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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Les deux visages de Sarkozy

J'espère que vous avez tous noté, au feutre rouge, sur votre agenda ou sur la calendrier de la cuisine que la France vient de vivre un jour HISTORIQUE ! Le 22 juin restera comme le tournant du quinquennat sarkozyen, le chef de l'Etat venant de s'exprimer, pour la première fois depuis 1875, devant les parlementaires réunis en Congrès, dans le grand hémicycle du château de Versailles (photo). Dans deux jours, un nouveau gouvernement sera mis en place, avec à sa tête François Fillon, pour continuer les réformes... avec toujours autant d'énergie mais en allant encore plus loin et encore plus vite. Bref, 2009 marque la rupture dans la rupture: ce qui a été fait jusqu'à maintenant était très bien; ce que nous allons faire demain sera encore mieux a dit, en substance le président de la République cet après-midi. Son discours, assez creux car très peu concret, m'a fait penser aux discours chiraquiens: bien que j'ai failli m'endormir au bout d'une vingtaine de minutes, le propos restait général, ponctué de références historiques (la République encore fragile par ci, le Conseil National de la Résistance par là) et bourré de bons sentiments. L'analyse, économique notamment, était - comme on pouvait s'y attendre - particulièrement pertinente. On y reviendra. Mais, commençons par les sujets qui fâchent (notez que je finirais sur des remarques positives !). Et, notamment, cette autosatisfaction qui est venue renforcée son hypertrophie du "moi": ne relevons pas les expressions à la première personne du singulier, le plaçant évidemment au centre de tout (le "monarque républicain" dans le palais du "roi soleil", le seul et l'unique !). Concentrons-nous sur cette extraordinaire capacité à s'envoyer lui-même des fleurs, à rappeler qu'il a osé réformer la France - ce pays si difficile à réformer (snif!) -, qu'il est le premier à le faire - tous gouvernements, de droite comme de gauche, confondus (rupture, notamment avec les années Chirac, oblige !). Et l'occasion est en effet trop belle de le rappeler: alors qu'il a plusieurs fois référence à des décisions qui existent depuis vingt ans, et qui n'avaient pas encore été vraiment décidées, il me donne l'occasion de dire que, depuis 1988, la droite a gouverné onze ans et la gauche dix !! Donc, responsabilité largement partagée. Il l'a répété plusieurs fois: tant mieux !
 
Le plus gros hic concerne l'environnement: députée Verts de Paris, Martine Billard - qui n'assistait pas au discours dans l'hémicyle - se lamentait de constater, dans l'émission spéciale de France 3, que le président n'a toujours rien compris. Vanter le Grenelle, dont certains mesures sont plus que contestables, et imposer une taxe carbone que la majorité de son auditoire a combattu ces derniers mois ne suffira pas à faire croire que sa présidence devient réellement écolo. Pour preuve? L'élue relève que l'une des grandes lignes du discours est en opposition flagrante avec l'écologie mode "Verts": pour sortir de la crise, le président appelle à mener les investissements nécessaires pour produire plus et consommer plus. Or, les "vrais" écolos veulent produire mieux et consommer mieux... mais pas plus !! Autrement dit, la peinture verte donnée à la façade de la politique sarkozyenne ne satisfait pas. Et ce n'est pas le double décalage entre le discours et les actes qui pourrait sauver l'hyper-président. Lui qui vient, il y a quelques minutes, de proner des économies dans la réforme de l'Etat pour que chaque €uro dépensé soit un €uro utile, introduit, dans la Constitution, la possibilité d'aller parler à Versailles. Mais cette nouveauté n'engendre-t-elle pas une dépense supplémentaire pour la République? Quel exercice coûte le plus cher aux contribuables entre le discours télévisé dans un salon de l'Elysée et le discours au Congrès (avec les installations électriques, télévisuelles et le coût de déplacement des protagonistes, garde républicaine incluse, de Paris à Versailles)? Lequel est le plus polluant: un président qui parle aux Français depuis son palais ou qui fait 40 km aller-retour pour ne rester sur place que 40 minutes chrono (à moins qu'il n'en profite pour faire visiter le palais - à défaut d'un Disneyland - à sa Carlita)? Car, ne nous le cachons pas, à travers les parlementaires, c'est aussi aux Français, via les caméras de France 3 et de son édition spéciale, qu'il s'adressait. Alors, à quoi bon? Surtout pour entendre un discours si long et banal.
 
Voilà pour les critiques. Selon l'importance que l'on porte à ces détails, à ces anecdotes, à ces symboles, la prestation du président est plus ou moins réussie. Mais, sur le fond, outre le décalage entre le discours et sa politique (celle qu'il a mené depuis deux ans et qu'il promet de continuer pour trois ans !), il s'est livré à de belles démonstrations. En théorie, tout un chacun pourrait être tenté de le suivre. En bon orateur, il a usé de pédagagie, faisant du chiffre 2 son allié pour convaincre l'auditoire qu'il existe deux mondialisations et deux déficits. Extraits: "Je l’ai dit, il y a quelques jours, à la tribune de l’Organisation Internationale du Travail: il y a deux types de mondialisation. Celle qui privilégie la croissance externe, chacun cherchant par tous les moyens à prendre les emplois et les marchés des autres. Celle qui privilégie la croissance interne, c’est-à-dire un modèle de développement dans lequel chacun produisant plus et consommant davantage contribue au développement de tous. La première pousse à l’extrême la logique de la compétitivité à tout prix en recourant à toutes les formes de dumpings, à des politiques commerciales agressives, à l’écrasement du pouvoir d’achat et du niveau de vie. La deuxième s’appuie sur l’augmentation de la productivité, l’élévation du niveau de vie, l’amélioration du bien être. La première est conflictuelle. La deuxième est coopérative. La première oppose le progrès économique et le progrès social. La deuxième au contraire les lie l’un à l’autre. Tout l’enjeu aujourd’hui est de faire passer la mondialisation de la première logique à la seconde. La crise va y contribuer. Elle annonce un monde où la demande de justice, de régulation et de protection sera plus forte. Qui peut croire que les peuples subiront sans rien dire les conséquences douloureuses de la crise, qu’ils ne réclameront pas plus de protection, pas plus de justice, qu’ils supporteront de nouveau, comme si de rien n’était, les parachutes dorés et les gains mirobolants des spéculateurs". Grand bravo ! C'est limpide, très dictatique et très efficace. Le discours est beau, bien construit et convaincant. Et les actes? Et bien, là, le pessimisme revient à la charge: en accordant sa confiance à M. Barroso qui symbolise ce libéralisme qui refuse de lutter contre le dumping à l'intérieur de l'UE et qui n'a pas l'ambition de niveler les niveaux de vie par le haut, l'objectif fixé est inatteignable. En se félicitant, quelques secondes après, que la France puisse garder sa compétitivité et qu'elle renforce ses savoir-faire (sous-entendu pour conquérir des marchés) ou en nous répétant le refrain du moment (la France est mieux armée que les autres pour y arriver !), ne tombe-t-il pas plutôt dans le conflit avec nos partenaires que dans la coopération?
 
Comme son prédécesseur - et ce n'est pas la première fois que je le souligne - son beau discours, toujours très à gauche contre les spéculateurs et les patrons voyous, n'est pas conforme à sa politique très libérale. Le soutien à Barroso, qui n'a rien présenté de concret sur la fameuse moralisation du capital (limitation des revenus, taxation des transaction bancaires et des flux de capitaux boursiers, interdiction des licenciements économiques) lors de son entretien d'embauche, est incohérent avec ce beau discours. Mais, passons. Et parlons de ces deux déficits, théorie que Christine Lagarde, la très grande ministre de l'Economie, a déjà utilisé très récemment: "Chaque fois que l’on a fait la politique de la rigueur on s’est retrouvé à la sortie avec moins de croissance, plus d’impôts, plus de déficits, plus de dépenses. Oui nous avons un problème de finances publiques. Oui nous avons un problème de déficits. Mais nous ne le résoudrons pas de cette manière. Nous devons changer radicalement notre façon de poser le problème. Il y a le mauvais déficit. Celui qui finance les mauvaises dépenses, les gaspillages, l’excès de bureaucratie, les frais de fonctionnement trop élevés. Ce déficit structurel doit être ramené à zéro par des réformes courageuses. Il y a le déficit qui est imputable à la crise, à la diminution des recettes, à l’augmentation des dépenses sociales. C’est un amortisseur social. Il a bien fonctionné. Il a permis à la France de limiter les effets de la crise. Après la crise il faudra le résorber en y consacrant les recettes de la croissance. Il y a enfin le déficit qui finance les dépenses d’avenir. Il n’est pas anormal de financer l’investissement par l’emprunt. Ce peut être un bon déficit à la condition expresse qu’il permette de financer de bons investissements. La question centrale c’est celle de la qualité de la dépense publique. La logique de la rigueur l’occulte parce qu’elle conduit à ne plus s’interroger que sur les conséquences budgétaires à court terme des décisions que l’on prenait". Là encore, en théorie, c'est plus que pertinent. Il est clair que la France pâtit de ce déficit hérité, basé sur des déséquilibres structurels (l'exemple de la Sécu, et de son célèbre trou - un gouffre aujourd'hui ! -, en est l'illustration), auquel s'est ajouté les conséquences de dépenses allourdies ou de recettes amoindries, sans le moindre résultat.
 
Il faut donc, en effet, repenser le problème des finances publiques. Mais, ce beau discours "je vais diminuer nos dettes et notre déficit", combien de fois nous l'a-t-on servi? Et le "je ne vais pas augmenter les impôts"? On peut donc très sérieusement douter de la réussite de ce plan sarkozyen. Pour deux bonnes raisons: d'une part, il a eu l'occasion de dire qu'il fallait donner plus à ceux qui ont moins, sans ajouter qu'il fallait aussi - en période exceptionnelle - donner moins à ceux qui ont plus (ce simple oubli est profondément révélateur !); d'autre part, faire porter à la crise la cause d'un déficit accru (l'endettement de l'Etat devrait atteindre 80% en 2009, contre 64% l'an dernier), c'est un peu facile. Lui qui n'a fait que parler investissement, semblant privilégier une vision de long terme qu'on lui connaissait si peu, semble avouer que le bon déficit qu'il a provoqué n'est pas un bon investissement car il faudra poursuivre les efforts - ces fameuses réformes - pour le combler. Ah, comme on pouvait s'y attendre, il a aussi disserter quelque peu sur le modèle social français, imparfait mais efficace, qui a servi d'amortisseur aux plus précaires. Et de nous proposer de belles envolées lyriques sur l'exclusion, la sortie de jeunes du système scolaire sans qualification... avant de dire qu'il allait accélérer les décisions prises avant la crise, dont l'efficacité n'est pas prouvé. Une petite lueur d'espoir (infime?): il a affirmé à plusieurs reprises, sur de très nombreux sujets (de la burqa à la formation des jeunes, en passant par le lycée, la taxe carbone ou la réforme des collectivités), vouloir ouvrir le débat sans le refermer. Donner du temps aux parlementaires et aux partenaires sociaux pour qu'ils fassent des propositions. Du dialogue social? On croit rêver ! Même si, à peine avoir fini sa phrase, il enchaîne sur sa détermination à faire bouger la France et à prendre les décisions courageuses qu'il est le seul à savoir prendre, il a fait un petit effort. Comme pour le reste, seul l'avenir (d'ici mi-2010, selon lui) nous dira s'il fallait le croire.
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J
Salut Aurélien,Je pense au contraire que sa deuxième partie de mandat sera plus " cool ", les régionales sont l'année prochaine(il me semble), et pour 2011 il faudra déja préparer le terrain pour les élections de 2012 donc... Il va lever le pied j'en suis certain, même si son tempérament dit le contraire.J'étais favorable au fait que le président puisse s'exprimer devant le parlement et ses citoyens par la même occasion. Mais là je crois que l'on confond un discours de présidentiable et un discours présidentiel! Le présidentiable veut tout changer, c'est lui la plupart du temps et dans la plupart de ses discours. Mais là, le fait déja de se présenter à Versailles donnait un ton sollennel au discours, car il était avant tout là pour présenter et pour faire de la pédagogie. Donc, il me semble logique qu'il n'y ait pas d'annonce véritablement majeure mais simplement des éclaircissements, etc. Je relève encore un grand paradoxe très franco-Français qui consiste à dire que le président n'en a pas assez dit! S'il avait annoncé une avalanche de réformes, on l'aurait encore d'avantages critiqué pour son côté chien fou et d'avoir tenu un discours de candidat. Donc stop!A bientôt
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A
<br /> <br /> Salut Jérémy, je note deux divergences d'analyse:<br /> <br /> - nous n'entrons pas dans la 2ème partie du quinquennat de Sarkozy. 2009 est certes un mini-tournant, mais la mi-mandat, c'est pour l'année prochaine lorsqu'après les régionales, grand évènement<br /> qui devrait être plus palpitant que les européennes, Sarko commencera à vraiment se tourner vers 2012;<br /> <br /> - je trouve justement qu'il en a trop dit. Je dis, dans l'article, que j'ai failli m'endormir. Je suis désolé, mais il a énuméré, thème par thème, ce qu'il avait fait et ce qu'il va continuer à<br /> faire. Le but était de remobiliser ses troupes, en ajoutant une dose de démocratie sociale (le couplet sur les partenaires sociaux qui seront consultés)... Mais, j'attends de voir ! Son discours<br /> était un programme pour l'année à venir, une feuille de route pour une majorité qui fait ce que le Président lui demande. Quant à la solennité de son discours, heureusement que le cadre était<br /> là... Personnellement, j'y vois une version allongée d'une intervention télévisée classique, où il pose beaucoup de questions pour y répondre lui-même.<br /> <br /> <br /> <br />