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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Mon avis sur la lettre de Guy Môquet

Nombreux étaient sans doute les Français à ne pas connaître Guy Môquet (photo), ni l'homme, ni la lettre, avant que Nicolas Sarkozy ne l'évoque, durant la campagne et lors d'une émouvante cérémonie dans le bois de Boulogne, le jour de son investiture. Rendre un hommage aux jeunes résistants, qui plus est fusillés par les Allemands à quelques jours de la libération, est une démarche qui force le respect: l'émotion (les larmes même) était au rendez-vous lors de la lecture de cette bouleversante lettre écrite par un jeune homme de 17 ans !! La voix marquée par l'émotion, le nouveau président a rappelé son attachement à ce témoignage, souhaitant même que le texte soit lu, en début d'année, à tous les lycéens de France, pour que le message que véhicule cette lettre soit connu de tous. A priori, l'idée est séduisante mais (et là, c'est l'historien qui parle) il faut se méfier de ces raccourcis: lire la lettre de Guy Môquet d'accord, mais avec certaines conditions.

1- il serait sans doute contre-productif de faire lire cette lettre aux lycéens sans qu'elle ne fasse partie d'un cours sur la résistance, sur la France de l'après 1940: pour que les élèves en saisissent bien le sens et la portée, il faut que cette lettre soit un document d'appui du cours. Dès lors, peut-elle être considérée comme un document à connaître obligatoirement en vue de la préparation au BAC ou au brevet, comme un document à intégrer dans l'étude de la seconde guerre mondiale en classes de troisième et de première. La connaissance du contexte de sa rédaction et de la réalité de la résistance intérieure est nécessaire pour que la force de ce témoignage soit bien comprise des élèves. 2- la lecture, intervenant donc en cours d'année, ne peut se faire que dans un cours d'histoire et éducation civique, la lettre devant susciter un débat sur la citoyenneté française au XXième siècle. Elle deviendrait ainsi un des temps forts des programmes d'histoire, et surtout d'éducation civique, car c'est à partir d'exemples comme celui-ci que les enseignants peuvent forger chez leurs élèves une vraie culture civique.

Cette proposition pose une très bonne question: comment donner aux jeunes Français, futurs citoyens, une culture historique solide, qui fasse la part belle au patrimoine de la nation? Car, plus qu'une lettre, ce document est l'une des pièces de la mémoire nationale, au même titre que d'autres objets, dont regorgent les musées, ou encore que les nombreux monuments dont regorge le territoire. Comment faire découvrir le patrimoine français aux plus jeunes générations? 1- en les emmenant visiter les musées et monuments incontournables de la région où ils habitent: en tant que jeune conseiller régional de Picardie, j'ai pu constater à quel point les jeunes Picards connaissent peu leur région, pourtant l'une des plus riches du pays (elle compte par exemple six des quatorze principales cathédrales gothiques de France !). 2- en consacrant une journée par trimestre à une sortie pédagogique: la visite d'un lieu n'est productive que si elle se fait dans le cadre d'un cours et avec l'aide d'un guide-accompagnateur.

A travers ces journées, il s'agit de donner envie aux élèves d'aller visiter d'autres lieux avec leur famille ou entre amis, afin de mettre en pratique ce qui a été vu dans un cours, d'histoire ou d'éducation civique. Pour cela, il faut que le calendrier scolaire soit repensé, afin que des coupures nettes, de trois semaines par exemple, soient mises en place entre chaque trimestre (de douze semaine chacun, ce qui n'est pas exactement le cas aujourd'hui), lequel serait découpé en deux périodes (de six semaines chaune), séparées par une semaine de pause. Les vacances d'été pourraient par ailleurs être limitées à sept semaines, ce vers quoi elles tendent dans la mesure où, depuis quelques années, elles commencent début juillet pour commencer dans les tout premiers jours de septembre. Une réflexion sur le niveau horaire, et la possible généralisation de la semaine à quatre jours (au collège, mais peut-être pas au lycée) seraient aussi à mener. Un important chantier en perspective !

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H
Je suis presque d'accord, sauf sur un point : objectif "100% des Français doivent avoir le brevet". <br /> <br /> Pourquoi ? Par ce que cela me fait penser au "100% des Francais doivent avoir le bac". Quelle a été la conséquence de cette mesure ? Le niveau du bac a été abaissé année après année pour gonfler les stats, les professeurs ont reçu des consignes (véridique :'() disant qu'il fallait être indulgent lors de la crise du CPE par exemple (car l'interruption des cours aurait sinon fait baisser le poucentage de reçus...)<br /> <br /> Or, on ne doit en aucun cas abaisser le niveau du Brevet (déjà ridiculement bas : ma grand mère avait plus de niveau en sortant de primaire que moi en sortant de 3eme...)<br /> <br /> Donc, plutôt : tous les Français doivent maitriser les fondamentaux. Et faut-il attendre jusqu'en 3eme pour aquérir lesdits fondamentaux ? <br /> <br /> <br /> Hesnoone
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A
Sauf que "100% des Français au brevet" a plus de sens que "100% au Bac": une redistribution des heures de cours, la mise en option (valorisante) de certaines matières, le soutien scolaire gratuit pour les élèves en difficulté...  seraient des outils à expérimenter pour éviter d'avoir à baisser le niveau du brevet !! Je suis d'accord avec votre grand-mère: il faut dire que la mienne me le répète à chaque fois que le sujet est abordé !!
H
Tout d'abord : je suis entièrement d'accord sur les points 1 et 2, il me parait en effet évident que la lecture de cette lecttre ne peut être bénéfique que si cela a lieu au sein d'un cours complet sur cette période fort sombre, et fort compliquée, de notre Histoire.<br /> <br /> En ce qui concerne la diminution des vacacnes d'été, je suis plutôt contre pour une raison très simple : beaucoup d'étudiants ont besoin de travailler. Or, comme je ne suis en vacances que le 19 juillet a priori, j'ai bien vu à quel point cela était pénalisant de ne pas avoir ses deux mois complets.<br /> <br /> "Comment donner aux jeunes Français, futurs citoyens, une culture historique solide, qui fasse la part belle au patrimoine de la nation ?"<br /> Si les sorties pédagogiques que vous proposez me semblent être une excellente chose, on ne peut à mon avis aquérir une culture solide uniquement par ce biais, même, et cela est nécessaire, si elle sont le complément d'un cours complet.<br /> <br /> En fait, je pense que cette question ouvre un débat plus large, celui de la connaissance des aquis fondamentaux, à savoir un (gros) minimum d'histoire de notre pays, lire, écrire (en francais avant de parler d'autres langues, de grâce !) et compter.<br /> <br /> Je ne souhaite pas jouer les Cassandre, mais il me semble évident que le niveau baisse, les sceptiques pourront notamment comparer les contenus de manuels scientifiques et littéraires d'aujourd'hui et ceux d'il y'a quelques décennies.<br /> <br /> Pourquoi ? Juste un exemple personnel. si je sais aujourd'hui lire et écrire (presque) correctement, ce n'est pas grâce à mon milieu familial (même si j'y ai appris à aimer lire, ce qui est une grande chance) mais grâce à mon professeur de francais de 6eme 5eme. En effet, celle-ci pensait que l'on ne pouvait maitriser la langues francaise que via de longues dictées (au moins une page) toutes les semaines et beaucoup d'entrainement (au moins un exercice du Bled entre chaque cours). Mais, cela était contraire aux directives officielles : l'épreuve du brevet consiste en une "dictée" de 6 lignes et, pour la moitié des points !, une réécriture ! (ie mettre une phrase au pluriel dans mon cas).<br /> <br /> Que peut-on objectivement juger via un tel exercice ?<br /> Ne devrait-on pas arrêter que l'enfant a la science infuse et reconnaitre que certaine choses ne peuvent s'aquérir que par le travail ?<br /> Ne devrait-on pas cesser de déconsidérer les métiers manuels et de rabaisser les niveaux de nos diplômes ?<br /> Ne devrait-on pas cesser de pratiquer la politique du "bac pour tous" et apsser à "tout le monde doit maitriser les aquis fondamentaux en sortant de collège" ?<br /> <br /> Hesnoone<br />
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A
Concernant les vacances d'été, il s'agit bien sûr des vacances scolaires et non universitaires: seuls les élèves, dans la période de scolarité obligatoire, seraient concernés, l'aménagement du temps de travail au collège devant améliorer les conditions de travail devant conduire à la réussite au brevet.<br /> On sait bien que les universités ont leur propre calendrier de vacances, reprenant le calendrier scolaire pour les vacances intermédiaires. Le choix des dates et l'aménagement des emplois du temps par les universités serait possible sur celles-ci deviennent plus autonomes (voir l'article concerné).<br /> Enfin, pour répondre à votre remarque sur la baisse du niveau des élèves, je pense que la revalorisation du brevet doit être LA priorité, comme a voulu le faire M. de Robien en instaurant le "socle commun de connaissances" qui était une bonne mesure. Ma proposition phare, sur ce point est la suivante: ne pas rendre la scolarité obligatoire de 3 à 16 ans mais de la grande section de maternelle (tous les rapports montrent que les enfants qui n'ont pas fréquenté cette classe -non obligatoire- ont plus de difficulté que ceux qui sont déjà passé par la maternelle -même si ce n'est pas pendant trois ans) à l'obtention du brevet (car, aujourd'hui, il y a encore trop de collégiens, bien contents de quitter le collège en janvier, dès le seizième anniversaire passé !).<br /> Nous devons nous préoccuper de leur avenir et donc trouver une solution: 100% des Français doivent avoir le brevet, pour avoir un bagage minimal indispensable... et qui deviendrait le point de départ pour toutes les formations professionnelles, soit via le lycée et l'université, soit par des filières manuelles qui seront ainsi balisées et revalorisées (si elle repose sur l'alternance, bien plus attractive pour les jeunes !).