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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Un régime pas si démocratique... et pour cause !

Il y a une semaine, l'Iran basculait dans ce que certains osent déjà appeler une nouvelle révolution. Une très grosse manifestation des partisans du vaincu "officiel", Mir Hussein Mussavi, réunissait, dans les rues de Téhéran, près d'un million de personnes... les milices acquises au pouvoir religieux du Grand Ayatollah Ali Khamenei (photo) menant les premières répressions qui devaient faire, toujours "officiellement", sept morts, là où des médias britanniques parlent d'une vingtaine en une semaine dans la seule capitale. Première grande démonstration de force associant aussi bien de jeunes Iraniens que des vieux ou des femmes. Bref, toute une partie de la société iranienne qui, quelques jours auparavant, s'était massivement déplacée pour élire un nouveau président. dans un pays où plus d'un quart des habitants ont moins de 25 ans, où cett jeunesse s'ouvre à l'Occident - via l'Internet notamment - une participation de plus de 85% laissait présager le départ de l'ultra-conservateur Ahmadinejad. A moins qu'il n'ait tout simplement réussi à mobiliser son électorat, présenté comme rural et ultra-pauvre, fervent soutien du régime dont il reçoit des chèques et des garanties sur sa sécurité, à grands renforts de discours clairement teintés d'un nationalisme ardent. Une chose est sûre: les opposants au président "officiellement" réélu ne s'opposent pas au régime en tant que tel, mais s'en prennent à sa politique et, plus que tout, à sa gouvernance.
 
Un petit rappel historique s'impose. En 1979, l'Iran connaît une révolution islamique qui instaure, par l'éviction du Shah, une république islamique, dirigée par les dignitaires religieux (comme si Mgr Vint-Trois était chef d'Etat en France). Entre 1997 et 2005, le progressiste Khatami a détruit les espoirs de la jeunesse (en ne s'opposant pas à la répression de mouvements étudiants) et des élites iraniennes, lesquelles ont pu mesuré à quel point un réformateur était prisonnier d'un régime dans lequel le président démocratiquement élu a si peu les mains libres. Car, jusqu'à aujourd'hui, les élections étaient libres en Iran: nul ne contesta la victoire d'Ahmadinejad en 2005, profitant de cette désespérance généralisée et d'une abstention alors forte. Ayant instauré un pouvoir médiatique fort, Ahmadinejad fait de la présidence une place chère, de laquelle il peut disposer d'une aura et d'une audibilité exceptionnelle. Truquer les élections, c'est s'assurer que son discours, qui satisfait les plus radicaux des islamistes, ne sombre pas derrière un discours plus modéré (même si, comme le soulignait Obama, la politique des réformateurs n'est, nucléaire compris, pas si différente de celle des conservateurs). Convoquer une élection ne suffit donc pas à la vitalité d'une démocratie.
 
Les médias: voilà le coeur du problème. D'un côté, en Iran, tout (absolument tout) est fait pour les museler et distiller la version officielle. De l'autre, en Europe, c'est (presque) pareil. Depuis le début des évènements, les fameux experts sont bien silencieux. Nos JT ne proposent "que" des reportages et des directs sur place, pour décrire avec minutie les évènements et essayer d'en tirer des leçons. Ils le font bien. Mais, sur le fond du dossier, les analyses sont bien rares... sauf pour nous dire que, Orient oblige, tout ce qui se passe dans la région est très compliqué. Et, pourtant, certains spécialistes, adeptes des plateaux télé, viennent nous dire que le camp des réformateurs regroupe surtout des intellectuels, les élites locales, instruites, en l'opposant au bas peuple, presque illétré et forcément tchadorisé, qui suit l'orateur en lequel il a confiance. N'est-ce pas simpliste comme raisonnement? Alors que les images nous montrent, au contraire, des défilés regroupant des partisans de Moussavi bien peu uniformes ! Sentence suprême, pour ne pas chercher à comprendre ce qui se passe en Iran: pourquoi s'offusquer de fraude dans ce pays alors que les élections truquées sont légion en Afrique? C'est tout à fait vrai. Sauf qu'ici, on assiste à quelque chose d'unique: outre que la classe politique iranienne détient une des clés de la résolution du conflit proche-oriental, cette révolte de plus d'une semaine met aux prises un pouvoir clairement dictatorial (je vais y venir) et un peuple qui se sent pousser des ailes, défiant le pouvoir en place au nom d'un idéal de justice et de libertés, après avoir été longtemps baillonné, notamment par l'extrêmisme. Si les opposant l'emportaient, ce serait plus qu'un symbole... peut-être un commencement !
 
La chute d'Ahmadinejad, même si elle ne changerait pas un régime qu'elle ébranlerait tout de même, marquerait la fin d'une pratique totalitaire du pouvoir. Lors d'un débat télévisé, Moussavi osa affirmer à son interlocuteur qu'il n'était pas un dictateur mais que sa pratique du pouvoir était dictatoriale. Bien vu ! Car, en examinant point par point ce qui se passe depuis quatre ans, la conclusion est facile. Rappelons qu'un dictature se définit par la présence, au pouvoir, d'un seul homme qui, pour asseoir son pouvoir - et celui de son clan -, restreint les libertés individuelles fondamentales. L'interdiction de manifester - sous peine de dure répression - et l'expulsion de journalistes étrangers - sans oublier la chaîne unique qui délivre l'information officielle - constituent deux exemples de violation des libertés fondamentales, en l'occurence d'expression et d'information. CQFD. Allons plus loin et signalons trois autres faits: 1- la répression des manifestations hostiles au régime est exécutée par des milices à la solde du pouvoir religieux, sorte de police politique; 2- dans les rassemblements pro-Ahmadinejad, où hommes et femmes sont séparées par des cloisons, un culte du chef est savamment orchestré (en invitant la foule à scander, de manière répétitive, le nom de son champion), certains "fidèles" allant jusqu'à affirmer vouloir mourir (en martyr) pour lui; 3- tout opposant au régime est arrêté, certains proches de Moussavi ou quelques religieux hostiles au fondamentalisme islamiste ayant été emprisonnés ces derniers jours. Voilà trois caractéristiques d'un régime totalitaire qui, cette fois-ci, a cru bon truquer les élections pour se légitimer et faire croire que la société, qu'il encadre pourtant nettement, adhère massivement aux théories de son chef. Heureusement, quelques Iraniens protestent fermement: interrogée par Marianne, une habitante d'Ispahan (une ville du centre-ouest du pays), s'étonne de voir Ahmadinejad l'emporter nettement dans un fief progressiste.
 
En fait, les spécialistes ont tort. La situation est très simple: Ahmadinejad a perdu l'élection et, avec l'appui des religieux au pouvoir, s'est maintenu contre la volonté d'une grande majorité d'électeurs qui s'étaient massivement mobilisés. Une victoire volée. Une bonne raison de rester mobilisés... tout en dénonçant, évidemment, ces dictateurs qui ne s'embarassent pas d'un vote populaire libre. L'avenir d'un monde démocratisé et pacifié est donc en jeu !
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J
Ahmadinejad est si fort qu'il réussit à faire voter les morts! Très très fort!Le pire c'est le conseil des gardiens de la constitution a reconnu qu'il y avait eu plus de votes que de votants apte à le faire! Cherchez l'erreur et suivez mon doigt!J'aime beaucoup la citation que tu as mit disant que Ahmadinejd n'était pas un dictateur mais que son régime ressemblait à un régime dictatorial car c'est tout à fait. Mais de l'autre côté je n'oublie pas non plus que Mossavi n'est pas tout blanc non plus! C'est aussi un partisan à ce régime même s'il est ou semble être moins fondamentaliste que l'escroc qui est au pouvoir.Ce dont je redoute le plus c'est que le conseil des gardiens fasse un exemple, une sorte de Tien An Men à l'Irannienne. Car pour l'instant il n'a fait " que " menacer mais ces gens là ne sont pas des partisans du dialogue...
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A
<br /> Effectivement, l'information vient de paraître: dans certains secteurs, plus de votants que d'inscrits ! Un peu comme dans certains arrondissements de Paris...<br /> <br /> Je profite de ton commentaire pour ajouter un élément que j'ai oublié dans mon article. Tu sais sans doute comment l'on appelle le chef religieux iranien: il s'agit du Guide (de la<br /> Révolution). Question subsidiaire: que signifie Duce et Führer, les qualificatifs que les peuples italien et allemand donnaient à Mussolini et Hitler?<br /> <br /> Je te laisse réfléchir... Bingo !! CQFD.<br /> <br /> <br />