Deux informations retiennent l'attention en ce début de semaine. Hier, à un an (presque jour pour jour) de leur première profanation, les tombes du carré musulman d'un cimetière militaire, situé près d'Arras, ont été souillées par des inscriptions insultantes. Signes nazis et messages écrits à raison d'une lettre par stelle (dont certaines formaient le nom de Rachida Dati) ont été inscrits par les pires des "racailles" que la France puisse connaître. Des abrutis qui manifestent le racisme le plus infecte. Des débiles, imbibés d'alcool, qui n'ont le courage de réaliser leur acte qu'en pleine nuit (dixit François Bayrou). Face à ce genre de faits, gravissimes, les réactions de la classe politique ont été à la hauteur de l'indignation manifestée par les associations d'anciens combattants qui, pour marquer leur solidarité avec ceux qui sont enterrés dans ces cimetières, se sont spontanément réunis ! Une indignation qui rappelle que ces combattants, tout musulmans qu'ils soient, étaient des combattants français, qui ont donné leur vie pour notre pays, pour notre liberté et pour les valeurs auxquelles nous croyons. Et c'est au nom de ces mêmes valeurs que nous devons condamner de la manière la plus ferme qui soit de tels actions. En espérant que la justice tape plus fort que l'an dernier... et pourquoi pas en privant les auteurs de cette profanation de leurs droits civiques pour une période assez longue. Histoire de la mettre au ban d'une société qui ne peut les tolérer, tels qu'ils sont !
L'autre information du jour, c'est le passage de la flamme olympique à Paris: au lendemain d'un passage plus que tourmenté dans les rues de Londres, cet "évènementé a été retransmis en direct par France 2, devant les studios duquel le cortège devait s'arrêter peu après 13 heures. A la vision des images du cortège parisien et de celles qui résumaient le cortège londonien, un mot vient à l'esprit: RIDICULE. Le dispositif de sécurité qui entoure la flamme est plsu que ridicule: bien malins sont les spectateurs qui ont pu voir une flamme, portée par un(e) athlète, entouré(e) d'au moins trois cordons de sécurité (à pied, à roller, à moto, en auto...). Les téléspectateurs du 13 heures de France 2 ont pu suivre, minute par minute, les cars de CRS, l'autobus sécurisé, les policiers à roller et les pompiers en joggeurs, plus que la flamme elle-même ! A la moindre alerte, à la moindre (petite) menace, les athlètes laissaient la place aux organisateurs, qui mettent alors à la torche en sécurité ! Parcours raccourci, ordre des athlètes modifié et liberté donnée aux forces de l'ordre de bousculer (parfois brusquement) les spectateurs déjà retenus par des barrières de sécurité. Tout ce dispositif pour accompagner ce qui, paraît-il, est le plus beau symbole de la paix et de la fraternité. Tellement ridicule qu'on en vient à se demander s'il était pertinent de maintenir un tel spectacle !
Rien que pour permettre aux associations de faire le plus de bruit possible, c'était nécessaire. Et comme nous l'avons déjà dit, Buffalo et moi: il est indispensable que les simples citoyens, les médias et les responsables associatifs transmettent à Pékin le message que nos responsables politiques n'ont pas (encore) le courage de transmettre. Continuer de sensibiliser une opinion publique occidentale déjà informée de la situation et tenter de ridiculiser le régime de Pékin auprès de sa propre opinion publique sont deux objectifs que les militants de la cause tibétaine se sont fixés. En tentant d'éteindre la flamme à l'aide d'un extincteur (même si cette flamme est le symbole de la fraternité olympique) ou en bousculant les porteurs de la torche devant les caméras du monde entier, ceux-ci ont déjà contraints les médias officiels chinois à évoquer ces perturbations. Même si elles sont présentées comme l'action d'une minorité, brillamment réprimée par la police londonienne (répression dont le régime se satisfait autant que celle qu'il mène au Tibet). Le fait que de telles perturbations puissent se répéter ou que leur existence contraigne les villes hôtes à raccourcir les cérémonies est une manière de dire aux dirigeants chinois que leurs actions sont contestables... et contestées. Même si l'on peut regretter de prendre en otage ces JO pour faire passer un message politique (qui reste pourtant bien plus important !). Et malgré les déclarations plus que prudentes des diplomates français: hier, dans l'émission "Vivement dimanche prochain", Anne Roumanoff évoquait la "flemme olympique" d'un Bernard Kouchner passé "de Médecins sans frontières à Amnésie internationale" ! Bien vu...
Ajout au 8 avril: le journal de 20 heures de France 2 a été très instructif sur la journée d'hier, avec des images concernant tout ce qui s'est passé après 14 heures, heure à laquelle l'édition spéciale de la mi-journée s'est arrêtée. Les deux sentiments que j'évoquais hier sont encore d'actualité: quand on voit avec quel acharnement certaines personnes ont été "maîtrisées" par les forces de l'ordre, menotées à des barrières, le nez en sang... on ne peut qu'être indigné ! Un caméraman de France 2, caméra au point, a été frappé si violemment qu'il en a perdu connaissance pendant quelques instants: si ce n'est pas le cas, je vous invite à aller voir les images (cliquez ICI). On ne peut également qu'être indigné en voyant les policiers arrachés des mains des manifestants les drapeaux tibétains... sur ordre de l'Elysée ! Liberté d'expression avez-vous dit? Impossible de faire flotter un drapeau que les Chinois ne connaissent même pas... enfin, concernant la réaction du représentant de l'ambassade de Chine à Paris, qui était le maître d'oeuvre de la cérémonie, et qui a multiplié les demi-tours, les changements de parcours et autres annulations d'étape (devant France télévisions ou l'hôtel de ville), un mot vient à l'esprit: ridicule ! Les menaces qui pèsent sur les prochains rendez-vous, à San Francisco ou en Australie, laissent supposer que, comme le dit ce matin Robert Ménard, président de RSF, certains officiels chinois pourraient se poser des questions, tant ils sont intéressés par l'image qu'ils donnent au monde. On ne peut que l'espérer.