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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Coups de gueule du week-end

Il y a des jours, comme aujourd'hui, où l'on a envie de pousser des coups de gueule. A la manière de Sean Penn, récompensé la nuit dernière, par l'Oscar du meilleur acteur (photo), pour son interprétation dans "Harvey Milk" où il campe le rôle d'un homme politique américain, pionnier des droits des homosexuels dans les années 1970 et qui a été assassiné, il y a trente ans à San Francisco. Et l'acteur, connu pour ses prises de position politiques tranchées et qui faisaient partie des artistes d'Hollywood soutenant Barack Obama, de profiter de cette tribune pour faire passer un message clair, salué par les applaudissements du public: "Je pense que c'est le moment pour ceux qui ont voté l'interdiction du mariage homosexuel [en Californie, Etat où se déroulait la cérémonie] de réfléchir à leur grande honte et à la honte dans les yeux de leurs petits-enfants, s'ils continuent à se comporter ainsi. Le temps est venu de l'égalité des droits pour tous". A l'heure où les Etats-Unis, entrés dans l'ère Obama, viennent de mettre fin à une politique anti-avortement soutenue par une droite plus que conservatrice (très influencée par l'Eglise), la question des droits pour les homosexuels, à travers l'instauration du mariage et de l'adoption par un couple de même sexe, se pose. Tout comme elle doit se poser en Europe, au nom de cette égalité des droits pour laquelle les progressistes doivent se battre. Et, alors que je pronais de  réaliser plusieurs référendums sur les thèmes du mariage homosexuel ou encore du droit à mourir, je préfère désormais militer pour l'instauration de ces nouveaux droits, le refus d'une majorité de nos concitoyens ne devant empêcher la minorité de disposer des mêmes droits que les autres citoyens.
 
Et cela m'amène à la situation dans les Antilles. Une destination à la mode pour les représentants de la gauche française, Olivier Besancenot, José Bové et Ségolène Royal s'étant rendus sur place, notamment pour assister aux obsèques du syndicaliste décédé la semaine dernière. Des personnalités politiques de premier plan qui sont donc venus apporter leur soutien à une population dont elles partagent le point de vue... en profitant du vide laissé par un Etat "en vacances" (d'après la députée de Guyane, Christiane Taubira). Or, cette présence de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle en a heurté plus d'un: si les responsables du PS ne s'en prennent pas à la présidente de Poitou-Charente, le MEDEF local, mais aussi national, crie à la récupération politique. Le MEDEF ! Cette organisation qui, avec Laurence Parisot à sa tête, montre de plus en plus son archaïsme. Quand l'ex-patronne de l'IFOP réagit aux annonces "sociales" de N. Sarkozy, elle annonce avec fermeté que les profits ne peuvent pas être partagés en trois, mais en deux. Prouvant de manière éclatante qu'elle ne tolère ni le dialogue, ni le progrès social, restant arc-boutée sur ses positions ultra-libérales. Certes, en défendant jusqu'au bout des ongles les seuls intérêts des entreprises, sans proposer de solutions pertinentes autres que des allégements de charge ou un assouplissement de ces règles qui enfreignent la sacro-sainte liberté du marché, elle joue son rôle. Mais, rester enfermée dans de telles certitudes, pratiquer la pensée unique en dehors de laquelle rien n'est soutenable et continuer à promouvoir ces potions qui nous ont conduit là où nous sommes aujourd'hui, c'est donner au patronant un visage archaïque... bien loin de cette modernité dont il se réclame. Ainsi, la vision que donne le patronat en Guadeloupe, profitant des situations de monopole, verrouillant les salaires et les postes de responsabilité au profit des "blancs", n'est pas des plus pertinentes.
 
Or, plus que jamais, la France a besoin d'un dialogue social, base de la démocratie sociale qui permette à chacun d'exprimer son point de vue mais, surtout, de parvenir à des compromis qui profitent à chacun. Tant au patronat, qui ne peut accepter de trop fortes augmentations salariales sans fragiliser ses entreprises (et donc, au final, la pérennité des emplois), mais aussi aux salariés auxquels il faut garantir des conditions de vie et de travail acceptables. Dans ce schéma, l'Etat doit innover, proposer des réponses nouvelles et alternatives, trancher entre les positions prises par les uns et les autres. C'est tout simplement le rôle que jouent également les clubs au sein (ou plutôt, à côté) des partis, et que la plupart des hommes et femmes politiques créent autour d'eux. Sur le modèle de "Désirs d'avenir", créé autour de Ségolène Royal dès la campagne de 2007, ces clubs se multiplient comme autant de lieux de débats, ouverts notamment aux citoyens qui refusent de s'engager dans des partis politiques, pouvant faire émerger de nouvelles idées. Des clubs auxquels Laurent Fabius, invité de "13h15 le dimanche" ce week-end (regardez la deuxième partie de l'émission ci-dessous avec, également, les coups de gueule du comédien Jacques Weber), a reconnu une certaine uitilité pour la vigueur de la démocratie... considérant que l'ambition des personnalités politiques était une bonne chose car les idées ne peuvent être portées que par des personnes.
 
A la lumière de ce constat, on peut donc légitimement penser que le président Hugo Chavez, qui vient d'obtenir démocratiquement la suppression de l'interdiction de se présenter plus de deux fois à la présidence de son pays, est porteur d'une ambition personnelle qui serait le support d'une ambition collective. Plus que la transformation constitutionnelle, qui s'apparente donc à un recul démocratique (dans la mesure où la situation précédente était plus démocratique), c'est la manière dont Chavez va utiliser cette possibilité qui doit (ou non) nous inquiéter. S'il se présente indéfiniment et même s'il obtient, à chaque scrutin (libre), le soutien de son peuple (qui pourrait vite se lasser), c'est donc à ses actes et la tenue de ses promesses, vers plus de justice sociale, qu'il devra être jugé. Même si, sur la forme, sa démarche est critiquable: un peu à la manière des technocrates européens, il vient de soumettre une seconde fois son projet à un peuple vénézuélien qui l'avait refusé une première fois et qui, du point de vue présidentiel, avait donc mal voté. La mesure, démocratiquement adoptée, s'apparente donc à un recul démocratique, la limitation du nombre de mandats (c'est-à-dire la logique inverse) constituant une avancée vers plus de démocratie. Et pour illustrer cette différence, prenons l'exemple de la réforme de l'audiovisuel en France. Une avancée démocratique aurait consisté à donner au CSA la possibilité de nommer le PDG de France Télévisions plutôt que de le faire en Conseil des ministres. En cela, la réforme Sarkozy s'apparente à un recul démocratique... sous prétexte d'en finir avec une certaine hyprocrisie. Constatant la nomination du PDG du groupe par un CSA souhaitant plaire au président - qui procède d'ailleurs à la nomination de trois de ses neuf membres - , une avancée démocratique aurait consisté à garantir une plus grande indépendance de ce même CSA... plutôt qu'à légitimer la situation précédente. Bref, des deux solutions possibles, Sarko a déguisé un recul évident en mesure nécessaire et plus transparente !
 
Dès lors, pourquoi s'offusquer de ce qui est considéré comme une décision anti-démocratique pour le Venezuela, alors qu'elle est assez proche de certaines de nos propres pratiques européennes? Ce "deux poids, deux mesures", de la part de nos médias bien-pensants, est insupportable: et cela méritait d'être dit !

2ème partie de "13h15 le dimanche" du 22 février avec Laurent Fabius
envoyé par lfabius (source: site Internet de Dailymotion)
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