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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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L'UMP et le débat démocratique

Ce jeudi, je participais à un stage organisé par le rectorat de l'académie d'Amiens sur le thème, passionnant, du lien entre mondialisation et organisation des territoires, avec des interventions plus qu'intéressantes d'éminents spécialistes des Etats-Unis, de l'Inde ou encore de sciences politiques appliquées à la géographie. Cette conférence se déroulait dans l'amphithéâtre d'un lycée de la belle ville d'Amiens, la grille d'entrée de l'établissement étant tapissée de pancartes dénonçant la réforme du lycée voulue par Xavier Darcos, appelant notamment à une "AG" en milieu de journée. AG au cours de laquelle les lycéens décidèrent d'occuper leur établissement, d'envahir certaines salles (et, d'après certains témoins, de faire passer par les fenêtres quelques chaises... matériel appartenant à ces fameuses "conditions de travail" dont ils demandent, notamment, qu'elles soient par ailleurs améliorées !). Cette action localisée, médiatisée par une équipe de France 3 Picardie, faisait écho aux manifestations organisées, la veille, mercredi, dans les rues de plusieurs grandes villes de province ainsi qu'à Paris. Manifestations qui se déroulaient hors période scolaire, un mercredi après-midi... ce qui montre que les jeunes lycéens français ne voient pas dans ces rassemblements la seule occasion de manquer quelques cours (comme pourraient le laisser entendre les mauvaises langues) mais de consacrer une part de leur temps libre pour manifester leur rejet de ce projet. Contestation qui s'est étendue depuis à plusieurs villes du sud-ouest et du grand ouest de la France, au point que les médias nationaux se fassent l'écho des bloquages d'établissements organisés par des lycéens inquiets.
 
Et il est intéressant de se pencher sur les revendications que ces jeunes adressent au ministre; trois critiques principales peuvent être distinguées: 1- la suppression du nombre de postes d'enseignants et la dégradation, qui est serait la conséquence, des conditions de travail avec, notamment, des classes aux effectifs encore plus lourds; 2- la stupidité d'une réforme qui transforme la seule classe de seconde, sans se préoccuper des deux classes suivantes ni d'une éventuelle réforme du Baccalauréat; 3- le manque de dialogue et de concertation qui consisterait en un échange d'idées. Plus que tout, les lycéens souhaitent être entendus, à défaut d'être écoutés ! Or, confronté à un tel mouvement, d'assez faible ampleur et assez désorganisé (reconnaissons-le), mais qui traduit des interrogations et une incompréhension de la part de ceux qui sont les premiers concernés, le ministre continue de jouer à l'autruche. Adoptons une attitude toute sarkozyenne: "de toute façon, quoi qu'on essaie de nous faire croire, c'est moi qui a raison et j'irai jusqu'au bout" semble être sa vision de la manière de mener une réforme qu'il veut par ailleurs d'envergure. Mais comment croire, sinon en étant tout simplement stupide, qu'une réforme comme celle-ci peut aboutir et produire des résultats si les acteurs (enseignants, parents et élèves) ne sont pas associés, faisant d'eux des acteurs passifs subissant un projet qu'ils n'ont pas contribué à forger? Drôle de manière d'espérer réformer le pays... Et ce ne sont pas ses dernières déclarations qui vont clamer la situation: en plus de minimiser, chaque fois qu'une manifestation ou un bloquage est médiatisé, l'ampleur du mouvement (suivant, ainsi, le principe sarkozyen de "grèves qui ne se voient plus"), il multiplie ce qui ressemble ni plus ni moins à des provocations. "Je ne suis pas le ministre de l'hésitation nationale !" a-t-il récemment lâché. Non, c'est vrai. Mais, en plus d'être celui d'une forme de connerie nationale, il n'est pas non plus le ministre du dialogue national. Et c'est grave. Au point que les enseignants, qui se sont mis en grève le mois dernier, réféchissent à de nouveaux moyens d'action (grève des notes, des Bacs blancs...) pour dénoncer cette attitude irresponsable d'un ministre qui croit que, dans ses bureaux parisiens, il peut avoir une vision suffisamment complète et objective de la réalité de terrain pour prendre des décisions aussi importantes.
 
Mais, qu'il se rassure: Xavier Darcos n'est pas le meilleur exemple (même s'il en est un !) de ces membres de l'UMP qui bafoue le débat démocratique. Si une palme devait être attribuée à celui (ou celle) qui assène des vérités toutes faites tout en négligeant l'opposition, tant politique (de la gauche) que sociale (des citoyens), Rachida Dati et le député Frédéric Lefebvre (auto-proclamé porte-parole de la Sarkozye) seraient peut-être ex-aequo. La première, ministre de la Justice, commentant le rapport qui lui était remis sur la délinquance des mineurs, affirmait ainsi que la possibilité d'un emprisonnement dès l'âge de 12 ans était une évidence. Sans jamais le prouver ! Et, sans être anecdotique, cette attitude qui consiste à nier toute possible contestation, est gravissime: une ministre ne peut pas (et ne doit pas) renvoyer toute possible opposition à un projet du gouvernement d'un revers de main, avec des phrases aussi creuses... et, au contraire, pas du tout évidentes ! Le second, qui est devenu le spécialiste de la réforme de l'audiovisuel public pour l'UMP, vient de réaliser un coup de génie: utiliser l'obstruction de la gauche au Palais Bourbon pour faire passer les membres de l'opposition pour les responsables d'une asphyxie financière du service public. Pour résumé: en repoussant la décision finale à janvier, si l'Assemblée prend le temps d'exmanier tous les amendements déposés (autrement dit, si le gouvernement ne passe pas en force), les taxes permettant de compenser les pertes de recettes publicitaires ne seraient verser qu'à partir de mars ou avril, privant le groupe France Télévisions de recettes pendant deux ou trois mois, la suppression de la publicité étant sur le point d'être définitivement enterriné pour la rentrée de janvier... par décret. Et le mieux, c'est qu'un parlementaire se permette de faire cette annonce quelques heures avant que la ministre en charge du dossier, Christine Albanel, n'affirme que cela n'était pas encore fait !! Décidément, on marche vraiment sur la tête. La majorité ne semble avoir qu'un seul objectif: faire passer ses réformes sans le moindre débat... et dire que Sarko voulait une république irréprochable. On en est loin !
 
Et je vous rappelle que, sur ce dernier sujet de la réforme de l'audiovisuel public, vous pouvez donner votre avis et participer au "sondage de la quinzaine": il vous suffit d'y répondre avant dimanche prochain (21 décembre) en cliquant sur la question, dans la colonne de droite.
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