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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Fraude et bâtons dans les roues

Après la bataille des idées et des chefs, voilà donc que débute la bataille des chiffres. Et plus que jamais, la comparaison entre le scrutin interne au PS et le modèle démocratique américain semble pertinent. Non seulement la bataille que se sont livrées les motions ressemblait quelque peu à l'affrontement Clinton-Obama chez les démocrates, mais le recomptage et les contestations engendrées par le vote de vendredi soir (photo) rappellent l'épisode du recomptage des voix en Floride entre Bush et Al Gore en 2000. Or, si le PS se distingue par une incapacité à la réconciliation entre les deux camps qui se sont affrontés, lesquels pourraient s'affronter de nouveau dans trois ans pour le choix du candidat à la présidentielle, il pourrait bien suivre le même chemin en mettant un terme à la situation actuelle en donnant la parole finale au Conseil national, issu du vote sur les motions. Telle la Cour suprême qui, majoritairement acquise à George W. Bush à l'époque en Floride, avait proclamé la victoire du républicain, lui ouvrant les portes de la Maison-Blanche, le nouveau parlement interne du PS, majoritairement acquis à Martine Aubry (car les anti-Ségo y pèsent 70% - contre 50% dans le vote des militants !), pourrait trancher définitivement mercredi en faveur de la maire de Lille, considérant que sa victoire arithmétique, aussi courte et contestée soit-elle, lui donne une légitimité pour diriger le parti. Ainsi, les cadres sortants du parti auraient gagné: si Mme Aubry est confirmée dans sa nouvelle fonction sans nouveau vote des militants, les éléphants - qui la soutiennent majoritairement et sans ambiguité - seront parvenus à empêcher Ségolène Royal de prendre le parti, malgré la dynamique en sa faveur depuis le dernier scrutin présidentiel !

 

Car, ce matin, encore, la situation n'est pas très claire et avec un résultat aussi serré (qui pourrait se resserrer voire s'inverser), celle qui l'emporterait arithmétiquement - y compris Mme Royal - n'aurait pas la légitimité suffisante pour rassembler le parti et le reconstruire dans un climat serein. Car, depuis le vote de vendredi, plusieurs rebondissements sont intervenus: de 42 voix, l'écart entre les deux prétendantes est passé à 18 dans la mesure où le résultat d'une section de Moselle avait été inversé. 18 voix avaient été accordées à Martine Aubry dans le logiciel de comptabilisation des résultats, contre 6 à Ségolène Royal, alors qu'il s'agissait en fait du contraire. Cette erreur humaine a donc réduit l'avance de la maire de Lille. Et si l'on ajoute à cela le fait mis en lumière par une équipe de France 2, selon lequel il existerait, dans la section du Vieux-Lille, un écart entre le résultat proclamé - devant les caméras - par le président du bureau de vote (110 voix pour Martine et 27 pour Ségolène) et celui transmis par la fédération du Nord à la rue de Solférino par voie informatique (130 contre 27), on arrive à un surplus de 20 voix pour la maire de Lille qui enregistrerait alors deux voix de retard (18-20) sur la présidente de Poitou-Charente qui, si cette erreur était confirmée, sortirait arithmétiquement vainqueure !! Sauf que, ne connaissant pas l'ampleur de la fraude, qui a bénéficié aux deux camps, il serait politiquement impossible et dangereux de proclamer une gagnante officielle...  à moins d'organiser un troisième tour, en veillant à ce que la transparence soit suffisante dans les fédérations litigieuses (Nord et Seine-Maritime, mais aussi dans certains fiefs ségolénistes) pour que le nouveau résultat soit cette fois incontestable.

 

Or, dans cette affaire, le camp Aubry a, selon moi, un handicap majeur. Si on reprend le fil de la nuit de vendredi à samedi, au cours de laquelle chaque camp s'est vu vainqueur sans que les dirigeants nationaux ne se décident à confirmer les chiffres avancés, il est clair que les lieutenants d'Aubry ont fait preuve de précipitation, se mettant les premiers à la faute. Comme l'a d'ailleurs souligné Ségolène Royal, hier soir, dans son intervention sur TF1, la précipitation du camp de sa rivale explique la colère qui a surgi chez certains lieutenants de l'ex-candidate à la présidentielle. Vers minuit, un des proches de Martine Aubry, François Lamy, affirmait: "si quelqu'un donne, à cette heure-là, des chiffres, c'est qu'on est en pleine manipulation". Or, dès une heure du matin, alors que la tendance qui donnait Ségolène gagnante semblait s'inverser, Razzy Hammadi, proche de Benoît Hamon rallié à la maire de Lille, annonçait la victoire de sa nouvelle championne comme "nouvelle première secrétaire nationale du Parti socialiste"... une heure et demi avant que Daniel Vaillant, au nom de la direction du parti, affirme ne pouvoir dire le nom de la gagnante compte-tenu de l'écart infime qui séparait encore les deux candidates. Bref, le camp Aubry a joué la prudence avant de s'auto-proclamer gagnant au moment où cela semblait impossible... Et, quand, dans la matinée, les proches de la présidente de Poitou-Charente souligne que leur championne a progressé dans toutes les fédérations entre les deux tours (ce qui est logique dans la mesure où 100% des électeurs d'Hamon ne pouvaient pas se rallier à Aubry) sauf dans celles du Nord et de Seine-Maritime, autrement dit les fiefs de Martine et de l'un de ses soutiens, Laurent Fabius, le doute s'installe. Et on ne peut s'empêcher de soupçonner des fraudes visant à combler le retard qui était alors donné à la fille de Jacques Delors.

 

Sans nouveau vote, le PS se dirige tout droit vers une scission. Or, pour sortir de la crise, Ségolène Royal est celle qui fait la meilleure des propositions: interrogée en fin de soirée, elle affirmait que "raison de plus [s'il y a eu des fraudes des côtés] pour redonner la parole aux militants", ce qui serait pour elle la marque d'un grand parti qui avancerait sur la voie de la modernité de ses pratiques. Alors que, dans le même temps, à l'Assemblée nationale, celle qui reste l'élue officielle (pour l'instant) se présentait comme la première secrétaire de tous les socialistes, appelant au rassemblement autour d'elle. Là encore, la fracture qui a été mis en jour dans cette campagne finalement très instructive sépare deux visions que des différences notables séparent tout de même. Affaire à suivre !

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J
Ca y est, Aubry est passée !!!<br /> Maintenant... Bonne chance ! Avec tout ce bordel, je ne vois pas comment le PS peut remporter les européennes de l'an prochain (à prévoir ; le retour en avant de Royal)... Sans parler de toutes les élections suivantes !<br /> Pour moi, Sarko peut repartir aisément pour un tour ! Mais bon, d'ici là... On verra bien !
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A
<br /> <br /> Je dois avouer que les premières déclarations et décisions de la nouvelle Première secrétaire, que je n'ai aucunement l'intention de critiquer (même si sa légitimité est, de fait, quelque<br /> peu limitée), vont dans le bon sens et laissent espérer que la maire de Lille soit l'un des artisans de la rénovation. Si elle tend la main aux "royalistes" et s'affranchi des éléphants qui l'ont<br /> soutenu (mais qui n'en font pas leur pantin), elle parviendra sans doute à redonner une lisibilité et une audibilité aux socialistes. Dans les médias, je crois qu'elle sera plus efficace que<br /> François Hollande, ce qui est déjà une bonne chose. J'espère en tout cas, sincèrement, qu'elle réussira ce qu'elle va entreprendre !<br /> <br /> <br /> <br />