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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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De Toronto au Cap: le SIDA dans le monde

Depuis ce week-end, des spécialistes du SIDA de tous les continents et de très nombreux pays se réunissent à Toronto (Canada) pour faire à la fois un bilan de la pandémie de SIDA apparue au début des années 1980 et proposer des solutions dans la lutte contre ce fléau mondial, le plus grave jamais connu. A cette occasion un symbole fort a été choisi: les spécialistes, qui se battent contre cette maladie depuis vingt-cinq ans, espèrent en venir à bout d'ici à vingt-cinq ans ("Ne permettez pas qu'il y ait un 50ème anniversaire"). Mais, dans le même temps, ils interpellent autant les pouvois politiques que financiers, sans qui cette bataille serait perdue d'avance: pour combattre cette maladie, on a plus que jamais besoin de moyens financiers collossaux et d'une réelle volonté de la part des pays riches. En effet, et tout le monde en est conscient, ce sont les pays pauvres qui sont bien sûr les plus touchés, faute de soin, faute de prévention et de protection, alors même que la prévention dans les pays riches produit ses effets. Si le nombre de contaminations se stabilise à l'échelle mondiale, c'est davantage à lier à la baisse du nombre de nouvelles contaminations annuelles dans les pays riches qu'à une stabilisation du nombre de nouvelles contaminations dans les pays pauvres. Comme dans tous les domaines, ce sont donc les plus vulnérables qui paient de leurs vies: les populations essentiellement africaines et asiatique paient un lourd tribut, regroupant près de 90% des malades (75% du total mondial en Afrique sub-saharienne)... et seulement 10% des traitements.

 

Le bilan de cette pandémie mondiale (la plus grave que l'homme n'ait jamais connu) est particulièrement éloquent, la seule volonté d'attirer l'attention sur les orphelins du SIDA en Afrique illustre les ravages de cette malade, particulièrement dans les pays pauvres. Pendant la séance d'ouverture, des grands-mères sud-africaines sont venues raconter leur quotidien: après la mort de leurs enfants (et de leurs conjoints) du SIDA, ces personnes âgées, parfois elles-mêmes atteintes, doivent élevées plusieurs de leurs petits-enfants, les nourrir, les vêtir... sans aide financière particulière. Symbole particulièrement fort: environ 200 grands-mères venues de toute l'Afrique (où on dénombre 13 millions d'orphelins du SIDA) ont donné la main à envrion 200 grands-mères canadiennes, sur la scène de la conférence, pour sensibiliser les participants à leur problème. Alors que les experts évaluent à 15 millions le nombre d'orphelins africains d'ici à quatre ans, l'ONU et les Etats-Unis ont appelé à trouvé une solution rapide au sort de ces enfants dont le bon développement (physique et moral) est plus qu'incertain. Sans compter les milliers d'enfants, eux-mêmes infectés, non scolarisés et contraints à la mendicité. Quelques chiffres: 4,1 millions de nouveaux contaminés en 2005, 38,6 millions de malades actuellement, 18,8% d'adultes séropositifs en Afrique du sud et un taux en progression en Inde et Europe de l'est. Le graphique ci-dessus montre l'évolution du nombre de séropositifs depuis la découverte de la maladie.

Et, pourtant, il y a des raisons d'espérer: la première d'entre elles étant la conclusion d'un rapport présenté lors de cette grande réunion. En Zambie, une étude menée par des ONG avec le concours du gouvernement local montre que les programmes de traitements anti-sida sont efficaces, malgré le manque de structures... la seule bonne volonté et la coopération de tous les acteurs permet donc d'espérer. L'étude a pu aller à son terme grâce à la gratuité des traitements, l'informatisation des données concernant les patients et la mise en place de structure d'accueil pour le suivi des patients. Ainsi, si le taux de mortalité restait élevé dans les premiers mois de ce programme, il a finalement atteint le chiffre de 5%, soit un taux proche de celui observé dans les pays riches. Autre espoir: celui d'un traitement moins onéreux, que les laboratoires pharmaceutiques amricains ont mis au point, et qui pourrait être commercialisé sans que de gros bénéfices ne soient enregistrés. Une chose est sûre: la mobilisation est mondiale et dépasse les enjeux politiques: chaque pays doit contribuer à cette lutte, chaque bonne volonté doit apporter son soutien, à l'image de Bill Clinton et Bill Gates, dont les fondations respectives prennent part à ce combat, sur le front de la recherche scientifique. En plus de 500 millions de dollars de don au Fonds mondial pour le SIDA, la fondation de l'ex PDG de Microsoft (l'homme le plus riche de la planète, photo) finance à hauteur de 287 millions de dollars la recherche sur des vaccins préventifs... Un grand merci s'impose pour ce couple de philanthropes sincère et dévoué pour la cause qu'ils défendent depuis longtemps !! Grâce à de telles actions, la "happy end" tant souhaitée se rapproche plus vite car, sur ce sujet au moins, il n'y a pas de miracle à attendre (35% croient au miracle selon un sondage TNS Soffres publié aujourd'hui !).

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