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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Les questions que pose l'indépendance du Kosovo

En dehors des passionnantes primaires américaines, c'est l'indépendance du Kosovo qui kosovo-ministre-copie-1.jpgretient l'attention, en ce moment, dans l'actualité internationale. Et ce dossier est d'autant plus important qu'il marque une nouvelle page dans l'histoire des Balkans: l'ex-Yougoslavie est désormais enterrée ! C'est au bord des larmes que le premier ministre de cette province serbe, Hashim Thaçi (photo), en a officiellement proclamé l'indépendance, alors que les médias occidentaux attendaient, depuis le début de la semaine, la date exacte de cet acte fondateur... les quelques jours qui ont séparé les premières déclarations du premier ministre, laissant entendre que son territoire allait bientôt présider lui même à sa destinée, et la déclaration officielle de l'indépendance ont tout juste permis aux Kosovars de la diaspora de revenir dans leur pays pour y célébrer l'évènement. Et c'est peu de dire que la fête était à son comble dans les rues de Pristina, la future capitale, ce dimanche ! Et c'est peu de dire que la déception était forte pour les Serbes du Kosovo, qui craignent d'être des citoyens de "seconde zone", sans les mêmes droits que les Albanais de la province.

La situation, en effet, est assez complexe: jusque-là, les Albanais constituaient une minorité de la Serbie, vivant dans la partie la plus méridionale de cet Etat, à la frontière avec l'Albanie; désormais, les Serbes du jeune Kosovo compose une minorité vivant dans la partie la plus septentrionale de cet Etat, à la frontière avec la Serbie. Et, d'emblée, une question vient à l'esprit: pourquoi les limites du Kosovo n'ont-elles pas été tracées de telle sorte que les zones majoritairement peuplées de Serbes restent attachées à la Serbie, tandis que les zones majoritairement peuplées d'Albanais auraient pu être rattachées à l'Albanie, plutôt que de créer un nouvel Etat miniature? A cette question, je n'ai pas de réponse... il est vrai que les hommes (en général !) sont assez forts pour édicter des principes intelligents, tel celui de l'Etat-nation (où les frontières administratives et linguistiques se recoupent), sans les appliquer dans la réalité. Et les exemples, passés et présents, ne manquent pas: voyez le découpage de la Belgique, à l'indépendance de ce pays ! Voyez, aujourd'hui, le Kosovo qui, dans l'état actuel des choses, pourrait peiner à trouver son identité.

L'incohérence paraît tellement forte qu'elle permet d'expliquer (sans pour autant les kosovo-drapeau.jpgjustifier !) les positions russe et serbe pour qui cette indépendance est nulle ! Pas question de reconnaître un Etat que l'on ne considère pas comme légitime. Et ces deux Etats utilisent tous les moyens: convocation d'une réunion exceptionnelle de l'ONU pour l'un, rappel des ambassadeurs présents dans les capitales des pays ayant reconnu le Kosovo pour l'autre. Voilà qui ne devrait pas arranger la tension déjà persistante entre une Russie en pleine expansion (politique, diplomatique et économique), sûre d'elle, et le reste de la communauté internationale (dont les appels à une démocratisation du régime "poutinien" restent lettre morte !). Et, d'ailleurs, l'attitude des différents Etats face à cet épisode est souvent illustrative des valeurs dont ils sont porteurs.

Parmi les Etats ayant reconnu l'indépendance du Kosovo, dès le lendemain de sa proclamation, les Etats-Unis l'on fait par opposition à la Russie, la France pour défendre ce principe fondamental (et historiquement attaché à notre pays, celui des droits de l'homme) du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", l'Allemagne ou l'Italie par adhésion à ce principe qui fonde aussi l'identité de l'Europe. Mais, il existe en Europe un Etat qui a refusé, à titre "individuel", de reconnaître ce nouvel Etat: il s'agit de l'Espagne. Il faut dire que, face à la menace que représente pour Madrid les envies séparatistes des nationalistes basques ou catalans, ce gouvernement n'avait pas tellement intérêt à se lancer, si vite, dans une reconnaissance de ce qui est clairement une action de sépartisme. Ce qui n'empêche pas le ministre des affaires étrangères espagnol de joindre sa voix à la future déclaration commune que les Vingt-sept vont adopter prochainement... pour reconnaître ce qui pourrait, dans quelques années, devenir un énième membre d'une UE vraiment européenne ! C'est, en effet, un évènement historique, qui comptera peut-être beaucoup dans l'histoire européenne, que nous venons de vivre.
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L
Bonjour<br /> Vous posez la bonne question :"pourquoi les limites du Kosovo n'ont-elles pas été tracées de telle sorte que les zones majoritairement peuplées de Serbes restent attachées à la Serbie, tandis que les zones majoritairement peuplées d'Albanais auraient pu être rattachées à l'Albanie,"<br /> Ma réponse est la même que pour toute l'Afrique et ailleurs :dénégation de la démocratie !<br /> En général les frontières ont été faites par la guerre; faire des frontières selon la volonté de la population locale serait une grande révolution, un rêve que les politiciens de tous bords ne veulent pas.<br /> Et pourtant l'avenir de l'humanité est dans une mondialisation où les états de la fédération auront leurs spécificités (culturels, ethnique et autres) selon le choix des individus qui auront décidé de vivre ensemble.
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A
La question des frontières est d'autant plus complexe qu'elle est simple. Je m'explique: pour tout homme doué de raison, qui a appris à l'école qu'à un Etat correspondait un peuple et une nation, le tracé des frontières paraît simple à établir. Et c'est justement parce que ce tracé pourrait obéir à des considérations simples que les hommes politiques ne savent pas les mettre en place: ce qui est logique pour nous ne l'est pas pour eux !Et cela vient, comme vous le soulignez, d'un manque de courage politique qui vient du fait que les grands décideurs sont confrontés à de trop nombreuses pressions ! Et, comme vous le dites, le jour où la volonté des habitants, qui pourraient s'exprimer démocratiquement, pour se libérer d'élites qui n'ont pas l'intérêt général comme première préoccupation, un énorme pas en avant aura été franchi. Mais ce n'est sans doute pas pour demain.