandem avec Jean-Michel Larqué. Ce samedi, qu'ils soient ou non des supporters acharnés, ces millions de Français sont tristes... car la télévision vient de perdre l'une de ses voix (et l'un de ses rires) les plus familières.

Qu'ils soient ou non passionnés de politique, des millions de Français sont appelés à désigner, demain, leurs députés. Ces élus de la nation qui, pendant cinq ans, vont soutenir la politique d'ores et déjà amorcée par le nouveau gouvernement... Ou, s'ils en décident, ces élus qui vont redonner à l'UMP l'occasion d'éviter la catastrophe que constituerait un quinquennat socialiste. De droite ou de gauche, les candidats encore en lice espèrent mobiliser leurs électeurs... et les calculettes chauffent: sans les abstentionnistes, certains d'entre eux ont leur horizon bouché (voir le cas Dosière dans l'Aisne).

Avant de réfléchir aux causes et aux moyens d'éviter une montée, encore plus prononcée, de l'abstention lors de scrutins si essentiels, les politiciens attendent impatiemment les résultats. Par leur mobilisation, les électeurs donneront sans doute au gouvernement une majorité... et enverront, peut-être, des élus FN au palais Bourbon. Marine Le Pen, Marion Maréchal (sa nièce), l'avocat Gilbert Collard ou encore le porte-parole (révélation de la campagne présidentielle) Florian Philippot: voilà quatre personnalités qui pourraient, demain, créer la surprise.

Royal battue? Morano remerciée par ses électeurs, malgré le battage de sa campagne très sarkozyste (comme l'ex-président, elle oriente sa campagne d'entre-deux-tours dans un sens très droitier qui n'a pourtant pas réussi à son ex-mentor, le 6 mai dernier !)? Les résultats du 17 juin nous réserveront-ils encore d'autres surprises? On attend !"

 

Pour approfondir cette analyse, lisez les articles (de la dernière quinzaine) que j'ai consacré aux thèmes évoqués ci-dessus... et à d'autres:

- La réforme maladroite des rythmes scolaires ;

- Législatives dans l'Aisne: et si le PS ratait la dernière marche?

- A propos de l'opposition: Copé, dur, dur d'être opposant ;

- Suite à la multiplication des candidatures: l'(in)utilité des petits candidats?

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Published by Aurelien Royer - dans Jes6 Hebdo
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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 09:09

Ce matin, la France a perdu l'une de ses voix... Avec la mort de Thierry Roland, les amateurs de football (et les autres) sont en deuil: moi-même, je suis triste de cette nouvelle. En effet, alors que je ne suis pas les matchs de l'équipe nationale actuellement en Ukraine pour l'Euro 2012, la voix (et le rire) du commentateur le plus célèbre de France a accompagné mes années 1998 et 2000 quand, à 12 et 14 ans respectivement, je vivais, comme tout petit garçon, les exploits des Tricolores. Je me souviens de hurlements de joie qui raisonnaient dans le quartier HLM où je vivais. Je me souviens de ces longs cris ("Buts...") d'un Thierry Roland qui savait transmettre sa passion du sport. Je me souviens du rassemblement de toute la jeunesse de ma commune, des concerts de klaxon (à une époque où mes parents n'avaient pas de voiture), de ces drapeaux que l'on faisait flotter tout en marchant au milieu des ronds-points... pour célébrer la victoire de la France au Mondial 1998 et à l'Euro 2000. Depuis, j'ai délaissé le football pour le rugby ou le tennis, que je suis avec plus d'assiduité et de passion. Pourtant, le sort réservé à Thierry Roland par TF1 qui, à l'image de PPDA sur la même chaîne ou Philippe Bouvard sur RTL, a été évincé pour raison d'âge, sans prendre en considération et son talent et sa popularité. Preuve en est l'émotion suscitée par sa mort, en plein Euro de football, au lendemain d'une victoire encourageante des Bleus face à l'Ukraine. En hommage, voyez son passage dans une émission de Michel Drucker sur Europe 1 où l'on retrouve quelques-uns de ses éclats de rire mythiques !

 



 

Absent de l'Euro pour raison de santé, la voix du foot sur M6 (la "petite chaîne qui monte" a privilégié l'expérience à la nouveauté, en confiant à l'ancien commentateur vedette de TF1 la présentation des matchs qu'elle a acheté !) s'est éteinte... J'en profite pour me lancer dans une (hasardeuse) comparaison: dans le monde politique, l'Europe aussi a perdu sa voix. En cette fin de semaine, la chancelière Angela Merkel fait la "Une" des médias avec ses déclarations publiques à travers lesquelles elle explique, en substance, que les désaccords sont finalement importants au point que les Etats-membres ne se font plus confiance. En clair, il existerait un fossé entre la vision allemande (revisitée, ce jour, par Jacques Heurtault, sur son blog: lisez son article ICI) et la vision française de l'avenir de l'Europe... A croire que, depuis l'élection du nouveau Président français, la dirigeante allemande croyait compatibles ces deux visions. En s'exprimant de cette façon (et en faisant porter le chapeau au Français), elle essaie de se sortir d'une mauvaise posture: il faut dire que, dans l'affrontement des deux visions évoquées, la sienne est à la fois minoritaire et clairement inefficace. La preuve: la politique d'austérité, appliquée par son tandem avec Sarko depuis 2008, n'a absolument pas permis de sortir de la crise...

 

Chaque semaine, les indices d'une dégradation de la situation européenne (quasi faillite des banques espagnoles, Grèce au bord du grouffre tant financier que politique, France mise au ban de l'Europe par une Commission ultra-libérale...) se multiplient, confirmant que l'optimisme de la droite européenne ("la crise est derrière nous", "le pire est passé", "heureusement que Sarko était là pour éviter le pire"...) était totalement démesuré ! D'ailleurs, parmi les dirigeants de l'Union, il manque une forte voix qui serait capable de dire la vérité, sans être prisonnier d'une vision idéologique. Cette voix, elle ne doit pas être celle d'un des dirigeants nationaux: Mme Merkel défend son pays et son idéologie, sans placer l'intérêt continental au-dessus. M. Hollande, qui ne sur-réagit pas comme son prédécesseur et n'a pas la prétention d'être le sauveur de l'UE, ne semble pas vouloir jouer un tel rôle... Et pour cause, cette voix a un nom: Herman van Rompuy, président (reconduit) du Conseil européen, devrait (enfin) revêtir ses habits. S'il faisait son boulot, il devrait mettre fin aux désaccords européens en fixant un cap et en prenant des décisions. S'il ne le fait pas, c'est (sans doute) que sa légitimité ne le lui permet pas... En attendant de régler ce problème institutionnel, espérons que la fracture oui/non du référendum 2005 (qui correspond, grosso modo, à la fracture Berlin/Paris) ne se creuse. Avec des effets qu'on peut imaginer irréversibles.

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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 16:26

"Si vous [la droite] gagnez les législatives, allez-vous revenir sur toutes les décisions que nous [le gouvernement] avons prises, en faveur du pouvoir d'achat des Français?" demandait, sur le plateau de Mots Croisés, Marisol Tourrainne (ministre des Affaires sociales) à M. Guéant, représentant de l'UMP. Il faut dire que, pour s'assurer une majorité de députés de gauche (voire, dans le meilleur des cas, socialistes), le gouvernement Ayrault a pris nombre de décisions concrètes et symboliques. Sur tous les plateaux, les ministres et responsables PS multiplient les exemples: hausse du SMIC et de la prime de rentrée scolaire, limitation des hauts revenus, suppression des tribunaux pour mineurs et des jurés populaires en correctionnelle... Ainsi, l'équipe gouvernementale entend démontrer, aux citoyens-électeurs, que le changement a commencé, que les engagements pris lors de la campagne seront très prochainement réalisés. Un gouvernement qui agit dans l'intérêt des Français, avec rapidité, doit être soutenu pour continuer: voilà le message des socialistes pour remporter le 2ème tour !

 

A quelques jours de cette dernière grande étape de l'année électorale 2012, les décisions continuent. Le jour de la passation de pouvoir et de son entrée au ministère, Vincent Peillon avait annoncé le retour à la semaine des 5 jours pour les écoliers... provoquant l'indignation des parents d'élèves qui ont eu l'occasion d'exprimer d'abord leurs craintes organisationnelles avant de penser à l'intérêt de leurs enfants. Cette annonce du ministre de l'Education avait bousculé les habitudes, beaucoup considérant qu'il avait sans doute été trop rapide. Quelques semaines plus tard, rebelote: M. Peillon annonce, sans concertation, sa décision d'allonger les vacances de la Toussaint (qui passerait, dès cette année, de 10 jours à deux semaines) puis, pour compenser, d'avancer la rentrée des classes d'une journée en septembre et d'ajouter une journée supplémentaire en juillet 2013.

 

Si, d'un côté, on peut se féliciter de voir un ministre prendre des initiatives, sans que toute décision n'émane de l'Elysée, on peut aussi se désoler de la méthode choisie. D'ailleurs, le Premier ministre a rappelé à l'ordre son ministre, lui rappelant qu'aucune décision ne pouvait être prise, sous la présidence Hollande, dans concertation. M. Ayrault aurait pu ajouter qu'il lui appartient, après cette concertation, de rendre l'arbitrage et que le rôle de son ministre consiste à lancer le chantier, mener les discussions et rendre son rapport en Conseil des ministres, avant de défendre le projet au Parlement ! Bref, sur la forme, cette affaire révèle le peu d'autorité du locataire de Matignon: de la même manière que M. Ayrault expliquait le tweet de Valérie Trierweiler comme l'erreur d'une femme qui doit trouver sa place dans le rôle de Première dame, l'affaire Peillon montre que le Premier ministre lui-même n'a pas encore totalement revêtu ses (nouveaux) habits. Ca viendra...

 

Sur le fond, la question des rythmes scolaires (longtemps annoncée sans jamais être tranchée par le gouvernement Fillon) mérite en effet une vaste consultation nationale. C'est l'exemple typique du sujet sur lequel il serait utile d'appliquer la méthode que je préconise:

1- Le gouvernement annonce le début d'une concertation, en énonçant les objectifs et les moyens qu'il compte utiliser pour parvenir à ses fins ("Réduire le nombre d'heures de cours par jour et par semaine, en augmentant le nombre de semaines travaillées dans l'année");

2- Le ministre reçoit les partenaires concernés (ici, les représentants des enseignants, des parents d'élèves, des chefs d'établissement, des élèves): 1ère réunion commune au ministère pour fixer les objectifs; réception de ces acteurs, un par un, pour entendre leurs propositions; dernière réunion commune pour négocier un avant-projet;

3- Le gouvernement ouvre le site Internet debats.gouv.fr avec une page spéciale "Rythmes scolaires" sur laquelle on peut imaginer: des sondages sur des propositions concrètes ("Semaine de 4 ou 5 jours?", "Raccourcir les vacances d'été?", "Rallonger les vacances de Toussaint?", "Supprimer les cours le samedi?", "Cours de sport l'après-midi?"...), des forums pour permettre aux citoyens de poster leurs propositions;

4- Le Conseil des ministres se prononce et le chef de l'Etat rend alors ses arbitrages, pour arriver au projet de loi, soumis par le gouvernement aux parlementaires.

 

Concernant les propositions avancées par M. Peillon, je ne peux que m'en féliciter car elles vont dans le sens que je préconise, sur ce blog. Allonger les vacances de Toussaint, pour couper un 1er trimestre souvent long et fatigant? Pour ! Raccourcir, même de quelques jours symboliques, les congés d'été? Pour ! Imposer une pause déjeuner d'au moins 1h30 à la mi-journée? Pour (dans mon collège, certains élèves et certains professeurs n'ont que trois quarts d'heure, entre 12h15 et 13h, pour manger !). Bref, plus que le contenu, c'est la façon dont ces mesures ont été annoncées qui me chagrinent... d'autant plus qu'en annonçant, en premier, l'ajout de journées de vacances supplémentaires, le ministre envoie un très mauvais signal. Les élèves, qui écoutent peu l'actualité tout en retenant ce qui les concerne en premier lieu, ne manqueront pas d'avoir compris que la gauche va rallonger leurs vacances. Je m'en inquiète d'autant plus que, pendant la campagne présidentielle, certains de mes élèves m'ont questionné sur le projt éducatif du candidat Hollande: "Monsieur, c'est vrai qu'il voudrait réduire les vacances d'été de 2 semaines?" avec une pointe d'inquiétude, voire de colère. Messieurs Peillon et Ayrault: à l'avenir, veillez à ne plus polluer vos belles idées par des maladresses aussi grossières ! Il en va du succès du quinquennat débutant...

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Published by Aurelien Royer - dans Education nationale
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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 11:34

Un soir, on déplore l'abstention. Le lendemain, on semble tout faire pour ne pas l'empêcher. Je m'explique: après avoir rappelé les chiffres élevés de l'abstention (les plus forts pour une législative depuis le début de la Vème République... constituant une réserve de voix que les partis devraient s'employer à aller chercher !), tous les médias ont proposé un "zoom" et une "analyse" de la situation rochelaise. Ainsi, tous les citoyens français devraient se passionner pour le duel Falorni-Royal. Pire: quand la Première dame tweet en faveur du candidat dissident (celui qui pourrait empêcher la Présidente de Poitou-Charente d'accéder, en tant que première femme, à la présidence de l'Assemblée), les médias dissertent et discutent. Est-elle dans son rôle? Est-ce la preuve de sa volonté d'être une femme libre, transgressant le devoir de réserve attaché à son rôle? Des experts se sont bousculés sur les plateaux pour donner leur avis. A ceux-là, voici ma question: ce duel fratricide, qui assure à la gauche un poste dans la future Assemblée, et tout ce qui l'entoure n'est-il pas un bel exemple de querelles de personnes qui poussent des millions d'électeurs vers l'abstention? Ma réponse est claire: OUI.

 

Pourtant, les médias auraient pu braqué leurs caméras et micros vers des circonscriptions à enjeu, afin d'expliquer aux habitants concernés que leur bulletin de vote détient un poids énorme. C'est, me semble-t-il, le cas de ma propre circonscription (la 1ère de l'Aisne), dans laquelle le député sortant (René Dosière, connu nationalement pour ses travaux sur les dépenses de l'Etat) est menacé d'être battu ! Pour ceux qui ne savent pas ce qui s'y passe, voici le résumé. Acte 1: pour appliquer son principe de renouvellement, le PS investit un conseiller général, M. Fawaz Karimet, pour défier M. Rosière au 1er tour des législatives. Acte 2: le député Dosière, ancien maire de Laon, arrive en tête du 1er tour (29,1% avec de hauts scores dans les communes rurales - 44% dans ma commune, par exemple - et une 3ème place dans la ville de Laon), devançant la candidate UMP (26,5%) et M. Karimet (21,5% des exprimés et 12,6% des inscrits, soit 0,1% au-dessus du seuil de maintien au 2nd tour). Acte 3: contre l'avis de la rue de Solférino, qui recommande à ses candidats de se désister en faveur du candidat de gauche le mieux placé (ce qu'il fit, en 2007, lors de sa première tentative), M. Karimet décide de se maintenir... provoquant une triangulaire pour un second tour où René Dosière est, désormais, le candidat (officiel) du PS !

 

En clair, avec cette double candidature de gauche, la 1ère circonscription peut, mathématiquement, passer à droite... alors qu'elle est la plus à gauche du département (au regard du score de M. Hollande le 6 mai). Bizarrement, M. Karimet explique son maintien par ce caractère "à gauche" de la circonscription: selon lui, le vainqueur du 17 juin sera, soit lui, soit son concurrent sortant... mais, en aucun cas, la candidate UMP. Vétérinaire de profession, il ne semble donc pas avoir de hautes compétences en mathématiques: d'une part, en ajoutant les voix UMP et FN (15,8%), la candidate de droite peut espérer dépasser 42% à elle seule... Il reste donc 58% (un peu plus que le score de M. Dosière, au 2ème tour, en 2007) que les deux candidats de gauche se partageront. Première hypothèse: M. Karimet ne gagne rien... il fait 21,5%... il reste donc 36,5% pour Dosière... qui arrive 2ème. Deuxième hypothèse: M. Dosière ne gagne rien... il faut 29%... il reste donc 29% pour Karimet... qui arrive 2ème. Dans tous les scénarii, à moins d'un ras-de-marée d'abstentionnistes en faveur d'un des deux prétendants de la gauche, la candidate de droite dispose d'un boulevard... Or, de ce cas de figure, aucun média ne parle ! Alors que l'enjeu est de taille: imaginez le PS disposant de 288 élus (soit un de moins que la majorité à 289). Le siège manquant sera facile à trouver... alors qu'il aurait été, normalement, si facile à conserver !

 

M. Karimet, c'est donc la gauche qui perd. La gauche qui place ses faux "bons principes" devant la réalité électorale: car, dans son tract de 2nd tour, M. Karimet a perdu le logo PS (qui est apparu sur celui de son concurrent)... mais se réclame toujours de la "génération Hollande" (attaquant même M. Dosière sur son âge en fin de mandat... 76 ans en 2017), de la majorité présidentielle pour réaliser "le changement" et avance une succession d'arguments foireux: il incarnerait le renouveau (après un premier échec en 2007), ce qu'il appelle "le vrai changement" et le rajeunissement (55 ans contre 70). De son côté, M. Dosière a su trouver deux slogans qui, à mon sens, font mouche: "Un bon député, on le garde" (pour faire taire les critiques selon lesquelles il a un piètre bilan dans son département) et "Un député qui compte" (avec le double sens que cette expression peut prendre: d'ailleurs, en plus de rappeler ses travaux de vérification des comptes de l'Elysée sous l'ère Chirac-Sarkozy, il explique, dans son tract de 2ème tour, que "connaissant bien la plupart des nouveaux ministres, il est le mieux placé pour faire entendre les besoins de son territoire au gouvernement"). Même si les arguments ne volent pas haut (les luttes fratricides ne sont jamais bonnes), il me semble dommage de constater la peopolisation de la campagne (le cas Royal intéresse plus que le cas Dosière)... alors que, ces derniers jours, l'épouse du Président du Conseil général de l'Aisne a, telle la 1ère dame, défendu, sur Tweeter, le dissident face au candidat officiel (lisez ICI l'article que je viens de découvrir).

 

Heureusement, pour me consoler, d'autres péripéties fragilisent l'autre camp. En effet, côté UMP, quelques situations cocasses font les choux gras des médias nationaux. Prenez NKM: l'ancienne ministre de l'Ecologie et ex porte-parole de Sarkozy pendant la campagne présidentielle est menacée par une consigne du FN. Rare personnalité UMP à avoir toujours expliqué préférer voter PS que FN en cas d'un tel duel, elle est l'une des cibles de la liste noire de Marine Le Pen, comportant les personnalités à faire battre. Depuis, Mme Kosciusko-Morizet dénonce, dans ses meetings, l'attitude de son adversaire socialiste qui accepterait les voix de l'extrême gauche ("On peut déjà s'en inquiéter") et de l'extrême-droite, depuis que l'ex-candidat FN du coin appelle à voter PS ! Une telle mauvaise foi, après avoir été une des leaders d'un combat qui l'honorait, montre bien que, à quelques jours de disparaître de la scène politique nationale (si confortable), les meilleurs esprits peuvent perdre leur âme. Autre confirmation: les moins bons esprits sont, eux aussi, prêts à tout pour gagner, sans le moindre état d'âme. Preuve en est venue de l'insupportable Nadine Morano, en ballotage plutôt défavorable dans sa circonscription: talonnée par le candidat socialiste (qui pourrait être un des symboles du basculement de la France vers la gauche), l'ancienne ministre fait du pied à l'extrême-droite. Appel aux électeurs (ce qui semble normal). Interview dans un journal controversé, où elle affirme partagée les valeurs de l'extrême-droite. Canular téléphonique dans lequel elle avoue son admiration pour Mme Le Pen... Mme Morano prouve ce que beaucoup pensait déjà: une frange de moins en moins négligeable de l'UMP se sent plus proche du FN (de ses thèses sur des sujets qu'elle agite comme autant d'épouvantails, tel le vote des immigrés !) que du PS.

 

Décidément, cet entre deux-tours s'avère instructif... à condition d'y réfléchir et de ne pas s'arrêter au traitement qu'en font les médias parisiens ! Bon vote !

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Published by Aurelien Royer - dans Les campagnes électorales
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