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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Réforme de l'université: ça se précise

Le gouvernement va décidément très vite: après que Sarko ait reçu les partenaires sociaux à déjà deux reprises, c'est la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, qui s'est entretenue avec les représentants de l'université, notamment les syndicats étudiants. Au menu des discussions figurait l'avenir de l'université, la ministre précisant que cette réforme d'envergure serait faite dans les prochains mois, l'ambition du gouvernement ne se limitant pas à la seule autonomie des universités. Il est en effet incontestable que le système universitaire français mérite une petite refonte, non que l'Etat ne consacre pas assez de moyens aux universités (il fait ce qu'il peut, vue la situation de la dette française), mais elles ont besoin de plus d'argent, qu'elles pourraient aller chercher ailleurs. Voici un tour d'horizon de quelques points sur lesquels il va falloir se pencher.

1- la juste reconnaissance des diplômes est une nécessité: comme le montre avec force la grève des infirmières, il existe une double crise en France concernant les diplômes. D'une part, certaines études ne sont pas reconnues à leur juste valeur, trois ans d'étude après le baccalauréat débouche sur... un Bac+2: cherchez l'erreur ! Il y a comme un petit problème... comme dans le cas des enseignants, qui préparent les concours d'enseignement avec une licence (Bac+3) en poche, l'année de préparation n'étant pas reconnue comme l'année du Bac+4.

2- la valorisation du baccalauréat: c'est le seule solution pour que les diplômes de l'enseignement supérieur reprennent, eux aussi, la valeur qu'ils ont perdu ces dernières années, certains jeunes, ayant de très hauts niveaux de diplôme, ne trouvant pas d'emplois correspondant à leur niveau d'étude. Je connais une personne qui, après avoir réussi un DESS trilingue (allemand-anglais), soit le niveau Bac+5, et après une année de stage en Allemagne, a dû passer le concours de professeur des écoles. Pour revaloriser le baccalauréat, il faut déjà donner un sens au brevet des collèges, qui n'a plus la même force que l'ancien BEPC: cet examen doit être le premier échelon que tout Français doit détenir, sanctionnant la période de scolarité obligatoire, et attestant de la maîtrise du "socle commun de connaissances".

3- le statut des stagiaires et l'entrée sur le marché de l'emploi: régulièrement, les stagiaires se joignent aux étudiants pour manifester leur mécontentement face à l'inexistence d'un statut spécifique des stagiaires, qui soit capable de les protèger. Minimum salarial et protection sociale sont des problèmes qui devront être abordés. Par ailleurs, pour les études longues, il ne serait pas inutile d'envisager une période obligatoire de stage, qui soit reconnue comme une première expérience (la fameuse "première expérience" que les employeurs demandent sur un CV), payée et inscrite dans le cursus universitaire.

4- les bourses et le logement: c'est l'un des chantiers prioritaires de la nouvelle ministre de l'enseignement supérieur. Chaque année, on parle de la revalorisation des bourses d'enseignement supérieur, d'en élargir les conditions d'admission (notamment pour l'échelon zéro qui permet d'exempter les étudiants des frais d'inscription) ou encore de construire de nouveaux logements étudiants pour accueillir les milliers d'étudiants qui galèrent pour trouver un chambre de 10m2 qui ne soit pas hors de prix: des avantages fiscaux pour les propriétaires, mettant des chambres à disposition, pourraient faciliter une baisse de ces loyers.

5- le financement des universités: la chaude question de l'autonomie des universités (qui risque de provoquer de nouvelles manifestations d'étudiants, d'autant plus que le projet pourrait être adopté durant l'été !) pose la délicate question du financement des universités. Pour que celles-ci soient à la hauteur de la compétititon mondiale en la matière, il faut qu'elles puissent diversifier leurs sources de "revenus": hausse des frais d'inscription (pour les plus modestes -dont je suis- qui paient moins de 5€ par an), partenariat avec des entreprises du secteur privé, participation des régions... sont des pistes à explorer. A condition que soit créé un fonds national, alimenté par les frais d'inscription de tous les établissements, dont l'objectif serait de redistribuer ces fonds aux universités en fonction de leurs besoins, afin d'éviter que les universités dépendent du public qu'elles accueillent.

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L
Quelques remarques sans organisation.<br /> <br /> Concernant la reconnaissance des diplômes :<br /> <br /> C’est sûrement frustrant pour les étudiants de voir que trois années d’étude soient reconnues bac +2, et la demande de reconnaissance de ces années est légitime. Mais combien même cette demande est acceptée, quels en seraient les bénéfices concrets? <br /> <br /> Le fond du problème me semble être la revalorisation des connaissances et compétences et des salaires. Et cela passe par une voie plus compliquée que la simple reconnaissance sur le papier d’un bac + 2 ou 3 (qui n’aidera pas l’étudiant à trouver plus facilement un emploi) mais par une reconnaissance sur le terrain par la hiérarchie, les employeurs. Revenons pour exemple sur le milieu hospitalier ; (les infirmières, et c’est aussi valable pour les sages femmes, aides soignantes….) ces personnes recherchent d’une part une meilleure estime de leur travail qui est aussi épuisant et nécessaire que celui de certains médecins malgré un nombre d’années d’étude inférieur. Elles veulent aussi que cela s’en ressente sur la fiche de paie! <br /> <br /> Le niveau du bac :<br /> <br /> Je l’impression de radoter, mais c’est malheureusement vrai : le niveau empire pourtant on a de plus en plus de nouveaux bacheliers chaque année. Pour revaloriser le bac, il faudrait arrêter d’adapter le niveau par rapport aux élèves qui n’ont pas les capacités de suivre des études supérieures qui ne se donnent pas les moyens ou qui n’ont pas envie de travailler. Que l on accorde plus de temps pour un meilleur suivi des classes primaires oui. Certains élèves ont besoin de plus de temps pour maîtriser les bases, apprendre à écrire et compter correctement. Mais il faut arrêter de prendre les élèves pour des incapables, alléger les programmes au lieu de les « motiver » à travailler.<br /> « socle commun de connaissances » pourquoi pas, faut–il encore en connaître le contenu, et ne pas le pervertir. Le bac à l’origine devait assurer un certain niveau de connaissance!<br /> <br /> Bourses et financement des universités :<br /> <br /> Partenariat avec les entreprises du secteur privé et redistribution des fonds ne me semblent pas compatibles à première vue. Les entreprises privées ne sont pas prêtes à s’investir dans l’ensemble des universités mais dans leur domaine d’activité. On ne peut pas leur demander d’investir sans retombées directes du moins visibles. <br /> <br /> Quant au problème «d’éviter que les universités dépendent du public qu’elles accueillent », je doute que la participation aux frais d’inscription même si ces derniers augmentent représentent une large part des ressources des universités. Le risque est donc minime de ce côté-là. Certains vont s’inquiéter de l’influence des entreprises sur l’orientation des universités, mais est ce vraiment diabolique? L’université a pour objectif de donner des armes aux étudiants pour entrer dans le monde du travail. Ce que l’on reproche aux jeunes diplômés de l’université française, c’est d’être en décalage avec ce même monde du travail.<br /> <br /> Nombreuses sont les entreprises qui s’investissent déjà dans les écoles privées ou publiques réputées et dont les activités sont en lien avec leurs besoins. Elles offrent des stages et souvent des promesses d’embauche dès la sortie des écoles.<br /> Pourquoi ne pas essayer d’ouvrir les universités aux entreprises et suivre ce modèle ?<br /> En ce qui concerne l’augmentation des frais d’inscription, je crois qu’elle est nécessaire. Le montant est à discuter, mais on peut toujours comparer avec nos voisins pour s’en faire une idée. Cette mesure devrait toucher les familles plus aisées. Les étudiants boursiers sont de toute manière exonérés de frais et ne seront pas défavorisés. Pour ceux qui sont à la limite, on pourrait élargir l’echelon 0 ,ordonner les dossier (ce qui est déjà le cas)et y appliquer un taux de participation dégressif sur la base du montant pour les non boursiers.(non vraiment suis pas socialiste)<br /> De plus, cette mesure devrait un peu plus responsabiliser les étudiants. Pas besoin de faire un dessin sur l’absentéisme!<br /> <br /> <br /> J’en arrive donc à l’accès :<br /> L’acces est actuellement libre pour tout bachelier et ce quelque soit la filière. C’est un principe plutôt humaniste, mais combien n’ont pas leur place à l’université et abandonnent ou sortent au bout d’un an ou deux sans diplome? <br /> Que pensez-vous de limiter l’accès aux mentions ?<br /> <br /> orcéine<br /> <br /> <br /> pouvez vous donner plus d'info sur le"socle...."<br />
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A
Au-delà de la reconnaissance que je qualifierais de "morale", c'est bien sûre une reconnaissance financière qu'attendent ces diplômés. Dans l'un de mes articles sur le pouvoir d'achat (lisez-le en entier, en cliquant sur le lien: http://jes6.over-blog.com/article-4999512.html), je proposais de garantir à tous les salariés de France un salaire au moins égal au SMIC (pour que ce concept soit enfin une réalité). Sur la base de ce salaire minimal, seraient ajoutés des primes correspondant: 1- au niveau d'études (chaque année post Bac serait rémunérée), 2- à l'ancienneté (chaque annnée d'ancienneté étant elle aussi rémunérée). Cela existe déjà dans certaines entreprises (et dans une moindre mesure dans la fonction publique), mais cela mérite d'être généralisé.<br /> Je suis d'accord sur le fait qu'il ne faille pas ajuster le niveau du Bac à celui des élèves: mon idée est que tous les Français aient le brevet mais que seuls ceux qui méritent (vraiment) d'avoir le Bac se voient ouvrir les portes des universités. Ainsi, une sélection bien plus efficace et juste serait réalisée, plutôt que de limiter l'entrée à ceux qui en auraient les moyens ! Sur le socle commun de connaissances, faute de temps, je vous répondrai ce week-end, en publiant un article détaillé sur le sujet.<br /> Je suis également d'accord sur le rapprochement des universités avec les entreprises, qui investiraient dans les filières qui leur apportent des futurs salariés... la question de la redistribution des fonds concerne davantage les droits d'inscription, ainsi que les dotations des instances comme les Conseils régionaux et l'Etat lui-même. Sinonk, on s'oriente vers une université deux vitesses: des universités riches qui auront un caractère mondial et des universités à peine d'envergure régionale, qui ne feront qu'aggraver l'enclavement de régions peu attractives comme la mienne (la Picardie).<br /> Sans regarder un atlas, sauriez-vous citer les départements de la Picardie et leurs préfectures?... je suppose que non !! Les régions qui ont des problèmes doivent être aidées car souvent les conseils régionaux en font un maximum (je suis bien placé pour le savoir puisque je suis jeune conseiller régional !) mais n'ont pas de budgets à la hauteur de leurs ambitions. Enfin,à ceux qui répliqueront qu'il faut bien que la France compte des universités de renommé mondiale, je réponds que je préfère avoir des universités de bonne qualité sur tout le territoire, que de très bonnes universités dans les grandes métropoles et de moins bonnes universités dans les régions les plus pauvres. Mais, avec ceux-là, on ne pourra pas se mettre d'accord...
H
Je suis à la fois d'accord avec le bilan et les points sur lesquels il faut se pencher (même pas drôle ;)), en particulier sur "la valorisation du baccalauréat", chantier à la fois prioritaire et hautement sensible car teinté d'idéologie (malheureusement).<br /> <br /> Je souhaierais juste ajouter une piste à explorer, qui va compléter le point 5 sur les universités : leur réorganisation.<br /> <br /> En effet, il me semble que c'est depuis 1968, les universités sont éclatées. A titre d'exemple, la région parisienne comporte 18 universités !!!<br /> (http://www.parisetudiant.com/etudes/universites.php)<br /> <br /> N'est-ce aps trop ? Ne serait il pas plus efficace de les regrouper, ce qui éviterait un certain nombree de doublons administratifs et permettrait de mettre de l'argent ailleurs comme, au hasard, dans du matériel scientifique ? <br /> Cette découpe se justifie-t-elle encore aujourd'hui ?<br /> <br /> <br /> Hesnoone.
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A
Bien sûr: la réorganisation des universités passent par leur autonomie qui est censé leur assurer leur stabilité financière... encore faut-il, effectivement, que ces établissements soient cohérents. Mais, cette réforme profonde de l'université devra se faire dans la concertation, en mettant tout sur la table, y compris la question des grandes écoles, de leurs liens avec l'université, du problème de la recherche publique et de son financement, de la liaison lycées/univerités (ce qui suppose un service public de l'orientation autrement plus performant que celui qui existe aujourd'hui !).<br /> J'espère donc que le chantier que s'apprête à ouvrir la ministre de l'enseignement supérieur se fera sans a-priori, sans objectifs pré-définis, et dans une concertation exemplaire: on voit à quoi cela mène de ne pas consulter les étudiants sur ce qui les concerne...