Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
18 Avril 2008
Retour de vacances dans le Sud. Et, comme l'année dernière, je ne peux m'empêcher d'évoquer la question des autoroutes en France. Une question que je considère d'autant plus importante qu'elle pourrait être, si la gauche s'en saisissait, un révélateur du clivage gauche-droite. Au pouvoir depuis maintenant six ans, la droite français en a fait un exemple de sa politique économique, en choisissant la privatisation de ce qui pourrait être considéré comme un "bien national". Vendu à des entreprises privées pour dégager des sommes d'argent nécessaires au désendettement de la France: a priori, une bonne idée... sauf si l'intérêt du pays et des Français n'est pas respecté. Or, non seulement nous nous sommes privés d'une source régulière de revenus (comme dans le cas du bouclier fiscal), mais les sociétés gérant les autoroutes réalisent de super-profits sur le dos des automobilistes. Une enquête parue dans plusieurs quotidiens et hebdomadaires et un récent rapport de la Cour des comptes pointaient du doigt le manque indéniable de cohérence dans la politique tarifaire pratiquée. Le prix du kilomètre parcouru varie d'un tronçon à l'autre: ceux qui sont les plus utilisés coûtent plus chers à leurs usagers. Autrement dit, l'équité n'est pas respecté, le but étant de réaliser de plus importants profits en rentabilisant au maximum les tronçons déjà les plus rentables.
Dès lors se pose la question (notamment pour la gauche) de savoir s'il faut renationaliser les autoroutes pour en faire des éléments d'aménagement du territoire et de service public. Plusieurs problèmes seraient alors à résoudre (et à débattre !):
- l'Etat doit-il consacrer une partie de son budget au rachat des autoroutes? Si ce rachat est porteur d'un véritable projet, l'investissement est d'autant moins choquant qu'il permettrait à l'Etat d'en récupérer, par la suite, une partie.
- faut-il rendre les autoroutes gratuites? D'un côté, la gratuité des autoroutes n'a de pertinence que dans une logique de service public: pour permettre à tous les usagers d'utiliser ces infrastructures en respectant une certaine justice sociale, cette gratuité serait compensée par la restauration d'une vignette auto, plus équitable. Mais, d'un autre côté, pour inciter les usagers à privilégier les transports collectifs, moins polluants, le maintien d'un tarif pas trop excessif semble nécessaire... seul un débat national permettrait d'y apporter une réponse !
- faut-il continuer à parsemer notre territoire d'autoroutes? Economiquement parlant, il est clair que les touristes étrangers, qui (par leur argent) dynamisent certains secteurs d'activité et certaines de nos régions, utilisent massivement ces routes pour leur rapidité... ce que les nombreuses aires de repos dotées d'équipements d'acceuil et de panneaux touristiques, promouvant les régions traversées, confirment. Ecologiquement parlant, le ministère de l'Environnement doit veiller à ce que les principes du Grenelle soient respectés, pour que les tracés respectent pleinement les écosystèmes.
A vous, maintenant, de réagir en donnant vos avis sur cette question et en posant vos commentaires !