Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
2 Mai 2007
Comme je le soulignais dans mon article consacré au Parti démocrate, dont la naissance a été annoncée par François Bayrou la semaine dernière, une clarification de la grille politique française est plus que souhaitable. A la gauche de ce nouveau parti, désormais clairement au centre, il ne serait pas inutile de trouver un seul parti antilibéral, rasssemblant tous les tenants du "Non" de gauche à la Constitution européenne. Déjà cette partie de l'échéquier politique a échoué à ne présenter qu'un seul candidat pour la présidentielle, alors même que le mouvement unitaire né après le 29 mai 2005 le laissait supposer. Le résultat du 22 avril est en effet sans appel: non seulement, individuellement, ces candidats (en dehors d'Olivier Besancenot) ne sont pas en mesure de peser sur la vie politique française, mais leur score cumulé n'atteint que péniblement 9%, soit nettement moins qu'en 2002. En cas d'union, l'extrême gauche aurait pu revendiquer une cinquième place méritée ! Cette alliance verra-t-elle le jour? c'est ce qu'espère Gérard Lalot, de la fédéraion de l'Aisne (02) du PCF, dont je publie aujourd'hui une tribune parue dans le quotidien régional L'Union, et dont le titre est celui du présent article.
" Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle appelle à une forte mobilisation de toute la gauche pour faire barrage à une droite dure et inquiétante, dans un premier temps, et à un effort de réflexion et d'innovation politique pour construire une gauche radicale et d'union dans un second temps. La droite de N. Sarkozy n'est pas celle de J. Chirac, de V. Giscard d'Estaing ou du général de Gaulle. Elle est proche de celle que représente Le Pen et cousine avec celle de Mme Thatcher, de Reagan des années 80 et de Bush aujourd'hui. La France a su se prémunir en 81 de ce courant ultra-libéral qui a sévi notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Même si la gauche française a finalement été sensible à ce courant devenu dominant, elle a permis de conserver, en partie, l'originalité sociale française. Ensuite, malgré quelques tentatives, la droite de J. Chirac n'a pas pu remettre en cause ce "modèle français".
Aujourd'hui, le thatchérisme (dont on connaît les dégâts) est aux portes du pouvoir. Certes, le courant idéologique que représente S. Royal n'est pas des plus engagés contre le néolibéralisme. Il est même sensible aux concepts les plus libéraux. Mais les institutions de la Vème République nous imposent un choix entre les deux candidats élus par les électeurs. Dans ces conditions, la gauche doit se mobiliser de toutes ses forces pour barrer la route à la droite srakozienne en votant massivement pour S. Royal. Voilà l'urgence !
Ensuite, et sans perdre un instant, il convient, pour les communistes, pour le courant anti-libéral, d'intégrer cet échec et d'engager une véritable réflexion sur les causes historiques de cette situation. Il faut le faire en appréciant le contexte mondial, les rapports de force idéologiques, politiques... La France ne vit pas en vase clos. Il convient donc, d'une part de déconstruire les concepts néolibéraux qui dominent aujourd'hui la pensée politique pour travailler, enfin, à projet de société alternatif. Enfin, et dans un même mouvement, il faut élaborer et mettre en oeuvre une stratégie qui vise à construire une gauche radicale et d'union des gauches. "