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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Oui, je suis un européen libéral !

Voilà un des tabous de la vie politique française, que les prétendants à l'Elysée feraient bien de lever pour que nos compatriotes ne soient pas effrayés par la mondialisation. Si elle n'est pas synonyme de développement pour les pays pauvres (ce que nous devons impérativement corrigés au plus vite), elle est aussi source d'enrichissement pour ceux qui savent s'adapter. Voilà un discours, à priori libéral, mais qui reflète une réalité: l'espace-monde, tout comme l'Union européenne d'ailleurs, s'est construit à partir de seules considérations économiques. Les élites de l'argent, des médias, de la politique s'y sont plus que bien adaptées puisque sans la mondialisation leur pouvoir en serait remis en cause. Les peuples du sud, comme les classes populaires des pays les plus riches, sont les perdants de cette mondialisation financière: mais, plutôt que de la combattre, il faut l'adopter pour le bien des peuples et en faire un moteur de richesse pour toute la planète.

En examinant les discours des hommes politiques, il est un constat qui leur est commun et qui dépasse les clivages: tous, à l'exception de l'extrême droite, qui propose un enfermement national dans tous les domaines, suggèrent différents types de mondialisation. Les gouvernements successifs se sont accomodés de la mondialisation telle qu'elle est, et ce n'est que depuis le Non au référendum européen que certains dirigeants se sont posés des questions sur les méfaits de la globalisation. L'extrême gauche, stigmatisant la mondialisation financière (créatrice d'énormes richesses et de profondes misères, participant à accroître les écarts de niveaux de vie, à toutes les échelles), appelle à une mondialisation sociale, qui se fixe comme objectif le bien-être des peuples, et non celui des portes-feuilles ("Nos vies valent plus que leurs profits"). Il est nécessaire, à ce moment de la réflexion, de poser la définition de trois termes. 1- mondialisation, ou globalisation = depuis les années 1970, il s'agit de l'accélération et de la massification des flux de facteurs de production (marchandises, capitaux, travailleurs) entre les grandes zones régionales du monde, qui se constituent en marchés de libre-échange (UE, ALENA, MERCOSUR). 2- libéralisme = doctrine économico-politique qui fonde sa conception du monde sur l'acceptation de ces trois types de flux. 3- capitalisme, ou ultra-libéralisme = doctrine économique qui n'accepte qu'une partie de la globalisation (les exportations mais une limitation des importations, les investissements de capitaux occidentaux dans les pays pauvres où les profits sont les plus jutueux mais pas l'investissement étranger dans nos pays, bras ouverts aux touristes venus dépensés mais portes fermées pour les migrants fuyant la misère).

On retrouve cette soif de profits dans la propension de certains politiciens à favoriser les privatisations et à s'attaquer à la fonction publique, pour faire des économies. Dans ce schéma, la main d'oeuvre est donc la seule variable d'ajustement: on n'accepte les étangers que comme main d'oeuvre d'ajustement, pour alimenter les professions qui ne trouvent pas preneur, faute de salaires suffisants... ainsi, on fait d'une pierre deux coups: ne pas revaloriser ces salaires (Sarkozy s'est déclaré hostile à une forte augmentation du SMIC pour que la grille des salires ne soit pas "tassée") et ne pas dépenser trop pour la formation de chômeurs qui pourraient occuper les places. Attention nulle question ici de préférence nationale !! Il s'agit de résoudre le problème à la fois des bas salaires et celui du chômage.

Des trois définitions, on peut conclure, partiellement, que ceux que l'on dit "libéraux", en politique, sont en fait des capitalistes ULTRA-libéraux, qui ne considèrent la mondialisation que comme un facteur de croissance et d'enrichissement des élites: seule la mobilité des capitaux est tolérée. L'extrême gauche, qui accepte surtout les flux de personnes, tout en voulant lutter contre les profits nés de la globalisation financière, constitue donc le parfait opposé de ces capitalistes. Sans le savoir, la majorité des Français sont, en fait, de vrais libéraux, puisqu'ils acceptent les trois volets de la mondialisation. Ils acceptent les flux commerciaux, qui ne peuvent plus être entravés du fait de leur nécessité: tout pays exporte ce qu'il sait produire et importe ce qu'il ne peut fabriquer. Même si il ne serait pas idiot d'envisager de nouvelles relations commerciales, basées sur une plus grande auto-consommation, au sein des grandes aires économiques (comme l'UE) et complétée par des importations taxées. Ils acceptent les flux de capitaux qui n'en sont pas moins indispensables, à condition que ceux-ci permettent un vrai développement (la croissance économique qui profite à toutes les catégories sociales, les élites, les classes moyennes comme la masse des petits travailleurs). Ils acceptent enfin les flux de personnes, de migrants, de travailleurs et de touristes, à condition que cela se fasse dans le respect des droits de l'homme.

Le libéralisme n'est donc qu'une pensée économique, réaliste, et utile au monde si les décideurs politiques sont capables d'imposer que certaines conditions, pré-citées, soient remplies. C'est ce qui manque aujourd'hui, à la France, à l'UE comme au monde. Le capitalisme, parfois le plus sauvage, a envahi les gouvernements occidentaux, les conseils d'administration des grandes entreprises, les organismes mondiaux de l'économie (FMI, OMC, Banque mondiale). Ce capitalisme, qui recherche le profit plus que l'efficacité, impose sa loi aux pays les plus pauvres, ce qui les enfonce dans les profondeurs de la pauvreté: c'est parce que la Banque mondiale impose des privatisations, des limitations sur la protection sociale et des rigueurs budgétaires aux pays les plus endettés, donc les plus pauvres, que ceux-ci peinent à se relever... ils ne pourront jamais sortir seuls de leur condition !! Voilà un exemple, lu dans Marianne, de cet ultra-capitalisme, dominant aux Etats-Unis et dans les multinationales: le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer, dont les profits (s'élevant à 19 milliards de dollars en 2006) ont triplé lors du premier semestre 2006, a annoncé le licenciement de 10% de ses effectifs mondiaux, soit 10 000 emplois à travers le monde. Pour quelle raison? Parce qu'un cabinet de conseil en bourse considère que l'activité du laboratoire risque de connaître un ralentissement en 2011-2012... l'hebdo parle de "licenciements préventifs".

Economiquement parlant, le monde d'aujourd'hui est un enfer, pour la très grande majorité de la population. Son fonctionnement ne profite qu'à une infime minorité, qui accumule les richesses, qui spécule au détriment de l'intérêt général, qui plonge le monde sous-développé dans une misère, génératrice de guerres civiles, de massacres meurtriers. Après quoi, on s'étonnera  que les menaces terroristes ne disparaissent pas, ou que les partis les plus extrêmistes s'imposent légalement dans ces pays oubliés. La communauté internationale parle d'eux, à chaque sommet. Les chefs d'Etat aussi, dans leurs conférences de presse, mais il est plus facile de donner une décoration non méritée dans les grands salons de la République plutôt que de donner de son temps pour chercher des solutions aux problèmes des pays pauvres, qui sont aussi notre problème. Le libéralisme, s'il est dans le même temps économique, social et humain, peut être une chance pour la planète toute entière, car notre sort ne dépend pas que de nous.

Pour conclure, je souhaite élargir cette réflxion sur le libéralisme à d'autres secteurs non économiques, mais non moins importants. Le monde ne fonctionnera bien que quand les principes de justice sociale, d'équité et de solidarité (J,E,S) seront vraiment mis en application: et cela ne passe que par l'affirmation totale de la liberté individuelle pour tous, car c'est elle qui permet à chacun de s'épanouir, d'acquérir sa personnalité et de réussir sa vie. C'est pourquoi j'ai changé d'avis, concernant les questions de société, comme l'euthanasie ou le mariage homosexuel: ces progrès sociaux, qui sont synonymes de plus de liberté pour ceux à qui ils profitent, doivent être appliqués sans consultation populaire. Car une majorité de Français ne doit pas entraver le bonheur d'une minorité: dans le cas du mariage homosexuel, sa légalisation doit profiter à ceux qui veulent en profiter... répondre aux attentes de tous, notamment des minorités, est un gage de cohésion sociale.

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