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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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De quoi différencier les candidats (bis)

Dans son émission du lundi soir, Yves Calvi a posé aux différents représentants des grandes tendances politiques une question simple, n'appelant qu'une réponse par "oui" ou par "non": faut-il ouvrir les magasins le dimanche? Là aussi, comme dans le cas de l'amnistie sur les PV, les réponses permettent d'en savoir un peu plus sur le projet de société que chacun entend défendre dans la campagne à venir.

Du côté du "Non", on trouve: 1- la LCR (représentée par Olivier Besancenot), qui souligne ici la pensée de l'extrême gauche en général: augmenter les salaires, en le rémunérant aussi bien que le capital et en lui faisant profiter des records de profits des entreprises, serait la bonne solution. Une fois les salaires augmentés, les salariés auront envie de rester chez eux, en famille, sans avoir à faire d'heures supplémentaires, souvent contraintes. 2- le PS (représenté par Manuel Valls), bien que sa position soit en train d'évoluer: le parti est contre sur le principe (car, concernant les amendes à payer, seuls les grands groupes peuvent encore en profiter, au détriment des petits commerçants). En revanche, sachant que ces enseignes emploient des étudiants les week-ends (pour leur laisser le temps d'étudier la semaine), il faut qu'un débat soit organisé. 3- l'UDF (représentée par Jean-Christophe Lagarde) considère que la situation actuelle est suffisamment équilibrée: même si le quota de cinq dimanches par an peut sembler faible, l'augmenter à douze en autorisant uen ouverture par mois (un espacement au profit des salariés) serait plus adéquat.

Du côté du "Oui", on trouve: 1- l'UMP (repésenté par Patrick Devedjian) y est totalement favorable, à condition d'y ajouter deux contre-poids: d'une part, la décision doit appartenir aux conseils municipaux, pour les situations diverses soient prises en compte; d'autre part, il s'agit d'une façon de maintenir l'attractivité des villes, dont beaucoup seraient sinon des villes mortes. 2- le FN (représenté par Marine Le Pen) y voit une occasion de donner aux Français un peu de la liberté qu'ils réclament, tout en renforçant les contre-parties financières de ces ouvertures. Argument de la vice-présidente du mouvement (citation, au mot près), concernant la vie de famille le dimanche: "S'il s'agit de se regarder en chien de faïence, pour partager un poulet, divisé en douze, je ne suis pas du tout sûre que c'est cela que les Français attendent". On notera que les petites gens, qui se tournent vers les extrêmes, sont sensibles à ces arguments qui décrivent une réalité. Mieux vaut aller travailler pour rapporter un peu plus d'argent que de regarder des séries américaines à la télé pendant des heures !! (ceci est une remarque personnelle).

Le reportage, diffusé avant que chacun des intervenants ne prenne la parole, rappelait, par des exemples concrets, la réalité qui entoure cette question. Premièrement, dans les grandes villes, où les Français ne travaillant pas (c'est-à-dire ayant fini leur semaine de travail), comme les étrangers touristes profitent des week-ends pour faire du shopping, les petits commerçants réalisent près d'un tiers de leur chiffre d'affaire sur ce seul jour. Deuxièmement, nombreux sont les étudiants à travailler deux jours par semaine, les samedi et dimanche, pour à la fois pouvoir suivre les cours en semaine et compléter leurs revenus (car les études coûtent chères !). Enfin, citant l'exemple du PDG de la FNAC, qui a pu ouvrir ses magasins le dimanche au Portugal, il affirme avoir pu créer plusieurs emplois, en temps partiel et destinés à des publics variés (dont les étudiants).

Prenant en compte ces réalités, et le fait que nombreux sont ceux qui contournent la loi ou paient les amendes que celle-ci prévoit, il est sans doute logique d'autoriser l'ouverture des magasins le dimanche... à condition de prévoir quelques contre-parties qui, si elles n'étaient pas appliquées, produiraient de nouveau de l'injustice. Ces restrictions sont au nombre de trois: 1- le travail le dimanche doit être laissé au libre arbitre des salariés, sans qu'il ne puisse y avoir de pression de la part de l'employeur. La rémunération d'une journée de travail les dimanches et jours fériés (car, pour ce cas, la question se pose également) doit correspondre à 200% de la rémunération d'une journée de travail normale. 2- c'était déjà l'une de mes propositions, sur les conditions générales de travail: donner à chacun le choix de ses jours de travail, à condition que chaque salarié dispose d'au moins trois demi-journées de repos par semaine (et pour voir mes propositions sur le temps de travail, et surtout y réagir en laissant un commentaire, cliquer ICI). 3- enfin, la possibilité d'ouvrir tous les dimanches de l'année ne serait applicable qu'au petits commerçants, le nombre de cinq ouvertures (porté à six) serait maintenu pour les grandes surfaces, et les amendes encourues pour le non-respect de cette règle seraient considérablement augmentées. Et vous, qu'en pensez-vous?

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