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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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La vraie rupture made in USA

Moins de vingt-quatre heures après, frissons et émotion restent d'actualité dès que les images de la cérémonie d'investiture du 44ème président des Etats-Unis repassent dans nos JT. Il est clair que, de l'arrivée des protagnistes au Capitole jusqu'aux bals qui ont émaillé la soirée rendant hommage au nouveau couple présidentiel, l'euphorie de l'obamania - débutée il y a plus d'un an maintenant - a subjugué une foule enthousiaste, galvanisée par ce que Libération appelle, ce matin, "la promesse" d'une Amérique meilleure. Car, le moins que l'on puisse dire est que, sur le fond comme sur la forme, le nouveau président américain est porteur d'une VRAIE rupture avec le système et le discours bushiste de ces huit dernières années. Le charisme de l'ex-sénateur de Chicago, qui en "impose" bien plus à une tribune que son prédécesseur - heureux de regagner le Texas -, la jeunesse du nouveau couple locataire d'une Maison-Blanche qui verra, pour la première fois depuis bien longtemps, des enfants dans ses murs, la décontraction et la joie affichée par l'homme le plus puissant du monde ne peuvent que trancher avec l'image d'un vice-président sortant, Dick Cheney, en fauteuil roulant. Symbole, à lui seul, d'une politique opportuniste, bénéficiant à une petite minorité, qui a finalement fragilisé - dans tous les domaines - le monde entier.
 
 2007, année de rupture en France? Pas si sûr. 2009, année de rupture aux USA? Assurément. Obama apporte à la fois du sang neuf et un discours rénové, bien plus proche des réalités du monde actuel, et auxquels (presque) tous les dirigeants du monde adhèrent. En oubliant qu'entre leurs pratiques et le discours obamiste, il y a parfois un total décalage, un gouffre intellectuel qui ne les fait pas vasciller: ainsi, les plus libéraux qui s'en prennent, avec plus ou  moins de force et de réussite, aux valeurs auxquelles nous sommes nombreux à croire, se retrouvent dans un discours totalement opposé aux leurs. Et cette attitude confirme deux choses: 1- ceux qui nous ont conduit à la crise actuelle, qui en sont donc partiellement responsables, essaient de nous faire croire, avec le plus grand sérieux, qu'ils peuvent nous en sortir en faisant le contraire de ce qu'ils voulaient jusque-là; 2- partout dans le monde, l'anti-américanisme, que de nombreux intellectuels condamnaient un peu trop vite, n'était rien d'autre qu'un rejet du néo-conservatisme façon Bush, auquel Barack Obama s'oppose avec force et conviction. Toutes les valeurs auxquelles les Français croient (égalité entre les hommes, justice pour tous, solidarité, paix) ont donc enfin triompher dans le pays où les valeurs contraires ont été si bien portées jusqu'à aujourd'hui. Et, la première décision du président Obama, de suspendre toutes les procédures judiciaires en cours à Guantanamo, illustre parfaitement le discours d'investiture du nouveau président: en rappelant qu'il était incompatible de défendre certaines valeurs en les bafouant dans la réalité (autrement dit, en creusant le fossé entre paroles et actes), il vient d'affirmer haut et fort que la torture et la violation d'une justice équitable, sur cette base cubaine, ne pouvaient y exister.
 
Bref, à peine installé à la Maison-Blanche, voilà donc le président Obama à l'oeuvre. Oeuvrant pour une rupture politique majeure dont ces derniers jours ont donné plusieurs exemples:
- peignant les murs d'un centre qu'il visitait, Barack Obama a retroussé ses manches et agi gratuitement alors que, à l'autre bout du monde, dans un pays bien peu démocratique, le premier ministre, ex-président, sauveur de la Nation, y compris en direct à la télévision, Vladimir Poutine vient de vendre pour une somme colossale (en millions d'€uros) une toile qu'il a peint de sa main. Bref, d'un côté, la solidarité et les messages forts par humilité et, de l'autre, l'enrichissement personnel au service d'une cause;
- présidant les cérémonies d'investiture, notamment le défilé sur le boulevard reliant Capitole et Maison-Blanche, hier après-midi à Washington, le président Obama a pu faire partager sa joie de vivre et ce moment extraordinaire avec le peuple américain, dansant au passage des fanfares ou faisant des signes d'appartenance au passage de la délégation de son ancien lycée d'Hawaï. Bref, une rupture de style totale avec un Bush, rigolard, qui multiplie les blagues pour faire rire l'auditoire;
- enfin, et c'est majeur (comme le soulignent les observateurs cités dans la vidéo ci-dessous, extrait du "Télézapping du Monde", très intéressant sur Dailymotion !), le discours a considérablement changé: le "nous", évoquant l'unité du peuple américain - qu'il veut évidemment servir et dont il veut défendre l'intérêt -, s'accompagne d'une vision du monde presque révolutionnaire. Dans son discours d'investiture, le nouveau chef d'Etat américain a parlé d'une diplomatie qui se fera désormais sur la base d'un dialogue permanent avec tous les Etats du monde, tous les hommes qui croient en la paix, sans que les Etats-Unis ne se voient comme seule super-puissance.


Télézapping : "C'est un discours d'espoir"
envoyé par lemondefr (Source: site Internet de Dailymotion)

Bref, entre le bushisme qui étalait, jusqu'au Moyen-Orient, son envie de puissance (politique, militaire et économique), en bafouant l'avis de la communauté internationale et en réduisant ses alliés au rôle de vassaux, et l'obamisme, fait de solidarité, d'efforts partagés, de sacrifices pour parvenir à un avenir meilleur, un immense gouffre existe. Au point que, pour les dirigeants, cette nouvelle ère est synonyme de renouveau: dans un monde multipolaire, avec l'affirmation de nouvelles puissances régionales, l'avis des Européens, des Africains, des Latino-Américains et des Asiatiques devrait être davantage pris en compte... et l'espoir d'un monde meilleur prendre enfin corps. Par l'audace d'un seul homme, auquel un peuple a eu le courage de faire confiance !
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J
Attendez la suite ... Du réalisme! Pas de précipitation ...
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A
<br /> Cher Jacques.<br /> Je me souviens, il y a quelques semaines, en commentant un article où je mettais en garde les citoyens frappés d'obamania du fait que le nouvel élu allait forcément nous décevoir (tant les espoirs<br /> que nous plaçons en lui sont grands), vous me demandiez de ne pas céder à trop de pessimisme. Une manière de dire qu'Obama réussirait tout de même sur des dossiers importants et qu'il apporterait<br /> vraisemblablement des réponses novatrices et efficaces à certains de ceux-là.<br /> <br /> Vous écriviez alors; je vous cite: "C'est curieux, tout de même, cette propension à voir tout de suite le mauvais côté!"<br /> <br /> Aujourd'hui, alors que je semble beaucoup plus optimiste (dans la mesure où ce que va faire Obama ne peut qu'être, selon moi, que bien meilleur que ce que font d'autres politiciens évoquant la<br /> "rupture" - car c'est cela le font de cet article), vous semblez considérer que je le suis trop.<br /> <br /> Au final, il est clair qu'Obama n'est pas le messie qui sauvera la planète. Et surtout pas à lui seul (ce qu'il a d'ailleurs fort bien compris). Mais il est tout aussi indéniable qu'il devrait être<br /> l'homme le mieux placé pour changer le monde. L'espérance qu'il a soulevé et les grandes lignes de son projet me rendent confiants ! Ne partagez-vous pas cette confiance en lui?<br /> <br /> <br />