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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Les régionales en ligne de mire...

Ce samedi marque la fin de l'Université d'été d'Europe Ecologie, l'alliance victorieuse des dernières européennes et qui comptent transformer l'essai lors des prochaines régionales. Ce rendez-vous, qui marque le coup d'envoi de la rentrée des partis politiques (voir infographie ci-dessous, réalisée par France Info), me donne l'occasion de parler de cette échéance importante qui marquera, sans doute davantage que le vote de juin, le tournant du quinquennat sarkozyste. En effet, après les régionales, le prochain scrutin d'importance, ce sera la présidentielle de 2012 et, en fonction des résultats du scrutin de 2010, les différents camps se lanceront dans la conquête de l'Elysée. Et, déjà, du côté des écolos, les premières divergences pointent le bout de leur nez: en effet, après le rassemblement improbable de José Bové, Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly sur une même liste (voir à ce propos l'excellente analyse de Pelion en cliquant ICI), sur une plate-forme européenne franchement habile, les débats sur la stratégie franco-française s'annonçent moins consensuels. Une première ligne de fracture entre l'eurodéputé franco-allemand et la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, à propos des stratégies d'alliance, est ainsi apparue. Pour le premier, une alliance avec le MoDem, secoué par la défaite bayrouiste mais conscient de l'enjeu écologique (avec des figures comme Corinne Lepage ou Jean-Luc Benhamias), est à envisager. Hypothèse impensable pour la seconde, qui privilégie l'alliance "à gauche" (toute). Et cette micro-fissure, qui s'élargira à mesure que l'échéance approchera, est d'autant plus intéressante qu'à peu de chose près, les dirigeants éparpillés du PS se trouveront face au même dilemne.


Car, côté socialiste, en plus de l'Université d'été de La Rochelle qui se déroulera le week-end prochain, les différents courants qui traversent le parti se réunissent en des points différents du territoire, sous l'impulsion d'ambitieux en quête de visibilité ou, plus sûrement, de responsables désireux de réunir autour d'eux des plate-formes de réflexion. On peut toujours espérer. En tout cas, l'éparpillement - qui touche autant le PS que le reste de la gauche - est là pour rappeler que le paysage politique français n'est pas prêt de bouger, chacun campant sur ses positions. Après l'échec des européennes et alors que l'ensemble de la gauche européenne traverse une crise d'identité, il aurait peut-être été utile de proposer une gigantesque Université d'été de la gauche et du centre: plutôt que voir chaque parti motiver ses troupes en trois jours, un rassemblement de tous les progressistes, pendant une semaine complète, avec l'organsiation d'ateliers de réflexion sur les thèmes d'actualité et permettant le débat entre les différentes tendances de l'opposition, aurait constitué un début de rénovation de la gauche française. Mais, là aussi, on peut rêver. Car, même si elle avait été proposée, cette solution ne se serait pas concrétisée. Occasion manquée donc, pour le PS (et ses actuels dirigeants), de montrer qu'il veut agir et débattre avec ses partenaires pour, dès maintenant, discuter des prochaines régionales. Car ce rendez-vous là, l'opposition ne pourra pas le manquer, faute de quoi elle s'enfoncera encore plus profondément dans le crise. A moins qu'une défaite plus large que prévu (car la gauche perdra mécaniquement certaines des 20 régions qu'elle avait rafflé en 2004) ne constitue le fond du gouffre nécessaire à une prise conscience plus grande de la gravité de la situation. Une sorte de reprise en V plutôt qu'en U, pour reprendre le vocabulaire économique.
 
La grande question, pour les régionales de 2010, est donc de savoir comment la gauche se présentera aux électeurs, à l'occasion du 1er tour: en clair, y aura-t-il des listes d'union large pouvant aller du Modem aux Verts ou chaque parti défendra-t-il sa propre chapelle avant d'opérer des fusions d'entre-deux-tours? Disons que, pour le moment, quelque soit le scénario, l'essentiel est que les forces de gauche, actuellement au pouvoir dans les régions, sachent se rassembler avant le 2ème tour. Car, lorsque la  réforme du mode de scrutin, notamment soutenue par un Jean-Pierre Raffarin, entrera en vigueur (un seul tour au lieu de deux), l'émiettement sera synonyme de défaite. Pour le moment, ce n'est pas aussi grave. Même, si quand différents partis ont collaboré pendant six ans, ayant à défendre un même bilan devant les électeurs, il serait étranger que ces partis se tirent dessus pendant la campagne du premier tour, la plus longue. Ainsi, ce qui se passe en ce moment en Poitou-Charente, dans la majorité comme dans l'opposition, est particulièrement intéressant. Gagnée par Ségolène Royal, face au premier ministre de l'époque, la Région est présidée par la seule femme à la tête d'un exécutif régional, ce qui lui permit de se lancer dans la course à la présidentielle. Candidate à sa réélection, Mme Royal conduira une liste socialiste, élargie à on ne sait qui. Car, pour l'instant, les Verts ne savent sur quel pied danser. Dans un premier temps, les stratèges parisiens souhaitaient s'allier à elle dès le 1er tour pour faciliter sa réélection, pourquoi pas dès le premier tour, et ainsi la relancer en interne, ce qui fragiliserait encore plus le PS... profitant aux Verts en vue de 2012 (c'est tordu mais compréhensible). Finalement, affirmant que c'est aux militants locaux de choisir leur stratégie (ce qui est la moindre des choses), ceux-ci semblent pencher pour une liste séparée au premier tour, permettant de défendre le bilan de la majorité sortante (c'est-à-dire sans trop tirer sur Ségolène) tout en faisant entendre une voie encore plus écolo (le contexte y étant favorable). Au final, c'est le nombre d'élus et de vice-présidents dans l'exécutif qui fera la différence entre les deux stratégies. On attend de voir...
 
Et côté opposition, c'est-à-dire à droite, les récentes tractations sont tout aussi intéressantes. Soucieux de se ménager une réélection à la tête du département de Vendée, le vicomte de Villiers est rentré dans le rang: son parti, le MPF, vient de s'allier durablement à la majorité présidentielle, en intégrant le comité de liaison de l'UMP. Le pourfendeur de Bruxelles entend ainsi éviter un émiettement de la droite, qui faciliterait la réélection du socialiste Jacaques Auxiette, à la tête des Pays-de-la-Loire, et priverait la droite (sans doute emmenée par Roselyne Bachelot-Narquin) de reprendre la Région. Dans le même temps, le traqueur de mosquées en appelle à un rassemblement partout en France, en particulier dans la région voisine (Poitou-Charente), pour y faire barrage à Ségolène, qu'il déteste. Dans son sillage, le chasseur Frédéric Nihous, qui avait fait alliance avec le MPF pour les européennes (dans les listes Libertas), a lui aussi rejoint le rang. Que CPNT soit de droite, nul n'en doutait. Qu'il rejoigne le comité de liaison de l'UMP pour grossir encore les rangs de cette droite unifiée, c'est plus surprenant. Car, au fond, entre ces courants, des divergences idéologiques persistent... mais les calculs électoraux et le partage des postes ont leurs raisons que la raison (politique) ne connaît décidément pas. D'ailleurs, au sein de l'UMP, quelques voix se sont élevées pour regretter ce "grand écart idéologique" qui caractérise désormais la majorité. Il n'y a que le plus fidèle (et débile) des sarko-béats, Eric Besson, pour s'en féliciter: "Pour qu'un fleuve soit puissant, il faut qu'il soit abondé par beaucoup de rivières qui ne viennent pas des mêmes versants" a-t-il déclaré au Parisien, en milieu de semaine. A part lui, les élus de la majorité sont-ils lucides... ce qui n'est guère le cas de socialistes qui continuent à croire que, de la gauche à la droite du parti, on peut construire un projet cohérent malgré ce même grand écart. Il est décidément urgent que, pour sauver les meubles, la gauche comprenne qu'une révolution est nécessaire. Que les lignes qui la divisent doivent bouger car celle d'aujourd'hui n'ont plus aucun sens. Et qu'elle doit procéder à ces changements au plus vite, afin de garder dans son giron des régions qui peuvent faire contre-poids à la politique inéquitable menée par le gouvernement. Tout en prouvant aux citoyens qu'à Paris, aussi, une autre voie est possible. Mais, il faudra attendre - au moins - septembre !
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