Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
15 Septembre 2006
Les articles de cette rubrique font, chaque semaine, la synthèse des interventions d'invités politiques de la nouvelle émission "A sa place, vous feriez quoi?", du lundi au jeudi sur France Info et i-Télé. A chaque jour, un invité appelé à se prononcer sur le thème retenu, en répondant à la question "à la place du ministre concerné ou du président de la République, qu'auriez-vous fait?" L'article qui suit reprend tout ou partie des quatre thèmes abordés en soulignant la réaction face à l'actualité ou la proposition concrète de l'invité concerné. Enfin, pour finir, mon jugement sous la forme d'une appréciation générale, lançant ainsi le débat, à l'attention des lecteurs: à chacun de se faire son opinion, en laissant un commentaire.
Thème 1: la voix de la France dans le monde. Invité: Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères. Prenant pour exemple le confit entre Israël et le Hezbollah, il souligne que la guerre israélo-palestinienne ne trouvera pas de solution sur le plan militaire et que seule la diplomatie active des pays occidentaux y parviendra. Ainsi, le chef de la diplomatie rappelle la volonté de la France de relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, sur les bases d'un dialogue constructif entre les civilisations. Cette méthode est, pour lui, la marque de fabrique de la France, qui fait passer avant tout les intérêts des peuples dans la recherche de solutions aux situations les plus périlleuses... et c'est sur cette base que Paris entend défendre un nouveau projet de Paix au Proche-Orient, qui apporte une réponse globale à la situation de la région toute entière car de la résolution du conflit israélo-paelstinien dépend la stabilité de la région. Très bon
Thème 2: la France qui coule. Invité: Nicolas Baverez, auteur de "La France qui tombe" et, ce mois-ci, de "Que faire? Agenda 2007", publiciste étiquetté à droite. Il est l'un de ces déclinologues qui, à longueur de livres et de théories largement libérales, dénonce une France des assistés en déclin (économique). Pour lui, l'échéance de 2007 est une chance car elle permettra de mettre fin à un quart de siècle de mensonge et de démagogie, pour laisser place au débat, à la réflexion et à la pédagogie (nécessaire pour expliquer aux Français les sacrifices qu'ils auront à faire pour redresser le pays par de profondes réformes). Il propose deux grands axes d'action pour le prochain septennat. D'abord une réforme des institutions avec l'instauration d'un régime présidentiel, supprimant la fonction de premier ministre, qui n'est autre que le masque derrière lequel un président (que les institutions actuelles laissent irresponsable) se réfugie. Ensuite, une relance de la production industrielle, pour laquelle il met en garde contre la démagogie (du PS): plus de travail = plus de richesses = plus de pouvoir d'achat (et non l'inverse). Intéressant
Thème 3: la réforme de la justice. Invité: Eric Halphen, ancien magistrat (notamment, dans l'affaire des HLM de Paris) et proche de Jean-Pierre Chevènement depuis 2002. De par son expérience professionnelle, M. Halphen propose une réforme profonde de la justice, dont il dresse les grandes lignes dans son ouvrage intitulé "Le bal des outrés" (44 propositions), abordant notamment trois sujets sensibles. 1- la réforme du statut pénal du chef de l'Etat (une des promesses non tenues du candidat Chirac en 2002): levée de l'immunité du président de la République et renforcement du rôle du Conseil Supérieur de la Magistrature qui serait chargé des nominations aux plus hautes fonctions judiciares (sans intervention du pouvoir exécutif, comme c'est le cas en ce moment). 2- la réforme du statut pénal de l'élu: inéligibilité à vie et systématique des élus condamnés par la justice dans le cadre d'affaires de financement occulte, de fraudes, de détournements de fonds... en lien avec la fonction politique occupée. Il en profite pour exprimer sa désolation de voir Alain Juppé revenir à la mairie de Bordeaux sans même attendre l'expiration légale du mandat de son successeur. 3- à propos des mesures annoncées par le gouvernement après l'affaire d'Outreau, il se dit favorable à l'installation de caméras pour filmer les gardes à vue, et les auditions par le juge d'instruction, ces cassettes constituant des preuves de dernier recours devant un tribunal. Il conclut en souhaitant que des moyens financiers, mais surtout humains, soient accordés à la justice dans le cadre d'une réforme plus complète dans l'immédiat après-2007. Très bon