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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Le désir d'un espoir à gauche

Je désespérais, pas plus tard que samedi, en commentant l'université d'été d'Europe Ecologie, de cette gauche émiettée dont aucun des leaders n'a eu l'idée de faire se rencontrer des personnalités d'horizons différents. Mea culpa: je l'avais rêvé et, faute d'information, l'eurodéputé et (ancien?) proche de Ségolène Royal, l'excellent Vincent Peillon (que j'imagine bien premier ministre dans peu de temps... après 2012, bien sûr) l'a fait. Il vient de réunir, sur une même photo, l'ancien secrétaire général du PCF, Robert Hue, devenu sénateur et qui se ressent pousser des ailes sur les plateaux télé, le leader écolo "Dany" Cohn-Bendit, la vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez et le centriste Jean-Luc Benhamias. Un casting alléchant représentant, d'après son initiateur, les "progressistes" qui veulent, du centre au plus profon de la gauche, bâtir cette alternative à la politique de Nicolas Sarkozy. Sur la forme, un grand bravo à M. Peillon en qui j'ai personnellement une grande confiance. C'est tout simplement excellent et, pour donner un semblant d'avenir et d' "espoir à gauche" (c'est le nom de son courant), cette réunion - qui n'est qu'un début de rapprochement, plus symbolique que vraiment effectif - ridiculise les tentatives timides de Martine Aubry de bâtir la "maison commune de la gauche". Un seul petit regret: préférant jouer les figurantes sur la photo de famille, façon grand rassemblement des ennemis d'hier, la présidente de Poitou-Charente est - à mon avis - la grande absence de la photo de Marseille. Peut-être contentée par son rôle de représentante du parti à l'international, Mme Royal ne semble plus mettre autant d'entrain à rénover son parti, si ce n'est en attendant une rentrée médiatique qu'elle saura occuper. Le show de Peillon a en tout cas permis de poser une question essentielle, que la première secrétaire ne pourra plus éviter d'un simple revers de main: l'alliance, dès le premier tour, voire au second (lors des régionales, comme pour la prochaine présidentielle), avec le MoDem est-elle à envisager? Pour l'instant, il ne s'agit pas d'y répondre (quoique, personnellement, j'ai déjà ma réponse). Mais au moins de poser le débat et de demander aux militants, aux sympathisants, aux Français ce qu'ils en pensent.
 
Car, si le PS veut se rénover de l'intérieur, il va bien falloir laisser tomber les décisions prises rue de Solferino ou par les seuls membres du Conseil national. Le débat - que ce soit entre militants dans les sections, ou mieux, directement avec les Français à l'occasion de réunions publiques locales que les secrétaires de section pourraient animer - doit devenir le socle de la refondation. Discuter des vrais sujets, les plus importants (le problème des alliances est autrement plus important que le choix du présidentiable). Donner la parole aux militants par des référendums internes. Bref, faire dans le parti ce que l'on voudrait qu'un chef d'Etat fasse dans le pays, à savoir consulter ceux dont il est le représentant. La première secrétaire va devoir comprendre qu'elle doit son poste à 50,05% des militants et que, si elle veut rassembler en ayant la confiance des 49,95% d'autres, il faut vraiment changer. Et pas troquer la synthèse molle sauce Hollande contre la prise de décision unilatérale, dans son bureau, en ballayant d'un revers de main toute proposition innovante ne venant pas de ses propres rangs. D'ailleurs, même lorsqu'un de ses lieutenants fait une proposition, il lui arrive de ne pas être écouté. Prenons Arnaud Montebourg: avec sa fête de la rose, à laquelle ne participait pas non plus Ségolène (encore une occasion manquée), le cumulard de Saône-et-Loire et promoteur d'une VIème République a eu l'occasion (médiatique) de lancer un débat que la maire de Lille refusait d'entendre. Le PS, et toute la gauche en général, doit-il choisir son futur candidat à la présidentielle à l'aide de primaires? Si oui, selon quel calendrier et avec quels votants? M. Montebourg, secrétaire chargé de la Rénovation, a pondu un rapport qui donne à la direction toutes les réponses. Le but du député n'est pas de lancer le processus mais de créer le débat au sein du parti pour que, si une majorité se dit favorable aux primaires, les conditions de leur organisation soient définies. Rien de plus. Désormais, même M. Fabius se dit convaincu que des primaires sont "inévitables" à gauche.
 
Le parti va donc tenir son Université d'été "officielle" le week-end prochain, à La Rochelle. Et, cette fois, Martine Aubry est au pied du mur car en deux "rendez-vous" (qualificatif utilisé dans l'entourage de l'ancienne ministre pour qualifier les rassemblements de Peillon et Motebourg), les deux sujets centraux de la reconstruction de la gauche sont sur la table. Les ignorer c'est mener le parti dans le mur, le pied sur l'accélérateur. Les étendre, c'est peut-être l'occasion, pour elle, d'apparaître comme une dirigeante capable d'entendre, de faire des concessions, de revenir en arrière sur ses certitudes. Bref, c'est faire tout ce que Sarkozy ne sait pas faire, tout ce que les Français attendent d'un "bon" président. Et, cerise sur le gâteau, elle n'a plus aucun effort à faire: une fois ces deux sujets traités, dans l'ordre, la gauche verra le ciel qui la surplombe s'éclaircir. En acceptant, dans un premier temps, de mener bataille commune du PCF au MoDem (en écartant, bien sûr, ceux qui tapent plus facilement sur le PS que sur Sarko et qui, d'ailleurs, ne veulent pas entendre parler d'une gauche unifiée) puis, dans un deuxième temps, en donnant à cette coalition "arc-en-ciel" l'occasion de se choisir un unique leader, pas forcément socialiste, qui puisse affronter Sarko projet contre projet, on se donne une belle chance de gagner en 2012. Car, comme le disait Robert Hue à Marseille: "l'erreur serait de ne pas nous rassembler car la droite, elle, est rassemblée". Ce que la droite a fait sous Chirac, en tirant les leçons de sa division de 1995, et en créant un grand parti d'union, animé de courants (très) variables mais complémentaires, la gauche doit le faire à son tour. Avec près de dix ans de retard. Et, cette chance, il faut la saisir, en écoutant Marielle de Sarnez, applaudie après son intervention, dire: "venant d'horizons différents, mais si nous croyons qu'il y a de l'insupportable dans ce qui se fait aujourd'hui; si nous croyons qu'un nouveau monde est à dessiner; alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose". En associant ces forces progressistes, la gauche française peut parvenir, derrière un leader qui reste à trouver (une Christiane Taubira me séduirait plutôt, avec M. Peillon en second), à bâtir le projet que les Français attendent. Y'a du boulot !
 
Terminons par un hommage (un de plus) car, ce week-end, l'hécatombe des présidents de région s'est poursuivie: après les dirigeants socialistes d'Auvergne (en 2006) et de Franche-Comté (l'ancien président de l'Assemblée, Raymond Forni, en 2008, remplacée - et je viens de l'apprendre - par la 2ème femme à diriger un Conseil régional, après Mme Royal !), c'est le chef de l'exécutif régional d'Alsace, Adrien Zeller (photo), qui s'en est allé à l'âge de 69 ans. Hospitalisé depuis le 14 juillet après un premier malaise cardiaque, dont il semblait se remettre, l'Alsacien a succombé à une seconde crise ce week-end. ses obsèques seront célébrées après-demain. Centriste ayant rejoint l'UMP en 2002, Adrien Zeller suscitait le respect de tous ses opposants de gauche, en particulier les écologistes, reconnaissant à son égard pour la mise en place de politiques durables efficaces et sincères. Remplacé provisoirement par un de ses vice-présidents, il dirigeait depuis 1996 un des deux derniers bastions de la droite, ayant résisté à la vague rose de 2004. L'un de ceux que la direction du PS affirme vouloir reprendre en 2010: ce qui fait dire à Marianne, dans son dernier numéro, que la rue de Solferino a de grandes ambitions pour les prochaines échéances...
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P
Salut Aurélien, En ce beau vendredi, je dois dire que je n'avais pas pensé à certaines possibilités...(n'étant pas militant ce n'est pas une de mes priorités..).Sur ton point sur les petits jeunes pas ministre avant 2017, et alors ? ils sont jeunes...ils auront à peine 55 ou 58 ans...de quoi faire de beaux présidentiables en 2022, ce n'est pas une blague, 2017 c'est déja demain.Par contre, je dois dire que ta proposition d'Hubert Védrine me plait beaucoup, je l'entend souvent sur les matins de France Culture, et son expérience et réseau à l'international est incontestable. C'est quelqu'un de plus très apprécié dans le monde arabe, qui a une connaissance fine des grands dossiers, qui plus est européen convaincu...!Un président comme lui, avec un DSK premier ministre, ok, mais je verrais bien aussi alors un Vincent Peillon comme tu le soulignais, qui est député européen, au coeur du combat, et surement moins ambitieux à court terme sur la présidence que DSK...J'aime aussi les femmes, et l'article que tu cites, parle d'Elisabeth Guigoue, qui a une excellente expérience, ex-ministre des affaires européennes. Tu vas dire que je suis obsédé, mais l'Europe ne peut pas pour les présidents à venir n'être qu'une préoccupation secondaire, il nous faudra quelqu'un voulant la faire avancer encore plus loin. Bon week-end ..!Pelion  
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A
<br /> Bonjour Pelion,<br /> <br /> Sur l'âge des ministres, je ne suis pas tout à fait d'accord. En gros, si je force le trait, un politicien aurait vocation à être élu local à 30 ans, parlementaire à 45, ministre à 55 et président<br /> à 65?... Se priver du talent des quadras, socialistes comme UMP d'ailleurs, est une aberration. Et Sarko l'a bien compris, lui qui profite des remaniements pour faire monter les futurs talents de<br /> la droite, qui contribueront au renouvellement. Car, en limitant le mandat présidentiel à 10 ans et en promouvant des jeunes "loups", il contribue au renouvellement que le PS ne met pas en place...<br /> Franchement, j'ai pas trop envie de subir un gouvernement de soixantenaires !<br /> <br /> Sur le reste:<br /> - personnellement, Mme Guigou ne m'inspire guère. Certes, elle a de l'expérience ministérielle. Mais, côté envergure et capacité à diriger une équipe, je demande à voir...<br /> - le duo Védrine-DSK a un énorme inconvénient à mes yeux: ce sont deux hommes. J'attends plutôt un duo homme/femme pour occuper l'Elysée et Matignon;<br /> - quant à la dimension européenne d'un prétendant à l'Elysée, je partage ton avis à 100%. Il faut un Européen convaincu, qui aime l'Europe, qui veut la faire progresser, qui a une ambition<br /> pour elle et les peuples qui la composent.<br /> <br /> A bientôt (et je file immédiatement sur ton blog) !<br /> <br /> <br />
P
Rebonjour Aurélien, En fait même si je suis prêt à reconnaitre le charisme plus important de Christiane Taubira, comparé à d'autres femmes socialistes, pour moi elle n'a pas assez de bagage, que ce soit à la direction de grands ministères difficiles ou sur le plan international. Désolé ne le prends pas mal, mais ce n'est pas parce qu'elle est des Antilles, on va dire issue d'une minorité, qu'elle a le bagage d'un Barack Obama.Celui-ci n'a pas été élu parce qu'il était noir mais parce que brillant...alors que le monde ne voit que la couleur de sa peau.Je pense que malheureusement (tu pourrras le lire dans mon dernier article, qui ne passe pas dans les communautés..pb tech) le désarroi de la gauche vient de l'absence de grands hommes (femmes) d'état prêts à être aux affaires; et je n'ai pas de nom en tête.Diriger un pays comme la France est très difficile, nous sommes encore une puissance qui compte au niveau mondial, avec de lourdes responsabilité et une voix qui se fait entendre, (ONU, Europe, OTAN etc..) cela ne peut pas s'improviser, Sarkozy lui-même, si imbu, a dû faire acte d'humilité et de modération au niveau international, malgré ce que peuvent en dire les médias.. Bonne journée.
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A
<br /> Bonjour Pelion,<br /> <br /> 1- je suis d'accord sur le fait qu'être Antillais(e) n'est pas une qualité suffisante pour être candidat à une présidentielle. Ce serait évidemment un symbole que, pour la 1ère fois, la gauche<br /> unie choisisse une femme ultra-marine comme candidate unique.<br /> <br /> 2- sur son expérience, outre le fait d'avoir déjà été candidate à une présidentielle, elle est tout de même députée de Guyane depuis 1993 et a laissé son nom à des lois importantes, ce qui montre<br /> son "activisme" parlementaire.<br /> <br /> 3- s'il faut attendre que tous les postulants soient passé par la case "ministère d'importance" avant d'en faire des dirigeants compétents, les quadras - qui se considèrent comme une génération<br /> sacrifiée à laquelle leurs aînés n'ont confié aucune responsabilité - n'ont aucune chance. Imaginons que Sarko gagne en 2012. Peillon, Valls ou Montebourg, qui n'auront pas pu être ministres avant<br /> 2017, seraient hors-jeu?<br /> <br /> 4- évidemment, on peut immédiatement pensé à Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l'économie, patron du FMI et donc très compétent dans ce domaine (la prochaine présidentielle se jouera<br /> d'ailleurs probablement sur les questions économiques de l'après-crise). Il est populaire auprès des Français, en tête dans les sondages et aimé des classes populaires. Pourquoi pas?<br /> <br /> 5- ou alors, il faut trouver quelqu'un d'autre. Du style Hubert Védrine, compétent sur les questions européennes et internationales, membre du PS mais qui s'exprime assez librement, en se détachant<br /> souvent du parti. C'est d'ailleurs une hypothèse que je présentais il y a quelques temps: voir ICI.<br /> <br /> <br />
P
Bonjour Aurélien, Je ne dirai que quelques mots sur ton analyse des soucis de la gauche, en parlant d'une peur, je pense au sein du PS.Je pense que le PS est un grand parti, très bien implanté en France, que ce soit au niveau de ses représentants dans diverses instances que de ses sections. Mais je pense que ses dirigeants ont peur que finalement, la révolution dans les esprits qui arrivent, petit à petit, n'amène simplement à l'évidence, qu'une fois rassemblée, la gauche ne voudra pas d'un représentant du PS, mais de quelqu'un issu d'une autre mouvance considérée comme plus faible politiquement.Les verts ont été les champions des divisions et micro-courants, et pour les futures régionales vont peut-être s'y replonger...mais sur le dernier scrutin Européen, ils ont été chercher un allemand...pardon un franco-allemand, non membre du parti.Ne penses-tu pas qu'il faudrait à la gauche un vrai leader, charismatique mais indépendant de tout courant, pouvant faire ressentir à tous, du modem aux communistes "modérés" que ces positions seront entendus ?Bonne journéePelion.
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A
<br /> Bonjour Pelion,<br /> Tout à fait d'accord !<br /> <br /> Je ne sais pas si tu as l'idée d'un nom pour être le (la) candidat(e) de la gauche unifiée... En fait, cela va dépendre des partis et mouvances qui accepteront cette unité.<br /> <br /> Que penses-tu de Christiane Taubira, dont je cite le nom dans l'article? Une femme, antillaise de surcoît, qui appartient au Parti Radical de Gauche, qui a mis sa candidature entre parenthèse (au<br /> frigidaire !) pour soutenir Ségolène en 2007... mais qui a davantage de charisme.<br /> <br /> J'ai l'impression qu'elle garde ses distances, et une intéressante liberté de ton, avec son parti. Et, lorsque je l'entends parler, elle me donne l'impression de quelqu'un sachant rester au dessus<br /> de la mêlée, observant ce qui se passe et ayant suffisamment de convictions pour avoir un avis et, si elle devait le faire, prendre une décision.<br /> <br /> Elle correspond à l'idée que je me fais d'un chef de l'Etat, qui laisse à une personnalité tout aussi forte le soin de diriger le gouvernement. D'où le fait d'y mettre M. Peillon qui aurait<br /> l'énergie suffisante pour ce poste.<br /> <br /> On me proposerait ce casting, je dirais "oui" sans hésiter.<br /> Bonne journée.<br /> <br /> <br />