Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
2 Mars 2007
Je relaye ici le contenu d'une chronique entendue sur France Info, ce matin (L'Info Education d'Emmanuel Davidenkoff: une minute pour évoquer l'actualité de l'Education nationale chaque matin du lundi au vendredi). Le titre de cet article est le titre de la chronique; et voici le résumé proposé aux internautes sur le site de France Info: si elle était traduite en français, cette étude jetterait le trouble sur les programmes des candidats à la présidentielle qui promettent plus de moyens à l'éducation... elle a été menée par des économistes américains de Stanford et des économistes allemands de Münich. Voici enfin, la retransciption, mot pour mot, de cette chronique: " A l'origine, la question est celle de l'impact de l'investissement économique dans l'éducation. On le pressent, à défaut de savoir le chiffrer: plus d'éducation, c'est plus de capacité d'innovation, de recherche, de maîtrise technologique, donc, à terme, plus de richesse. L'étude le confirme: elle estime que même un pays, qui mettrait vingt ans à améliorer ses performances éducatives, aurait augmenté sa performance économique de 5% en 2037. Faut-il pour cela investir plus? La réponse est tout aussi catégorique: pas forcément. La corrélation entre le niveau de dépenses et la qualité du système éducatif existe, mais investir plus sans changer le fonctionnement des systèmes ne rapporte pas. Piste proposée par les chercheurs: introduire plus de concurrence dans les systèmes, notamment en donnant plus d'autonomie aux établissements, mais aussi rémunérer les enseignants, en partie, au mérite, lequel consiste à améliorer les résultats de leurs élèves. "
Cette chronique, particulièrement intéressante, confirme ce que certains pensaient déjà: en plus de personnels supplémentaires, et surtout mieux répartis, l'éducation a d'abord besoin d'une réforme de structure (que je préconise dans plusieurs articles, que vous pouvez relire). Récompenser le mérite selon le résultat des élèves est discutable. Donner plus d'autonomie aux établissements aussi, sauf pour les universités. Accentuer l'effort sur la cohérence du système, à travers un gros effort sur l'orientation, paraît nécessaire... Beaucoup, dans cette campagne, critiquent la volonté des candidats de proposer toujours plus de lois, ou une "énième" loi d'orientation sur l'école. Mais, dans le cas présent, les lois précédentes ont montré leur limite et leur impuissance, au regard des nombreuses critiques sur la faible valeur des diplômes, le manque de mixité sociale, les filières en cul-de-sac, le chômage des jeunes et leur faible niveau de qualification... L'école étant le ciment du pacte républicain et le garant de l'égalité des chances, une telle loi (de grande ampleur, c'est-à-dire qui impulse un nouveau modèle) est indispensable ! Rappelons enfin que parmi les prétendants, seule Ségolène Royal propose une loi de programmation sur l'éducation, qui planifierait pour cinq ans le recrutement d'enseignants: il s'agit d'un engagement fort car une telle loi est contraignante, contrairement aux décrets publiés chaque année par le ministère pour la planification des postes ouverts au concours. Pour avancer, la France doit miser sur l'école. Sur l'école de la République, c'est-à-dire laïque, gratuite et obligatoire. Je rappelerais, sur ces points, trois de mes convictions (n'oubliez pas de laisser vos commentaires !).
1- la scolarisation, en dehors des frais que la France et les collectivités ne peuvent supporter sans les parents (cantine, équipement, voyages scolaires, activités extra-scolaires...), doit demeurer gratuite pendant la période d'obligation (de 6 à 16 ans). En dehors de ces bornes, il n'y a rien de choquant à ce que des frais de scolarité soient appliqués, dans la mesure où ces frais sont proportionnels aux revenus des parents, garantissant l'accès de tous aux longues études. Car, l'égalité des chances, c'est contribuer selon ses moyens et recevoir selon ses besoins. Donc, tout le monde doit contribuer, même par une somme symbolique pour les plus modestes !
2- concernant la cantine, le transport scolaire, les fournitures... il est là aussi normal que l'Etat et les collectivités subventionnent les familles qui en ont besoin: mais, là aussi, chacun doit recevoir selon ses besoins. Non à la gratuité pour tous de la cantine !! Mais oui à des aides proportionnelles aux revenus familiaux. Je propose que le montant des aides, comme celui des contributions, soit déterminé en fonction du quotient familial calculé apr la CAF.
3- Ségolène Royal propose de porter l'âge d'entrée à l'école de 6 à 3 ans: connaissant la situation (une grande majorité des enfants passent par la maternelle) et son effet bénéfique (un enfant qui entre au CP sans être passé par la maternelle part avec un handicap sur ses camarades), cette mesure semble bonne. Mais, elle est incomplète: il faudrait aussi réfléchir à l'âge limite de la scolarisation obligatoire. Vu le nombre élevé de départ de jeunes des collèges, une fois le seizième anniversaire passé, et leur niveau de qualification après leur sortie du système, il me paraît judicieux de prolonger la scolarisation jusqu'au brevet, quel que soit l'âge des candidats. Ainsi, en se fixant comme objectif que 100% des jeunes Français passent (et obtiennent) leur brevet, ce diplôme serait revalorisé et constituerait le premier point de passage avant une formation, qu'elle se fasse dans un lycée général ou en apprentissage.
Enfin, concernant la grêve de certains professeurs d'un lycée de l'Ain, qui ont annulé les épreuves du bac blanc pour portester contre un décret prévoyant la suppression d'heures de décharge, il faut tout de même rappeler que, quelle que soit la légitimité de leur mécontentement, il est maladroit de pénaliser les jeunes de Terminale, qui ont besoin de ces entraînements pour préparer sereinement (et dans les conditions d'un examen) leur Baccalauréat, qui n'est pas un "petit" examen.