Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
22 Novembre 2008
Vous l'aurez sans doute remarqué, si vous êtes un fidèle lecteur de Jes6 ou si vous êtes abonné à mes newsletter (annonçant la parution de chaque nouvel article), le rythme des parutions a quelque peu ralenti cette semaine. Trois articles en six jours là où, depuis le début de septembre (et la rentrée scolaire), j'avais pris l'habitude d'en publier trois tous les deux jours ! Ce ralentissement a une explication: depuis lundi, et jusqu'à la fin de la semaine prochaine, j'effectue le premier remplacement que le rectorat m'a confié cette année dans un lycée de la zone à laquelle je suis rattaché. Après deux mois et demi d'attente (que mes collègues en poste fixe à l'année considèrent, à juste titre, comme du temps perdu), me voilà donc devant quatre classes de trois niveaux (de la seconde à la terminale), dans le lycée où j'étais stagiaire l'an dernier et où j'ai également fait mes études.
Et quel plaisir de retrouver mes anciens collègues, certains de mes anciens élèves (ceux de seconde étant passés en première) et, surtout, l'envie d'enseigner. Car, ce qui est le plus scandaleux dans le système des TZR, ces titulaires en début de carrière dont les rectorats usent pour assurer les remplacements des collègues défaillants, c'est qu'il en viendrait presque à nous dégoûter de l'enseignement. Jouer les bouche-trous dans l'établissement dans lequel on est rattaché, dans l'attente d'un remplacement à effectuer, puis prendre en charge des classes pendant deux semaines (soit à peine le temps d'apprendre à connaître et apprécier les élèves qu'il faut déjà repartir...), c'est plus qu'usant. Psychologiquement parlant.
Or, cette semaine, c'est physiquement que j'ai, pour la première fois depuis le début de l'année scolaire, ressenti de la fatigue. A force de dispenser dix-huit heures de cours avec des classes agréables, avec des élèves attentifs à qui vous avez envie d'apprendre quelque chose, et de préparer des cours (ce qui vous permet d'exercer la discipline pour laquelle vous avez été recruté), sans oublier la correction de deux tas d'une vingtaine de copies... voilà autant d'activités professorales que j'attendais de pratiquer depuis plusieurs semaines. Et je peux vous garantir que c'est un immense plaisir que d'enseigner. Même si, dans le collège où j'ai travaillé depuis septembre, les aides aux devoirs et cours de soutien que j'ai pu dispenser aux élèves fragiles des classes de 6ème et 5ème a donné des résultats (avec de meilleures notes aux devoirs, pour ces élèves).
Bref, pendant ces deux semaines, mes articles seront moins nombreux. Mais, franchement, je préfère donner moins souvent mon avis sur l'actualité et sur moins de sujets, et enseigner ma discipline en étant reconnu par des élèves comme leur professeur. Et, même si je comprends la nécessité d'avoir des personnels ainsi flexibles - qui permettent d'assurer la continuité pédagogique pour les élèves -, je dois bien avouer que cette situation me déplaît, ne me donne pas la meilleure des images du métier que je veux exercer et fait des courtes périodes de remplacement que j'assure des moments intenses de vrai bonheur ! J'espère en avoir d'autres à vivre d'ici la fin de l'année scolaire...