Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
15 Septembre 2006
Si vous avez regardé hier l'émission de France 2 ("Question ouverte", à 20h30) ou si vous en avez eu écho, vous savez à quoi correspond cette petite phrase. Et même sans l'avoir entendu, vous devez avoir une petite idée de son auteur, car elle lui va comme un gant: c'est (presque) le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy. Maintenant, c'est fait, le ministre de l'Intérieur est en campagne pour la prochaine présidentielle; voici trois indices: 1- son récent voyage à New York pour prouver sa capacité à gérer les dossiers internationaux; 2- lors de l'émission en question, Nicolas Sarkozy se présentait avant tout (à plusieurs reprises) comme le président d'une formation politique, voire du premier parti de France; 3- il s'entoure de conseillers politiques qui (sans doute sur ses ordres) lancent des pistes de débats et affirme qu'il les résoudra lorsqu'il sera "en position d'agir" ("Question ouverte" hier soir).
Depuis qu'il ne fait plus l'ombre d'un doute qu'il sera le candidat de l'UMP (depuis la chute de Villepin dans les sondages de popularité), Nicolas Sarkozy investit tous les terrains, se place en permier ministre dans les situations de crise (on souvient allant aider Luc Ferry pour rencontrer les syndicats d'enseignants) et alimente le débat et la contradiction. Contrairement à ceux qui gardent leurs solutions pour les ressortir au moment des élections, le ministre de l'Intérieur lance des réflexions assez régulièrement, chaque fois pour tester la résistance d'un PS divisé à l'intérieur, et sérieusement contesté sur sa gauche. Le président de l'UMP, dont la proximité avec les grands de ce monde (notamment dans le milieu financier) est parfois dénoncé, ne participe pas toujours aux grands débats de contradiction: la promotion de son dernier livre, qui paraît-il est un succès, a été orchestrée au millimètre avec, dans l'émission de Franz-Olivier Gisbert, d'autres auteurs à succès acquis à sa cause... quoi qu'il en soit, il a la capacité de susciter, par ses phrases, les mots qu'il emploie ou ses déplacements, la polémique dans tout le paysage politique, forçant ses adversaires à se positionner. C'est aussi un bon moyen de tester la fidélité de ses proches: les deux derniers débats lui ont permis de constater une divergence d'opinion avec Dominique de Villepin qui, par opportunisme ou par honnêteté intellectuelle, s'est positionné à l'opposé de son numéro 2. Le premier ministre rejette ainsi la suppression de la carte scolaire, et préfère son assouplissement, puis se dit hostile à une réforme des régimes spéciaux des retraites, car elle montrait les Français les uns contre les autres.
Par l'intermédiaire de François Fillon, présentit pour occuper Matignon en cas de victoire de Sarkozy en 2007, ce dernier a lancé un nouveau pavé dans la marre de la gauche, qui se débat tant bien que mal avec: le sujet divise les partis de gauche, opposant une nouvelle fois les anti-libéraux (qui parlent toujours d'une même voix sans se mettre d'accord sur une possible candidature unitaire) et les social-démocrates. On sait d'ores et déjà que les syndicats appellent à des manifestations, voire à des mouvements de grève (à la SNCF), début octobre pour protester contre ce qui n'est encore qu'un projet, même pas abordé par le gouvernement !! On voit ici à quel point les syndicats de ces entreprises sont arc-boutés sur leurs privilèges. Or, comme l'a dit hier le président de l'UMP (qui, parce qu'il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, il sait séduire le Français moyen), la situation actuelle ne peut pas durer et appelle une réforme, à laquelle 59% des sondés sont favorables. Au nom de l'égalité républicaine, pour mettre fin à des privilèges autrefois justifiés et redresser la situation financière des retraites, il est nécessaire de mener une telle réforme, qu'il place comme prioritaire dans son programme de l'après-2007. Le ministre de l'Intérieur propose, argumente et concentre autour de lui une part d'électeurs encore indécis... sa côte va sans doute remonter et le scrutin d'avril prochain n'en est qu'encore plus incertain. Mais ça, on le savait déjà !!
Le président de l'UMP sait aussi touché les classes populaires, les "plus modestes", lorsqu'il évoque le dossier de la carte scolaire: dans "Question ouverte", il fustige un système reposant sur l'injustice, dont les plus modestes sont les victimes car, aujourd'hui, des contournements à la carte scolaire existent. Ainsi, les plus fortunés ou ceux qui ont les bonnes relations peuvent faire changer leur enfant d'établissement (en le choisissant), soit en payant les frais dans les établissements privés, soit en achetant un appartement dans le secteur d'une meilleure école. Ce type de discours va encore en convaincre plus d'un: la chasse aux électeurs est ouverte !!