Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
27 Août 2007
J'ai déjà consacré à ce thème un article, en prenant comme point de départ la visite de Nicolas Sarkozy en Afrique: lors de son passage à Dakar, au Sénégal, il s'est adressé à plusieurs centaines de jeunes sénégalais pour leur parler de l'avenir de leur continent, et de l'avenir de la relation françafricaine (ou plutôt eurafricaine). Et dans ce discours, si l'on met de côté la rétrospective presque obligée (et décevante) sur la colonisation, le chef de l'Etat avait alors évoqué une possible réforme de l'ONU en admettant que l'Afrique devait disposer d'un siège de membre permanent au Conseil de sécurité. C'est ce que j'ai appelé le discours de dakar: je relevais alors que cette intervention avait été prononcée la semaine même des élections sénatoriales japonaises, qui virent la victoire des partis d'opposition, alors que le premier ministre conservateur au pouvoir avait mené campagne sur ces thèmes de la gouvernance internationale. Depuis la seconde guerre mondiale, le Japon est en effet l'un des deux pays qui militent le plus pour l'accession à ce rang de membre permanent, le second étant l'Allemagne, depuis que le rapprochement opéré entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer.
L'ONU elle-même considère comme nécessaire une réforme de son fonctionnement et, sur son site en français, propose un état des lieux assez intéressant, qui n'apporte toutefois pas de réponses, dans la mesure où plusieurs rapports ont été commandés sur le sujet. Voici quelques extraits de cet état des lieux: " La mondialisation se traduit par une évolution permanente, à laquelle l’ONU n’échappe pas. Les États Membres demandent aujourd’hui considérablement plus à l’Organisation et à son Secrétariat, ses institutions spécialisées, ses fonds et ses programmes qui doivent offrir toujours plus de services, à un nombre toujours plus grand de personnes et en des lieux toujours plus nombreux. Au cours des neuf dernières années, les effectifs civils et militaires des missions de maintien de la paix sont passés de 20 000 à 80 000 et, au cours de la même période, le montant global des ressources financières gérées par le Secrétariat a doublé pour atteindre 18 milliards de dollars. Les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies sont toujours autant d’actualité qu’ils l’étaient en 1946, mais la façon d’en atteindre les buts et objectifs doit évoluer. Depuis son entrée en fonctions, le Secrétaire général à fait de la réforme de l’Organisation une priorité – qu’il s’agisse d’accroître l’efficacité des opérations de maintien de la paix, d’établir des partenariats plus étroits avec la société civile et le secteur privé ou d’améliorer (...) la lutte contre la pauvreté, le développement, la prévention des conflits et les droits de l’homme".
Tous ces faits d'actualité posent donc une double question: faut-il une réforme de ces organismes internationaux? et dans quel sens? Le fait de poser la question laisse supposer, d'une part, qu'une telle réforme est indispensable (ce qui est le cas) et d'autre part, qu'elle doit se faire au profit des pays pauvres, qui sont les grands perdants de la mondialisation et des politiques qu'elle implique depuis plusieurs décennies. Aujourd'hui, FMI, Banque mondiale, OMC, Nations Unies sont aux mains des "Occidentaux", mènent la politique économique des Occidentaux, qui ne profitent majoritairement qu'aux Occidentaux... et c'est la raison pour laquelle de telles réformes ne sont pas prêtes de voir le jour: comment imaginer que ces pays vont renoncer à ces privilèges pour, en plus, perdre au change? Peut-être suis-je trop pessimiste, mais il est peu probable que l'arrivée d'un socialiste (l'est-il vraiment?) au FMi change quelque chose... malheureusement, les pays pauvres vont devoir ne compter que sur eux pour s'en sortir ! Avez-vous des propositions et êtes-vous plus optimistes sur ces questions? J'attends vos réponses et analyses, en postant dès maintenant un commentaire, auquel je me ferai une joie de répondre.
Le défi est donc bien celui d'accompagner la mondialisation, c'est-à-dire de ne pas en rejeter les bienfaits tout en luttant contre les méfaits qu'elle engendre. Mais, cela doit se faire à tous les niveaux, comme cet autre fait d'actualité nous l'a montré: avec l'annonce de la candidature de DSK pour le poste de directeur général du Fonds Monétaire International, ce sont les organismes à vocation économique qui ont été mis en cause. Le fait qu'un socialiste (le second, après Pascal Lamy, directeur général de l'OMC) fasse acte de candidature a posé la question de la légitimité de ces organismes, qui mènent une politique libérale contestée tant par une partie de la population des pays riches, que par les dirigeants des pays pauvres. Hugo Chavez, le médiatique et populaire président du Venezuela, mène une sorte de croisade contre les Etats-Unis (il qualifia George Bush de "diable" aux Nations Unies), appelant à la création d'une grande Banque du sud, qui prête de l'argent aux pays défavorisés sans leur imposer un programme de réformes ultra-libérales qui, dans ces pays (peut-être pas dans les pays riches), causent de nombreux ravages... allusion directe à la politique de la Banque mondiale.