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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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HISTORIQUE !!

Comprendre le monde qui nous entoure, c'est évidemment - à tous - notre mission de citoyen. C'est aussi plus particulièrement une des tâches fondamentales qui incombe aux enseignants d'histoire et de géographie qui doivent donner, à leurs élèves, les clés pour comprendre le monde d'aujourd'hui, à la lumière des enjeux géographiques, mais aussi de considérations historiques ("le passé éclairant le présent", pour reprendre une formule célèbre). Et c'est dans cette optique que des journées de formation sont organisées par les Rectorats de France sous la forme de conférences, données par de grands spécialistes de questions géopolitiques et/ou historiques. Des rendez-vous qui sont passionnants. Et au cours desquels on ne s'ennuit pas une seconde... surtout si l'intervenant sait capter son public, mêlant rigueur scientifique et humour. Or, lors de la dernière conférence à laquelle j'ai assisté, sur le thème des "guerres et conflits dans le monde d'aujourd'hui", une des intervenantes a fait une analyse tout à fait pertinente du lien qui peut exister entre la résolution (ou le déclenchement) d'un conflit et la responsabilité d'un homme, ou d'un groupe d'hommes. Bref, pour les optimistes, la rencontre d'une cause et d'un homme emblématique. Et le moins que l'on puisse dire est que les exemples abondent pour illustrer cette thèse: la fin de l'Apartheid aurait-elle pu se concrétiser sans l'engagement et la force d'un Mandela?
 
Ou encore, le Proche-Orient n'aurait-il jamais été aussi prêt d'une paix durable sans Yitzhak Rabin? La question est brûlante. Et elle permet d'observer sous un autre angle cette guerre de Gaza qui a pris fin ces derniers jours, le cessez-le-feu unilatéral (donc non négocié, et ultra-précaire) d'Israël ayant permis un retour au calme dans la région. Mais pour combien de temps? La situation actuelle appelle deux remarques: d'une part, sans dialogue entre les deux parties, qui prennent chacun dans leur coin des bonnes résolutions (pas celles de l'ONU en l'occurence) et des engagements, sans pour autant participer au premier sommet international (ce dimanche, à Charm El-Cheikh), la paix ne reviendra pas. Et l'explication est simple: que ce soit en Israëll ou en Palestine, la région manque cruellement d'un personnel politique de qualité qui puisse mettre le destin de ces deux peuples devant les intérêts politiques et immédiats. A cet égard, la guerre menée par Tsahal est une superbe démonstration: c'est pour remonter dans les sondages et dans l'estime des populations du sud du pays que les dirigeants ont décidé d'utiliser la manière forte. Avec un certain succès. A moyen terme, dans le meilleur des cas. Sauf que, dans les conditions actuelles et sans l'intervention déterminée des Occidentaux, la poudrière réexplosera dans quelques mois !
 
Bref, vous l'aure compris. En ce 20 janvier, l'un des moments historiques que nous aurons tous eu la chance de vivre, cette volonté supérieure (qui place l'intérêt collectif et l'entente des hommes au-delà des différences au-dessus de tout) pourrait bien sauver la région. Car, si Barack Obama - car c'est évidemment de lui dont il s'agit - décide de faire du Proche-Orient le dossier prioritaire de son administration en matière internationale (en envoyant Hillary Clinton sur place très vite), une lueur d'espoir renaîtra pour les populations, israéliennes et palestiniennes, tant meurtries ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années. Evidemment, je ne suis pas en train de considérer qu'Obama est le Messie que l'Amérique et la Terre attendent pour nous délivrer du mal (Amen !). Mais au moins cet homme d'exception, qui porte en lui l'espoir d'une Amérique et d'un monde meilleurs, va effacer ces huit dernières années qui auront fragilisé le monde. Et plus particulier le monde libre, dont il se voulait le premier défenseur. Ainsi, George W. Bush, qui va donc passer le témoin à son successeur ce soir, aura-t-il été, lui, l'exemple de la rencontre d'un homme et d'une cause, juste en théorie, mais qui aura considérablement aggravé la situation dont il avait hérité. Et pour le nouveau locataire de la Maison-Blanche, tant en politique intérieure qu'extérieure, les dossiers chauds s'empilent. On ne peut que lui souhaiter bonne chance ! A moins d'une heure, maintenant, de son investiture. Qui tournera l'une des pages les plus sombres de l'histoire du monde.
 
Cette journée sera donc celle de tous les records. Record d'impopularité pour un président sortant que seuls 21% des Américains disent regrettés. Record de popularité pour un président entrant, à peine officiellement en place, avec 87% d'opinions favorables pour Obama. Celui qui a pour modèle Lincoln et Franklin Roosevelt, le sauveur d'une Amérique économiquement fragilisée dans les années 1930, reçoit par ailleurs la confiance de 61% de ses compatriotes qui considèrent qu'il réussira à sortir le pays de la situation globale dans laquelle il se trouve. Record de fréquentation pour ce qui est de la grande cérémonie, dont le temps fort (la déclaration de serment) se tiendra entre 17h56 et 18h - heures de Paris -, avec près de deux millions d'Américains et d'étrangers attendus sur la grande esplanade du Capitole à Washington (photo). Place qui, lors des précédentes investitures, n'avait pas accueilli plus d'1,2 millions de personnes... chiffre qui sera largement battu ce mardi ! Record, enfin, en ce qui concerne la résonnance planétaire de cet évènement. On pourrait citer l'Europe où les médias vont évidemment proposés la retransmission de l'ensemble de la cérémonie, en direct... ce qui ne fut pas le cas pour les investitures successives de Bush fils. Mais, l'exemple le plus flagrant est, encore une fois, celui du Kenya, un écran géant ayant été installé au coeur de la capitale Nairobi pour permettre à la population de vivre l'évènement en direct. Kenya où, dans le village de naissance du père du 44ème président des Etats-Unis, la foule commence déjà à danser, chanter et manifester sa joie avec un grand nombre d'objets à l'effigie d'Obama. Et, le moins que l'on puisse dire est que l'arrivée au pouvoir du premier président Noir est une aubaine pour certaines entreprises, à l'image de celle qui, dans le Finistère, avec les employés d'un Centre d'Aide par le Travail (essentiellement, des personnes handicapées), a mis au point un mini-DVD qui retrace le parcours du nouveau président en achetant à l'INA les images de la campagne de l'ex-candidat démocrate.
 
Et de cet homme, qui devrait changer beaucoup de choses, en premier lieu l'image de son pays dans de très nombreux pays du monde, les citoyens américains, européens, africains et asiatiques attendent beaucoup. Et pour eux - ce qui est sans doute excessif, voire naïf -, les paroles font actes. Or, ses paroles, particulièrement inhabituelles dans le paysage politique occidental, constitueront des documents incontournables pour faire de nos enfants des citoyens avertis. Ainsi, pour un enseignant d'histoire et d'éducation civique, le discours de Philadelphie et les références de l'élu - en qui les spécialistes voient le mélange heureux, et prometteur, de John F. Kennedy et Martin Luther King - à l'histoire tumultueuse de son pays sont d'une richesse extraordinaire. Et les relire, s'en inspirer, les méditer - c'est-à-dire croire d'abord dans les capacités intellectuelles humaines avant de croire en un Dieu qui, par exemple, n'a rien à voir avec l'amérissage réussi de l'avion sur l'Hudson River ! - c'est passionnant.
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