Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

Publicité

La résistance sociale, c'est pour quand?

Il y a deux semaines, et pour le seconde fois dans ma courte carrière, j'ai eu la chance de rencontre Raymond Aubrac, mari de Lucie et figure de la résistance pendant la Seconde guerre mondiale, à l'occasion de sa venue au lycée de Chauny. Son intervention prit la forme d'une conférence en deux temps: après avoir expliqué les grandes étapes de sa vie personnelle et de son combat dans la résistance, il a répondu avec beaucoup de vivacité et d'humour aux interrogations des élèves de terminale venus le rencontrer. Et, comme l'an passé, il a nourri son récit d'anecdotes sur ses conditions de détention, sur ses tentatives d'évasion, sur sa rencontre avec Jean Moulin, sans s'empêcher d'évoquer des sujets d'actualité (notamment la vague néo-nazie de quelques adolescents en Israël) et sur lesquels sa vision humaniste donne une saveur particulière. Mais, de cette deuxième rencontre, je retiendrais une chose essentielle: évoquant la manière avec laquelle il a pu conserver le moral lors de ses périodes de détention (au cours desquelles la Gestapo l'a bien sûr torturé), il rappelait qu'aujourd'hui encore, l'esprit de résistance devait nous habiter. Car, face aux plus terribles injustices (celle de l'occupation de la France par l'armée allemande et de la collaboration pétiniste, en l'occurence), l'homme doit savoir résister ! S'investir au quotidien et permettre à ses convictions de s'exprimer sur la place publique pour combattre ces injustices.

 

Terrible leçon de courage que cet homme de 94 ans (né le jour de l'assassinat de Jean Jaurès en juillet 1914 !) a donné à des jeunes, pour certains tout juste majeurs, qui construisent progressivement leur citoyenneté ! Et, dans le monde dans lequel nous vivons, les injustices sont légion. Toutes ces inégalités entre les plus riches et les plus pauvres, que ce soit à l'échelle de la planète ou à l'intérieur de nos pays soi-disant riches, ne peuvent que susciter une volonté de résister aux politiques ultra-libérales, ultra-sécuritaires et anti-sociales que le gouvernement prend... en faisant de la crise économique et de la peur de l'autre les bases d'un individualisme égoïste toujours plus fort. Car, quand on observe attentivement les plus récentes décisions de notre président, on ne peut qu'être inquiet pour la cohésion de notre nation et le partage de richesses: la peur de l'enfant et des jeunes que relance la proposition d'une possible incarcération dès l'âge de 12 ans rappelle furieusement ses sorties, alors qu'il n'était alors que candidat à la présidence, sur la détection des délinquants à la crèche (et pourquoi pas dans le ventre de leur mère, demandait la semaine dernière Marianne?); la proposition de libéraliser le travail dominical, qui priverait les salariés de ce seul jour de liberté au cours duquel ils pouvaient choisir de faire ce qu'ils voulaient et de partager un vrai moment en famille, ne répond qu'à une logique individualiste qui, comme avec les heure supplémentaires défiscalisées, ne profitera qu'à ceux qui en bénéficieront (sans que la mesure ne démontre une quelconque efficacité économique, le député-maire de Troyes, François Baroin, ayant très justement fait remarquer que "l'argent éventuellement dépensé le dimanche dans les grandes surfaces ne le sera plus le lundi"). Mais, n'oublions pas les promesses non tenues. Rappelez-vous les visites aux ouvriers dans les usines bientôt rachetées par Mittal: le locataire de l'Elysée venait promettre qu'aucun emploi ne serait supprimé après le rapprochement d'Arcelor avec le groupe indien... Et voilà que l'entreprise, pourtant bénéficiaire, annonce un plan de licenciement ! Mais de qui se fout-on?
 
Les ouvriers de Renault l'ont bien compris. Eux qui, il y a quelques semaines, ont justemet résisté aux pressions de leur direction qui leur demandait de ne pas manifester le jour de la venue de Nicolas Sarkozy dans leur usine et, même, de travailler de manière exemplaire... histoire de montrer aux président une entreprise telle qu'elle ne fonctionne jamais dans l'année ! Et bien, ses salariés ont bloqué l'entrée de l'usine, refusant de dialoguer avec le chef de l'Etat venu leur promettre qu'il ferait tout ce qu'il peut pour éviter les suppressions d'emploi et les non-reclassements... Bref, les ouvriers ne voulaient pas entendre le couplet réchauffé, servi à leurs confrères d'autres sites en France. Et ils ont bien raison de ne plus écouter ceux qui, en laissant l'écart se creuser dans la répartition des richesses entre travail et capital, n'ont plus d'autres solutions que de creuser les déficits (bientôt 70% du PIB !) en mettant tout sur le dos d'une crise, pour le coup, bien venue ! Or, cet esprit de résistance doit nous animer. Il est de notre devoir, dans l'opposition au sarkozysme destructeur (beau parleur dans les discours et terriblement ultra-libéral dans les actes), de proposer une alternative crédible, basée sur la justice sociale. Ce projet, de résistance sociale, doit d'urgence renouer avec la nécessité d'une politique de progrès, et non de régression où les acquis sont remis en cause, assouplis au nom de la sacro-sainte liberté. Et qui dit progrès, dit renforcement ou création de droits protégeant les plus faibles qui, dans le contexte de la mondialisation, sont les plus pénalisés, à la fois par la précarisation de leur situation personnelle et par les efforts financiers consentis... alors que, dans le même temps, les exonérations d'impôts, les niches et boucliers fiscaux, les augmentations de salaires et de bonus (qui se chiffrent en millions d'€uros par an) profitent à une poignée de spéculateurs. Les mêmes qui affament des millions d'êtres humains dans les pays pauvres.
 
Certes, le système actuel n'est pas le pire. Mais il est loin, avec ses règles (ou plutôt, sa dérégulation) actuelles, d'être le meilleur. Et, même si la plupart des décisions doivent se prendre au niveau européen voire mondial, un programme économique "de gauche" à l'échelle de la France mérite d'être lancé. Voici une série de mesures qui, sans être définitives (car le meilleur moyen de réussir est de discuter ou de s'enrichir des autres points de vue), pourraient constituer la base d'une nouvelle politique de progrès social, privilégiant les plus modestes: augmentation du SMIC à 1200€ net; mise en place (pourquoi pas en Europe, avec des gouvernements qui l'envisagent d'ailleurs sérieusement?) d'un salaire maximal, comme il existe un salaire minimal, à 75 000€ par mois (soit un demi-million de francs et un peu plus de cinq ans du nouveau SMIC); établissement d'une sixième semaine de congés payés; mise en place d'un bouclier logement (pas plus de 30% d'un salaire dans le loyer de sa maison); baisse des cotisations sociales pout tous les emplois et suppression de toutes les exonérations; réforme fiscale en profondeur et retour sur le paquet fiscal sarkozyen; obligation pour une entreprise licenciant tout en faisant des bénéfices de rembourser les aides publiques éventuellement reçues, de s'acquitter d'une lourde amende proportionnelle aux bénéfices et à l'ampleur du plan de licenciement, en plus des éventuelles primes de reclassement. Et toutes ces mesures, qui permettraient de réduire de manière drastique un écart devenu plus qu'injuste entre foyers modestes et hauts revenus, doivent être portées par la gauche, y compris par un centre-gauche social-démocrate qui ne doit pas avoir honte de vouloir réguler une mondialisation dont il faut aussi profiter des bienfaits. A condition que ceux-ci permettent un développement harmonieux du monde et l'épanouissement de TOUS les citoyens du monde !
 
Je profite de cet article sur les valeurs de gauche pour signaler une information passée quelque peu inaperçue, à savoir l'arrivée au Palais Bourbon d'un nouveau député socialiste. Croyant la circonscription acquise d'avance, les stratèges de l'UMP (Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en tête) ont convaincu la députée de la huitième circonscription de Gironde de se présenter aux sénatoriales pour laisser sa place à un autre élu UMP de la région. Comme si le vote des citoyens n'allaient qu'être une formalité... sauf qu'en démocratie, pesant les projets des deux prétendants (UMP et PS), observant le contexte et la politique sarkozyenne mise en oeuvre ces dernières semaines, les électeurs ont offert près de 55% des voix au candidat de la gauche (François Deluga, photo) lors du second tour, il y a deux semaines, bénéficiant du report des voix PCF, NPA et MoDem après avoir obtenu près de 45%au premier tour. Signe que la gauche n'est pas totalement morte et que, tout en surfant sur la vague d'impopularité du président, et malgré ses divisions internes, elle était capable de gagner des batailles électorales. de bonne augure à quelques mois des européennes qui devraient permettre à la gauche, dans son ensemble, et au moins en France, de réaliser un bon score. A suivre...

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article