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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 13:02

C'est une information qui a fait la "une" des quotidiens locaux, en Picardie: Elodie Gossuin (qu'on ne présente plus) a retrouvé son siège de conseillère régionale UMP (photo). L'ex-miss France bénéficie ainsi de la Elodie-au-CR.jpgdémission d'un élu de la droite picarde. L'élu en question, député-maire d'une commune de l'Oise, s'appelle Edouard Courtial. C'est un nom qui ne vous dit probablement rien... mais je l'avais évoqué, en avril dernier, quelques semaines après les élections régionales. Je vous expliquais alors avoir appris son élection au sein de l'Assemblée régionale, ce qui m'avait révolté. Le cumul que ce monsieur opérait m'était insupportable. Pour relire le passage concerné, cliquez ICI et parcourez le dernier paragraphe de l'article.

 

Aujourd'hui, sept mois après l'élection, monsieur Courtial rend son tablier. Motif? Il s'est aperçu qu'occuper trois postes d'élus le privait de beaucoup de son temps, l'empêchant parfois de dormir... et, par conséquent, de réaliser chacune de ses fonctions avec efficacité. Mieux vaut tard que jamais. Sauf qu'il aurait été beaucoup plus sein pour notre démocratie qu'il le comprenne plus tôt. Et qu'il comprenne, surtout, que deux mandats, c'est déjà beaucoup. Que, pour être efficace, un parlementaire ne peut additionner les mandats... même si l'attrait pour la rémunération est plus fort !

 

Deuxième élément de satisfaction: l'évolution des impôts locaux pour 2010. Il y a quelques semaines, je publiais le texte d'une lettre que le président PS du Conseil général de l'Aisne (un autre cumulard: le sénateur Yves Daudigny) adressait aux habitants du Département. Il y expliquait comment il entendait, avec sa majorité, compenser l'injustice de la politique fiscale du gouvernement et trouver de nouvelles ressources après la suppression de la taxe professionnelle. Votée l'an passé, sa démarche consistait en une baisse des impôts locaux et, dans le même temps, une hausse de la taxe foncière. Ainsi, les propriétaires de logement ne devaient pas voir leurs impôts augmenter, la baisse de l'un compensant la hausse de l'autre. Quant aux locataires, ils devaient bénéficier d'une baisse d'impôt significative, évaluée alors à 43% (en moyenne). Pour relire la lettre, cliquez ICI.

 

J'ai reçu, hier, mon avis d'imposition concernant la taxe d'habitation. Outre une petite hausse de la redevance télé (de 118 à 121 €), j'ai pu constater une baisse du montant de cet impôt, qui est passé de 455 à 447 €. Dans le détail, la part communale est passée de 270 à 309 € (soit une hausse de 14%) tandis que la part départementale passait, elle, de 166 à 119 € (représentant une baisse de 28%) !! Promesse (presque) tenue. Certes, la proportion de la baisse n'est pas aussi forte que dans le courrier. Mais, la baisse est réelle.aussi que son seul intérêt personnel.Et dire que, tout aussi jeune qu'il soit, il pensait le contraire. Bilan: il ne faut pas désespérer de la capaité des élus de gauche à trouver des solutions aux problèmes du pays. Dans les territoires, à l'échelle locale, ils montrent leur capacité à réformer la fiscalité. Certes, ce n'est pas encore le paradis. Mais, compte-tenu de l'état des finances publiques (tous niveaux confondus), il ne faut pas espérer des baisses d'impôts dans les prochaines années... Sauf à inventer une fiscalité du capital plus audacieuse. Mais, la gauche osera-t-elle?

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Published by Aurelien Royer - dans Actualités diverses
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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 12:35

A peine en vacances, mon envie de noter les politiques ne s'arrête pas: déformation professionnelle, sans doute. Pour faire suite à mon article sur les prétendants pour occuper l'hôtel Matignon, je souhaiterais examiner également la liste des prétendants à une autre fonction, beaucoup prestigieuse et enviée. Celle qui rend fou tous nos hommes politiques et à laquelle tout passionné de politique rêve (sans nécessairement l'avouer). Evidemment, à droite comme à gauche, parmi les modérés ou les extrêmistes, la liste est longue de ceux qui veulent la place de Nicolas Sarkozy... à l'Elysée. A commencer par le Parti socialiste. Et même si les rivalités et les querelles d'ego semblent s'être calmées (notamment parce que les médias ne les alimentent plus), tous les prétendants potentiels ne pensent qu'à ce printemps 2012 qui verra peut-être un socialiste atteindre la fonction suprême. Certes, ces dernières semaines, Ségo et Martine l'ont joué bonnes copines, s'affichant plusieurs fois côte à côte (y compris dans les manifs parisiennes), la seconde laissant à la première le soin de gérer l'image du parti en son absence. Ségolène a ainsi pu être la première socialiste à participer à une grande émission consacrée aux retraites... un mot avant que la Première secrétaire ne se rende, à son tour, sur le plateau d'Arlette Chabot. Alors, quel (le)socialiste pour battre Sarko? Là encore, je vais me risquer à noter chacun des prétendants. En veillant à répondre à deux questions: il (ou elle) est-il (elle) bien placé(e) pour affronter le président sortant et le dominer dans un second tour? Il (ou elle) a-t-il (elle) l'envergure nécessaire pour exercer la mission de Président, avec tout ce que cela suppose (capacité à représenter le pays et discuter avec de grandes puissances, capacité à impulser une politique nouvelle...)?

 

Première prétendante - la plus légitime: Martine Aubry. En tant que Première secrétaire (même si son élection à ce poste a donné lieu à une controverse... qu'il faut savoir oublier), elle est la première opposante au président sortant et la leader "naturelle" du PS. Si le fonctionnement interne de ce parti était "parfait", elle serait la candidate à la prochaine présidentielle. D'autant plus qu'elle a les armes adéquates. De gauche, elle l'est assurément, notamment grâce à cette image de "dame des 35 heures" qui lui colle à la peau et qui rappelle qu'elle a participé à un gouvernement qui, loin d'avoir été parfait, a apporté le dernier acquis social que la France ait connu ! Femme de pouvoir capable de dynamiser une équipe, elle l'est devenue: absente pour des raisons médicales, elle a été rapidement remplacé par un nombre important d'élus socialistes qui ont pu porter la voix du parti, sans la moindre fausse note. Apte à mettre cette équipe au travail, elle l'a prouvé en organisant nombre de conventions et de votes internes pour, thème par thème, bâtir un embryon de projet présidentiel. Les commentateurs répètent inlassablement que le PS n'a pas de projet... Faux ! Il est simplement en cours de réalisation. Le PS aurait proposé un nouveau projet en moins d'un an? Les commentateurs auraient critiqué le manque de débats internes et de recul pour ne proposer que de l'anti-sarkozysme. Or, contrairement à ce que croient nombre d'entre vous, les socialistes travaillent, discutent, consultent... pour bâtir une alternative crédible, véritablement réfléchie, à la fois audacieuse et réaliste. Cela ne se fait pas en un jour. Et les mérites en reviennent essentiellement à la maire de Lille. D'aucuns diront qu'elle manque toutefois de charisme et qu'elle n'a pas les épaules pour diriger un pays. Ils n'ont sans doute pas tout à fait tort. Mais, avec notre actuel président, fait-on mieux? Ma note: 14/20.

 

Deuxième candidat - le plus inattendu: François Hollande. L'ancien premier secrétaire, qui aurait du être le candidat de 2007, n'a jamais caché son ambition et, depuis la défaite de son ex-compagne, il la cache de moins en moins. Charismatique au point d'occuper ce poste prestigieux, Hollande ne l'est pas. Capable d'impulser une politique en déléguant à ses (potentiels) ministres et en fixant un cap, le député-maire de Tulle y semble prêt: même s'il n'a pas brillé par sa capacité à dynamiser le PS du temps de son premier secrétariat, il montre aujourd'hui un certain talent pour trouver des solutions nouvelles aux problèmes de la France et, surtout, pour les analyser. Adepte de la synthèse molle, il devrait pouvoir fédérer les bonnes volontés de la gauche de gouvernement pour réformer utilement la France. A condition d'être bien entouré... et de ne pas avoir peur de réformer tout ce qui en a besoin. Or, sur ce point, comme sur sa capacité à représenter notre pays dans le monde, j'ai de sérieux doutes. Constatant qu'il a tout de même évolué depuis trois ans, parce qu'il est avant tout un bosseur, je lui laisse le bénéfice de doute. Mais, pour présider aux destinées d'un pays, est-ce suffisant? Pas sûr. Ma note: 10/20.

 

Troisième candidate - la revenante: Ségolène Royal. Contrairement à nombre de mes "amis" du PS, je ne crois pas qu'il faille enterrer la présidente de Poitou-Charente. Certes, dans une démocratie parfaite, tout candidat qui a tenté sa chance à une présidentielle et qui a échoué ne devrait plus être candidat... un peu comme aux Etats-Unis où rares sont les cas de candidats battus choisis, quelques années plus tard, lors des primaires. Mais, avec se système, ni Chirac, ni Mitterrand n'auraient été élus ! Est-ce à dire que Ségo a une chance de battre Sarko en 2012, lors d'un remake de 2007? Une majorité de nos concitoyens répond probablement "non". Et moi, je n'en suis pas si sûr. De nombreux éléments plaident en sa faveur: 1- elle a été, en mars dernier, l'une des présidents sortants de région les mieux réélus... ayant montré que sa politique a satisfait un grand nombre de Pictocharentais; 2- sur de nombreux sujets, elle exprime, de manière souvent polémique et toujours anticipée, la position des Français "d'en bas". Ainsi, elle a provoqué un tollé en dénonçant le projet de taxe carbone du gouvernement, à l'été 2009... suscitant les foudres des Verts. Sauf que, quelques mois plus tard, avec la censure du Conseil constitutionnel, sa démonstration était validée. Et elle prouvait sa capacité à proposer une alternative au gouvernement. D'autant que, sur des sujets avec lesquels la gauche est parfois maladroite, elle a proposé des solutions innovantes, inédites que Sarko lui-même a parfois repris. Bref, sa capacité à provoquer le débat dans la société française est un incontestable point fort. Son manque d'envergure et le manque d'adhésion qu'elle suscite à gauche sont ses principaux handicaps. Ma note: 14/20.

 

Quatrième postulant - l'ultra favori: Dominique Strauss-Kahn. DSK est, dans les enquêtes d'opinion, le mieux placé pour battre Sarko. S'il fallait choisir notre candidat sur ce seul critère, et dans la mesure où il enregistrerait jusqu'à 59% des voix dans un second tour face à l'actuel Président, ce serait lui... (presque) sans hésiter. Il est un personnage populaire, bon vivant, indéniablement compétent. Il est une figure à laquelle les Français sont attachés, malgré ses frasques sexuelles... qui le rendent d'ailleurs plus "humain" et sympathique qu'autre chose. A croire que les Français n'aiment que des politiciens qui baignent dans l'argent et les infidélités. Manière de dire qu'un Président n'a pas à être un saint, mais un homme. Tout simplement. Mais, tout cela ne fait pas un bon chef d'Etat. Impossible de prétendre que l'actuel patron du FMI n'a pas les épaules pour ce poste: charismatique, il prouve, depuis plus de trois ans, sa capacité à diriger une équipe, dialoguer avec les "grands" de la planète et à trouver des solutions, y compris dans les périodes les plus complexes. Mais voilà: même si ses proches affirment qu'il distille, autant qu'il le peut, une dose d'humanisme et de social dans les potions ultra-libérales de l'organisme qu'il dirige, je reste convaincu qu'il est, sur le plus économique, beaucoup trop à droite. Et pourtant je me sens plus au centre-gauche qu'à l'aile gauche du PS. Mais, avec la crise et en voyant l'attitude de ceux à qui le système actuel profite, je crois qu'un coup de barre à gauche est absolument indispensable. DSK n'est pas l'homme de la situation, sauf s'il choisit une équipe dont les membres pourraient gommer son image trop libéral. Ajoutons à cela que, depuis trois ans, installé à Washington, il n'a participé aucunement au travail de fond que les socialistes, emmenés par Mme Aubry, font. Etre candidat en débarquant en France à la dernière minute pour récolter les fruits de ce que les autres ont semé, c'est un peu limite ! Ma note: 12/20.

 

Cinquième postulant - le challenger moderne: Manuel Valls. A mon grand regret, c'est le postulant le plus marginalisé. En position d'outsider inattendu, le député-maire d'Evry a pourtant de belles cartes à faire valoir. D'une part, il n'a pas hésité à se porter candidat à la primaire dès 2008, affirmant que tous les postulants éventuels devaient se déclarer au plus vite, afin que tout ce qui éloigne les médias du seul projet socialiste soit réglé. D'autre part, il incarne cette nouvelle génération, qui manque d'expérience (parce que la précédente ne lui a pas laissé de places ministérielles... du temps de Jospin) mais qui a fait la preuve, dans les années 2000, de son envie de bousculer la gauche. Aux côtés d'Arnaud Montebourg, notamment, il a tenté d'imposer des sujets de réflexion, auquel le PS d'Hollande n'a pas prêté attention. Pourtant, le non-cumul des mandats, une politique sécuritaire moins laxiste, la lutte contre les délocalisations et la désindustrialisation du payx auraient pu être des thèmes porteurs. A tel point qu'ils restent, dix ans après, d'actualité. Maire d'une commune de banlieue, pluri-ethnique, Manuel Valls a des idées. Il expérimente des politiques et, comme Ségolène Royal en 2007, entend faire du "socialisme par la preuve", démontrant aux Français que ce qui réussit au niveau local peut être mené à l'échelon national. Ses points faibles: il manque de visibilité médiatique et n'est pas pris au sérieux. Pourtant, c'est un bon orateur, il sait être convaincant et maîtrise ses dossiers. Il dispose, à mes yeux, du charisme suffisant pour mener une équipe. De quoi être un excellent premier ministre... voire plus ! Ma note: 16/20.

 

Evidemment, je n'ai pas pu traiter tous les postulants. Il y a, au PS, un tel vivier de personnalités, à la fois différentes et complémentaires, qu'il me faudrait des jours pour évoquer tous les prétendants. Je me suis contenté d'évoquer les cinq plus crédibles. A vous de prolonger le débat !!

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Published by Aurelien Royer - dans La vie du Parti Socialiste
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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 11:47

Petit test: sauriez-vous citer une personnalité picarde? Les adeptes de TF1 me citeront, peut-être, Jean-Pierre Pernault ou Sébastien Cauet. Les fans de musique penseront à Kamini (celui qui a popularisé le village de Marly-Gomont, dans l'Aisne). Et les fidèles des jeux télé de France 2 évoqueront probablement Elodie Gossuin, ancienne miss France et miss Europe, que l'on voit beaucoup sur le plateau de "Mot de passe" (le samedi soir, à 19h). Mais, il y en a un autre. Dominique, 43 ans, est avocat. Il n'est pas Picard de naissance, mais exerce le métier d'avocat à Amiens. Et, depuis près de quatre mois, il est LE champion du jeu de Nagui, "Tout le monde veut prendre sa place" (le midi, sur France 2), se trouvant, au jour d'aujourd'hui, à la tête de plus de 120 000€ de gains. Depuis quatre mois, des centaines de postulants, venus de toute la France, tente de lui prendre son fauteuil, réputé confortable, mais extrêmement difficile à garder... tant la pression est grande !

 

Eh bien, ce samedi, je me risque à un petit parallèle. Il existe une autre place, occupé par un homme... sur laquelle plusieurs postulants lorgnent. Plutôt réputée inconfortable, stressante voire humiliante, cette place est pourtant très enviée, très convoitée. Cette place, c'est celle de Premier ministre. En effet, nombreux sont ceux qui veulent prendre la place de François Fillon, celui que Laurent Ruquier a récemment surnommé le "Domenech du gouvernement". Un premier ministre qui doit coacher une équipe de bras cassés, plus ambitieux les uns que les autres, qui ne savent pas toujours jouer collectif. Un premier ministre qui sait, depuis plusieurs mois, qu'en cas d'échec (de la réforme des retraites), il pourra dire adieu à son poste !! D'où cette question:

 

Premiers ministrables

 

Je vais me risquer à noter chacun des postulants les plus "sérieux" et, donc, à vous faire part de ma préférence. Etant bien entendu que le changement du locataire de Matignon n'aura qu'une incidence minime (voire, au pire, nulle) sur l'orientation politique de la dernière année du quinquennant Sarkozy.

 

D'après les dernières rumeurs, il ne resterait plus que deux possibilités. Notre président hésiterait entre le maintien de François Fillon à son poste (ce qui serait, à mon sens, le mieux à faire) et remplacer ce dernier par Jean-Louis Borloo. Chacun comprend aisément que le choix élyséen ne consistera pas à choisir le meilleur chef de gouvernement possible, autrement dit quelqu'un capable de mettre au travail une équipe gouvernementale pour mettre en oeuvre les réformes dont le pays à besoin. N. Sarkozy s'apprête à trancher en ne prenant en compte que ses intérêts personnels, à savoir comment réduire le risque de division à droite, pour ne pas arriver en position de faiblesse au moment de la Présidentielle... au cours de laquelle il devra déjà gérer l'épine Marine Le Pen. Bref, garder Fillon, c'est s'assurer la fidélité des parlementaires qui font bloc derrière l'actuel chef du gouvernement, en lequel ils ont confiance. Le remplacer par Borloo, c'est éviter que celui-ci ne soit un énième candidat centriste (en plus d'Hervé Morin et François Bayrou, voire Dominique de Villepin) à la présidentielle: en somme, c'est s'assurer un minimum de voix centristes dès le premier tour. Car, c'est bien connu, Sarko pense qu'en creusant l'écart au premier tour, il peut remporter le second, même sans réserves de voix. Ce que les dernières régionales ont largement infirmé. Alors, qui pour Matignon ?

 

Jean-Louis Borloo? Evidemment, c'est un homme sympathique, qui a son parler-vrai et qui, par son expérience de maire de Valenciennes, a su montrer sa capacité à faire face aux difficultés en trouvant des solutions à la fois innovantes et relativement efficaces. De là à dire qu'il a l'envergure d'un Premier ministre, capable de fédérer et diriger une équipe, de donner une impulsion nouvelle au pays, il y a un pas que les commentateurs politiques franchissent. Personnellement, je préférerais le voir remplacer cette guingole de Lagarde comme ministère de l'Economie, que le voir s'installer à Matignon. Ma note: 12/20.

 

Michelle Alliot-Marie? C'est une femme, gaulliste, paraît-il sarko-compatible, qui a exercé la plupart des ministères régaliens et qui saura rester discrète pour agir (efficacement) dans l'ombre du Président. A priori, que des atouts pour devenir locataire de Matignon sous Sarko. Sauf que notre Président n'est pas prêt à nommer une femme à cette responsabilité et qu'il est trop impulsif et colérique pour donner tant de visibilité à une femme qu'il n'apprécie guère et avec laquelle il a des divergences de vue probablement plus importantes que l'on ne pourrait le croire. Côté charisme, elle l'a. Beaucoup plus que le chef de l'Etat. Ma note: 11/20.

 

François Baroin? Son nom a beaucoup circulé, parce qu'il est une des étoiles montantes de la droite française. Il n'a rien d'un sarkozyste de la première heure et dispose d'un réel talent de pédagogue pour expliquer les réformes aux Français. Il sait aussi, parfois, utiliser les discours clivants les plus nauséabonds pour discréditer l'opposition (ce dont Sarko va avoir besoin en 2012). Il sait avaler des couleuvres, parmi les plus indigestes: son entrée au gouvernement, alors qu'il avait assez lourdement critiqué certaines réformes du président, avait surpris. Sa capacité à défendre le bouclier fiscal en fait un bon petit soldat du sarkozysme, apte à tout défendre. Sa capacité à continuer d'affirmer qu'il n'y aura pas de hausses d'impôt malgré le fait que la baisse des dépenses ne sera pas suffisante pour résorber nos déficits témoigne d'un sens politique que Sarko devrait savoir apprécier. Si j'étais à la place de ce dernier, je n'hésiterais pas bien longtemps. Mais, à ma place, je constate que Baroin n'a probablement pas encore les épaules et qu'il prendrait un risque en acceptant ce job. Ma note: 13/20.

 

Bruno Lemaire? L'actuel ministre de l'Agriculture ne cache pas sa sympathie pour Dominique de Villepin. Il n'est pas un sarkozyste de la première heure mais, dans ce gouvernement, il travaille sans trop de médiatisation, il débloque des dossiers difficiles, il sait mener des discussions, il sait convaincre sans faire de dégâts... Bilingue, il dispose des atouts intellectuels nécessaires pour être un bon Premier ministre. Calme et posé, il fait partie de cette jeune génération que le Président ferait bien de promouvoir. Personnellement, j'ai beaucoup de sympathie pour ce monsieur... Ma note: 15/20.

 

Voici quatre des prétendants les plus sérieux. D'autres noms ont pu être évoqués, comme celui de Christine Lagarde, celle qui explique, aux médias américains, que les femmes sont de meilleurs politiciennes que les hommes car elles ne mêle pas leurs responsabilités et leur libido... Celle qui explique aux Français que la croissance négative n'a rien à voir avec une récession, où qu'en cas d'absence de carburants, il faut aller travailler à vélo. Si Sarko veut se ridiculiser, il peut encore changer d'avis et choisir "Christine Lagaffe" pour Matignon. Par contre, d'autres noms n'ont pas été évoqués, alors qu'ils auraient pu l'être, tel Mmes Pécresse, Morane ou Yade... Des femmes. Jeunes. Prêtes à sacrifier leur crédibilité, leur capital sympathie pour répéter, dans ces médias qu'elles adorent, la bonne parole sarkozyste. S'il lui fallait choisir un(e) partenaire docile, le chef de l'Etat aurait pu choisir l'un de ces noms... Mais, ceux(celles)-là n'ont probablement aucune chance... La plupart risque même plutôt de faire les frais du prochain gouvernement. Sans parler de ceux qui se pressent de vouloir quitter un navire qui prend l'eau de toutes parts, pour repartir sur leurs terres... en vue des prochaines législatives, auxquels tous les parlementaires UMP pensent, plutôt que réfléchir aux conséquences de leur vote sur nos retraites !... Mais, avec le prochain gouvernement, ce sera le Paradis. On nous le promet déjà.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 18:11

Zut ! Encore un lapsus. Eh oui: je voulais apporter ma (petite) contribution à la série de lapsus qui a fait les choux gras de la presse ces dernières semaines. Sans revenir sur la "fellation" de Rachida Dati (qu'il faudra maintenir éloignée de la politique nationale pour un bout de temps), c'est celui du ministre de l'Education, Luc Chatel, qui m'a fait le plus rire. Celui-ci, patissant du contexte actuel (où le remaniement à venir est dans toutes les têtes), se voyait déjà "nommé premier ministre" par N. Sarkozy. Heureusement, il ne s'agissait que d'un lapsus qui révélait le désir (et la compétition) qui hantent nos ministres... mais qui n'a aucune prise avec la réalité. Espérons-le !

 

En ce qui me concerne, cette petite phrase ("je me sens profondément sarkozyste"), j'aurais effectivement pu la prononcer. Je vais m'en expliquer. D'abord, je suis entré dans la vie active au moment même où Sarko prenait les commandes du pays: j'ai, en effet, réussi le Concours de prof d'histoire en juillet 2007. Cet été au cours duquel la loi TEPA a été voté, mettant en place la défiscalisation des heures supplémentaires... Dispositif qui devait permettre au gouvernement de remplacer les postes d'enseignants supprimés par des heures sup' pour ceux qui restent. Je fais partie de ceux qui ont accepté de faire des heures sup', l'an dernier. Non seulement parce qu'il faut bien que quelqu'un les fasse. Mais aussi parce que cela permet de mener des projets pour nos élèves. Des projets qui permettent à la plupart d'entre eux de préparer plus sereinement leur avenir, ou de se forger une culture générale qui ne manquera pas de les aider plus tard. Pour ceux qui suivent mon blog depuis plusieurs mois, je veux parler, notamment, du voyage en Provence auquel j'ai participé, en avril 2010, avec trois collègues et nos élèves latinistes. La préparation, la réalisation et l'exploitation d'un tel voyage sont "récompensés" par le ministère. Ainsi, les professeurs encadrants ont pu gagner quelques heures sup' défiscalisées... prouvant, à ceux qui l'ignorent, que les fonctionnaires motivés ne sont pas nécessairement découragés par leur hiérarchie. Ajoutez à cela les heures passées à préparer la nouvelle épreuve d'Histoire des arts (qui compte désormais pour le Brevet des collèges) ou encore à participer au Concours de la résistance, et voilà un petit pactole versé, en une seule fois, fin août. Bilan: l'équivalent du double d'un salaire mensuel habituel.

 

A la même époque (fin août), je reçevais mon avis d'imposition 2010. Grâce à mes dons (mensuels) à des associations, j'ai payé moins du tiers d'un mois de salaire. Il faut dire qu'avec plus de 2000€ d'heures sup' non fiscalisées, mon salaire de référence n'a presque pas bougé ! Résultat: j'ai travaillé plus pour gagner plus ! Et cet adage ne se démentira pas cette année. En assumant la fonction de coordonnateur et en animant l'option "découverte professionnelle" pour les 3ème, je bénéficie de 3 heures sup' par semaine. Même si ces 21 heures de présence au collège m'obligent à travailler davantage, à corriger plus de copies et à préparer davantage de cours, je suis certain d'avoir un salaire plus important... sans payer davantage d'impôts. A l'heure où je m'apprête à devenir propriétaire, c'est une aubaine. Et cela mériterait un "merci Sarko". D'autant que d'autres décisions, prises ces dernières années par l'actuel gouvernement, me profitent directement. Dans les démarches effectuées auprès de ma banque pour obtenir un crédit immobilier, je bénéficie d'un prêt à taux zéro réformé, nécessitant moins de paperasses... Avec le recul du gouvernement sur la taxe carbone, je continue de payer mon essence à prix "raisonnable". Avec le Grenelle de l'environnement, je pourrais bientôt isoler ma maison en bénéficiant d'avantages fiscaux.

 

Certes, il me faudra travailler au moins deux ans de plus... jusqu'à un âge où je ne serai probablement plus enseignant. Certes, quand je me fais rembourser d'une consultation, ma mutuelle décompte tous les déremboursements de médicaments et les franchises appliquées de plus en plus souvent. Certes, quand jeVaccin-grippe.jpg souhaite me faire vacciner contre la grippe, pour ne pas coûter une consultation supplémentaire à la Sécu pendant l'hiver, je dois payer l'intégralité du vaccin (soit 6€). Un vaccin qui contient (et c'est une info que m'a donné l'infimier !) le produit luttant contre la grippe saisonnière... mais aussi contre les virus H1N1 (grippe A) et H5N1 (grippe aviaire).

 

Mais, tous ces sacrifices au quotidien, je les fais pour sauver mon pays du gouffre... et lui éviter de tomber dans le désastre que la Grèce a connu et contre laquelle nos ministres luttent en travaillant de manère acharnée. Et dire qu'il existe des gens pour oser critiquer la hausse du chômage, la moindre maîtrise des déficits publics, la baisse de la qualité de l'enseignement et du niveau de nos élèves... Ces anti-sarkozystes, il faudrait les baillôner. Leur expliquer que leur intérêt personnel doit passer après l'intérêt collectif ! Vous l'aurez compris: tout cela est ironique. En effet, même si la présidence Sarko aura été, pour ma vie personnelle, un moment assez positif, je mesure à quel point elle aura aussi marqué le déclin de notre pays. Par la précarisation du parcours professionnel d'un nombre croissant de nos compatriotes. Par la baisse inéxorable du pouvoir d'achat des plus précaires quand les plus aisés continuent de s'en mettre plein les poches. Par la démoralisation de la vie publique et le discrédit croissant porté sur les politiciens. Par l'affaiblissement de notre jeunesse et de notre modèle social. Par le manque d'ambition de notre pays pour porter un message humaniste et pacifiste à l'international. Par l'incapacité de notre Président à essayer de bâtir une Europe plus forte, qui, seule, pourrait nous protéger efficacement des méfaits de la mondialisation. La France vit-elle mieux en 2010 qu'en 2007? Le sentiment de sécurité a-t-il grandi? M. Sarkozy a-t-il réussi là où ses prédécesseurs ont échoué? Chacun a sa réponse à ces questions. Une chose est sûre: une autre France est possible. Et, bientôt, je ferai quelques propositions.

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 17:44

Le conflit social contre la réforme des retraites aura donc mobilisé, au plus fort, près de 3 millions de personnes, selon les comptes syndicaux. A l'apogée du mouvement, des centaines de cortèges ont encombré les rues de nombreuses villes moyennes de province... et, avec l'avancée de la grogne, les rangs se sont progressivement rajeunis. Les grévistes habituels (cheminots, postiers...) ont laissé place à quelques salariés du privé et, surtout, à des cohortes de lycéens et d'étudiants (j'y reviendrais dans un autre article). Face à la détermination (quasi bornée) du gouvernement, le mouvement s'est aussi étendue à des professions qui ne sont pas souvent en grève. Mais qui, lorsqu'elles s'arrêtent, peuvent paralyser le pays. Ou, au moins, considérablement le ralentir. Je veux évidemment parler des salariés des rafineries ou des ports, des chauffeurs poids-lourds... Et l'on constate alors que les Français ne sont égaux devant le droit de grève.

 

Plus précisément, la capacité de nuisance n'est pas la même pour toutes les professions. Certes, il est de bon ton de taper sur les cheminots: les jours de grève, le trafic est considérablement réduit mais, grâce au service minimum (laissons Sarko rêver qu'avant lui, ce service n'existait pas !), les salariés peuvent aller bosser. Notamment ceux qui ont fini par prendre l'habitude et qui ont des solutions de secours le jour J. Les médias s'en donnent aussi à coeur joie pour diffuser l'agacement des parents devant les grilles d'une école fermée, pour cause de grève de tous les enseignants qui la composent. Et les mêmes phrases de revenir: "Je suis obligé de poser une RTT pour garder mon fils. Sinon, il faut faire appel aux grands-parents qui se feront un plaisir de l'avoir une journée entière !". Parfois, on croirait presque que les JT nous repassent le même extrait que lors de la grève précédente... tant le propos reste figé.

 

Mais, soyons honnête, ce ne sont pas les cheminots (au fait, avec leur régime de retraite quelque peu avantagé, pourquoi font-ils grève?) ni les enseignants qui ont la plus grande capacité de nuisance. Et ne parlons pas des infirmiers, médecins, anesthésistes, pompiers et ambulanciers... qui n'ont qu'un moyen Sapeurs-en-greve.jpgde dire leur colère: l'écrire ! Vous avez tous déjà vu, à la télé, dans un reportage, une infirmière faire des soins à des patients au lit, en portant, sur la poitrine, sous leur badge nominatif, un stick "En grève". Peut-être avez-vous aussi déjà croisé un véhicule de secours comme celui-ci (voir photo). Parce que des vies sont en jeu, les pompiers ne peuvent exprimer leur mécontentement qu'en peignant leurs camions, mais sans arrêter le travail. Comment s'étonner, avec cela, que les infirmières ou les anesthésistes, en grève continue depuis plusieurs semaines, soient entendus par leur ministère? Le gouvernement n'est pas fou: il n'engagera des discussions qu'au moment où des étudiants en médecine bloquent les voies de chemin de fer de la gare du Nord... et que les images passent en ouverture du 20 heures. Deux jours après, fin des négociations: retour à la case départ !

 

Il est des professions qui, elles, peuvent obtenir gain de cause plus rapidement. A peine les employés des raffineries sont-ils en grève que le pays le ressent. Les médias multiplient les images d'automobilistes inquiets... notamment ceux qui ont absolument besoin de leurs voitures pour aller travailler. Et l'on se rend alors compte que tous les automobilistes de France se considèrent prioritaires car "ma voiture, c'est ma vie" ! Le gouvernement appelle au calme et à la mesure, affirmant que les stocks stratégiques suffisent pour "tenir trois mois" et qu'il n'est absolument pas nécessaire de faire le plein. Résultat: les fils d'attente se succèdent aux portes des stations service... et la pénurie gagne du terrain, jusqu'à ce que les JT nous annonce les premières pompes à sec. En deux jours, le Leader Price de Fargniers a vendu l'équivalent d'une semaine de ses stocks habituels. Résultat: plus un seul litre disponible, la station ferme et affiche "0,00€" sur ses panneaux de tarifs. Le lendemain, vous passez en voiture devant le Leclerc du coin et, là, surprise: la queue pour faire le plein est deux fois plus longue que la veille et le prix du litre de gazoil de 3 centimes supérieur. C'est logique: si la demande augmente (par la panique des automobilistes) et que l'offre décroît simultanément (avec la fin des livraisons de carburants), les prix flambent. Jusqu'au jour où les magazins Leclerc réclament, pour un litre de gazoil, plus de 6 centimes de plus que le magazin Auchan, situé quelques kilomètres plus loin... Au final, qui a la plus grande capacité de nuisance? Je réponds, sans hésiter: ces patrons de supermarché qui, tels Michel-Edouard Leclerc, fanfaronnent sur les plateaux télé pour affirmer leur constante volonté de tirer les prix vers le bas (pour défendre le pouvoir d'achat de leurs clients) et, en temps de pénurie d'essence, réalisent des bénéfices honteux sur le dos de ces mêmes clients. Vive les grandes surfaces !

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 17:11

Ma carrière est davantage devant que derrière moi. J'ai effectué, en ce mois de septembre 2010, ma 4ème rentrée dans l'enseignement public... en ayant pris du galon. Cet été, j'ai reçu une bien belle paye pour le mois d'août: l'équivalent de deux salaires habituels... le fruit de nombreuses heures sup' consacrées à des projets que j'ai mené, avec d'autres, au service des collégiens, notamment le séjour en Provence (qui m'a tant éloigné de mon blog) ! Cette année, encore, en acceptant de prendre en charge une partie du module "Découverte professionnelle 3h" (à travers lequel des jeunes de 3ème, souvent peu motivés, sans idée de métier et/ou aux résultats faibles peuvent se projeter pour chercher la formation professionnelle qui leur convient au mieux), je souhaite m'engager pour ce qui seront les citoyens de demain. Ceux qui, du fait des politiques menées depuis des décennies, paieront ma retraite et tenteront d'éviter la faillite du pays. Car, au ryhtme d'endettement que nous connaissons, je me demande si ma génération connaîtra un jour une France désendettée, économiquement stable et socialement sereine. Il nous faudrait une révolution... Bref, il nous faudrait beaucoup de patience et, en attendant, continuer à supporter la politique du gouvernement. Je me refuse à faire partie de la cohorte des résignés, que les enquêtes d'opinion signalent parmi nos compatriotes, et j'ai décidé de rejoindre le mouvement en me mettant en grève, pour la journée de demain. En voici les régions.

 

1- la philosophie des politiques de droite menées depuis 8 ans m'agace: avec la réforme des retraites, et ce que les porte-flingues sarkozystes présentent comme "un totem des socialistes" (la retraite à 60 ans), la droite joue la partition de la nécessité de mettre fin à des acquis sociaux, présentés comme des avantages, pour moderniser le pays et avancer sur la voie du progrès. Le tout, au nom de la nécessité de s'aligner sur les pratiques de nos voisins européens... lesquelles sont inspirées des positions ultra-libérales. Sans compter que, dans le même temps, le président Sarkozy se veut le pourfendeur de ce même libéralisme, dont il ne sait dénoncer les excès et privilèges (les vrais !) que dans ses discours. La réforme des retraites est, à mes yeux, un bel indicateur de cette politique régressive qui range au placard la notion de "progrès social" qui devrait pourtant être au coeur de notre pacte républicain.

 

2- comme sur d'autres sujets, le sarkozysme s'attaque aux effets sans rechercher le fond et la globalité du problème: les Le Pen, père et fille, ont d'ailleurs eu l'occasion de la rappeler à l'occasion de la polémique sur les Roms, en estimant (à tort, selon moi) que le problème vient, au fond, de l'Europe de Masstricht. Pour les retraites, il en va de même. La durée de la vie s'allonge? Repoussons donc l'âge légal de départ en retraite, pour diminuer la durée de cette période de repos, souvent bien méritée. Or, le gouvernement n'explore pas toutes les possibilités. Et si, pour les élèves décrocheurs, on imaginait des dispositifs de formation permettant d'entrer dans la vie active plus tôt? Aux yeux du pouvoir, les solutions à ce dossier épineux ne sont qu'un agglomérat de mesurettes qui, sans globalité, n'auront pas d'efficacité sur le long terme. Or, la moindre des choses, pour un Président qui nous la présente comme la mère des réformes et le tournant du quinquennat, serait de la penser comme une réforme de long terme... n'obligeant pas un autre gouvernement à re-réformer les retraites dans 10 ou 15 ans. Sauf que, pour y parvenir, il faudrait commencer par mener une politique socio-économique efficace qui fasse baisser le chômage et, par contre-coup, apporte davantage de cotisations pour nos systèmes de solidarité. Car, à quoi bon réformer le système quand une part si importante de la population active ne peut participer à l'effort de solidarité nationale? La relance de l'économie, la baisse du chômage, la réforme de la fiscalité du travail et de l'entreprise devraient être envisagées bien avant une réforme des retraites... de nos chômeurs d'aujourd'hui !

 

3- ce ne sont pas des concessions de dernière minute qui peuvent améliorer le projet de base: sur les mesures "phare" du texte, le gouvernement n'a pas l'intention de reculer. Age légal de départ, âge d'obtention d'une retraite à taux plein, alignement des cotisations des fonctionnaires sur celles du privé: sur ces trois points, pas question de transiger. Il en va de la crédibilité réformatrice de N. Sarkozy qui, faute d'un bon bilan, devra compter dessus pour espérer sa réélection en 2012. Sur le reste, nous sommes prêts à débattre, indiquent les membres du gouvernement. Ainsi, de la pénibilité: le projet initial la définissait uniquement sous l'angle médical, l'associant à un degré de handicap. Pour bénéficier d'une retraite (légèrement) anticipée, du fait de la pénibilité d'un métier, il aurait fallu atteindre un degré de handicap... Mais, le travail de nuit ou les "trois huit" en usine ne causent pas nécessairement des handicaps physiques aussi lourds. Le gouvernement se dit également prêt à discuter sur le thème des carrières longues ou morcelées (comme celles des femmes). Mais, pourquoi annoncer de possibles négociations, voire de futures concessions, à la veille de la grève... alors que le ministre en charge du dossier reçoit les syndicats depuis des mois... pire: tout en affirmant que ce même ministre, invité du 20 heures de TF1 au soir de la grève, annoncera des concessions !! Bref, le gouvernement est prêt à discuter le lundi et le mardi soir, il a déjà sa liste de concessions. Autrement dit, M. Woerth va annoncer quelques petits changements, qui seront présentés aux syndicats, forts de la mobilisation qui s'annonce importante, comme le produit de l'écoute gouvernementale. Un tour de passe-passe qui ne passe pas !

 

4- qu'il le veuille ou non, ce cher Monsieur Woerth est grillé: aussi intelligent et travailleur soit-il, le ministre du Travail n'a plus la légitimité, aux yeux des Français, pour mener cette réforme. Tout simplement parce qu'avec le scandale qui entoure sa personne, un fossé s'est creusé entre les élites politiques et économiques et les Français. Ces derniers ne supportent plus les agissements de cette France d'en haut, qui n'a aucune morale, et où les mélanges des genres sont si nombreux qu'ils en deviennent presque la norme... S'il veut une réforme acceptée, juste et efficace, pour marquer la fin de son (premier?) mandat, Sarko a tout intérêt à la reporter, à mener son remaniement dès aujourd'hui et à annoncer une grande concertation nationale de plusieurs mois pour que chacun (partis politiques, syndicats, simples citoyens) puisse avancer des propositions. Que le président tranche en dernier ressort, selon le cap qu'il aura fixer, c'est tout à fait normal. Et souhaitable. Mais qu'il affirme vouloir négocier en ne tenant aucun compte des remarques qui lui sont faites, c'est scandaleux. D'autant plus que les leaders syndicaux, à l'unisson, ne cessent de démontrer l'injustice de la réforme... rappelant que leur mission est de défendre les salariés tout en trouvant une solution à ce problème des retraites. Manière de signifier au gouvernement que les opposants au texte gouvernemental ne sont pas des irresponsables qui souhaient la situation perdurer. "Que le président en est fait, lui même, un enjeu politique, c'est son problème; moi, mon rôle, c'est de défendre les salariés, leurs salaires et leurs carrières" expliquait, en substance, Bernard Thibault. C'est aussi ce que veulent les grévistes.

 

5- en tant qu'enseignant, je dois aussi défendre l'école et nos élèves: ce lundi, deux organisations syndicales de l'Enseignement appelait à la grève pour protester contre les suppressions de postes et les réductions de moyens. La mobilisation ne semble pas au rendez-vous. Et pourtant, il y aurait de quoi se mobiliser... car le ministre se moque de nous. En affirmant, il y a dix jours, qu'il n'était pour rien dans les retards de parution des nouveaux manuels de Seconde, il ment. Chaque fois qu'un changement de programme intervient, le laps de temps qui s'écoule avant son application est suffisamment long pour que les éditeurs réunissent des équipes chargées de collecter des documents et de façonner leçons et exercices. Mais aussi suffisamment long pour que les enseignants se documentent, se renseignent et bénéficient de journées de formations. Cette année, ce ne fut pas le cas... car le ministère a attendu le dernier moment pour publier le programme définitif, M. Chatel étant contraint d'avouer que les éditeurs auraient s'y prendre plus tôt car ses services leur avaient communiqué le "projet initial provisoire". Autrement dit, les éditeurs devaient produire des manuels sans que leur contenu ne soit définitivement arrêté par le ministère !! De qui se moque-t-on? Pour moi, cette grève, c'est donc aussi l'occasion de protester contre cette méthode de gouvernement qui méprise les citoyens, les professionnels de l'éducation, les représentants syndicaux ou les associations de parents... Sans compter qu'avec la rentrée 2010, et les nouveaux stagiaires à 15 heures, certains établissements n'ont pas tous leurs enseignants. Ainsi, dans mon collège, pas d'arts plastique pour les 2 à 3 semaines prochaines, pour toutes les classes... faute de remplaçants ! Tout cela ne peut pas durer.

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 08:49

Pendant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy ne cachait pas son atlantisme bushiste, estimant qu'il fallait abandonner l'arrogance des années Chirac pour renouer avec un lien transtlantique plus fort. A l'époque, il s'agissait de coopérer avec l'administration Bush, pourtant décrédibilisée aux yeux d'une grande partie du monde... Cela se traduisit, à l'été 2008 (alors que les Etats-Unis vivaient la campagne des primaires pour lui trouver un successeur), par des vacances américaines, dans une station huppée, où notre Président élu rencontra la famille Bush au grand complet, posant devant les journalistes aux côtés des Bush, père et fils, au bord d'un lac. Avant de devenir le "pote" d'Obama, le locataire de l'Elysée ne reniait donc pas la politique bushiste, à tel point que nombre de Français sont persuadés que, s'il avait été Président en 2002, la France se serait engagée, aux côtés des Américains et des Britanniques, dans la guerre en Irak. Ce que Chirac et Villepin n'ont (heureusement) pas fait. A cette époque, nos amis d'outre-Altantique semblaient aveugles et sourds. Aveugles devant la politique guerrière et l'incompétence économique de l'administration Bush... qu'ils reconduirent pour un second mandat aux élections de 2004. Sourds aux appels lancés, en tous points de la planète, pour nous débarasser de ce président stupide et sans envergure. Pendant la campagne de 2004, les Américains semblaient seuls au monde, sur une île coupée du reste du monde... ne prenant la mesure de la dégradation spectaculaire de l'image de leur pays. Il aura fallu attendre un Obama pour envisager, sans détour, de redorer cette image, constatant à quel point elle avait été salie !

 

Mais, il n'y a pas qu'aux Etats-Unis que des personnalités politiques atteignent le pouvoir, sont prêts à tout pour s'y maintenir... tout en devenant la risée de ses voisins. Berlusconi est de ceux-là. Il y a encore quelques années, les Italiens n'hésitaient pas à renouveler leur confiance au Cavaliere, malgré les casseroles qu'il traînait (et qu'il traîne toujours) derrière lui. Les lois d'impunité faites sur mesure pour lui permettre d'échapper à la justice ne semblait choquer que les opposants de la gauche italienne. La fortune colossale du Président du Conseil, son emprise sur le monde médiatique, son mode de vie et ses maîtresses (ainsi que son divorce médiatique) n'entâchaient en rien son capital sympathie auprès de ses compatriotes. Seule la presse étrangère européenne pouvait se permettre des attaques à la hauteur du personnage, espérant que le peuple italien finirait par ouvrir les yeux. Et en France? Le tableau n'est pas plus clair. Sarko n'a-t-il pas été défini, par Marianne, comme un homme avide de pouvoir, faisant de la fonction présidentielle un outil pour grossir encore un peu plus son égo, capable de tout (y compris les discours les plus nauséabonds, voire anti-constitutionnels) pour se maintenir au pouvoir en récupérant un électorat qu'il a lui-même perdu? L'hebdomadaire avait tapé tellement fort, avec sa "une" sur le "voyou de la République", que les réactions ont plu. Lettres de lecteurs désireux de se désabonner pour ne plus subir titres aussi racôleurs, dignes d'une presse de mauvais goût. Attaques virulentes des chiens de garde Semaine-difficile.jpgde la Sarkozye qui, dans leur constante envie de plaire au monarque, ne semblent prendre la mesure de leurs propres paroles. Bref, Marianne a ouvert le débat et ceux qui ont réellement lu le dossier concerné ont pu constater que l'expression choisie n'était en rien farfelu. La démonstration était même éclatante. Le président agit tout simplement comme le leader d'une bande, toute à sa gloire, désireux de couper l'herbe sous le pied des bandes rivales pour garder le contrôle de son territoire... Bref, la (vraie) définition d'un "voyou", façon banlieue !

 

Ce qui a, évidemment, mis le feu aux poudres, c'est l'engrenage sécuritaire du mois d'août. Déchéance de nationalité pour les "Français d'origine étrangère" (comprenez, de seconde zone) qui tuerait policier, gendarme ou "tout autre agent dépositaire de l'autorité de l'Etat". C'est à peine si le président a oublié d'expliquer, comme il le fit lors de la campagne présidentielle de 2007, que ces délinquants-là (les délinquants semi-français) ont la violence inscrite dans leurs gènes ! L'affaire des Roms est venue en rajoutée une couche. Il a suffi d'un faits divers impliquant des gens du voyage, dans un village tranquille de la région Centre, pour que le président muscle encore davantage son discours. Voilà les Roms mis, tous ensemble, dans le même sac. Et, cette fois, c'est du pain béni puisque le Français moyen est persuadé que ces gens-là sont mauvais par nature. Ils ne veulent pas s'intégrer, ils occupent illégalement des terrains vagues et ils se branchent sur les réseaux électriques de nos villes... Bref, des parasites qui vivent aux crochets des petits contribuables. La ficelle est bien grosse. Le président s'en saisit. Cela tombe bien: avec sa côte de popularité et à moins de deux ans de la prochaine présidentielle, il lui faut regagner l'électorat frontiste... au risque de voir la fille Le Pen lui coûter la victoire ! Le seul problème, c'est que les soutiens qu'ils gagnent sur sa droite, notre Président les perd sur sa gauche. Fillon osait à peine une tenue décontractée, pour le sommet social à Brégançon, que le revoilà étiquetté, par la presse, en "séguiniste social" qui prend ses distances avec le locataire de l'Elysée. Et tous les signes s'accumulent: le ministre Hervé Morin pense de plus en plus à sa candidature pour 2012 et se démarque d'une politique qu'il devrait pourtant, par solidarité gouvernementale, soutenir. La même semaine, Kouchner affirme avoir songé à démissionner... A deux mois de se faire lourder (fin de l'ouverture oblige), il aurait été bien inspiré de ne pas avoir à cautionner plus longtemps la politique soutenue, sans nuance, par les Hortefeux, Estrosi, Besson et compagnie.

 

Mais, le courage politique n'est pas chose la plus répandue. Sauf dans les rangs des villepinistes. Les députés UMP, plus proches de l'ancien Premier ministre que de l'actuel chef de l'Etat, n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Certains propos ont été particulièrement durs, tels ceux qui comparent la politique d'exclusion des Roms à des "rafles", rappelant ce que subirent les Juifs durant la seconde guerre mondiale. Le verdict est sévère. Mais, les faits ne les contredisent pas vraiment. Comment qualifier autrement ces scènes de descentes policières dans des camps de Roms pour les déloger, les interpeller et, quelques heures plus tard, par charters entiers, les renvoyer dans une Roumanie qu'ils avaient choisi de quitter, faute d'y trouver leur place? En plus d'être inefficace, parce que l'on sait très bien qu'une grande partie de ces expulsés (qui ont parfois reçu de l'argent de la part de l'Etat français) finira par revenir, cette politique est inhumaine. Plutôt que de règler le problème de fond (à savoir la non-intégration de populations stigmatisées et renvoyées de pays en pays), le gouvernement s'attaque, une fois de plus, aux simples effets visibles. Démenteler un camp de Roms est bien plus facile qu'essayer de trouver un moyen de les intégrer à notre société, sans stigmatiser une population qui n'est pas aussi uniforme qu'on veut le (faire) croire. Quoi qu'il en soit, cette affaire place Sarko dans le même camp que Bush et Berlusconi. Celui d'un président dont les décisions sont contestées, voire dénoncées, par les opinions publiques et la presse étrangères. Partout en Europe, des politiciens se révoltent contre cette politique... qui ne ravit qu'une organisation: la Ligue du nord italienne (ce parti xénophobe, favorable à une plus grande autonomie de l'Italie du nord, la partie la plus riche du pays... et qui compte parmi les soutiens du gouvernement Berlu !). Bref, Sarkozy: ou comment détruire l'image de la France !! Espérons que le peuple français en est conscience quand il s'agira de lui trouver un successeur.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 07:25

Vous vous en souvenez sans doute: Claude Bartolome, sénateur et président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, avait "osé" présenter un budget en déficit pour le prochain exercice budgétaire... manière d'attirer l'attention médiatique sur la situation financière des collectivités locales. En effet, avec le débat sur la suppression de la taxe professionnelle, les Départements ont eu l'occasion de déplorer une baisse plus que significative de leurs recettes, rappelant au passage le désengagement croissant de l'Etat dans les missions de solidarité et le non transfert des sommes dues par ce dernier à nos départements. La bataille s'engageait sur le mode: l'Etat UMP central délocalise ses compétences obligeant les collectivités locales PS à augmenter les impôts. Bilan: l'UMP accuse la gauche d'augmenter les impôts locaux de manière disproportionnée tandis que les majorités locales de gauche accusent l'Etat de les obliger à pratiquer de telles hausses. Alors que la rentrée politique s'approche, et que les thèmes économiques semblent refaire surface (à la faveur de la réunion de travail au fort de Brégançon, sur le thème de la lutte contre les déficits), la bataille est relancée. Elle nous promet de belles passes d'armes à l'Assemblée et au Sénat, où siège Yves Daudigny, président (PS) du Conseil général de l'Aisne qui vient d'adresser à tous les habitants du département, dont je suis, une lettre expliquant sa nouvelle politique fiscale pour 2010. Je reproduis ici l'intégralité du contenu de ce courrier, en espérant qu'il vous fasse réagir; bonne lecture !

 

"Dans quelques jours, vous recevrez, si vous êtes propriétaire, votre avis de taxe foncière et constaterez que le taux de la part départementale a augmenté de 61%. Cependant, la baisse de 43% du taux de la taxe d'habitation - que vous recevrez un peu plus tardivement - viendra compenser intégralement la hausse sur le foncier bâti pour la grande majorité des propriétaires occupants. Et si vous êtes locataire, vous bénéficierez dans tous les cas de la baisse de ce taux. Ce dispositif fiscal, que le département de l'Aisne est le seul à avoir mis en oeuvre, est en quelque sorte un plan de sauvetage, destiné à préserver l'ensemble de nos politiques en faveur de l'Aisne et de ses habitants. Car, et vous le savez, le département de l'Aisne, comme tous les départements de France, est confronté à une situation budgétaire extrêmement difficile. D'une part, les dépenses obligatoires, qui sont de plus en plus nombreuses, et qui, faute d'une compensation suffisante par l'Etat, doivent être largement financées par les impôts départementaux... donc, par les contribuables axonais. Le Département doit - ce sont des dépenses obligatoires de par la loi - financer l'APA pour les personnes âgées, le RSA qui s'est substitué au RMI et la PCH (prestation de compensation du handicap).

 

Ces allocations, liées à l'allongement de la vie et à l'évolution de notre société, relèvent de la solidarité nationale. Or, entre ce que le département a dépensé réellement pour le paiement de ces allocations et ce qu'il reçoit de l'Etat par la biais de dotations, l'écart est à ce jour de 165,7 millions d'€uros ! Dans ces conditions, il est difficile pour le département d'équilibrer son budget, d'autant que  les collectivités locales n'ont pas le droit (contrairement à l'Etat) de présenter un budget en déficit. Lorsque nous perdons des recettes, nous n'avons d'autre choix que de diminuer les dépenses, ou de trouver d'autres recettes. D'autre part, se sont ajoutés à cela, en 2009, les effets d'une crise économique et sociale qui a conduit à une demande accrue d'aides sociales et à une diminution forte des recettes liées aux droits de mutation (directement liés au marché immobilier). Le Conseil général de l'Aisne s'est dont trouvé dans l'obligation d'augmenter de 13,5% ses recettes fiscales pour équilibrer son budget 2010 et pour maintenir un niveau élevé d'action publique, en direction des familles, des associations, du monde économique. Pour être recevable, cette augmentation de la fiscalité devait répondre à un principe de justice sociale.

 

Avec le dispositif fiscal adopté, baisse de la taxe d'habitation d'une part, augmentation de la taxe foncière d'autre part, les 16 millions d'€uros de recettes fiscales supplémentaires proviendront, pour 1 million d'€uros, des ménages axonais et, pour 15 millions, du monde économique, qui bénéficie par ailleurs de la suppression de la taxe professionnelle. L'impact de cette augmentation du taux de la taxe foncière sera en effet plus important pour les propriétaires bailleurs non occupants et pour les propriétaires de bâtiments commerciaux et industriels. Investir pour aménager notre territoire, pour rénover nos collèges, maintenir la gratuité des transports scolaires pour les familles, soutenir les personnes en difficulté, les associations sportives et culturelles, agir en matière économique... faut-il renoncer à toutes ces politiques mises en place par le Conseil général? Soutenu par la majorité départementale et certains élus de l'opposition [qui provoqua une fissure au sein de la droite locale, notamment entre élus UMP et divers droite], j'ai fait le choix de recourir à l'augmentation de la recette fiscale plutôt que de renoncer à ces actions qui construisent l'Aisne, aujourd'hui et pour son avenir. Je reste toutefois inquiet pour demain. Le phénomène de désengagement de l'Etat se poursuit, l'écart se creuse entre dépenses obligatoires et recettes potentielles, et les réformes visant à diminuer l'action publique ne feront qu'aggraver la situation. Notre collectivité aura-t-elle, dans les prochaines années, les moyens de réaliser ses ambitions? Elu et responsable public, je dois aux citoyens de l'Aisne d'avoir "le courage de la vérité": regarder la situation sans ménagement, sans rien dissimuler en faisant le pari de la transparence, de la discussion collective et publique".

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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 06:27

Ce n'est un secret pour personne: les conseillers de l'Elysée ont plus de poids, dans le gouvernement de notre pays, que les ministres. Régulièrement, les hebdomadaires consacrent leur "zoom" ou leur "enquête" politique à Claude Guéant, le "président-bis" qui, en tant que secrétaire général de l'Elysée, contrôle tout ce que son patron ne peut pas contrôler lui-même. Ainsi, toute décision prise par le gouvernement passe soit par M. Guéant, soit par Sarko... mais très peu par François Fillon, dont la mission est pourtant (en théorie) de coordonner l'action de SON gouvernement. Bilan des courses: notre Président a mis en place un "système" dans lequel seul SES hommes influencent le cours des choses... ce que les médias ont rapidement appelé la Sarkozie. Pilier de la Sarkozie, le ministre de l'Immigration, Eric Besson, joue pleinement son rôle. Débauché lors de la présidentielle, puis exhibé comme un trophée de l'ouverture, il est devenu le parfait petit soldat du sarkozysme. Cadre du parti majoritaire, il a accepté de devenir ministre de l'Immigration nous laissant croire qu'il s'agissait de tempérer la politique de la droite en introduisant la dose d'humanité qu'il gardait de son passage à gauche !! Dommage. Car le ministère de l'Immigration et de l'Intégration, s'il devait survivre sous cette appellation, est un ministère nécessaire qui ne peut laisser aucun politicien insensible. Les problématiques qu'il draîne et la multiplicité de ses champs d'intervention (lien social, politique familiale, aide au logement, dignité de l'homme, coopération européenne...) en font un ministère passionnant. Malheureusement, en le liant à la fameuse "identité nationale", sur laquelle il nous a fait débattre, Nicolas Sarkozy a montré sous quel véritable angle il considère la politique migratoire de la France. La preuve? Dès qu'il problème d'ordre public surgit, son ami de 30 ans, ministre de l'Intérieur, refile la patate chaude à Besson. Un mari paraît-il polygame impose la burqa à l'une de ses épouses verbalisées? Sujet sensible. Besson est convoqué pour examiner la possibilité de déchoir le polygame de la nationalité française. Des voyous s'en prennent aux forces de l'ordre après la mort de l'un des leurs, lors d'un braquage à Grenoble? Sujet sensible. On vire le préfet (voir ci-dessous). Puis, M. Besson, veuillez étudier la possibilité de déchoir les tueurs de flics de la nationalité française... en veillant à contourner, si possible, la Constitution ! Et le brave Eric s'exécute... On croirait qu'il en redemande.

 

Parmi les (bons) hommes de la Sarkozie se trouve aussi un certain Eric Le Douaron (photo de droite), policier de carrière. C'est le nom du tout nouveau préfet de l'Isère, nommé par décret à la fin du mois de Eric-le-Douaron.jpgjuillet, quelques jours après les violences qui ont touché un quartier sensible de Grenoble. Son prédécesseur, Albert Dupuy, a ainsi été évincé en raison de ces violences. On savait déjà que N. Sarkozy pouvait muter le préfet d'un département dans lequel il avait pû être chahuté (en l'occurence, sifflé) par quelques citoyens... On sait désormais que, culture du résultat oblige, tout événement susceptible de remettre en cause la réussite de sa politique sécuritaire donnera lieu à un coupage de tête. Il faut vite trouver un responsable, quitte à ce que celui-ci, connaissant pourtant le terrain, n'ait pas l'opportunité de trouver lui-même une solution au problème apparu. Et cette affaire est doublement intéressante: 1- ou l'on voit que ceux qui nous gouvernent à Paris appliquent aux autres ce qu'ils sont incapables de s'appliquer à eux mêmes. Avec l'affaire Hortefeux, puis celles qui ont concerné MM. Joyandet et Blanc, sans parler de la gigantesque affaire Woerth, on a pu mesurer à quel point les ministres sont incapables de prendre leurs responsabilités. Aucun n'a songé à démissionner, là où leurs confrères étrangers sont littéralement jetés en pâture à l'opinion publique à la moindre déviation: c'est ce que l'on appelle le devoir d'exemplarité ! En France, les ministres mis en cause ne savent faire qu'une chose: se justifier, ce qui suppose d'atténuer au maximum les faits qui leur sont reprochés quitte à inventer de fausses excuses (rappelez-vous le coup de la blague sur les Arabes, devenue blague sur les Auvergnats !) voire à mentir. 2- ou l'on voit que la rupture dans la manière de gouverner la France était une vraie illusion. Vous vous souvenez sans doute de la promesse jospinienne de 2002: "Présider autrement". Sarko aurait pu en faire son adage, lui qui promettait un gouvernement de 15 membres avec la ferme intention de ne pas changer les titulaires des postes ministériels pour donner de la stabilité au gouvernement de la France. Car, au fond, les jeux de chaises musicales gouvernementales ont un inconvénient majeur: dans certains domaines (l'Education, les Affaires sociales, par exemple), on compte parfois trois à quatre ministres différents en l'espace de cinq ans ! Comment espérer gouverner convenablement avec un tel bal des prétendants? Et comment espérer ramener le calme dans le département de l'Isère si trois préfets se succèdent en moins de deux ans? Les candidats à la présidentielle de 2012 devront s'engager à mettre fin à cette instabilité !

 

La Sarkozie, non contente d'étaler son incompétence en matière de sécurité, s'étend à d'autres domaines... en premier lieu desquels l'audiovisuel public. Désormais, sous couvert de mettre fin à une pratique absurde (la nomination des présidents de Radio France et France Télévisions par un vote du CSA, orienté, en sous-main, par l'Elysée), le chef de l'Etat s'est arrogé le droit de les nommer directement. Cette fois, c'est le gouvernement qui nomme ces deux personnages (sous l'influence, directe et non dissimulée, de l'Elysée) puis le CSA (dont le rôle de contre-pouvoir est minimisé) et les commissions des affaires culturelles du Parlement entendent les heureux élus avant de confirmer (ou non?) le choix du Président. C'est ainsi que Jean-Luc Hees es devenu le patron de la Maison ronde (Radio France) où, un an après son arrivée, il est parvenu à mettre dehors Didier Porte et Stéphane Guillon, deux humoristes qui officiaient sur France Inter... et qui s'amusaient à fleurter avec une ligne rouge de plus en plus surveillée. Un excès de langage? Des chroniques populaires, revues des milliers de fois via Dailymotion? Et les voilà virés pour avoir trop souvent titillé le pouvoir en place, par les sujets qui fâchent ! Le petit soldat Hees a bien obéi aux ordres. Je n'ai plus aucune raison d'écouter France Inter dont l'un des animateurs vedette (Nicolas Duhamel-Carolis.jpgDemorand, présentateur de la matinale) quitte le navire, sans avouer (trop fort) que l'ambiance qui y règne n'y est pas étrangère... Cet été, c'est un autre PDG qui est intronisé par l'Elysée: Rémy Pflimlin, ancien directeur de France 3, qui prendra la place de Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions. ce dernier, épaulé par Patrice Duhamel (photo de gauche), avait été désigné, par un vote du CSA, sous l'ère Chirac, en 2005. Quittant son excellente émission "Des racines et des ailes" pour prendre la tête du groupe de l'audiovisuel public, à un moment-clé de son histoire, il peut s'enorguillir d'un bon bilan... au point que les raisons de la non-prolongation de son contrat ne sont pas claires. Plutôt que de se la voir imposer par la loi, le brave Patrick avait fait adopter la suppression de la publicité entre 20 heures et 6 heures, sur les chaînes de son groupe, lors d'un Conseil d'administration. A son actif, citons la fusion des chaînes pour forger un groupe France Télévisions plus visible: ainsi, le téléspectateur de la 2ème chaîne sait, à certains moments de la journée, tous les programmes de la première partie de soirée sur les autres chaînes du groupe. Les événements sportifs sont diffusés en continu, via des changements de chaîne: ainsi, en passant de France 3 à France 4 puis à France 2, le passionné peut suivre intégralement les étapes du Tour de France, les épreuves des championnats d'Europe d'athlétisme... Sans oublier, sur France 2, les rendez-vous de théâtre en direct. La chaîne, renforçant son ambition de donner accès à la culture pour tous, a ainsi diffusé nombre de pièces le jour de leur dernière représentation. Enregistrant des scores d'audience impressionnants, comme pour "les Fugueuses", interprétées par Line Renaud et Muriel Robin... et récemment rediffusées ! Un bilan positif, que Michel Drucker a d'ailleurs fait applaudir par les spectateurs du festival de Ramatuelle, diffusé en direct lundi soir... Il paraît qu'en Sarkozie, la culture du résultat est la pierre angulaire d'une bonne politique? La preuve que non !!

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 10:12

Au début de l'été, notre Premier ministre s'est rendu en Chine. Là bas, il a osé prononcer le mot "rigueur", faisant (pour une fois) la "une" des sites d'information qui relayait cette "mega" information: "Fillon parle de rigueur" !! Evénement. A croire qu'il n'y a qu'hors de France que nos politiciens au pouvoir ont le courage de "parler vrai". Tant le spectacle que donnent les ministres pour contourner l'utilisation des mots qui fâchent, ces mots interdits par l'Elysée pour ne pas inquiéter une opinion qui l'est déjà suffisamment, est consternant. On rappellera les seules performances de Christine Lagarde, ex "première ministrable" et ministre de l'Economie (justement). Tout le monde se souvient de sa "croissance négative" (pour ne pas dire "récession") ou, plus récemment, de sa "rilance" (subtile mélange de "rigueur" et de "relance" qui ne manqua pas d'être commenté sur la Toile) ! Et, pourtant, quand il parle de politique économique, même s'il se refuse à revenir sur le pêché originel du bouclier fiscal à 50%, le chef de l'Etat ne dit pas que des imbécilités: ainsi, son explication d'une relance de la croissance par la nécessité de maîtriser les comptes publics, et donc d'appliquer une certaine forme de rigueur aux dépenses de l'Etat, n'est pas stupide. Seulement, le pouvoir en place s'interdit l'utilisation d'expression... au point que le mot ainsi banni est dans toutes les têtes. Méthode contre-productive, s'il en est. Il en est de même en matière de politique sécuritaire. Ainsi, Nicolas Sarkozy, et son principal relais en la matière (Brice Hortefeux, l'ami de 30 ans), se refusent à parler d'échec en ce qui concerne leur politique de lutte contre les insécurités. Les faits rapportés dans les JT contre-disent chaque jour les paroles officielles... à tel point que, quand le ministre de l'Intérieur présente ses soi-disant "bons" résultats, toutes les annonces sont démontées dans l'heure qui suit. Dernier exemple en date: voulant évoquer un "bon" premier trimestre, qui s'achève sur un mois de juin encourageant, Brice Hortefeux a été rappelé à l'ordre par l'organisme chargé des statistiques de la délinquance, lequel rappelait qu'au jour de sa conférence de presse, les chiffres du mois de juin n'étaient pas encore établis... donc inventés par le locataire de la place Beauvau !!

 

Bref, la politique sécuritaire (et sarkozyste) de la droite, menée depuis 2002 par l'actuel chef de l'Etat, serait un succès... alors que chacun sait qu'il s'agit du (pire?) échec de l'actuel locataire de l'Elysée. C'est la raison pour laquelle, s'il se rendait au Mexique, où le sujet n°1 est précisément l'insécurité (liée aux cartels de la drogue, notamment), le Premier ministre lâcherait, sans le vouloir, le mot "échec" pour qualifier la politique sécuritaire menée par son gouvernement ! Car, l'actualité la plus récente ne saurait aller dans le sens de la propagande élyséenne ! Ainsi, la récente affaire de Grenoble agit comme un révélateur. Premier constat, souligné par un lecteur de Marianne cette semaine: les médias, reprenant les déclarations officielles, utilisent de plus en plus l'expression "ultraviolence". Est-ce à dire que le seul mot "violence" n'est plus suffisant pour décrire les faits qui se déroulent dans notre pays? Est-ce à dire, par conséquent, que l'inefficacité de la politique sécuritaire de Sarko conduit à une aggravation des actes violents commis par les "voyous"? Ce changement sémantique semble agir comme un premier révélateur de cet échec. Autre signe majeur: les "juristes" montent au créaneau et disent (enfin !) tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas. D'une part, que l'accumulation de nouvelles lois sécuritaires, données comme autant d'os à ronger à une opinion publique prise pour une imbécile, ne résoud rien. Pire: parce qu'elles ne peuvent être appliquées (faute de moyens financiers, matériels et humains suffisants), ces lois sécuritaires sont contre-productives. Chaque fois qu'un fait divers, qui émeut le pays, se produit, une nouvelle loi se superpose aux autres... alors que la simple application des précédentes suffirait, peut être, à enrayer cette dangereuse spirale. Le gouvernement surenchérit... et les délinquants s'en donnent à coeur joie pour aller encore plus loin. Et ce n'est pas en imposant des peines systématiques à une justice qui n'a pas les moyens de les appliquer que le problème sera régler. Bien au contraire.

 

D'ailleurs, les ennuis se multiplient pour le gouvernement. Les mêmes juristes, dont des constitutionnalistes réputés (ces fameux "experts" systématiquement interrogés par les médias), se succèdent pour expliquer que la déchéance de nationalité pour les délinquants d'origine étrangère est anti-constitutionnelle. Une telle mesure, qui bafoue l'un des articles fondamentaux de notre Constitution (sur l'égalité des citoyens devant la loi), bref l'un des principaux droits élémentaires de l'homme, serait forcément retoqué par le Conseil constitutionnel. Faut-il y voir l'épuisement de Nicolas Sarkozy à trouver de nouvelles solutions au point que, dans ses interventions publiques, il se ridiculise à demander des mesures qui sont contraires à une Constitution dont il est sensé être le garant? Ce fait marque un tournant. Toutes les solutions de la droite la plus sécuritaire sont épuisées. Aucune ne montre de réelle efficacité. Et voilà que notre Président est débordé, incapable de tenir des propos cohérents, tant la surenchère qu'il s'impose arrive à son terme. Et comment justifie-t-il ces propositions anti-constitutionnelles? Parce qu'elles relèvent du bon sens populaire et qu'elles sont en phase avec "ce que pensent les Français". On attend, d'un instant à l'autre, l'accusation de populisme, balancée à tort et à raison par Frédéric Lefebvre... En tout cas, celui qui se refuse à parler d'échec a de la m... dans les yeux !! Dans le même temps, le Conseil constitutionnel (encore lui) a invalidé cinq des six dispositions voulues par le gouvernement en ce qui concerne le nouveau régime de la garde-à-vue. Sans entrer dans le détail, la garde-à-vue à la française constitue une belle exception à l'échelle européenne: l'un des derniers numéros du Monde, dossiers et documents, consacré à la "justice sous dépendances", expliquait ainsi que la garde-à-vue française se distingue de celles pratiquées chez nos voisins par le faible poids donné aux avocats pour la protection de leur client et par le caractère systématique de cette procédure, utilisée, chez nos voisins, uniquement à l'encontre des personnes impliquées dans des affaires pour lesquelles elles risquent une durée minimale d'emprisonnement. Chez nous, tout un chacun, à peine suspecté de quoi que ce soit, peut se retrouver dans les cellules d'un commissariat... dans des conditions qui frisent parfois les mauvais traitements. Bref, cet été 2010 restera comme une mauvaise période pour le tout-sécuritaire sarkozyste.

 

Le véritable drame, c'est que, face à ce modèle qui fait la honte de notre pays, aucune alternative crédible n'est dessinée (même esquissée) par l'opposition. Comme sur d'autres dossiers, la gauche se contente d'hurler contre les pratiques sarkozystes, sans renseigner sur les Français sur les contre-propositions qu'elle pourrait mettre en oeuvre si elle était au pouvoir. Résultat: comme dans d'autres Etats européens, l'extrême droite surfe sur cette vague d'insécurité (tant matérielle que professionelle) et sur l'incertitude des Français pour leur avenir et celui de leurs enfants. Marine Le Pen est, en ce moment, la seule personnalité politique à voir sa côte de popularité (encore faible) progresser. Le discrédit porté sur les hommes politiques, que l'affaire Bettencourt amplifie sur les moeurs et les relations à l'argent, devrait finir par exploser. On en vient à souhaiter un coup de balai dans cette fourmilière de privilégiés, qui ont perdu tout contact avec les (nos) réalités. A tel point qu'une figure comme Eva Joly, célèbre pour sa lutte contre la fraude ou les pratiques amorales des "puissants", devient une hypothèse de plus en plus sérieuse en vue de la prochaine présidentielle. Son nom apparaît désormais dans les courriers des lecteurs. Preuve que les Français attendent (presque) un messie, une figure irréprochable apte à nettoyer une élite politique décrédibilisée. Il y a des jours où je suis moi-même désespéré d'un tel spectacle. Celui qui obtiendra mon suffrage en 2012 devra avoir un projet de gouvernement solide. Et, parce que notre pays a besoin de propositions alternatives, en voici: inéligibilité à vie des hommes politiques reconnus coupables de tout acte contraire à l'intérêt général; indépendance réelle du pouvoir judiciaire (en ce qui concerne les nominations des procureurs, par exemple); rénovation de toutes les prisons françaises; restauration d'une police de proximité intégrée aux quartiers; refonte de la carte judiciaire pour resserrer le maillage territorial des tribunaux et faciliter leur accès aux citoyens; sévère encadrement du financement de tous les organes politiques; réformes prioritaires de la fiscalité et de l'Education nationale. Vos propositions sont également bienvenues... car, plus que jamais, le débat entre les citoyens de la France d'en bas paraît nécessaire à la bonne marche de notre démocratie !

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Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
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