Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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Cette semaine, Jean-François Copé à organisé, dans sa ville de Meaux, une rencontre entre plusieurs ministres de la Ville de ces dix-huit dernières années pour disserter sur les succès et les échecs de cette politique de la Ville. Premier constat: chacun des participants (il y a avait notamment Bernard Tapie, François Loncle ou Fadela Amara, actuelle titulaire du poste) a expliqué quelles étaient ses priorités à son entrée en fonction et à quel point ils n'avaient pas eu les moyens d'y parvenir. Outre de constater und écalage droite-gauche sur les objectifs, on mesure aussi le décalage entre les bonnes intentions (le porte-feuille a été créé en 1991, sous le gouvernement Rocard) et les résultats obtenus. Un seul chiffre le confirme: on a vu se succéder, en 18 ans d'existence, 12 minitres de la Ville ! Une telle instabilité constitue une première explication: confier les rênes de ce ministère à une seule personne sur un quinquennat avec des moyens financiers suffisants et une réelle ambition pour ce sujet constituerait un premier pas. Or, de ce constat en découle un autre: la fameuse crises des banlieues, en 2005, n'a été que le révélateur de cet échec constant, de tous les gouvernements, de droite comme de gauche, pour résoudre les problèmes de ces territoires en marge. Taux de chômage chez les jeunes parmi les plus élevés du pays, discriminations en tout genre, ghettoïsation des populations les plus vulnérables, manque de mixité dans tous les secteurs, fuite des services publics, non-droit avec des activités illégales trop peu poursuivies... Cette accumulation donne le tourni. Et ce ne sont pas quelques actions spectaculaires, à grands renforts de CRS et de caméras, qui changeront les choses en profondeur.
D'après les premières estimations officielles, le plan "Espoir banlieues" mis en place par l'ancienne présidente de "Ni putes ni soumises" porterait ses fruits, avec un taux de retour à l'emploi pour les jeunes de ces quartiers difficiles en nette augmentation. Un premier signe encourageant. Mais, au fond, pas de solutions définitives. Car, et c'est le principal problème de cette politique de la ville inefficace, la concentration de moyens financiers exceptionnels, la création d'appellations toujours différentes pour qualifier les établissements scolaires (de ZEP, on est passé à "Ambition réussite") ou la mise en place d'une fiscalité attractive, avec encore et toujours des allégements de charges sociales ou d'impôts pour les entreprises qui s'y installent, ne semblent pas suffire. Le mal est plus profond. Et tellement polémique que, dès qu'un politicien met les pieds dans le plat, l'émotion est grande. Ainsi de Manuel Valls, maire d'Evry, une commune de région parisienne dont la population est plus que modeste, pris dans la tourmente après une petite phrase largement commentée (voir la vidéo).
Nombreux ont été ceux qui se sont émus de tels propos: dire que, sur une brocante de sa ville, cela manque de Blancs, c'est un constat que tout un chacun peut faire. Anecdote personnelle: en allant visiter la Basilique de Saint-Denis, où reposent les rois de France - c'était à l'occasion de la translation du coeur de Louis XVII dans cette église de région parisienne - des amis et moi avions déambulé quelques minutes sur le marché de la ville, qui se trouvait à proximité. Nous étions les seuls blancs de peau. Toutes les autres couleurs étaient représentées, dans un quartier cosmopolite, qui vivaient de la rencontre de ces cultures, de ces modes de vie différents. Sans être raciste, on se sentirait presque mal à l'aise devant un tel spectacle. Comme s'il devait y avoir, dans les villes proches de Paris, les marchés pour blancs et les marchés pour non-blancs. C'est de cela dont parlait Manuel Valls, constant la ghettoïsation à l'oeuvre dans sa ville... quelque chose qui lui est insupportable, et qu'il n'a fait qu'exprimer dans des termes que les Français utilisent dans la vie de tous les jours. Alors, pourqui être choqué par ce constat, lucide, et ce langage, presque banal? Parce que ce n'est pas politiquement correct. Et que le problème du manque de mixité sociale et raciale en région parisienne, la région de France où arrivent par milliers des immigrants pas toujours légaux, reste tabou. Heureusement, le député socialiste s'en explique pertinnemment. Lui qui, en annonçant sa candidature aux primaires pour 2012, indiquait vouloir faire d'Evry un laboratoire pour toute la France, citant en exemple le caractère univseritaire de sa ville, c'est un pas en avant.
Dans le même temps, un autre débat - qui n'est pas aussi tabou, heureusement ! - fait la "Une": des députés, de tous bords politiques, réclament l'ouverture d'une commission parlementaire sur le sujet du port du voile intégral, cette burqa qui ne laisse apparaître que les yeux des femmes musulmanes qui la portent. Transcendant le clivage droite-gauche (cela ne fait pas de mal), ce débat est passionné: d'un côté, ceux qui sont favorables à l'interdiction de ce vêtement (y compris par le biais d'une loi) estimant qu'il symbolise une violation des droits de l'homme (en l'occurence, de la femme) par la soumission de celle-ci à son mari; de l'autre, ceux qui s'y opposent n'y voyant qu'un outil exprimant la conviction religieuse de celle qui la porte, du fait d'une interprétation extrême du Coran. Depuis que le débat est lancé, on nous présente, dans les médias, les deux points de vue: les femmes qui la portent pour vivre intensément leur religion et celles qui s'en sont libérées pour vivre à l'occidentale sans pour autant renier leur foi. La burqa devient donc un symbole, celui de l'islam radical, que l'on trouve dans des pays comme l'Iran (triste exemple, en ce moment) où hommes et femmes ne peuvent cohabiter et où la burqa est plus souvent subie que choisie. Que la burqa soit interdite dans TOUS les lieux publics est une question qui se pose. Dans la législation française, les signes religieux hostentatoires ne sont interdits que dans les établissements scolaires, depuis cette loi qui avait provoqué une montagne de critiques parmi les islamistes fanatiques du monde entier. Faut-il généraliser cette interdiction, au risque de réduire une liberté qui apparaît fondamentale? Faut-il cantonner les marques religieuses au seul domaine privé (de la maison)? Je vous invite à vous exprimer. Personnellement, je n'ai pas encore de réponse définitive. Une seule chose est sûre, pour moi: le refus de certaines musulmanes d'être examinées par un médecin homme ou de retirer leurs marques confessionnelles à l'hôpital est inacceptable ! A vous de jouer...