Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
27 Mai 2007
Le gouvernement va décidément très vite: après que Sarko ait reçu les partenaires sociaux à déjà deux reprises, c'est la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, qui s'est entretenue avec les représentants de l'université, notamment les syndicats étudiants. Au menu des discussions figurait l'avenir de l'université, la ministre précisant que cette réforme d'envergure serait faite dans les prochains mois, l'ambition du gouvernement ne se limitant pas à la seule autonomie des universités. Il est en effet incontestable que le système universitaire français mérite une petite refonte, non que l'Etat ne consacre pas assez de moyens aux universités (il fait ce qu'il peut, vue la situation de la dette française), mais elles ont besoin de plus d'argent, qu'elles pourraient aller chercher ailleurs. Voici un tour d'horizon de quelques points sur lesquels il va falloir se pencher.
1- la juste reconnaissance des diplômes est une nécessité: comme le montre avec force la grève des infirmières, il existe une double crise en France concernant les diplômes. D'une part, certaines études ne sont pas reconnues à leur juste valeur, trois ans d'étude après le baccalauréat débouche sur... un Bac+2: cherchez l'erreur ! Il y a comme un petit problème... comme dans le cas des enseignants, qui préparent les concours d'enseignement avec une licence (Bac+3) en poche, l'année de préparation n'étant pas reconnue comme l'année du Bac+4.
2- la valorisation du baccalauréat: c'est le seule solution pour que les diplômes de l'enseignement supérieur reprennent, eux aussi, la valeur qu'ils ont perdu ces dernières années, certains jeunes, ayant de très hauts niveaux de diplôme, ne trouvant pas d'emplois correspondant à leur niveau d'étude. Je connais une personne qui, après avoir réussi un DESS trilingue (allemand-anglais), soit le niveau Bac+5, et après une année de stage en Allemagne, a dû passer le concours de professeur des écoles. Pour revaloriser le baccalauréat, il faut déjà donner un sens au brevet des collèges, qui n'a plus la même force que l'ancien BEPC: cet examen doit être le premier échelon que tout Français doit détenir, sanctionnant la période de scolarité obligatoire, et attestant de la maîtrise du "socle commun de connaissances".
3- le statut des stagiaires et l'entrée sur le marché de l'emploi: régulièrement, les stagiaires se joignent aux étudiants pour manifester leur mécontentement face à l'inexistence d'un statut spécifique des stagiaires, qui soit capable de les protèger. Minimum salarial et protection sociale sont des problèmes qui devront être abordés. Par ailleurs, pour les études longues, il ne serait pas inutile d'envisager une période obligatoire de stage, qui soit reconnue comme une première expérience (la fameuse "première expérience" que les employeurs demandent sur un CV), payée et inscrite dans le cursus universitaire.
4- les bourses et le logement: c'est l'un des chantiers prioritaires de la nouvelle ministre de l'enseignement supérieur. Chaque année, on parle de la revalorisation des bourses d'enseignement supérieur, d'en élargir les conditions d'admission (notamment pour l'échelon zéro qui permet d'exempter les étudiants des frais d'inscription) ou encore de construire de nouveaux logements étudiants pour accueillir les milliers d'étudiants qui galèrent pour trouver un chambre de 10m2 qui ne soit pas hors de prix: des avantages fiscaux pour les propriétaires, mettant des chambres à disposition, pourraient faciliter une baisse de ces loyers.
5- le financement des universités: la chaude question de l'autonomie des universités (qui risque de provoquer de nouvelles manifestations d'étudiants, d'autant plus que le projet pourrait être adopté durant l'été !) pose la délicate question du financement des universités. Pour que celles-ci soient à la hauteur de la compétititon mondiale en la matière, il faut qu'elles puissent diversifier leurs sources de "revenus": hausse des frais d'inscription (pour les plus modestes -dont je suis- qui paient moins de 5€ par an), partenariat avec des entreprises du secteur privé, participation des régions... sont des pistes à explorer. A condition que soit créé un fonds national, alimenté par les frais d'inscription de tous les établissements, dont l'objectif serait de redistribuer ces fonds aux universités en fonction de leurs besoins, afin d'éviter que les universités dépendent du public qu'elles accueillent.