Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
16 Août 2006
C'est l'un des débats relancés par les récentes prises de position de Ségolène Royal et par le projet PS pour 2007, le mariage homosexuel revient sur le devant de la scène, après le mariage organisé à Bègles par Noël Mamère. Comme toutes les questions de société, telle la question de l'euthanasie, ce sujet intéresse (plus qu'il ne passionne) les Français, ainsi que leurs élus: pour preuve, ce collectif de maires qui veulent s'opposer à cette possibilité du mariage homo, s'accompagnant de l'homoparentalité (c'est-à-dire du droit à l'adoption pour les couples du même sexe). Je vous laisse le soin de lire la déclaration de ce collectif, baptisé "Maires pour l'enfance", sur leur site en cliquant ICI. ll n'est pas question ici de donner un point de vue, qui n'est que personnel, ou d'inciter le lecteur à pencher pour mon propre avis, mais voyons les arguments employés par ceux qui se sont emparés du sujet. Les maires opposés à cette mesure attire l'attention sur la place des enfants dans le projet d'homoparentalité: il est aisé à comprendre que des enfants élevés par deux hommes (plus que par deux femmes d'ailleurs) soient des proies faciles, pour des camarades de classe pas très intelligents, et que cela leur fasse courir le danger d'un mauvais développement de la personnalité. Les personnalités favorables au mariage homosexuel mettent en avant l'égalité de tous devant le bonheur (par exemple) et donc la nécessité de donner à ces personnes qui s'aiment le droit de s'unir civilement: il est vrai que pour les tenants du socialisme humaniste cet argument fait sens.
Mais, au-delà des arguments de chacun, c'est la conviction personnelle des citoyens qui doit s'exprimer: on pourra répondre à ceux qui s'y opposent que les études menées en Europe du nord sur l'équilibre psychologique des enfants de couples homo montrent que ces enfants ne sont pas moins heureux que d'autres enfants. Certains psychologues mettent ainsi en avant que les enfants élevés par deux personnes du même sexe, qui ont fait la démarche de l'adoption par désir d'enfant, sont même mieux élevés et équilibrés que certains enfants confrontés au divorce de leurs parents hétérosexuels. A ce qui prêche l'égalité de tous, certains rappelleront que ce type de mariage est contre nature car il n'unit pas un homme à une femme, mais deux personnes qui ne peuvent se reproduire ensemble. Tous ces débats sont nécessaires pour que chacun se fasse sa propre opinion. Mais, comme le souligne Jacques Heurtault sur son blog (lire son article sur le sujet), cette question doit être extraite du jeu politicien traditionnel, pour deux raisons: 1- ce débat transcende les clivages politiques: tous à droite n'y sont pas hostiles, et tous à gauche n'y sont pas favorables. 2- l'électeur, au moment de la présidentielle, ne va pas faire son choix sur cette seule question (qui est loin d'être prioritaire) donc l'inscrire dans un programme est un faux sens. J'irai même plus loin: le PS aurait mieux fait de proposer une révision constitutionnelle qui permette d'inscrire dans le Constitution l'obligation d'une consultation référendaire pour tous les sujets de société, comme celui-ci ou celui de l'euthanasie.