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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Brève: vive l'Allemagne !

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours été attiré par l'Allemagne. Quand j'ai du choisir, en CM2, la langue vivante que je voulais apprendre en premier, j'ai choisi l'allemand. Peut-être parce que c'était la langue des "intellos" (ceux qui prennent latin en 5ème et grec en 3ème). Plus vraisemblablement parce que l'enseignante qui nous y avait initié en fin d'école primaire avait réussi son pari. Puis, quand il m'a fallu renouveler la décoration de mon bureau, j'ai choisi de commander sur Internet un ensemble composé d'un socle en bois et de mini-drapeaux. Au départ, j'en voulais deux (les drapeaux français et européen) mais, la société ne proposant que des socles à un ou trois trous, il m'a fallu choisir un troisième drapeau. Celui de ma région, la Picardie, ne me plaisant pas vraiment, j'ai pris celui de l'Allemagne, symbolisant ainsi cette amitié franco-allemande à laquelle je suis personnellement attaché. Et qui me rappelle les échanges que mon collège organisait avec le lycée de Wolfhagen, ville jumelée avec la mienne, m'offrant l'occasion d'aller à deux reprises passer une quinzaine de jours sur place dans la famille de mes correspondants.
 
Aujourd'hui, l'Allemagne est au coeur de l'actualité puisque sa capitale accueille les Mondiaux d'athlétisme, qui monopolisent l'antenne de France 2 et France 3 en fin de matinée et d'après-midi (pas de chance pour ceux qui n'apprécient pas l'athlétisme, ou le sport en général). Personnellement, j'aime bien regarder les grands rendez-vous sportifs et je ne manque pas les épreuves qui concernent des Français ou qui, comme le 100m ou le 200m messieurs, constituent des incontournables. Je ne vais pas revenir sur l'incroyable double performance d'Ussein Bolt, champion du monde et recordman sur les deux distances (avec une facilité déconcertante). Si ce n'est pour constater qu'après les JO de Pékin (qui avaient vu la suprématie américaine contestée par les Chinois), ces Mondiaux montrent un nouvel affaiblissement de la puissance sportive américaine, au profit des Africains de l'est (ces Ethiopiens et Kenyans qui remportent les courses de fond) mais aussi des Jamaïcain(e)s.
 
Ces mondiaux sont un grand moment pour le pays, l'essentiel des épreuves se déroulant dans le stade olympique (photo), construit au début des années 1930 lorsque le CIO avait offert à la capitale allemande l'organisation des JO de 1936, alors qu'Hitler n'était pas encore au pouvoir. On connaît tous la suite: le Führer en fit une tribune politique, que j'ai eu l'occasion de rappeler à l'occasion de ma lecture consacrée aux Noirs dans l'Allemagne du début du XXème siècle. Ces Jeux furent l'occasion de montrer la supériorité des Blancs sur les autres "races", même si les exploits d'un Jessie Owens furent l'occasion de démentir les thèses racistes du régime de l'époque. Plus de 70 ans plus tard, la stade, rénové au début des années 2000 pour accueillir plusieurs matchs, dont la finale, du Mondial de football en 2006, accueille donc les meilleurs athlètes du monde pour un peu plus d'une semaine de compétition. Organiser un évènement de cette envergure et créer les conditions d'une fête populaire dans un lieu si entâché est un défi. Largement relevé par les organisateurs, dont la créativité a été maintes fois soulignée par les commentateurs de France Télévisions.
 
Ces derniers jours ont été l'occasion de prouver que le sport pouvait être un ciment facilitant la cohésion et la solidarité entre les peuples, malgré les déchirures du passé. Ainsi, l'embrassade, hier soir, de deux jeunes athlètes, un Polonais et un Allemand, tout juste âgés de 20 ans (qui n'ont donc pas connu le mur de Berlin), et qui ont terminé ex-aequo à la 3ème place du concours de saut en hauteur, ne pouvait que faire plaisir. La liesse populaire qui a entouré, le matin, le 50 km marches (au cours duquel le Français Yohann Diniz n'est pas parvenu à monter sur le podium) était un autre grand moment: une foule impressionnante, malgré une météo plutôt décourageante, est venue applaudir ces athlètes en souffrance, parcourant les rues de la ville dans le secteur de la porte de Brandebourg, là où se rejoignaient les quartiers soviétique et américain de la ville, divisée durant la guerre froide. On ajoutera à cela le fair-play des athlètes allemands qui, à l'image de la sauteuse Ariane Friedrich, ont réclamé le silence et ont constamment applaudi leurs adversaires triomphants (dans ce cas, la Croate Blanka Vlasic). Ou l'on voit que le sport, plein de symboles, peut envoyer des signals forts et illustre à merveille cette "communion" (le mot est maladroit) des peuples, que l'on aimerait retrouver dans tous les domaines. En tout cas, bravo Berlin ! En attendant d'y admirer d'autres Olympiades...
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