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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Et la gauche (de la gauche) se rénove...

Ce week-end se tiennent plusieurs universités d'été, celle du Medef (à laquelle devrait participer le président de la République) ayant fait parlé d'elle bien avant d'avoir commencé, après l'explosion d'engins piégés de faible puissance... Parmi les autres rendez-vous importants figurent les réunions des Verts, à Quimper, et de la LCR, à Toulouse: ces deux universités d'été devraient en effet déboucher sur un premier bouleversement du paysage politique sur la gauche de l'échiquier... en attendant la très fameuse rénovation du PS, prévue après les municipales. Ces deux partis ont donc décidé de tirer tout de suite, une fois les vacances passées, les leçons des deux dernières échéances électorales, en proposant un renouvellement à la fois des programmes (sanctionnés par les électeurs) et des pratiques politiques (alors que le sarkozysme, qui est déjà un modèle de pratique politique, semble convaincre plus des deux tiers des Français).

Après leur échec à la présidentielle, les Verts traversent une crise de confiance, les premiers intervenants ayant déjà souligné la diminution du nombre de militants, y voyant un signe d'un affaiblissement de l'écologie politique, telle que proposée par les Verts. Car ce n'est pas l'écologie politique qui est en crise, mais bien le seul parti des Verts qui ne sait pas comment l'appréhender: jamais les Français ne se sont autant passionnés pour ce sujet, le débat sur le réchauffement climatique ayant fait surface dans la campagne grâce au très populaire Nicolas Hulot qui, s'il avait été candidat, aurait montré le poids réel de l'écologie politique en France. Trois intervenants ont osé, sans langue de bois, pointer du doigt les vrais problèmes, auxquels le parti est confronté: la multiplicité des courants qui empêche le parti d'afficher un programme clair, qui ne soit pas qu'une simple synthèse, selon le député européen Daniel Cohn-Bendit; la quête toujours plus effrénée d'une radicalité du discours, qui n'a pas forcément de résonnance dans l'électorat de la gauche radicale, selon l'ancienne candidate Dominique Voyent; et un trop important centralisme dans une prise de décision qui met de côté les militants (d'où leur fuite !), selon Noël Mamère (sans doute le plus sifflé, lors de son intervention !).

Les problèmes sont donc clairement identifiés et, même si la réponse n'est pas apportée immédiatement, quelques pistes de réflexion ont été ouvertes, sur la voie d'une nouvelle architecture du parti et pour la mise en place d'un vrai programme écolo, qui soit suffisamment concret pour attirer les électeurs indécis et préoccupés par ces questions, mais qui ne soit pas non plus trop radical (les Français veulent bien faire des efforts, individuels ou collectifs, contre le réchauffement climatique... mais ils ne sont pas prêts à tout !). L'autre question, pas encore soulevée, mais qui se pose au fond, est celle de l'existence même d'un parti écologiste: faut-il maintenir les Verts à gauche? faut-il créer un nouveau grand parti transpartisa, purement écologiste (comme le laissaient envisager les "négociations" pour une candidature unique à la présidentielle)? faut-il, comme le suggèrait Jean-Luc Benhamias (désormais membre du MoDem) dissoudre les Verts pour que chaque grand parti, de droite comme de gauche, devienne écologiste et se préoccupe vraiment des combats pour la planète? A mon humble avis, c'est sans doute cette dernière piste qui serait la plus exploitable, pour deux raisons: 1- que chaque parti considère ces questions comme fondamentales serait la plus belle victoire (symbolique) des Verts ; 2- pour l'électeur de gauche, qui se préoccupe de l'écologie, le thème n'est pas assez prenant pour voter "les Verts": nombreux sont les électeurs du PS a envisagé de voter pour ce parti mais y renonce, considérant que le réchauffement climatique est un sujet majeur mais pas prioritaire.

Encore plus à gauche, Olivier Besancenot vient de lancer un appel à la création d'un grand parti anticapitaliste, à la gauche du PS, qui regroupe toutes les formations politiques d'extrême gauche (de la LCR à l'aile gauche du PS, en passant par le PT, LO et les altermondialistes). Le facteur part d'un constat simple: d'une part, il est le "leader" (sans le dire) d'extrême gauche le mieux placé pour lancer cet appel dans la mesure où il est le seul à avoir augmenter le nombre des suffrages récoltés lors d'une présidentielle (même si, en pourcentage, son score était moins bon) ; d'autre part, il considère que l'extrême gauche gagnerait à se regrouper pour peser davantage sur le débat public, comme ce fut le cas pour refuser la Constitution européenne en 2005. La démarche du porte-parole de la LCR est d'autant plus intéressante qu'en plus de répondre à l'inspiration du peuple de gauche, qui souhaite voir émerger un grand parti radical, elle a l'ambition de se faire "par le bas": selon Besancenot, l'échec d'une candidature unique à la présidentielle est due aux ambitions personnelles des leaders politiques. Le regroupement "par le haut" étant un échec, il faut donner aux différents mouvements et partis concernés le temps (un an environ) de créer une plate-forme programmatique commune, pour faire primer les idées, les idéaux et les combats sur les querelles de personnes.

Et, pour finir, je profite de cet article politique pour saluer la mémoire de Raymond Barre (photo), décédé ce samedi à l'âge de 83 ans, trente-et-un ans, jour pour jour, après sa nomination à Matignon par un Valéry Giscard d'Estaing qui vit en lui "le meilleur économiste de France". De la carrière de Raymond Barre, on retiendra trois éléments: 1- "ne jamais promettre mais regarder l'état de la France" disait-il en février dernier, sur France Info, à propos de la campagne présidentielle en cours (en 1988, il voulait faire entrer à l'Elysée ce qu'il avait appliqué à Matignon: la rigueur budgétaire et économique pour ne pas faire ce que l'on ne peut pas payer) ; 2- un homme de conviction, dont le parcours est aujourd'hui salué par tous les hommes politiques, de tous les camps, qui mettait en avant ses compétences et ses convictions. Il considérait que la France doit être gouvernée au centre, avec tous les talents, de tous les camps, pour faire passer l'intérêt général avant tout ; 3- un Européen convaincu: n'est-ce pas sous son mandat de maire de Lyon que la capitale des Gaules est devenue la métropole européenne que l'on connaît aujourd'hui? Voilà bien un Européen qui voyait dans l'UE l'avenir de la France (si l'on peut dire) et qui synthétisait à lui seul la vision de ce qu'était l'UDF, et de ce qu'est aujourd'hui le MoDem (bien qu'il n'ait pas apporté son soutien à François Bayrou): une vision libérale, sociale et européenne, pour le bien des peuples. Bref, un modèle !

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