Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

Publicité

JES: un triptyque en plein dans l'actu

Lorsque j'ai commencé l'aventure sur la blogosphère, en décembre 2005, j'étais au tout début de ma réflexion politique. Je venais d'obtenir, depuis moins de deux ans, le droit de vote... que j'ai exercé dès les régionales de 2004. Me sentant de gauche, n'ayant pas été convaincu par les socialistes (j'allais adhérer au PS un an plus tard, alors que les présidentielles se profilaient), j'avais voté communiste. Comme tout être "normalement" (mais qu'est-ce que la norme?) constitué, idéaliste aux accents presque révolutionnaires, mon jeune âge me faisait pencher très à gauche. Et cette construction intellectuelle, notamment forgée par le référendum sur le TCE (auquel j'ai voté "oui" considérant que les bénéfices de la constitution Giscard - c'est-à-dire les grandes lignes du traité de Lisbonne - étaient plus nombreux que les méfaits) et la campagne présidentielle, a dévié vers le centre, au point que je soutiens le rapprochement de la gauche modérée avec le MoDem en vue d'une grande alliance du centre dans les prochains rendez-vous électoraux. Et c'est en 2005, alors qu'il me fallait choisir le nom de ce blog, que j'eus l'idée de m'inspirer du "liberté, égalité, fraternité" qui trône sur le fronton de nos mairies pour créer "justice, équité, solidarité". Un triptyque dans lequel, de l'avis de plusieurs des plus fidèles lecteurs du blog, il manque la liberté. Première des valeurs pour laquelle nous devons en effet nous battre. Mais, tout à l'heure, à la lecture de l'éditorial de Renaud Dély, grand reporter de Marianne ouvrant la double-page du "Courrier des lecteurs", ce trio - que je vais justifier plus loin - s'est trouvé renforcé.
 
Jugez plutôt. Sous le titre "la taxe de l'injustice", l'ancien journaliste de Libé écrit: "c'est peu dire que la décision de la BNP Paribas de réserver plus d'un milliard d'€uros pour récompenser ses traders vous choque... C'est bien un grand cri de colère qu'expriment les lettres reçues cette semaine. Un signe de plus que c'est une certaine idée de la justice qui est aujourd'hui en cause, une certaine idée de l'équité piétinée par les agissements d'une poignée de privilégiés qui se pensent intouchables ! Pour eux, la solidarité est un vain mot, presque un gros mot. Et, alors que la crise a déjà laissé des dizaines de milliers de travailleurs précaires sur le carreau, les classes moyennes, en voie de paupérisation, qui économisent déjà sur tout ou presque, se retrouvent dans le viseur fiscal du gouvernement. Inventer une taxe carbone pour punir les automobilistes plutôt que de supprimer le bouclier fiscal qui ne profite qu'aux plus riches, voilà un choix éminemment politique qui en dit long sur l'orientation de ceux qui nous gouvernent". Et les pages qui suivent cet édito, composées de lettres de "simples" citoyens, regorgent d'analyses fines, desquelles il faut s'inspirer: 1- le libéralisme capitaliste tel qu'il existe aujourd'hui est créateur d'inégalités, les rangs des précaires (des "exclus", selon un lecteur) grossissant bien vite, faute d'être aussi bien aidés par les Etats que ne le sont les plus nantis; 2- un autre lecteur propose de taxer les mouvements financiers en fonction de leur volatilité (le trader qui vend et achète à longueur de journée, spéculant plutôt qu'investissant dans des entreprises productrices de richesses à partager, étant ainsi pénalisé); 3- un autre encore réagit à la proposition du secrétaire d'Etat à la coopération d'aider l'Afrique en organisant un loto auquel, par définition, les moins riches jouent le plus, dans l'espoir d'empocher un gros lot qu'ils ont une chance sur plusieurs millions de décrocher; 4- rappelant que la voiture est un outil de travail pour de nombreux salariés contraints de parcourir de plus en plus de kilomètres après avoir été licencié de l'usine de leur commune, une adjointe au maire déplore une taxe carbone qui va d'abord toucher les plus faibles; 5- enfin, déplorant l'absence de "bouclier pour les pauvres", un lecteur se désole que, pour financer le Grand Paris, les députés proposent d'augmenter le prix des contraventions, ce qui revient à taper encore et toujours sur les automobilistes.
 
Bref, vous l'aurez remarqué: en deux phrases, l'auteur de l'édito des lecteurs a utilisé les trois mots magiques, dans le bon ordre. Le tiercé gagnant ! Car, en ces temps troubles, où un autre monde reste à inventer, où l'univers de la finance mondialisée est à bouleverser pour la placer au service de l'homme, ces trois mots ont un sens précis. Les lecteurs de Marianne les justifient à eux seuls; à moi de m'y risquer. En commençant par justifier l'absence du mot "liberté" dans ce triptyque: cette valeur, que je n'hésite pas à qualifier d'universelle, est le socle même d'un régime démocratique qui, en France, est solidement implanté. Dès lors, il ne s'agit plus vraiment de nous battre pour la liberté, mais d'afficher les autres valeurs en lesquelles nous croyons. Ainsi, la justice, l'équité et la solidarité constituent davantage les trois piliers d'un programme politique, partisan, avec lesquels certains peuvent ne pas être d'accord. Prenons un exemple concret: si je n'ai pas choisi d'utiliser le mot "égalité", le remplaçant par l' "équité", c'est pour des raisons politiques que certains, notamment à l'extrême gauche, ne partagent pas. Ceux qui parlent d'égalité veulent voir tous les hommes posséder les mêmes choses, avoir le même salaire (d'où la proposition de Besancenot d'accorder aux élus la moyenne de ce que gagnent leurs administrés). Ceux qui, comme moi, lui préfèrent l'équité admettent qu'en fonction des talents, des compétences et des efforts des uns et des autres, l'égalité de tous les hommes est impossible. Voire injuste. Qu'il existe des écarts de salaires entre un patron dont la responsabilité est grande et un ouvrier d'usine, cela ne me choque pas. Mais, pour être équitable, cet écart doit être raisonnable. C'est ce qui me différencie d'une droite ultra-libérale qui se satisfait de voir les soi-disants "meilleurs" gagner en un mois ce que leurs employés mettront une décennie à obtenir à la sueur de leur front.
 
Le programme politique que je défends, de centre-gauche, se base donc sur cette défense de l'équité entre les hommes. L'égalité salariale entre hommes et femmes, la réduction des écarts de salaires vers une meilleure redistribution des richesses au détriment du capital, l'amélioration des conditions de travail et une vraie prise en compte de la pénibilité, la convergence des systèmes de retraite (entre public et privé) font partie des chantiers à aborder. Il est un autre domaine dans lequel l'équité, qui existait auparavant, a été considérablement ébranlé par la politique sarkozyste: il s'agit de la fiscalité. Plusieurs lecteurs de Marianne le font habillement remarqué, dont un Internaute qui nous offreun "petit lexique économique codé: 1- don aux agriculteurs signifie prêt; 2- prêts aux banques signifie don; c'est simple, non?". L'abonné qui raille l'idée d'une loterie pour l'Afrique argumente ainsi: "alors que la politique fiscale du gouvernement s'apparente à une grande roue de la fortune où toutes les cases seraient gagnantes pour les plus riches (bouclier, droits de succession, réforme de l'impôt sur le revenu...), on propose donc de financer l'action publique par des jeux de hasard !". Notre pays aurait bien besoin d'une politique d'équité fiscale, qui se baserait sur deux points: non à l'impôt unique pour tous (taxer autant le patron et sa femme de ménage, pour reprendre une image simple) et donc oui à l'impôt progressif; lutte acharnée contre les exonérations et autres ristournes qui créent des injustices entre les contribuables. Equité fiscale et justice sociale sont, à mes yeux, deux impératifs qu'une solidarité solide (entre les travailleurs, les cotisants, les générations) doit faciliter: dans un système où chacun donne selon ses moyens (d'où ma proposition de réduire le nombre des non imposables pour qu'ils s'acquittent d'une somme dérisoire, symbolisant leur contribution au bien national) et reçoit selon ses besoins, la cohésion nationale est préservée. C'est ce pour quoi nous (l'alternative au sarkozysme, la gauche) devons lutter !

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article