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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Mon avis sur la réforme du lycée

Le mouvement des lycéens, et des enseignants, qui aura été particulièrement long malgré les vacances scolaires de Pâques, n'aura eu aucun effet sur le gouvernement qui, comme tous les gouvernements précédents, continuent de recevoir les représentants du mouvement, histoire de le calmer, sans chercher à le convaincre ou à le satisfaire. La logique qui veut qu'un gouvernement qui cède à la pression de la rue soit un gouvernement faible me désole. En quoi est-ce honteux d'améliorer un projet qu'une partie de la population n'accepte pas? En quoi est-ce honteux de chercher à produire une loi consensuelle, même si elle est moins ambitieuse qu'espéré? En quoi un président élu aurait-il le droit de tout faire, sans jamais entendre le peuple qui l'a placé au pouvoir, pendant toute la durée de son mandat, sans se remettre en question? Même auréolé du suffrage universel et des millions de voix obtenues, un président ne doit pas ignorer le message des urnes lors de scrutins intermédiaires ni celui de la rue, qui est toujours porteur de sens (au moins lorsqu'il dure si longtemps !). Faute de quoi il ne peut se targuer d'être une figure de rassemblement, pour le bien du pays !

Ces considérations étant posées, venons-en au fond de cette réforme du lycée. Comme dans toute réforme, il y a des points positifs (notamment dans le diagnostic) et des points plus négatifs (en particulier dans les solutions préconisées). En les examinant les unes après les autres, j'espère susciter le débat et éclairer le lecteur sur la réalité d'un monde éducatif qui ne peut pas se limiter à l'expérience que chacun d'entre nous en a fait pendant son enfance. Et, pour écourter cet article, je mets de côté le problème du bac, de son niveau et de sa valeur... ce qui nécessite de s'y arrêter plus longuement: si ce thème vous intéresse, lisez l'article concerné en cliquant ICI.

1- la principale mesure du projet gouvernementale, celle qui est massivement contestée par les enseignants, concerne le niveau d'encadrement de nos élèves. Je ne vais pas répéter ici ce que j'ai déjà eu l'occasion de dire: profiter d'une baisse démographique pour réduire le nombre d'élèves par classe ne paraît être une mesure de bon sens que pour les professeurs qui subissent de telles classes surchargées. Le ministre, ancien prof, n'a plus conscience de la réalité de terrain: son expérience n'a plus rien à voir avec ce que les actuels enseignants, notamment les nouveaux entrants (dont je fais partie), vivent au quotidien. Entre les conditions de travail à l'époque où j'étais moi-même lycéen (ce qui ne date que de cinq à huit ans !) et celles dans lesquelles les jeunes d'aujourd'ui doivent travailler, il y a un monde... Dans certaines classes, en particulier dans des filières dévalorisées, l'intérêt des élèves est quasiment nul, le silence presque inexistant et des chances de réussite élevées uniquement pour les bons élèves, qui savent travailler hors de la classe. Fixer le seuil maximal à 35 ne peut être fait que par des bureaucrates qui n'ont jamais eu à gérer trente adolescents pendant une heure au cours de laquelle ils sont sensés travailler et pendant laquelle ils pensent davantage à la soirée du samedi soir suivant ou au petit copain qu'ils retrouveront à la récréation.

Ceci étant dit, il me faut tout de même souligné l'incohérence de la logique gouvernementale. A longueur d'interview, et quelque soient les arguments des syndicats ou associations de lycéens, le ministre n'a qu'un leitmotiv: qui dit moins d'élèves dit moins de profs pour les encadrer. L'argument? avec un taux d'encadrement les pls élevés d'Europe, nos jeunes n'ont pas progressé en terme de résultats. Donc, le niveau d'encadrement n'est pas la clé du problème. Et que fait le gouvernement? il n'apporte de solution qu'en jouant sur cette même variable, qu'il considère pourtant lui-même inefficace. La réponse la plus adaptée? un grand débat national, sous forme de discussions en région, pendant la prochaine année scolaire, comme prélude à une grande réforme, globale et profonde, du système scolaire. Voilà ce dont nous avons besoin pour éclaircir l'avenir de nos jeunes.

2- le projet du gouvernement souhaite par ailleurs mettre un terme à l'organisation en trois filières du lycée général: après une année de seconde au cours de laquelle des options obligatoires permettent aux élèves de choisir leur voie, chacun d'eux réalise deux ans en section littéraire, économique ou scientifique. Les préjugés attachés à chacune de ces filières, notamment qui fait de la série S une section d'excellence où les meilleurs élèves sont concentrés (ce qui est, de fait, la réalité !), et le déséquilibre qui en est la conséquence en terme d'effectifs fait dire au président et au ministre que cette organisation mérite d'être rénovée. Ce qui n'est pas faux. Et, pour ce faire, le projet propose de déterminer un tronc commun, regroupant les matières incontournables (qui restent à préciser), au-delà duquel chaque élève pourra personnaliser sa formation en choisissant des options. Ce nouveau schéma, outre le fait qu'il suppose de constituer des classes regroupant les élèves ayant choisi les mêmes options, suppose que ces discplines soient encore enseignées dans tous les lycées. Or, réduction d'effectifs et concentration des élèves obligent, certaines de ces options ne seront ouvertes dans certains établissements à la rentrée. Où est la logique?

Mettons de côté le fossé entre discours et actes. Et intéressons-nous à ce nouveau système. Si une concertation permet de déterminer les matières communes (parmi lesquelles figureront induscutablement le français, les mathématiques, l'histoire-géographie et une langue vivante étrangère) et si les offres d'options, tantôt obligatoires tantôt facultatives, ne se font pas au rabais, afin que chaque élève personnalise sa formation dans un but professionnel, alors cette réforme serait excellente. Que le lycée, une fois le socle commun acquis au collège, devienne l'anti-chambre d'un parcours professionnel qui soit totalement cohérent, voilà qui va dans le bon sens. Aussi, le bac, dont l'option serait le premier pas de ce même parcours professionnel, doit devenir le premier vrai diplôme pour tout futur salarié. Donnons un exemple simple: pour un jeune souhaitant travailler dans un domaine où la maîtrise d'une langue est nécessaire, l'obliger à n'en travailler qu'une dans le cadre des matières communes (avec un nombre d'heures supérieur à celui qu'il est actuellement) et lui offrir la possibilité d'en apprendre une seconde dans le cadre d'une option uniquement facultative, permet de mieux le préparer à la suite de ses études. Mais, il faut que l'Etat se donne les moyens d'y parvenir !

3- pour cela, il reste un aspect, à mes yeux fondamental, que le pays doit examiner: celui du rythme scolaire. Avec près de trente-cinq heures de cours par semaine, sans compter le temps passé pour les devoirs et la préparation des devoirs sur table, et au moins quinze semaines de vacances, peut-on considérer que l'école prépare nos enfants à la vie active? Pas vraiment. Alléger les emplois du temps hebdomadaires tout en réduisant le nombre de semaines de vacances, y compris l'été, afin de maintenir le nombre annuel d'heures de travail leur permettrait d'avoir une idée du rythme de travail de tout salarié en France. La logique qui fait que les élèves attendent impatiemment les périodes de vacance parce qu'ils sont épuisés par des semaines longues et fastidieuses n'est pas le meilleur moyen de revaloriser le travail !! Sans compter que le problème des jours fériés, qui ne respectent que très peu la laïcité dont la France se veut porteuse, touche sans doute plus qu'ailleurs l'école.

Alors que le gouvernement souhaite "reconquérir le mois de juin", au cours duquel le taux d'absentéisme est impressionnant, encore faudrait-il que le mois de mai ne soit pas un gruyère, considéré par les élèves comme annonciateur des grandes vacances. Enfin, et je terminerais là cette longue (et passionnante) réflexion, il est nécessaire de revoir les programmes afin que ceux-ci apportent aux élèves l'impression de progresser de manière logique tout au long de la scolarité. Dans la discipline que l'enseigne, le problème ne se pose pas puisque nous étudions les différentes périodes de l'histoire de manière chronologique ! Mais, alors que le ministère demande aux enseignants de privilégier les approches pluridiscplinaires, qui permettent de montrer aux élèves que ce qu'ils apprennent peuvent avoir une utilité concrète car transversale, les programmes d'histoire et de français ne correspondent pas. Exemple, en classe de seconde: le programme d'histoire balaie la période Vème siècle avant JC - 1850 et celui de français s'arrête sur les XIXème et XXème siècles littéraires ! Tandis qu'en classe de première, le prof d'histoire traite de la période 1850-1945 pendant que son collègue de français examine les XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles !
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J
Quelques remarques un peu cinglantes mais, je le crois, indispensables ...<br /> 1. Sarko a clairement dit qu'il diminuerait les effectifs de la fonction publique. Il s'est fait élire, notamment, grâce à cela.<br /> 2. Habituellement, les élus, une fois élus, ne respectent pas les engagements qu'ils prennent. Avec Sarko, c'est l'inverse. Il va tenir cet engagement.<br /> 3. Ce pays a un vrai et grave problème avec sa fonction publique. Celle-ci n'a pas un niveau de productivité suffisant. Je le constate tous les jours en tant qu'agent public. C'est vraiment difficile de faire travailler un fonctionnaire qui ne veut pas vraiment travailler. Cela tient à un mécanisme simple : la garantie de l'emploi, absolue, même dans les cas de faute ou d'insuffisance de travail manifeste. Le vers est dans le fruit, y compris et même surtout dans la haute hiérarchie! Là aussi, je le constate dans ma propre administration ...<br /> 4. Plus spécialement, pour le corps enseignant (notez ce mot : "corps", révélateur d'un état d'esprit très caractéristique), le problème est aggravé. Un élève sur quatre entre en sixième sans savoir vraiment lire, écrire et compter! C'est INTOLERABLE ... 70% des enseignants sont des femmes qui choisissent ce métier à cause ... des horaires de travail qui leur permettent de concolier vie de famille et métier. Il n'y a que très peu de fibre d'engagement personnel ... et quand il y en a, c'est sur des bases idéologiques complètement dépassées (laïcité!). Je veux entendre des enseignants dire qu'ils se défoncent pour leur métier, faire preuve d'autorité dans leur classe, promouvoir la notion de sanction à l'encontre des fautifs (élèves!), ne pas prendre la défense de leurs collègues manifestement fautifs au nom de l'esprit de corps, etc, etc ...
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