Concours d'hiver

Le deuxième concours de la communauté "Pour un monde meilleur" est lancé. Rendez-vous sur CETTE PAGE pour en lire les modalités (consigne et calendrier).
Je vous attends nombreux !!

Pétition à faire circuler

Vous avez peut-être entendu parler de la suppression de l'histoire-géo comme discipline obligatoire en Terminale Scientifique: c'est une des mesures de la réforme des lycées, version Luc Chatel. Pour en savoir plus, lisez mon article ICI.

Je vous invite à signer la pétition lancée par l'Assocation des Professeurs d'Histoire et de Géographie, relayée dans le Journal du Dimanche ce 6 décembre. Pour cela, suivez
CE LIEN et remplissez le formulaire. Vous pouvez aussi diffuser cette pétition autour de vous !

Pour un monde meilleur

Jes6 apporte sa contribution à dix commmunautés (dont vous pouvez retrouver la liste dans la colonne de droite). Passionné par les questions internationales, et attaché à ce que nous laissions à nos enfants un monde solidaire, démocratique et pacifié, je vous invite à rejoindre la communauté que je gère: "Pour un monde meilleur" afin de nous y faire profiter de vos réflexions et analyses sur la bonne marche du monde. Pour cela, cliquez sur l'image ci-contre (le drapeau, flottant de l'ONU est le symbole de la communauté), puis laissez-vous guider. Sur la page d'accueil, vous pouvez par ailleurs accéder aux forums de la communauté: ces espaces d'échange entre blogueurs et Internautes permettent à chacun d'entre vous de créer un sujet de discussion. Dès que le coeur vous en dit, vous pouvez, en définissant un thème de discussion, lancer une réflexion collective sur l'actualité du monde. Je vous encourage vivement à le faire !

A travers cette communauté, quelle est mon ambition? Réagir à l'actualité internationale et européenne, débattre de l'immigration, des droits de l'homme, de la paix et de la démocratie. Mais aussi réfléchir sur la manière de construire un monde meilleur, où la solidarité entre les peuples deviendrait le maître-mot. Mission difficile à laquelle chacun peut, et doit, apporter sa contribution ! Pour cela, et rendre le débat plus vivant, je me charge, en tant qu'animateur, d'organiser des concours, des échanges, des partages d'articles... Alors, n'attendez plus: inscrivez-vous et faites connaître cette communauté.

Vous pouvez par ailleurs consulter des dossiers, construits à partir des dépêches publiées par les Nations-Unies, dans deux rubriques de la colonne de droite. Il s'agit d'une part de quinze pages thématiques qui, sur des sujets assez larges, font la synthèse de toutes les données connues permettant de bâtir des propositions réalistes et audacieuses pour construire un monde meilleur. Y sont associés cinq dossiers géographiques, où sont répertoriées les informations concernant les régions les plus fragiles du monde. Je vous invite donc à lire régulièrement ces dossiers... car mon but est aussi de vous informer ! A tous, je souhaite une bonne lecture et d'agréables moments sur les blogs de la communauté.

Jes6 en quelques mots

L'ambition de ce blog est de provoquer le débat autour des sujets qui ont fait, font ou feront l'actualité et, parfois, autour de propositions d'autres blogueurs que je propose de relayer. Pour cela, je vous invite à lire les analyses et propositions que je mets à votre disposition, notamment pour "Réformer la France" et pour bâtir ensemble "Un monde meilleur". Vos propres analyses, vos contre-propositions, vos réactions et vos critiques sont les bienvenues: pour continuer à faire vivre ce blog, je vous invite donc à poster vos commentaires.

Mais, au fait, pourquoi ce titre "Jes6"? J pour Justice, E pour Equité, S pour Solidarité ! Ce triptyque - qui, tel celui présent au frontispice de nos mairies (photo) s'affiche désormais en tête du blog - pourrait constituer la devise d'une VIème République que j'appelle de mes voeux. Vous pouvez, dans l'une des rubriques de la colonne de droite, lire mes "Dix réformes pour avancer": il s'agit de retrouver un résumé de mes propositions en matière de politique française et européenne. En dix thèmes (des institutions à l'éducation, en passant par le logement, la santé ou l'immigration), vous pourrez lire - sans pour autant pouvoir poster de commentaires - ce qui correspond à trois années de réflexion, depuis la création du blog.

Et, dans sa nouvelle présentation, Jes6 vous permet de navigueur plus facilement
; dans la colonne de droite se trouvent tous les outils pour faciliter votre navigation: vous pouvez ainsi rechercher un article en fonction de son thème, de sa date ou en utilisant les mots-clé de votre choix. N'oubliez pas que, pour vous tenir au courant de chaque nouvel article, vous disposez de la newsletter, à laquelle vous pouvez vous inscrire gratuitement ci-contre. Et, pour vous permettre de donner votre avis sur un fait de l'actualité la plus récente, je vous propose de répondre, également ci-contre, au sondage de la quinzaine. Les résultats étant décortiqués par la parution d'un article, un dimanche sur deux, afin de confronter les points de vue et de parvenir à une sorte de synthèse qui permette de mieux comprendre les enjeux du sujet. Bonne lecture !

Par ailleurs, si vous souhaitez me contacter par mail (pour me faire part de vos remarques sur le blog sans pour autant laisser un commentaire attaché à l'un des articles), utilisez le formulaire mis à votre disposition par Overblog dans l'onglet "Présentation du blog" (ci-contre, à droite).

Samedi 5 décembre 2009 6 05 12 2009 15:35
Chaque année, c'est la même chose: le premier week-end de décembre, alors que les rues de nos villes d'illuminent et que des milliers d'enfants préparent le sapin dans le salon, les citoyens-téléspectateurs vont se partager en deux groupes. D'un côté, les inconditionnels du Téléthon, ce grand rendez-vous d'espoir, une trentaine d'heures de direct non-stop sur le service public (heureusement qu'il est là !), pour appeler les Français à la générosité. Et, de l'autre, la grande soirée de TF1 pour élire notre ambassadrice dans le monde, celle qui, en plus de la première dame de France, se battra pour les plus belles causes humanitaires et... accesoirement, concourra aux titres de Miss Europe et Miss Monde (accaparé, pour la deuxième année consécutive, par une Vénézuélienne). Je ne peux m'empêcher, chaque année, de penser à Nicolas Canteloup imitant, sur le canapé de Vivement dimanche, Guy Carlier faisant le parallèle entre la lutte contre la dégénérescence musculaire d'un côté, et celle contre la dégénérescence intellectulle de l'autre (une année où notre Johhny national appartenait au jury des Miss). Personnellement, je regarderai l'élection de Miss France, à l'occasion d'une soirée entre amis (et pour fêter les 20 ans de ma petite soeur) au cours de laquelle nous concourrons nous-mêmes pour gagner le jeu des pronostics. Et je prends les paris, dès maintenant: Miss Picardie 2010, élue à Saint-Quentin (en présence de Xavier Bertrand) le mois dernier, a de bonnes chances. Ce n'est pas (uniquement) pour défendre ma région: l'an dernier, notre élue n'avait aucune chance... Mais, cette fois, la Picardie pourrait encore une fois se distinguer (après Elodie Gossuin en 2001 et Rachel Legrain-Trapani en 2007) avec la jeune Juliette Boubaaya (photo, au centre), une Amiénoise de 19 ans, esthéticienne qui se rêve gendarme. Elle finira dans les cinq finalistes, je pense.
 
Mais, revenons au coeur du sujet de cet article: la générosité des Français. Je serais tenté de faire un autre pronostic et d'affirmer que la barre des 100 millions d'€uros de dons, franchie l'an dernier, le sera encore en 2009. Plus qu'un pronostic, c'est en fait un souhait. Je ne vais sans doute pas regarder toute la soirée du Téléthon, ce soir sur France 2. Non que cela ne m'intéresse pas: j'ai déjà effectué, dès hier soir, mon propre don par Internet. Mais, écouter les témoignages boulerversants de parents d'enfants malades, très peu pour moi. Je suis sans doute trop sensible à tout cela pour en regarder trop. Le reportage (diffusé hier dans le 19-20 de France 3), sur le cas d'un petit Julien, atteint d'une maladie de peau qui provoque des cloques purulantes quasiment quotidiennes, me suffit amplement. J'espère que mon don annuel contribuera à changer les choses. J'espère aussi que les Français qui ont l'habitude de donner ne la changeront pas. Et qu'ils seront rejoints par tous ceux qui n'ont jamais donné... et que j'encourage à sauter le pas. Personnellement, je me souviendrais toute ma vie la première fois que j'ai donné au Téléthon. J'étais étudiant, encore mineur, et non imposable. Je devais gagner quelque chose comme 350€ de bourses par mois. J'assistais au concert d'une chorale, dont ma mère a été la chef de choeur pendant quelques mois, dans un petit village. C'était en fin d'après-midi et, après la représentation, les choristes étaient invités, par la municipalité, à un pot. Il faisait nuit noire et je me suis éclipsé de cette réception pour appeler le 3637 et faire un don de 20€. Pour moi, une fortune. Depuis, je donne 10€ de plus chaque année.
 
Et ce n'est pas la polémique Pierre Bergé qui me fera reculer. Bien au contraire. Invité de l'émission Parlons Net, organisée chaque samedi par France Info, le président du Sidaction venait pousser un coup de gueule qui, au fond, n'est pas sans fondement: avec 100 millions d'€uros par an, récolté à l'occasion d'une grand-messe hyper-médiatique, le Téléthon renvoie la concurrence (Sidaction et autres combats solidaires) dans les cordes. Le problème, c'est que ses propos ont été particulièrement violents... et on conduit à penser que les Français étaient trop généreux pour le Téléthon, et pas assez pour les autres causes. Cette hiérarchie des combats associatifs a provoqué un émoi tout aussi compréhensible... qui, au final, aura été plus préjudiciable au Sidaction qu'au Téléthon. Certes, à l'heure où j'écris ces lignes, les dons sont en léger recul par rapport à l'an dernier. Mais, en 2009, cela avait déjà été le cas alors qu'au final, une fois la totalité des promesses de dons encaissées, cette dernière édition avait dépassé la précédente (en 2008). La position de Pierre Bergé m'a donc plus choqué que convaincu: d'une part, parce que la recherche scientifique financée par le Téléthon permettra, sans doute, d'aider la recherche contre le SIDA car, dans ce domaine, il n'y a pas de cloisons et les chercheurs peuvent ne pas trouver la solution au problème sur lequel ils travaillent, tout en faisant des découvertes utiles à d'autres causes. C'est ce que plusieurs voix, dont celle de Philippe Douse-Blazy (président d'Unitaid, une agence mondiale de lutte contre le SIDA, basée sur la taxe sur les billets d'avions), ont expliqué ces derniers jours. Citant en exemple la plus récente des découvertes réalisées par une équipe de chercheurs financés par le Téléthon: en reconstituant un tissu proche de la peau humaine à partir de cellules souches, ces scientifiques donnent un immense espoir aux actuels (et futurs) greffés de peau.
 
Par ailleurs, comment peut-on se plaindre de la générosité des Français? Y aurait-il un seuil au-delà duquel il faudrait leur demander de ne plus donner? Comment les foyers modestes, qui donnent une somme tout aussi modeste (mais qui témoigne de leur sens de la solidarité), doivent-ils interpréter ces propos? Le Sidaction est-il une plus juste cause que la lutte contre les maladies qui handicapent parfois gravement des enfants? En arriver à de tels propos est d'autant plus scandaleux que le réel problème, celui qui est sous-jacent à toute cette polémique, n'est pas évoqué. Si l'AFM, qui organise le Téléthon, en est venu à organiser une manifestation aussi massive, c'est pour trouver, auprès de mécènes et de particuliers, l'argent que l'Etat ne consacre plus à la recherche scientifique. On peut évidemment se réjouir du fait que les Français se mobilisent le temps d'un week-end. Voir ces milliers de bénévoles organiser des manifestations à travers tout le pays pour récolter, €uro par €uro, de quoi changer la vie des malades, c'est évidemment merveilleux. Voir des milliers de citoyens donner un peu de leur temps pour participer à ces animations l'est tout autant. Mais, n'est-ce pas à l'Etat de financer la recherche sur ces maladies qui, en ne touchant que quelques enfants en France, ne sont pas "rentables"? Le désengagement de l'Etat dans un domaine comme celui-ci est gravissime. Tous les hommes politiques qui se scandalisent de cette "concurrence des maladies" feraient bien d'y réfléchir plus longuement et de faire en sorte, via des financements publics et massifs (avec l'argent de nos impôts), que la recherche fondamentale se fasse dans de bonnes conditions. Une autre proposition mériterait d'être faite: et si l'on transférait la compétence "recherche" à l'Europe pour que les laboratoires européens soient réellement complémentaires? Et que notre continent soit en pointe... face aux surpuissants Etats-Unis, en la matière. Non pour décrocher des Prix Nobel, honorifiques. Mais pour employer notre savoir-faire et donner un sens à cette Europe qui continue de se chercher !
Par Aurelien Royer - Publié dans : Cohésion sociale - Communauté : Libre parole
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 4 décembre 2009 5 04 12 2009 12:13
... sinon la société française risque de se fissurer, tant les considérations racistes les plus nauséabondes font (déjà) leur apparition. Petite anecdote: à l'heure où, dans les ministères, on pense à supprimer l'histoire-géo des programmes (obligatoires) de Terminale S, voilà de quoi prouver comment la méconnaissance du passé peut conduire au pire. Cette semaine, avec une classe de 3ème, j'aborde la question du nazisme et de la politique antisémite menée par Hitler, expliquant à mes élèves les discours tenus par le dictateur allemand à un peuple en plein désarroi (le contexte de l'après-crise de 1929 ayant fragilisé leur vie quotidienne). Un élève a eu le mauvais goût d'exprimer distinctement ses idées, racistes, en nous expliquant que si la France renvoyait les étrangers chez eux, les chômeurs auraient du travail. Argument bien connu... puisqu'il est utilisé par Le Pen lui-même, oubliant de préciser que ces soi-disants étrangers, dont la plupart ont la nationalité française, acceptent des conditions de travail et de rémunération que les Français de souche refusent. A la fin du cours, un de ses camarades, Français d'origine étrangère, s'emporte et menace de la frapper... ce qu'il aurait sans doute fait sans mon intervention. A l'un j'explique qu'il à le droit de penser ce qu'il veut mais qu'un tel discours n'a pas sa place dans une salle de classe. A l'autre je dis que la violence ne règle rien et que le meilleur moyen de combattre de telles idées, c'est le débat. C'est d'amener l'autre à comprendre en quoi il a tort. De ce point de vue, le débat sur l'identité nationale, voulu par Eric Besson, a le mérite de permettre la confrontation orale et directe entre ces deux visions du vivre-ensemble. Dans le même temps, le risque est grand de voir ces deux France radicaliser leur position respective et de causer une fracture durable au sein de notre société. Or, si nos concitoyens racistes radicalisent leurs positions, ils voteront massivement FN aux prochains rendez-vous électoraux, consacrant l'échec de la stratégie sarkozyenne.
 
L'avenir nous le dira. En tout cas, les tentatives médiatiques du ministre de l'Immigration, présent sur de nombreuses ondes cette semaine, pour nous expliquer que ce grand débat national est un véritable succès, une "réussite populaire", sont presque vaines. A y regarder de près, ces débats, qui s'arrêteront à une date voulue par le pouvoir, attirent davantage des hommes blancs et mûrs (on dirait des "seniors" dans le monde du travail)... que des jeunes issus de l'immigration, dont le malaise témoigne de leur difficulté à s'intégrer à une société française peu être pas si accueillante qu'on voudrait nous le faire croire. A ce sujet, le dernier numéro de "Mon oeil" (du 5 décembre), le rendez-vous hebdomadaire qui ouvre le magazine "13h15 le samedi" sur France 2, est illustratif: le journaliste, prenant l'exemple d'une réunion organisée dans l'est de la France (je ne sais plus dans quelle ville exactement), montre que le public n'est pas si nombreux, qu'il n'est en rien représentatif de la diversité de la population française et, surtout, qu'il est l'occasion d'entendre des propos dont on a pas de quoi être fiers. Parler de notre identité nationale contient le risque, hautement élevé, de distinguer les Gaulois (Français de souche depuis des siècles) des sous-Français (ces étrangers de la 1ère, 3ème ou 5ème génération, devenus Français par assimilation). La preuve? Les propos, entendus dans la chronique pré-citée (et que j'ai déjà "subi" dans mon entourage), du style: "Ils sont déjà 10 millions; demain, ils seront majoritaires et on aura un Arabe à l'Elysée". Sous le mot "Ils", comprenez les étrangers devenus français, et qui ne le méritent pas, car ce sont des terroristes islamistes en puissance. Lors des dernières municipales, auxquelles j'étais moi-même candidat, j'ai entendu des gens dire: "Je ne voterai certainement pas pour une liste où il y a un Arabe en deuxième position" !! Un vrai régal pour le FN qui, dans ses propositions (répétées à l'occasion de ce débat), réclame une refonte du Code de la nationalité pour endiguer l'invasion des étrangers naturalisés, qui finiront pas imposer la charia en France.
 
Loin d'être caricaturale, cette pensée existe dans une frange de la population. Une preuve? J'en ai même deux. Le débat sur la nécessité de légiférer pour interdire la burqa dans l'espace public en France en est une belle illustration: le Français moyen pense que, avec des femmes intégralement recouvertes de plus en plus nombreuses dans les grandes villes, l'islamisation de la France (thème cher à un Philippe de Villiers, par exemple) est en route. Que ce phénomène concerne aujourd'hui une trentaine d'individus, ils ne le voient pas. Deuxième exemple: l'interdiction de la construction de nouveaux minarets en Suisse, décidée par uen votation citoyenne, la semaine dernière, va dans la même logique. Des minarets, la confédération n'en compte que quatre. Mais, c'est quatre de trop au regard de 57% des citoyens helvétiques... bien aiguillés par les affiches de la droite populiste (photo) sur lesquelles, ô hasard, une femme intégralement voilée apparaît. Et voilà comment on joue sur la peur des gens. Comme si la non-construction de minarets, une tour qui fait partie de l'architecture des mosquées, allait changer quelque chose. Comme si, et c'est plus grave, les citoyens non-suisses de souche étaient des citoyens de seconde zone dont l'intégration supposait assimilation totale aux coutumes de leur pays d'accueil. Que l'on attende des étrangers des efforts comme maîtriser la langue française ou connaître le b-a-ba de notre histoire et de nos valeurs, c'est normal. Qu'on leur demande d'abondonner ce qui fait la richesse de leur propre identité, c'est inadmissible. La République laïque française, garante des libertés individuelles (dont la liberté religieuse)  ne peut pas demander à ses nouveaux membres de changer de religion. C'est justement contraire aux valeurs de la France !
 
Le débat suscite donc beaucoup de commentaires, sans doute davantage sur la Toile que dans les salles mal chauffées réquisitionnées par les (sous-)préfets. D'ailleurs, l'absence de Sarko au colloque sur l'identité nationale montre bien que le chef de l'Etat prend conscience que ce rendez-vous, lancé par un transfuge du PS auquel il a laissé le soin d'occuper le terrain médiatique (ce qui n'est déjà pas banal), peut lui revenir en pleine face et ne pas avoir l'effet escompté. Certes, la proposition de Martine Aubry de régulariser plus largement les sans-papiers (qui mériterait de s'y arrêter plus longuement) et d'autoriser le mariage et l'adoption homosexuels (que j'approuve) constitue du pain béni pour la droite, qui n'attendait qu'une chose: que la gauche "libertaire et sans-papiériste" tombe dans le piège. C'est fait. Mais, face au renforcement probable du FN, ce n'est qu'une maigre consolation. Alors, certains diront que Sarko a délégué à Fillon le soin de parler d'identité nationale par peur de s'engluer dans ce bazar. C'est vrai: depuis deux ans, on a rarement vu notre cher Président aller à la confrontation. Les mesures drastiques de sécurité et les castings qui accompagnent chacun de ses déplacements l'avaient montré. Son contre-congrès des maires (avec 700 invités, triés par leur possession d'une carte UMP pour venir l'applaudir à l'Elysée) n'est, en ce sens, qu'une confirmation. Faisons-lui une proposition: monsieur le Président, pour conserver la cohésion nationale (à laquelle votre prédécesseur était particulièrement attaché, tant elle est importante), donnez aux enseignants les moyens de lutter contre les préjugés racistes, d'enseigner les valeurs de la tolérance et du respect de l'autre, de montrer en quoi notre diversité est une richesse. Etre Français, c'est d'abord exercer sa citoyenneté et pouvoir s'insérer dans le débat public français. Pour cela, les cours d'éducation civique sont vitaux. Surcharger les classes en collège par les suppressions de postes, supprimer l'histoire-géo comme discipline obligatoire en TS, ne sont pas des mesures qui vont dans le bon sens. Mon anecdote d'ouverture était, je crois, révélatrice. La jeunesse ne doit pas tomber dans le racisme le plus détestable... et risquer, un jour, de détruire tout ce qui fait notre fierté d'être Français !
 
A lire:
un article de Courrier International qui relaye un texte du Washington Post sur la construction de la future Grande Mosquée à Marseille - c'est intéressant et c'est ICI.
Par Aurelien Royer - Publié dans : Présidence de la République - Communauté : BLOGS, en parler ...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 17:46
Préparer l'avenir des jeunes (et des futures) générations, c'est la définition même du développement durable, lequel se caractérise par la nécessité faite aux générations actuelles de ne pas dégrader l'environnement qui légueront aux générations suivantes. La transition est donc toute trouvée en les deux vagues de sondages sur Jes6: je vous ai demandé de vous exprimer sur l'avenir de la jeunesse française ces deux dernières semaines... et, à compter de maintenant, et pour les deux semaines qui viennent, vous allez pouvoir parler de protection de l'environnement (à l'approche du sommet de Copenhague sur le climat).
 
Les jeunes ont-ils raison d'être inquiets pour leur avenir: c'est la première question que je vous posais dans le cadre des "sondages de la quinzaine". Je partais d'un constat simple: "depuis plusieurs années, les enquêtes se succèdent pour souligner la difficulté croissante des jeunes à s'insérer dans le marché du travail et à aborder de manière positive leur avenir. Au point que le président de la République a annoncé, au cours des dernières semaines, un plan pour les jeunes (avec extension du RSA par exemple)". Résultat? Une nette majorité des votants (quatre sur cinq) répond par la négative, deux considérant que "il ne s'agit que d'une mauvaise passe et la situation s'améliorera probablement dans les années à venir", les deux autres soupçonnant "une part conséquente d'entre eux [de ne pas faire] les efforts suffisants pour trouver un emploi... la preuve par les postes non pourvus". Cette dernière solution semble d'autant plus convaincante que, étant moi-même au contact de jeunes élèves, les travailleurs de demain, on constate aisément qu'ils ne se tuent pas au travail. Minoritaires, certains d'entre eux prennent pour modèle les chômeurs, ces assistés qui vivent des minimas sociaux sans chercher à travailler, ou les caïds de leur quartier (qui peuvent se payer de belles voitures de marque étrangère grâce à l'argent de leur trafic). Chaque époque a les héros qu'elle mérite. Car, quand ce n'est pas cela, les garçons veulent devenir joueur de foot professionnel, le modèle absolu de la réussite sarkozyenne: taper dans un ballon et gagner des millions d'€uros par an, de quoi se payer Ferrari, yacht de luxe, villas et belles filles ! Tout ceci est évidemment caricatural (c'est une précision utile), mais on est pas très loin de la réalité. Et pourtant, je suis le seul à considérer que les jeunes ont raison d'avoir peur en leur avenir: pour moi, "l'évolution du marché du travail (notamment la désindustrialisation) et la conjoncture diminuent les débouchés". En plus de ces jeunes, qui bouchent leur propre avenir, je connais aussi de jeunes adultes, désireux de s'en sortir, qui ne trouvent pas le métier correspondant à leur (haut) niveau de qualification. La difficulté, pour un diplômé, de trouver un travail rémunérant ses années d'études et son potentiel en est un signe. Car, ces emplois qui ne trouvent pas preneur, ce sont plus souvent des emplois de travailleurs manuels... qui supposent de se lever tôt, de transpirer pour gagner un salaire pas toujours assez attractif.
 
Personnellement, je crois que la situation actuelle du marché de l'emploi est aussi bien liée à la fainéantise de certains actifs qu'à la trop mauvaise répartition des richesses qui fait que les salaires ne sont pas suffisants. Vivre d'un SMIC quand, sans faire d'efforts (ni, en conséquence, réduire son espérance de vie), on peut toucher presque autant en incluant les avantages comme les allocations familiales ou la CMU, ça ne vaut pas forcément le coup. Nos politiciens ne cessent de le répéter mais il ne font rien pour changer le cours des choses: ainsi, comme le souligne Mathieu, à propos du RSA jeunes, "il ne faut pas les pousser à vivre de l'assistanat, et n'aider la personne que si elle recherche activement et volontairement du travail". Sur ce sujet, je crois qu'il faudrait être radical et prendre au capital une grande part de ce qu'il a confisqué au travail ces dernières décennies. A côté de cela, il est certain que le marché de l'emploi a grandement évolué dans les Etats dits riches (notamment la désindustrialisation que j'évoquais plus haut). Ce qui fait dire à Bria qu'il "faut simplement se remettre en question et s'adapter suivant les offres sans se cantonner à la spécification initiale. Une personne qui veux travailler trouvera TOUJOURS des opportunités pour ne pas se morfondre sur son sort. Une étude avait sortie qu'en moyenne un salarié change 6 fois de métiers et/ou d'employeurs au cours de sa vie, alors patience...". C'est vrai. Les parcours sont (et seront) de moins en moins linéaires, si l'on met de côté le cas particulier de ces autres fainéants, les fonctionnaires. Mais, là, je botte en touche. On peut, enfin, "doute[r] fortement de l'efficacité du Pôle Emploi". C'est ce que Mathieu explique dans son commentaire: "Une fois par mois, la radio RTL organise des "journées de l'emploi" lors desquelles les chômeurs déposent leurs CV et les embaucheurs leurs offres d'emplois. Au regard du nombres d'offres et de demandes, ainsi qu'au nombre d'emplois pourvus par cette opération radiophonique, je ne peux que douter de l'efficacité du Pôle Emploi, qui ne me semble pas remplir correctement sa mission". C'est sûr que, là aussi, il y a matière à débat: et vous pouvez profiter de cet article pour le poursuivre.
 
Venons-en au deuxième sujet: faut-il créer un "capital de départ pour les jeunes", cette "allocation d'entrée dans la vie active, d'un montant de 1500 euros, (...) versée à tout jeune titulaire d'un diplôme équivalent au Bac pour l'aider à poursuivre son parcours professionnel. Et ce, sans condition de ressources de ses parents". Il s'agit d'une proposition avancée, lors du débat des primaires socialistes en 2006, par DSK... et qui me semble, sur le papier, intéressante. Le nombre de participants au sondage n'est pas assez élevé pour avoir une réponse satisfaisante. On soulignera tout de même que deux des quatre votants répondent "oui", y voyant un "outil (parmi d'autres) pour renforcer l'égalité des chances entre les jeunes Français". Je ne peux que raconter mon parcours personnel pour convaincre les sceptiques: fils d'un ouvrier intérimaire et d'une enseignante vacataire (qui assure des remplacements), j'ai vécu près de vingt ans dans une situation précaire, dans une cité HLM. En récompense de mon Bac, obtenu avec la mention Bien, ma grand-mère m'avait alors prêté 1000€, de quoi payer la caution de ma chambre universitaire, les livres nécessaires à la poursuite de mes études et les abonnements de transport. Boursier, j'ai aussi reçu des aides financières de mon département et de ma région (comme, à partir de 2005, la gratuité du train entre mon domicile et la fac), sans lesquels je n'aurais pas pu poursuivre mes études... mes parents n'en ayant pas les moyens, avec deux autres enfants à charge. Toutes ces aides publiques (qui s'ajoutent, aujourd'hui, à des primes versées par les banques à leurs clients bacheliers) m'ont permis d'emprunter ce fameux ascenseur social et de me hisser à un niveau que mes parents n'ont pas atteint. Conclusion: l'idée de DSK est très bonne, même si les modalités restent à discuter. D'une part, il faut répondre à la question s'il faut ou non conditionner cette allocation au niveau des revenus des parents: un des participant au sondage considère en effet que "une telle allocation doit être liée aux revenus parentaux pour n'être attribuée qu'aux jeunes issus de milieux modestes". Pour ma part, je dirais qu'en rétablissant les droits de succession, qui évitent de creuser des inégalités entre fils de riches et fils de pauvres, l'allocation doit donc revenir à tous.
 
Mais, une autre question se pose: celle du financement. Le quatrième votant ayant choisi l'onglet "Autre réponse", il (elle) s'est ainsi exprimé: "Où trouver cet argent ?". Difficile d'y répondre. Inventer une nouvelle tace sur je ne sais quoi n'aurait aucun sens. Mener uen réforme fiscale profonde qui permette de dégager davantage de recettes paraît plus pertinent: attendons que la gauche termine son projet. Et en attendant, je vous propose donc deux nouveaux sondages pour les quinze prochains jours. Alors que le sommet sur le climat se tiendra à Copenhague à la mi-décembre, nous allons finir l'année 2009 sur deux questions liées à cet évènement majeur: l'UE pèsera-t-elle sur les décisions finales? Et, faut-il que les Etats riches aident financièrement les Etats en développement? C'est en effet une des propositions de la Commission européenne que de verser aux Etats pauvres l'argent nécessaire à la poursuite de leur développement, tout en contribuant à changer de modèle économique, pour s'acheminer vers une croissance plus verte. Pour lire des précisions sur ce sujet et comprendre les enjeux du sommet, rendez-vous sur le site Copenhague2009 (en cliquant sur l'image ci-dessus). Et n'oubliez pas que vous pouvez commenter votre choix en rédigeant un petit commentaire pour alimenter la discussion. N'hésitez pas, non plus, à faire connaître les sondages de Jes6 autour de vous pour que cette réflexion collective, sur des sujets importants, soit la plus massive possible. D'avance, merci !
Par Aurelien Royer - Publié dans : Présidence de la République - Communauté : Carnets Politiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 10:50
Y'a pas à dire: les All Blacks, tout de blanc vêtus, ont administré une belle leçon de rugby aux hommes de Marc Liévrement, hier soir, au stade Vélodrome de Marseille. Le XV de France a été presque transparent: ayant encaissé cinq essais qui, chacun, constituaient la conclusion d'une phase de jeu apprise et répétée à l'entraînement, les Bleus n'ont dû leurs 12 points qu'à des erreurs de leurs adversaires (mis à part un drop de François Trinh-Duc, les 9 autres points ont été inscrits sur pénalité). La défense tricolore s'est bien défendue (le score aurait pu nous être beaucoup plus défavorable) et cette tournée d'automne s'achève sur une défaite amère mais logique. Sur trois matchs, les Bleus auront tout de même réussi à infliger une sévère correction aux Samoa, mais surtout à battre de justesse les champions du monde en titre, ces Sud-Africains, sacrés il y a deux ans à Saint-Denis ! Une performance qui fait dire au joueur néo-zélandais Dan Carter que la France est probablement la meilleure équipe de rugby de l'hémisphère nord... les "Blacks" étant les meilleurs de l'hémisphère sud (comme le classement mondial, qu'ils dominent, le prouve). Il faut rappeler, pour ceux que le rugby n'intéresse pas, que ce sport n'est pas aussi développé que le football et que, dans chaque hémisphère, cinq à six équipes atteignent un niveau international. Dans l'hémisphère nord, France, Angleterre, Irlande, Ecosse, Pays de Galles et Italie se disputent, chaque année, le tournoi des Six Nations (équivalent d'une Coupe d'Europe). Dans l'hémisphère sud, Afrique du sud, Australie, et Nouvelle-Zélande s'affrontent dans le tournoi tri-nations, laissant de côté les équipes des Samoa, des îles Fidji ou de l'Argentine (dont la montée en puissance a impressionné les observateurs, à l'occasion du dernier Mondial, en 2007). Hier était une journée particulière: d'une part, la tournée d'automne constitue le chassé croisé entre les deux hémisphères (les équipes du sud terminent leur saison tandis que celles du nord l'entame); d'autre part, c'était la dernière confrontation entre la France et la Nouvelle-Zélande avant la prochaine Coupe du monde en 2011... et qui se déroulera en Nouvelle-Zélande.
 
La meilleure équipe du monde a donc tout simplement marqué son terrain. Mais, cette déferlante néo-zélandaise, comme souvent au rugby, ne s'est (presque) pas manifestée par la violence. Certes, en fin de rencontre, alors qu'on sentait les Français épuisés de subir la domination de leurs adversaires sans trouver la moindre solution, des "accrochages" ont opposé quelques joueurs. Mis à part cela, l'ambiance était vraiment festive. Regarder un match de rugby est devenu beaucoup plus agréable que visionner une rencontre de l'équipe de France de football où, comme l'écrivait un éditorialiste au lendemain de la qualification, il n'existe aucun esprit d'équipe, la sélection étant une addition d'individualités. Au rugby, c'est l'inverse. Il n'y a qu'à voir avec quelle puissance les joueurs, le staff et le public chantent "la Marseillaise" en début de match: de quoi vibrer dans son canapé... une sensation que je ne ressens pas en regardant du foot. "La Marseillaise" qui n'est jamais sifflée ! Mieux: elle est entonnée par les spectateurs lorsque, dans les dernières minutes, l'équipe nationale est en difficulté. En ces temps de débat autour de l'identité nationale, on mesure l'importance de ces moments qui montrent que les supporters ne sont pas que des hooligans en puissance, tout juste bons à détruire des abri-bus. Pour nourrir le débat voulu par Eric Besson, faisons-lui une proposition: puisque les symboles semblent beaucoup compter à ses yeux, le gouvernement devrait faire pression sur les fédérations nationales pour que leurs joueurs soient désormais vêtus de blanc, de bleu et de rouge. Troquons le maillot bleu (une des couleurs les plus répandues) pour un maillot blanc, symbole de paix, flanqué de l'écusson rouge au coq jaune. Un short bleu et des chaussettes rouges compléteraient le "costume". Et ce serait l'occasion de porter des valeurs qui sont attachées au sport en général, au rugby en particulier. Et, à propos de valeur et de paix, je profite de l'occasion pour modifier les règles du second concours de la communauté "Pour un monde meilleur".
 
La consigne reste la même, à savoir: dans un même petit texte (maximum 180 lignes - car 150, ce n'est pas beaucoup), vous devez exprimer votre (ou vos) voeu(x) pour l'année 2010 en vous inspirant du tableau de René Magritte, l'Oiseau bleu, qui deviendra, le 1er janvier, le nouvel avatar de la communauté (à la place du drapeau flottant de l'ONU). Seul le calendrier est modifié car la première phase, celle des productions, s'achevait hier... et je n'ai reçu aucune participation. Dès lors, je repousse la date-limite de dépôt de vos productions au samedi 12 décembre, la phase de vote étant réduite à la période du 14 au 25 décembre. J'espère que l'idée de ce concours vous intéresse (si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à me le faire savoir !!) et que c'est le manque de temps qui explique ce "bide"... ou peut-être y a-t-il, parmi vous, des personnes qui ne savent pas comment s'y prendre pour répondre au sujet du concours. Alors, pour vous faciliter la tâche (ou, tout simplement, susciter le déclic), je reproduis ici un texte (qui fait 213 mots) que j'ai trouvé dans le "Courrier des lecteurs" de Marianne (n°657 du 21 novembre, p. 57): il s'agit d'une lettre envoyée par une enseignante à la retraite qui, en tant que conseillère municipale, a du, il y a quelques années, prononcer un discours devant le monument aux morts de sa commune, à l'occasion d'un 11 novembre. Parlant à la fois de la réalité, sombre, de notre présent et de son espoir d'un avenir meilleur (ce qui retranscrit l'opposition de couleurs et de lumière du tableau de Magritte), ce texte a quelque chose de touchant.
 
Le voici: "Mes chers compatriotes dont les noms sont gravés sur cette plaque, vous seuls pouvez accepter que je dise, devant vous, que si, dans ma carrière d'enseignante, je n'ai pas souvent fait chanter La Marseillaise, c'est parce qu'elle commence par un appel aux armes (...) Vos héritiers, qui ne connaissent de vous que quelques photographies jaunies, continuent votre ouvrage avec d'autres moyens mais, pour eux non plus, des sillons abreuvés de sang ne représentent pas un avenir souhaitable. Si vous, les poilus de 1914-1918, pouviez croire que vous vous sacrifiez pour la dernière des guerres, vous, victimes de 1939-1945, saviez que le ver était dans le fruit et que cette guerre-là en verrait sans doute d'autres lui succéder malgré sa fin apocalyptique à Hiroshima (...) Nous autres, quarante ans plus tard, pressentons que ces armes terrifiantes qu'on nous dit fabriquer non pour l'usage mais pour la dissuasion échapperont un jour des mains qui pensent pouvoir les maîtriser, pour des combats dont personne ne sortira vainqueur (...) Certes, l'angélisme n'est pas une solution. Mais la guerre en est-elle une meilleure? D'autres viennent, année après année, réveiller votre souvenir. Mon dernier souhait serait qu'on vous oublie un jour, non par ingratitude, mais parce que la guerre aurait disparu de l'horizon de l'humanité". En espérant que ce texte m'aide à faire de ce second concours de la communauté "Pour un monde meilleur" un évènement réussi. Toutes vos contributions pour une année 2010 pleine d'espoir sont donc les bienvenues... Bon week-end !
Par Aurelien Royer - Publié dans : Actualités diverses - Communauté : Pour un monde meilleur
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 13:43
Invitée hier soir de l'émission "A vous de juger", la première secrétaire du Parti socialiste (qui est apparu assez convaicante, d'ailleurs) a été interrogée sur la possibilité de voir la gauche gagner une région supplémentaire. Et la maire de Lille d'ironiser, en réponse: "Il y a plusieurs mois, on disait la gauche finie et on annonçait que la droite pourrait lui reprendre plusieurs de ses régions; aujourd'hui, vous me demandez si on peut en gagner...". Ensuite, Mme Aubry botte en touche. Il faut dire que la réponse est difficile: des régions métropolitaines, la gauche ne peut espérer faire basculer que l'Alsace (un bastion de la droite) ou la Corse qui, en 2004, avait failli penché à gauche (l'incertitude, sur l'attitude des "non inscrits", ayant duré plusieurs jours après la scrutin). Si la gauche peut gagner une de ces deux régions, c'est assurément la seconde. Mais, plus que la politique fiction, cette interrogation d'Arlette Chabot illustre un phénomène intéressant. Chacun reconnaissait, il y a plusieurs mois, que le scrutin régional serait difficile pour la gauche car, dirigeant 20 des 22 exécutifs régionaux qui composent la métropole, le scrutin ne pouvait être qu'un demi-succès: être reconduit dans une majorité des régions actuellement à gauche mais en perdre quelques-unes au profit de la majorité. Au fil de semaines, dans l'entourage de N. Sarkozy, on a fini par perdre confiance dans la capacité de l'UMP à rependre PACA ou Rhônes-Alpes, deux "grosses" régions. Seule l'Ile-de-France, sur laquelle des têtes d'affiche se concentrent, pourrait basculer. Et encore, sans certitude. D'où vient ce changement de perspective? Du résultat des quelques élections législatives partielles qui ont vu la tendance écolo gagner de nombreuses voix et la gauche unie (elle sait le faire, au second tour !) frôler la victoire dans des circonscriptions historiquement à droite.
 
De fait, le scénario d'une victoire finale de la gauche dans la plupart des régions est plus que probable. Première preuve? Face aux présidents sortants des régions, qui mènent campagne en défendant leur bilan et en proposant la poursuite de la même politique pour encore 4 ans (car, en 2014, les élections des conseillers territoriaux interviendront), l'UMP ne donne guère l'impression de s'intéresser à ces régionales, si ce n'est pour installer Valérie Pécresse à la tête de la région capitale. Il n'y a qu'à voir le peu d'empressement des ministres pour être têtes de liste dans leur région d'origine pour s'en convaincre: contraints de choisir entre mener campagne et garder leur fromage ministériel, plusieurs d'entre eux ont décliné les propositions de l'Elysée. Bref, la droite donne l'impression de faire des régions un "second purgatoire" (le premier étant le Parlement européen): on y envoie les ministres en disgrâce pour éviter de les virer à l'occasion d'un remaniement. Ce fut la cas pour Rachida Dati. Il en ira de même pour Rama Yade, icône black du casting gouvernemental, et qui vient d'être promu (car c'est une promotion, paraît-il) en deuxième position sur la liste des Hauts-de-Seine, derrière André Santini. En parallèle, et comme l'a bien expliqué Martine Aubry hier soir, la gauche prend le scrutin au sérieux: avec une droite au pouvoir au niveau de l'Etat, les citoyens ont besoin d'une politique différente, "compensatrice" en quelque sorte, à l'échelle des collectivités. Ainsi, en temps de crise, ce sont les dépenses des départements, pour aider les personnes en difficulté (celles qui sont les victimes silencieuses de la crise socio-économique), qui compensent les limites de la politique gouvernementale. L'Etat a ensuite beau jeu de dénoncer l'endettement (voire la quasi-faillite) de certains de ces départements... sans lesquels la cohésion sociale et territoriale ne seraient qu'imparfaitement assurée. C'est sur terrain que la gauche pourrait finalement gagner la bataille des idées auprès d'électeurs inquiets pour leur avenir... et que les chiffons rouges (insécurité, immigration), agités par l'UMP, n'attirent pas !
 
Ce scénario, favorable à la gauche, ne se confirme pas encore dans les sondages... mais cela ne saurait tarder. Exemple concret: l'institut OpinionWay (mis en cause dans l'affaire des "sondages de l'Elysée") a réalisé - sur la demande de la candidate UMP - un sondage auprès des Picards en vue du scrutin de mars prochain. Résultat: Caroline Cayeux (photo: maire de Beauvais, chef du groupe et tête de liste UMP) arrive en tête avec 29% d'intentions de vote, devant Claude Gewerc (président socialiste sortant de la Région) qui obtient 21%, talonné à 16% par une liste autonome d'Europe Ecologie. Suivent le Front National (en-dessous des 10% lui permettant de se maintenir au second tour), puis le MoDem crédité de 4% et les différentes listes d'extrême gauche (le communiste Maxime Gremetz présentera sa propre liste, en plus du Front de gauche, du NPA... voire de Lutte Ouvrière). Plus que les résultats, c'est la méthode qui provoque le débat en Picardie: ce sondage a été réalisé sans que les listes ne soient définitivement connues. Le PS, les Verts et le MoDem partiront-ils efficativement chacun de leur coté? Le Front de gauche et l'extrême droite seront-ils si éparpillés au premier tour? Impossible de le dire alors qu'aucune liste n'a été rendue publique et que toutes les têtes de liste ne sont pas connues. Finalement, ce sondage confirme plusieurs tendances: 1- le FN, qui réalise l'un de ses meilleurs scores en Picardie (comme l'a prouvé la candidature de Marine Le Pen aux européennes), enregistre une baisse par rapport à 2004 où, en se maintenant, il avait facilité la nette victoire de la gauche; 2- la dynamique écolo se poursuit avec une liste Verts qui talonne les socialistes; 3- la gauche radicale, divisée, réalise un bon score (près de 15%)... qui ne servira à rien si les différents courants qui la composent en parviennent à s'entendre; 4- avec ces considérations, le second tour promet d'être serré. Si le FN en est absent, le duel gauche-droite est annoncé à 50-50, ce qui est mathématiquement impossible: l'UMP, qui totalise péniblement le tiers de l'électorat, n'a pas assez de réserves pour contrer une alliance PS-Verts-gauche radicale. Bref, tout indique que la gauche dispose d'une réelle chance de continuer à gouverner ses régions jusqu'en 2014... Et tant mieux !
Par Aurelien Royer - Publié dans : Les campagnes électorales - Communauté : Parlons politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Les sondages de la quinzaine

L'UE pèsera-t-elle sur la décision finale à Copenhague?

Retrouvez l'analyse des résultats du sondage précédent en cliquant ICI.

Et, prononcez-vous sur cette initiative: les Etats riches doivent-ils aider les pays pauvres dans le domaine climatique?

Créer son propre blog

Présentation du blog

Trouver un article par mot-clé

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés