Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
31 Mars 2007
Voilà une double information, diffusée il y a deux semaines, qui a de quoi faire bondir (sauf les capitalistes et ultra-libéraux, qui ne sont pas choqués). Gaz de France annonce deux chiffres: une hausse de 39% sur un an de ses bénéfices nets (ce qui, en soi, n'est pas scandaleux: mieux vaut que les grandes entreprises françaises fassent des bénéfices !) et une augmentation de 69% des dividendes versés aux actionnaires de l'entreprise. Or, ce décalage n'est, lui, pas tolérable car, dans le même temps, les salaires des employés ne progressent pas dans les mêmes proportions et les tarifs du gaz pour les usagers ne bougent pas. Cette situation appelle une réponse de la part des politiques: taxer les entreprises redistribuant mal leurs bénéfices, détaxer celles qui favorisent la recherche et développement sont deux des pistes à explorer. Voici maintenant ce que pensent les différents candidats de la mondialisation et de la maîtrise du capitalisme.

Ce qu'en pense l'extrême gauche est sans surprise: la mondialisation est LE mal absolu, qui est, comme Bruxelles d'ailleurs, le responsable de tout ce qui échoue dans les politiques menées nationalement alors que ce sont aussi les choix des différents gouvernement qui devraient être mis en doute (au moins en partie). Certes, la mondialisation n'est pas parfaite (loin de là !!) mais, s'agissant d'un système dans lequel nous vivons actuellement, il sera difficile d'en sortir, sauf à l'apprivoiser et à le modifier progressivement (ce qui est souhaitable !). En cliquant sur le nom des candidats, vous retrouverez sur leur site les propositions en lien avec ce thème: Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Marie-George Buffet (le thème est abordé dans l'ensemble des propositions) et Gérard Schivardi.
Parmi ceux qui s'opposent à cette mondialisation sans frein ni régles, on trouve bien sûr l'extrême droite: jamais Jean-Marie Le Pen, ou ses représentants, n'a autant parlé de mondialisation et des méfaits du capitalisme sauvage. Le retour à la souveraineté nationale, supérieure à toute idée européenne, est le pivot du discours du FN et du MPF: par ce biais, ces partis attirent à eux les plus modestes des Français qui sont sensibles aux discours du type "ce sont les étrangers arrivés en France qui occupent vos emplois". Retrouvez leur programme en cliquant sur leur nom: Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers.
Les partis dits de gouvernement sont moins critiques à l'égard de la mondialisation financière qui fait pourtant, à mon sens, plus de mal (notamment dans les pays qui sont à la marge du monde) que de bien: la puissance de l'argent est aujourd'hui la cause de nombreux méfaits, qu'aucun gouvernement ne pourra régler sans s'y attaquer (ce qui suppose du courage: ce que n'ont pas les partis d'extrême gauche qui se contentent de s'opposer à tout sans accepter d'exercer les responsabilités). PS, UDF et UMP souhaitent maîtriser la mondialisation, non pour la tuer (car elle est une chance lorsqu'elle est juste) mais pour changer les règles qui la régissent. Cliquez sur le nom des candidats pour consulter leurs idées sur la question: Ségolène Royal, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Frédéric Nihous (il n'est question que de la France, du territoire et de la "ruralité" sur le site officiel du candidat). Enfin, concernant Dominique Voynet, dont le site propose le programme sur une seule page, voici le paragraphe concernant "Prouver qu'un autre monde est possible":
Réforme des institutions internationales : intégration de l’OMC au système des Nations unies, création d’une Organisation des Nations unies pour l’Environnement dotée d’un pouvoir de sanctions. Renforcement du commerce équitable (organisations de producteurs et des réseaux de distribution). Régularisation des sans-papiers et transfert de la compétence « immigration » du Ministère de l’intérieur à un Ministère de la coopération solidaire, du commerce international et des migrations. Affectation de 0,7 % du PIB français à l'aide publique au développement, annulation de la dette des pays les moins avancés. Taxation des transactions financières et lutte contre les paradis fiscaux. Renforcement de la justice pénale internationale, extension de sa capacité à juger des crimes commis en Tchétchénie, au Tibet et au Moyen Orient, contrôle international sur les ventes d’armes.