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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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En Afghanistan: l'audace face à la mort?

Ce jeudi, les Afghans sont appelés aux urnes; pour élire à la fois leur président, celui qui aura la tâche de sortir le pays de la difficile situation dans laquelle il se trouve depuis 8 ans, et leurs représentants provinciaux. La clé du scrutin, comme souvent dans ce genre d'élections incertaines: le taux de participation. La grande question est la suivante: dans quelle proportion les citoyens afghans vont-ils se déplacer pour accomplir leur devoir et faire un bras d'honneur aux talibans? Autrement dit, comment y aura-t-il de courageux, prêts à défier les semeurs de morts dont les menaces ont été plus que jamais concrètes ces derniers jours? Car, la semaine qui vient de s'écouler, aura été une des plus meurtrières dans le pays. On savait déjà que juillet 2009 avait été le mois record au regard des pertes humaines essuyer par les forces de l'OTAN. Ce qui est logique compte-tenu du renforcement de la présence occidentale dans le pays, mais aussi du renforcement des talibans dans le pays. Car, depuis le début de l'intervention américaine au lendemain du 11 septembre, les anciens maîtres de Kaboul ont renforcé leurs bases dans le sud du pays, parvenant à étendre leur aire d'influence sur la moitié méridionale du pays, allant jusqu'à menacer les abords de la capitale. Ces progrès, faciles à mesurer en comparant les cartes que la presse française propose à intervalles réguliers, sont interprétés comme le signe que la coalition peine à réussir sa mission. Et alors que l'échec s'approchait, le président Obama l'emportait à Washington avec, en politique étrangère, la conviction que tout s'y jouait: la lutte contre le terrorisme passe, selon lui, par une victoire en Afghanistan, ce qui passe par un renforcement de la présence occidentale sur place. Un renforcement qui est, pour les talibans, une aubaine dans leur argumentaire; celui d'une invasion du pays par une force obscure étrangère.
 
Mais, heureusement, le peuple afghan n'est pas dupe. Un très jeune habitant de Kaboul, interviewé après l'attentat à la voiture piégée qui a frappé la capitale vendredi dernier, affirmait en gros que "les talibans en défendent pas le peuple afghan; ils le tue". Car, en multpliant les attaques dirigées contre la coalition, ce sont les civils afghans qui paient le plus lourd tribu de cette stratégie: comment développer un argumentaire nationaliste, teinté d'un fanatisme religieux tout aussi obscurantiste, quand on tue des compatriotes? D'autant, qu'au fond, le groupe terroriste ne propose pas véritablement de programme pour sortir le pays de la crise qu'il traverse: en effrayant les électeurs, leur but est d'en réduire la légitimité (un président élu avec une faible participation n'est pas légitime à leurs yeux) et de pirater le processus démocratique. Ce qui est typique d'une organisation terroriste qui, dès qu'elle voit la démocratisation d'un pays s'organiser (même imparfaitement), redouble d'efforts. Car, la démocratie, c'est la liberté des citoyens, leur accès à l'éducation, à la santé et à la culture... tous les ingrédients qui leur ouvriront les yeux sur l'inutilité de ces mouvements. Ainsi, le léger développement observé au Maroc, en plus d'une situation politique moins verrouillée, expliquent le regain de force d'Al-Qaida dans tout le Maghreb (jusqu'en Mauritanie). Certes, en Afghanistan, il n'y a que Bernard Kouchner pour proclamer que la démocratie est installée. La corruption continue de sévir dans le pays. Le clan qui gravite autour d'Ahmid Karzaï, le président sortant, veut solidement s'aggripper au pouvoir. Mais, les progrès sont notables. D'ailleurs, interrogée alors qu'elle se rendait dans un bureau de vote, une militante féministe disait: "en 2001, on a gagné la liberté; maintenant il faut continuer à se battre pour la démocratie". Autrement dit, les citoyens - et les citoyennes - afghans veulent voir leur pays développer une démocratie "à l'afghane", tout en ayant conscience qu'elle n'est que naissante.
 
Le processus, entamée depuis 2001 et la première élection d'un président légitime (avec 75% de participation environ), devra se poursuivre. Et il ne sera véritablement terminé qu'à deux conditions: 1- la défaite militaire et idéologique des talibans; 2- le retrait des forces armées occidentales qui en sera la conséquence. D'ici là, c'est au peuple afghan de démontrer, par une participation forte, qu'ils ne veulent plus d'un pouvoir inspiré de Dieu, où les femmes sont des pions au service des hommes et où des clans, perpétués selon des règles obscures, détiennent le pouvoir et toutes les richesses qui vont avec. Ce scrutin est aussi l'occasion pour les forces de police et l'armée afghane de montrer ses progrès et sa capacité à sécuriser des sites. Même si certains bureaux de vote ont été fermés pour des raisons de sécurité, tous les autres seront sous étroites surveillance, à Kaboul comme ailleurs (photo: hier à Kandahar; cliché d'Omar Sobhani, Reuters, pour France Info). En espérant, bien sûr, que les résultats du scrutin - qui ne seront officiels que début septembre - ne donnent pas lieu à polémique. En attendant, ce scrutin est encore une fois l'occasion d'un débat qui dure depuis assez longtemps, maintenant: la France, et l'ensemble de la coalition, doit-elle rester ou quitter le pays? Ce qui donne, sur le site du 20 heures de France 2, ce sondage: "pensez-vous que l'OTAN soit efficace en Aghanistan?" (ce n'est pas l'intitulé exact, mais il n'est plus en ligne). J'y ai répondu "non". Même si le choix entre "oui" et "non" ne me satisfait pas. En effet, à ce jour, et compte-tenu des éléments que j'ai déjà cité plus haut, on ne peut pas dire que l'intervention de nos forces militaires dans ce pays ait produit de bons résultats. Pour le moment, en tout cas. En revanche, il semble prématuré de quitter le pays, ce qui aurait pour conséquence immédiate de le plonger dans une situation encore pire que celle qu'il connaît aujourd'hui et de laisser la voie libre à des talibans qui ont les moyens de s'installer au pouvoir.
 
Mais, vous pouvez aussi vous prononcer en participant au sondage que Patricia propose sur son blog, Alternative Sociale Libre, en cliquant ICI (sondage auquel j'ai personnellement répondu "non"). Considérant qu'un retrait serait plus néfaste que le maintien de nos troupes. Je crois que les maigres résultats ne doivent pas entamer notre détermination, ni conduire la coalition à relâcher ses efforts. Surtout pas maintenant. Car, si la participation apparaît comme forte (ce qui sera à relativiser d'ailleurs) et si le choix des Afghans n'est pas remis en cause, ce sera une victoire symbolique sur les talibans. Ce sera le premier pas d'une reconquête du pays par ses propres habitants, par ce peuple qui ne se verra plus confisquer ce qui lui appartient. Et ce processus a commencé en dehors de la sphère politique: il y a quelques semaines, avec l'appui d'une équipe d'alpinistes européens, parmi lesquels deux moniteurs français, deux citoyens afghans (ils étaient quatre au départ) sont parvenus à planter leur drapeau sur le toit de leur pays. C'était la première fois que des Afghans se hissaient à ce point culminant, le Nowshak, haut de 7492 mètres, et qu'une équipe japonaise avait atteint en premier dans les années 1960. Ce sommet, le second de la chaîne de l'Hindu-Kush (au nord-est du pays), se trouve dans cette fameuse zone montagneuse à la frontière avec le Pakistan, zone dans laquelle Ben Laden se trouvait au début de sa traque... Faut-il y voir le signe du renouveau d'un Afghanistan meurtri depuis tant de décennies? On va l'espérer. Et, en attendant les résultats, ainsi que des jours meilleurs, visitez le site consacré à cet exploit en cliquant ICI.
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P
Il y aurait eu moins de 50 % de participation et les 2 principaux candidats proclameraient d'après divers sources leur victoire. C'est donc un succés ou un échec relatif par rapport au 75 % de particpation enregistré en 2001.Personnellement je pense que les américains maintiendront une présence en Afghanisatan même après avoir vaincu les talibans.
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A
<br /> Bonsoir Patricia,<br /> sur les résultats partiels, je ne les ai pas intégré à cet article. Je vais y consacrer une "brève" demain matin, quand des détails supplémentaires seront a priori disponibles.<br /> <br /> En ce qui concerne la présence américaine, deux remarques en gise de réponse:<br /> - je ne suis pas persuadé que l'Amérique d'Obama prendra la décision seule. Même si les Etats-Unis mènent la coalition, ils ne peuvent guère faire ce qu'ils veulent au sein de l'alliance;<br /> - une fois la défaite talibane acquise, la coalition aura à vérifier que les forces afghanes pourront contrôler la situation. Il faudra donc attendre la stabilisation définitive et durable du pays,<br /> faute de quoi la menace talibane reviendra...<br /> <br /> La sortie de ce bourbier s'annonce à la fois tardive, progressive et particulièrement complexe à gérer.<br /> <br /> <br />