Décidément, ce matin, les dépêches publiées par les Nations Unies quotidiennement apportent des informations intéressantes. Deux d'entre elles ont attiré mon attention parce qu'elles concernent l'Irak en montrant, de manière assez claire, que contrairement à ce que l'on veut nous faire croire - notamment la plupart des responsables américains et les plus atlantistes de nos politiciennes -, la situation sur place ne s'améliore pas. Certes, le nombre de soldats américains tués, malgré des journées noires, est en baisse. Certes, le nombre des bavures qui touchent les populations civiles diminue. Certes, les attentats suicides que s'échangent les différentes confessions, à Bagdad comme dans les zones les moins stables du pays, reculent. Cependant, l'aggravation de la situation en Afghanistan et la crise financière mondiale ayant relégué l'actuelle irakienne bien au-delà du second plan del'actualité, ne faisant plus la "Une" des médias français, il faut donc rester prudent. Sans tirer de conclusions trop hâtives. Ainsi, dans ce contexte, les informations publiées par l'ONU, qui s'attache notamment à suivre la situation des populations civiles irakiennes, nous informent bien mieux. Je vous laisse lire les deux dépêches suivantes puis réagir en postant vos commentaires.
1- la première de ces dépêches évoque le fait que "les Irakiens restent le principal groupe de demandeurs d'asile": "Les Iraquiens restent, de loin, au premier rang des nationalités demandant l'asile dans les pays industrialisés même si leur nombre a baissé au cours des six premiers mois de l'année, selon un rapport de le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés publié vendredi. Selon ce rapport sur les tendances de l'asile, le nombre de demandes déposées par les Iraquiens (19.500) au cours du premier semestre 2008 a été plus élevé que la somme des demandes d'asile déposées par les citoyens de la Fédération de Russie (9.400) et de la Chine (8.700), les deuxième et troisième principaux pays d'origine. Parmi les autres principaux pays d'origine des requérants d';asile figurent la Somalie (7.400), le Pakistan et l'Afghanistan (6.300 chacun). Par rapport aux six mois précédents, le nombre de demandeurs d'asile iraquiens a cependant chuté de 18% et de 10% par rapport au premier semestre 2007 (...) En tout, 60% des Iraquiens ont demandé l'asile dans quatre pays: la Suède (20%), l'Allemagne (18%), la Turquie (14%) et les Pays-Bas (12%). (...) Au total, quelque 165.100 demandes d'asile ont été soumises par l'ensemble des nationalités dans les pays industrialisés au cours du premier semestre 2008. Les Etats-Unis sont restés le premier destinataire des nouvelles demandes déposées par les requérants de toutes nationalités pendant les six premiers mois de 2008. Le nombre des demandes d'asile enregistrées dans les pays industrialisés en 2007 a augmenté de 9% par rapport à 2006. Cette tendance à la hausse s'est poursuivie pendant la première moitié de 2008, les chiffres montrant une hausse de 3% par rapport au premier semestre 2007".
2- sous le titre "Les chrétiens contraints de quitter Mossoul selon le HCR", le seconde dépêche de ce samedi évoque les tensions interreligieuses qui continuent de déséquilibrer l'Irak: "Près de la moitié des chrétiens de Mossoul auraient été contraints de partir victimes de menaces et d'intimidations, s'inquiète vendredi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. « Le HCR a reçu des informations du ministère du déplacement et des migrations à Mossoul, selon lesquelles environ 1.560 familles (soit quelque 9.360 personnes) auraient été contraintes de partir jusqu'à présent, un chiffre que l'agence n'est pas en mesure de confirmer. Cette population déplacée représenterait environ la moitié des chrétiens présents dans la zone de Mossoul », a déclaré le porte-parole du HCR. « Ces derniers jours, nous avons envoyé une dizaine de missions d'évaluation dans les zones autour de Mossoul (...) », a-t-il dit. Selon les premiers rapports disponibles, la plupart des chrétiens iraquiens ont décidé de quitter Mossoul après des menaces indirectes et des actes d'intimidation. L'un de ceux qui ont été interviewés a été le témoin de l'assassinat d'un chrétien iraquien en pleine rue, et plusieurs personnes déplacées ont également dit qu'elles avaient reçu des menaces écrites sur le campus universitaire, chez elles et par des messages envoyés sur leurs téléphones portables. Plusieurs autres ont aussi dit qu'elles étaient parties car elles avaient entendu des nouvelles indiquant que 11 chrétiens de Mossoul avaient été tués (...) [Ces personnes] ont un besoin urgent de nourriture, de vêtements, de produits non alimentaires (tels que des couvertures, des matelas et des réchauds), des produits d'hygiène, de l'eau potable, et d'avoir accès à l'école et à des installations de santé".