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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 07:52

Les dernières statistiques le montrent: la fonte des glaces de l'Arctique n'a jamais aussi marqué cet été qu'à aucune date auparavant. Le record établi en 2007 a donc été battu. Ce qui confirme ce que nombre de scientifiques avaient prédi: le réchauffement global de la planète affecte les zones les plus sensibles, à commencer par le Pôle Nord. D'autres indices tendent à prouver l'existence d'un réchauffement planétaire qui menace l'équilibre naturel: la puissance des ouragans qui se sont succédés dans les Caraïbes cette année, la multiplication des innondations et des épisodes orageux violents (dans la Drôme et l'Ardèche, notamment, ces dernières semaines) sont autant d'exemples récents qui confirment l'ampleur du phénomène. Quant à savoir si l'homme en est responsable, plus ou moins directement, ce n'est pas le coeur du problème. Car, ce qui est sûr, c'est que l'action de l'homme peut aggraver une situation qui a sans doute également des origines naturelles. Dès lors que le phénomène est identifié, il nous appartient donc, en tant que citoyen du monde, de faire pression sur les décideurs politiques pour qu'ils prennent des décisions courageuses. Le développement durable, ce n'est pas seulement créer une taxe pic-nic pour orienter les achats des consommateurs (il faut le faire bien sûr !) mais c'est aussi lutter, au niveau mondial, pour que la présence humaine ne détruise pas davantage les milieux naturels.

Or, c'est précisément ce qui menace aujourd'hui l'Arctique: avec la fonte des glaces en période estivale, de nouvelles routes maritimes commerciales s'ouvrent et la possibilité d'exploiter les ressources naturelles (gaz et pétrole) engendrent déjà une compétition verbale entre les Etats riverains de cette région. Russes, Canadiens, Norvégiens, Danois revendiquent la propriété de tel ou tel secteur de l'Arctique... or, mener des politiques durables, ce n'est pas satisfaire des intérêts économiques tout en essayant de préserver l'environnement, histoire de se donner bonne conscience. Mener des politiques durables signifie construire des projets qui allie la performance économique, l'utilité sociale et la protection de l'environnement. Or, dans un secteur aussi sensible que l'Arctique, déjà fragilisé par le réchauffement climatique - et donc, entre autres, par les activités humaines -, l'appétit économique des pays riverains pourrait tuer l'environnement et la biodiversité de ce milieu encore préservé... mais menacé. Car une banquise qui fond plus vite et plus souvent, c'est une menace pour la survie d'espèces comme l'ours polaire (photo) qui s'épuise à nager sans pouvoir se reposer. C'est la raison pour laquelle l'explorateur Jean-Louis Etienne a lancé une pétition sur Internet pour que les citoyens influencent leurs dirigeants afin que ceux-ci se saisissent du dossier.

Voilà le message de l'explorateur tel qu'on peut le lire sur son site Internet: "La Présidence Française du Conseil de l'Union Européenne et la Principauté de Monaco, co-organisent une conférence internationale sur les enjeux de l'Arctique en présence des représentants des gouvernements des 27 pays de l'Union Européenne. L'objectif de cette conférence est la création d'un observatoire pour le suivi à long terme des conséquences du changement climatique et des pollutions en Arctique à l'issue de l'Année Polaire Internationale. Cette mise en réseau des recherches est une bonne initiative, mais la fonte de la banquise nous met dans l'urgence de nous attaquer à la racine du mal, de prendre toutes les mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. La fonte de la banquise a déjà de graves conséquences locales sur la vie des peuples autochtones et l'écosystème polaire, notamment sur l'ours blanc, son plus emblématique représentant. Mais au-delà des conséquences locales, la disparition de la banquise au pôle Nord va nous conduire inévitablement vers une période de chaos climatique, notamment dans l'hémisphère Nord.

La sauvegarde de la banquise est un enjeu majeur pour lequel chaque citoyen à sa part de responsabilité. Faisons de la banquise l'indice de la capacité de l'humanité à juguler les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale. La France avait joué un rôle majeur pour le moratoire qui protège aujourd'hui l'Antarctique. Je souhaiterais que le gouvernement français, dans le cadre de la Présidence du Conseil de l'Union Européenne, adresse un signal fort à la communauté internationale,  afin de proposer à l'Assemblée générale des Nations unies, le vote d'une résolution qui classerait la banquise de l'océan Arctique, "Zone d'intérêt commun pour l'humanité". C'est un projet politique pertinent et non conflictuel, qui engage la communauté internationale sans porter atteinte à la souveraineté des Etats de la circonférence polaire arctique
". Si, vous aussi, vous souhaitez envoyer ce message au président de la République, c'est simple: il vous suffit d'envoyer un mail contenant vos nom, prénom, adresse et e-mail à petition@jeanlouisetienne.com.

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 06:25
L'actualité économique du moment, c'est bien évidemment la crise financière qui se traduit par des rachats de banques, l'injection de milliards de dollars et d'€uros dans les circuits économiques, des faillites d'entreprises multinationales ou la chute des principaux indices boursiers. Dans ce contexte, deux informations, lues ou entendues, me font quelque peu sursauter:
- hier soir, dans le journal de 20 heures de France 2, il est rapporté le résultat d'une vente aux enchères réalisée à Londres et qui a permis à l'artiste ayant vendu ses oeuvres de récolter plusieurs millions d'€uros en une seule soirée. L'artiste, qui s'est spécialisé dans la création d'oeuvres basée sur des cadavres d'animaux (figés dans des grands cubes pleins de phormole), a choisi la voie de la vente aux enchères, sans passer par des galeries d'art (où il n'a pas exposé) afin que ces dernières n'amputent pas ses gains de 40% du montant de la vente. Et l'artiste ne s'en cache pas: il considère qu'il n'a pas à avoir honte de gagner, par son activité artistique, des millions d'€uros en une soirée... Il faut dire que, de l'autre côté, il y en a qui peuvent se permettre de dépenser des sommes aussi pharaoniques pour acheter une oeuvre d'art (si on peut appeler cela de l'art !). Sommes dont nombre de citoyens ne verront jamais la couleur durant toute leur vie;

- il faut dire que, pour d'autres, la pauvreté est quelque chose de nécessaire pour l'équilibre du monde. C'est, en gros, la thèse que défend l'écrivain américain William T. Vollmann dans son dernier livre "Pourquoi êtes-vous pauvres?"... que Marianne vous conseille de ne pas lire. Même si l'auteur part d'une bonne idée (partir à la renocntre des populations pauvres, ceux qu'il appelle les laisser-pour-compte, dans les pays les plus pauvres de la planète ou dans les bidonvilles de certaines grandes villes de pays riches ou en développement), le résultat est pitoyable. Selon lui, les pauvres du monde ont choisi de vivre dans la pauvreté puisqu'il existerait un "bonheur intrinsèquement lié à la pauvreté". Certes, il est particulièrement difficile - et vain - de vouloir définir la pauvreté comme une valeur universelle, dans la mesure où le seuil de pauvreté fixé dans les pays riches n'a pas de signification pertinente dans des pays où la très grande majorité des habitants n'atteint pas le niveau de richesse correspondant. Mais, de là à considérer que les pauvres ont choisi d'être pauvres, et que le riches doivent donc continuer à amasser des sommes d'argent parfois irréalistes sans se préoccuper des autres, il y a un pas que l'on doit pas franchir. Une telle solidarité, au niveau mondial, est insoutenable ! Comme disait Coluche: "les riches auront la nourriture et les pauvres de l'appétit". Comme disait Louis de Funès dans la Folie des grandeurs: "les pauvres, c'est fait pour être très pauvres et les riches très riches".

Ces deux points de vue, que partagent ceux à qui profitent la mondialisation capitaliste, reposent par ailleurs sur des fondements idéologiques puissants. Selon certains, parmi lesquels la droite française, maintenir la bonne santé d'une économie, c'est permettre aux puissants, soi-disant faiseurs de croissance et créateurs d'emplois, de s'enrichir toujours plus pour, par effet de "ruissellement", permettre ensuite aux pauvres de moins s'appauvrir. Une théorie qui n'a pas produit, en France, des résultats éclatants, depuis qu'elle est appliquée, à grands coups de réductions d'impôts pour les revenus les plus élevés. Une théorie que continue donc de légitimer des organismes comme la FED (Banque centrale américaine) ou la BCE à l'occasion de la (grave) crise que nous traversons. Commentant les dernières décisions de Jean-Claude Trichet, patron de la Banque Centrale Européenne, le socialiste Henri Emmanuelli disait, ce matin sur France Info: "quand on parlait d'un plan de relance pour la croissance européenne, il se situait à environ 50 milliards d'€uros et on nous expliquait qu'il n'y avait pas d'argent. Et, là, en 48 heures, la BCE lâche 100 milliards d'€uros pour voler au secours de la spéculation. Autrement dit, la croissance c'est pas intéressant, mais voler au secours des actionnaires c'est primordial". Une analyse tout de même pertinente qui permet de mieux comprendre le système dans lequel nous vivons et qui continue de privilégier les intérêts d'une minorité au détriment d'une majorité silencieuse qui, au final, paiera les pots cassés.

Mais, au fait, de quelle crise suis-je en train de parler? Il n'y a pas de crise, et nos banques vont bien évidemment résistées puisqu'elles sont plus solides que leurs homologues d'outre-Atlantique, répète Christine Lagarde. Fin août, raccourcissant leurs vacances, les ministres concernés par les questions économiques se sont mis d'accord, après une réunion à Matignon, pour affirmer qu'il n'y avait pas de crise et que la France résisterait mieux que les autres, grâce aux mesures prises par le gouvernement. Sauf qu'hier soir, une des banques françaises qui comptent le plus de clients, le Crédit Agricole, annonçait qu'elle pourrait perdre plusieurs centaines de millions d'€uros en raison de la crise. Sauf que, depuis quelques mois, les prévisions de croissance sont régulièrement revues à la baisse... Le gouvernement essaie de détourner notre attention d'une crise financière et économique pourtant grave, la ministre ayant fini par reconnaître (il était temps !) que la situation se dégradait. Elle a fini par comprendre que, quand le gouvernement revoit ces prévisions à la baisse, c'est qu'il y a un début de problème. Quelle lucidité !! Sauf que, pendant ce temps, le président de la République et le gouvernement continuent de lancer, dans les médias et l'opinion, d'autres sujets d'actualité, histoire de détourner notre attention. Bien que nécessaire, la réforme de la carte électorale, réclamée au lendemain des dernières législatives par le Conseil constitutionnel, doit-elle être faite, sans concertation, par un secrétaire d'Etat responsable des élections à l'UMP, trois ans avant le prochain scrutin? Sans compter sur la visite du Pape qui a été une occasion en or de ne pas parler des vrais problèmes: comme le disait Vincent Peillon, dans l'émission de France 2 "13h15 le Dimanche", on a parlé, pendant quatre jours, de laïcité... sujet qui ne méritait pas d'être débattu !

Encore une fois, le PS a donc une nouvelle occasion de montrer qu'il se préoccupe de la situation des Français, qu'il condamne la stratégie économique du gouvernement et qu'il souhaite chercher des solutions durables pour parvenir à retrouver la croissance. Les principaux prétendants au poste de premier secrétaire, plutôt que de continuer à nouer des alliances (comme l'ont fait Delanoë et Hollande hier soir), feraient mieux d'avancer des pistes de réflexion et de faire de la construction d'un projet socio-économique alternatif la première de leurs priorités: on attend donc de voir ! Et, pendant ce temps, aux Etats-Unis, au coeur de la crise, les électeurs ont droit à un vrai débat sur les stratégies qui permettraient de sortir de la crise. Priorité des Américains depuis le début des primaires, les sujets socio-économiques reviennent sur le devant de la scène: à cette occasion, deux conceptions s'affrontent clairement. D'un côté, le républicain McCain refuse toute intervention supplémentaire de l'Etat (sans laquelle, pourtant, le système se serait écroulé avec des conséquences plus que dramatiques) et la création de toute nouvelle instance de régulation. De l'autre, le démocrate Barack Obama s'en prend à un système qui privilégie les uns au détriment des autres, considérant que le système financier et boursier doit être encadré et que les cadeaux fiscaux doivent cesser. Après huit années de bushisme, qui ont vidé les caisses d'un Etat bénéficiaire en 2000, les démocrates semblent avoir l'occasion de prendre un avantage certain, les électeurs n'adhérant plus à la stratégie économique de républicains qui ont endetté l'Etat sans les protéger d'une crise grave. Peut-être un tournant, à six semaines de la présidentielle !
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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 16:04
C'est une question qui concerne le continent européen depuis bien longtemps. Et pourtant, les dirigeants politiques européens ne s'en soucient que maintenant. Certes, mieux vaut tard que jamais... Hier, à Bruxelles, la Commission européenne a donc ouvert le débat pour se pencher sur le sort des Roms et prendre deux principales décisions: 1- se basant sur le fait qu' "il est urgent d'attendre", cette toute première réunion n'a débouché sur aucune décision concrète, la Commission considérant que, dans un premier temps, chaque Etat concerné devait prendre les mesures nécessaires. Bref, plutôt que de trouver une solution, ou un début de solution, à l'échelle européenne - ce que l'on pouvait attendre d'un tel sommet -, l'Europe se décharge sur les Etats pour qu'ils se débrouillent tout seuls. 2- dans les conclusions de ses travaux, le sommet a par ailleurs jugé que les solutions mises en place par l'un de ces Etats, l'Italie, n'étaient pas réprimandables. Bref, le fichage des populations roms, décidé par le gouvernement Berlusconi comme une manière de protéger la sécurité des Italiens face au danger rom, est justifié par la Commission. Cette dernière n'y voit donc pas une discrimination. Alors même qu'en liant populations étrangères immigrées et risque d'insécurité, la gouvernement italien joue sur un sentiment quelque peu nationaliste, malsain, des Italiens... et l'Europe ne s'en émeut pas !

Ceci étant dit, on peut donc constater que le sommet d'hier n'a été que l'occasion de montrer aux Roms, présents dans de nombreux pays d'Europe de l'est et des Balkans, mais aussi en Europe occidentale, que l'Europe se préoccupait de leur sort. Sans pour autant prendre la moindre décision concrète qui fasse avancer le dossier. Un dossier qui est pourtant particulièrement compliqué:
s'agissant de populations ayant migré des Balkans vers d'autres pays membres de l'UE, il est d'abord question d'intégration dans les communautés nationales des pays concernant. Les Roms habitant essentiellement la Roumanie et la Bulgarie, ils sont des citoyens européens. La première des priorités, selon les spécialistes du dossier, est donc de faciliter l'intégration administrative de ces populations afin de garantir leurs droits et officialiser leurs devoirs: il aurait donc été logique que la ministre de l'Intérieur soit présente à Bruxelles... et non, dans un premier temps, la ministre de la Ville.

A l'heure actuelle, les Roms vivent, dans des conditions d'hygiène particulièrement précaires, dans des bidonvilles, faits de logements temporaires en tôle, à la périphérie des grandes villes. A peine un enfant sur deux de cette communauté poursuit sa scolarité au-delà du CM2 et, donc, sait lire et écrire correctement. Ainsi, et seulement dans un second temps, une réflexion concertée au sein du gouvernement doit être menée: parce que l'absence d'intégration des populations les excluent du système de santé, du système scolaire ou encore de l'accession à un logement décent, il faut que les ministres de la Santé, de l'Education et, donc, du Logement et de la Ville décident d'une politique globale. Après l'Europe, c'est donc au gouvernement français - à qui la Commission a refilé la patte chaude - de se saisir du dossier... et de prendre des décisions courageuses, qui puissent être un modèle pour les autres Etats. Afin, surtout, que ce qui se passe en Italie ne devienne pas la norme !
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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 18:29

Il y a 75 jours, le 2 juillet dernier, Ingrid Betancourt était libérée après plus de six ans de détention auprès des FARC, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Deux mois et demi après, j'ai souhaité revenir sur cet évènement alors que, souhaitant regarder une émission que j'avais enregistré en deuxième partie de soirée sur France 2, je suis tombé sur l'émission spéciale que la chaîne a consacré à cet évènement, le soir même de son annonce, provoquant la déprogrammation de l'émission. J'ai donc, le week-end dernier, regardé cette édition présentée par David Pujadas, commentant les premiers éléments de cette libération. Et de cette analyse peuvent être retenues plusieurs leçons qui, alors que le sort de ceux qui sont encore détenus dans la jungle colombienne n'intéresse plus les médias français, paraissent tout de même intéressantes.

1- ce que sont les FARC: à l'origine mouvement politique d'inspiration marxiste, né en pleine période de guerre froide, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie rêvent de mener une révolution pour changer le monde tel qu'il fonctionne actuellement. Pour y parvenir, plutôt que de participer au débat d'idées et au jeu politique dans leur pays - ce qu'elles faisaient dans un premier temps en faisant de la réforme agraire et du partage des terres une priorité -, elles ont fini par prendre le contrôle de la partie méridionale et forestière du pays. Par les armes. Le mouvement politique devient, alors que la mondialisation financière suit son cours et aggrave les inégalités sociales entre habitans d'un même pays, une guérilla terroriste dont ses activités se réduisent au trafic de drogue (l'un des plus puissants du continent latino-américain) et à l'enlèvement de personnalités pour en tirer d'importantes rançons. L'argent amassé permet l'achat d'armes que les guérilleros - recrutés parmi les enfants des familles les plus misérables du pays, souvent originaires de bidonvilles où la pauvreté, le manque d'accès à la santé ou à l'école rendent la vie difficile - utilisent pour continuer ces mêmes activités.

2- ce qu'elles deviennent aujourd'hui: pour mener leur combat, les FARC ont constitué deux groupes d'otages. Les otages économiques, bien souvent des anonymes de nationalité colombienne, servent uniquement à obtenir une rançon qui sert à maintenir l'activité de la guérilla. Les otages politiques, parmi lesquels des militaires et hauts-gradés colombiens, des soldats américains ou encore Ingrid Betancourt, servent à maintenir les feux médiatiques sur les FARC et à montrer leur intransigeance pour obtenir les rançons en échange de la libération des autres otages. Avec la libération d'Ingrid Betancourt et des soldats américains, les FARC perdent l'une de leurs principales raisons d'être. Et les chiffres le prouvent: les désertions sont trois fois plus nombreuses et les tentatives d'enlèvements ont été divisées par dix depuis l'enlèvement de Betancourt. Ceux des guérilleros qui gardaient le groupe des otages politiques ne peuvent donc plus espérer continuer la lutte, d'autant qu'après la mort des deux principaux leaders du mouvement (mort naturelle de son fondateur et assassinat par l'armée du numéro 2), la querelle des chefs le divise. L'avenir est donc sombre pour les FARC et un peu plus clair pour le retour d'une pleine sécurité en Colombie.

3- le déroulement de l'opération de libération des otages: c'est après la mort du numéro 2 des FARC, Raoul Réyès, que les autorités colombiennes, sans en informer leurs différentes partenaires, ont décidé d'infiltrer la guérilla - sous couvert d'une opération humanitaire - pour libérer les otages du groupe politique. Des agents sont donc parvenus à localiser les otages et à comprendre l'organisation du mouvement marxiste... jusqu'au jour où, un mois et demi plus tard, une action héliportée de commandos a permis la libération des otages (photo). Ainsi, c'est la manière forte, défendue par le président Alvaro Uribe, et sans qu'il n'y ait le moindre mort, qui a été privilégiée sur les négociations qui s'étaient ouvertes entre le gouvernement et les FARC, le numéro 2 du mouvement étant un interlocuteur semble-t-il fiable et attentif de ceux qui ont joué les intermédiaires, qu'il s'est agi de Suisses, d'Espagnols ou de Vénézuéliens. L'option que l'Elysée défendait pour sortir la sénatrice franco-colombienne de la jungle n'a donc finalement pas triomphé, la France ayant reconnu qu'elle n'était pas au courant de l'opération et qu'Uribe en tire donc, seul, le bénéfice politique.

4- les conséquences politiques en Colombie: le président colombien, dont le père a été tué par les FARC, a été élu puis réélu avec pour seul programme la lutte intérieure pour la sécurité des habitants et, donc, contre les FARC. Une lutte que les électeurs veulent sans concession. Des électeurs qui sont aujourd'hui tout à fait satisfaits de l'opération et de son succès. La popularité d'Uribe n'a ainsi jamais été aussi élevée (plus des trois quarts des personnes interrogées) qu'en ce moment. Et, pendant ce temps, le gouvernement ne résoud pourtant pas le problème de la pauvreté des habitants de certains habitants. D'où la popularité d'Ingrid Betancourt, ancienne sénatrice, candidate de son mouvement écologiste Oxygène, qui a fait de la lutte contre les trafics, la corruption et la pauvreté les bases de son programme... avant d'être enlevée dans une région parmi les plus dangereuses du pays. Ce qui lui a valu quelques critiques. Son inconscience ayant été privilégiée sur son courage. Sauf qu'aujourd'hui, nombreux sont ceux qui voient en elle quelqu'un apte à résoudre les problèmes, concrets et quotidiens, des Colombiens.

Au final, la France se félicite que l'opération ait réussi, considérant que le monde devait mener, de façon unie et solidaire, le juste combat pour la liberté et contre le terrorisme. Dans sa première déclaration publique après la libération d'Ingrid Betancourt, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a repris le même discours que celui qu'il utilise pour l'Afghanistan: il a qualifié les méthodes des FARC de "moyen-âgeuses". Et, dans la foulée, pour favoriser les désertions, le chef de l'Etat s'est dit prêt à ce que la France accueille les guérilleros renonçant à la lutte armée pour échapper à la justice de leur pays. Une chose est sûre: les FARC ont été largement fragilisées, d'abord après la mort de Réyès, le mouvement - une fois décapité - ayant ainsi été fragilisé, puis après la libération de Betancourt qui l'a privé d'un "trophée de guerre" médiatique. C'est donc peut-être le début de la fin...

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Published by Aurelien Royer - dans Chronique monde
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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 16:38
C'est l'évènement politique et religieux de la semaine, sans doute du mois voire, pour les catholiques français, de l'année: plus de trois ans après son élection, le Pape Benoît XVI effectue, depuis vendredi et jusqu'à demain, son premier voyage officiel en France. Tous les aspects de la visite donnent lieu à débat dans les principaux médias français, les photos des grands moments de cette venue faisant la "Une" des sites Internet des chaînes de télé et de radio, ainsi que des éditions de la presse nationale. Ce qui est parfaitement logique. Ce qui fait polémique, c'est moins la visite et les étapes de cette visite, que l'attitude du président de la République. Certains n'auront pas manqué de souligner que Sarko s'est rendu, en personne, accompagné de son épouse, à l'aéroport d'Orly pour y accueillir le souverain pontife, avant de le retrouver à l'Elysée pour un entretien en tête-à-tête puis une conférence de presse. Bref, tout un cérémonial auquel le dalaï-lama a échappé. Et pourtant, même si le Pape est un chef d'Etat (jamais Sarko ne s'est déplacé à l'aéroport pour accueillir un hôte de cette importance !), il n'en demeure pas moins, comme le chef des Tibétains, un dirigeant religieux. Alors, deux poids, deux mesures? Oui. Et le président semble l'assumer: parce que "la laïcité ne peut pas effacer les racines chrétiennes de la France" [la fille aînée de l'Eglise, selon l'expression consacrée], il est normal que le chef des catholiques soient accueillis avec tant de faste. Dans l'esprit de Sarko.

Car, pour nombre de ses opposants, qui mettent en avant le principe de laïcité, Sarko est avant tout le président de la République française - laïque - et de tous les Français, toute confession religieuse confondue. Personne n'interdit au chef de l'Etat d'être un catholique pratiquant. Bien au contraire. Ce serait justement faire entrave à la laïcité, et au droit qu'à chaque Français de croire ou de ne pas croire en Dieu. Cependant, dans ses fonctions officielles, il ne doit pas être un catholique pratiquant: ainsi, le signe de croix qu'il a réalisé à au moins trois reprises lors des obsèques nationales aux dix soldats tués en Afghanistan était pour le moins déplacé. Que des ministres assistent, à titre privé, à la messe de samedi matin, et y réalisent le signe de croix aux moments opportuns de la cérémonie, c'est logique. Qu'ils se saluent pendant un hommage national, où ils sont avant tout des ministres de la République, ça l'est beaucoup moins. On assiste, en la matière, à une véritable rupture dans la pratique du pouvoir: Sarko a déjà eu l'occasion de s'exprimer à plusieurs reprises sur le thème religieux, affichant d'ailleurs des prises de position pour le moins peu nuancées. Là où la général de Gaulle disait, devant des évêques, que leur France était catholique quand sa République - dont il était alors le premier personnage - était laïque. Là où Jacques Chirac affirmait régulièrement son attachement à cette laïcité qui garantit à chacun une liberté de conscience et de croyance, affirmée depuis la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Pour revenir à la visite du Pape, trois temps forts se sont donc succédés: une partie politique marquée par la conférence de presse à l'Elysée, une partie religieuse avec le discours théologique tenu des intellectuels au collège des Bernardins (réouvert, pour l'occasion, au public, après plusieurs années de travaux de rénovation) et, enfin, une dernière partie de célébration du 150ème anniversaire de l'apparition de la Vierge-Marie à Bernadette Soubirous dans une grotte de Lourdes. De cette visite, on retiendra deux choses: la médiatisation de l'évènement avec des émissions spéciales sur France 2 pour permettre aux personnes intéressées de suivre - en direct - la messe du Pape, en plein air, sur l'esplanade des Invalides (photo). Mais, de la rencontre Benoît XVI - Sarko, on retiendra cet échange sur la laïcité. Le fait que les deux hommes aient choisi d'aborder cette question, pour remettre partiellement en cause la laïcité telle qu'elle existe actuellement, révèle que la laïcité à la française est très bien comme elle est. Appelant à une nouvelle "laïcité", le Souverain pontife a salué l'appel de Sarko à une "laïcité positive", "une laïcité qui respecte, qui rassemble [et] qui dialogue". Pour ceux qui n'auraient pas compris le message, le président considère que la laïcité dans laquelle nous vivons, à la limite d'être négative, n'est porteuse ni de respect entre les religions, ni de rassemblement, ni de dialogue. Déclaration qui a entraîné, à juste titre, une levée de bouclier de la part des principaux opposants au gouvernement: de François Bayrou, pourtant catholique pratiquant, à Marie-George Buffet, nombreux ont été ceux qui déplorent que Sarko tienne absolument à ajouter un adjectif - qui ne fait d'ailleurs pas vraiment sens - derrière le concept de laïcité, qui se suffit à lui-même.

Ce qui menace en réalité la laïcité à la française, ce sont les prises de position du président de la République qui semble confondre les sphères publique et privée. Comme le rappelait le socialiste Vincent Peillon, ce midi sur France 2, les concepteurs de la laïcité n'étaient pas des anti-religieux. Et, même si dans une France où le nombre de croyants et de pratiquants recule, ceux qui croient en le progrès humain et dans les sciences sont de plus en plus nombreux, ils n'empêchent pas ceux qui le souhaitent de croire en Dieu. Même si, dans le monde, des horreurs sont perpétrées en son nom. Même si l'Eglise vit selon des principes qui sont en décalage avec la réalité du monde d'aujourd'hui (avortement, contraception, mariage des prêtres, place des divorcees...). Quelles que soient donc les croyances de chacun, il est normal que les citoyens d'une démocratie disposent de cette liberté fondamentale. Tout comme il devrait être normal de voir un chef de l'Etat mettre toute son énergie à en défendre le maintien. Dès lors, est-il acceptable que le président d'une République laïque déclare, lors de son désormais fameux discours de Latran, que "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur même s'il est important qu'il s'en rapproche parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance"? Non, évidemment ! Parce qu'elle repose sur le dualisme bien/mal (sur lequel un homme comme Bush base sa politique militaire et diplomatique), cette citation est, à elle seule, l'illustration que le vrai problème vient de Sarko...
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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 10:43
Trois affaires, qui ont fait successivement la "une" de l'actualité cette semaine, mettent en cause la politique menée par les gouvernements qui se sont succédés depuis ces dernières années et qui, dans des domaines bien précis, n'ont pas agi suffisamment efficacement dans l'intérêt général, expliquant les dérives aujourd'hui constatées. Pour les deux premières affaires, que je vais développer ci-dessous, des personnes impliquées ont décidé d'attaquer l'Etat pour "mise en danger de la vie d'autrui", considérant que celui-ci était responsable de la situation qu'ils ont traversé, ou qu'ils traversent. Même si ce n'est pas (encore) le cas dans la troisième affaire que j'ai choisi d'associer à cet article, on est en droit de se poser également des questions... l'Etat doit prendre son rôle de protecteur des citoyens au sérieux. Et pas seulement en fichant ceux de nos concitoyens qui sont d'abord, ici, des victimes.

1- la première affaire se passe en Ardèche, un département rural au relief accidenté. Peut-être avez-vous déjà eu l'occasion de vous y rendre et de faire quelques kilomètres à une allure réduite, en raison des routes en lacets qui parsèment une grande partie du département. Si c'est le cas, vous comprendrez aisément la colère de ce père de famille qui, en début de semaine, alors que son épouse était sur le point d'accoucher, a suivi l'ambulance qui la transportait pendant trois heures... afin de rejoindre la maternité la plus proche ! Un long voyage qui aurait pu mettre la vie de sa femme, ainsi que celle de son enfant, en danger... ce qui, fort heureusement, n'a pas été le cas. De cette affaire, notre président pourrait tirer une conclusion: contrairement aux casernes militaires, les services hospitaliers sont là pour faire de l'aménagement du territoire. Le service public de la santé, qui doit rester une mission essentielle d'un Etat garant de la cohésion nationale et sociale, doit quadriller l'ensemble du territoire de manière à ce que chaque Français puisse se rendre, dans un délai raisonnable, dans un centre hospitalier, suffisamment équipé - en matériels et en personnel - pour l'accueillir. Il est tout de même regrettable qu'il faille profiter d'une telle situation pour rappeler ce qui devrait être une évidence... sauf que les trois gouvernements de droite qui se sont succédés depuis 2002 n'ont pas enrayé les fermetures de services, les regroupements d'établissements au nom de la rentabilité (déguisée en "rationalisation")... qui conduisent à éloigner chacun de ces gros centres paraît-il mieux équipés de ceux qu'ils doivent soigner !

2- la seconde affaire se déroule dans une prison de Rouen. Là, un drame, que l'on reliera facilement au problème de la surpopulation carcérale - que la France traîne depuis des années, au point d'être pointé du doigt par les associations de défense des droits de l'homme -, s'est joué le temps d'une nuit. Ne disposant plus de cellule individuelle pour priver de liberté un détenu soupçonné dans une affaire de meurtre, l'administration pénitentiaire a cherché une cellule double dans laquelle ce détenu puisse être maintenu. Avec l'accord de celui qui s'y trouvait, un jeune homme de vingt ans incarcéré pour un simple délit, les deux hommes ont donc partagé leur cellule quelques heures... le premier ayant égorgé le second, à l'aide de morceaux de verre. Après la découverte du corps sans vie du jeune homme, les autorités ont essayé de s'expliquer, rappelant que, faute de place, certains détenus dangereux pour eux-mêmes (considérés par les experts-psychiatres comme suicidaires) devaient être placés avec un co-détenu, ce dernier jouant le rôle de surveillant pour éviter un drame. Sauf que, dans ce cas précis, l'homme mettait sa vie en danger... ainsi que celle des autres. Ce qui a conduit au drame. Certes, le gouvernement n'est pas directement responsable de la mort du jeune homme. Il l'est en revanche indirectement: en ne trouvant pas rapidement une solution durable à cette surpopulation carcérale, que cette affaire ne révèle pas (bien qu'un détenu ait déjà assassiné son co-détenu dans la même prison de Rouen, avant de manger certains des organes de sa victime en janvier 2007 !), et en ne cherchant pas à isoler les détenus dangereux, psychologiquement fragiles, dans des structures adaptées (qu'il faudrait construire et doter de moyens financiers et humains), l'Etat a failli à l'une de ses missions !

3- enfin, la dernière affaire qui m'intéresse aujourd'hui a été révélée, ce matin, par France Info. Un thonier français, originaire de Bretagne, a été victime, la nuit dernière, d'un acte de piraterie dans l'océan Indien à plus de 800 mètres des côtes africains, au large de l'archipel des Seychelles. Tout le monde se souvient de l'attaque contre le "Ponant", un voilier de luxe dont les membres d'équipage avaient été libérés par une intervention des comandos français. Mais, des deux dernières semaines, ce ne sont rien de moins que trois actes de piraterie qui ont été perpétrés dans cette région: au début du mois, le "Carré d'As", un voilier vénézuélien, était attaqué par des pirates somaliens, le couple français se trouvant à bord ayant été fait prisonniers, amenés dans la zone que les pirates contrôlent dans le sud de la Somalie (région appelée le Puntland) et sont toujours actuellement détenus. Avant-hier, un bateau de pêche espagnol a été approché par des pirates qui ont échoué à en prendre le contrôle; et, ce matin, c'est un autre bateau de pêche, français celui-là, qui a été approché par des pirates, ses occupants ayant réussi à les éloigner. L'insécurité maritime qui règne dans cette partie du monde, et qui explique la décision des pêcheurs présents sur place de ne plus sortir en mer, devrait faire réagir les autorités des pays concernés et, plus largement, l'ensemble de la communauté internationale. Une protection renforcée des navires occidentaux sur les mers les plus dangereuses, afin de réduire ces tentatives d'abordage menées par des terroristes qui cherchent à obtenir des rançons, est un combat qui doit être mené... faute de quoi nous mettons la vie de ces pêcheurs en danger !

Bien évidemment, l'accumulation de ces informations en un espace-temps aussi court peut expliquer qu'ils suscitent émotion et indignation. Il n'en demeure pas moins que, même si on ne peut tenir l'actuel gouvernement pour responsable de ces drames - réels ou évités -, l'Etat français doit profiter de ces occasions pour revoir certaines de ses politiques. C'est souvent à l'occasion de drames, médiatisés, que les choses avancent, la plupart des gouvernements n'ayant aucune capacité d'anticipation des problèmes qui peuvent se poser. A nous, citoyens, de rester attentifs en exigeant de nos gouvernants qu'ils agissent, efficacement et sans tarder, pour éviter que des drames similaires se reproduisent... Et j'espère donc avoir suffisamment attiré votre propre attention !
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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 13:57
Comme souvent, je profite du télescopage, dans l'actualité récente, de plusieurs informations relatives à un même thème pour donner mon avis sur le sujet. Gros plan aujourd'hui sur le modèle familial français et la politique que les différents gouvernements mènent pour le garantir ou le modifier. Avec cette question: comme dans d'autres domaines, le sarkozysme au pouvoir va-t-il s'attaquer au modèle français? Alors que la droite française considère que le modèle social français n'est pas le meilleur et que nos voisins font des choses nettement meilleurs, qu'en est-il an matière de politique familiale? Je ne pourrais pas répondre clairement à cette question dans la mesure où la politique familiale du gouvernement est quasi inexistante. Des mesures, qui concernent de loin la famille, sont contestables, comme - récemment - la modification du calcul des bourses d'enseignement supérieur pour les jeunes handicapés. De là à dire que le président considère que notre système actuel fonctionne bien, il n'y a qu'un pas que je franchis sans crainte... et il faut s'en réjouir.

En effet, les chiffres sont là pour le prouver: la politique familiale française est efficace. Un de ces chiffres, récemment réactualisé, le prouve: le taux de fécondité des femmes françaises est le plus élevé d'Europe avec 2,1 enfants par femme en moyenne. Autrement dit, la France est le seul pays européen dont la population se renouvelle naturellement. Petit rappel de démographie. Deux facteurs permettent de faire augmenter la population d'un pays: l'accroissement naturel (qui est la différence entre le taux de natalité et celui de mortalité) et l'apport de populations étrangères via l'immigration légale. Avec un accroissement naturel évident, dans la mesure où le taux de mortalité des pays dits développés est maintenu à un faible niveau compte-tenu des connaissances médicales et de l'allongement de la durée de la vie, les pays à la démographie active se distingue par leur fécondité: en dépassant le chiffre 2, la France renouvelle sa population dans la mesure où les deux enfants nés viennent remplacer, au sein de la population, leurs deux parents. D'ailleurs, la France dispose d'une situation démographique suffisamment bonne pour que le gouvernement en fasse un élément de sa politique économique: profitant des départs en retraite des enfants du Baby-boom et de l'arrivée sur le marché du travail des classes creuses des années 1980, il peut se vanter d'un taux de chômage qui diminue, en réalité, mécaniquement. Mais, là n'est pas mon propos.

Je préfère commenter deux mesures prises hors de France en essayant de voir si elles sont ou non pertinentes: d'un côté, la Commission européenne examine la possibilité d'augmenter la durée du congès de maternité, en allongeant à la fois la période précédant la date prévue de l'accouchement ainsi que celle qui lui succède; de l'autre, le gouvernement de coalition allemand allie la création d'un congès de paternité (déjà existant en France) à celle d'un salaire parental, versé à celui des deux parents qui décide d'arrêter de travailler durant la première année de vie de l'enfant, laissant son (sa) conjoint(e) travailler à temps plein. A première vue, on pourrait en effet penser que ces deux solutions visent à favoriser la natalité en donnant aux futurs parents des arguments pour "passer à l'acte". Mais, en réalité, ces deux solutions ne vont, en fait, pas du tout dans le même sens: celle de la Commission de Bruxelles considère que les femmes souhaitent bénéficier d'une mise en parenthèse plus longue, alors même que le lien entre taux de fécondité et durée du congès de maternité n'est pas franchement démontré. Avec le taux de fécondité le plus élevé d'Europe, la France n'en a apas pour autant le congès de maternité le plus long... alors qu'en Italie, où les jeunes mamans, bénéficient d'un repos plus long, la natalité n'a pas vraiment connu d'évolution spectaculaire.

En revanche, en choisissant de péreniser les revenus du foyer et en garantissant à l'un des parents le retour à un emploi stable et rémunérateur, le gouvernement allemand montre qu'il a compris la situation: pour les femmes du XXIème siècle, ce qui compte davantage c'est la possibilité de subvenir aux besoins de la famille, en n'étant pas nécessairement pas condamné à travailler à temps partiel. Ainsi, si la France n'est pas à la pointe de la réintégration des femmes dans le monde du travail après une grossesse, il est des domaines dans lesquels le gouvernement pourrait encore faire avancer les choses: la multiplication des crèches d'entreprises ou municipales montre qu'avec des sytèmes de garde efficaces, qui accueillent les enfants à des horaires suffisamment larges correspondant au rythme de vie de la famille, les femmes conservent leur emploi et stabilisent leur situation familiale et économique. L'Etat doit jouer ce rôle d'accompagnateur: c'est en effet un service qui doit être rendu au public que de permettre l'accueil des enfants dès le plus jeune âge, dans des crèches aussi bien qu'à l'école maternelle (avant l'âge de la scolarité obligatoire).

Il est, enfin, un autre domaine dans lequel nous avons d'importants progrès à faire. Certes, il s'agit davantage d'une évolution des mentalités, qu'une loi ou un décret ne peut qu'influence à la marge. La définition du lien de parenté qui unit un enfant à sa mère ou son père connaît quelques couacs. Dans le cas de l'adoption, la question ne se pose évidemment pas: celui ou celle ou ceux qui adoptent un enfant en deviennent le père ou la mère. Mais, parfois, la justice ne semble pas accompagner l'évolution de la société: dans l'affaire du petit Mohammed, ce petit garçon retrouvé seul dans un quartier de Marseille, la même question se pose. Confié par sa mère à une femme en situation irrégulière, qui ne s'est pas manifestée (préférant cacher la vérité plutôt que de courir le risque d'être expulsé... ce qui en dit long sur le climat que crée la politique sarkozyste en la matière), le garçon aurait reconnu sa mère, revenue d'Algérie pour y enterrer sa propre mère. Mais, après que des tests ADN ait révélé que l'enfant n'était pas biologiquement lié à cette femme (ce qui ne devrait pas constituer un défaut de parenté), cette dernière n'a pu produire de papiers légaux prouvant le lien de parenté qui l'unit à l'enfant après une procédure d'adoption, spécifique à l'Algérie, et que le droit français ne reconnaît pas. Bref, dans cette affaire, c'est moins un problème français qu'un problème international qui se pose: sans harmonisation de ces procédures, le lien de parenté risque de se résumer à une correspondance génétique, déterminée par les mêmes tests ADN que Sarko voulait généraliser dans le cadre du regroupement familial !
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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 15:12

J'ai pour habitude de défendre le service public de l'audiovisuel chaque fois que je le peux... afin de montrer, contrairement à ce que l'on pourrait croire dans le sillage de Nicolas Sarkozy, qu'il se différencie bien des chaînes privées, en proposant des programmes diversifiés, à visée culturelle. Sauf, qu'en ce moment, il est un programme qui manque sur France Télévisions: la retransmission, en direct, de certaines épreuves des Jeux Paralympiques de Pékin (cliquez sur le logo ci-contre pour vous rendre sur le site officiel, en anglais, de cette compétition). Certes, sur France 2, chaque nouvelle médaille est citée dans les JT, et chaque exploit est retransmis dans "l'Image du jour", en une minute, après le JT de 20 heures. Cela ne fait tout de même pas beaucoup par rapport aux JO des athlètes valides, dont on a été inondé sur les différentes chaînes du groupe. Et c'est donc un coup de gueul que je veux pousser aujourd'hui, en déplorant ce double traitement qui ne fait justement pas honneur au service public. Il s'agit là d'une sorte de discrimination supplémentaire dont sont victimes les athlètes handicapés - qui sont, par ailleurs, tout autant, voire plus méritants que les valides - : non seulement les épreuves de ces athlètes se déroulent trois semaines après celles des valides, mais en plus, elles ne sont pas diffusées... alors même que, dans mes temps de loisirs, j'aimerais, personnellement, pouvoir suivre certaines épreuves. D'un côté, on salue le courage et la détermination de ces athlètes hors du commun et, de l'autre, on ne leur donne pas l'occasion que ce courage et cette détermination soient pleinement reconnus par leurs compatriotes téléspectateurs.

Et, d'ailleurs, alors que les JT de France 2 cite les médailles d'or décrochées par nos athlètes, pas un mot pour ceux qui, dans ces épreuves relevées et au combien difficiles, ont décroché l'argent - ils sont tout de même vice-champion paralympique ! - ou le bronze. C'est tout simplement honteux ! Sans compter que la rédaction aurait tout de même pu faire l'effort de nous informer de l'évolution du tableau des médailles. Jes6 vous propose donc de le consulter, ce vendredi soir, une semaine après le début des épreuves (qui se déroulent du 7 au 17 septembre): la France se situe au 13ème rang des pays représentés en comptant les médailles d'or (7 au total) et au 11ème rang si l'on comptabilise toutes les médailles (soit 27, avec 12 en argent et 8 en bronze). Si l'on regarde le classement, on peut par ailleurs noter que la hiérarchie mondiale n'est pas exactement la même que celle des JO du mois d'août: les cinq premières places sont occupées, dans l'ordre, par la Chine (115 médailles dont 38 en or), la Grande-Bretagne (74 médailles dont 36 en or), les Etats-Unis (58 médailles dont 23 en or), l'Ukraine (45 médailles dont 16 en or) et l'Australie (49 médailles dont 14 en or). Suivent la Russie, l'Afrique du Sud, l'Espagne, le Brésil, l'Allemagne, le Canada, la Corée et, donc, la France.

Voici, pour la délégation française, la liste complète des athlètes médaillés:
- en or: Laurent Thirionnet en contre-la-montre cycliste, Arnaud Assoumani en saut en longueur (avec un record du monde à la clé), Vincent Boury et Christophe Durand en tennis de table individuel messieurs, Thu Kamkasomphou en tennis de table individuel dames, Assia El'Hannouni en 400 m féminin et David Smetanine en 100 m nage libre (natation);
- en argent: David Mercier en cyclisme sur piste, David Smetanine en 200 m nage libre et 50 m crowl, Rachel Lardière en 100 m brasse, Elodie Lorandi en 200 m quatre nages féminin, Cyril Jonard et Sandrine Aurières-Martinet en judo, Stéphane Molliens et Jean-Philippe Robin en tennis de table individuel, Marie-Amélie Le Fur en saut en longueur, Assia El'Hannouni en 800 m féminin, Raphaël Voltz dans deux épreuves du tir à la carabine;
- en bronze: Alain Quittet en contre-la-montre individuel de hand-bike, Olivier Cugnon de Sévricourt, Julien Taurines et Angélique Quéssandier en judo individuel, Souhad Ghazouani en powerlifting (une sorte d'altérophilie), Trésor Makunda sur 100 m messieurs, Djamel Mastouri sur 800 m messieurs et Nantenin Keita sur 400 m dames.
Et, si j'étais président de la République, notez que je me serais déplacé pour assister aux derniers jours de compétition, sitôt la visite du Pape achevée, afin de participer à la Cérémonie de clôture et de rencontrer les athlètes à qui j'aurais remis une autre médaille, celle de la Légion d'honneur ! Je pense qu'ils le méritent bien plus que certains artistes... mais, bon, je ne suis pas président !

On peut, enfin, déplorer que ni le président de la République, ni la ministre de la Santé et des Sports, ni même celui de la Solidarité (qui n'est autre que Xavier Bertrand, ministre du travail et des relations sociales) ne se soient déplacés pour aller soutenir et féliciter nos champions. Et, avant d'écrire des bêtises, je me suis renseigné pour savoir où se trouve le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte. Réponse: il est actuellement à Paris, mais revient de Pékin où il s'est rendu du 7 au 11 septembre pour encourager nos athlètes. Auparavant, il s'était rendu au siège de la Fédération Française Handisport en espérant que les Jeux Paralympiques allaient pouvoir aider à al reconnaissance de l'handisport. Il en avait enfin profiter pour rencontrer notre porte-drapeau, Assia El’Hannouni, athlète mal-voyante, quadruple championne paralympique d'athéltisme (lors des Jeux d'Athènes, en 2004, elle a remporté quatre médailles d'or et décroché quatre records du monde sur 100 m, 200m, 400m et 800m !!). Un modèle de réussite et de courage... réuissant là où les athlètes valides n'ont, cette année, fait aucun résultat. Bref, heureusement que Bernard Laporte, qui n'a sans doute rien de mieux à faire en ce moment, a fait le déplacement pour pallier ce vide médiatique et politique... que j'espère avoir, à ma (très) petite échelle, corrigé auprès de mes fidèles lecteurs. Et, si vous êtes blogueurs, relayez ces données, afin que d'autres Internautes soient tout simplement informés.

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 17:09
Un sujet de plus de deux minutes dans un JT de TF1, qui n'en diffuse pourtant pas les tirages, voilà ce à quoi a eu droit la Française des Jeux, à l'occasion de l'annonce de la nouvelle formule de son célèbre "Loto". Une formule d'ailleurs très sarkozyenne que l'on pourrait résumer ainsi: "Miser plus pour gagner plus". En effet, à compter du début octobre, ce ne sont plus deux mais trois tirages habdomadaires qui seront proposés aux joueurs (les mercredis, samedis et, dérsormais, lundis); les grilles ont été simplifiées selon deux axes: 1- il faudra désormais cocher cinq numéros au lieu de six, le patron de la société expliquant, qu'avec ce nouveau système, les chances de gagner passent de 50 à 55%; 2- en compassion, valider une grille ne coûtera plus 1,2€ mais 2€. Par ailleurs, pour attirer encore un peu plus de client, la mise maximale devrait désormais être la même à chaque tirage à 2 millions d'€uros. Bref, tout semble fait pour que les joueurs gagnent un peu plus souvent des sommes plus importantes... dès lors, qui pourrait oser critiquer cette nouvelle formule qui apporte comme une solution au problème du pouvoir d'achat?

Moi ! Et je ne vais pas me contenter, comme David Pujadas dans le JT de France 2, d'irroniser sur la complexité de la nouvelle formule (il a dit, alors qu'il présentait en quelques secondes, sans y consacrer un sujet complet - ouf ! -, qu'il fallait être intelligent pour la comprendre). J'ai déjà eu l'occasion de critiquer ces jeux d'argent qui ne rendent service à personne:
- le principe même d'espérer gagner l'équivalent d'un mois de salaire en misant 2€ est, à la base, déjà détestable: alors que l'on veut - à juste titre - revaloriser le travail et faire comprendre aux jeunes que l'argent est le fruit d'un travail, des sociétés font croire aux plus démunis que l'argent peut être facile;
- parce que l'espoir de gagner d'importantes sommes est à la base de ces pratiques, ce sont les plus modestes qui parient: quand on voit que la probabilité de perdre sa mise ou de ne gagner qu'une somme d'argent légèrement supérieure à cette mise est encore grande, on ne peut que condamner ce qui vide un peu plus les poches des personnes les plus vulnérables;
- sans compter que, pour certains, cet espoir d'un gain futur peut devenir une véritable drogue: bien que l'addiction aux jeux d'argent ne soient pas encore vraiment reconnues, ceux qui s'y intéressent soulignent que les plus démunis peuvent s'endetter pour miser toujours plus !

Heureusement, la commission européenne est là pour veiller: non seulement, elle ne freine pas le développement des paris en ligne sur Internet, qui banalise et multiplie les occasions de parier, mais elle souhaite que ces jeux soient dans les mains de sociétés privées, l'exemple du PMU français ayant causé à la France des mises en garde bruxelloises. Bref, des sociétés privées sont autorisées à faire des bénéfices sur le dos des parieurs, profitant de leur vulnérabilité. Car, il ne faut se tromper, le principal gagnant de cette nouvelle formule, ce n'est pas le parieur, mais bien la Française des Jeux: si les chances de gagner sont supérieures de 5%, les gains pour la société devraient coître de 20% d'après lec calculs de France Info. Bref, ce qui est présenté comme un progrès, comme une chance supplémentaire pour les joueurs, est en réalité un jackpot pour la société et ses actionnaires... c'est ce genre de pratique, typique d'un capitalisme qui avantage une minorité au détriment de la majorité, que je condamne sans concession. Ne pourrait-on pas imaginer un système de pari, géré par l'Etat, et qui permet aux joueurs de gagner encore plus souvent, des sommes toutefois plus modestes? Car, en mettant de côté les accros, il y a bien sûr des Français qui parient occasionnellement pour le plaisir du jeu. On ne peut les en priver. Dès lors, pourquoi ne pas permettre à 70% des joueurs de gagner 1000€ en moyenne, plutôt que d'offrir plusieurs centaines de milliers d'€uros à une poignée de gagnants? Avec un système qui ne cherche pas à faire des bénéfices, et qui reviendrait à une sorte de redistribution par le jeu et le hasard, l'Etat affecterait les profits au remboursement de sa dette. Réalisable ou totalement utopique? Donnez-moi votre avis sur ce sujet, révélateur de la réalité de notre société et du monde dans lequel nous vivons.
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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 06:34
Je souhaite aborder à nouveau la situation du Moyen-Orient, et plus particulièrement de l'Afghanistan, à travers un angle de réflexion différent. Celui de la légion d'honneur. Une réflexion qui m'est venue en plein débat sur le fichier Edvige: l'un de ses défenseurs, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, avait affirmé que l'une des raisons de l'extension de ce fichage (qui aurait pu concerner davantage de citoyens pour recenser davantage d'informations les concernant) était de permettre au gouvernement et aux préfets de consulter la fiche d'une personne sollicitant une décoration, afin de ne pas la remettre à des personnes de mauvaise réputation. On se demande comment l'Etat faisait jusqu'à maintenant pour distribuer à la pelle les diverses décorations - plus ou moins pertinentes et légitimes d'ailleurs. Doit-on connaître les orientations sexuelles et l'état de santé d'une personne pour juger de la pertinence de lui accorder une médaille, censée ne distinguer que son mérite? Un peu comme si, aux JO, on n'accordait à un athlète la médaille de ses efforts qu'à condition qu'il n'ait pas dépassé une ligne rouge, arbitrairement fixée.

Il est des personnes auxquelles on pourrait accorder une médaille pour service rendu à la Nation, sans avoir besoin de consulter leur "fiche EDVIGE": ce sont nos soldats présents sur le sol afghan qui, face aux talibans, mènent une guerre acharnée et meurtrière contre le terrorisme, pour la "liberté du monde". Dès lors, pourquoi ne pas donner la Légion d'honneur (photo) à tous les soldats revenant d'Afghanistan, et pas seulement à ceux qui reviennent dans un cercueil? Car le combat qu'ils mènent, au nom des démocraties occidentales que le terrorisme islamiste considère comme ses ennemies, est juste et plein de courage. Ce dévouement pour la Nation et cette volonté d'aller combattre dans les conflits les plus durs méritent d'être récompensés comme il se doit.

Cette petite introduction étant faite, le coeur de cet article nous emmène aux Etats-Unis. C'est en effet de l'autre côté de l'Atlantique que va se jouer l'avenir de ce conflit, l'avenir des soldats qui composent la coalition occidentale contre le terrorisme. Certes, les principales réponses suivront le résultat de l'élection présidentielle du 4 novembre: selon que les électeurs américains auront choisi Barack Obama (qui a promis, lors de sa tournée européenne, de quitter progressivement mais rapidement l'Irak tout en renfoçant la présence américaine en Afghanistan) ou John McCain, la stratégie ne sera pas vraiment la même. Et, dans ce contexte de campagne électorale, la président Bush a fait une annonce pour le moins surprenante: il souhaite que les Etats-Unis réduise légèrement le nombre de leurs soldats présents à Bagdad, tout en envoyant des contingents supplémentaires à Kaboul. Bref, il entame ce que le candidat démocrate propose, ce dernier ayant d'ailleurs réagi en se félicitant de voir un président républicain confirmer la pertinence de son analyse, tout en regrettant que le plan Bush (qu'il n'aura pas le temps d'appliquer) soit si timide, à la fois dans le retrait d'Irak, que dans le renforcement afghan.

Et, sur ce point, on a pas entendu le candidat républicain. Il faut dire qu'il a de quoi être ravi: en se présentant comme le candidat du changement (on aurait dit la rupture de ce côté-ci de l'Atlantique !), il ne pouvait espérer meilleur cadeau que cette décision de Bush, dans la mesure où le programme de McCain comporte des mesures totalement contraires, à savoir le maintien de la présence en Afghanistan, en faisant porter les efforts sur le front irakien où les renforts seraient concentrés. Si les deux candidats ont l'occasion de prouver leur différence en matière de politique internationale, à l'heure où l'Amérique s'unit pour commémorer le septième anniversaire des attentats du 11 Septembre, tout en affirmant qu'ils sont tous les deux prêts à faire face au terrorisme. McCain tente de jouer la carte du bon vétéran, connaisseur du sujet, pour se positionner comme le meilleur présidentiable face au terrorisme (image que Bush a lui même appuyé lors de la convention de St Paul). Sauf que McCain compte un handicap certian: Sarah Palin. Sa colistière, candidate au poste de vice-présidente, a participé à sa première interview télévisée et a du répondre à des questions de politique étrangère: outre le fait qu'elle ne semblait pas connaître ce que les Américains appellent la "doctrine Bush" (c'est-à-dire le recours à une guerre préventive), elle s'est illustrée en soutenant le renforcement des troupes en Irak (l'un de ses fils partant, en ce moment, pour Bagdad) et en affirmant que tous ses compatriotes priaient pour que Dieu protègent les boys. Alors que les sondages montrent que plus de 60% des Américains veulent le retour des G.I., il est assez maladroit de jouer la carte religieuse, comme si Dieu pouvait empêcher la mort de centaines de soldats - et de civils irakiens innoncents ! Même si, aux Etats-Unis, la religiosité est beaucoup plus marquée qu'en France, s'en remettre à Dieu pour protéger des soldats envoyés à la mort n'est donc pas des plus habiles !
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Published by Aurelien Royer - dans Chronique monde
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