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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Unanimité sur la fracture numérique?

En ce moment, tout ne tourne pas rond au Parlement. Les sénateurs ont délogé Christine Boutin en rejettant, en fait sans surprise, l'article de sa loi qui prévoyait d'inclure l'accession à la propriété pour les ménages modestes dans les quotas de logements sociaux que les communes doivent construire en vertu de la loi SRU. Inanimes (gauche et droite réunis), les élus de la Haute Assemblée y voyaient une possibilité donnée aux communes ne faisant guère d'efforts pour développer le parc de logement social, accessible par location aux plus modestes, de contourner la loi. En parallèle, les députés socialistes ont décidé d'ajouter leurs voix à celles de l'UMP pour adopter à l'unanimité le projet de Grenelle de l'environnement présenté par un Jean-Louis Borloo qui a réussi à mettre d'accord majorité et opposition pour la première fois depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007. Dès lors, pourrait-on voir la gauche soutenir, à l'avenir, d'autres projets, tel celui de lutte contre la fracture numérique, porté par Eric Besson, l'ancien anti-sarkozyste devenu secrétaire d'Etat? La question n'est pas encore réellement posée. Mais, alors que le projet était présenté en début de semaine, on peut imaginer que la gauche apporte également ce soutien à un texte qui se base notamment sur une volonté d'aménagement du territoire ! Car, sur ce sujet, je crois que l'opposition peut faire l'effort de soutenir un projet qui vise à réduire, voire enterrer, les inégalités d'accès aux nouvelles technologies.

Cette fracture numérique ne garantit en effet pas le même accès à la couverture en téléphonie mobile ou à l'Internet en ADSL à tous les habitants du pays, ceux qui font le choix de vivre à la campagne étant pénalisés par un accès restreint à ces technologies. Et, comme dans le cas des transports en commun, il s'agit en fait d'un manque de rentabilité, les entreprises privées du secteur se refusant à dépenser de l'argent pour permettre à quelques dizaines ou centaines de potentiels clients d'avoir accès à des services dont la mise en place coûte chère. Dès lors, que l'Etat intervienne est une bonne chose: selon moi, l'un des rôles fondamentaux de l'Etat est d'aménager le territoire pour garantir un accès équitable de tous ses citoyens aux services publics (relisez l'une de mes dix propositions de réforme pour avancer, dans la colonne de droite, que j'ai consacré à ce thème !). Les opérateurs privés refusant de faire cet investissement, l'Etat a un double rôle à jouer: en tant qu'aménageur, il doit à la fois donner cette impulsion sans laquelle les entreprises concernées se refusent à agir, et participer financièrement à l'équipement des régions concernées afin que le problème de rentabilité - qui garantit l'emploi et le service que ces entreprises donnent à leurs clients - ne soit pas un obstacle.
Et le projet d'Eric Besson semble aller dans ce sens. Dès lors que deux garanties sont obtenues du gouvernement (que l'Etat ne finance pas la totalité de cet équipement et que le service rendu soit, dans les délais les plus brefs, accessible à toute la population), je ne vois aucune raison qui pousserait les parlementaires socialistes à rejeter ce projet. Car, il s'agit là d'un sujet qui dépasse les clivages partisans.

Par ailleurs, un autre volet - non abordé - de cette fracture numérique devrait, à mon sens, être également examiné: il s'agit de celle qui sépare, parfois de manière assez flagrante, les établissements scolaires. Et en particulier, les lycées des collèges, l'équipement des premiers (pris en charge par les Régions) étant souvent bien meilleurs que celui des seconds (financés par les départements). Pour être plus concret, je cite l'exemple que je connais le mieux: dans le lycée où j'ai enseigné l'an dernier, au moins quatre salles équipées chacune d'une quinzaine de postes (avec Windows XP) étaient à la disposition des élèves, tandis que les enseignants pouvaient travailler avec douze postes en salle des professeurs; dans le collège où je suis actuellement, deux postes ornent la salle des profs et douze autres composent une salle informatique équipée d'un Windows 98 qui ralentit quelque peu les opérations demandées. Autre décalage: le CDI de mon ancien lycé, neuf et richement doté en abonnements et en livres récents, disposait d'une douzaine de postes informatiques, tandis que celui du collège, dont les moyens matériels et financiers sont limités, n'en possède que quatre. Bref, sur ce point - auquel je suis attaché en tant qu'enseignant -, l'équité suppose que chaque élève de France puisse travailler dans les mêmes conditions, quel que soit l'établissement où il est inscrit.

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