Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
21 Février 2009
utiliser l'argent de cette vente aux enchères pour financer la lutte contre le SIDA à travers une fondation. Ne cachant pas son adhésion aux idées de gauche, et ayant soutenu la candidature de Ségolène Royal à la présidence de la République, Pierre Bergé a affirmé vouloir céder deux objets, appartenant à sa collection, aux autorités chinoises, si celles-ci se décidaient à respecter davantage les Droits de l'homme. Une petite phrase très commentée, qui a quelque peu éclipsé l'importance et les autres pièces de cette collection. Une petite phrase qui ne devrait pas plaire à Pékin, mais qui a le mérite de dire clairement ce que beaucoup pense tout bas, sans oser affronter le régime chinois. Lequel n'est, justement, pas un modèle de démocratie pluraliste dans laquelle le peuple vit plein de libertés. La dépêche AFP précise donc que, dans cette collection, sont mises en vente "une tête de lapin et une tête de rat en bronze (...) réclamées avec force par la Chine [et qui] font l'objet d'un litige examiné en justice lundi, deux jours avant leur vente aux enchères prévue mercredi par la maison Christie's au Grand Palais. Vendredi, un référé a été déposé par l'Association pour la protection de l'art chinois en Europe (...) Le litige concerne deux bronzes estimés 10 millions d'euros pièce inclus dans la vente organisée à partir de lundi et qui comporte 732 oeuvres d'art, à commencer par des Picasso, Matisse, Léger, Mondrian ou Brancusi. Si le monde de l'art se passionne pour la "vente du siècle", seules ces deux têtes intéressent la Chine car elles ont été pillées à Pékin en 1860 par les soldats français et britanniques. Elles faisaient partie d'une fontaine à eau imaginée au XVIIIème siècle par le jésuite français Michel Benoist. L'ensemble jouait sur le thème des 12 animaux du calendrier chinois, devant un des palais de style occidental de l'empereur Qianlong (1735-1795), construit au Palais d'été, dans le nord-ouest de Pékin. "Ces têtes chinoises ont été pillées il y a 150 ans en Chine comme ont été pillées les fresques du Parthénon à Athènes qui sont au British museum, comme ont été pillées beaucoup de pièces qui se trouvent dans tous les musées du monde", a déclaré vendredi Pierre Bergé. "Là-dessus il y a une législation et une jurisprudence", a encore dit l'homme d'affaires, homme de gauche engagé et qui a financé en 1989... la Maison de la Démocratie Chinoise de Paris, destinée à venir en aide aux dissidents et étudiants chinois ayant fui leur pays après les événements de la place Tiananmen. Pierre Bergé persiste et signe: "je suis prêt à donner ces têtes chinoises à la Chine s'ils sont prêts à reconnaître les droits de l'Homme". "Le droit de propriété de la Chine sur ces objets ne peut pas être remis en cause, ils doivent revenir en Chine", a déclaré récemment la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jiang Yu. Un bataillon d'avocats chinois s'est saisi de l'affaire, l'un d'eux affirmant que "le sac du Palais d'été, c'est une plaie qui n'a jamais été refermée".
La défense de la démocratie et droits de l'homme est, comme chacun sait, une constante dans la vie politique française... même si nos responsables ne sont pas toujours les mieux placés pour donner des leçons. Pas sûr que le cumul des mandats, des salaires et des privilèges, pendant plusieurs décennies par un même homme qui verrouille la vie politique locale soit une pratique plus enviable que la possibilité donnée à Chavez de rester président un mandat supplémentaire. Ceci étant dit, il reste une autre grande valeur, à laquelle nous sommes tous attachés, qui mérite d'être également défendue. je veux parler de la diversité, de cette richesse qui a permis, dans la grande démocratie que sont les Etats-Unis, à un métis d'accéder aux plus hautes responsabilités. Or, aujourd'hui, j'ai peut-être trouvé la réponse à la question: qui est l'Obama français(e)? C'est une hypothèse à laquelle j'avais réfléchi avec un ami et qui, compte-tenu de la situation actuelle aux Antilles, ne me semble pas dénuée de sens. Candidate à la présidentielle de 2012, la députée apparentée socialiste de Guyane, Christiane Taubira, qui est loin d'être inintéressante, me semble être une bonne candidate pour devenir, un jour, la première femme, qui plus est métis, à accéder à l'Elysée... à condition que la gauche de gouvernement, tout entière, comprenne que plus que les personnes, ce sont les valeurs, les idéaux et la personnalité d'un(e) responsable qui en font un(e) bon(ne) présidentiable. Or, je le dis sans détour, si j'avais eu l'âge de voter à la présidentielle de 2002, j'aurais longuement hésité à voter Jospin au 1er tour, la franchise, la hauteur de vue et les idées de Mme Taubira ayant déjà attiré mon attention à l'époque. Et je le dis également franchement, en tant que socialiste, je ne serais en rien choquer de voir un candidat non socialiste représenter la gauche progressiste et humaniste au 1er tour d'une présidentielle (car il va falloir en finir avec cette manie de vouloir absolument caser un de "nos" représentants, en lui collant une étiquette qui ne sert que rarement sa cause). Le jour où la gauche comprendra qu'elle doit s'unir, le plus tôt possible, sur la base d'un projet clairement identifiable, autour d'une personne qui servira de ciment au sein d'une équipe diverse et animée par la défense de l'intérêt général, alors elle pourra espérer reconquérir le coeur des Français.
Ainsi, à l'heure où des évènements graves se passent en Guadeloupe, sans que le pouvoir en place n'y accorde suffisamment d'importance, et à la veille des obsèques du syndicaliste tué mardi soir, on ne peut que constater une chose. L'outre-mer est vue, par certains hommes (et femmes) politiques, comme un espace de seconde zone... d'où le ressentiment des populations locales qui se sentent méprisées. Il est tout de même choquant de voir, sur les images que les rédactions de France 2 ou France 3 diffusent depuis maintenant plusieurs semaines, une si nette fracture entre le peuple de Guadeloupe (et ses représentants), tous métis, et les élites locales, presque toutes blanches. Regardez le préfet ! Regardez le procureur de la République ! Regardez le patron de l'industrie hôtellière de l'île ! Pas un seul de ces hommes de pouvoir (qu'il soit politique ou économique) ne reflète la diversité dont l'île est évidemment porteuse. C'est tout simplement scandaleux de voir qu'une minorité non représentative de la population, et que de grandes entreprises en situation de monopole, contrôlent une île si marginalisée par le pouvoir central, à Paris. Et, pour comprendre ce ras-le-bol, et mieux cerner la personnalité de Christiane Taubira (que je verrais donc bien à l'Elysée avec, pour premier ministre, un socialiste du genre Vincent Peillon, qui en a l'envergure !), je vous invite à écouter l'émission "Parlons Net", premier club de la presse Internet, animée sur France Info par David Abiker, et qui donne la parole à des acteurs de premier plan peu présent dans les autres médias. Ce week-end, c'est donc la députée de Guyane qui en était l'invitée: pour vous donner un avant-goût de son franc-parler, commencez par écouter le "off" (ci-dessous). Pour l'émission en intégralité (soit un peu plus d'une heure), c'est ICI.