Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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Cela n'aura sans doute échapper à personne. Nous célébrons aujourd'hui le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, évènement d'autant plus important qu'il était, dans le contexte de l'après seconde guerre mondiale, le symbole de la volonté des Etats regroupés dans l'ONU naissante de placer l'entente entre les peuples et le respect de la dignité humaine au coeur des préoccupations des nations et au centre des relations diplomatiques. Et, comme le soulignaient deux journalistes étrangers, correspondants à Paris de leur journal, respectivement britannique et russe, au cours d'un débat sur ce thème sur France Info, la France apparaît toujours comme la patrie des droits de l'homme, ce pays qui joue le rôle de "vigie du monde libre"... alors que, dans le même temps, le rôle de "gendarme du monde" des Etats-Unis est contesté. Or, ces mêmes journalistes déploraient dans le même temps qu'il ne soit pas donné à la DUDH une place plus importante dans l'enseignement de l'histoire ou de la citoyenneté au lycée. Alors qu'elle pourrait avoir sa place (une place pertinente !) dans le programme de Terminal pour comprendre le monde contemporain. D'autant plus que, dans le programme de géographie, sont notamment abordées les écarts de développement entre pays riches et pays pauvres, le constat étant celui d'un creusement de cet écart et d'un lien entre le niveau de développement et le degré d'intégration à cette mondialisation qui est à l'origine du creusement précédemment évoquée.
Or, pour que le développement soit harmonieux, trois facteurs doivent être remplis: qu'il profite à toutes les classes sociales notamment les plus vulnérables (l'enrichissement d'une majorité de puissants n'ayant aucun impact sur le reste de la popualtion, malgré ce que prétend la théorie libérale du ruissellement); qu'il se fasse dans un cadre démocratique qui permette à tous les citoyens d'avoir le même poids sur les prises de décision du gouvernement qui les représente; qu'il permette aux générations actuelles de vivre en utilisant les ressources naturelles dans des proportions suffisamment modestes pour qu'elles profitent également aux générations futures. Or, sur ce seul point, force est de constater que les pays pauvres ne se développent pas tous de manière harmonieuse. Et, si l'on ajoute à ces critères le problème du respect des droits fondamentaux de l'homme (liberté d'expression et de conscience, accès équitable à une justice impartiale, protection des minorités et des enfants, statut égal de la femme...), ce constat est encore plus sombre. Et, comme chaque année, les rapports d'ONG (au premier rang desquels Amnesty International) tirent la sonnette d'alarme en soulignant que lesprogrès des uns ne compensent pas - loin de là d'ailleurs ! - la dégradation des droits de l'homme dans d'autres pays. Ainsi, le classement publié à l'occasion de cette journée, qui a une raisonnance particulière en 2008, montre deux choses. 1- les pays qui figurent dans le bas des classements sont, comme par hasard, des pays pauvres et sous-développés, dont les populations se trouvent dans des situations plus que précaires. L'absence de démocratie, notamment en Afrique, est la première - mais pas la seule - cause du sous-développement et du maintien dans la misère de milliers de populations civiles fragiles. Ainsi, le Zimbabwe, récemment frappé par une épidémie de choléra qui a engendré des déplacements massifs de "réfugiés économiques", se retrouve dans les cinq derniers pays respctant le moins les droits de l'homme ! Là aussi donc, le fossé se creuse !
2- si la première information n'est donc pas une surprise, la seconde ne l'est pas non plus: certains Etats riches, développés où les droits de l'homme sont globalement bien respectés, certains pratiques discutables sont clairement épinglées par les rapports de ces associations. Ainsi, la France peut-elle être mise en cause pour les conditions de détention des détenus, des mineurs et des immigrés en instance d'expulsion. Autrement dit, les politiques mises en place par la droite, et par Nicolas Sarkozy en particulier (lutte très modérée contre la surpopulation carcérale, quotas d'expulsion), ne sont pas compatibles avec les droits de l'homme que notre pays veut tant promouvoir... A moins qu'il n'y voit plus une priorité. Après les épisodes Kadhafi et plus récemment celui de la visite du dalaï-lama (cliquez ICI pour relire l'article que j'ai consacré à ce sujet), voilà l'épisode Rama Yade, du nom de la secrétaire d'Etat en charge de ce thème (photo: avec son ministre de tutelle, Bernard Kouchner). Le ministre des Affaires étrangères ayant en effet déclaré, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France, qu'il avait commis une erreur en réclamant à Nicolas Sarkozy de créer ce secrétariat d'Etat, une promesse du candidat UMP ! Pour certains observateurs, ayant donné cette interview dimanche, M. Kouchner aurait anticipé la candidature de Rama Yade comme tête de liste aux prochaines européennes, considérant que cette candidature serait l'occasion de supprimer ce poste qui n'apporte visiblement rien à la diplomatie française.
Le moins que l'on puisse dire est que le ministre des Affaires étrangères a dit tout haut ce que les diplomates pensent tout bas: la diplomatie, c'est d'abord défendre les intérêts de la France et sa sécurité en dialoguant avec ses partenaires et en trouvant des compromis (sous forme, bien souvent, de contrats industriels). Pour eux, les droits de l'homme constituent un pilier de toute diplomatie, mais un pilier secondaire: c'est ce qu'affirme Hubert Védrine, chef de la diplomatie du gouvernement Jospin, en affirmant que "le droit d'ingérence chez les autres ne suffit pas pour mener une diplomatie occidentale". C'est donc la Realpolitik qui prend le pas sur les principes: et même si nos intérêts doivent être défendus par nos diplomates, il n'est pas moins souhaitable que toute discussion porte également sur les conditions de vie des citoyens du monde, le sacrifice de quelques contrats se révélant possible s'il s'agit de défendre des vies humaines menacées... Mais, les diplomaties européennes se heurtent à une difficulté majeure: comment réclamer le respect des droits de l'homme au Tibet ou en Tchétchénie quand, à Guantanamo, le sort des présumés terroristes détenus par les Etats-Unis vivent dans des conditions plus que détestables (que la torture morale et physique parfois pratiquée ne fait qu'illustrer !). Mais, au fond dans cette affaire Yade, la secrétaire d'Etat - qui a défendu, émue, sa position et son action au-delà de toutes les difficultés qu'elle a pu rencontrer - est tout simplement sanctionnée. Parce qu'elle a affirmé vouloir se préserver pour un éventuel mandat national, et en tenant tête à un Sarko qui veut placer ses pions et imposer à ses proches (en les pressant régulièrement d'accepter) leur candidature pour tel ou tel scrutin, la jeune femme, symbole d'une diversité féminine cultivée par le chef de l'Etat, pourrait perdre son poste en cas de remaniement. Et ne pas pouvoir intégrer le secrétariat d'Etat aux affaires européennes qu'on lui pensait destiné. Et dire que certains, Roger Karoutchi, ministre des relations avec le Parlement, ont défendu le président en affirmant que, quand le roi demande à quelqu'un de faire quelque chose, celui-ci doit s'exécuter et ne pas discuter. Vive la démocratie !!.. et les droits de l'homme.
Salut Aurélien!<br />
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Je déplore que l'épisode sur Rama Yade ait prit la place du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme. <br />
Mais bon pour être franc son secrétariat d'état je n'y ait jamais cru et n'aime pas Rama Yade! Elle est surement très compétente mais elle me semble surtout très opportuniste, trop...
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Il faut dire, la pauvre, qu'on ne lui a pas facilité la tâche. L'épisode Kadhafi a sérieusement entamé ses chances de réussir cette difficile, mais honorable, mission de placer les droits de<br />
l'homme si ce n'est au coeur, au moins parmi les priorités de la diplomatie française. Quant à sa personne, elle m'est plutôt sympathique mais c'est une bête politique incontestable capable des<br />
meilleurs discours, mais aussi des pires attaques politiciennes qui ne font que la rabaisser. Et, au fond, sa personnalité importe bien moins que ses compétences et son acharnement à faire ce que<br />
le président lui demande...<br />
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B
bria
13/12/2008 18:32
Non non ne vous inquietez pas, nul n'ai marié a son PC, et comme vous soulevez un sujet je donne mon impression sans attendre d'une quelconque reponse precise<br />
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Je n'ai jamais voyager, mais j'entend par des personnes proches leurs experiences sur d'autres continent. Et le Senegal me tenterai assez par leurs mode de vie, la peche ...<br />
En effet ils pechent que quand ils ont faims, et les femmes essayent de vendre le surplus de poissons. Une cabane en guise de baraque et le soleil genereux qui leurs sert souvent de toit.<br />
Pas de tracas de travail, de confort, de modernisme si bien qu'une famille est soudée a toute les épreuves contrairement a nous. C'est pour ca que je trouve totalement idiot que certains veulent changer leurs facon d'etre, ces memes personnes en devastant l'amazonie ont je suppose rendu des malheureux confronter a nos problemes de nourritures et de confort. D'ailleurs plus personnes n'en parlent de ces pygmés qui avaient comme representant un certains Sting du groupe "Police".<br />
L'Industrialisation nouveau mot pour ne pas dire esclavage, je comprend pas qu'il faille aider ces gens la, mais simplement les preserver car ils vivent une vie sans doute meilleur que la notre.
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Je le répète: vous avez parfaitement raison. Vouloir imposer notre modèle (comme ce fut également le cas au temps de la colonisation) n'a aucun sens et, si cela permettait de développer<br />
harmonieusement et équitablement les pays pauvres, cela se saurait depuis longtemps...<br />
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Je vous renvoie à l'excellent article que Jacques Heurtault avait consacré à ce sujet, montrant la différence qui existe entre pauvreté relative et pauvreté absolue. Un exposé très intéressant<br />
qui reprend cette thèse que, sans le même niveau de vie que nous (en matière financière, j'entends), les habitants de pays considérés comme pauvres vivent aussi bien que nous, en accord avec leur<br />
culture et leurs traditions. Il vous suffit de cliquer ICI.<br />
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B
bria
12/12/2008 23:16
Pourquoi vouloir moderniser les pays p'vres a notre image ?<br />
En meditant un peu sur ce probleme, on rendra les pauvres encore plus pauvres, car ils seront forcés de suivre les rythmes de la vie moderne sans des avantages que la France possede, la S.Social en autre.<br />
Promis je ne dirait plus rien maintenant <br />
Santé ;-)
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C'est exactement ce à quoi l'idéologie ultra-libérale dominante nous a conduit. A un monde où les inégalités se sont creusées, laissant plus que jamais les plus pauvres au bord de la route (mourant<br />
de faim ou de maladies que nous n'avons plus connu depuis des siècles !). Et c'est parce que les richesses produites par la mondialisation (qui reste une chance !) ont été très mal réparties que<br />
nous en sommes là: aider les pauvres, leur donner un accès à la santé et à l'éducation sans recherche de profits, n'a pas d'intérêt pour les décideurs. Regardons l'action du FMI qui, dans les<br />
années d'après décolonisation, n'a accordé des prêts aux pays pauvres qu'à condition que ceux-ci libéralisent leur économie (privatisations...). Conséquence? Une élite dirigeante, qui confisque le<br />
pouvoir tant politique qu'économique, assoiffe leur pays et précarise des habitants qui ne voient jamais la couleur des millions de dollars que l'Etat reçoit !<br />
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Et, surtout, continuez à nous faire profiter de vos réflexions. Elles sont toujours très pertinentes et peuvent susciter le débat... c'est ce qui compte ! J'espère que ce n'est pas mon temps de<br />
réaction pour répondre au premier commentaire qui vous fait dire cela... J'attends, au contraire, vos réactions, et celles des autres lecteurs, sur ce thème. Car construire un monde différent que<br />
celui-ci qui a enfanté la crise que nous vivons est une nécessité. C'est notre devoir de citoyen que d'y réfléchir... par la confrontation d'idées !<br />
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B
bria
10/12/2008 22:22
On parle de difference entre les pays riches et les pauvres <br />
Si je vous disait que se n'ai pas la richesse du pays qui améliore le mode de vie. Qu'il vaut mieux vivre a son rythme que de le banaliser uniquement par son numero de la securité social ou sa carte bancaire dans un confort qui nous rend chaque jour un peu plus feignaisse ... lol
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Vous avez parfaitement raison... Et en tant que géographe, je vous donne une information primordiale: les géographes ont créé une série d'indices qui mesurent les écarts entre pays<br />
riches et pauvres. Et après avoir constaté que le PIB -richesse nationale- et le PIB/hab -richesse par habitant- n'étaient plus suffisants, ils ont inventé l'IDH (qui prend en compte les<br />
conditions d'accès à la santé et à l'éducation). Et tout cela confirme une chose fondamentale: ce n'est pas l'argent qui fait le bonheur des gens ni le développement des pays. On peut être riche,<br />
s'intégrer à la mondialisation sans pour autant satisfaire les besoins fondamentaux (les droits de l'homme !) de tous les habitants, les classes supérieures confisquant alors - dans ces cas - une<br />
part trop importante desdites richesses. C'est donc bien sur la vie quotidienne des petites gens, de "l'Afrique d'en bas" par exemple, qu'il nous faut agir !<br />
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